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Le burqini tue : une sélection…

« Après le débat sur le foulard islamique, le débat sur le voile islamique, sur le nikab, sur la burka, sur le burkini, sur le voile à l’université, sur les femmes voilées qui accompagnent les sorties scolaires, sur les nounous voilées dans les crèches, sur la longueur des jupes, sur le halal, sur les magasins qui vendent du halal, sur ceux qui ne vendent pas de porc, sur les menus de substitution à l’école, sur l’abattage rituel, sur les prières de rues, sur le financement des mosquées, sur le « terrorisme islamique », sur les barbus, sur la taille des barbes, sur le salafisme, sur le djihad, sur les piscines non mixtes, le débat sur l’identité nationale, le débat sur la laïcité, le débat sur la déchéance de nationalité, le-débat-sur-l’islam-est-il-compatible-avec-la-République, le-débat-sur-peut-on-vraiment-parler-d’islamophobie-en-France, après des centaines de Unes sur (ou contre) les musulmans, dans Valeurs actuelles, L’Express, Le Point, Le Figaro, etc. je me demande vraiment pourquoi les musulmans ont l’impression que la France aurait quelque chose contre eux.« 

https://www.facebook.com/louisgeorges.tin/posts/10157314671885644

Tandis que de nouveaux Poliakov en puissance prennent assidument des notes dans la perspective d’un nouvel exode que d’aucuns ont déjà, dans les colonnes du Corriere della Sera ou ailleurs, appelé peu ou prou de leurs vœux, il en faut, de la ténacité intellectuelle, pour prendre encore le temps de rédiger, après une décennie de propagande d’Etat aux allures de torture intellectuelle, le moindre article de fond rationnel en réaction à une instrumentalisation grossière de l’émotion de la part de petits branleurs politiciens au Q.I. plane, toutes confessions partisanes confondues, lesquels, se plaisant à se renvoyer les corps musulmans féminins comme des amas de patates froides, vont jusqu’à croire, superbes de féculence, être parvenus à compenser les effectifs policiers absents à Nice le 14 juillet par de nouvelles brigades des mœurs estivales, à moins que leur radicale détermination à ouvrir un boulevard aux takfiristes ne relève simplement d’une continuité politique qui, bien plus que d’en faire l’apologie, témoignerait en amont d’un véritable désir de terrorisme.

Il faut d’autant plus de ténacité, en effet, qu’au moment même où l’on écrit un tel billet d’opinion, il est difficile de ne pas s’imaginer les clins d’œil complices entre les petits maires de province et le mis-en-examen-en-chef candidat à l’immunité, sourire mesquin aux lèvres à l’idée de contribuer de plus belle à la spirale de la tension abrutissante qui était supposée, foi de stratèges dégénérés, marginaliser une certaine droite au bénéfice d’une autre, réputée plus aisée à mater par la troisième droite dans la dernière ligne homonyme. Il est difficile de ne pas entendre les conseils sournois prodigués à leurs clients, après analyse des derniers sondages confidentiels, par des mercenaires de la com’ qui n’ont eu de cesse, depuis une décennie, de détruire les restes du débat intellectuel français par la mauvaise foi la plus affranchie, la duperie la plus vulgaire, le cynisme le plus hautain et le mépris de la citoyenneté le plus affiché. Or, répondre à ces gens-là sur leur terrain, c’est déjà tomber dans leur piège.

Car ce sont eux, en effet, qui déterminent le cadre, ou plutôt le bocal, dans lequel les poissons rouges que nous sommes à leurs yeux sont appelés à développer leur argumentaire rationnel, selon les canons établis. Nos arguments, ils les connaissent avant même que nous ne les couchions sur le papier, et ils s’en moquent. Quelle que soit notre opinion, ils relèvent tellement de l’évidence que tout ce que nous pourrions écrire est attendu, et qu’il nous faudrait, pour chaque ligne de propagande, dix lignes pour la démonter, ce qui atténuerait en conséquence la portée de toute entreprise d’intérêt public que nous estimerions exercer, en particulier vis-à-vis de tous ceux que le système maintient soigneusement dans un état de pulsion, ces cohortes de citoyens dont les tâches productives peuvent être exécutées sans qu’il soit requis d’eux qu’ils pensent.

Les thématiques avariées que le cercle restreint habituel refourgue odieusement et avec régularité, par malware politique, aux intellectuels et au public façonnent le goulag intangible de la pensée du monde libre. Ils sont autant de baballes derrière lesquelles l’on fait courir les chiens dans un espace clos. Si brillante soit notre réponse, elle n’en demeure pas moins une réponse suscitée au Grotesque, nécessairement conventionnelle, presque mécanique même, et que notre intellect daigne se soumettre ainsi à la fourberie d’un maître de circonstance, Lisnard ou tout autre indigent, ne constitue pas le nadir de l’absurde…

Régulièrement à la traîne de la politicaille désormais, appelé à son renfort dans de trop nombreux cas, réactif en tout état de cause, il faut impérativement au débat intellectuel progressiste redevenir offensif, bousculer fond et formes, et prendre l’ennemi par surprise, car penser dans des cadres hâtivement pensés pour nous par des scélérats qui nous méprisent, est-ce encore penser ?…

***

Mon top 3 des réponses

https://loubiaconnection.blogspot.be/2016/08/cest-deja-demain.html?m=1

http://nadiageerts.over-blog.com/2016/08/burkini-et-pendant-ce-temps-y-en-a-qui-doivent-bien-se-marrer.html

https://www.slate.fr/story/122505/guerre-terrorisme-chasse-burkini

Lire aussi

https://yannickbaele.wordpress.com/2016/04/01/nigger-fashion/

https://yannickbaele.wordpress.com/2014/04/06/le-hurlement/

 

 

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Trump : pourquoi tant de haine ?

article en cours de rédaction

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Vases communicants

terrorists on welfare (1)

Ci-dessous, nous publions, pour l’édification des générations futures, le contenu du courrier adressé ce jour à l’Office national de l’Emploi…

***

O.N.E.M.

Service DISPO

Place Marcel-Broodthaers, 4

1060      Bruxelles

 

Madame, Monsieur,

La présente fait suite à votre courrier du 27 juillet constituant convocation aux fins d’examiner les efforts de recherche d’emploi.

Au plus fort de la Grande Dépression qui, durant la première moitié du siècle dernier, mit les Etats-Unis à genoux, il était de bon ton, dans les milieux bourgeois sadiques, d’ajouter à la détresse des pauvres l’humiliation publique. Ainsi, des couples sans le sou étaient invités à prendre part à des bals populaires d’un genre nouveau, à l’occasion desquels ils étaient tenus de danser, danser encore, danser sans fin, des heures – parfois des jours – durant, jusqu’à ce que leur épuisement soit tel qu’ils s’affalent sur le sol, déconfits et objet de la risée des spectateurs. Au pays où seuls les strong survivent, seul le dernier couple debout était assuré d’empocher la poignée de dollars qui assurerait sa subsistance une semaine ou deux de plus. Après cela, il lui faudrait reprendre la danse.

