Archives mensuelles : octobre 2012

ACTA, CETA, etc. : STOP AU DENI DE DEMOCRATIE !

Tel est le titre d’un communiqué de presse diffusé conjointement hier par La Quadrature du Net, l’APRIL et Act Up – Paris à propos des menaces que font peser sur les libertés individuelles de tous les citoyens européens (notamment) les tractations secrètes encore en cours entre la Commission européenne et divers Etats (Canada, Inde, etc.) en vue de la conclusion d’accords commerciaux semblables (voire pires) que l’ACTA, ce monstre bureaucratique pourtant rejeté avec grand fracas, en juin dernier, par les fractions dites progressistes au sein du Parlement européen.

Pour de plus amples informations, lire les posts que j’ai consacrés à ACTA / CETA antérieurement :

https://yannickbaele.wordpress.com/2012/07/10/anonymous-deurope-et-du-canada-le-combat-nest-pas-gagne-non-a-acta-non-a-ceta/

https://yannickbaele.wordpress.com/2012/06/09/acta-ou-comment-le-monde-cherche-a-sunir-contre-les-internautes/

L’Europe est vitale, tant pour les individus que pour les peuples européens. Pas un mot ne lui a été consacré par les candidats à la présidentielle états-unienne, qui la considèrent comme un danger potentiel pour leur hégémonie décadente. Plutôt que de se pâmer devant leur cirque démocratique, tels des Pygmées colonisés en extase devant des maîtres qui les méprisent, tels des adultes en régression qui croient encore au Père Noël, quelle que soit la couleur de son déguisement, il est temps pour les Européens de s’unir !

Toutefois, si le modèle européen est celui de l’opacité, du déni de démocratie, de la pseudo-avant-garde capital-corporatiste prétendument éclairée et non élue, du mépris des citoyens, de la corruption et de la soumission à l’américaine aux grands groupes industriels et aux puissances véreuses du fric, toutes dérives de nature à accroître le nationalisme fascistoïde que les grands prêtres de la Nouvelle Internationale esclavagiste dénoncent par ailleurs alors qu’ils en sont la pierre angulaire, l’Europe est, plus encore que les Etats-nations, nuisible à l’ensemble des individus et des peuples qui la composent.

DE GUCHT, actuellement mis en examen en Belgique pour fraude fiscale (1), est, ès qualité de commissaire européen en charge du commerce, le principal architecte oblique de l’obscurantiste doxa commerciale européenne.

 

DU BALAI !

(1)   Sources (NL) :

http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20120615_00186602

http://www.clint.be/actua/politiek/de-vakantievilla-van-de-gucht-het-zwart-gebouwd

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« En 2011 et 2012, les citoyens européens sont descendus dans la rue pour protester contre les négociations secrètes de l’Accord anti-contrefaçon ACTA qui mettait en péril leurs libertés fondamentales, ce qui a conduit à un rejet massif de l’accord par le Parlement européen en juillet dernier. Avec un message clair : pas de mesures répressives sans débat démocratique entre représentants élus.

Pourtant, la Commission européenne et les gouvernements des États-Membres continuent de vouloir passer en force en négociant, sous couvert d’accords commerciaux ou de libre échange tenus secrets, des mesures répressives mettant en péril l’exercice des libertés fondamentales. Accord commercial Canada-UE (CETA), Accord de Libre Échange (ALE) UE-Inde, UE-Thaïlande, UE-Moldavie, etc. Tous ces accords contiennent potentiellement des clauses dangereuses pour les libertés des utilisateurs d’Internet, l’accès aux médicaments essentiels ou l’utilisation et la diffusion de logiciels libres.

Il est intolérable que des mesures menaçant les libertés fondamentales soient négociées en toute opacité par des hauts fonctionnaires alors que ces clauses, qui dépassent largement le cadre d’accords commerciaux, doivent être débattues de manière démocratique et transparente.

