Bernard Arnault est une victime ! Les dessous d’une kabbale…

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe français LVMH (champagnes, cognac, sacs à main, cosmétique) saisi d’effroi par le fantôme des chars soviétiques, vient d’annoncer, comme l’avait fait Liliane Bettencourt il y a quelques mois, son intention de demander, en sus de sa nationalité actuelle, la nationalité belge. Dans la foulée, le maire pète-sec sortant de la commune la plus snob de Belgique, où a été parachuté il y a peu un ancien ministre belge des Finances un peu trop proche de la mafia bancaire suisse, a confirmé que l’une des plus grandes fortunes mondiales possédait à Uccle, depuis la fin de l’année dernière, un pavillon que l’on imagine modeste (1). En quoi cette nouvelle concerne-t-elle Mathieu Pigasse, directeur de la branche française de la banque d’investissement Lazard ? C’est ce que nous tenterons, dans cet article, de découvrir…

Arnault fut l’un des témoins du premier mariage de l’erreur de casting de 2007. Dans un article daté du 5 juin dernier apparemment inspiré par l’AFP car très semblable à un autre article paru le même jour dans Le Figaro (2), le Neuilly Journal , citant un  classement Bloomberg des plus grandes fortunes, évaluait modestement le patrimoine du multimilliardaire à un peu moins de 17,2 milliards d’euros.

En l’espace de trois mois (le premier baromètre Bloomberg ayant été publié le 5 mars 2012), Arnault aurait été rétrogradé de la cinquième à la dix-septième place du classement des riches puants (3). Selon les deux feuilles de chou, il y aurait à cela deux raisons : d’une part, « la chute de l’euro face au dollar (perte de plus de 5,5 % sur le dernier mois), qui baisse mécaniquement la valorisation de [sa] fortune », d’autre part, le fait que « sur les trois derniers mois [l’action] LVMH a chuté de plus de 12 % ».

Ces deux paramètres sont facilement vérifiables, l’un par un graphique qui établit l’évolution du taux de change dont question (4), l’autre par un second graphique, relatif à l’évolution du cours LVMH (5). Durant la période de référence, le taux de change Euro / Dollar a bel et bien baissé de 5,83 %, l’action LVMH de 12 %. Mais, en écrivant cela, a-t-on tout écrit ? Un élargissement du spectre d’observation permet de se rendre compte que non : en matière de taux, l’on suppose qu’une légère baisse de la valeur de l’euro par rapport au dollar s’inscrit dans un mécanisme correctif destiné à éviter de nouveaux pics tels que ceux observés fin octobre 2011. Plutôt qu’une chute de l’euro face au dollar, il s’agirait donc d’une recherche d’équilibre (6). En ce qui concerne le cours de l’action LVMH, on se rend compte qu’elle n’a cessé, malgré deux baisses significatives de courte durée, de suivre une courbe certes fluctuante mais globalement ascendante, de septembre 2010 à aujourd’hui (23 % de hausse pendant la période).

Début mars 2012, Forbes logeait Arnault à la quatrième place de son classement, Bloomberg à la cinquième (7). Selon Neuilly Journal, le rentier carnassier aurait, pour les raisons susévoquées, dégringolé, au premier juin dernier, à la dix-septième place de l’échafaudage Bloomberg (8). Il faudra donc que l’on m’explique comment, en trois mois à peine, une diminution conjoncturelle de 12 % du cours de LVMH et une baisse prévisible de 5,5 % du taux de change Euro / Dollar parviennent à justifier une diminution de moitié de la fortune d’Arnault, estimée début mars à 42,3 milliards de dollars par Bloomberg, à 41 milliards de dollars par Forbes, et qui s’élèverait aujourd’hui, selon la première de ces sources, à 21,4 milliards de dollars !!!

Dans les années 1980, sous le règne de la rose fanée, c’est à la banque Lazard qu’a recouru Arnault pour obtenir des conseils quant au montage financier qui lui serait le plus favorable avant les rachats successifs de Christian Dior et de LVMH. Résultat des courses : un nœud inextricable de fiduciaires, de filiales et de sociétés-écrans dans lequel, selon Forbes, une chatte ne retrouverait pas ses petits (9). De nos jours, Lazard conseille plutôt les gouvernements…

« Depuis que la Grèce a choisi la banque dirigée par Matthieu Pigasse, également dirigeant du Monde, le chiffre d’affaires de cette branche a bondi de 10,1 millions d’euros en 2009 à 23 millions en 2010 », notait Marianne  il y a un an, avant de conclure son paragraphe par un éloquent : « le malheur des uns [fait le bonheur des autres] … ».  Mais la Grèce est loin d’être la seule cliente de Pigasse : la France figure aussi au nombre de ses obligées.

