Archives mensuelles : janvier 2013

Anodyssée du carpe

Ils se bidonnent, je les observe, mais ils ne me voient pas

Ils pensent me voir, je les laisse croire, et honni soit

Ils sont quinquas, trentas ou teens, mais ils pourraient avoir dix ans

Sur eux vieillesse n’a pas de prise, fuite et déni sont leurs serments

Et ils s’esclaffent, et ils se tordent, et ils badinent avec demain

Les vétérans, Dieu les emporte, ils chantent un antique refrain

Dont ils ont peanuts à apprendre, qui importune leur nature morte

De suractifs à jamais jeunes et autres inepties de la sorte

Le sphinx et ses leçons désuètes, ses belles métaphores d’antan

Ne leur inspirent aucune défaite, c’était jadis et plus maintenant

Les quatre pattes, la stature droite, les frêles piliers du couchant

Leur odyssée est de bambou, et leur bambou est permanent

La vieille qui peine à avancer, se recroqueville dans ses souvenirs

N’est ni leur mère, ni leur fille, rien n’empêche donc de la salir

Tous ces naufrages, ces vieilles images, ce sort obtus n’est pas le leur

Ils sont d’une espèce distincte, dénuée de futur et de cœur

Qui désavoue toute faiblesse, ce nu vestige des vrai-semblants

Qui leur renvoie une détresse dont ils ne veulent penser le temps

Ils sont hilares, je les observe, mais c’est d’effroi qu’ils gloussent

Lorsque dans leur esprit, le soir, s’avive la secousse.

Frédéric Piquet, Portrait de vieille femme (dessin à l'encre de Chine)

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La Conscience est la condition de la science.

L’on a souvent reproché à Céline le désabusé d’avoir, dans une lettre, tourné en dérision la mécanique de guerre prétendument manichéenne  en raillant les bombardements alliés dans la nuit noire parisienne de 1944, qu’il comparait à un feu d’artifice.

Qu’est-ce que la Conscience ? Je la définirais comme l’éveil à la prise en compte du milieu dans lequel on évolue, qui nous impose de penser et de poser nos actes en tenant compte de leur impact sur celui-ci. Elle est donc fenêtre sur la réalité objective telle que nous la percevons et support moral. A la fois individuelle et collective, elle est, en outre, ce qui distingue et ce qui unit. Elle est la source de l’expérience humaine qui nous rend tous, quelles que soient nos convictions, nos souches, nos états et nos préférences, fondamentalement indissociables. C’est elle et elle seule qui nous permet de percevoir notre destinée commune, dans quelque recoin du globe que l’on se trouve. En ce sens, elle est ce qui unit. Mais elle est aussi ce qui permet de se distinguer des autres si l’on désapprouve une décision ou une évolution sociale donnée. Une telle dualité de signification n’est antinomique que pour qui confond Conscience et autorité, ou encore Conscience et instinct : elle n’est ni l’une ni l’autre, et même lorsqu’elle amène un individu ou un groupe à se distinguer, elle n’est l’objet d’aucun paradoxe puisque consciences individuelles et collective sont intimement liées. Refuser d’assimiler la Conscience à l’instinct et à l’autorité a pour effet de la libérer du principe de violence ainsi que de toute velléité de récupération, sans en faire l’adversaire du désaccord, même fondamental, ni du refus, même catégorique. Dès lors, le lien manifeste entre conscience collective et consciences individuelles implique de facto la plus large palette de possibles qui ne soient directement nuisibles ni à quelqu’individu en particulier, ni à la communauté globale, laquelle suppose à son tour le principe d’égalité pure, qui exclut toute appropriation de la conscience collective et dont la résultante est la liberté, vraie, non frelatée, insoumise.

En ce sens, la Conscience est l’ennemie héréditaire de la raison élitaire et de toute forme de hiérarchie. Jamais quelque forme de hiérarchie et jamais la raison élitaire n’en viendront à bout, et c’est précisément dans cet espoir que jaillit la flamme du salut de l’Humanité. En découle logiquement que la production de monnaie et le principe vicieux selon lequel l’échange humain serait soumis à celle-ci relèvent d’une architecture sociale d’une incroyable faiblesse, dont une Conscience régénérée aurait raison en un instant.

Quels sont les obstacles à une telle régénération ? Les propagandes de tous ordres. Dans des articles antérieurs ont été évoquées les corporations, l’incurie politique, les médias centralisés et les agences de communication, mais il faut également, pour que la liste soit complète, mentionner le psychologisme, cette religion d’un genre nouveau dont l’influence est toujours inversement proportionnelle à celle des religions traditionnelles. Si notre époque est caractérisée, comme le clament d’aucuns, par la fin des idéologies, doux euphémisme pour évoquer la victoire temporaire de l’idéologie capitaliste corporatiste mutante (qui s’approprie tant la social-démocratie que le libéralisme écologique et le fascisme, ce qui la rend totalitaire), alors le psychologisme est son alliée objective.

Comme les religions traditionnelles, le psychologisme définit un ordre social dont le but est de contrôler les moins nantis, et eux seuls, au profit – qu’il l’admette ou non – de la classe économique dirigeante, dont il a détourné l’égoïsme et le narcissisme conquérants quasi intrinsèques pour en faire des outils d’introspection des conquis. Comme en d’autres domaines, les fausses étoiles du spectacle se chargent, parfois de bonne foi, de convaincre ces derniers de la justesse de l’exercice. Par ce narcissisme exacerbé, le conquis est dès lors invité à négliger la conscience collective pour s’intéresser uniquement aux aspects les plus égoïstes de sa conscience atrophiée. Dans le prolongement de ce qui précède, il se voit assigner une place dans la société dont il se convainc qu’elle a toujours été la sienne, qu’il était destiné à l’occuper. S’il accepte ce destin, lui est promis une forme d’allégresse, d’ataraxie même. S’il peine à s’y conformer ou le refuse, le psychologisme le déclare névrosé, psychotique ou pire.