Act Up-Paris, l’April et La Quadrature du Net exigent :

  • de la Commission européenne :

 qu’elle rende immédiatement public le contenu des accords en cours de négociation
qu’elle cesse d’inclure dans des accords commerciaux des dispositions mettant en péril les libertés fondamentales,
le développement des logiciels libres ou l’accès de millions de malades à des médicaments génériques abordables

  • des États membres de l’Union européenne qu’ils prennent leurs responsabilités et :

  •  informent les citoyens sur les mesures pénales actuellement négociées
     rappellent à la Commission européenne les limites de son mandat
     prennent publiquement position contre l’inclusion dans les accords commerciaux de dispositions menaçant les libertés fondamentales, le développement des logiciels libres ou l’accès de millions de malades à des médicaments génériques abordables »

Contacts presse

Act Up-Paris :
Céline Grillon, responsable du plaidoyer international, international@actupparis.org – +33 6 50 01 39 10

À propos de l’April :

Pionnière du logiciel libre en France, l’April est depuis 1996 un acteur majeur de la démocratisation et de la diffusion du Logiciel Libre et des standards ouverts auprès du grand public, des professionnels et des institutions dans l’espace francophone. Elle veille aussi, dans l’ère numérique, à sensibiliser l’opinion sur les dangers d’une appropriation exclusive de l’information et du savoir par des intérêts privés. L’association est constituée de plus de 5 000 membres utilisateurs et producteurs de logiciels libres.
Frédéric Couchet, délégué général, fcouchet@april.org
+33 6 60 68 89 31
Jeanne Tadeusz, responsable affaires publiques, jtadeusz@april.org
+33 1 78 76 92 82

À propos de la Quadrature du Net  :
La Quadrature du Net est une organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet. Elle promeut une adaptation de la législation française et européenne qui soit fidèle aux valeurs qui ont présidé au développement d’Internet, notamment la libre circulation de la connaissance.
À ce titre, la Quadrature du Net intervient notamment dans les débats concernant la liberté d’expression, le droit d’auteur, la régulation du secteur des télécommunications ou encore le respect de la vie privée. Elle fournit aux citoyens intéressés des outils leur permettant de mieux comprendre les processus législatifs afin d’intervenir efficacement dans le débat public.
Jérémie Zimmermann, porte-parole, jz@laquadrature.net
+33 6 15 94 06 75

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Courts dialogues de sourds…

–          Terrible, ce qui se passe à Genk, tout de même…

–          Moi, je dis : Ενωτικό Κοινωνικό Μέτωπο !

–          Ouais, mais la compétitivité, fieu !….

***

–          Ce qui est important, c’est de faire comprendre aux musulmans qu’on les a invités chez nous. Ce n’est pas eux qui vont faire la loi en France !

–          Putain, t’as de la fiente de pigeon dans les cheveux !

–          Et merde ! Ce n’est pas eux qui vont faire la loi en France, bordel de merde !

***

–          La dernière fois, vous m’aviez dit que votre père venait dans votre chambre, la nuit, et vous touchait…

–          Puis, soudain, cette fulgurance, comme un crépitement de mire dans mon esprit…

–          Intéressant. Continuez : votre mère était-elle au courant ?

***

–          Goebbels est down, m’a dit Moulin.

–          Alors, Hitler ne tardera pas.

–          Il paraît qu’il a déjà rasé sa moustache et qu’on l’a vu raser les murs à Akmola.

***

–          Je t’aime, mon amour.

–          Un plus un égalent trois, trois fois deux égalent six, un exposant vingt égale six exposant cent. Mais qu’est trois ?

–          C’est tout ? Baise-moi !

***

–          Le gouvernement va tout mettre en œuvre pour garantir de nouveau le plein emploi.

–          Mais à long terme, Monsieur le Premier Ministre ?

–          Le gouvernement va tout mettre en œuvre pour garantir de nouveau le plein emploi.

***

–          Mais casse-toi ! La troisième bande, c’est pour du 160, connard !

–          T’as vu les bœufs, là, sur le bord de l’autoroute ?

–          Moi, je m’en fous, je roule en Bentley…

***

–          Quelle est la nature de vos péchés, mon fils ?

–          J’ai regardé plusieurs films porno, mon père.

–          Racontez-moi…

***

–          Si elle n’empêche aucunement la dictature, la télé est seule garante, en revanche, de l’impossibilité d’une révolution.

–          Oh, tu me saoules, Winston.

–          Précisément !

***

–          T’as pas envie de me filer ce pét, hein ?

–          Au nom même des valeurs de la gauche !

–          Putain, trop bon !

