Archives mensuelles : juillet 2012

Tribunal d’Application des Peines de Mons : et hop, que je te refile la patate tiède aux cathos !…

Les histoires de Job / Job / Ayūb sont fascinantes. Qu’elles sont fascinantes, les histoires d’Ayūb / Job / Job ! Il y est question, toutes interprétations confondues, de fidélité, de piété, de faute (ou pas), d’humilité, de rédemption, de punition divine, de mise à l’épreuve, de récompense, de préparatifs d’exil, de patience… et de bien d’autres choses. Elles sont tellement fascinantes qu’elles semblent de nature à faire perdre au Vatican son latin…

Interrogées par le quotidien néerlandophone Het Nieuwsblad quant à leur disponibilité à accueillir la blonde à l’âme rôtie, dont les avocats semblent décidés depuis des mois, à présent que l’intéressée a purgé quinze des trente années d’emprisonnement auxquelles elle avait été condamnée pour avoir, en communion avec son ex-compagnon, kidnappé, violé et séquestré six jeunes filles, dont deux, les plus jeunes, ont littéralement dépéri, faute de soins et de nourriture, dans un cachot aménagé dans leur cave, à conférer à la pauvre victime de l’ire populaire qui compte parmi leurs clients une image quasi iconique de dévote retirée et compassionnelle, les sœurs Clarisses du couvent de Malonne déclaraient encore, vendredi 27 juillet dernier qu’il ne s’agissait là que de rumeurs propagées depuis des années (1).

Qu’est-ce qu’une rumeur ? La définition la plus proche du contexte qui nous occupe est la suivante : une rumeur est « une nouvelle, un bruit qui se répand dans le public, dont l’origine est inconnue ou incertaine et la véracité douteuse » (2). Het Nieuwsblad soutient cependant que, à plusieurs reprises déjà, « Martin aurait […] réclamé […] son reclassement dans [la] Communauté des Clarisses », une demande qui « aurait été refusée à chaque fois car jugée trop proche du domicile des victimes[…]. » C’était vendredi dernier, jour de poisson et de crustacés…

Aujourd’hui, c’est mardi ! Quatre jours d’intervalle équivalent pour le Seigneur à une éternité ! Aujourd’hui, c’est jour de ponte, celle d’un communiqué officiel de ces pieuses demoiselles qui s’inscrit singulièrement en faux contre la posture qui était la leur avant le week-end. Lisons plutôt : « notre chemin communautaire a croisé celui de Madame Martin à travers la demande de ses avocats. Ce fut un défi pour nous, bouleversée que nous étions par l’horrible souffrance des victimes et de leurs familles, qui ont traversé l’enfer que l’on sait »(3). De deux choses l’une, comme on dit dans les plannings familiaux traditionnalistes : ou la déclaration émise vendredi relevait du mensonge, ou le journal flamand affabule.

Quoi qu’il en soit, les membres de la communauté du couvent de Malonne lâchent désormais le morceau : chacune d’elles a pu débattre avec franchise du sujet (4). Sans le moindre doute ce franc débat se sera-t-il déroulé samedi autour d’un plateau de fromages – d’une fondue, peut-être –, le dimanche étant, comme chacun sait ici, jour de relâche. Mais puisque le show doit se poursuivre, Sœur Christine s’est proposé, dans le même communiqué, d’éclairer plus avant notre lanterne quant aux motivations des Clarisses dans cette continuation du Silence des Agneaux. Comment, en effet, concilier l’accueil de cette âme éteinte (puisqu’à la base d’un péché mortel) et la prière pour le salut d’enfants qui ont succombé dans d’atroces souffrances ? « Comment porter ces deux réalités à la fois ? Ce ne fut pas facile… Notre cœur de femmes en a été troublé. Nous avons choisi d’accueillir ces deux souffrances l’une avec l’autre. »

« Ca ne mange pas de pain », aurait dit Jésus, en pleine transsubstantiation. Celui-ci n’aurait-il toutefois, avant même sa discussion avec les marchands du Temple du Droit qui représentent la repentante mouture femelle de Tartuffe, pris la peine de s’entretenir avec les deux survivantes de l’épopée pédo-criminelle belge des années nonante, ainsi qu’avec les proches des victimes disparues ? Si appréciables et charitables puissent-elles être par ailleurs, l’attitude qui consiste, pour ces nonnes namuroises, à faire leurs la désolation, le supplice, l’amertume de ces derniers sans même les entendre, ne tend-il pas à la fois à collectiviser leurs blessures (à mauvais escient qui plus est) et à relever du péché d’orgueil ?

Le site du Vatican, généreux en encycliques diverses et variées, publie in extenso cette injonction épistolaire envoyée, au tournant du XIXe siècle (5), peu avant la maudite année 1907, par le pape Léon XIII, un capo réputé social, aux recruteurs ecclésiastiques hexagonaux sous le lumineux intitulé « Depuis le Jour » (6). Il n’y est question que de « Vénérables Frères », certes, mais entre des expressions fleuries telles que « gouvernement des âmes » et « pêcheurs d’hommes », figure aussi l’une ou l’autre exhortation qui a résisté à l’épreuve du temps, par exemple la nécessité de « protéger la grâce si précieuse de l’appel divin contre toutes les influences funestes, soit du dehors, soit du dedans. »

Sans doute sous l’effet d’un surcroît de pinard – du château Petrus, immanquablement ! –, à moins qu’il ne se soit agi de l’empire de son pote jésuite Andreas (voire, plus prosaïquement encore, d’une étourderie du webmaster), Léon-le-treizième déforme également dans ledit document une sainte parole biblique, une interrogation en vérité qui, sous sa plume, se mue en affirmation…

« Dieu n’a pas besoin de nos mensonges ! » s’exclame-t-il, fringant et preux. Le scribe des origines s’en était tenu, lui, à : « numquid Deus indiget vestro mendacio, ut pro illo loquamini dolos ? » (Jb, 13 – 7). La question est ouvertement posée aux Clarisses namuroises…

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(1)    Sources : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1476321/2012/07/27/Michelle-Martin-au-monastere-de-Malonne-Une-rumeur.dhtml

http://www.nieuwsblad.be/article/detail.aspx?articleid=DMF20120726_00236281

(2)    Source : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/rumeur

(3)    Source : http://www.rtbf.be/info/regions/detail_michele-martin-sera-fixee-sur-son-sort-ce-mardi?id=7813522

(4)    Source : http://www.rtl.be/info/belgique/faitsdivers/896682/la-liberation-de-michele-martin-suspendue-le-procureur-general-michaux-va-en-cassation

(5)    … le 8/9/99, pour être précis. Ca ne s’invente pas !

(6)    Source : http://www.vatican.va/holy_father/leo_xiii/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_08091899_depuis-le-jour_fr.html

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Les Palestiniens ? « Des cafards drogués dans une bouteille » !