En effet, malgré les rodomontades d’Arnaud « trop cool, le nucléaire » Montebourg (11), c’est à ce banquier énarque new look au patronyme dur à porter dans le monde anglo-saxon, médiatisé opportunément à l’approche des dernières présidentielles françaises, que le ministre de l’Economie et des Finances a fait appel pour porter sur les fonts baptismaux la future banque publique d’investissement que son président appelait à juste titre de ses vœux pendant sa campagne (12). Tant Pigasse que Moscovici ont gravité dans l’entourage de DSK lorsque celui-ci était encore fréquentable en public. Cela crée des liens…

Mais le mandat semble aller plus loin. Invité de TV5 Monde le 16 avril 2012 (13), le banquier déclarait : « le système fiscal français –d’ailleurs c’est vrai très largement en Europe – est un système fiscal qui favorise ce que j’appelle la rente (donc les privilèges, le conservatisme) et, à l’inverse, pénalise le risque, et donc le travail. […] La meilleure façon de redistribuer est donc d’être à la fois efficace économiquement et juste socialement, et de pénaliser la rente, de frapper le capital lorsqu’il n’est pas employé ou qu’il est mal employé, et à l’inverse d’alléger la fiscalité sur le travail le plus possible. Une des façons de faire, c’est […] d’équilibrer, d’arriver à un même niveau d’imposition entre la fiscalité pesant sur les revenus du travail et la fiscalité pesant sur les revenus du capital. »

Il est difficile de ne pas établir de parallèle entre cette dernière suggestion et le plan budgétaire que vient d’annoncer le président français (14). L’on ne s’en plaindra pas : il était temps de remettre à l’honneur un semblant d’égalité fiscale après toutes les dérives des dernières années. Le ballon d’essai lancé par Arnault quant à son possible exil belge pourrait d’ailleurs avoir le mérite de hâter le débat sur l’harmonisation fiscale européenne si, allant au bout de sa logique, Hollande fait voter la loi qui empêchera tout citoyen français, quel que soit son lieu de domiciliation, d’éluder l’impôt du pays dont il détient la nationalité. Au vrai-faux coup de théâtre de l’industriel (téléguidé ou non par le golem des Hauts-de-Seine, qui voue à Pigasse une haine tenace), lequel pourrait ainsi, à terme, se retourner contre lui et ses puants semblables n’a pas tardé à répondre la une vengeresse de Libération (contre laquelle Arnault vient de porter plainte), quotidien dont le patron de presse multi-casquettes de chez Lazard (15) a supervisé, en 2005, la vente à Edouard de Rothschild et qu’il semble désormais vouloir ajouter à sa manne (16). Or, Demorand, qui supervise la rédaction de Libé, et Pigasse sont copains comme cochons… Ceci accrédite la thèse des règlements de compte multidirectionnels.

Au niveau européen, Pigasse n’est pas plus avare de conseils : « La première des révolutions à mettre en œuvre, c’est la révolution européenne, c’est comprendre que la seule façon d’en sortir, c’est d’en sortir par le haut, tous ensemble, unis et solidaires. […] [Cela passe par] une intégration d’abord économique et financière beaucoup plus poussée, qui prend deux formes : […] la mutualisation financière [c’est-à-dire] la fusion des dettes […] [et] la solidarité budgétaire. […] Il n’y a pas de coût : c’est une redistribution des richesses [selon laquelle] les Etats les plus riches, par exemple l’Allemagne ou la France, paieraient en faveur ou à destination des Etats les plus pauvres, […]  avec un [seul] objectif, qui est de relancer la croissance. C’est ce qu’on appelle une stratégie coopérative. Et si on mène de telles stratégies coopératives en Europe, alors et seulement alors, on renouera avec la croissance et l’emploi. »

Mutualisation, certes, mais n’y a-t-il pas lieu de s’interroger au préalable sur l’origine des dettes nationales, donc sur la nécessité (ou non) de les rembourser dans leur intégralité ? Et n’est-il pas inquiétant de confier davantage encore de prérogatives à des institutions européennes non élues qui, pour l’heure, tendent, via un pacte de stabilité budgétaire inique en temps de crise, à imposer aux Etats des politiques de droite présentées comme dépourvues d’alternatives ? Et est-on vraiment sûr, à présent, qu’après l’échec de la monnaie comme ferment d’une identité commune, l’économie et le budget seront en mesure d’endosser ce rôle ? Ô lyrisme, où donc t’es-tu enfui ? Car, in fine, quelle architecture européenne voulons-nous vraiment : celle de superstructures capital-corporatistes impériales à l’américaine, ni socialistes (car déconnectées du peuple), ni libérales (car hégémoniques par nature) auxquelles chaque citoyen, comme un pion dans l’univers, serait d’une manière ou d’une autre affilié, sans la moindre échappatoire, sans la moindre possibilité de contestation fondamentale, selon la logique du vaudeville sans fin de Fukuyama ? Ou voulons-nous une Europe unie respectueuse de la démocratie et construite à une échelle différente, porteuse d’un nouveau modèle de développement ?