 

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Sans titre 1

Beati pauperes spiritu… Tous, nous servons quelqu’un ou quelques-uns et, à travers eux, quelque chose mais, in fine, rien de ce que nous faisons ne sert à quoi que ce soit, pas à nous en tout cas. Faire revient donc uniquement  à servir l’apparent immuable, ce qui fait de faire un acte de collaboration. Collabo ou résistant pendant la deuxième guerre mondiale ? Nous sommes nombreux à nous être posé cette question, ne fût-ce qu’en diagonale. La collaboration d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. Pas encore. De nos jours, il faut d’abord se rendre compte que l’on collabore, et à quoi. Collaborer est intrinsèque, ce n’est pas un choix. Un immense voile recouvre le sordide qui était sordidissime naguère, et crûment apparent aux yeux de tous. Chacun collabore dans son coin. C’est ce qui rend la dichotomie caduque. A l’heure actuelle, résister peut se limiter à ne pas collaborer. C’est aussi simple que ça. Ce l’est encore, ici. Mais comment survivre en résistant ? Et comment vivre ? Souveraine ambition ! En démocratie d’apparat aussi, la collaboration est un système, une putain de hiérarchie ! Ab esse ad posse valet, a posse ad esse non valet consequentia … Seul le refus de la collaboration peut venir à bout de la collaboration pour la supplanter par la collaboration. Mais en avons-nous l’ambition ?

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Congo / Rwanda : notre honte !

1935. La Belgique introduit dans sa colonie du Rwanda-Urundi, conquise des Allemands pendant la première guerre mondiale, les cartes d’identité raciale, posant les prémisses des boucheries ethnocidaires qui s’ensuivraient. « Diviser pour mieux régner », dit le proverbe : il fallait séparer dans les textes et les mentalités les deux principales ethnies, à savoir les Tutsis, considérés comme l’avant-garde élitaire susceptible de mener à une émancipation dont les envahisseurs souhaitaient endiguer à la base l’éventualité, et les Hutus, majoritaires et plus enclins à une collaboration avec l’occupant (chrétien européen).

1959. La révolution rwandaise a pour triple conséquence le meurtre de dizaines de milliers de Hutus, la fin de la colonisation physique du territoire par la Belgique, confrontée, comme au Congo et comme les autres puissances coloniales ailleurs en Afrique, à des mouvements souverainistes émergents, et l’indépendance nationale (en 1962), qui scelle le divorce d’avec l’Urundi (qui deviendra Burundi).

1990. Le Front patriotique rwandais (FPR) envahit le nord du Rwanda, plongeant le pays dans une guerre civile qui affaiblira considérablement l’autorité de son président hutu. Les accords d’Arusha, signés en 1993, sont supposés veiller à un partage plus équilibré du pouvoir entre ethnies.

1994. Une vague de violence sans précédent voit le jour à la suite de l’explosion en vol de l’avion du président Habyarimana, un attentat dont les véritables commanditaires n’ont pas encore été clairement désignés à ce jour. Sous les yeux éberlués d’une force (dite) d’interposition de l’ONU, la MINUAR, composée pour partie de casques bleus belges, dont dix seront tués en tentant de protéger la première ministre Agathe Uwilingiyimana, entre cinq cent mille et un million de Tutsis et de Hutus modérés feront les frais d’un déferlement de rage incontrôlée, suscitée notamment par les appels à la haine dévastateurs de la fameuse radio des Mille Collines. En quelques mois à peine, le FPR prendra le contrôle du pays, provoquant un exode massif de Hutus vers ce qui était encore le Zaïre.

2010. Après une quinzaine d’années d’une paix relative, en dépit de l’instabilité latente dans l’est du Congo, le Conseil de Sécurité de l’ONU ordonne, à travers la MONUSCO, le déploiement dans cette région d’une force pléthorique composée de 19.815 soldats, 760 observateurs militaires, 391 fonctionnaires de police et 1.050 membres d’unités de police, qui s’ajoutent au personnel civil et judiciaire que prévoit par ailleurs la résolution (1).

2012. Pour la deuxième fois, le Conseil de Sécurité renouvelle le mandat de la MONUSCO, jusqu’au 30 juin 2013 cette fois, moyennant un engagement pro forma du président congolais Kabila de veiller à une meilleure organisation de son armée, dans le but de consolider l’intégrité territoriale du pays, dans la région des grands lacs en particulier (2), un engagement exigé en 2006 déjà par une motion déposée au Sénat américain… par un certain Barack Obama (3).

Voilà pour la grande Histoire, dans ses grandes lignes. Venons-en à présent aux zones d’ombre contemporaines, aux dessous possibles des cartes diplomatiques septentrionales occidentales.