« Lorsque nous aurons colonisé la terre, la seule chose que les Arabes seront en mesure d’y faire, c’est de détaler [tourner en rond] comme des cafards drogués dans une bouteille. » (1)

Alain Finkielkraut : « il y a tout un discours sur Israël qui fait d’Israël, si vous voulez,  le grand Satan manipulateur de la politique mondiale, tireur de ficelles de l’Amérique. […] Cette situation idéologique [implique] qu’on [puisse] tenir à partir d’Israël et contre Israël un discours antisémite. […] Pourquoi cette identification [de la plupart des Juifs à Israël] ? Cette identification, elle existe chez moi. Elle va de pair avec une critique très sévère de l’actuelle politique israélienne, une critique que je poursuis depuis […] le début […] des années quatre-vingt. Je me suis toujours rangé du côté de La Paix Maintenant. Si tant de Juifs se sentent solidaires d’Israël, inquiets pour Israël, c’est qu’ils pensent que c’est, en effet, une nation vulnérable, non pas un Etat hyperpuissant […] et arrogant mais une petite nation, une nation fragile menacée dans son être même, d’où la difficulté où nous sommes et la nécessité de mener de pair cette critique d’une politique qui nous paraît dangereuse et cette défense d’un Etat de plus en plus attaqué, menacé par l’Iran et délégitimé par une partie très importante de l’opinion mondiale. » (2)

Alain Badiou : « […] si vous tenez tant à ce que perdure cette figure nationale, il faut qu’elle change radicalement de politique. La politique de l’Etat d’Israël mène l’Etat d’Israël lui-même – et, par conséquent, l’ensemble des Juifs qui y vivent et qui en sont citoyens – dans le mur. Je vous tiens le pari ce soir. » (2)

“Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit de s’installer sur le plus petit centimètre de la terre d’Israël. La force est la seule chose qu’ils comprennent et comprendront jamais. Nous utiliserons la force absolue jusqu’à ce que les Palestiniens viennent à nous en rampant à quatre pattes.” (3)

En conclusion de ce post, une seule question semi-goyesque : si l’antisémitisme anti-juif, de quelque nature qu’il soit, a pour propriété distinctive d’enfermer sous un seul sigle l’ensemble des tribus juives, l’ensemble des individus qui, de près ou de loin, appartiennent à la communauté hébraïque, d’en faire l’amalgame totalitaire étouffant, ne tolérant aucune dissension, puis d’imputer à cet ensemble pourtant hétéroclite des caractéristiques supposées s’appliquer indistinctement à chacun de ses membres, le meilleur porte-drapeau contemporain d’une telle anti-idéologie n’est-il pas la politique menée par les gouvernements israéliens successifs depuis l’assassinat de Rabin ?

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(1)    Dixit Rafael Eitan, Ancien chef d’Etat-major de l’armée israélienne (décédé en 2004), 14 avril 1983

(2)    Echange dans Ce Soir ou Jamais, 24/03/11

(3)    Dixit Rafael Eitan, Ancien chef d’Etat-major de l’armée israélienne (décédé en 2004), 13 avril 1983

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« CIRCUS POLITICUS » dévoile la « philosophie » de l’élite autoproclamée : « might is right ». Un livre d’utilité publique…

 « Il y a trois sortes de tyrans : les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. […] S’ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de régner est toujours à peu près la même. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d’esclaves qui leur appartient par nature. »

La Boétie, Discours sur la servitude volontaire

A couvrir du nom infâmant de complot la moindre théorie, la moindre enquête, qui vise à établir au grand jour que les rapports politiques et économiques intra-occidentaux ainsi que ceux que l’occident entretient avec le monde sont soumis à de discrètes causeries d’alcôve supra-démocratiques, discréditant ainsi ceux qui voient de sombres machinations partout et postulant conséquemment, pour la parade, qu’il n’y en a, en vérité, nulle part, les agents du système corrompent consciemment les bases mêmes de l’édifice démocratique. Au nom d’une juste cause ?

Comme hier, à l’occasion de la seconde offensive bushiste en Irak, tout observateur, tout citoyen, est invité à se ranger promptement et sans broncher du bon ou du mauvais côté. Le bon côté, c’est bien sûr la finance, vectrice de paix, de libéralisme, de prospérité et d’amour entre les peuples. Par conséquent, le mauvais côté ne peut être que celui de la dictature, du fascisme ou du totalitarisme. Vous n’êtes pas un adepte de Kissinger ? Vous êtes donc un zélateur de Staline ! La dynastie Rockefeller vous répugne ? Vos sympathies néonazies en sont l’explication !

Dans ce contexte de musellement de la parole publique, d’étouffement de la contestation démocratique, de mise au placard des réfractaires à l’Ordre mondial de l’Oseille, il faut saluer des journalistes de la trempe de Christophe Deloire et Christophe Dubois, qui, avec « Circus Politicus » (1), remettent le pendule au centre et rendent à ceux qui s’opposent à la mondialisation par la finance la faculté de s’exprimer sans se voir traiter de fascistes (du net).

Dans leur ouvrage, les deux journalistes d’investigation décrivent par le menu et ad nauseam l’intime imbrication de tout le puzzle politico-économique, sur fond de médias corporate et parfois embedded : comme jadis tel lord ou tel baron remplissait le rôle de vassal à l’égard du prince, en passant par toutes les strates intermédiaires successives, il appert que les télétubbies de la politique contemporaine requièrent également l’adoubement préalable du cénacle hermétique du pouvoir nouveau, qu’il se nomme Bilderberg (1), Commission trilatérale ou, plus exclusivement, sur d’autres portions du territoire mondial, Bohemian Club, voire Skull and Bones.

La vraie menace pour notre République est le gouvernement invisible, qui, telle une pieuvre géante, étend ses tentacules visqueuses sur nos villes, nos Etats, nos nations. Partant de simples généralisations, je dirais qu’à la tête de cette pieuvre se trouvent les intérêts de la compagnie ROCKEFELLER – STANDARD OIL, ainsi que ceux d’un groupe restreint de banques puissantes généralement désignées sous le vocable de banquiers internationaux. Cette petite coterie dirige pour ainsi dire le gouvernement des Etats-Unis pour ses propres intérêts égoïstes.

Elle contrôle pratiquement les deux partis, écrit les programmes politiques, fait des dirigeants des partis des pigeons, utilise les forces vives des organisations privées, et recourt à tous les moyens possibles pour positionner à la candidature de maroquins publics importants les seuls candidats malléables aux diktats du big business corrompu.

Ces banquiers internationaux et les intérêts de la Rockefeller-Standard Oil contrôlent la majorité des journaux d’information et des magazines du pays, dont ils utilisent les colonnes afin de contraindre à la soumission ou d’amener à la démission les agents publics qui refusent de faire les enchères des puissantes cliques corrompues qui composent le gouvernement invisible. Celui-ci agit derrière le rideau d’un écran par lui créé et s’empare de nos mandataires exécutifs, nos corps législatifs, nos écoles, nos cours et tribunaux, nos journaux, ainsi que de toute agence en charge de la protection publique.

 John F. Hylan, Maire de New York, 1922

(traduction libre)

Considéré sous cet angle et interprété à cet aune, le glorieux projet des révolutionnaires de 1789 n’est rien d’autre qu’un vaste jeu de chaises musicales à l’échelle du globe, dans lequel des bourgeois milliardaires de père en fils ont supplanté les dynasties aristocratiques, qu’au demeurant, ils côtoient et avec lesquelles ils se fondent à présent gaiement, notamment au sein des brumeuses institutions officieuses susnommées, le Tiers-Etat s’éternisant dans son rôle de cheville ouvrière de révolutions volées, soumis à une tyrannie invisible et à une Terreur permanente, et risquant, un jour ou l’autre, lorsque la technique sera au point, de se voir définitivement sous l’emprise d’un nouvel Ordre sans échappatoire. Dans l’intermède, toutefois, ces sans-culotte sont plus ou moins maintenus dans un confort élémentaire, agrémenté d’incentives et de titres ronflants de manager de ceci ou cela – si seulement l’URSS y avait pensé ! – comme autant de pseudo-récompenses pavloviennes.

« Selon Sutton, la vision de l’éducation des masses qu’a une certaine élite membre de la société des Skulls & Bones n’est pas le libre développement de l’individu mais le fait d’apprendre à vivre de manière intégrée dans une société organique, de manière semblable à la philosophie de Hegel sur l’Etat absolu. Dans ce type d’Etat, l’individu trouve sa liberté par l’obéissance aux lois de l’Etat. Quant aux libertés individuelles, elles ne sont pas acceptables et doivent être guidées par la tyrannie rationnelle. Sutton soutient également que […] la notion hégélienne du conflit qui crée l’Histoire [fait] partie intégrante de l’idéologie des Skulls & Bones. Ainsi, le conflit entre une thèse et une antithèse donne une synthèse et si le processus thèse-antithèse est sous le contrôle de cette société, la synthèse découlera forcément de sa volonté. Pour Sutton, la synthèse ultime des Skulls & Bones est le Nouvel Ordre Mondial. ».

