Cher Monsieur OBAMA, sachant que…

Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique du Nord,

Lors dune conférence de presse à la Maison Blanche, vous avez déclaré hier avec un ton déterminé et ferme, à propos de la crise des dettes souveraines européennes :

« Fondamentalement, ces décisions sont entre les mains des dirigeants européens. Heureusement, ceux-ci comprennent la gravité de la situation et l’urgence d’agir. […]

A court terme, [l’Europe] doit stabiliser son système financier, en partie en prenant les décisions qui permettraient d’injecter de nouveaux capitaux dans les banques affaiblies. Il est tout aussi important que ses dirigeants établissent un plan d’action et esquissent une vision pour une zone euro plus forte, en ce compris une plus grande collaboration en matière de budget et de politique bancaire. La conclusion de tout ceci est que les solutions à ces problèmes sont difficiles, mais que des solutions, il y en a. Les décisions requises sont dures, mais l’Europe a la capacité de les prendre. »

Or, Monsieur le Président,

Sachant que la dette des Etats-Unis s’élève à plus de 15 billions de dollars, leur déficit budgétaire à plus de 8,5 % de leur produit intérieur brut (PIB), et que le déficit de leur balance commerciale est en hausse constante ;

Sachant, par conséquent, que les Etats-Unis se trouvent dans une situation bien plus délicate que l’Europe, qu’ils sont, partant, un facteur de déstabilisation potentiel pour l’économie mondiale bien plus grand que ne l’est l’Europe, et que seule la capacité infinie pour la Réserve fédérale américaine de produire de l’inflation a jusqu’à présent permis à votre pays de garder la tête hors de l’eau ;

Sachant, par conséquent, que c’est en très grande partie l’étranger, en ce compris les Etats arabes producteurs de pétrole, au premier rang desquels l’Arabie saoudite, mais aussi la Chine, qui financent le train de vie de votre pays ;

Sachant que c’est l’explosion de la bulle spéculative immobilière américaine, dont la faillite frauduleuse de Lehmann Brothers, un scandale cent fois supérieur à celui d’Enron, fut le point d’orgue, qui a précipité la crise financière de 2008, laquelle est toujours loin d’avoir connu son épilogue ;

Sachant que ladite crise a obligé les Etats européens à s’endetter massivement afin d’éviter à leurs banques la faillite ;

Sachant que d’autres banques américaines, au premier rang desquelles Goldman Sachs, qui, tel le ver dans le fruit, a infiltré les principaux centres de décision européens, ayant à sa botte notamment le directeur de la banque centrale européenne et le commissaire européen à la concurrence sortant, deux personnes qui n’ont pas été élues par les citoyens européens, spéculent à présent sur les Etats eux-mêmes par l’entremise de leurs dettes, avec l’aide de tout un appareil de déstabilisation dans lequel les agences de notation de votre pays occupent une place de choix ;

Sachant que ces mêmes agences de notation nord-américaines avaient, au crépuscule du siècle dernier, jugé positivement l’entrée de la Grèce dans la zone euro, de même qu’elles avaient surévalué en connaissance de cause la solidité financière et l’état du budget en fonds propres de la banque Lehmann Brothers susévoquée ;

Sachant que notre continent s’est bien gardé de hausser le ton lorsqu’il s’est agi de déterminer les responsables, pour l’essentiel nord-américains, de la crise actuelle ;

Sachant que l’Europe dispose d’une instance représentative composée de parlementaires élus par les citoyens de chaque pays membre, qui forment la mosaïque de leurs intérêts supposés ;

Sachant que l’Europe n’est donc ni un protectorat, ni un continent sous tutelle, encore moins quelque lointaine colonie,

PENSEZ-VOUS VRAIMENT QU’IL VOUS INCOMBE A VOUS, LE PRESIDENT D’UNE PUISSANCE ETRANGERE, DE NOUS DICTER A NOUS, EUROPEENS, LA MARCHE A SUIVRE ?

NE PENSEZ-VOUS PAS QU’IL VOUS INCOMBE D’ABORD DE BALAYER DEVANT LA PORTE DES ETATS-UNIS AFIN D’EVITER QU’UNE CRISE COMPARABLE A CELLE DE 2008 NE SE REPRODUISE, DE CONTENIR LA CRISE ACTUELLE ET DE PREVENIR LA FAILLITE DES ETATS-UNIS ?

Continuer d’injecter massivement de l’argent public dans des banques privées ne répond ni à notre intérêt à long terme, ni à une stratégie structurelle et rationnelle pour sortir de la crise, ni au libéralisme que vous prétendez incarner.

OBLIGER LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE A PRETER DE L’ARGENT AUX ETATS, DIRECTEMENT OU PAR L’ENTREMISE DE LA BEI (Banque européenne d’Investissement), SANS PASSER PAR LES BANQUES PRIVEES, EST LA SEULE SOLUTION VIABLE ! C’EST ELLE, EN EFFET, QUI PERMETTRA D’ASSEOIR LE SOCLE D’UNE NOUVELLE SOLIDARITE EUROPEENNE, PREALABLE A UNE FEDERATION POLITIQUE AVANCEE, NON DE LA ZONE EURO COMME VOUS SEMBLEZ LE PRECONISER, DE L’EUROPE TOUT COURT.

Nous vous remercions, toutefois, Monsieur le Président, pour vos précieux conseils, que nous ne manquerons pas d’étudier en détails, et vous souhaitons bon vent pour les élections à venir…

Yannick BAELE

Catégories : Lettres ouvertes des plus surréalistes..., Politique / Société | Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

Navigation des articles

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :