« Pose suggestive » (5e partie)

Belle And Sebastian, Dirty Dream Number Two

Elle portait, cette fois, une petite robe à fleurs souple qui laissait entrevoir, tandis qu’elle se penchait sur moi, les contours intérieurs de ses seins, et laissait deviner deux extrémités dures de la taille d’un appendice d’auriculaire. Qu’est-ce qu’elle était sex, bon sang ! Elle n’avait rien bu, aujourd’hui, et ça se voyait : elle était parfaitement maîtresse d’elle-même et de ses mouvements.

–       Qu’est-ce que tu fais ?, lui demandai-je par acquit de conscience.

–       Tais-toi !

Scratch Massive, Take Me There

Elle se mit à caresser tendrement mon membre engourdi, faisant glisser sa main amène et agile de haut en bas, puis titillant le morceau de peau rétractile que les anglais nomment foreskin, et nous, avec un goût prononcé pour la mélodie et la romance, prépuce. A mesure que mon anatomie se durcissait, elle s’en servait comme d’un levier, sans jamais l’agripper toutefois : au lieu de ça, elle en tapotait la face inférieure par légers à-coups, allumant le désir plutôt que de l’étouffer. Bientôt, tous les centimètres seraient présents au grand complet. Comme on passe sa main un tantinet humide sur les contours d’un verre en cristal pour lui faire produire une stridente complainte, elle fit ensuite tournoyer lestement son index sur mon petit capuchon. Puis, lorsque le matos semblait prêt à l’emploi, elle saisit fermement mes boules et, posément, m’ouvrit au monde. Pour être certaine de son effet dans la durée, elle conclut l’exercice en appliquant l’une des techniques paléolithiques des premiers maîtres du feu : elle se saisit à deux mains de mon bout de bois et, comme s’il s’agissait, par d’intenses frottis concentriques, de provoquer une étincelle, touilla le levain dans sa largeur, pétrit la pâte en long et en large, malaxa le tiers de baguette de droite à gauche, sans répit, puis, satisfaite du résultat, m’adressa un demi-sourire complice qui en disait long.

–       C’est tantrique. Mon premier petit-ami m’a appris ça.

Aucun doute, la section ‘orientalisme’ de la bibliothèque verrait bientôt débarquer un nouvel adepte !

–       Tou restes comme ça, maintenant, d’accord, bébé ?

Sa remarque me rappela ce qu’on faisait croire aux gosses, à Pâques : si tu fais la grimace pendant que sonnent les cloches, tu risques de finir comme le Joker dans Batman (Je paraphrase un peu…).

–       Avec plaisir, mi dulce

Elle embrassa furtivement la nervure centrale de mon petit caporal et s’en retourna à son chevalet.

–       Merci… déclarai-je benoîtement.

–       C’est pour le travail, hombre. Maintenant, concentre-toi. Tou te souviens de la posicion ?

–       Comme ça ?

–       Si, exactamente ! J’aime ton petit coul, Hagan…

Beaucoup de femmes fantasment sur le cul des mecs : au-delà de la plastique, plus ou moins ferme, plus ou moins galbée selon les morphologies, innée ou acquise, c’est, paraît-il, un indicateur de la puissance de piston qu’ils sont en mesure d’étaler. Pas étonnant, dès lors, que beaucoup de jeunes mecs qui fréquentent ma salle de fitness s’échangent en douce des stéroïdes contre des billets dans les vestiaires, s’examinant et se contemplant l’un l’autre du coin de l’œil, non pour voir qui, en l’occurrence, a la plus grosse, mais qui est le plus beau. « Miroir, ô, mon beau miroir… »

Rarement, pourtant, une représentante de la gent féminine acceptera-t-elle de stimuler cette partie de la physionomie virile, encore largement taboue : les rôles sociaux traditionnellement dévolus à l’une et à l’autre, et les représentations mentales qui les accompagnent, n’ont pas encore évolué à une échelle suffisamment large. Disons-le simplement, pour que tout le monde comprenne : le trou du cul du mec doit rester une one-way street, faute de quoi on a affaire à un PD ! C’est en tout cas l’impression dégoûtée que semblait exhaler la rousse Miranda dans un épisode de « Sex and the City » qui la confrontait à ce dilemme. Une fois, pourtant, il y a de cela plusieurs années, une compagne d’un soir s’était permis d’enfoncer à cru son doigt onglé dans ma cavité postérieure. La jouissance, mêlée à la subreptice douleur de l’impréparation, m’avait fait gicler au pied levé. C’est que, chez la femme comme chez l’homme, ce genre de chose se chérit… On ne se fraye pas n’importe comment un passage dans cet espace. Huiler, attendrir, chatouiller sont ici les mots d’ordre ! Y plonger trois doigts, un gode-réplique de Peter North ou même, pour les élèves avancés, un poignet décidé, voire deux pour les masochistes qui, dans la foulée, doivent littéralement s’apprêter à chier des barres, demeure réservé à une certaine élite. Bref… J’ai l’impression, en vous racontant cela, de m’être quelque peu écarté du droit chemin. Mea culpa !…

My Best Fiend, One Velvet Day

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