Dexia, mise au point : le gentil, le faux-cul et la mégère

Vous connaissez Stellar Lyon (ou peut-être ne le connaissez-vous pas encore)… Il n’a jamais mâché ses mots. Le 7 avril 2011, soit quelques mois à peine avant que n’éclate la bulle Dexia, il publiait sur son blog l’article suivant, d’utilité publique :

http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2011/04/07/au-poteau-les-putes-des-ploutocrates/

Un peu plus d’un an plus tard, après avoir pris plus clairement conscience du gigantesque jeu de dupes intercontinental théâtralisé par les marchés financiers et leurs petites mains attitrées (agences de notation américaines et autres), il surenchérissait…

http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2012/05/16/pourquoi-la-crise-financiere-est-la-resultante-dune-offensive-concertee-de-fonds-speculatifs-pourquoi-la-commission-et-le-conseil-europeens-sont-un-groupe-de-vendus-la-guerre-fr/

Il semblerait, à écouter les déclarations matamoresques de responsables politiques de plusieurs clans différents, hier, lors de l’émission de la RTBF Mise au Point, qu’il me faille à présent prendre son relais, tant l’énormité de celles-ci, à mettre malheureusement en parallèle avec l’incompétence manifeste des administrateurs politiques de la banque aux dizaines de milliards de pertes assumées par le Trésor public, dépasse les bornes.

Parmi ces anciens administrateurs (1), au temps où Dexia donnait encore l’impression d’être une banque ordinaire, et non la banque à déchets qu’elle est devenue depuis qu’elle a été contrainte de désunir son destin de celui de Belfius, figurait bien sûr en bonne place le gros qui n’a jamais su se retirer à temps, ni de sa fonction de premier ministre, en plein tumulte des affaires de pédocriminalité, ni de son mandat de président du conseil d’administration de la banque dont question, accepté par charité d’âme, s’est-il empressé de claironner dans tous les médias après la débâcle, ni de son siège de parlementaire européen conservateur, qu’il cumulait, malgré les conflits d’intérêts avérés qu’une telle situation suscite immanquablement, avec la précédente fonction et dont il entame à présent la dernière ligne droite. Dehaene a été un peu, en effet, avec ses innombrables mandats d’administrateur dans plusieurs grandes sociétés, inspirés sans doute par ses racines syndicales chrétiennes, à la politique belge ce que fut Gargantua au Paris de Rabelais : un monstre qui dévore tout ce qu’il trouve sur son passage, le problème étant que lorsqu’il vomit, ce sont tous les lilliputiens qui se prennent sa bile à la face…

A ses côtés, l’on pouvait trouver le bourgmestre libéral de Waterloo Kubla, qui est, quant à lui, aux dires de certains, au Brabant wallon ce qu’était DSK au FMI, son coreligionnaire flamand Vermeiren et, un bref moment – je vous le donne en mille (ou presque) – not’ cher Elie, qui gesticulait encore fièrement à la tribune de la Chambre, cette semaine, pour expliquer à quel point il est bon de mobiliser régulièrement les impôts des contribuables belges pour pomper, pomper encore, toujours pomper de l’argent frais dans la banque moribonde, faute de quoi, à l’en croire, c’est un déficit supplémentaire de pas moins de 44 milliards d’euros qui se trouverait illico inscrit au budget de l’Etat, ce dernier s’étant porté solidaire de ladite banque.

L’on pourra écrire tout ce que l’on veut, mais, à la vérité, plus aucun mot ne peut rendre compte de la décadence de la politique belge, de la fuite en arrière de ceux qui sont supposés veiller à notre bien commun, de l’impunité dans laquelle ils se drapent, à tel point qu’affirmer que leur gabegie, leur imprévoyance, leurs décisions stratégiques calamiteuses (par exemple couvrir le recours massif à des produits dérivés et / ou complexes, ceux-là même qui ont été à l’origine de la faillite de Lehmann Brothers, qui a eu les répercussions que l’on sait, vendus notamment aux communes belges) leur auraient valu, s’ils avaient été salariés moyens du privé, un renvoi pour faute grave à la Kerviel relèverait de la lapalissade caractérisée, de vérités énoncées tant de fois déjà qu’elles finissent par lasser.

Cette lassitude est mauvaise conseillère, pourtant, car les milliards et les milliards injectés dans ce puits sans fond qu’est Dexia ne pourront pas être consacrés à d’autres objectifs, éliminer la pauvreté, faire en sorte que plus personne ne soit contraint de dormir en rue par exemples, tant d’urgences qui semblent passer par-dessus la tête d’éminences dites socialistes complètement dépassées, qui, au nom d’une modernité univoque, renoncent à tout ce qui constitue leur corpus doctrinaire et ne sont même plus en mesure de recourir au peuple, qu’ils ont abreuvé, des décennies durant, de leur rhétorique technocrate, et maintenu idéologiquement dans l’infantilisation politique, pour espérer un sursaut. Aucun nouveau chantier mobilisateur à l’horizon pour eux. Leur seul outil est un bidon de ruse et de plâtre, qu’ils emploient à tire-larigot pour masquer tant que faire se pourra encore les crevasses béantes de l’ancien palace nommé Belgique, le hic étant que le bidon est presque vide. Pathétique socialisme à la belge qui n’est même pas en mesure d’obtenir une taxation bien plus élevée des stinking rich, qu’un libéral américain, dans le sillage d’un social-démocrate français qui devrait envoyer balader plus souvent la taupe de DSK dans son gouvernement, vient pourtant de s’engager à appliquer…

Stratégiquement, c’est un socialo bruxellois spécialisé dans les questions d’exclusion sociale qui a pu tenter, sur la RTBF, d’ôter les marrons du feu. Le comble est que, pour qui ne suit pas assidûment l’actualité économique, le Mayeur pouvait apparaître convaincant. Regrettable état de choses que cette gauche nouveau jus pour laquelle l’inculture économique des couches populaires dont elle devrait être la plus proche est perçue comme une alliée !

A côté du sans-culotte, une libérale d’une rare arrogance (ce qui n’est pas peu écrire), une certaine Marghem, qui a présidé la commission parlementaire fantoche chargée de se pencher sur les raisons qui ont amené à la catastrophe, et a eu la morgue de déclarer « […] qu’on devrait dire les choses aux citoyens, qui ne sont pas stupides, et agir […] en toute transparence à leur égard […]. »

Face à eux, enfin, un Ecolo poupon auquel l’on avait envie de faire des câlins, qui critiquait sans trop critiquer, pour la forme, histoire d’éviter qu’une critique trop radicale n’enflamme des esprits qu’il s’agit à tous moments de contenir le plus maladroitement possible, et ne donne lieu au remplacement, par une droite dure composée de nationalistes capital-corporatistes, d’un gouvernement qui serait, une fois de plus, démissionnaire.

Et le radsoc de bondir sur sa chaise et de fanfaronner : « moi, je suis d’accord avec ce qu’a dit le premier ministre à la Chambre, hein, [à savoir que] l’affaire Dexia, l’affaire Fortis, c’est déplorable. » Voilà le mot, en effet !

Ceux parmi vous, chers amis lecteurs, qui ne mesureraient pas encore l’absurde d’une telle situation sont invités à reprendre depuis le début la lecture du présent article. Vous ferez ainsi votre révolution !

______________

Lire : http://trends.levif.be/economie/actualite/banque-et-finance/dexia-ou-etaient-les-politiques/article-4000089884492.htm

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