Ainsi, alors même que l’implacable moissonneuse-batteuse industrielle des détenteurs du grand capital, qui s’arrogent eux-mêmes leur rôle social (hérité) de dominant, bat la mesure à travers le globe de manière uniforme, malgré des dissensions de façade, le psychologisme, qui ne peut raisonnablement espérer contrôler ceux-ci, se rabat, à l’image des religions traditionnelles, sur le public sur lequel il peut, au contraire, exercer son ascendant fictif, qu’il abreuve de fausses vérités et de schémas préfabriqués qui ont pour conséquences son détachement de la conscience collective et son impossibilité de concevoir et de mettre sur pied des mouvements et des actions fédératrices susceptibles de constituer une alternative à la moissonneuse-batteuse, à défaut de la contrer comme un étudiant chinois avait contraint un char à l’arrêt sur la place Tian’anmen, en 1989.

Alors même que de formidables outils d’échange tels qu’Internet sont mis à leur disposition, les conquis occidentaux qui n’ont jamais connu de bombardements se fichent pour la plupart de ceux qui, en d’autres endroits du globe, ont à en subir, s’adonnent au shopping de convenance pendant qu’une majorité d’humains crèvent la faim, parfois devant leur porte, et se muent, en fin de semaine, en party animals ou en organisateurs de chics dîners entre amis pendant que se commet l’un ou l’autre ethnocide ou que se prépare une guerre à laquelle leur pays pourrait prendre part. Voilà, qu’on le veuille ou non, une superposition de situations simultanées qui, lorsqu’elle ne fait pas froid dans le dos, dégage, à l’ère de la mondialisation, un cynisme au moins aussi pervers que celui exprimé par Céline en début d’article.

Si les battements d’aile d’un papillon dans une forêt équatoriale sont en mesure de faire sortir une rivière occidentale de son lit, n’importe-t-il pas – même, a minima, par intérêt – de s’intéresser audit papillon ? N’est-ce pas ce que commande implicitement la Raison ? Et, dans l’affirmative, cette dernière ne s’inscrit-elle pas dans la Conscience ?

Si aucun événement tragique qui frappe un ou plusieurs de mes frères humains où que ce soit sur la planète, a fortiori s’il résulte d’une décision présentée comme rationnelle, ne peut me laisser indifférent, si l’indifférence et les indifférents me révulsent d’autant plus qu’ils sont odieux et bruyants, si la somme des événements dont je suis le contemporain et le spectateur malgré moi ainsi que la somme des événements passés dont ma mémoire est tributaire suscitent en moi une profonde humilité, si l’ordre écocratique propagandiste et psychologiste me donnent l’impression, confortée par nombre d’exemples concrets, qu’il n’y a rien à y faire et que, quoi que l’on entreprenne, la moissonneuse-batteuse – demandez-leur ce qu’ils en pensent, à ceux de Port-au-Prince – aura toujours raison en bout de course, et si, enfin, résulte de ce qui précède ce que les prêtres de la religion de substitution ci-dessus évoquée apparenteraient sans doute à une forme de dysboulie, cette dernière serait-elle révélatrice de tendances psychotiques ou d’une profonde humanité ?

En Occident en particulier, le système humain dit rationnel, que la Conscience supplante de tant de manières, ne nous présente qu’une seule voie pour atteindre son interprétation du bonheur : se fondre dans le moule en s’oubliant, en oubliant ce qui se passe autour de soi, en faisant comme si la force destructrice de la moissonneuse-batteuse n’existait pas, donc en la renforçant, et en reproduisant par là même à l’infini le schéma de domination qui rend précisément le bonheur impossible. Et pourtant… Les grèves solidaires, l’opposition résolue à  toute hiérarchie, la violence rationnelle contre les dominants s’ils refusent d’abdiquer leur domination, sont autant de possibilités que nous offre la Conscience pour venir à bout de ce système. De la mondialisation matérialiste imposée par la moissonneuse-batteuse, seule la Conscience aura raison…

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Le solstice d’été 2013 sera-t-il comme les autres ?

Les hommages à la puissance occupante invisible battent de nouveau leur plein sur nos chaînes de télévision enchaînées. Jamais, en effet, il n’est manqué une occasion de tresser les louanges de la puissance étrangère la plus agressive, la plus belliqueuse et la plus impérialiste sur Terre, devant laquelle notre chère Europe n’a de cesse de se prosterner. Quel bel exemple à suivre, en effet ! Et quelle admirable secrétaire d’Etat ferrugineuse s’en est allée…

Son successeur recevra-t-il des corporations l’autorisation de faire dans la dentelle ? La démocratie la plus pétaradante au monde parviendra-t-elle à tourner définitivement le dos à l’inepte politique extérieure multi-décennale dont elle aura bien un jour à affronter en bloc le bilan ? Le locataire de l’ovale bureau recevra-t-il enfin par contumace les gallons qui justifieront a posteriori le prix Nobel qu’il avait reçu en guise d’encouragement liminaire, en 2009 ?