Hegel disciple d’Aristote… Philosophie de l’Histoire ou histoire de la philosophie ? Quoi qu’il en soit, si l’on considère que l’Etat symbolise l’autorité et que cette dernière est aujourd’hui diluée en un ensemble opaque sous la coupe de la finance et de l’entreprise privée, si l’on appréhende la quête de la réalisation financière égoïste non en tant qu’elle serait, par addition des multiples, vectrice de progrès social, mais plutôt une peu subtile et perverse invite à faire fi du commun, et si, rien que pour l’exercice des méninges, l’on applique le processus dialectique auquel fait référence l’extrait de la description sommaire que fait ci-dessus Wikipedia du professeur conservateur Anthony Sutton, à la crise financière que traverse le globe, l’on ne pourra manquer de trouver au propos quelque pertinence spéculative, indépendamment des polémiques déplacées que celui-ci et certains de ses soutiens ont pu susciter par ailleurs…

La tyrannie d’une certaine Raison, le livre de Dubois et Deloire l’aborde brièvement, mais elle en fait le fil rouge des situations qu’ils décrivent : comme ils l’indiquent, s’il est une voie rationnelle, les autres voies possibles ne le sont pas, ce qui induit qu’elles doivent être écartées. Or, la démocratie n’implique-t-elle pas le choix entre des propositions diverses ? Les réunions discrètes du Bilderberg et des autres instances du même acabit regroupent des représentants de tous les principaux partis. Il n’est pas question d’écrire – les auteurs ne le font pas – qu’une fois dans l’enceinte de leur lieu de réunion itinérant, tous se défroquent dans l’attente de se faire mettre bien profond par leur suzerain attitré : ils ne sont pas tous là pour les mêmes raisons, et tous ne sont probablement pas initiés, mais le suivisme, l’opportunisme carriériste, la servitude volontaire, le formatage des esprits expliquent sans doute largement la monotonie des débats politiques actuels, leur caractère unidirectionnel, à de très rares exceptions près, et partant, le désintérêt de la populace, écœurée mais séduite par ailleurs, dans sa majorité, par l’aculture du clash feint et la mode insipide et déjà dépassée qui fait défiler les objets comme dans un film, une Œuvre dont on tend à oublier jusqu’aux massacres tragiques les plus récents (Que les reporters en herbe et les colporteurs biatchéliens d’accusations d’extrême-droite à la petite semaine se renseignent tant soit peu quant aux liens entre IG Farben et les Rockefeller, par exemple : ils seront brièvement sevrés !), couplée à une débauche de vulgarité présentée comme l’unique alternative au puritanisme d’antan. Bienvenu dans le monde (faussement) binaire, impur en effet, par nature !

« Ma conclusion est : nous allons de plus en plus vers la probabilité de décisions d’ordre public de plus en plus profondes [de plus en plus internationales], et de plus en plus urgentes. […] Et donc, on revient vers un besoin de politique plus fort. […] Par conséquent, il faut bien aller jusqu’au bout. Il faut que les opinions publiques, notamment le seul milieu humain qui connaisse quelque chose au monde extérieur [c’est-à-dire] vous, les patrons [et non pas] les journalistes, [ni] les politiques […], [ni] le monde salarial et ses syndicats, [ni même] nos intellectuels, trop sensibilisés par leur langue et leur culture. Vous [les patrons] n’avez pas de substitut, vous êtes la seule expertise […] pour pouvoir [parler] du monde extérieur en connaissance de ce qui s’y passe. Faites pression : il est grand temps. […] »

Les propos très dans la ligne des choses prononcés en septembre 2010 par le pseudo-socialiste Rocard lors d’une université d’été du MEDEF (et rapportés dans le livre), incendiaires pourtant en ce qu’ils oblitèrent le prolétariat, qui n’y a même pas droit de citer, sont révélateurs de la pensée unique développée par David Rockefeller, l’empereur émérite du Council on Foreign Relations, par ailleurs pape fondateur du Bilderberg, cet outil d’inspiration américaine qui, parallèlement à l’édification d’une Europe unie après la boucherie nazie (3), a toujours eu pour fonction principale de maintenir le vieux continent sous la tutelle paternaliste de fer du nouveau. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Newsweek, en 1999, voici comment l’héritier dépeignait l’avenir du monde :

« Ces dernières années, il y a eu une tendance vers la démocratie et l’économie de marché dans de nombreuses parties du monde. Cela a réduit le rôle des gouvernements, ce à quoi les hommes d’affaires sont favorables. […] Mais le revers de la médaille, c’est que quelqu’un doit prendre la place des gouvernements, et le business me semble l’entité logique pour le faire. »

Ou comment, en trois phrases à peine, dire une chose et son contraire, à savoir évoquer le doux souvenir de la démocratie, saccagée jusque dans le pays qui en a forgé le concept, et rendre celui-ci caduc, les électeurs n’étant pas appelés, à ma connaissance, à couronner les patrons ! Ajoutez à cela la hantise des nouveaux despotes éclairés européens, formidablement synthétisée par Monti, l’une des créatures de Goldman Sachs (un autre acteur majeur du grand Cirque), parangon de la nouvelle rationalité grise et fadasse tant promue par nos seigneurs, pour qui il appartient de recourir le moins possible au peuple dans le cadre de la construction européenne, que ce soit à l’initiative d’un référendum – le mot semble s’être doté d’une connotation scatologique depuis les débâcles anticonstitutionnelles française et néerlandaise – ou dans le cadre d’une élection normale.

Soyons toutefois d’un bon aloi pragmatique en nous abstenant de fuir la réalité : oui, les peuples sont instables. Il suffit de regarder le mouvement de va-et-vient électoral auxquels ils se livrent depuis au moins vingt ans. Mais c’est précisément l’absence de choix entre des idées et des projets réellement distincts, de même que le désinvestissement manifeste dans la culture générale, qui en sont la cause. Le reproche de Monti et de ses clones a donc plutôt un double goût de mépris : l’instabilité du peuple se conjugue en l’occurrence à sa soumission supposée à l’ordre qui lui est imposé ! L’argent n’attend pas !

« Nous sommes plutôt dans une situation de tentative de manipulation. […] Nous avons compris l’attitude un peu superficielle des journalistes, nous créons tous les jours de nouveaux événements pour qu’ils ne puissent pas focaliser, se concentrer, réfléchir et dénoncer durablement un certain nombre d’aspects de la politique que nous menons, et sur lesquels, je le dis très sincèrement, il y aurait certainement matière à dire, à écrire. […] Il n’y a jamais, je le dis, […] il n’y a jamais une appréhension globale de la situation, de l’attitude du pouvoir, [ni] une analyse qui pourrait disséquer les errements de ce pouvoir et les mettre en lumière de manière crédible. »

Ces affirmations (elles aussi rapportées dans le livre) sortent-elles de la bouche d’un successeur potentiel du Che ? Think again : c’est l’éphémère co-président de l’UMP Dominique Paillé qui les a prononcées lors d’une conférence au Centre français de Formation des Journalistes, dont Deloire est (heureusement) le directeur. Et voilà qui clôt le cercle infernal, selon lequel, pour d’aucuns dans les hautes strates, la démocratie implique sa dose d’ignorance entretenue, de renoncement forcé et de désengagement populaire pour pouvoir fonctionner…

Dans une certaine mesure – c’est regrettable à écrire, tant le tube est porteur d’autres promesses – Ce Soir ou Jamais demeure, à l’heure actuelle, l’un des derniers îlots, l’un des derniers salons médiatiques qui fait exception à cette règle dévastatrice. Il y a quelques mois, le prophète Jacques (Attali) s’y exprimait, une fois encore, en faveur d’un gouvernement mondial, seul à même d’apporter une solution à des problèmes qui ne s’arrêtent pas aux frontières. Que l’on songe à Fukushima, par exemple… Nullement totalitaire, une telle structure serait, à son estime, totale. Subtil distinguo.