Les affrontements multiples et l’escalade meurtrière que subissent depuis des mois, sous l’impulsion d’un mystérieux M23 (4), les habitants des provinces de Nord- et de Sud-Kivu, frontalières du Rwanda, semblent avoir gagné encore en intensité depuis le début de cette année, malgré les casques bleus en surnombre présents sur place. Or, tous les observateurs du conflit pointent comme responsable le Rwanda de Paul Kagame : après le dépôt par l’ONU d’un rapport qui accable le régime de Kigali (5), les Etats-Unis et la plupart des pays du nord-ouest du globe ont donc imposé à ce dernier les sanctions d’usage, accusant plus ou moins ouvertement le ministère de la Défense rwandais, c’est-à-dire le FPR, de diriger et d’armer les rebelles dans l’est du Congo (6).

Ces cris d’orfraie seraient plus crédibles s’ils ne tentaient de passer sous silence un trafic d’armes (licite et illicite) à destination du Rwanda depuis l’assouplissement – voire l’annihilation – de la résolution 918 de l’ONU (adoptée à la mi-mai 1994) par les paragraphes 7 et 8 de la résolution 1011, qui abrogent de facto l’embargo sur les ventes d’armes au pays de Kagame depuis septembre 1996, une décision coulée dans le marbre en juillet 2008, à travers la dissolution du comité ad hoc mis sur pied par l’organe suprême onusien (7).

Plusieurs enquêtes ont accusé la France de la Françafrique d’avoir largement contribué à armer les hutus rwandais, francophiles, de 1990 à 1994. En Belgique aussi, à la fin du dernier millénaire, des doigts se sont levés, et non des moindres, au Sénat notamment, pour s’interroger sur une éventuelle livraison d’armes wallonnes au Rwanda avant et pendant le tumulte, voire réclamer la constitution d’une commission d’enquête parlementaire à ce sujet (8).

Ne doutons pas un seul instant que la même détermination, la même hardiesse politique, le même impératif de vérité, seront à l’œuvre bientôt pour mettre au jour les filières, légales et illégales, qui ont armé le pouvoir tutsi rwandais depuis 2008 au moins (depuis 1996 peut-être), permettant à ce dernier de pourvoir à son tour aux besoins militaires du M23 (9).

Ceux qui chérissent le sarcasme apprendront, en outre, avec délectation que les Etats-Unis, en plus de financer et d’organiser en toute transparence, par l’entremise d’AFRICOM (leur commandement intégré africain, en pleine phase de consolidation stratégique) l’entraînement militaire de toute une série d’armées africaines, parmi lesquelles celle du Rwanda et du Congo (10), sont aussi à l’origine de covert ops diverses et variées (des actions militaires secrètes, qui n’ont reçu l’aval ni de l’Exécutif, ni du Congrès américain) qui brouillent davantage encore, s’il était possible, les lignes de partage entre ombre et lumière sur le continent noir (11).

A qui profite un pouvoir congolais sorti fragilisé des urnes en novembre 2011 ? Certainement pas à des partenaires historiques qui, notamment par la voix et les colères homériques d’un De Gucht alors encore aux Affaires étrangères, n’ont cessé de revendiquer auprès de Kinshasa la préférence occidentale face à l’influence grandissante, dans la région, de l’empire sournois.

A qui profite l’instabilité chronique d’une région aux ressources minières irremplaçables (coltan pour le matériel informatique, diamants pourpres de Léo, etc.) ? Certainement pas à nos chers industriels du Nord, totalement décomplexés par rapport à ce lointain souvenir qu’est la colonisation !…

______________

(1)    Source : http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/monusco/mandate.shtml

(2)    Source : http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/2053(2012)

(3)    Lire : http://www.govtrack.us/congress/bills/109/s2125

Lire aussi : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1489773/2012/08/22/Reynders-appelle-Kinshasa-a-instaurer-un-Etat-de-droit.dhtml

(4)    …  ou mouvement du 23 mars, dont l’intitulé se réfère à l’accord de 2009 qui avait présidé à l’intégration de mutins de l’est du Congo dans les forces armées congolaises régulières, après une guerre civile déjà dévastatrice.

(5)    Source : http://allafrica.com/stories/201208050109.html

(6)    Sources : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/rd-congo-hillary-clinton-demande-au-rwanda-de-ne-pas-soutenir-le-m23-07-08-2012-2116836.php

http://www.rtl.be/info/belgique/politique/902309/rwanda-reynders-recu-par-le-president-paul-kagame

http://www.guardian.co.uk/world/2012/oct/17/rwanda-minister-commanding-congo-rebels

(7)    Sources : http://www.un.org/french/sc/committees/918/

http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/1011%281995%29

(8)    Source : http://www3.dekamer.be/digidoc/DPS/K2052/K20523628/K20523628.pdf

(9)    Lire : http://www.nytimes.com/2011/12/07/opinion/stopping-the-trade-in-death.html?_r=0

Lire aussi : http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1283

(10) Sources : http://www.africom.mil/fetchBinary.asp?pdfID=20120302121535

http://www.state.gov/t/pm/ppa/sat/c14560.htm

http://www.state.gov/t/pm/ppa/sat/c14562.htm

(11) Source :

http://www.washingtonpost.com/wp-srv/national/longterm/overseas/overseas3a.htm

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Lorsque le paon batave fait la roue…

A deux reprises en moins de six mois (le 10 avril et le 16 octobre derniers), l’émission Pauw en Witteman,sur la chaîne VARA, financée par les deniers publics néerlandais, a invité sur son plateau le leader déchu du Vlaams Belang, qui fait mine aujourd’hui de faire un pas de côté au sein de son parti suite à la défaite incontestable de celui-ci à l’occasion des élections communales, à Anvers notamment. Or, les invités belges et / ou flamands reçus sur le plateau se réduisent à la portion congrue, pour ne pas dire qu’ils sont inexistants. Un téléspectateur belge trilingue a-t-il le droit de s’en indigner ?

Selon un site web spécialisé dans le calcul des salaires de personnalités publiques, le paon originaire d’Hilversum gagne 920 € par jour presté, ce qui équivaut à un salaire mensuel d’un peu plus de 19.000 € (1). Aussi astronomique ces sommes puissent-elles paraître au citoyen lambda qui se contente de survivre et ne dispose pas, pour ce faire, d’une tribune médiatique quotidienne, un tel salaire ne fait bien sûr pas figure d’exception dans le milieu. Peut-être apparaît-il même dérisoire au regard du traitement d’un certain nombre de présentateurs / animateurs sur les chaînes françaises.

Il n’en demeure pas moins que le citoyen-contribuable est en droit de s’interroger quant à l’usage qui est fait de ses deniers. Ainsi, si l’équivalent batave du chef du parti flamand le plus ouvertement d’extrême-droite (en comparaison au nationalisme fasciste pour l’heure light) boude ostensiblement l’émission de la VARA dont question, est-ce en raison d’une incompatibilité personnelle avec ses présentateurs, l’un d’eux en particulier, bref d’un combat de coqs (ou de paons, c’est selon) ou à cause de divergences idéologiques prononcées ?

Alors que Pauw, indéniablement le plus arrogant et piteusement machiste du duo de présentateurs, vient encore, il y a à peine deux jours, de rabrouer sans ménagement l’une de ses invitées, une Néerlandaise d’origine pakistanaise venue défendre le combat des femmes et des musulmans modérés, tant dans son pays d’origine que dans son pays d’adoption, et qui avait eu le tort, à son estime, de ne pas parler un néerlandais suffisamment convenable à son goût, un court rappel de faits antérieurs s’impose sans doute.

Le 12 décembre 2009, à l’occasion d’un entretien avec un avocat musulman fondamentaliste dont les propos, bien qu’exprimés posément et faisant même mouche parfois, visaient, in fine, à renvoyer à l’expéditeur, par un relativisme rhétorique principiel bien connu depuis quelques années, l’argument de tolérance, lequel, dans son esprit, inclurait également l’ouverture des sociétés occidentales aux principes et pratiques religieuses les plus obscurantistes, Jeroen Pauw a déclaré, fier comme un paon qui fait la roue, qu’il ne croyait pas dans la société multiculturelle.

Certes, ce propos a été banalisé depuis lors par des Merkel, Cameron et autres Rutte jusqu’à devenir le cheval de bataille d’une droite nationaliste nouveau teint, mais l’attitude du présentateur, sacré homme le plus populaire des Pays-Bas en 2010, à l’égard de son invité était par ailleurs fort peu professionnelle : apostrophant ce dernier quasiment comme un supporter de club de foot hélerait, en plein match, un fan du club rival, le remettant à sa place comme le ferait un père avec son fils indiscipliné, Pauw avait laissé, ce soir-là, sa déontologie journalistique au vestiaire.