Tandis qu’à quelques encablures du front syrien semblent se préparer les grandes manœuvres transatlantiques, que le « Fire In Cairo » des Cure n’a jamais été aussi prégnant, et que continue, malgré l’apparition-éclair d’un parti centriste dont le futur proche devra déterminer s’il est aussi socio-providentiel qu’il n’a été présenté ici ou là, de se poser avec acuité la question de la nature de la prochaine coalition gouvernementale israélienne, c’est le prochain solstice d’été qui fera l’objet de toutes les attentions. Une semaine à peine avant le 21 juin, en effet, les électeurs iraniens seront appelés à élire leur nouveau président…

Comme l’a souligné Julian Assange, dont l’hologramme s’exprimait il y a quelques jours devant un parterre estudiantin réuni par l’Oxford Union Society, l’on aurait tort de croire que les prétentions occidentales à l’égard de la Perse se sont définitivement estompées, malgré ce que pourrait laisser penser le discours d’investiture prononcé en vis-à-vis du monumental obélisque qui trône, tel une verge élancée, éclatante, fière et défiante, de l’autre côté de la mare capitole. Le prisonnier londonien en voulait pour preuve (à ce stade difficilement vérifiable) la nouvelle fiction consacrée à Wikileaks, selon ses dires rocambolesque, avec laquelle Hollywood s’apprête à bombarder les esprits du monde libre, un honneur empoisonné dont il se serait passé volontiers.

La sortie de ce film, dont le scénario serait truffé d’erreurs factuelles de nature à susciter, en nos valeureuses écocraties, une nouvelle peur de l’Orient ciblée sur des Ayatollahs dont Mossadegh, énième victime (élue) de l’odyssée démocratique mondiale des forces du Bien, dirait sans doute aujourd’hui qu’ils ne sont que des conséquences indirectes de l’ingérence de l’Empire, est annoncée pour novembre de cette année. Le confinement imposé à Assange l’a-t-il rendu parano ? Si c’est le cas, nous nous emploierons à démontrer, à travers les lignes qui suivent, que nous pouvons l’être plus encore…

(1)

Il est indéniable que du discours d’investiture ci-dessus mentionné a émané l’impression d’une volonté d’apaisement international. Celle-ci n’aura trompé personne, toutefois : les Etats-Unis sont à genoux, et une nouvelle expédition militaire aurait pour corollaire leur fin en tant qu’empire. Fidèles à la stratégie qu’ils ont suivie depuis quatre ans, ils emploieront donc tous les moyens minimalistes (covert, dit-on là-bas) traditionnellement à leur disposition pour déstabiliser le régime conservateur en place à Téhéran : affaiblissement de la monnaie nationale afin de susciter des troubles sociaux, financement massif de l’opposition dans le but de faire émerger une propagande pro-réformiste digne de ce nom, assassinats ciblés avec la complicité des services secrets israéliens si besoin, etc.

Mais c’est le peuple iranien qui aura le dernier mot : s’il vote réformiste, ce sera un bon peuple, mais s’il reste fidèle aux conservateurs, ce peuple sera mauvais, et il faudra envisager de le punir. Or, cette thématique sera, à n’en douter aucunement, au centre des caucus informels entre les marchands d’armes, les pontes de l’économie et de la Réserve fédérale et leurs infiltrés respectifs au sein de l’administration américaine, qui se dérouleront, comme chaque année à pareille époque, dans la pas si vierge forêt californienne qui sert de temple néo-druidique aux membres du Bohemian Grove.

Felix Gonzalez-Torres, Sans Titre (USA Today)

Est-il plausible qu’une « soudaine disruption » – pour reprendre les paroles de Bob Marley dans « Rat Race » –   vienne une fois encore secouer les esprits d’une plèbe états-unienne désormais largement acquise à un recentrage socio-économique intérieur ? « Never say never again », dirait Sean. Mais, en tout état de cause, elle ne pourrait prendre, à si court intervalle, la forme extrême et exubérante qu’elle a prise en 2001 : ça ferait mauvais genre. Un assassinat politique, alors ? Ca aussi, on a déjà eu ! Les options commencent donc à s’étioler, sauf à recourir à un événement extraterritorial qui frapperait un allié de l’OTAN… Toutes ces possibilités requerraient toutefois une recrudescence d’agressivité et de provocation verbales de la part de Téhéran, tentation délétère dont un Chavez ressuscité pourrait dissuader la capitale…

Le durcissement des alliés religieux nord-américains des factions bellicistes israéliennes, la peur abstraite et la communication politique (comprenez : les stupides films d’action à gros budget) pourront-elles à elles seules inverser une courbe populaire qui tend manifestement vers un certain isolationnisme ? Le business militaro-industriel peut-il se passer de cette nouvelle aubaine ? Quels intérêts pourrait servir le plongeon définitif du dollar qui serait la conséquence d’une nouvelle guerre ? Les médias occidentaux centralisés feront-ils, comme d’habitude, office de caniches propagandistes ? Voulons-nous la guerre, nous autres, Européens ? Une guerre n’aurait-elle pour effet certain d’attiser, à court ou moyen terme, la volonté iranienne de disposer d’une arme atomique, c’est-à-dire d’accélérer ce qu’elle est supposée prévenir ? Et quelles formes une telle guerre pourrait-elle prendre, compte tenu du désastre irakien adjacent ? Où sont les preuves (non fabriquées) du programme nucléaire militaire de l’Iran ? Qu’est-ce qui indique que ce pays, même s’il venait à disposer d’un stock infime d’armes de destruction massive en comparaison à d’autres, dans le coin et ailleurs, serait décidé à utiliser celui-ci ? Quelles seraient les conséquences d’une telle réalité, si elle était avérée, sur la colonisation sans fin de la Palestine, et sur l’apparition d’un nouvel équilibre de la terreur en vertu duquel l’allié arabe démocratique privilégié de l’Occident dans la région, l’Arabie saoudite, se sentirait dans l’obligation de s’armer de quelques ogives finales à son tour ? Et où une telle spirale s’arrêterait-elle ?