Le rêve, l’imagination renvoient-ils perpétuellement à la finitude humaine ou s’agit-il, au contraire, de portes ouvertes, de trous noirs vers l’infini ? Le totalisme, comme négation du nihilisme nombriliste des Etats-nations, pourrait-il être la nouvelle manifestation de la Providence ? Que ne serait-il plaisant, en effet, que les diverses chaînes nationales européennes, aux ordres des proto-pouvoirs en place, en vertu de la répartition des affiliations politiques et des partages de temps de parole subséquents, ne répercutent enfin la réalité du pouvoir européen (et mondial) tel qu’il s’élabore. Il est (encore) permis de rêver…

Lorsque j’ai lu, il y a une dizaine d’années, le Projet de Paix perpétuelle de Kant, j’étais en situation de quasi-hébétude. Jamais je ne me serais attendu à trouver sous la plume d’une si austère autorité langage si accessible, si rafraîchissant, si vivifiant. Je ne sais si, pour aboutir à ce résultat, le bougre avait eu besoin, au préalable, d’engloutir l’âme de quelque pauvre enfant. Toujours est-il que, comme son auteur le revendique dans son avant-propos, débarrassé des contraintes de la stratégie politique, du rapport de forces, et même de la vraisemblance – l’écrit date de 1795 – ce texte semble tout droit sorti de l’imagination fertile d’un jeune Candide. C’était beau comme la rosée du matin sur les pétales d’une jeune fleur en éclosion, qui, au premier contact des denses rayons d’un fier Soleil, se vaporise nonchalamment.

Y trouver le parallèle avec l’unification du monde par la destruction industrielle, pétrolière notamment, le rictus jokérien de Rockefeller, somme toute assez comparable à celui de Ratzinger, la soumission mentale à large échelle des peuples et des individus, accompagnée d’innombrables tentatives de contrôle et de musellement, la loi du silence discrétionnaire, le nihilisme du commerce multinational, voire – prétendront certains – les massacres à grande échelle pour le fun ou pour la cause, si ce n’est les deux, voilà bien, vous l’avouerez, la gageure du siècle ! Car, de George « CIA » Bush à Henry « Strangelove » Kissinger, en passant par George « Geronimo » Bush, de Mario « la momie » Monti à Mario « Picsou » Draghi, en passant par Lloyd « Octopussy » Blankfein, c’est précisément le nihilisme, non la fraîcheur, qui prédomine ! Utilisons une perspective holistique : notre univers est encore jeune, de nombreuses étoiles continuent d’y brûler de mille feux. Pourtant, à observer ces créatures froides et asséchées, on le croirait déjà désertique !!!

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(1)    Christophe Deloire et Christophe Dubois, Circus Politicus, Albin Michel, Paris, 2012.

Le présent post ne se présente pas comme un résumé de ce livre, mais plutôt comme un commentaire débridé qui invite à le lire…

(2)    Ironiquement, le nom de l’hôtel néerlandais où se sont rencontré pour la première fois, en 1954, les représentants de la haute finance, des multinationales et de la politique dite de haut niveau est également la traduction allemande de « Mont aux Images ». Une fusion lexicale germano-anglaise approximative (sur l’exemple du franglais) pourrait par ailleurs en faire le « Mont des Bâtisseurs ». Un peu comme les pharaons et leur entourage faisaient construire à la plèbe des bâtisses dont eux seuls connaissaient les secrets et la finalité, les magnats bourgeois du jour soumettent à coups de cravache figurée leurs contemporains analphabètes ou inconscients à la surproductivité, en hommage à leur grandeur. Que l’on songe aux milliards engloutis par la crise de 2008 : ils ne se sont pas évaporés, mais sont retombés dans certaines poches. De même, le lambda n’est rien pour l’alpha, pas un individu en tout cas. Il est matière sur le jeu d’échecs.

(3)    Les auteurs attribuent au Bilderberg Group la paternité du traité de Rome et le dépeignent, de manière générale, comme le lieu où pourraient se prendre les décisions avant que celles-ci ne fassent l’objet de disputes clownesques pour la galerie, pour être enfin mises en œuvre par les exécutants élus.

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« Méfie-toi, mec : ils ont complètement pété les plombs ! »

A ma grande surprise, le réseau « Loonies for Truth » m’a fait parvenir une nouvelle lettre de mon pote enfermé à l’asile Saint-Luc (lire le post du 14/06 dernier). Une fois encore empreints de majeures incohérences, de passion irrationnelle et de tentatives prophétiques, les propos crépusculaires de mon interlocuteur épistolaire s’y perdent en mises en garde apocalyptiques contre les suppôts d’un nouvel ordre mondial fasciste, qui tenteraient de forcer le cours des événements planétaires par quelque conjonction majeure d’événements dantesques.

« En vérité, je te l’écris », amorce-t-il sa missive, « ils préparent quelque chose de monstrueusement grandiose dont les prémices, d’ores et déjà identifiables, ne laissent insensibles que les zombies. » En ce qui concerne la qualité et l’intelligibilité apparente du langage utilisé par mon infortuné correspondant, j’ai pu noter un progrès indéniable depuis notre dernier échange : l’atelier bihebdomadaire ‘écriture illustrée’, mené de main de maître par le professeur Geheimstein, aura porté ses fruits !

Le reste du délire mystico-politique de mon invétéré paranoïaque d’ami me permettra de déterminer qui il visait exactement, en d’autres termes qui (quelles entités) se cache(nt) derrière ce mystérieux « ils », à savoir la mafia planétaire de la finance et ses nombreux valets attitrés. Défiant l’ordre du temps, que l’argent n’a de cesse de corrompre, celle-ci serait décidée à imposer à des peuples entiers un nouvel ordre mondial par la force et dans le tumulte, l’Ordre de l’Oseille sans limite.

« Tu vas voir », poursuivait-il, « l’avenir me donnera raison : puisque les politiciens de pacotille se sont avérés incapables d’harmoniser leurs partitions respectives au niveau européen, un chaos généré de toutes pièces aura raison d’eux. L’Espagne et l’Italie feront plonger l’Europe moribonde de l’euro, dont la chute dévastera à dessein l’ensemble des structures sociales et financières mondiales. Comme à l’accoutumée, il ne restera plus que l’industrie de guerre pour assurer la croissance et juguler l’humanité grouillante. Ca tombe bien : Israël se déclare candidat ! Et, depuis soixante ans, ce qu’Israël veut, Israël l’obtient, n’est-ce pas ? »

C’en était trop : je ne pouvais tolérer ce louchebem qui masquait à peine son antisémitisme. Je suis bien élevé, moi ! Lirais-je la suite ?

« Une petite nukie par-ci, un petit EMP par-là, et le tour serait joué : la finance mafieuse disposerait de son assise chaotique pour empêcher tout ce qui pourrait restreindre son pouvoir. Plus besoin pour elle, dans ces conditions, de feindre de respecter les peuples et les individus. Enfin, les rapports de forces perdront leur ambiguïté : le sommet de la pyramide sera sécurisé, les esclaves (« the peasants ») clairement identifiés ! »

Mon Dieu, mais quelles délétères pilules à soumission leur force-t-on à avaler, dans cet asile ? Petit à petit, je me rendais compte qu’il m’incombait de faire sortir mon ami psychotique de cet enfer contemporain, faute de quoi je le retrouverais, à l’issue de sa cure, tel un végétal délavé.