Un présentateur d’une chaîne de radiotélévision publique d’inspiration musulmane qui a fait faillite entre-temps n’a-t-il pas déclaré d’ailleurs que durant tout l’entretien avait régné un ton  difficilement indentifiable à la marque de fabrique de la VARA, avant de conclure par une mise au point que tout journaliste pourrait faire sienne : « le journalisme a pour but d’examiner de manière critique la société dans son ensemble, ainsi que [le discours] des personnalités publiques. […] L’ego ou les convictions personnelles du présentateur n’ont pas à prévaloir sur les intérêts journalistiques du programme » (2) ?

En plus d’être résolument opposé à la réalité multiculturelle, Jeroen Pauw serait-il raciste ? N’allons pas trop vite en besogne. Constatons simplement, en tant que téléspectateur belge et flamand, que la vitrine de notre pays que propose Pauw en Witteman est d’un genre très particulier…

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(1)    Lire : http://www.loonwijzer.nl/home/salaris/vipsalarissen/tv-presentatoren

(2)    Source : http://www.mediacourant.nl/?p=49712

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Waï hèèt er na de honnen boeategeloeten ? (Qui a laissé sortir les chiens ? Who let the dogs out ?)

Heerlijk was ie toch, die voortreffelijke Felix Baumgartner, een Oostenrijker denk ik. Je moet er maar eens aan beginnen : met zo’n fijn luchtballonnetje de hemel in, satellietjes gaan groeten, en dan ineens : BAM ! Als een vliegende racket weer naar beneden, naar het aardse paradijs, tussen het fijnstof door, om weer te gaan genieten van al het moois wat de mensheid heeft te bieden, na deze sprong in de tijd…

Heerlijk was ook die Franse president die als een held doorheen Afrika is onthaald, in het bijzonder op dat stukje zwarte land waar zijn voorganger met zijn Dakar toespraak volgens velen een van zijn eerste blunders beging. Er is tenslotte maar één cultuur, die alle culturen samenvat, nietwaar ? Huidskleur, herkomst, voorkeuren, belangrijk zijn ze wel, maar minder dan het feit dat God ons allen evenveel liefde heeft geschonken. Amen !

Hoe heerlijk dan ook, heerlijker dan enkele dagen geleden te vernemen dat Rachel de la Fuente (van het Fontein, Guido !) Suriname zou gaan vertegenwoordigen tijdens de opkomende Miss World verkiezingen was het niet. Winnen gewoon, meisje ! We staan achter jou…

Fijn gesneden worteltjes, stukjes prei, wat selder, enkele aardappeltjes en daarin badend een kippenfilet om van te smullen. Heerlijk was die Gentse waterzooi vanavond !…

En over heerlijkheid gesproken, zeg, luister maar eens naar die nieuwe plaat van Barry White…

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L’homme qui a goûté l’homme qui a touché l’homme qui a reniflé l’homme qui a vu l’homme qui a entendu l’ours qui parlait de Dieu…

J’adore les gens sûrs d’eux, ceux qui, en société, ont réponse à (presque) tout, veillant à ne se poser à eux-mêmes aucune question fondamentale. Par exemple, faut-il à Frankenstein préférer le Dr. Jekyll, les comètes qui naviguent de Charybde en Scylla pour atteindre le diable vauvert disposent-elles d’un GPS, ou encore pourquoi plaire et pleuvoir partagent-ils un participe passé ? Ces gens-là sont, pour moi, l’avenir de l’humanité : ils ne tergiversent, ni ne soliloguent (si tant est qu’une telle prouesse soit demeurée à la portée du genre), ils font, font, font ! Ils voient une piste d’athlétisme, se disent : « juste fais-le », et ils courent. Guère ne les préoccupe l’aspect circulaire de celle-ci. Cela les rend-il carrés ou ronds, round or flat, se serait enquise ma prof de littérature anglaise exilée ? Subalterne distinction, sans doute. Si Jésus était urine, pissait-il aussi plus loin que tous ses apôtres et Rome réunis ? Toutes ces questions protophilosophiques, qui retentissent comme des pets de dinosaures annonciateurs, selon d’aucuns, à des millions d’années d’intervalle, de l’essence qui fait notre fierté industrielle glissent sur leur carapace comme de la semence ultra-liquide sur le velouté d’un sein. N’est-ce pas là ce qui fait leur mérite ?