Depuis la tempête financière de 2008, si l’on excepte l’insurrection islandaise, aucune caste n’est parvenue avec autant de brio à passer jusqu’à ce jour entre les gouttes du courroux social que celle constituée par l’alliance objective entre banksters et politicaille. Passés par pertes et profits, les dizaines de milliards d’argent public injectés dans un quasi-cartel de banques moribondes dont les arrogants CEO de pacotille se remplissent de nouveau allègrement les poches, tandis que la dette nationale excède de dix pourcents le produit intérieur brut ! Oubliés, les mandats d’administrateurs de Dexia des Dehaene, Kubla, Vermeiren, et autres Di Rupo, de tous ces criminels en col blanc en quelque sorte, dont la mission consistait pourtant à veiller à l’intérêt public plutôt qu’à la jouissance spéculative de court terme !

A l’inverse, si l’on excepte les sans-abri, ces êtres virtuels qui n’ont plus d’existence légale et donc n’existent plus, ces sous-hommes dont la seule présence suscite la répulsion des honnêtes gens, et qui sont sommés de crever à l’abri des regards, aucune catégorie sociale n’a été, dans ce pays et dans les pays limitrophes,  autant pointée du doigt, vilipendée, méprisée, politiquement clouée au pilori, que celle des chômeurs, dont l’addition aboutit à un relevé statistique glacial qui ignore, par-delà même leur vécu quotidien, leur fondamentale humanité. Haro sur le sous-prolo, proclament en chœur, entre deux orgies, tout ce que la rue de la Loi compte de fils à papa ! Et c’est à des prolos, bien sûr, que ces derniers confient la tâche d’exécuter leurs basses besognes, s’assurant au passage qu’entre chômage et sans-abrisme, les vases communicants ne perdent rien de leur fluidité.

Réunis sur un manège gigantesque qui n’en finit pas de tourner en rond autour d’un obélisque géant qui de la Providence a fait table rase, appelés à s’entre-dévorer pour conquérir la floche tant convoitée que l’on agite insolemment au-dessus de leurs têtes, puis à se vendre au Grand Marché du bétail humain, les chômeurs, en effet, bien que n’étant coupables de rien, sont coupables de tout, à commencer par l’incurie de l’élite. Coupables d’être considérablement plus nombreux que les cases professionnelles qu’il leur incombe de désirer. Coupables d’être, dans ces conditions, confrontés à des exigences patronales de plus en plus invraisemblables. Coupables de vouloir exercer, de manière participative, une activité professionnelle qui fasse sens pour eux et pour la société, eu égard à leur expérience et à leurs talents. Coupables de ne pas bénéficier des réseaux de promotion professionnelle instantané qui assurent le succès clinquant et usurpé des fils et filles de bonne famille, auxquels la notion d’effort est par trop étrangère. Coupables en puissance, bien sûr, de méfaits et de délits divers et variés. Mais coupables surtout d’exister, de se nourrir, de se vêtir tant soit peu, de se loger, coupables de survivre !

C’est pourquoi il était impératif, à l’estime de la brigade politique de répression de « l’assistanat », de s’arroger un droit de regard permanent sur l’activité sexuelle des chômeurs par l’entremise de leur état civil déclaré, soit par un passage au peigne fin de leur collection de sous-vêtements, au gré de descentes domiciliaires impromptues, soit par un passage au crible de leurs factures de consommation d’énergie, réquisitionnées et compilées, dans leur cas uniquement, auprès de fournisseurs privés : de nos jours, Monsieur, on danse seul, ou on assume les conséquences.

C’est pourquoi il était également indispensable de faire passer le montant de leur allocation mensuelle sous le seuil de pauvreté. Qu’importe, en effet, qu’après le paiement du loyer et des factures de base, ladite allocation se réduise à une peau de chagrin. Qu’importe que cet argent soit, en ce qui les concerne, réinjecté directement dans la sacro-sainte Economie. Qu’importe, enfin, qu’à l’exception du secteur culturel, aucun service public ne prévoie de tarif adapté à leur condition sociale, ni la STIB, ni la SNCB, ni l’administration régionale, dont il leur revient chaque année de payer la taxe forfaitaire. Qu’importe, puisqu’ils sont coupables !

Dans le système néoféodal qui est le nôtre, où une poignée de très grands héritiers se sont accaparé le rôle jadis dévolu aux monarques, dans cette société du spectacle où les damnés de la Terre n’ont plus leur place qu’à leur détriment, dans cette société d’opulence qui se plaît à ressusciter de manière factice l’instinct de survie que commandait jadis la nature, dans cette société à l’inégalité rutilante de grossièreté,  dans cette asociété, un chômeur, fût-il simultanément citoyen-électeur, ça regarde ses pieds et ça ferme sa gueule, sauf lorsque son maître lui donne un ordre. Dans ce cas-là, ça répond au pied levé : « oui, bwana » !

A la culpabilité générale des chômeurs s’ajoute de surcroît, dans le chef de celui-ci, une culpabilité particulière. En effet, je le confesse, je suis coupable :

  • coupable d’avoir été renvoyé par mon dernier employeur pour faute grave fallacieuse ;
  • coupable de ce que ce dernier se soit chargé depuis lors de me faire malgré tout une réputation ;
  • coupable d’avoir subi, du mois de juin 2014 au mois de janvier de cette année, une grave intoxication olfactive de la part d’une voisine, laquelle, me contraignant à me calfeutrer chez moi à tout moment, et me privant du moindre air frais, de jour comme de nuit, et en été comme en hiver, m’a littéralement, une année et demie durant, vidé de toute mon énergie, une intoxication dont l’apothéose fut un choc anaphylactique qui me réduisit pendant deux semaines à l’état de végétal (demandeur d’emploi) ;
  • coupable d’avoir, malgré cette subtile torture, tenu bon dans ma quête d’activité professionnelle (comme l’atteste l’évaluation positive du 3 février 2015) ;
  • coupable d’avoir, en raison de retards de paiement répétés de la part de mon syndicat (pas moins de trente-sept jours pour le mois de novembre 2013, comme l’atteste, parmi d’autres, mon courrier à l’ONEM du 9 janvier 2014 : bonne année !), lesquels ont fait l’objet d’une plainte auprès du Médiateur fédéral, dû renoncer in extremis, à l’issue de ma première série d’entretiens concluante depuis des lustres, au stage (non rémunéré !) en coopération au développement à l’étranger qui m’eût enfin permis d’étoffer mon CV dans l’un des secteurs-clés de ma recherche ;
  • coupable de ne recevoir d’Actiris que des offres farfelues sans lien aucun avec mon profil, tel qu’établi conjointement (« téléconseiller front office basé à Genevilliers, France», « communication officer », « winkelverantwoordelijke » chez Brico, sans même parler d’une « formation au métier de commercial » qui eût été très utile au commercial que j’étais).

Mais tout cela n’est-il pas subalterne ? Que j’aie été informé en juin 2015 du décès de mon père… quatre mois après celui-ci, ne l’est-il pas davantage encore ? Trêve de sarcasme : pour couronner le tout, ma mère m’a envoyé, à l’occasion de mon dernier anniversaire en date, une jolie carte de vœux attendrissante avec ces quelques mots : « tu seras SDF, mon fils », profitant de l’occasion pour m’interdire, via son avocat, de m’adresser encore d’une quelconque manière à ma grand-mère, sénile et mourante, et me déniant ainsi tout contact avec la seule famille qu’il me restait.

A tout moment durant ma courte carrière, mais également auparavant, j’ai fait preuve d’un volontarisme, d’une créativité et d’un esprit d’initiative tels que peu m’importaient les heures prestées. Dans tout ce que j’ai entrepris, que ce soit à titre bénévole ou rémunéré, je me suis toujours fait fort d’être parmi les chevaux de trait. S’ils manifestent un soupçon de bonne foi, tous mes employeurs passés, et plus largement tous les compagnons de route aux côtés desquels je me suis investi sans compter au nom de causes justes, en conviendront. Les évaluations infantilisantes dont mes diverses prestations ont fait l’objet étaient quasiment toutes élogieuses. Je pense en outre avoir plus d’une corde à mon arc.

Pourtant, me voilà, comme les danseurs du début de cette lettre, à deux doigts de l’épuisement, contraint de vous annoncer sans détour que, pour la première fois depuis l’instauration du mécanisme de contrôle panoptique des efforts dits d’activation des sous-Sisyphe que nous sommes, je n’ai pas la moindre copie d’offre d’emploi à vous soumettre. La raison en est simple : serrer la bride du cheval, la serrer inlassablement, la serrer sans ménagement, puis finir par user de tous les stratagèmes les plus abjects, avec l’espoir paradoxal de le faire avancer, équivaut, en toute logique, à l’étouffer.

Depuis plus de dix ans, je vis comme un ermite. Un ermite qui ne cause de tort à personne mais n’en subit pas moins harcèlements après humiliations après dénis de justice après agressions. Cet ermite n’a plus vu une plage depuis six ans, n’est plus parti à l’étranger depuis douze, n’a plus assisté à un spectacle ou à une représentation théâtrale depuis cinq ans. Cet ermite est conscient de ses devoirs, mais ne cesse de voir ses droits piétinés. Par miracle, cet ermite a la stabilité psychologique d’un chamane. Mais vient, malgré tout, un moment où, face à la civilisation à la renverse qui chaque jour se donne à voir à lui dans toute sa putride laideur, il a envie de s’exclamer de toutes les forces qu’il lui reste : « je suis un être HUMAIN, merde !!! »

Cet homme, s’il vous faut le punir, si vous ressentez au fond de vos tripes le besoin inassouvi de le remettre à sa place au nom de la racaille politique qui vous emploie, eh bien, punissez-le ! Si, en revanche, vous estimez que chacun a droit, en fonction des circonstances, à une erreur de parcours mineure, à une pastille rouge dans le bulletin de contrôle, alors, je vous en conjure : ne le privez pas, en plus, des ressources basiques qui lui permettent à la fois de maintenir une dignité primitive et de conserver l’énergie et les moyens nécessaires pour se lancer à l’assaut de la floche. Laissez-le reprendre ses esprits, laissez-le retrouver la forme physique, et donnez-lui rendez-vous dans quatre mois pour une nouvelle évaluation (en français !), laquelle ne pourra objectivement être concluante qu’à cette condition.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

 

Yannick Baele

finally !

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Ci-dessous la réponse de l’ONEM du 9 août 2016 :

Réponse de l'ONEM

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Et ci-dessous ma réponse à cette réponse :

O.N.E.M.

Service DISPO

Place Marcel-Broodthaers, 4

1060      Bruxelles

Madame, Monsieur,

Accusant à mon tour réception de votre réponse du 9 août, je relève que vous avez pris acte de ma présence dans les bureaux de l’ONEM le même jour, en réponse à votre convocation (par courrier simple) du 27 juillet. Comme vous l’indiquez, c’est conformément aux conseils de mon syndicat que je n’ai pas pris part ce jour-là à l’entretien d’évaluation.

Je me permets d’attirer votre attention sur le fait que j’ai toujours donné suite à toute convocation de l’ONEM et d’Actiris, y compris à celle qui avait erronément donné lieu, le 17 octobre 2012, à l’annulation de mon inscription dans votre base de données, comme en témoigne le courrier que je vous avais adressé dans la foulée. S’il en est ainsi, ce n’est pas tant par crainte d’une quelconque épée de Damoclès que mon absence ferait peser sur mes allocations de chômage que par souci de respect et de cordialité.

Dans votre réponse, vous affirmez n’avoir décelé dans mon courrier initial « aucun obstacle concret [à la recherche d’emplois] durant la période évaluée ».

Pourtant, même à supposer que je me résigne à entériner les pharaoniques disparités de classes qui régissent dans notre société la valorisation des talents individuels (Ma destinée n’est pas de chercher un emploi !), et même à considérer que les chômeurs soient des automates qui se rebootent automatiquement tous les quatre ou tous les neuf mois (selon les délais entre deux évaluations, tels que restreints par l’administration régionale dans le cadre de la sixième réforme de l’Etat), et que par conséquent ni la fatigue et le stress cumulés (dont j’évoquais dans mon courrier quelques-unes des causes), ni la succession d’embûches semées sur leur parcours préalablement à la période évaluée, n’aient sur eux et sur leur quête d’activité professionnelle la moindre incidence, une évidence s’impose : si les retards indécents (et toujours injustifiés à ce jour) dans le paiement de mon allocation de chômage entre les mois de février 2013 et mars 2014 ne m’avaient contraint à renoncer in extremis au stage (non rémunéré) en coopération au développement au Malawi qui, à l’issue de divers tests et de deux entretiens concluants (à Gand) m’était acquis, toutes les évaluations de l’ONEM postérieures, y compris celle qui nous vaut cet échange épistolaire, seraient plus que probablement tombées à l’eau.