« Said don’t worry ‘bout a thing, ‘cuz every little thing… »

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(1)    Les deux autres parties du triptyque documentaire indépendant « The Power Principle » (« Le Principe de Pouvoir ») sont disponibles ici (avec sous-titres français)…

« Propagande » (2e partie) : http://www.youtube.com/watch?v=E5e7dPgdp2A

« Apocalypse » (3e partie) : http://www.youtube.com/watch?v=cCB3iP7tEcc

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Partout des colons !

D’équations rédhibitoires, il ne serait nullement question, à en croire les rhéteurs. Mais comment, dès lors, faire rimer entropie et système ? D’hominidé à humanoïde, y a-t-il une marche ? s’inquiète le troglodyte. Le Cro-Magnon est là, en tout cas. Conquistador aux traits feutrés désormais, quant à son élite, il impose sa sharia faite d’une formule simple : ça vaut combien ? Telle est l’acmé de notre civilisation : toute ressource égale valeur, et toute valeur est matérielle. Et puisque l’esprit n’a de sens que pour la matière, pourquoi échapperait-il à la mise en abîme ? Cette préhistoire dont nous sommes héritiers éclaire peut-être d’un jour ancien les réguliers autodafés massifs qui apaisent nos consciences et nos liasses de billets et permettent à la science d’exercer le tordu issu de pyramidales encyclopédies de règles, de mots d’ordres, de devoirs dont des chapitres entiers sont devenus dérisoires mais sur lesquels continuent de s’empiler tout le doctrinaire savoir généré spécieusement par le désir de gloire et cette absconse volonté de mettre sous tutelle une prétendue barbarie universelle qui ne cessera pourtant de le contourner. Laisser faire, alors, laisser passer ? Ce désordre-là est ordre, juste moins perceptible. L’autorité, même diffuse, a toujours pour ennemie la conscience, sans laquelle point de science véritable. Parce qu’elle ne se commande ni ne se vend, elle est l’adversaire des deux camps qui seule permet leur synthèse et leur dépassement, favorise la transhumance des idées, des cadres, des allégeances, non pour forger mais distiller ce dont sera fait demain. Liberté est conscience, conscience est liberté. Semez-là à tous vents comme la vérité universelle dont personne n’aura jamais raison bien longtemps. Parce que, comme notre pierre génitrice, elle s’appartient ; elle est, transcendant clans, crédos et lois, par-delà mal et bien, le tutoriel adamantin de l’humaine condition. Réprimez-là, tentez de la sculpter, faites-en la dénégation, et vous aurez… partout des colons !

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Commu-niquation générale…

Havas

Critique est le temps où la critique du temps présent requiert une longue-vue futuriste pour déjouer les filtres omniprésents tissés par le vacuum communicant. La mise en perspective s’est faite mise de casino pour les agences innombrables déléguées au buzz fugitif, qui font et défont les destinées des acteurs de la lucarne, étouffent les scandales avec toujours plus de superbe, ceux d’entreprises véreuses ou de corrompus masqués. Toujours plus haut, plus loin, plus fort, parfois plus discrètement aussi, elles façonnent l’actualité de consommateurs autrefois citoyens, accros en masse à l’abîme légal des antidépresseurs. En un agile mouvement de deux en un, les mercenaires du paraître empaquètent conscience et raison pour un forfait très raisonnable. Ah ça, tu veux du rêve, pigeon ? Boucler la boucle du tout-spectacle, abjurer le réel, le congédier au firmament : entre Zadig et l’autre Voltaire, forger le moule du consentant ! En berne le bel esprit, et hissé haut l’étendard de l’abrutissement confectionné par leur mépris. Professionnelle propagande pour démocratie en sursis, et même – qui le saura ? – pour des régimes moins nobles. Seul le pognon, et puis basta : que le compte y soit, c’est l’important. Le juste, le vrai, les étiquettes ? Pas des outils de marketants !

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Ford Genk, Arcelor Seraing : l’obséquieuse couardise des pêcheurs de voix !

C’est un toffe gast, Gaston, un chic type, un vieux de la vieille bilingue dans ce pays où des Belgicains tout engoncés dans une nostalgie de classe peinent à baragouiner quelques mots de flamoutch. Il est même le prototype de la grande plaisanterie belge : Flamand d’origine, il a émigré, jeune adulte, vers la région liégeoise avec la certitude d’y trouver l’emploi que la Flandre ne pouvait alors lui proposer. C’est avec amertume qu’au micro de la VRT, il s’épanche aujourd’hui sur le cas ArcelorMittal Seraing.

Voilà, en effet, une entreprise qui, comme tant d’autres en Belgique et à travers l’Europe, a bénéficié, au fil des décennies, de tant de subsides publics inconditionnels qu’annoncer aujourd’hui, comme à Florange hier, la fermeture d’une part importante de son infrastructure (les hauts-fourneaux) et le renvoi de quelque 1300 ouvriers qui y suaient à la tâche ne fait que souligner une fois de plus l’indécence des grands rentiers dits patrons de multinationale, qui n’hésitent pas, au nom d’un profit toujours plus grand, d’une croissance sans limite, à mettre en compétition des ouvriers dont les législations sociales et environnementales ainsi que les niveaux de vie sont diamétralement opposés. Vive le capitalisme corporatiste !

Quitte à répéter ici ce que j’ai déjà écrit en long et en large dans d’autres articles, je ne crois pas en la valeur travail si le travail concerné n’a pas pour but de répondre à un besoin social précis et s’il ne répond qu’à la nécessité de survie dans la jungle contemporaine. Le seul travail qui trouve grâce à mes yeux est celui qui, tout en satisfaisant à ce premier objectif, permet l’épanouissement de l’individu et son émancipation de toutes les contraintes, corporatistes et étatiques, qui pèsent sur lui, de sorte qu’il puisse vivre la tête haute. Tout autre type de travail est irrémédiablement appelé, à plus ou moins long terme, à disparaître : un adulte mature n’a pas besoin d’occupation imposée, encore moins de servitude !