Je savais, moi, que ce genre de discours ne pouvait trouver sa source que dans la propagande d’extrême-droite qui s’écoule abondamment, telle une visqueuse déjection, sur le web honni, que nos dirigeants, élus, nommés ou cooptés, n’avaient comme seule préoccupation que notre bonheur à tous, comme seul horizon que la structuration équilibrée de l’ensemble-monde, comme seul moteur que la Lumière de la Conscience. Même les marchés – que diable ! – veillent à notre prospérité ! Il fallait que je fasse retrouver la raison à Seth (C’est son nom.).

« Regarde, mais regarde donc le monde magnifique qui est le tien », lui écrivis-je, « écoute les petits oiseaux chanter sous le Soleil généreux, regarde voler le petit papillon dont les ailes de mille couleurs se parent, mire le ciel bleu, les blancs nuages, goûte aux clairs jours bénits, aux sombres nuits sacrées, et rends-toi compte, bordel : que n’est-il magnifique, ce monde qui nous abrite ! »

Quant à lui, après avoir précisé qu’aucun salut n’émanerait de mesures imposées à une plèbe perpétuellement infantilisée et maintenue dans l’ignorance, il avait conclu son épître par ces mots : « les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ! »

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BA’AL a dit : faites exploser Wall Street !

Picture a sacred fire

It ain’t that hard to do

That would engulf the tyrants

And their apostles, too

Imagine the 99 crushing their empire

 

Whooh, ooh, oo-ooh !

 

You may think

It’d be chaos, or we wouldn’t stand a chance

But truth is nothing could stop us

And nothing save big finance

 

Project the fall of Wall Street

I wonder if you can

Vanished, the Cold World Order

Remain : woman and man

Dream up a sky of equals equally complete

 

Whooh, ooh, oo-ooh !

 

Go on, bow down

To Permission, or abusive authority

But don’t wonder

Who built these chains tying you to absurdity

 

 

Let loose the strength of Nature

Upon their effigies

Proudly reclaim world culture

Make no apologies

Nullify their dull preachers

Consume them without care

 

Whooh, ooh, oo-ooh !

 

Tear down their bourgeois symbols

Then your fight will be fair

 

You might deem me excessive

But an extremist I am not

Just an awaken Candid

Mislead the slaves I just cannot…

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Elections US de 2012 : dis-moi quelles entreprises te sponsorisent, je te dirai qui tu es…

In tempore quasi non suspecto, c’est-à-dire bien avant que ne soit connu le nom de celui qui s’opposera à lui en novembre prochain, le président de la superpuissance américaine a développé un certain nombre de positions que ceux qui, en nos longitudes, se réclament du capitalisme libéral seraient bien inspirés de méditer par deux fois, particulièrement en ce sombre été subdiluvien qui voit la Belgique contrainte, une fois encore, de contrôler un budget millimétré, et l’Europe continuer de se chercher.

Voici, à titre d’exemple, quelques propos révélateurs du Grand Black quant à sa vision de l’économie et de la fiscalité, piochés dans l’interview qu’il accorda à CBS le 11 décembre dernier (1)…

« La question […] sera […] : [les gens] voient-ils dans le camp adverse une vision plus convaincante ? […] Réduire davantage les taxes, y compris vis-à-vis des plus fortunés, réduire les taxes que paient les entreprises, liquider la régulation… Pensons-nous que tout cela sera d’une quelconque manière plus fructueux ? Faire marche arrière sur la réforme de Wall Street… ? »

La question est d’autant plus pertinente pour nous autres, habitants du continent dit vieux, que le taux d’imposition direct moyen des entreprises a baissé de manière constante depuis 1995, de 35,3 à 23,5 % cette année (2), cependant que l’on semble assister, depuis 2010, à une timide recrudescence des taxes qui pèsent sur le travail et, via la TVA, sur la consommation. Aux Etats-Unis, en revanche, les contributions directes des entreprises au budget de l’Etat restent stables, la dernière tranche d’imposition se situant à 35 % (3).

S’étonnera-t-on que l’adversaire républicain d’Obama, l’homme de Bain Capital, qui compte parmi les dix contributeurs financiers les plus importants de sa campagne (4), huit banques (parmi lesquelles Goldman Sachs, le Crédit suisse et la très transparente Barclays) soit, dans la droite ligne de la fiscalité conservatrice prônée par son parti, favorable à un statu quo en matière d’impôt sur la fortune (5) et à des coupes sombres tant dans les dépenses de gouvernement que dans les impôts des entreprises ?

« Nous nous trouvons à un carrefour […] : voulons-nous un code des impôts en vertu duquel chacun contribue à sa juste mesure, ou pensons-nous qu’une économie dans laquelle chacun est livré à son sort [doit se débrouiller par lui-même], et les grandes entreprises peuvent édicter leurs propres règles et balayer les réglementations [est la solution] ? Laquelle de ces options est-elle la plus à même d’aider les familles de la classe moyenne et les gens qui tentent d’accéder à celle-ci ? »

Comparaison (hâtive et systématique entre l’Europe et les Etats-Unis) n’est certes pas raison, mais un tel questionnement rhétorique n’est-il pas également de nature à s’adresser aux champions européens de la dérégulation à tous crins et du capital-corporatisme ? N’en aurions-nous décidément pas encore fini de régler nos comptes avec l’ancienne tutelle soviétique ?

« Je suis absolument persuadé que la vision que je présente […] est fidèle à l’histoire de ce pays. […] Elle est fidèle à la notion selon laquelle nous nous dressons et nous chutons ensemble. »

Puisqu’on vous disait que ces propos pouvaient aussi s’adresser à l’Europe…

______________

(1)    L’émission complète est disponible ici : http://www.cbsnews.com/8301-504803_162-57341009-10391709/president-obama-the-full-60-minutes-interview/. La traduction des extraits utilisés dans cet article est libre.

(2)    Source : http://ec.europa.eu/taxation_customs/taxation/gen_info/economic_analysis/tax_structures/index_fr.htm

(3)    Source (page 16 du guide US pour compléter son formulaire d’impôts, version de l’année 2011) : http://www.irs.gov/pub/irs-pdf/i1120.pdf

(4)    Principaux contributeurs d’Obama, à ce jour :

1. Microsoft  > 387,395 $

2. Université de Californie  > 330,258 $

3. DLA Piper (cabinet d’avocats)  > 306,727 $

4. Google  > 271,300 $

5. Sidley Austin LLP (cabinet d’avocats)  > 257,296 $

6. Université d’Harvard  > 232,158 $

7. Comcast > 201,606 $

8. Université de Stanford > 188,290 $

9. Time Warner > 183,614 $

10. Skadden, Arps et al (cabinet d’avocats) > 169,753 $

Principaux contributeurs de Romney, à ce jour :

1. Goldman Sachs  > 593,080 $

2. JPMorgan Chase  > 467,089 $

3. Bank of America  > 425,100 $

4. Morgan Stanley  > 399,850 $

5. Crédit Suisse Group  > 390,360 $

6. Citigroup  > 312,800 $

7. Kirkland and Ellis (cabinet d’avocats)  > $264,302 $

8. Wells Fargo  > 237,550 $

9. Barclays > 234,650 $

10. Pricewaterhouse Coopers  > $227,250 $

Source : http://www.usnews.com/news/articles/2012/07/12/whos-driving-the-presidential-race-whos-driving-the-presidential-race

(5)    La fameuse réforme dite Gates / Buffett, du nom de ces milliardaires frondeurs et téméraires dont s’est inspiré en paroles, l’an dernier, notre very own vicomte, qui avaient imploré l’Etat d’écumer davantage leur patrimoine, est, pour l’heure, restée lettre morte, ici comme là-bas.

