« CIRCUS POLITICUS » dévoile la « philosophie » de l’élite autoproclamée : « might is right ». Un livre d’utilité publique…

 « Il y a trois sortes de tyrans : les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. […] S’ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de régner est toujours à peu près la même. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d’esclaves qui leur appartient par nature. »

La Boétie, Discours sur la servitude volontaire

A couvrir du nom infâmant de complot la moindre théorie, la moindre enquête, qui vise à établir au grand jour que les rapports politiques et économiques intra-occidentaux ainsi que ceux que l’occident entretient avec le monde sont soumis à de discrètes causeries d’alcôve supra-démocratiques, discréditant ainsi ceux qui voient de sombres machinations partout et postulant conséquemment, pour la parade, qu’il n’y en a, en vérité, nulle part, les agents du système corrompent consciemment les bases mêmes de l’édifice démocratique. Au nom d’une juste cause ?

Comme hier, à l’occasion de la seconde offensive bushiste en Irak, tout observateur, tout citoyen, est invité à se ranger promptement et sans broncher du bon ou du mauvais côté. Le bon côté, c’est bien sûr la finance, vectrice de paix, de libéralisme, de prospérité et d’amour entre les peuples. Par conséquent, le mauvais côté ne peut être que celui de la dictature, du fascisme ou du totalitarisme. Vous n’êtes pas un adepte de Kissinger ? Vous êtes donc un zélateur de Staline ! La dynastie Rockefeller vous répugne ? Vos sympathies néonazies en sont l’explication !

Dans ce contexte de musellement de la parole publique, d’étouffement de la contestation démocratique, de mise au placard des réfractaires à l’Ordre mondial de l’Oseille, il faut saluer des journalistes de la trempe de Christophe Deloire et Christophe Dubois, qui, avec « Circus Politicus » (1), remettent le pendule au centre et rendent à ceux qui s’opposent à la mondialisation par la finance la faculté de s’exprimer sans se voir traiter de fascistes (du net).

Dans leur ouvrage, les deux journalistes d’investigation décrivent par le menu et ad nauseam l’intime imbrication de tout le puzzle politico-économique, sur fond de médias corporate et parfois embedded : comme jadis tel lord ou tel baron remplissait le rôle de vassal à l’égard du prince, en passant par toutes les strates intermédiaires successives, il appert que les télétubbies de la politique contemporaine requièrent également l’adoubement préalable du cénacle hermétique du pouvoir nouveau, qu’il se nomme Bilderberg (1), Commission trilatérale ou, plus exclusivement, sur d’autres portions du territoire mondial, Bohemian Club, voire Skull and Bones.

La vraie menace pour notre République est le gouvernement invisible, qui, telle une pieuvre géante, étend ses tentacules visqueuses sur nos villes, nos Etats, nos nations. Partant de simples généralisations, je dirais qu’à la tête de cette pieuvre se trouvent les intérêts de la compagnie ROCKEFELLER – STANDARD OIL, ainsi que ceux d’un groupe restreint de banques puissantes généralement désignées sous le vocable de banquiers internationaux. Cette petite coterie dirige pour ainsi dire le gouvernement des Etats-Unis pour ses propres intérêts égoïstes.

Elle contrôle pratiquement les deux partis, écrit les programmes politiques, fait des dirigeants des partis des pigeons, utilise les forces vives des organisations privées, et recourt à tous les moyens possibles pour positionner à la candidature de maroquins publics importants les seuls candidats malléables aux diktats du big business corrompu.

Ces banquiers internationaux et les intérêts de la Rockefeller-Standard Oil contrôlent la majorité des journaux d’information et des magazines du pays, dont ils utilisent les colonnes afin de contraindre à la soumission ou d’amener à la démission les agents publics qui refusent de faire les enchères des puissantes cliques corrompues qui composent le gouvernement invisible. Celui-ci agit derrière le rideau d’un écran par lui créé et s’empare de nos mandataires exécutifs, nos corps législatifs, nos écoles, nos cours et tribunaux, nos journaux, ainsi que de toute agence en charge de la protection publique.