Mon vaste projet professionnel, établi conjointement avec Actiris, repose très largement sur mon expérience et mes compétences professionnelles. Il regroupe les secteurs suivants :

  • journalisme : au fil des ans, j’ai réalisé, pour de multiples périodiques, plusieurs interviews politiques exclusives de haut niveau, rédigé quantité d’éditos, effectué quelques enquêtes, et mené plusieurs interviews en radio et en télé (à la RTBF notamment) ;
  • organisation d’événements : organisateur de nombreuses conférences et de colloques, j’ai également contribué à mettre sur pied des activités plus festives, culturelles et/ou artistiques (un festival de musique notamment) ;
  • éducation et formation : en plus d’avoir assumé durant trois ans la charge de professeur particulier de langues germaniques, j’ai été successivement salarié d’une entreprise active dans la formation en réseaux informatiques, et d’une autre centrée sur la pédagogie linguistique ;
  • traduction : trilingue, j’ai réalisé de nombreuses traductions, tant pour des particuliers que pour des ASBL et des entreprises.

A cette liste s’ajoutent toutefois deux sphères d’activité (mise en scène théâtrale et coopération au développement) qui, bien que répondant toutes deux à un intérêt personnel affirmé et à un désir professionnel sincère, n’ont pas trouvé pour l’heure de concrétisation officielle dans mon C.V.

A mes divers interlocuteurs d’Actiris, je n’ai cessé, pour l’une de celles-ci (la coopération au développement), de rappeler l’extrême difficulté pour un outsider à s’y insérer. En effet, non seulement les formations en la matière sont réduites à la portion congrue (et payantes !), mais de surcroît les offres d’emploi proposées sont extrêmement pointues et sujettes à une compétition féroce entre de très nombreux postulants, qui sacralise (à juste titre) l’expérience de terrain.

Par conséquent, que me fût attribué un stage dont la finalité (donner des cours d’anglais rudimentaires à de jeunes élèves africains) coïncidait avec mes compétences professionnelles concrètes relevait peu ou prou du miracle. Outre l’expérience de terrain qu’il m’eût enfin permis d’acquérir à travers un contact direct et approfondi avec la population locale, ledit stage aurait bien sûr permis d’étoffer mon C.V. en conséquence, et était susceptible d’aboutir à une collaboration ultérieure avec l’ONG organisatrice.

Travailler est à la fois un droit et une liberté, au sens du § 1er de l’article 15 de la Charte des Droits fondamentaux de l’Union européenne, qui s’inspire du § 1er de l’article 23 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Qu’est-il advenu de ce droit ? Un interminable parcours du combattant parsemé d’obstacles, avec quelques hologrammes chimériques pour seul horizon ? A qui se vouer lorsque ceux-là mêmes qui sont supposés faire office d’adjuvants dans cette quête éperdue assèchent par leur négligence répétée la seule oasis prometteuse dans un immense désert ?!

C’est à cette profonde frustration que sont venues s’ajouter les diverses formes de harcèlement dont je faisais état dans mon premier courrier : à titre d’exemples, imaginez-vous donc endurer, confiné à un espace restreint et clos, une intoxication chimique malodorante ininterrompue telle que celle que m’a fait subir pendant un an et demi cette voisine. Puis tentez de vous imaginez que vous vous retrouvez sans famille du jour au lendemain. Votre recherche d’emplois n’en serait-elle pas pour le moins perturbée ? Ne chercheriez-vous pas à reprendre progressivement votre souffle ? Dans sa recherche d’activité, l’humanité du chômeur, en ce qu’elle a de plus fondamental, ne revêt-elle pas la moindre importance ? Est-elle nécessairement source d’arbitraire lors d’une évaluation, même lorsque l’ensemble des circonstances évoquées peuvent être amplement documentées ?

Où sont-ils, où sont-elles, dans nos augustes assemblées parlementaires, ceux et celles dont le CV peut se prévaloir d’une expérience concrète de la Condition de Chômeur ?!

A tous les autres ne déplaise, si tout ce qui précède ne relève pas d’ « obstacles concrets durant la période évaluée », comment considérer qu’il en va de même pour ce qui suit ? :

