Droitisation rampante : un témoignage…

Les idées aux camps sont supérieures. Une idée est une énergie. Une énergie peut devenir une idée. Intrinsèquement, cette énergie appartient au processus de vie. Si une idée est ignorée, elle ne s’évanouit pas pour autant. Elle peut revenir hanter un camp, ou plusieurs. Si un camp d’une idée s’empare en partie, elle ne lui appartient pas cependant, mais il la matérialise et peut la façonner. Une énergie transforme l’idée. Une idée est le fruit d’une énergie. L’idée transformée devient idée nouvelle, qui devient énergie à matérialiser par le camp, qu’elle peut transmuer à son tour. Les idées sont un espace infini. Elles sont immortelles. Les forteresses d’idées en l’état ne sont pas éternelles. Evolutive est l’architecture, pour le meilleur ou pour le pire. Certaines idées, sous le regard humain, subliment d’autres. Est aérienne l’idée qui ravive le cœur, puissante et superbe celle qui fait jaillir l’espoir, délectable et brillante celle qui suscite l’allégresse. Toutes dépassent et rassemblent les singuliers sans les confondre. Où sont ces idées aujourd’hui ?

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Ci-après UN POINT DE VUE sur la franc-maçonnerie issu d’extraits d’une interview d’un franc-maçon au repos (librement traduits et légèrement adaptés, sans trahison du contenu), parue en 2010 dans un hebdomadaire flamand (1) sous  le titre…

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« Propos éminemment racistes dans la loge”

L’anthropologue Jan Blommaert s’en prend avec véhémence au monde de la franc-maçonnerie, auquel il a appartenu pendant cinq ans environ.

« J’ai été franc-maçon », déclare Jan Blommaert, qui est, ces temps-ci, lié à l’Université de Tilburg, aux Pays-Bas. « Je faisais d’ailleurs partie de l’atelier de Siegfried Bracke [ancien socialiste devenu nationaliste flamand, membre prééminent (en son temps) de la loge gantoise ‘Libération’, qui dépend du GODB, et avocat discret du pannéerlandisme], je le signale au passage. Mais j’ai laissé derrière moi cet engagement. A ma propre demande, j’ai été mis au repos, comme on dit. Car franc-maçon un jour, franc-maçon toujours. Il est impossible de se faire ‘désinitier’ ».

[…]

L’islamophobie est aussi alimentée fortement depuis les loges. Le célèbre pourfendeur de l’islam Wim Van Rooy, par exemple, est franc-maçon. Où est-ce un hasard ?

Blommaert : « en tout cas, cela indique que le débat au sein de cette communauté n’est nullement meilleur que le débat public. Lorsque je devins franc-maçon, il y a plus ou moins dix ans, j’avais la conviction que le débat en loge serait mené à un niveau supérieur, selon l’ancienne idée de rationalisme des Lumières. Mais il n’en est rien. J’ai entendu des personnes relativement intelligentes affirmer : « je n’ai rien contre les musulmans, mais ils doivent cesser d’exciser leurs femmes. Comme si l’excision avait un quelconque rapport avec l’islam. Il règne au sein de la franc-maçonnerie une énorme inculture, couverte par l’idée que les francs-maçons savent tout mieux que les autres. »

Peut-être étiez-vous un peu trop idéaliste lorsque vous vous êtes affilié ?

Blommaert : « j’étais probablement déjà un peu trop vieux, et donc trop malin, lorsque j’y fis mon entrée. C’est un peu comme apprendre à conduire lorsque l’on est plus âgé, ce n’est pas une bonne idée, car l’on est beaucoup plus conscient de ce qui se passe et de ce qui peut mal tourner. Il vaut mieux devenir membre de la loge lorsqu’on est jeune poulain. A ce moment-là, tout cela paraît encore agréable : porter un tablier, rencontrer des personnalités… Car, en période électorale, tous les politiciens font la ronde dans les ateliers. »

Excepté [les fascistes d’extrême-droite], je présume.

Blommaert : « Mmm, pas vraiment, vous savez. Ils sont là également. »

Comment cela ? Je pensais qu’ils ne pouvaient pas devenir membres ? [Un ancien homme politique anversois aujourd’hui décédé] a même failli être exclu de la franc-maçonnerie en raison de contacts trop appuyés avec le chef de l’extrême-droite flamande.

Blommaert : « en effet, c’était brièvement le cas, mais entre-temps les positions à l’égard de [ce parti] se sont considérablement adoucies. Il y a des loges très à droite. Et le racisme est bien sur aussi présent dans [un parti populiste] qu’il peut l’être dans un syndicat. Croyez-moi, j’entendais parfois des propos éminemment racistes au sein de mon ‘lieu de travail’. »

Il y a dix ans, [un célèbre éditorialiste flamand] affirma dans notre journal que l’idée brune s’était frayée un chemin vers les loges anversoises. Cela s’est-il donc aggravé ?

Blommaert: « Sans aucun doute. Et pas uniquement dans les loges anversoises, mais certainement aussi dans les loges bruxelloises, par exemple. Oui, sous le paravent d’idées humanistes, [ces cénacles] discutent beaucoup aujourd’hui du degré de sélectivité que revêtira notre société à l’avenir. L’héritage des Lumières est mal en point. »

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(1)    Source : http://www.knack.be/nieuws/archief-dossiers/kerstinterviews/zwaar-racistische-praat-in-de-loge/article-1194893997412.htm

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