Vatican : le libéralisme pornographique de Benny Hill !

Peut-être vous souvenez-vous de l’intention émise par les avocats des victimes de la pédosexualité ecclésiale belge de porter, au nom de ces dernières, le fer de leur combat croisé très contemporain dans l’effigie du locataire de l’appartement sis au troisième étage du palais de Sixte-Quint (1). Je ne sais ce qu’il est advenu de ce projet, mais force est, en toute humilité, de reconnaître que, depuis la bourrasque belge qui s’est abattue sur son estimé subordonné Léonard Ier de Namur (et qui n’est rien en comparaison de la tempête mondiale qui pourrait menacer), Benoît-le-seizième a fait le ménage dans le droit canon pour éviter que ne lui soient balancées à la face d’autres accusations de laxisme en matière d’abus sexuels d’enfants par des ouvriers de l’Eglise. Serpillère et aspirateur : il n’y est pas allé de main morte ! Jugez plutôt…

Il faut saluer l’initiative récente du pape sortant d’ouvrir la Sainte-Cité au web, de faire, en somme, office de transparence vis-à-vis de ses e-ouailles (potentielles). Son site regorge, en effet, de documents intéressants (point d’ironie ici) et de ressources utiles. Contrairement à la chapelle internet de la conférence épiscopale belge, qui a très longtemps, en matière de renseignements quant à la pédoprédation au sein de ses structures, appliqué une technique publicitaire connue, celle qui consiste à vanter (oralement, en l’occurrence) les mérites d’un produit révolutionnaire, auquel l’on accole un astérisque qui renvoie à un texte minuscule en bas d’affiche, lequel conditionne généralement l’offre dont question, le Vatican pratique, lui, une remarquable glasnost (2) : dès sa page d’accueil, un lien bien visible renvoie vers la problématique ad hoc. Une fois que vous avez cliqué sur ledit lien, il vous suffit d’opter pour la « lettre aux évêques de l’Eglise catholique et aux autres Ordinaires et Hiérarques intéressés par les modifications introduites dans les Normae de gravioribus delictis [normes en matières de délits graves] », puis pour la « révision des normes jusque-là en vigueur », et vous voilà, en quelque sorte, dans le saint des saints (3).

Avant-hier, flânant sur YouTube, je suis tombé quasiment par hasard sur l’une des interviews accordées par le jovial abbé de la Morandais à un présentateur d’émission people (4). A la question de ce dernier relative à une éventuelle évolution des considérations papales (quasiment quatre ans jour pour jour avant l’intronisation de Monseigneur Ratzinger) en matière de port du préservatif, l’un des poils à gratter des sectateurs lefebvristes avait répondu sans détour : « [Vous] en [êtes] encore là ? [Vous n’avez] pas compris ? […] Le pape est chargé de donner le top, le plus haut. Puis, après, nous, on gère. On est à la base, on dit : « ben, écoute, fais ce que tu peux. Si tu ne peux pas vraiment faire autre chose que baiser, ben, au moins, ne prends pas de risque, et n’emmerde pas l’autre, quoi. […] »

Le pape est donc chargé de traduire pour le Terrien de base la volonté divine. Dont acte. Fort de cette assurance, je m’enquis, comme de bien entendu, de l’état réformé de la législation vaticane en matière de pédosexualité, telle que promulguée le 21 mai 2010. Et la déception ne fut pas au rendez-vous !

Certes, continuent de faire partie des « délits les plus graves contre la sainteté du très Auguste sacrifice et des sacrements de l’Eucharistie réservés au jugement pour la Congrégation de la Doctrine de la Foi » l’article 1366 du code de droit canonique, qui stipule que « les parents, ou ceux qui en tiennent lieu, qui font baptiser ou élever leurs enfants dans une religion non catholique seront punis d’une censure ou d’une autre juste peine », ainsi que son article 1388, qui pose, quant à lui, que « le confesseur qui viole directement le secret sacramentel encourt l’excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique [et que] celui qui le viole d’une manière seulement indirecte sera puni selon la gravité du délit. » Mais, d’une part, de quel droit refuserait-on aux curés une prérogative dont jouissent, par exemple, les avocats, et d’autre part, à quel individu qui tient lieu de parent viendrait-il à l’idée de faire élever son enfant dans une religion non catholique ? « Sacris interdicere, diris devovere, execrari », et puis prout ! Sachons raison garder…