 John F. Hylan, Maire de New York, 1922

(traduction libre)

Considéré sous cet angle et interprété à cet aune, le glorieux projet des révolutionnaires de 1789 n’est rien d’autre qu’un vaste jeu de chaises musicales à l’échelle du globe, dans lequel des bourgeois milliardaires de père en fils ont supplanté les dynasties aristocratiques, qu’au demeurant, ils côtoient et avec lesquelles ils se fondent à présent gaiement, notamment au sein des brumeuses institutions officieuses susnommées, le Tiers-Etat s’éternisant dans son rôle de cheville ouvrière de révolutions volées, soumis à une tyrannie invisible et à une Terreur permanente, et risquant, un jour ou l’autre, lorsque la technique sera au point, de se voir définitivement sous l’emprise d’un nouvel Ordre sans échappatoire. Dans l’intermède, toutefois, ces sans-culotte sont plus ou moins maintenus dans un confort élémentaire, agrémenté d’incentives et de titres ronflants de manager de ceci ou cela – si seulement l’URSS y avait pensé ! – comme autant de pseudo-récompenses pavloviennes.

« Selon Sutton, la vision de l’éducation des masses qu’a une certaine élite membre de la société des Skulls & Bones n’est pas le libre développement de l’individu mais le fait d’apprendre à vivre de manière intégrée dans une société organique, de manière semblable à la philosophie de Hegel sur l’Etat absolu. Dans ce type d’Etat, l’individu trouve sa liberté par l’obéissance aux lois de l’Etat. Quant aux libertés individuelles, elles ne sont pas acceptables et doivent être guidées par la tyrannie rationnelle. Sutton soutient également que […] la notion hégélienne du conflit qui crée l’Histoire [fait] partie intégrante de l’idéologie des Skulls & Bones. Ainsi, le conflit entre une thèse et une antithèse donne une synthèse et si le processus thèse-antithèse est sous le contrôle de cette société, la synthèse découlera forcément de sa volonté. Pour Sutton, la synthèse ultime des Skulls & Bones est le Nouvel Ordre Mondial. ».

Hegel disciple d’Aristote… Philosophie de l’Histoire ou histoire de la philosophie ? Quoi qu’il en soit, si l’on considère que l’Etat symbolise l’autorité et que cette dernière est aujourd’hui diluée en un ensemble opaque sous la coupe de la finance et de l’entreprise privée, si l’on appréhende la quête de la réalisation financière égoïste non en tant qu’elle serait, par addition des multiples, vectrice de progrès social, mais plutôt une peu subtile et perverse invite à faire fi du commun, et si, rien que pour l’exercice des méninges, l’on applique le processus dialectique auquel fait référence l’extrait de la description sommaire que fait ci-dessus Wikipedia du professeur conservateur Anthony Sutton, à la crise financière que traverse le globe, l’on ne pourra manquer de trouver au propos quelque pertinence spéculative, indépendamment des polémiques déplacées que celui-ci et certains de ses soutiens ont pu susciter par ailleurs…

La tyrannie d’une certaine Raison, le livre de Dubois et Deloire l’aborde brièvement, mais elle en fait le fil rouge des situations qu’ils décrivent : comme ils l’indiquent, s’il est une voie rationnelle, les autres voies possibles ne le sont pas, ce qui induit qu’elles doivent être écartées. Or, la démocratie n’implique-t-elle pas le choix entre des propositions diverses ? Les réunions discrètes du Bilderberg et des autres instances du même acabit regroupent des représentants de tous les principaux partis. Il n’est pas question d’écrire – les auteurs ne le font pas – qu’une fois dans l’enceinte de leur lieu de réunion itinérant, tous se défroquent dans l’attente de se faire mettre bien profond par leur suzerain attitré : ils ne sont pas tous là pour les mêmes raisons, et tous ne sont probablement pas initiés, mais le suivisme, l’opportunisme carriériste, la servitude volontaire, le formatage des esprits expliquent sans doute largement la monotonie des débats politiques actuels, leur caractère unidirectionnel, à de très rares exceptions près, et partant, le désintérêt de la populace, écœurée mais séduite par ailleurs, dans sa majorité, par l’aculture du clash feint et la mode insipide et déjà dépassée qui fait défiler les objets comme dans un film, une Œuvre dont on tend à oublier jusqu’aux massacres tragiques les plus récents (Que les reporters en herbe et les colporteurs biatchéliens d’accusations d’extrême-droite à la petite semaine se renseignent tant soit peu quant aux liens entre IG Farben et les Rockefeller, par exemple : ils seront brièvement sevrés !), couplée à une débauche de vulgarité présentée comme l’unique alternative au puritanisme d’antan. Bienvenu dans le monde (faussement) binaire, impur en effet, par nature !