Indépendamment de ces questionnements fondamentaux, c’est, parce que, de toute évidence, Pigasse ne roule pas pour ce dernier scénario, et parce que la gauche caviar (de BHL à DSK, de Pigasse à Canal +) n’a que trop frelaté la gauche ces trente dernières années, sur l’opportunité pour l’Etat de confier à la banque privée Lazard la mission primordiale de fonder une banque publique qu’il y a lieu de s’interroger. Car celle-ci, si elle a l’avantage de ne pas confondre elle-même dépôt et boursicotage, n’en représente pas moins un maillon représentatif de la pourriture du système capital-corporatiste. Tout en saluant le courage de Hollande, qui respecte sa parole et ses électeurs en honorant ses promesses, l’on ne peut manquer de souligner que le choix de Lazard présente donc, dans un registre différent, une antinomie semblable à celui qui consisterait à attirer dans certains think tanks des responsables d’extrême-droite afin d’endiguer cette dernière ou de la rendre respectable.

Rien d’étonnant, dès lors, qu’à l’estime du jeune loup aux dents longues qui a eu le culot d’intituler son dernier livre « Révolutions » – un cas de conscience en soi que la confiscation quasi quotidienne de conquêtes sociales ou de principes fondateurs tels que la liberté par des agents du système nourris à la cuillère d’argent –, la crise actuelle est « une crise européenne d’abord et avant tout, qui se serait produite indépendamment même de la crise américaine des ‘subprimes’ ou faisant suite à la faillite de Lehmann Brothers. [En fait, c’est une crise] du modèle européen, qui est, pour [lui], la manifestation d’une panne de croissance en Europe. » Ben tiens ! Lehmann, après tout, était pour Lazard une concurrente consœur transformée en chèvre émissaire et rangée prestement en Europe, pour la commodité, dans le tiroir aux archives. Pourtant, l’infection des Credit Default Swaps, qu’elle a propagée à l’ensemble de la mafia bancaire occidentale est un fait avéré, de même que l’abrogation du Glass – Steagall Act par un ancien président américain auquel, avec un pareil souci de mémoire, l’on tresse aujourd’hui des lauriers. Il se peut que Pigasse ait déjà refoulé l’endettement massif des Etats européens consécutif à la crise bancaire, ce dernier n’en demeure pas moins une réalité, tandis que la crise du modèle européen, qui, selon lui, se serait produite de toute façon relève de la spéculation…

Oser imputer un tel endettement au fait « que le continent européen ne croît plus depuis dix ans – peut-être même plus : vingt ans – et [qu’il] a compensé l’absence de croissance par un surcroît d’endettement [, ce qui aurait] conduit à la crise européenne, c’est-à-dire la crise financière, la crise grecque en 2009 » revient non seulement à faire quasiment table rase à la fois de l’endettement antécédent et de l’endettement de salut bancaire, mais aussi à entretenir le flou quant aux possibilités de croissance dont dispose encore un continent qui a tout, aux nécessités de redistribution égalitaire au profit des citoyens qui n’ont rien, et à une vision sociale basée sur des indicateurs plus proches des réalités humaines. En d’autres termes : la croissance, pour quoi faire ? Et de quelle divinité PIB est-il le nom ?

Lorsque le grand théoricien bancaire affirme que l’inflation, « c’est une façon, en fait, de redistribuer les richesses entre les générations et d’éroder, de réduire, ce qu’on appelle la valeur réelle de la dette […] [et qu’il faut donc] accepter un surcroît d’inflation, qui redistribuera de la richesse entre les générations », il n’a sans doute pas tort, mais comment compte-t-il s’y prendre pour garantir aux (très) petits épargnants le maintien de leur patrimoine ?