Ainsi, il est inévitable que la robotisation des outils se poursuive et s’accélère, rendant caduque autant d’emplois actuels ; il convient même, eu égard à certaines conditions de travail indignes ou épuisantes, de s’en réjouir et de considérer cette évolution comme un progrès. Par ailleurs, comme la nature des besoins sociaux évolue sans cesse, certains types de produits et de services devront inéluctablement être remplacés par d’autres. Se pose donc ici, avant toute autre, la question de la pertinence de l’activité à chaud d’Arcelor Seraing.

Cette question est généralement envisagée en deux temps trois mouvements par ceux qui sont supposés veiller au bien commun. Comme la paysannerie naguère, les hauts-fourneaux seraient un vestige d’une société révolue. Il suffit pourtant d’y réfléchir à deux fois pour conclure qu’un tel présupposé est non seulement aberrant, il est aussi, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le signe de la politique de court terme qui caractérise depuis au moins vingt ans les pays occidentaux. Certes, les besoins en métal sont beaucoup plus importants dans les pays à forte croissance de développement (une notion qui me semble bien plus pertinente que la mythique croissance pure), mais il n’en demeure pas moins que, pour tous les besoins qu’il nous reste à satisfaire en la matière (équipement, construction, automobile), il nous faudra donc faire appel, à l’avenir, à des entreprises situées hors d’Europe ou à sa lisière, ce qui est en soi annonciateur, à l’aube de la véritable crise énergétique, de tensions et de dépendances nouvelles, et n’est donc ni pertinent, ni rationnel à moyen terme.

Ce constat est encore plus avéré en ce qui concerne la paysannerie, dont les produits n’ont pas à faire face à une baisse de la demande, par nature stable et dépendante d’une démographie qui l’est, elle aussi. L’imbroglio de nos sociétés actuelles naît de cette volonté sempiternelle de faire croire que l’on pourra parquer nonante pourcents de la population active dans des bureaux, à s’occuper de tâches administratives que les ordinateurs de demain pourront eux aussi exécuter beaucoup plus rapidement, et de faire de l’industrie des services un pseudo-fleuron dont nous seuls aurions la maîtrise.

A la question du journaliste quant aux prérogatives et au champ d’action des politiciens face aux fermetures d’usines répétées, Gaston était bouche bée : « que voulez-vous qu’ils fassent ? », marmonnait-il. Oh, il est bien dû s’en trouver l’un ou l’autre pour aller frétiller du cul à Davos, auprès de la crème flambeuse du Pouvoir réel, le marquis de Mittal en tête, porteur du vain espoir d’obtenir quelque susuc’, un délai d’un an et demi par exemple, histoire de ne pas se ramasser ces prolos sur le dos au moment où l’on à d’autres choses à faire…

Davos

Arcelor

Ford Genk

N’est-ce pas là, en effet, la responsabilité première de la gôche social-démocrate, a fortiori si l’on est soi-même – souvenir ô combien pénible et refoulé – descendant de prolo ? Aaah, où est-il donc le temps, le temps perdu, des forums sociaux alternatifs où les plus hardis s’enivraient en pensant au Grand Soir ?

Soyons de bonne composition : seul un rabat-joie pourrait reprocher à nos chères élites politicardes de scander l’antienne du changement au son du tambour qui rythmait jadis les mouvements des galériens tout en étant toujours elles-mêmes dangereusement à la traîne des changements qu’elles devraient préparer ! Peut-on honnêtement leur reprocher  d’avoir pris goût au lustre et à la goinfraille que leur procure leur statut d’assistés du grand capital ? Cela ne nous viendrait pas à l’esprit ! Imaginerions-nous vraiment que les Etats, comme d’aucuns l’ont susurré il y a peu avant de se faire rabrouer par le Pouvoir, lequel leur a rappelé que ce genre de choses-là ne se discutait point, que des Etats exsangues, soient en mesure, à défaut d’en avoir l’ambition, de reprendre à leur compte toutes les entreprises que le Pouvoir délaisse pour des profits immédiats autrement plus alléchants ? Soyons sérieux.

Malgré cela, qu’est-il de si saugrenu à imaginer de nouvelles coopératives d’ouvriers ou d’employés et un nouvel anarcho-syndicalisme qui réinventeraient, sur les sites abandonnés avant qu’ils ne se désaffectent, la vraie direction à donner au travail ? Qu’est-il de si déplacé à concevoir des travailleurs maîtres de leur destin, la tête haute dans l’autogestion ? Qu’est-ce qui empêche une réelle reconfiguration de l’activité humaine ? Deux choses, et deux choses seulement : le pouvoir et le Pouvoir !

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Cette Union européenne est condamnée !