Certes, demeure itou considérée comme un délit grave  – donna, il mio vino ! – la « tentative d’ordination sacrée d’une femme », mais on ne peut pas tout avoir, si ? En compensation, il est prévu que parmi « les délits les plus graves contre la sainteté du sacrement de pénitence réservés au jugement pour la Congrégation de la Doctrine de la Foi » figurent : « l’absolution du complice dans le péché contre le sixième commandement du Décalogue » (à savoir, selon l’interprétation promue par le Vatican : « La pureté observeras, en tes actes soigneusement »), ainsi que « la sollicitation au péché contre [celui-ci], dans l’acte ou à l’occasion ou au prétexte de la confession […]. » L’honneur vertueux est sauf !

C’est au moment ou j’imaginais il papa en De Gaulle clamant : « je vous ai compris ! », que je pris connaissance de l’article 6 de ces normes revues et corrigées. La comparaison s’arrêta net, encore que…

Tout d’abord, cette précision : dans la foulée des accords win-win du Latran, signés conjointement en juin 1929 par Pie XI et Mussolini, le premier décida, par commodité, de calquer, dans ses grandes lignes, le code pénal du Vatican sur celui de l’Italie. Or, l’Italie est l’un de ces pays européens (5) qui ont fixé la majorité sexuelle à 14 ans (6).

Transcendant l’article 1316 du droit canon, qui pose que « les évêques diocésains veilleront à ce que, dans la mesure du possible, les lois pénales, s’il fallait en porter, soient uniformes dans un même pays ou une même région », l’article 6 des normes vaticanes en matière de fautes sévères inclut dans « les délits les plus graves contre les mœurs réservés au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi », que le cardinal Ratzinger a présidée vingt-quatre années durant et dont il continue, en sa qualité de pape, d’être préfet de droit (Rappelons-le à toutes fins utiles…), « le délit contre le sixième commandement du Décalogue avec un mineur de moins de dix-huit ans […] », universalisant ainsi, selon la norme la plus haute – souvenons-nous, mes frères, des propos du père de la Morandais – l’âge du consentement sexuel. Mais…

Mais le second alinéa du premier paragraphe du même article vient tempérer cette ardeur (à moins que ce ne soit le contraire). En effet, alors même que, parmi les restrictions que de nombreuses législations européennes ont adoptées, dans un souci de protection de l’enfance, quant à la majorité sexuelle, apparaît en bonne place la pornographie, ne voilà-t-il pas que le Vatican instaure (confirme) l’exception de branlette canonique en instituant que ces délits les plus graves contre les mœurs concernent également  « l’acquisition, la détention ou la divulgation, à une fin libidineuse, d’images pornographiques [Accrochez-vous, Messieurs-dames, ce qui suit n’est pas une blague, NdB] de mineurs de moins de quatorze ans de la part d’un clerc, de quelque manière que ce soit et quel que soit l’instrument employé. »

  • Silvio B., frère du cardinal Sconveniente, sur une plage de Capri : « Ma, ma, ma, qu’est-ce que tou es beau… »
  • Rocco, 14 ans : « Tou veux que je te montre ma bite ? »
  • Silvio : « Si, bello ! Je peux la filmer ? »
  • Rocco : « Si tou me donnes de l’argent ! C’est pour qui ? »
  • Silvio : « T’inquiètes pas, donte worry, c’est pour ma sœur ! »

____________

(1)    Source : http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2011-05-04/les-victimes-d-abus-sexuels-assigneront-le-vatican-a-bruxelles-838189.php

(2)    http://www.vatican.va/phome_fr.htm (Abus sur mineurs, la réponse de l’Eglise)

(3)    http://www.vatican.va/resources/resources_norme_fr.html

(4)    Tout le monde en parle, 21/04/01

(5)    Ces autres pays sont l’Allemagne, l’Autriche, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, l’Estonie, la Hongrie, le Kosovo, le Portugal et la Serbie. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Majorit%C3%A9_sexuelle_sur_le_continent_europ%C3%A9en

(6)    Il n’y a pas si longtemps encore, cet âge légal charnière était en Italie de 12 ans. Il est aujourd’hui de 13 ans en Espagne, et oscille dans les autres pays entre 15, 16 et 18 ans, moyennant le respect, selon les différentes législations, de certaines restrictions détaillées.

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