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Politique de pantins préprogrammés (critique de film)

Un vétéran de « Tempête du Désert », le précédent à la farce belliqueuse qui mit aux prises, en 2003, le fils de l’ancien directeur de la CIA célèbre, entre autres, pour les pipes goulues qui lui sont attribuées par d’aucuns, avec le grand Satan antioccidental d’alors, pourtant mis en place naguère par la même institution caritative, se trouve propulsé candidat à la vice-présidence des Etats-Unis, après avoir été récipiendaire de la médaille d’Honneur du Congrès de son pays pour les faits d’armes exceptionnels dont il aurait été la vedette, à l’occasion de son expédition dans les sables irakiens, douze ou treize ans auparavant. Mais la réalité s’avère bien plus complexe…

Voilà planté le décor du « Manchurian Candidate » de 2004, remake homonyme du film de John Frankenheimer, sorti en 1962, quelques années à peine après la conclusion du second mandat présidentiel d’un autre ancien combattant, multi-étoilé, le général Dwight D. Eisenhower, qui, lors d’une ultime adresse à son peuple, mettait en garde celui-ci contre les excès de l’industrie militaire dans les termes suivants : « Nous avons été contraints de créer une permanente industrie de l’armement de vaste proportion. Trois millions et demi d’hommes et de femmes sont directement liés à l’establishment de la défense, dont l’influence totale – économique, politique, et même spirituelle – se ressent dans chaque ville, chaque Etat, chaque bureau du gouvernement fédéral. Nous reconnaissons le besoin impératif d’une telle évolution, mais, pour autant, nous ne devons manquer de comprendre ses graves conséquences. Au sein du gouvernement, nous devons nous prémunir contre tout surcroît d’influence, délibéré ou non, du complexe militaro-industriel. La possibilité de l’avènement désastreux d’un pouvoir illégitime existe, et persistera […] Jamais nous ne devons permettre à une telle coalition d’intérêts de mettre en danger nos libertés, ni nos processus démocratiques. » (1)

Le film de Jonathan Demme, qui a donc, tout en rebattant les cartes et en modifiant légèrement la trame (moins favorable, cette fois, à l’Empire US), repris le flambeau de Frankenheimer, et dans lequel Denzel Washington, dans le rôle de l’ancien major devenu idéaliste déconfit, marche dans les pas de Frank Sinatra, qui venait, quant à lui, de rentrer virtuellement de Corée, est efficace. Habilement, il donne à voir, par bribes allégoriques et analepses cauchemardesques, dans lesquelles sont mis en scène d’étranges docteurs Mabuse, des Mengele américanisés qui se livrent aux pires tortures psychologiques, qui ont parfois le meurtre comme conséquence, ce que peuvent ressentir les soldats américains de base lorsqu’ils retournent au pays, couverts de leur halo d’uranium. Après avoir vu ce film, on comprend mieux pourquoi, depuis le 11/09/01, plus de 2500 militaires américains ont choisi d’en finir, à raison d’un suicide par jour en moyenne (2).

A mesure que l’action se déploie, le doute assaille les principaux protagonistes du film : les souvenirs de ce qu’ont vécu les anciens soldats au Koweit sont-ils réels ou ont-ils été induits ? Le candidat Shaw est-il un vrai héros ou un paladin d’opérette ? Pour sa mère, elle-même sénatrice, une cruelle virago hyper-castratrice et honteusement incestueuse, la reine noire de l’histoire, en vérité, l’ex-sergent entré en politique n’est rien d’autre que de la pâte à modeler. C’est sa chose, qu’elle s’est efforcée, pendant toutes ces années, de garder pour elle, et elle seule.

N’hésitant pas, comme seuls savent le faire à ce stade les bons thrillers américains, ceux-là même qui, ces temps-ci, en raison de la disette budgétaire sans doute, font défaut ou se font rares sur nos écrans, à élargir le propos des hallucinants parcours initiatiques respectifs de l’ex-major et de son ancien compagnon d’armes, à la société tout entière, invitée par le biais à se pencher de manière certes fragmentaire, mais non moins éclairée, sur certains des aspects les plus hideux du progrès technologique du cinquantenaire écoulé, la superproduction fait mouche : et si une science militaire dévoyée, dont le bonheur de l’homme n’aurait jamais été la finalité, en était arrivée au stade où elle peut contrôler quasi absolument, par stimuli appliqués et impulsions mnémoniques, l’esprit humain ?…

Et si les expériences diverses menées à leur insu, dès les premiers jours du projet Manhattan, sur de pauvres cobayes désargentés, noirs pour la plupart (3) se poursuivaient de nos jours sur des candidats plus dociles et liés par serment à la Grande Muette ? Et si, selon ce scénario, tout représentant de l’espèce occidentale, libre forcément, était voué demain, peut-être contre son gré (grâce à l’apport des nanotechnologies), à être muni d’une puce électromagnétique intra-cutanée, voire injectée directement dans le cerveau, non pour en améliorer le fonctionnement ou en restaurer des fonctionnalités endommagées, mais pour le rendre rationnel, selon la définition que fournissent de ce terme les détenteurs du pouvoir ? Un tel progrès signerait la fin définitive de l’Histoire et la perpétuation consanguine de la médiocre et décadente bourgeoisie d’essence néo-aristocratique aux manettes depuis au moins un demi-siècle.  On aimerait savoir ce que Voltaire et les autres penseraient de tout cela…

Science-fiction ? Complotisme ? Criez donc au loup : après les chiens, c’est, depuis plusieurs années, au tour des soldats américains d’être dotés de telles puces, prétendument pour leur permettre d’être secourus en urgence si la nécessité se présentait.

Se pose alors, dans la foulée, la question de l’identité du commanditaire et des exécutants. L’entreprise Manchurian Global, qui fait office ici de personnification amorale de la menace contre laquelle avait alerté Eisenhower, de conglomérat mondial surpuissant dont Shaw pourrait être la poupée plastique, ne rappelle-t-elle pas, à certains égards, les dérives des Blackwater (aujourd’hui Academi) et autres Halliburton, ces deux magnats de l’armement et du mercenariat qui, main dans la main avec la CIA, sont actives dans le business de la milice privée, ces deux puppet masters qui, par l’entremise de Cheney l’opportuniste, élaboraient jusqu’il y a peu les feuilles de route de la Maison blanche, ces deux poids lourds du stock exchange vilipendés (insuffisamment sans doute) pour les exactions nombreuses dont ils se seraient (se sont) rendus coupables ici ou là. Une entreprise ne change pas de nom par hasard !

Imaginez donc un pays (un continent, pourquoi pas ?) où un Politburo capital-corporatiste composé de dirigeants véreux et méprisants de méga-entreprises cotées en bourse dirigerait dans l’ombre des marionnettes téléguidées supposées servir le peuple… « What a wonderful world it would be… »

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(1)    Traduction libre de l’extrait du message présidentiel (en anglais) disponible ici : http://www.youtube.com/watch?v=_bqr5DVx3dw

(2)    Lire, à ce propos, l’article suivant (en anglais) : http://battleland.blogs.time.com/2012/07/12/captains-courageous/

(3)    Lire, à ce propos :

– Wayne D. LeBaron, America’s nuclear legacy, Nova Publishers, 1998

– Wolfgang Uwe Eckhart, Man, Medicine and the State : the human body as an object of government sponsored medical research in the 2Oth century, Franz Steiner Verlag, 2006

***

(added December 11, 2014)

US Torture Report : 6 questions…

1/ DID THE WHITE HOUSE-BASEMENT DECISIONS APPLY TO THE CIA ONLY ?

Since April 2008, we know the senior managers of Torture Inc. (namely Cheney, Rumsfeld, Rice, Powell, Ashcroft, Tenet and a few others − Blair and his staff, perhaps ?) were regularly meeting in the White House situation room in the early years of the new millennium to establish and evaluate the detailed guidelines of what they puritanically referred to as “enhanced interrogation techniques”. (a)

Does the SecDef’s presence at those meetings and the fact said guidelines appear to have been all-encompassing, indicate the DoD was equally involved in the torture program ? And, if it was, do the Senate Intelligence Committee’s executive summary’s findings, as a matter of principle, equally apply to the Defense Intelligence Agency ?