Elle l’est. Mais l’est-elle parce qu’elle mène une politique dictée par les plus riches, ces rentiers invisibles qui se cachent derrière l’omnipotence des banques et des lobbies pour imposer leur loi à tous ? Du fait d’une corruption massive et de conflits d’intérêts répétés ? Parce qu’elle est atteinte d’une businessite aiguë qui la fait se focaliser exclusivement sur une seule classe sociale et démanteler les services publics ? Parce que le sort des masses grouillantes l’indiffère ? Ou encore parce que de ses institutions hautement narcissiques une seule peut se réclamer vaguement démocratique, dans la mesure où ses membres, malgré leur impuissance à assumer pleinement le rôle législatif qui leur revient, sont élus au suffrage universel ? A cause du langage à géométrie variable que parlent les politiciens nationaux, qui ne se présentent qu’au suffrage des peuples respectifs qu’ils sont supposés représenter ? De médias nationaux largement imperméables aux influences extérieures ? L’est-elle en raison de l’empire de paperasse que des légions de bureaucrates pathétiques ont cru bon d’édifier en guise de ciment commun ? De l’autoritarisme confus dont elle fait preuve à l’intérieur tout en prodiguant des leçons de démocratie au Tiers-Monde ? De la suprématie militaire, commerciale et monétaire qu’exercent conjointement sur elle l’Empire de l’Ouest et l’Empire de l’Est, qui la rend invivable? Ou à cause de réalités structurelles (linguistiques, culturelles, historiques, religieuses) qui en font une tour de Babel qui fait pitié à voir ? L’est-elle de la faute d’une banque centrale qui n’en fait qu’à sa tête ? D’un déficit patent de projets communs et mobilisateurs à long terme ? De la règle de l’unanimité, qui bloque tout progrès ambitieux ? D’une monnaie sacralisée qui étouffe tant les petits consommateurs que les entreprises et les Etats ? L’est-elle par suite des débâcles grecque, portugaise, espagnole et autres à venir ? Du schisme auquel de trop grandes disparités entre le nord et le sud et une solidarité internationale rudement éprouvée pourraient donner lieu ? De la tendance subséquente au repli (sub)nationaliste et du renforcement des tendances fascistes en son sein ? Des gesticulations permanentes de Grand-Bretons opportunistes ? L’est-elle parce qu’immanquablement la République qu’elle ambitionne de construire se militarisera tôt ou tard, se transformant en Empire défensif ou conquérant ?

La réponse se compose sans doute de tous ces éléments et de bien d’autres encore, mais la raison fondamentale pour laquelle l’Union européenne est condamnée est bien plus primaire : en choisissant en guise d’unique pierre angulaire de son progrès la concurrence (fiscale, commerciale, juridique, etc.) entre ses composantes, c’est-à-dire entre ses Etats, ne s’est-elle pas condamnée elle-même ipso facto ?

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Oui, je suis chômeur ! Et alors, bande de merdeux ?

Et populiste, avec ça ! Et fasciste ! Et antisémite ! Et communiste ! Et islamo-fasciste ! Et tyrannique ! Et d’extrême-droite ! Même si la combinaison de ces qualificatifs n’a aucun sens ! Essayez donc, corrompus de toutes natures, internationale de mafieux underground de toutes étiquettes, de tirer sur le pianiste, de renvoyer aux petits, aux sukkeleirs, l’image putride de vous-mêmes que vous n’osez affronter. Puisque les mots n’ont plus aucune importance ! Puisque la vérité est un continent perdu ! Je sais, moi, qui je suis, et ce que je ne suis pas !!!

Entre maintes autres qualités, je suis chômeur, en effet. Cela me rend-il très différent de l’ouvrier ou de l’employé de base ? Pas à en croire mon compte bancaire, en tout cas : de ce que la collectivité me verse, il ne reste rien en fin de mois. Ce que la collectivité me verse aide à faire tourner l’économie : je ne bénéficie d’aucune espèce de ristourne, ni en matière de transport, ni pour la nourriture ni pour le logement. Je paie chaque année la taxe régionale au taux qui s’applique à un chef de famille standard. Et, dans une configuration où le nombre d’emplois disponibles est largement inférieur à celui des demandeurs d’emplois, face à des employeurs potentiels formatés qui n’ont que faire du potentiel, des aspirations, du talent ou de la créativité et ne proposent pour la plupart que des jobs de merde pour prolétaires soumis, il faudrait que j’aie honte ? Mais qu’ils aillent donc se faire foutre !

Allez vous faire foutre, roitelet, petits ministres de pacotille, de centre-droit comme de droite, puisque la gauche s’est évaporée ! Vous avez plus de comptes à rendre que moi ! Je suis populiste, vous vous rappelez ? Le vaudeville que vous orchestrez à travers vos débats tronqués, qui ne trompe personne sur votre unanimisme, le mépris de la plèbe que manifestent vos interventions télévisuelles de porte-voix de l’élite financière, votre corruption structurelle et uniforme – oui, tous pourris, ou qu’on me prouve le contraire, à moi qui ai été militant politique et vous ai défendus naïvement et en bloc, des décennies durant, contre ce genre d’amalgame ! – trahissent votre véritable valeur : vous ne valez pas tripette !

Vous – non ceux que vous taxez de populistes, parmi cette plèbe – êtes en train de créer les conditions d’un rejet massif et nuisible de la politique dans son ensemble. Parce que les cercles dans lesquels vous évoluez ont définitivement perdu le contact avec la base, dont ils ne se soucient même plus. VOUS êtes les fossoyeurs de la démocratie, le terreau du fascisme, les géniaux architectes de l’apathie populaire qui, lorsque le bol sera plein, se transformera en colère que personne ne pourra plus contenir. C’est sur vos propres cadavres que vous dansez le menuet de l’oligarchie triomphante !

Tel ce Cahuzac, ministre du budget de la France, en charge de la lutte contre la fraude fiscale, qui mérite le prix Nobel d’arrogance. On ne fait pas mieux ! La gauche ? Mais laissez-moi rire ! Si l’ancien monstre du FMI a été viré, ce n’est pas pour qu’il soit remplacé par ses sbires ! Dans sa réfutation catégorique et hautaine des accusations étayées de Médiapart à son encontre, relatives à des comptes bancaires non déclarés dans la principale banque suisse, Cahuzac (condensé d’arrogance huppée ultra-mondaine zigzaguant entre les avoirs cachés) peut compter sur le soutien précieux et affirmé de tous ses petits collègues de droite ainsi que de la presse centralisée dite libre, certainement aussi irréprochables en la matière qu’il ne peut l’être.