Quelles conditions l’humain doit-il remplir pour devenir Humain ? Partons du principe que l’humain est une science. L’humanité en est-elle une pour autant ? Si elle n’en est pas une, est-elle une religion ? Si elle en est une, qui la façonne ? De l’humanité comme groupe humain ou comme concept, laquelle, s’il y en a une, mérite-t-elle une majuscule, et moyennant quels paramètres ? L’Humanité est-elle conditionnée par l’humanoïde ? Si tel est le cas, quelle condition serait la sienne ? Humanité et humanité sont-elles vouées à jamais à l’éternel parallélisme ?…

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Suis | Je | Encore | ? | Ai | Je | Jamais | Eté | ? | Cet | Eté | Là | Serai | Je | ?

I am Who I am rather than what

But who I’m not am I not too ?

And who am I to know I am

If that being is not with You ?

***

Waar ik heenga weet alleen ik

Maar wie is ik en waar gaat ie ?

En wie zijn zij die niet meegaan

Hun duistere blikken vol argwaan ?

***

Volupté douce, Grâce divine

M’as-tu mué en figurine ?

Une telle bassesse, ton intention ?

Raison suprême, intime bastion ?

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Bettelheim, au secours !

Cette nuit, j’ai vu Schmidt en rêve. Il était déguisé comme le clown de « ça ». Il y avait aussi Neelie, je crois, qui lui glissait à l’oreille : « Dedjuu, Niet Tracken ! »J’étais face à mon blog, celui que vous lisez en ce moment – merci pour ces instants que vous me consacrez, cela me touche plus que vous ne l’imaginez – puis il est apparu subrepticement en bas de l’écran, à droite, arborant un teeshirt bleu du « College Tour ». Au début, je pensais que c’était un gag, une nouvelle appli de Microsoft destinée à redémarrer l’ordinateur en tournant en dérision le fumeux « don’t do evil ». Bill était là, d’ailleurs. De nature peu loquace, il tenait dans les bras, comme Bob Dylan dans l’un ses clips, une série de feuilles de papier A3, qu’il retournait une à une, et sur lesquelles l’on pouvait lire : « Tell him | He’s gotta pay |More taxes | Too, this | Filthy scumbag ! » Puis, s’agrippant aux lettres de mon dernier article en date, menaçant même, à un moment, de noircir à jamais de sa petite baguette – ben oui, les clown magiciens, ça existe dans les hallucinations oniriques – l’ensemble des inserts vidéo de YouTube, il s’approcha du centre de l’écran et affirma, d’une voix d’outre-tombe : « ils flottent »… « Fais gaffe à ne pas choir, Eric », lui rétorquai-je, « ces posts sont humides, partant glissants… »

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« Papy fait de la résistance », emblème de la semaine…

Ca y est : on a gagné ! On a gagné ! Sans la moindre complaisance, la clairvoyante sagesse norvégienne vient de porter aux nues l’Union européenne, notre Union – si, si ! – en la consacrant championne mondiale de la Paix. C’est que grâce à notre petite tour de Babel, les nations européennes ont réalisé l’exploit de ne plus s’entretuer pendant au moins septante ans : saluons la performance ! Au diable, les réfractaires et les râleurs, qui prétendent que le prix est politisé et que la récompense fait avant tout fonction, cette année, de lèche amicale dans les fentes respectives de Jose Manuel et d’Herman. Après tout, qui sommes-nous pour dénier à ces derniers cette satisfaction : parfois, ça fait du bien. Surtout si l’objectif est de donner dans la foulée un coup de pouce aux programmes antisociaux dits de réforme, et puis un autre à l’entrée possible, après deux référendums négatifs, de la Norvège post-breivikienne dans ladite Union. « Human behaviour », se languirait Björk…

Les citoyens européens, eux, ils s’en foutent plus ou moins, soyez en sûrs, mais, en haut lieu, les distinctions, les récompenses et les médailles, ça compte : « we are the champions, my friend, we’ll keep on fighting till the end », chantonnait, quant à elle, une reine moustachue qui n’a jamais eu mes faveurs, avec la voix aiguë et efféminée d’une cantatrice en pleine jouissance cunnilinguale. Car, personne ne l’ignore, « it ain’t over till the fat lady sings. »