« Ma conclusion est : nous allons de plus en plus vers la probabilité de décisions d’ordre public de plus en plus profondes [de plus en plus internationales], et de plus en plus urgentes. […] Et donc, on revient vers un besoin de politique plus fort. […] Par conséquent, il faut bien aller jusqu’au bout. Il faut que les opinions publiques, notamment le seul milieu humain qui connaisse quelque chose au monde extérieur [c’est-à-dire] vous, les patrons [et non pas] les journalistes, [ni] les politiques […], [ni] le monde salarial et ses syndicats, [ni même] nos intellectuels, trop sensibilisés par leur langue et leur culture. Vous [les patrons] n’avez pas de substitut, vous êtes la seule expertise […] pour pouvoir [parler] du monde extérieur en connaissance de ce qui s’y passe. Faites pression : il est grand temps. […] »

Les propos très dans la ligne des choses prononcés en septembre 2010 par le pseudo-socialiste Rocard lors d’une université d’été du MEDEF (et rapportés dans le livre), incendiaires pourtant en ce qu’ils oblitèrent le prolétariat, qui n’y a même pas droit de citer, sont révélateurs de la pensée unique développée par David Rockefeller, l’empereur émérite du Council on Foreign Relations, par ailleurs pape fondateur du Bilderberg, cet outil d’inspiration américaine qui, parallèlement à l’édification d’une Europe unie après la boucherie nazie (3), a toujours eu pour fonction principale de maintenir le vieux continent sous la tutelle paternaliste de fer du nouveau. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Newsweek, en 1999, voici comment l’héritier dépeignait l’avenir du monde :

« Ces dernières années, il y a eu une tendance vers la démocratie et l’économie de marché dans de nombreuses parties du monde. Cela a réduit le rôle des gouvernements, ce à quoi les hommes d’affaires sont favorables. […] Mais le revers de la médaille, c’est que quelqu’un doit prendre la place des gouvernements, et le business me semble l’entité logique pour le faire. »

Ou comment, en trois phrases à peine, dire une chose et son contraire, à savoir évoquer le doux souvenir de la démocratie, saccagée jusque dans le pays qui en a forgé le concept, et rendre celui-ci caduc, les électeurs n’étant pas appelés, à ma connaissance, à couronner les patrons ! Ajoutez à cela la hantise des nouveaux despotes éclairés européens, formidablement synthétisée par Monti, l’une des créatures de Goldman Sachs (un autre acteur majeur du grand Cirque), parangon de la nouvelle rationalité grise et fadasse tant promue par nos seigneurs, pour qui il appartient de recourir le moins possible au peuple dans le cadre de la construction européenne, que ce soit à l’initiative d’un référendum – le mot semble s’être doté d’une connotation scatologique depuis les débâcles anticonstitutionnelles française et néerlandaise – ou dans le cadre d’une élection normale.

Soyons toutefois d’un bon aloi pragmatique en nous abstenant de fuir la réalité : oui, les peuples sont instables. Il suffit de regarder le mouvement de va-et-vient électoral auxquels ils se livrent depuis au moins vingt ans. Mais c’est précisément l’absence de choix entre des idées et des projets réellement distincts, de même que le désinvestissement manifeste dans la culture générale, qui en sont la cause. Le reproche de Monti et de ses clones a donc plutôt un double goût de mépris : l’instabilité du peuple se conjugue en l’occurrence à sa soumission supposée à l’ordre qui lui est imposé ! L’argent n’attend pas !

« Nous sommes plutôt dans une situation de tentative de manipulation. […] Nous avons compris l’attitude un peu superficielle des journalistes, nous créons tous les jours de nouveaux événements pour qu’ils ne puissent pas focaliser, se concentrer, réfléchir et dénoncer durablement un certain nombre d’aspects de la politique que nous menons, et sur lesquels, je le dis très sincèrement, il y aurait certainement matière à dire, à écrire. […] Il n’y a jamais, je le dis, […] il n’y a jamais une appréhension globale de la situation, de l’attitude du pouvoir, [ni] une analyse qui pourrait disséquer les errements de ce pouvoir et les mettre en lumière de manière crédible. »

Ces affirmations (elles aussi rapportées dans le livre) sortent-elles de la bouche d’un successeur potentiel du Che ? Think again : c’est l’éphémère co-président de l’UMP Dominique Paillé qui les a prononcées lors d’une conférence au Centre français de Formation des Journalistes, dont Deloire est (heureusement) le directeur. Et voilà qui clôt le cercle infernal, selon lequel, pour d’aucuns dans les hautes strates, la démocratie implique sa dose d’ignorance entretenue, de renoncement forcé et de désengagement populaire pour pouvoir fonctionner…

Dans une certaine mesure – c’est regrettable à écrire, tant le tube est porteur d’autres promesses – Ce Soir ou Jamais demeure, à l’heure actuelle, l’un des derniers îlots, l’un des derniers salons médiatiques qui fait exception à cette règle dévastatrice. Il y a quelques mois, le prophète Jacques (Attali) s’y exprimait, une fois encore, en faveur d’un gouvernement mondial, seul à même d’apporter une solution à des problèmes qui ne s’arrêtent pas aux frontières. Que l’on songe à Fukushima, par exemple… Nullement totalitaire, une telle structure serait, à son estime, totale. Subtil distinguo.