Enfin, pester contre une Europe qui serait « un continent de vieux (au sens où il vieillit), dirigé par des vieux (lorsqu’on regarde la longévité ou l’âge de [ses] dirigeants) et avec des politiques tournées vers les vieux […] », c’est bien beau, mais est-ce aussi crédible lorsque l’on dirige un établissement bancaire qui conseille les plus friqués parmi lesdits vieux ?…

A la place de la banque Lazard, la France aurait pu faire appel à un réseau de banques durables (17) qui auraient pu formuler des propositions novatrices. Mais le sérail social-démocrate, fidèle à sa longue tradition, a préféré le bon vieux copinage, le retour d’ascenseur électoral, négligeant l’évidence que, tout jeune qu’il se prétende, Pigasse est déjà dépassé. Ses solutions sont cosmétiques : elles n’ont pas pour ambition de modifier fondamentalement l’accumulation extrême et la concentration antilibérale du capital qui constitue son gagne-pain. Sa vision est celle d’un actionnaire du système actuel, d’un représentant de très grands rentiers, même si son masque de coolitude et son marketing discursif peuvent apparaître rafraîchissants par rapport à l’immoralité affichée des banquiers et autres industriels retors confirmés. Elle n’est peut-être pas bonne à entendre, elle n’est sans doute pas rémunératrice, mais de temps à autre, face à des potentats (en puissance), la vérité non clanique est bonne à écrire !

_____________

(1)    Source : http://www.rtbf.be/info/monde/detail_bernard-arnault-premiere-fortune-de-france-habite-deja-a-uccle?id=7835990

(2)    Lire : http://www.neuillyjournal.com/actus/economique/item/2503-classement-des-fortunes-de-liliane-bettencourt-et-bernard-arnault

http://www.lefigaro.fr/societes/2012/06/04/20005-20120604ARTFIG00768-liliane-bettencourt-est-plus-riche-que-bernard-arnault.php

(3)    “The stinking rich” est une expression anglaise courante…

(4)    http://forex.actufinance.fr/taux-change/eur-usd.html

Taux du 5 mars 2012 : 1 € = 1,32 $

Taux du premier juin 2012 : 1 € = 1,243 $

(5)    http://bourse.lci.fr/action.hts?id=FR0000121014,XX,25&menu=action_graphes&code=

(sélectionner, à droite, dans les paramètres du graphique, la période correspondante, c’est-à-dire du 5 mars 2012 au premier juin 2012)

Cours du 5 mars 2012 : 128 €

Cours du premier juin 2012 : 112,6 €

(6)    A son plus bas de l’année écoulée, le 24 juillet dernier, 1 € valait encore 1,207 $. Et, depuis lors, la devise est de nouveau à la hausse. C’est d’ailleurs à se demander si les tourments  grecs ont eu, sur le cours de ces douze derniers mois, le moindre impact significatif, voire si la proportion desdits déboires (c’est-à-dire leur capacité de nuisance pour l’Union européenne) a été gonflée intentionnellement dans les médias dans le but d’accroître le sentiment de crise, et par ricochet, la nécessité de cohésion. La crise grecque comme outil connexe pour favoriser les exportations européennes par l’entremise d’une pression sur les taux ?…

(7)    Lire : http://www.forbes.com/billionaires/list/

www.blog.bloomberg.com/2012-03-05/bloomberg-news-launches-daily-billionaires-index/

(8)    A l’heure actuelle, il occupe la treizième place de ce palmarès en évolution constante, dont il est malaisé d’obtenir l’historique (ce qui implique qu’il pourrait avoir été mis à jour une nouvelle fois au moment où vous lisez ce post : http://topics.bloomberg.com/bloomberg-billionaires-index/

(9)    Lire : http://www.forbes.com/sites/luisakroll/2012/05/18/inside-lvmhs-byzantine-ownership-structure/

(10) Lire : http://www.marianne2.fr/Crise-grecque-Jean-Pierre-Jouyet-balance-un-scud-a%C2%A0Daniel-Cohen_a210315.html

(11) Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/08/31/montebourg-regrette-le-mandat-confie-par-bercy-a-la-banque-lazard_1754124_3234.html

(12) Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20120830.OBS0795/pigasse-choisi-pour-inspirer-la-banque-publique-d-investissement.html

(13) Vidéo disponible ici : http://www.youtube.com/watch?v=n-7BtKsOAS0

(14) Regarder ici l’interview accordée hier à TF1 par François Hollande (en particulier l’extrait de 13:21 à 16:18) :  http://www.youtube.com/watch?v=CvjJT97udpw

(15)Source : http://www.rue89.com/2012/06/06/les-synergies-de-citizen-pigasse-232772

(16) Source : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2012/06/05/matthieu-pigasse-s-interesserait-a-liberation_1712883_3236.html

(17) Lire :  http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/banque-durable-28423

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