(a) http://abcnews.go.com/Video/playerIndex?id=4622610&affil=wjla
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/blog/2008/04/10/BL2008041002069.html

Addendum − Dec. 13, 2014 : part of the answer to Question 1 is to be found in the Report of the Senate Armed Services Committee regarding the inquiry into the treatment of detainees in US custody (Nov. 20, 2008), which states « [t]he abuse of detainees in U.S. custody cannot simply be attributed to the actions of ‘a few bad apples’ acting on their own. The fact is that senior officials in the United States government solicited information on how to use aggressive techniques, redefined the law to create the appearance of their legality, and authorized their use against detainees. »

https://s3.amazonaws.com/nytdocs/docs/211/211.pdf (p.14)

2/ TO WHICH PRIVATE CONTRACTORS HAS TORTURE BEEN OUTSOURCED ?

A February 2013 report from the Open Society Foundation’s Open Society Justice Initiative indicated the CIA had, in part, relied on subcontractors to displace the detainees it would submit to torture to the black sites inaugurated to that effect. (b)

Moreover, it is now established so-called-psychologists James E. Mitchell and Bruce Jessen (both USAF-retirees) were instrumental in developing original torture methods. (c)

But wasn’t there more to it ?…

Answering a journalist during a May 2004 press conference, Rumsfeld declared the following : “We had a discussion with General Petraeus yesterday and I had a briefing today from a man named Steele who’s been out there working with the security forces and been doing a wonderful job, as a civilian, as a matter of fact.” (d)

Jim Steele, a US army black ops operative known, among other things, for his leading role in implementing the US’s militaristic policy in El Salvador (and pro-Contra-terrorists policy in Nicaragua ?), was in charge of putting together a Special Police Commando unit (also known as Wolf Brigade) in Iraq to counter the growing Sunni insurgency. Many local witnesses claimed this dirty-jobs executive was up to his neck in the torture program the US carried out in that country. He seems to have vanished ever since…

Was (is) this “civilian” a lone wolf under high-level protective custody, or was he part of a broader network of mercenaries ? Do some of the CIA’s subcontractors have dirty boots as well, and, if so, who are they ? Last but not least : were “civilians” also required to abide by the torture guidelines established by Torture Inc’s senior managers, or were they allowed to go further, without any need for specific details ?

The latter question is relevant as to why the full torture report remains classified : could it be the executive summary, however horrific it is, is but the tip of the iceberg ?…

(b) http://www.opensocietyfoundations.org/reports/globalizing-torture-cia-secret-detention-and-extraordinary-rendition

(c) http://nymag.com/scienceofus/2014/12/meet-the-shrinks-who-helped-the-cia-torture.html

(d) http://www.journeyman.tv/?lid=65026&tmpl=transcript

3/ WHICH SAFEGUARDS TO CONGRESSIONAL OVERSIGHT IN THE FUTURE ?

Clapper lying to Congress about the scope of the NSA’s eavesdropping programs, and Brennan lying about spying on the Senate Intelligence Committee was merely the result of a long tradition. Here’s the list of former NSA and CIA director Hayden’s lies regarding the torture program :

At the April 12, 2007, hearing, Director Hayden verbally provided extensive inaccurate information on, among other topics: (1) the interrogation of Abu Zubaydah, (2) the application of Department of Defense survival school practices to the program, (3) detainees’ counter interrogation training, (4) the backgrounds of CIA interrogators, (5) the role of other members of the interrogation teams, (6) the number of CIA detainees and their intelligence production, (7) the role of CIA detainee reporting in the captures of terrorist suspects, (8) the interrogation process, (9) the use of detainee reporting, (10) the purported relationship between Islam and the need to use the CIA’s enhanced interrogation techniques, (11) threats against detainees’ families, (12) the punching and kicking of detainees, (13) detainee hygiene, (14) denial of medical care, (15) dietary manipulation, (16) the use of waterboarding and its effectiveness, and (17) the injury and death of detainees.” (e)

How does Richard Burr, the Republican who will be taking over Mrs. Feinstein’s seat in January – and how does the US Congress in general – intend to tackle this lying epidemic ? Which mechanisms will they put in place to at least give the public the impression they have a purpose ?…

(e) https://firstlook.org/theintercept/2014/12/10/cia-truth-torture-existential-threat/

4/ WHAT’S HAPPENING ABOARD THE SHIPS ?

Aside from extrajudicial killings (which have the merit to render indefinite detention useless), the senior lecturer in Constitutional Law’s smart-powered administration seems to be using warships as mobile black sites (f). How are detainees treated aboard those ships ? Are they too subject to interrogation techniques sometimes “amounting to torture” ?…

(f) http://www.huffingtonpost.com/2013/10/08/obama-terrorists-ships_n_4063003.html

5/ TORTURE JOINT-VENTURES WITH MIDDLE-EASTERN DICTATORSHIPS, REGIONAL STABILITY AND MORAL HIGH GROUND : AN EXPLOSIVE COCKTAIL ?

The United States is committed to the world-wide elimination of torture and we are leading this fight by example. I call on all governments to join with the United States and the community of law-abiding nations in prohibiting, investigating, and prosecuting all acts of torture and in undertaking to prevent other cruel and unusual punishment. I call on all nations to speak out against torture in all its forms and to make ending torture an essential part of their diplomacy.” (e)

Thus spoke Bush in 2003. If the executive summary on torture makes one thing clear beyond reasonable doubt, it is Captain America’s moral pretenses once again appear for what they are : when the White House officials applied their best lipstick to greet the new Egyptian dictator, a few months ago, they were actually thinking : “he’s one of us !” So, next time they go to war, they might want to reconsider the outdated human rights rhetoric, and stop acting like sissies…

Of course, realpolitik is far from confined to the Washington circles : did not Paris just sign a major defense contract with the UAE to provide them with the latest satellite-spying technology has to offer (g), knowing damn well how respectful of human rights some trigger-happy sheiks can be in that hood ? (h) Then again, should the imperial forces deem it necessary, they might always dispose of them as they did with Gaddafi, another (former) loyal aide, although the Gulf Cooperation Council’s member States’ decision to strengthen their police and military cooperation (i) might make it slightly more difficult.

Whatsoever, how has the US collaboration with some of the most sinister regimes in the region (in Yemen, for instance) been perceived by the respective rebels in those countries ? And what role did large-scale torture sanctioned by the US play in : 1) taming warlords in Somalia; 2) the emergence of über-radical Islamic movements ?

There’s also another question that comes to mind : how can the DoJ expect to submit racist cops to the rule of law at home while it’s such a strong proponent of Judge Dredd-style “due process” abroad ?…

(g) http://www.defensenews.com/article/20141209/DEFREG01/312090030/Falcon-Eye-Spy-Sat-Contract-Goes-Into-Effect

(h) http://www.theguardian.com/world/2010/jan/17/torture-tape-acquittal-abu-dhabi

(i) http://english.alarabiya.net/en/News/middle-east/2014/12/09/Regional-stability-on-table-as-GCC-summit-kicks-off-.html

6/ WHAT WERE POLAND, LITHUANIA AND ROMANIA PROMISED IN EXCHANGE FOR THEIR SERVILE COOPERATION ?

In Poland, it was called Quartz, in Lithuania Antavillai, in Romania Black Light. These were all black sites…

As early as 2007, both the Council of Europe and the European Parliament had already highlighted some European countries’ strong collaboration with the US’s extraordinary rendition program. In those three countries, torture was practiced. (j)

According to the Council of Europe, the highest levels of the Polish State were well aware of this. Yet, the criminal investigation opened by the Warsaw-district prosecutor in 2008 has since been dismissed.

