Le Japon, nouveau leader des énergies alternatives ?

Mieux vaut tard que jamais : la commission chargée par le Parlement japonais d’examiner les responsabilités dans le cadre de la catastrophe nucléaire de Fukushima a enfin rendu son verdict : ce n’est pas l’imprévisibilité du tsunami qui a ravagé les côtes japonaises en mars 2011 qui est à pointer du doigt, contrairement à ce qui avait été initialement supputé, mais une trame d’erreurs et de légèretés humaines, orchestrée par la collusion entre politique et rentabilité économique privée. S’ajoute à cela, comme on peut se l’imaginer, le fait que les manutentionnaires de la centrale ont été totalement pris au dépourvu par l’ampleur du désastre.

Le tsunami en moins, cette leçon s’adresse au globe tout entier : comme tant d’autres activités humaines cruciales dont les tenants et les retombées devraient faire l’objet d’une vulgarisation, suivie d’un débat démocratique (1), l’énergie nucléaire a été développée en vase clos et continue de l’être. Fukushima, c’est la leçon de l’impossible fusion entre l’ingénierie scientifique, la roublardise politique et l’appât du gain. Cette leçon, chacun, partout, en a-t-il bien mesuré les conséquences ? Tous les TEPCO de la terre ont-ils été sommé de rendre des comptes après le drame japonais ? Tous les Parlements de la Terre, et tous les citoyens à leur tour, ont-ils été suffisamment mis au fait des enjeux et des risques du nucléaire civil ?

Peu après le tsunami, Stellar Lyon publiait sur son blog la conclusion d’une enquête de 2007 commanditée à un groupe d’experts par une parlementaire européenne (2). Celle-ci résumait près de trente années d’errements radioactifs, de fuites dans des centrales non révélées à la population ou minimisées (dont celle de Tihange-1 du 18 juin 1988), et aussi de tragédies majeures, auxquelles Fukushima s’est ajoutée. Dans cette enquête déjà, TEPCO apparaissait comme un maillon faible. Dès 2002, en vérité, l’agence japonaise de sûreté nucléaire industrielle avait reproché à l’opérateur japonais une altération massive de données, et 29 dysfonctionnements, parmi lesquels la falsification d’enquêtes d’inspection. Il apparaîtrait ultérieurement que de tels agissements irresponsables avaient eu lieu depuis vingt-cinq ans, et qu’au moins 200 cas pouvaient être répertoriés.

Voici ce document :

Après Hiroshima et Nagasaki, le peuple japonais aurait pu se recroqueviller sur lui-même. Il n’en a rien été : la société nippone est devenue l’une des plus futuristes au monde. Aucun défi technologique ne lui semble hors de portée. Aujourd’hui, la principale gageure consiste, pour elle, à devenir la pionnière d’un modèle énergétique dont le nucléaire serait expurgé : les ressources éoliennes, biomassives, hydrauliques et solaires ne manquent pas au pays du Soleil-Levant, et plusieurs grandes entreprises retroussent déjà leurs manches (3). Fukushima a été un contre-exemple absolu. Postulons que, dans quelques années, le Japon fera office d’exemple pour la planète entière !

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(1)    Que l’on songe aux implications de la recherche spatiale, pour la plupart inconnues du grand public, ou encore, dans le registre opposé de l’infiniment petit, aux nanotechnologies ou à la confirmation, ces jours-ci, de l’existence de la particule élémentaire dite boson de Higgs, toutes révolutions ignorées par la société abrutissante du spectacle, avec la sanction des pouvoirs établis, pour lesquels information est pouvoir, et pouvoir, monopole. Il revient tant aux médias qu’aux scientifiques eux-mêmes d’informer le public de ces questions, d’éclaircir l’opacité qui entoure les progrès de la science pour rendre ceux-ci accessibles à tous, car ils ne sont la propriété de personne. Or, entre des revues comme « La Recherche », relativement ardues pour le néophyte, et « La Roue de la Fortune », il me semble y avoir un gouffre béant, que le service public audiovisuel, par souci d’audimat sans doute, et les successeurs potentiels d’Hubert Reeves et d’Albert Jacquard, par mépris peut-être, rechignent à combler, alimentant ainsi l’hiver nucléaire de la science

(2)    Voici les liens vers les principaux articles (en français et en anglais) consacrés par ce blog siamois à la question du nucléaire. L’indignation y va croissant :

–          http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2010/12/10/all-we-are-saying-is-give-peace-a-chance/

–          http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2011/01/06/the-arkansas-body-count-fish-and-birds-tell-us-the-end-is-near-people%e2%80%a6-lol/

–          http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2011/03/19/ce-nest-ni-la-demagogie-ni-le-catastrophisme-encore-moins-la-peur-mais-la-raison-qui-commande-de-sortir-asap-du-nucleaire/

–          http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2011/05/26/fukushima-une-nouvelle-maquette-pour-playmobil/

(3)    Source : http://www.rtl.be/info/monde/international/890569/le-japon-vise-une-revolution-de-l-energie-renouvelable-apres-fukushima

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