Le rêve, l’imagination renvoient-ils perpétuellement à la finitude humaine ou s’agit-il, au contraire, de portes ouvertes, de trous noirs vers l’infini ? Le totalisme, comme négation du nihilisme nombriliste des Etats-nations, pourrait-il être la nouvelle manifestation de la Providence ? Que ne serait-il plaisant, en effet, que les diverses chaînes nationales européennes, aux ordres des proto-pouvoirs en place, en vertu de la répartition des affiliations politiques et des partages de temps de parole subséquents, ne répercutent enfin la réalité du pouvoir européen (et mondial) tel qu’il s’élabore. Il est (encore) permis de rêver…

Lorsque j’ai lu, il y a une dizaine d’années, le Projet de Paix perpétuelle de Kant, j’étais en situation de quasi-hébétude. Jamais je ne me serais attendu à trouver sous la plume d’une si austère autorité langage si accessible, si rafraîchissant, si vivifiant. Je ne sais si, pour aboutir à ce résultat, le bougre avait eu besoin, au préalable, d’engloutir l’âme de quelque pauvre enfant. Toujours est-il que, comme son auteur le revendique dans son avant-propos, débarrassé des contraintes de la stratégie politique, du rapport de forces, et même de la vraisemblance – l’écrit date de 1795 – ce texte semble tout droit sorti de l’imagination fertile d’un jeune Candide. C’était beau comme la rosée du matin sur les pétales d’une jeune fleur en éclosion, qui, au premier contact des denses rayons d’un fier Soleil, se vaporise nonchalamment.

Y trouver le parallèle avec l’unification du monde par la destruction industrielle, pétrolière notamment, le rictus jokérien de Rockefeller, somme toute assez comparable à celui de Ratzinger, la soumission mentale à large échelle des peuples et des individus, accompagnée d’innombrables tentatives de contrôle et de musellement, la loi du silence discrétionnaire, le nihilisme du commerce multinational, voire – prétendront certains – les massacres à grande échelle pour le fun ou pour la cause, si ce n’est les deux, voilà bien, vous l’avouerez, la gageure du siècle ! Car, de George « CIA » Bush à Henry « Strangelove » Kissinger, en passant par George « Geronimo » Bush, de Mario « la momie » Monti à Mario « Picsou » Draghi, en passant par Lloyd « Octopussy » Blankfein, c’est précisément le nihilisme, non la fraîcheur, qui prédomine ! Utilisons une perspective holistique : notre univers est encore jeune, de nombreuses étoiles continuent d’y brûler de mille feux. Pourtant, à observer ces créatures froides et asséchées, on le croirait déjà désertique !!!

___________

(1)    Christophe Deloire et Christophe Dubois, Circus Politicus, Albin Michel, Paris, 2012.

Le présent post ne se présente pas comme un résumé de ce livre, mais plutôt comme un commentaire débridé qui invite à le lire…

(2)    Ironiquement, le nom de l’hôtel néerlandais où se sont rencontré pour la première fois, en 1954, les représentants de la haute finance, des multinationales et de la politique dite de haut niveau est également la traduction allemande de « Mont aux Images ». Une fusion lexicale germano-anglaise approximative (sur l’exemple du franglais) pourrait par ailleurs en faire le « Mont des Bâtisseurs ». Un peu comme les pharaons et leur entourage faisaient construire à la plèbe des bâtisses dont eux seuls connaissaient les secrets et la finalité, les magnats bourgeois du jour soumettent à coups de cravache figurée leurs contemporains analphabètes ou inconscients à la surproductivité, en hommage à leur grandeur. Que l’on songe aux milliards engloutis par la crise de 2008 : ils ne se sont pas évaporés, mais sont retombés dans certaines poches. De même, le lambda n’est rien pour l’alpha, pas un individu en tout cas. Il est matière sur le jeu d’échecs.

(3)    Les auteurs attribuent au Bilderberg Group la paternité du traité de Rome et le dépeignent, de manière générale, comme le lieu où pourraient se prendre les décisions avant que celles-ci ne fassent l’objet de disputes clownesques pour la galerie, pour être enfin mises en œuvre par les exécutants élus.

Catégories : Eclairage cinématographique, Philo de comptoir, Politique / Société | Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire

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