L’affaire a éclaté début décembre 2012. Serait-ce pour la faire oublier que la gauche molle a remis le mariage homo au goût du jour ? Allons donc, aucun complot au pays des vaillants ! Pas plus d’ailleurs que dans notre misérable petit Etat-tampon, où l’équivalent de Cahuzac avait déclaré il y a à peine trois mois qu’une nouvelle amnistie fiscale à l’avantage des grands fraudeurs fiscaux – cet argent-là, est-il besoin de le préciser, n’est pas investi dans l’économie, contrairement à l’aumône des chômeurs que le gouvernement auquel il appartient a décidé de revoir à la baisse – l’amènerait à démissionner. C’est qu’on ne l’entend plus, le secrétaire d’Etat ! Où c’est qu’il est ?

sale type

Quelle personnalité en vue, voire très en vue, quels grands rentiers, quels ministres, quels patrons, quelles hiérarchies syndicales, cette troisième amnistie a-t-elle pour but de soustraire à la bile populaire ? A combien d’autres absolutions de cette nature devons-nous encore nous attendre ? Et quelle est donc cette nouvelle loi capital-corporatiste scélérate qui officialise la possibilité, pour les grandes fortunes, de soudoyer le ministère public afin d’échapper à un procès ? Combien de temps encore ces aristocrates bourgeois hautains réduiront-ils les individus et les peuples à l’esclavage ? Quand se décidera-t-on à mettre au pas les paradis fiscaux, à commencer par le temple international de la franc-maçonnerie, j’ai nommé : la république helvète ?

Que ces Messieurs les initiés nettoient donc le purin devant leurs portes. Après, peut-être seront-ils autorisés à nous reprocher, à moi et à mes compagnons d’infortune, d’être chômeurs !!!

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(ajout du 8 mai 2015)

WARNING : TRESPASSERS WIL BE FIRED ON !

Avant le travail forcé des chômeurs, l’invasion inopinée de leur domicile…

L’Etat-Goliath dit libéral, c’est-à-dire en principe inexistant, vient d’annoncer une nouvelle mesure de rétorsion contre David par laquelle il confirme sa compulsion à se comporter avec la nouvelle caste des intouchables comme l’eût fait l’Etat soviétique : non seulement il est rétif à reconnaître l’individu dans ses droits sociaux, mais il estime qu’une économie de bouts de chandelles escomptée de quelques centaines d’euros par mois l’habilite à s’inviter dans les domiciles privés de ceux auxquels il aura, petit à petit mais avec une détermination acharnée, de mesure vexatoire en réhabilitation de l’esclavage, ôté toute dignité humaine pour les réduire au rang de choses : après tout, qu’ils refusent de s’assumer comme hommes nouveaux, libérés de toute contrainte autre que mercantile, qu’ils contestent l’évidence pourtant martelée depuis des décennies, à savoir que le travail abrutissant et dérégulé libère, n’indique-t-il pas qu’ils se complaisent dans leur statut d’esclaves assistés ? Partant, pourquoi les nouveaux curés leur octroieraient-ils la moindre indulgence ?…

Comme au bon vieux temps des Soviets, il est préférable de confier leur sort aux inspecteurs de l’Etat libéral, qui, avec le zèle d’agents de la police politique destiné à justifier la pertinence du dur labeur de service public que, par affectation prioritaire des impôts à l’éradication du seul parasitage social qui vaille que l’on s’y intéresse, leur aura confié le Politburo, passeront au peigne fin les cases de la plèbe en quête d’une brosse à dents surnuméraire par rapport à l’état civil déclaré, fouilleront, en vertu de leur due assermentation, armoires et tables de nuit dans l’espoir d’y dénicher quelque preuve incriminante de vie commune non déclarée à l’Appareil (Tout de même, il ne saurait être question d’encourager l’épanouissement amoureux de la vermine…), inspecteront avec minutie les draps de lit à la recherche d’une trace suspecte de copulation non répertoriée, et prendront même, au terme d’un stage ad hoc prodigué par la Sûreté de l’Etat libéral et en parfaite synergie avec celle-ci, toutes notes pertinentes que le moindre indice d’activité subversive leur imposerait de prendre : n’est-ce pas, tout compte fait, dans les castes du dessous que se recrutent la plupart des terroristes ?…

Soviétiques avec l’assistanat, c’est, en revanche, tel un harem de traînées défraîchies qu’avec les suzerains dégénérés du nouveau lignage, Luxleaks et assimilés en toile de fond, Starbucks comme modèle, HSBC comme guide et l’ISDS comme horizon, les petits sergents de l’Etat libéral se comportent.

C’est le syndrome de la traînée en cuir : béance maximale pour les VIP, fouet, cire et spéculum pour les budgets très modestes. A quoi ce syndrome, qui flirte avec les plus vils instincts d’une bourgeoisie moyenne renfrognée, à l’odeur de vieille chaussette pétainiste ou verdinaziste, selon la déclinaison locale, est-il dû ? Est-il de nature freudienne, voire même psychiatrique ? Il traduit en tout cas un trouble du comportement qui ne peut être ignoré, expression visible de projections perverses liées au plus jeune âge, qui, non élucidées, rongeraient toujours plus les patients. Symptomatiques en sont une désignation répétitive de coupables innocents, faits prisonniers de l’arbitraire bureaucratique, ainsi qu’une lâcheté maladive face aux coupables indifférents, affranchis de la justice commune.