Ce proverbe, Joe Biden, ce vieux de la vieille qui en a vu de toutes les couleurs au cours de sa longue carrière sénatoriale, le connaît bien. Il débattait hier avec le quasi-bleu que le gouverneur à la voix grave quasi satanique s’est choisi comme compagnon de chambrée, qui ne manque jamais une occasion, ces dernières semaines, de faire, dans sa salle de fitness (privée ?) le grand écart entre les positions qui furent les siennes au temps où, béat d’admiration devant les écrits de Hayek et Friedman, il flirtait avec la Rand Corporation, et celles, forcément consensuelles et rassembleuses, qu’il prône aujourd’hui lors de ses grands oraux. Quelle raclée il lui a mis, le tonton flingueur, à ce snotneus du Wisconsin qui avait bien appris son texte par cœur et s’efforçait, à tout moment, de garder sur le visage le sourire niais de l’étudiant diplômé qui croit tout savoir de la vie et propose à sa propre génération de se sacrifier pour le bien des hedge funds boursicoteurs. Car, on a beau ne pas souscrire à toutes les décisions du grand Black (les articles qui suivent le prouvent à suffisance), on n’en dispose pas moins du discernement suffisant pour séparer le grain rendu menu par une sécheresse prolongée de l’ivraie militariste : entre le mauvais et le pire, point d’hésitation !

En ce qui me concerne, grand naïf que je suis, c’est le mot de conclusion (ou closing statement) que j’ai trouvé le plus convaincant : après avoir plus ou moins mis K.O son adversaire par des diatribes offensives argumentées pleines de panache et pas piquées des hannetons, le vieux a, fort à propos, repris le ton de la maturité pour confier posément, sans artifice ni marketing, que « la seule chose qu’espère [tout citoyen américain], ce sont des chances égales […] ainsi qu’un peu de sérénité. […] Voilà tout le sens de [l’engagement public]. »

Après avoir échangé l’égalité contre l’égalité des chances, nombreux sont, en effet, les agents du côté obscur de la force qui sont déterminés, à présent, à ensevelir cette dernière sous le chaos social de l’inégalité patente. Peut-être faudrait-il, à cet égard, prendre le temps de demander à « Margriet » De Wever, qui présente avec le gouverneur du Massachussetts autant de similitudes que n’en présente avec son colistier l’héritier dynastique De Croo, s’il souscrit à l’affirmation selon laquelle ceux qui sont trop pauvres pour pouvoir payer quelqu’impôt (47 % de la population états-unienne) ne valent pas la peine d’être représentés (1), et si son objectif est de faire de la rue le nouveau ghetto barbare de tous ceux auxquels la chance n’a pas souri (2), cependant que ne cessent de s’engraisser à leur détriment, comme dans un remake décadent à grande échelle d’un film bien connu de Ferreri, ceux qui ont déjà bien trop (3).

Aux pontes de l’Union et de la droite nouvelle européennes aussi, ces questions pourraient être adressées !…

« Il y a des couleurs dans la rue
Rouge, blanc et bleu
Des gens qui traînent le pied
D’autres qui dorment dans leurs godasses

Mais il y a un avertissement
En bordure de rue, plus loin
Une multitude affirmant
A cela, la mort est préférable
Je n’ai pas l’impression d’être Satan
Mais pour eux, je le suis
J’essaie donc d’oublier
Autant que je le peux.

[…]

Je vois une femme dans la nuit
Avec un gosse dans ses bras
Sous une lumière blafarde
Près d’une poubelle publique
Voilà qu’elle pose l’enfant
Et qu’elle s’apprête à se shooter
Elle hait sa vie
Et ce qu’elle en a fait
Et un enfant de plus, un
Qui n’ira jamais à l’école
Ne tombera jamais amoureux
Et ne sera jamais cool.

[…]

Nous avons des milliers de possibilités
Pour les sans-abri
Mais nous préférons de beaucoup
Astiquer nos beaux fusils
On a des grands magasins
Et du papier cul
Des déos adaptés
A la couche d’ozone


Puis se lève un homme du peuple
Qui dit : maintenons l’espoir
Il y a du carburant à brûler,
des chemins à parcourir…

[…] »

____________

(1)    Source : http://www.cbsnews.com/8301-503544_162-57515033-503544/fact-checking-romneys-47-percent-comment/

(2)    Lire : http://www.pbs.org/newshour/extra/features/economics/july-dec10/Foreclosure_10-22.html

(3)    Source : http://www.nytimes.com/2012/03/26/opinion/the-rich-get-even-richer.html

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