A 2009 report by the Lithuanian parliament concluded some intelligence officials were in the loop, but disputed any high-level involvement. In 2011, Lithuania’s attorney general put an end to the enquiry about the country’s possible role in the US program.

A 2008 report by the Romanian Senate bluntly rejected not only any responsibility, but also any knowledge of the facts, despite the Council of Europe pointing out secret negotiations had taken place between the head of the European branch of the CIA and the Romanian government (no less !) to build three detention centers, each destined to accommodate half a dozen inmates.

In light of what the executive summary of the US torture report revealed, it would seem these three countries, which also happen to be at the forefront of the CIA-backed anti-Russian effort around Ukraine, have some serious explaining to do…

(j) http://tempsreel.nouvelobs.com/l-observateur-du-monde/20130308.OBS1289/antiterrorisme-et-torture-les-pays-complices-de-la-cia.html

Addendum − Dec. 13, 2014 : “After years of denials, [former Polish President Aleksander Kwasniewski, 60, and former Prime Minister Leszek Miller, 68] acknowledged Wednesday they had allowed a secret CIA prison to operate on their territory but insisted they never authorized the harsh treatment or torture of its inmates. […]

According to the report, there were « multiple, ongoing difficulties » between the U.S. and Poland over the program. Four months after the detention site began holding detainees, Poland rejected further transfers. That decision, however, was reversed after the U.S. ambassador intervened with the country’s leadership and the CIA provided a large sum of money to Poland.

http://bigstory.ap.org/article/1fe93d1598914585846d42cf9cd980e4/ex-leader-poland-agreed-cia-site-not-torture

***

(added March 14, 2015)

While the intel community has been mass surveilling citizens, who has been surveilling/restructuring them ?

– What is the NGA’s core mission ? And how does it overlap with both the NSA’s and the NASIC’s, for instance, all three of them being DoD-related ? Other examples include, but are not limited to the ONI vs. (?) the MCIA vs. (?) the CGI, as well as the NGIC vs. (?) the INR vs. (?) the NSB vs. (?) the HSI.

– Are these overlaps consistent with the post 9/11 need for « efficiency » and swift inter-agency collaboration ?

– Is the DNI’s office in its current form a convincing superstructure to articulate all these agencies’ businesses, whether they answer to the SecDef or not ?

– Was Petraeus’ appointment as director of the CIA an indication the Obama admin thought it wasn’t ?

– In how far has the CIA (and have other agencies like the OICI and the INR) been militarized ?

– Are the recent adjustments to the CIA’s structure to be interpreted in that perspective ?

– How easy is it for a foreign spy and/or terrorist to infiltrate such an overlapping structure ? (question from Bibi from Iran)

– Are private contractors also acting as liaisons between agencies ?

– As a huge part of the Defense budget is discretionary, is any of the less known agencies among the lot likely to play a bigger part in the near future (as was the NSA before « Enemy of The State » and Snowden), or, at least, to make the headlines ? If so, which one(s) ?

– Is it possible to draw a precise map of the IC ?

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Monulphe et Gondulphe sont sur un bateau…

Aujourd’hui, c’est la Saint-Monulphe et la Saint-Gondulphe. Ca méritait un post en soi…

Cul à l’air, l’air marin, et leur grosse bite au vent

Du haut de leur navire de croisière

Mon’ et Gand’ examinaient les barakis hautains

Lorsque leur apparut tel un mirage soudain

Une nymphe des eaux, une sirène pas peu fière

Mirez donc ces lolos, osa-t-elle carrément

En avez-vous jamais vus, de pareils exemplaires ?

Qu’est-ce tu veux qu’on en foute, lancèrent-ils, puritains

Nous, ce qu’on aime, c’est la viande bronzée

Garde-les donc, tes attributs de traînée !

On veut bouffer du rosbif bien à point

Au risque de choquer, rien à battre des mégères !

Il n’en fallut pas plus pour qu’éclate l’ire

De la belle des flots ainsi rabrouée

Qui, de sa queue puissante, et à n’en plus finir,

Invoqua, solitaire, un gros raz-de-marée

Jetant Gondulphe et son pote à la flotte

Ne restait plus que le bel Hairy Putter !

Je l’avais pas vu, ce petit bellâtre

S’exclama, ravie, la rebelle marâtre

Je ferai de lui un ostréiculteur !

Qu’as-tu fait là, pauvre inconsciente, va donc, eh, petite sotte

Silence, gredins, lança-t-elle aux deux thons

Tandis qu’un Putter canaille se sentait devenir long

Puis-je ces montagnes contempler, et goûter ces délices

Vos douces courbes effleurer, combler tous vos caprices ?

Mais Messire Putter, je n’attendais que cela

Et pendant que vous y êtes, mettez-moi donc un doigt…

Moralité de l’histoire : il est des noms durs à porter

Et d’autres de légende qui tout peuvent pénétrer !

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Pourquoi tant de gravité et si peu d’imaginaire (où n’est-ce là qu’impression) ?

« Il va, le vent… »

Il va, le vent, il va où il s’emporte, par-delà langues mortes, à travers océans

Mais le bruit des bottes, le branle-bas de combat, la tempête des cerveaux, le brise-fer brûlant

De ses atours gracieux, sans horizon aucun, que ce permanent fleuve qui nous guide vers demain

Mais le son grave des cordes, la ciguë si sordide, le vacarme des ordres, la sueur des p’tits matins

Il virevolte, haletant, subreptice et léger, sur le vague clapotis de son propre refrain

Mais les règles à la pelle, le clairon, le tocsin, régularité morte, rituelle course vers la fin

S’élève haut dans les cieux, sans que rien ne le retienne, puis soudain, bohémien, rejaillit brusquement

Mais le conforme, et le droit, rigide concentration, contraction des ébats, concerto de violent

Nous inspire, nous déforme, lisse tous nos contours, puis poursuit sans vergogne son doux œuvre d’amour

Mais la limite au verbe, verve censurée, les consignes grognées, l’influence de Minerve et les râles des vautours

De cette Raison confuse que la raison exècre, de cette sagesse diffuse qui convainc même les porcs

Mais les flots de devises, le virtuose enchaîné, le primat du devoir, et les états-majors

De sa délicatesse exquise sous des dehors hautains, telle est la Terre promise, voilà notre destin

Mais l’aplomb du viril, et la trique brandie, les saccades assassines et les muscles d’airain

De son aura lascive qui courtise nos sens, de sa mixture coquine à l’alliage sibyllin

Mais le mercure ardent et la densité pleine, le crime contre l’enfant, les indignes miradors

Nous confère l’impression d’une baroque plénitude qui recouvre par strates notre classique décor

Et rien n’y fera : ni averses, ni injonctions diverses, pas même l’inénarrable tourment du bruissement des tambours

Leste volettera le mistral, papillonnant et magistral, éternisant sa bise par une abrupte cour

La disruptive autorité noiera la sotte discipline, distillera les disparités, dissipera toutes peurs crétines

Elle dissoudra les discordances, dissuadera les discourtois, disséminera les dividendes, distordra toutes les fausses lois

Disculpera les disgracieux, dispersera les disparus, disposera les distances célestes, distendra foi et désarroi

Puis distraira des distractions, des distinctions et des discours, pour disparaître en apparence sans discorde ni émoi

Sonnera l’heure de l’Harmonie du multiple et du singulier, de l’altérité commune, de la divine Humanité…  

Ravel, Bolero

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Scission de l’arrondissement de Bruxelles / Halle – Vilvoorde : résumé

LA PARTITION

LE PUBLIC PARTICIPATIF DE DEMEURES

L’EPILOGUE

La Belgique se porte mieux !

L’APOTHEOSE (en cours d’élaboration)

« Il trepalium fa passare il tempo, il tempo fa passare il trepalium… »

(proverbe italien légèrement reformulé)

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