  1. Le premier entretien du 3 février 2015 s’était soldé par une évaluation positive. En matière de recherche d’emploi, il soulignait : « l’intéressé […] apporte les documents suivants : des démarches régulières en 2013 et 2014, offres, mails, réponses d’employeurs, en moyenne 5 candidatures [par mois] en réponse à des offres d’emploi [ainsi qu’un entretien d’embauche]». A l’occasion du premier entretien, négatif quant à lui, du 10 mars 2016, le facilitateur de l’ONEM a pourtant fixé (oralement) l’objectif à « huit candidatures par mois au minimum ». Une évolution significative du « marché » entre ces deux dates justifie-t-elle cette augmentation ?
  2. Selon les chiffres publiés par Actiris sur son propre site (1), le nombre de demandeurs d’emploi bruxellois s’élevait pour le mois de juin 2016 à 96.443 unités. Toutes professions et tous secteurs confondus, le nombre d’offres d’emploi disponibles ne s’élevait pour le même mois qu’à 4.214 en région bruxelloise, soit 4,4 % (11.241 à l’échelle nationale, soit 11,7 %). Les chômeurs sont-ils responsables de cet écart gigantesque entre « offre» et « demande » sur « le marché » ? Est-il pertinent et juste – ou inique, au contraire – de sanctionner quelque chômeur que ce soit pour sa mauvaise volonté hypothétique tant que cet écart ne se sera pas considérablement résorbé (s’il venait à se résorber un jour) ?
  3. Le mois de juillet représente 25 % de « la période évaluée». Or, lors des mois de juillet et août, les offres d’emplois sont traditionnellement moins abondantes. Cette année ne semble pas faire exception à la règle, puisque (toujours selon Actiris) à nombre de demandeurs d’emploi quasi stable, le nombre d’offres ne s’élevait plus le mois dernier qu’à 3.599 en région bruxelloise.
  4. Simultanément, les employeurs ne cessent d’accroître le volume de leurs exigences vis-à-vis des demandeurs d’emploi. Celles-ci ne concernent pas uniquement le profil des candidats proprement dit ; elles revêtent aussi un caractère matériel. Un exemple (cf. annexe) : Europahuis Ryckevelde recherche un « collaborateur projet en matière éducative». Le profil souhaité correspond parfaitement au mien. En effet, j’ai été actif au sein d’un mouvement de jeunesse politique européen en qualité  d’ « international officer ». Dans ce cadre, j’ai pris part à diverses activités ainsi qu’à une assemblée générale composée de jeunes issus des quatre coins de l’Europe. Depuis, mon intérêt pour la chose européenne ne s’est jamais démenti. En outre, comme je l’ai rappelé, je dispose d’une expérience en matière de formation, et ne redoute aucunement de prendre la parole en public. Le hic : au bas de la troisième page du profil kilométrique et quasi surhumain esquissé par l’employeur figure la mention « doit disposer d’un véhicule ». Ce genre d’exemples est légion…
  5. Dans plusieurs secteurs de ma recherche (à savoir l’organisation d’événements, le milieu artistique, la coopération au développement, la formation et la traduction), de très nombreuses ASBL et ONG dépendent de subsides publics. Ces dernières ont donc été touchées de plein fouet par les coupes sombres fédérales dans les budgets qui leur étaient destinés. L’effet logique en est une révision à la baisse de leurs effectifs, et donc aussi a fortiori de leurs plans d’embauche. Ainsi, sur la plate-forme flamande de référence en matière d’offres d’emploi dans la coopération au développement, mais aussi dans le milieu associatif au sens large (11.be), innombrables sont les propositions d’emploi rémunéré qui se sont muées instantanément en bénévolat, sans pour autant que les exigences des employeurs ne diminuent d’un iota. C’est donc par dizaines qu’un gouvernement fédéral dogmatique bercé au darwinisme social cher à Ayn Rand a détruit des emplois dans ces secteurs, qui se trouvent précisément être à la base de mon projet professionnel.
  6. En tant que client d’Actiris, selon la nouvelle dénomination officielle qui a vu le jour après la refondation de l’ORBEM, je suis en droit d’attendre de cet intermédiaire officiel qu’il m’envoie régulièrement des offres ciblées qui correspondent au projet professionnel que nous avons communément établi. Entre l’offre d’emploi d’éboueur communal, celle de « responsable de magasin Gamma» et dernièrement celle de « téléconseiller front-office basé à Genevilliers (France) », je suis toutefois au regret de constater que tel n’est pas le cas. Et l’automatisation d’une sélection informatique ne saurait en l’occurrence en être la cause…
  7. Comme je vous l’ai déjà indiqué, je ne dispose, en tant que chômeur, d’aucune espèce de tarif public préférentiel, ni en matière de transport, ni en d’autres matières. Or, chercher de l’emploi coûte de l’argent. Il est certes possible de consulter gratuitement les bornes Actiris afin de tenter d’y dénicher des offres pertinentes, mais il demeure impossible de les utiliser afin de postuler. L’espace internet communal gratuit ayant fermé ses portes il y a plusieurs années, il me faut donc payer un abonnement mensuel pour ma connexion. En ce mois d’août, le solde de mon compte après le paiement des factures essentielles s’élève à moins de 100 €. De cette évidence, le gouvernement précédent, dans sa magnanimité, n’a tenu aucun compte lorsqu’estimant que les chômeurs étaient trop grassement compensés, il a décidé de faire baisser le montant de leurs allocations sous le seuil de pauvreté. Pourtant, y a-t-il, dans la recherche de travail, obstacle plus concret ?…

En conclusion, il m’aurait été très aisé de vous remettre, au fil des divers entretiens d’évaluation, des dizaines et des dizaines de copies de lettres de candidature uniformes et bâclées pour des emplois pour lesquels je savais pertinemment que je ne serais pas retenu. Je pourrais également envoyer par dizaines des candidatures spontanées qui, en raison de leur généralité face à des profils de plus en plus élaborés, me permettraient certes d’obtenir le sceau approbateur de vos services, mais n’auraient d’autre conséquence concrète que de réduire mes chances lorsque les mêmes employeurs publieront des offres précises. En effet, ayant moi-même, à plusieurs reprises, mené à bien par le passé des procédures de recrutement de nouveaux collaborateurs, je n’ignore pas quelle suite (par classement vertical) est réservée à ce type de candidatures.

Au lieu de cela, je veille à motiver de manière détaillée et individualisée ma candidature en fonction de chaque profil établi, et j’effectue en outre une sélection objective qui m’amène parfois, comme dans le cas de ces deux offres d’emploi de traducteur pour lesquels j’ai sollicité le 8 août, à passer en revue des dizaines et des dizaines d’offres non pertinentes. De cette sélection éprouvante et de cette approche personnalisée pas plus que des quatre classeurs épais remplis de lettres de candidature qui s’entassent sur l’une de mes étagères, pourtant, la procédure d’évaluation ne dit mot.

En soutenant, dans mon courrier initial, que les chômeurs sont coupables de tous les maux de la société, j’avais cédé au sarcasme. Mais de sarcasme est-il vraiment question dans le chef de ceux qui les prennent de haut ? Lorsque seuls sont pris en compte, de manière strictement segmentée, les efforts d’auto-activation de chacun, considéré isolément, à l’exclusion du chaos du « marché », des restrictions budgétaires contre-productives et dénuées de sens décrétées par la caste politique, des attentes déraisonnables et inadaptées de la plupart des employeurs, des défaillances attestées des intermédiaires officiels, de tout historique personnel, de toute pénibilité conjoncturelle, et de toute adéquation financière, est-ce vraiment d’une évaluation qu’il est question ?…

Conscient du caractère ingrat de la tâche qui échoit aux facilitateurs de l’ONEM (et à leurs successeurs), c’est de l’ensemble de ces paramètres que je vous serais reconnaissant de tenir compte lors de l’entretien qui vient, vous adressant, dans cette perspective,  Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

 

Yannick Baele

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(1) Source : http://www.actiris.be/Portals/36/Documents/fr/RM06-2016.pdfdf

terrorists on welfare (2)

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Hilly and the French general

It’s a necessary measure. [They] are useless to us in their wild state. They will break free unless you snuff out their will to resist. A good trainer knows that you’ve got to take [them] from [their] independent state in nature and create a dependent state, so they will become more productive to our needs. […] When you get them young enough, you can get them to do almost anything.

Underground (WGN), s01e07

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I heard you”. In her acceptance speech, the Democratic nominee by default didn’t have too many words for the Sanders camp. All dressed in immaculate white, she did say all Democrats were in this (her holy Assumption) together, and that her fight was also their fight. But what stood out from the rest were these three simple words, as equivocal – more so even – as the historic words General De Gaulle pronounced on the 4th of June, 1958, in front of the colorful crowd that had gathered in Algiers to listen to what he had to say, on the eve of decolonization and civil war : « je vous ai compris« . As far as he was concerned, many were wondering and have been wondering ever since who he had actually understood : the natives who wanted their independence, the binationals who were worried for their future, or the French hard-liners who were anything but ready to give up their dominion over the North-African country.

In Clinton’s case, the interpretations vary between “I heard you”, but I am behind the wheel now, “I heard you”, and I want you to shut up immediately (She has something of a primary school teacher, hasn’t she ?) and “I heard you”, and when I’m elected (‘if’ is such a party-crasher…), I’m going to appoint a few Sanders superdelegates to second-line positions in my administration to cut him off from his network and prevent it from doing more harm.

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I invite a lot of Republicans and independents who I’ve been seeing on the campaign trail, who’ve been reaching out to me, I invite them to join with Democrats.

CNN, May 4, 2016

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Torn apart between her natural electorate and the Petraeus/Gates/Hayden/Bloomberg & Co-current, which would be of vital use to her in the long run if she wants to avoid new government shutdowns, will Clinton, now that the quadrennial show is behind her, reorient her campaign towards a more aggressive set of American values ? Can she ?

In any case, countless are the media-clintonites  who are now openly, sometimes on the edge of disrespect and even vulgarity, warning against a new Nader-effect the Green-party candidate might bring about. And they do this, of course, in the studios of the same television networks that worked so hard to get the ugly creature from the swamp out of its natural habitat.

Indeed, it is to Nader, the Democratic establishment has been arguing, Gore owed his defeat, fifteen years ago. But what these political prosecutors fail to remember is that in 1992, Billy Boy got elected with flying colors in spite of billionaire Ross Perot’s candidacy, which nonetheless cost him over six million votes, according to exit polls (1). In 1996, Perot ran again, yet Billy’s victory margin was even bigger. Therefore, it is safe to say that Ralph Nader, the consumer advocate who, throughout the years, had become a thorn in the side of the US automobile industry, the activist siding with common people against big business, was the ideal scapegoat.

These days, all fingers are pointing to Jill Stein as the possible cause of a Clinton defeat. The enemy is at the gates, you see, and all hands ought therefore to be on deck. Giving in to any holier-than-thou-ism in this time of crisis, as neo-fascism is threatening to engulf the greatest country in the world, would not only be irresponsible : it would be goddamn suicidal ! Think of the SCOTUS appointments the creature might make, of the official lynch parties it might sanction, of the red buttons it might push.

But as the Green party correctly pointed out, they are not the problem. Why frighten people when there is no reason to ? It may take a while to get the undemocratic duopoly at the head of the commission on presidential debates to lower the 15 % threshold (2). It may take even longer to get Congress to introduce proportional-vote reforms and formally abolish the winner-takes-all clause for presidential elections. But there is no objective reason, none whatsoever, to delay ranked voting (3) any longer.

This is why those who want to thumb their noses at the system should do so with a light heart, knowing that if the creature should ever come to sit in the oval office, they would bear no responsibility for it : only the oversized egos of the two frontrunners would… (4)

By the way, forget the young, the poor, the working class. It’s not your constituency. Strength, stability, security, prosperity. Scare them, then make them feel safe. That’s your platform. It’s the only one you’ve got.

Australian spin doctor to Leila al-Fayeed

Tyrant (FX), s03e04, Prayer for Our Daughters

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(1) Source : http://www.nytimes.com/1992/11/05/us/1992-elections-disappointment-analysis-eccentric-but-no-joke-perot-s-strong.html

Noteworthy, however, is that on a national basis, the same poll indicated there was an even split of Perot’s voters between Clinton and George H.W. Bush.

(2) Read : http://www.theatlantic.com/politics/archive/2016/05/gary-johnson-libertarian-polls/484151/

(3) https://en.wikipedia.org/wiki/Ranked_voting_system

https://en.wikipedia.org/wiki/Instant-runoff_voting

(4) Read : https://theintercept.com/2016/07/29/the-two-party-system-is-the-worst-case-scenario-an-interview-with-the-green-partys-jill-stein/

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What a mess ! (Quelle messe !)

Now that that’s done, define : hope, faith, optimism, virtue, embodiment, dream

Cynthia Haleillustration du Candide de VoltaireTed Williams and unknownMichael EricObama

Preamble

In this day and age, everything – every object, every symbol, every spirit, every soul – must be advertised. So please read the following before venturing into this post…

WARNING : this post is an anti-guide. Brazenly devoid of any prepackaged message of liberation and at the same time of any clear path of thought or action, it is outright confusing. And confusion means chaos. THEREFORE, BEWARE : should you accept to consider the following quotes and illustrations as pieces of your puzzle, some of which you might want to leave aside, others you might want to crop or rearrange, you would be as guilty as I am !

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Two other quotes inspired this post :

Niebuhr […] talked about the difference between optimism and hope. Optimism is a shallow virtue; hope is a deep virtue.

Ordinary black people are going to look at me and see me as the embodiment of their dreams.

 (Democracy Now!, July 28, 2016)

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Drumpf-Cliton : actual threat or boogie man ? Presidential election or masquerade ?

All those who have lived a little, which is to say all those who know politics for what it is, have been asking themselves the same question since long before the primaries : what part is the real estate stud actually playing ?…

I, for one, didn’t wait until some furious Texan bull who was interviewing him live by phone during his soothing talk-show, last December, abruptly asked him if his candidacy was for real to postulate it might very well not be. But that rather peculiar interview prompted me to briefly reply, by means of a temporary post, to one of the numerous op-eds the French press was already dedicating to CBS’s CEO’s preferred actor. In that reply, I suggested it would be reasonable to think Drumpf might be her first choice as a Republican nominee. Her, you know, the one from ‘I stand with her’, Lucy from Pennsylvania Avenue…

LucyAt the time, Drumpf was already behaving like a Beavis on steroids, tweeting the most surreal BS and alienating voters by the score, but contrary to elitist belief it seemed to do him good. In fact, he was doing so well in the polls probably he himself couldn’t fathom how far he had been able to push his main-street disdain for peasant-voters without consequence.

Since then, we know he has gotten away with almost everything, from recommending sanctions against women performing abortion to sticking his short middle finger into some half-famous Texan (!) vagina, and from erecting a second Great Wall – the cherry on his pie – to advocating religious discrimination. It’s as if his aficionados are either so stupid, so brainwashed, so hypnotized or so deeply mad at the system that their guru can do and say nothing wrong : are they even listening still ?

Yesterday, however, Pennywise may have crossed a major red line by openly asking a foreign power to hack into his old friend Cliton’s e-mail servers, or to produce the result of prior such hacks : “Russia, if you’re listening”, he said in a video address during a Miami, FL, campaign meeting, “I hope you’re able to find the 30,000 emails that are missing”. Whether a source told him the remaining emails have vanished forever, whether this move is actually meant to prevent their public release by the country he’s identifying as the most probable hacker (or another… say Israel, for instance), which would somehow cater to his presidential bid, whether, au contraire, he wants it to happen and would use the opportunity to turn the tide of US-Russian relations, or finally, whether he was told it was some domestic intelligence agency that dumped the earlier set of emails on the Wikileaks freighter as a retaliation against some secretary’s gross negligence, and therefore knows there’s no further move to expect from them at this moment, doesn’t matter much. Then again, if none of the above applies (which seems unlikely), if he just acted recklessly, and if said emails were to resurface in the coming days or weeks, it would mean he risked jeopardizing his entire present endeavor.

