Après l’automne, l’été…

Il y a quelques années, sur le plateau de « Nulle part ailleurs », un présentateur avait invité une dizaine de personnes du public à prendre part à une expérience basique : il s’agissait, pour eux, de se tenir debout, puis de tenter d’être le premier à se toucher de la main le bout des orteils, sans plus. Il n’y avait pas d’autre consigne. Tous partirent du principe qu’ils devaient, comme lors d’un exercice classique d’élongation (ou stretching) en gymnastique, incliner le dos de manière rectiligne. Aucun n’eut l’idée d’une simple génuflexion !

« Juillet aux chrysanthèmes »

Désormais entropiques, les saisons se désolent de toutes ces ataviques danses folles qui vers de sombres abysses nous entraînent, tapissent de reflets sélènes nos communs horizons. Elles assistent, impuissantes, aux algarades naissantes entre foudre et temps clair, qui ondoient en une vaine uchronie dans l’asilaire désert des désirs évanouis. Ponctuant clameurs et oraisons, les tempêtes grondent, qui subliment les esprits terrassés, vendus, chassés, au nom d’une suprême raison. Décourageant automne, sans fin et sans reproche, où la moindre anicroche peut mener au néant, tandis que, devant leur exquise effigie, s’esbaudissent, désespérants, tous ces suppôts de Satan, ces hallucinantes gargouilles asservies au mouvement du moment, qui passe, et qu’ils croient si fugace qu’ils le garrottent éternellement. Déraison suprême, te voilà donc, toi qui, avec acharnement, enserre de ton voile laminé tout espoir neuf, tout nouveau temps. Fadeur arithmétique, lyrisme à l’agonie, imaginaire absent… est-ce donc là la béance qui tous nous attend ? Le présent cardinal, prisme évanescent, sa jouissance liminaire, productrice de tourments, sans répit nous accablent, dans cette culture binaire où ne subsistent qu’objets. Vénérons la matière, la force et la beauté… la sagesse première ces rivages a quitté. Sur un nuage, elle plane, quelque part, tout là-haut, chérissant le mirage qu’elle renaîtra bientôt. Fi de cette allégresse, qui ne saurait s’accommoder du grand théâtre d’ombres, des rôles attribués, de la bassesse, ni de la sèche duperie : point n’est, Messieurs, question, aujourd’hui, de penser ! Pompeuse escroquerie où apprécier la transe est notre seule guidance, abdiquer la révolte notre unique destin. Pourchassons solitairement ensemble schémas sans lendemain, banalité faite reine, mesquinerie encensée : ne demeurent que nombre, peine, conformité, pouvoir et commune médiocrité !

Le présent post est dédié à la promotion « Peperpot » de psychologie fonctionnelle asservissante de l’université de Bakkendekuppe, qui ne le lira probablement pas…

Catégories : Expérimentations diverses non catégorisées, Philo de comptoir | Poster un commentaire

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