Indeed, taken at face value, the statement itself already produced a series of effects of its own, starting with a variety of counterpunches from both the Democratic and the Republican side, ranging from outright condemnations to oral or tweeted palimpsests. But that doesn’t matter much either : it is clear to everyone that the Republican political establishment is completely out of play (which they know all too well), and Drumpf’s own goal might actually amount to his final declaration of independence.

But when even a bunch of funky Defense officials, including a former Supreme Allied Commander, get into the game and teach the not-yet-Commander-in-Chief a few lessons, does it really matter to Drumpf’s highly militaristic Republican base that some of them might favor his opponent ? Undoubtedly, the calculated gaffe will sound like music in the ears of all the real men in the free world to whom the Kremlin’s macho man n°1, when compared to Drone Central, is nothing short of a role model, all those whose sense of honor is purportedly sacrosanct : it’s not hard to imagine the above mentioned bull jerking off to it in replay. But how will Drumpf’s remarks be met beyond that relatively small select circle ? The candidate could not ignore this is likely to cost him a few points in the polls. And he must have known it would also be the final straw to the last remaining undecided Libertarians.

What then ? Did he torpedo his own campaign because he had taken the lead in most polls for the past two weeks ? Let’s consider this possibility for a minute. Let’s remember what a departing POTUS said during his last White House Correspondents gala : he was quite positive the Donald initially only applied for his job to boost his commercial activities. Drumpf may look like a fool, but he’s not foolish enough not to realize him sitting in that oval office would lead to an unparalleled disaster…

In the meantime, the fearmongering on the (so-called) left has reached unprecedented heights since the last minor obstacle to Thursday’s anointment temporarily left the scene : fearful female activists are hiding under their bed sheets as Scalia’s ghost is waiting for its reincarnation, gay couples are preparing for their last kisses, academics are biting their nails, young black people are afraid blue militias will start shooting them for no reason and nobody will be able to do anything about it, and so on and so forth. Even those bearded guys from far away are imploring Allah to protect them against the B61-twelves…

B61-12Whatever the speculations and however clear and present the domestic danger portrayed, this campaign proves to be a fantastic drill allowing a wide range of observers to examine on a nationwide scale how easily indoctrinated voters can be made to be (again), how fear (not the same fear but fear nonetheless) can cement the right and the left together (again), and, after the disappointing interlude of the Summer of 2013, how ready for new adventures America is (again), whoever the next incumbent. Were the unafraid Sandernistas having a negative impact on the experiment ? Could that be the reason why the brass insisted the revolutionary page be turned swiftly, and why the first autocratic female presidential candidate seems better off without an army of fresh recruits ?…

If the threat is verified, the irony may be misplaced. But if the masquerade is established, what about this frightening demand for unanimism?…

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A few light changes, mainly nuances, were brought to this post after publication. Last edition date : July 29, 2016.

 

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They’d like us to believe…

They’d like us to believe that from one day to the next a bitter crowd in tears swinging between rage and resignation can turn, as if processed, into a cheering pack of joyful retards, that from all the placards praising the Revolution yesterday not even one today remained, that the outraged yelling voices all caught a sudden cold in the middle of Summer, and that Monday’s vociferous nays were muzzled without reprisal after a split second of anti-acclamation.

They’d like us to believe they needed but one night to frack into the occupied minds the transpacific 15 free of inflation and generate a fizzy melody of compliant servility that would be heard as far from Philly as the east is from the sunny west coast, one night for the worst of enemies to become the best of friends, vowing to fuse their forces to fight the irate red dragon with water and fire combined, one night for the white rabbit to really pardon the red queen for stealing its compass and for Her Majesty in turn to absolve the rodent for existing.

They’d like us to believe, but we know better. We witnessed the applause-signs, the smirks on the VIP balcony, the fake smiles. Behind the scenes, we spotted Riefenstahl’s great-grandson unpacking all the units hastily delivered by US.R. & M.M. a few hours before day 1 : the C.U.L.T.-series (female reverend v.6.16, female rabbi 106, made to speak after a vile atheist, as if to disinfect the pulpit), the HappyActivist ™ series (featuring the Jess 1.13, the Dolores 1.86, which conveniently replaced the Berta model, out of order, but also the Michael-Eric v.000, among others, all of which can applaud, lick a rear, jump into the air and say ‘yaaa’, but also growl if necessary), and too many others to mention. So, As soon as we understood, after reading Pilger, that the second sequel might actually be looming, we threw one last glimpse at the freak show behind us, and never looked back as we marched forward towards the end of the desert of thought…

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Coup d’éclat !

Il avait la justice, l’éducation, la police. Il a conquis la presse. Il lui manquait l’armée…

Le désir d’hommes forts n’a pas vécu. Que certaines femmes puissent désormais revêtir l’habit ne change rien à l’affaire. La soif absolutiste n’a pas vécu. Elle se déguise à présent, voilà tout, à la manière équivoque d’un travesti aux sympathies caprines. Car il y a un passif, qui n’autorise pas une réédition à l’identique. Les ficelles sont les mêmes que naguère : quelques reichstags en flammes, la nation menacée, une conspiration au carré et un ennemi terrible – Gülen, Goldstein, ou un troisième –, mi-réel, mi-fantasmé, dont le visage s’adapte aux nécessités du moment, une indispensable moisson de réflexes pavloviens… et des intérêts extérieurs en surnombre.

Mais, dans la sphère civilisée, il n’y a plus rupture : il n’y a plus que continuité. Démocratique, forcément, puisque le peuple a parlé… Qu’il dise demain « ethnocide kurde », et il aura parlé encore. Il y a tromperie, bien sûr, mais elle ne s’affiche plus : elle a honte ! Se fût-on imaginé Kadhafi faire paisiblement trempette en bord de Méditerranée tandis que les forces de la Liberté encerclaient son palais ?… Coup de génie intérieur, dans une hypothèse, que d’être parvenu à alimenter, au sein de l’appareil, une cinquième colonne naïvement séditieuse dont le sacrifice calculé aboutirait à l’exact opposé de ses objectifs. Coup bas extérieur avorté pour avoir refusé de le mener à sa conclusion logique dans l’autre, dont la purge sans précédent qui s’annonce, qui emportera aussi tous les loyalistes tièdes ou incrédules face à la redoutable ascension de Ui, pourrait faire regretter de l’avoir initié. Les deux hypothèses se rejoignent en ceci : Kemal, l’homme fort d’hier, est mort pour de bon. Il n’était plus à la mode. Et de ce qui fut son armée plus la moindre velléité réfractaire ne s’échappera. Où Morsi a échoué…

La démocratie a triomphé : il y a les explosions, les effusions de sang, les camions qui foncent dans la foule, mais sans l’attentat aux mots, sans la rouille des concepts, que pourraient-ils accomplir ? « Il faut revenir à l’essentiel : écouter les peuples »… après les avoir hypnotisés.

La Mongolie entière, contrairement à son Saint-Patron, dont l’auto-maniaque sultan n’est que le troisième plus gros acquéreur d’armes, a tardé à condamner en termes francs les apostats. Faut-il y voir malice ? Eût-elle préféré qu’Ankara échoie au kaki plutôt qu’au vert-de-gris , que depuis sa confortable villégiature l’homme à la moustache béguète et se résigne plutôt que de redoubler de faroucherie face au challenge ? Avait-il importunément heurté certaines sensibilités ? Son rapprochement avec la Saoudie lui était-il monté à la tête ? Etait-il devenu facteur d’instabilité et source de périls ? Caillou dans la chaussure de Dame Europe, synthèse utile quoiqu’encombrante entre humanisme et barbarie pour Maître Atlante, le fourbe manitou apportera bientôt la garantie d’une démocratie consolidée, dont il reste à espérer qu’elle ne fera pas trop d’émules dans le voisinage occidental immédiat…

Peut-être quelqu’un aura-t-il, à cet égard, l’obligeance de rappeler au petit démocrate que son pays a aboli la peine de mort. Et que la plaque tournante qui est la sienne ne saurait continuer de tourner indéfiniment !…

https://www.echr.coe.int/Documents/Convention_FRA.pdf

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https://www.coe.int/en/web/conventions/recent-changes-for-treaties/-/conventions/treaty/recent?_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_formDate=1468789239614&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateDebut=01%2F01%2F2003&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateDebutDay=1&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateDebutMonth=0&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateDebutYear=2003&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateStatus=15%2F01%2F2003&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateStatusDay=15&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateStatusMonth=0&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateStatusYear=2003&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_codeSignature=1&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_codesMatieres=3&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_traites=114&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_notselectedtraites=005%2C009%2C044%2C045%2C046%2C055%2C117%2C118%2C140%2C146%2C155%2C177%2C187%2C194%2C204%2C213%2C214&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_displayResult=Traite

https://www.coe.int/en/web/conventions/recent-changes-for-treaties/-/conventions/treaty/recent?_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_formDate=1468789239614&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateDebut=01%2F01%2F2004&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateDebutDay=1&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateDebutMonth=0&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateDebutYear=2004&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateStatus=09%2F01%2F2004&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateStatusDay=9&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateStatusMonth=0&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_dateStatusYear=2004&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_codeSignature=1&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_codesMatieres=3&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_traites=187&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_notselectedtraites=005%2C009%2C044%2C045%2C046%2C055%2C114%2C117%2C118%2C140%2C146%2C155%2C177%2C194%2C204%2C213%2C214&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_displayResult=Traite

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Quelques paragraphes de cet article ont été modifiés le 17 juin 2016 pour faite état d’une menue différence d’approche diplomatique entre Europe et Etats-Unis quant au coup, ainsi que pour ouvrir prudemment et rationnellement le champ des possibles quant à ses commanditaires. Une mention explicite de la Convention européenne des Droits de l’Homme a également été ajoutée en conclusion.

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Bin ich ein Nabluser ?

Bouffe ! Mais tu vas bouffer, dis ! Non, ça contient pas d’OGM ! C’est produit par des objets trimant non identifiés, ça c’est vrai, mais pour eux c’est ça ou le chomach, fieu. Tu veux qu’ils vivent dans la misère, peut-être ? Indigne personnach !

Ca pond des kets par ribambelles – huit ou neuf en moyenne par couvée – et ces kets, ça doit bien survivre, non ?! Encore heureux que ça puisse bosser ! T’imagines l’état des banlieues, sinon ? Une plaie d’Egypte, dis seulement que je te l’ai dit ! Tous les mois qu’il faudrait tondre la pelouse…

BDS, BDS… Moi, ils me font rire, tous les gosses des bourgeois qui manifestent ici. Ceux-là, on voit bien qu’ils ont jamais dû bosser de leur vie ! Une fois se salir les mains, mordre sur leur chique, ça c’est trop leur demander, hein ! Allez zeg, une fois montrer de la solidarité avec ces travailleurs, ça serait quand même pas du luxe, hein !

Occupée, la Cisjordanie ? Mais toi, tu oses tout, ma parole ! C’est un laboratoire international ! Le 144, par exemple, j’aime autant te dire qu’il y en a beaucoup qui y pensent pour juguler les flux syriens ! Le 329, c’est la déchéance de nationalité. Le 815, c’est un mix d’état d’urgence et de indie yéyé. Le 297, il a inspiré le Rwanda il y a quelques années. Le 128, Giesbert et Elkabbach en rêvent. Pour interdire les manifs et lutter contre le complotisme, rien de tel que le 101 ! Et le 58 et le 321, je te dis pas ce que ma mère serait capable d’en faire…

Israël inspire le monde, fieu ! Tu le sens, le vent nouveau de la démocratie ? Le pet ? Mais triste sire, va ! Continue, et je vais te mettre sur ta gueule ! Le monde se radicalise ; la solution cisjordanienne, elle est juste homéopathique !

« Ne constitue pas une provocation à la discrimination le fait d’appeler au boycott de produits ou de services concourant à la politique contestée d’un État. »

(Amendement 314)

Alors, moi je dis : face aux provocations antisémites de Bachelay, pas de quartier, fieu ! Et c’est pas Chalghouman qui me contredira !

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http://itisapartheid.org/Documents_pdf_etc/ApartheidLawsOccupied.pdf

http://www.lcp.fr/actualites/alexis-bachelay-ps-ne-veut-plus-que-le-boycott-soit-un-delit-0

http://fr.timesofisrael.com/france-la-saga-de-lamendement-pro-bds-bachelay/

https://theintercept.com/2016/02/16/greatest-threat-to-free-speech-in-the-west-criminalizing-activism-against-israeli-occupation/

https://theintercept.com/2016/03/22/clinton-attacks-israeli-boycott-movement-in-aipac-speech/

https://theintercept.com/2016/06/23/students-in-california-might-face-criminal-investigation-for-protesting-film-on-israeli-army/

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