Même parmi les rangs de la démocratie dite sociale, le phénomène fait des ravages : pas plus tard que cette semaine, il a amené une pute au bout du rouleau, qui, comme tant d’autres dans la nouvelle féodalité démocratique, doit sa carrière de sangsue politique au fait que son papounet l’a précédée dans l’arène cependant qu’elle mouillait encore son lit, à déclarer que fraude fiscale et fraude sociale relevaient d’une culpabilité équivalente, nonobstant la palpable différence des détournements respectifs concernés (1). On le voit : passé un certain stade, la lâcheté et le vice deviennent si prédominants qu’ils forcent les patients à des contorsions surhumaines. Des putes comme celle-là, qui finiraient par s’exposer, attachées et grandes ouvertes, dans un palais du Heysel pour appâter les clients récalcitrants, il faut les sortir de leur misère. Il y va de la salubrité publique !

Quant aux autres, celles qui n’assument qu’avec trop d’entrain leur fierté de porter cravache au ceinturon tout en exhibant le plug géant qu’elles ont planté dans un arrière-train rigide comme le marbre et pourtant victime de coulée continue, il est trop tard pour elles. C’est malheureux, mais ainsi va la vie. Il y a quelque temps encore, nous leur aurions demandé de nous aider à comprendre leurs tourments, une telle bassesse nous étant désespérément inaccessible… Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : leur internement forcé est inévitable ! C’est, voyez-vous, qu’à force d’économies de bouts de chandelles, les coalitions se lézardent…

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(1) Source : http://www.lavenir.net/cnt/DMF20150504_00643035

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Psy est une laïque religion…

La pièce était sombre, imprégnée du noir d’une Lune timide autorisée par le jour tombant. Mais elle était là, trônant de sa gloire phosphorescente sur l’étagère fixée au mur en face de moi. Elle me fredonnait une berceuse : « Ihaaa, ihaaahi, ihooo, ihaaa, ihaaa ». Je me sentais tout petit mais je la désirais. Quelle était donc cette appétence ? S’emparerait-elle de moi parée des vertus de l’Intouchable Madone ? Elle esquissa un mouvement, puis un autre. Sertie de son étincelante couronne, elle se mit à agiter ses cuisses sveltes mais charnues telle une Beyoncé au Moulin-Rouge. Mais sa djellaba était immaculée, avec juste quelques teintes bleu ciel. Que me voulait-elle ? Pourquoi ne me quittait-elle pas de son regard à tétaniser un titan ? « Je suis là », glissa-t-elle. J’étais las aussi. Son aube de soie blanche se transmuait en longues lamelles qui venaient titiller mon anatomie. Le lointain se faisait abordable, attenant, presque fusionnel, contigu. Marivaudante marionnettiste, de la passion aux vagues et de la flamme aux flots, elle charriait, impudique, l’animal fabuleux que j’étais, de la dissemblance à l’étourdissement éclectique d’une utérine jonction sublimée. Nos sens balisaient la direction du sens suprême de l’éphémère de l’ici-bas, auquel il faut se faire entre deux ascensions. La pamoison était céleste, l’enveloppe incongrue, faite de simultanéité fugace à l’aurore de l’entendement. Mille couleurs, une colombe, parmi ce sombre envahissant. Mille textures platoniques et mille goûts évanescents. Insaisissables mais vivants, nos esprits faisaient corps, imaginant déjà l’encore d’un autre neuf entrelacement…

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(ajout du16 novembre 2014)

Ce qui suit est un commentaire relatif à l’intervention du psychiatre Boris Cyrulnik lors de l’émission de France 5 Les Grandes Questions du 30 octobre 2014.

Cyrulnik est sans doute l’un de ceux, qui tout en affichant une grande compassion (au sens étymologique), tiennent, au sein de sa profession, le discours le plus critique à l’égard de cette dernière, refusant par là la réaction clanique de chasse gardée ou de forteresse assiégée à laquelle a donné lieu, par exemple, le brulot anti-freudien d’Onfray.

Si certains des propos qu’il tient ici sont empreints d’une grande sagesse, d’autres me paraissent pourtant relever du raccourci facile ou de l’approximation, voire de la pure spéculation : c’est sans doute le principal travers de ce genre d’émission d’extrême vulgarisation…

Ainsi, lorsqu’il affirme que toute approche psychiatrique/psychanalytique dont la pratique consisterait à soumettre l’ensemble des « sujets thérapeutiques » à un schéma analytique, un angle, un prisme, unique, monolithique, relève, en vérité, d’une forme de totalitarisme, qui pourrait le contredire ?

Qui pourrait, en revanche, s’abstenir de lui opposer, lorsqu’il pose comme vérité scientifique, qu’une très grande sensibilité individuelle est le fruit exclusif d’une composition génétique particulière, qu’une telle grille d’analyse linéaire ne repose sur aucune base scientifique, quand bien même elle serait complétée, dans un second temps, par une prise en compte de l’environnement socioculturel dans lequel évolue celui ou celle qui en fait preuve. Vulgarisation pour vulgarisation, cette lecture me paraît relever d’un scénario de strates, de sédiments successifs, les uns biologiques, les autres sociaux, alors qu’à mon sens – et au stade actuel des connaissances -, c’est plutôt d’un spaghetti qu’il est question. Plutôt que de poursuivre son raisonnement selon la logique d’interdépendance (ou, en tout cas, d’influence mutuelle) des divers facteurs constitutifs d’un état d’esprit, qu’il a lui-même brièvement esquissée, Cyrulnik me semble donc recourir au même type de pseudo-certitudes compartimentées que celles qu’il dénonce, le fussent-elles un peu moins que ces dernières.

Un autre exemple me vient à l’esprit : lorsqu’il prétend que le refus du changement est indicatif d’un esprit (potentiellement) totalitaire, je suis certain qu’il a des exemples précis en tête, qu’il songe à des anecdotes ou des histoires relatives à certains de ses patients. Mais, ces exemples, ces anecdotes, ces histoires, le téléspectateur ne les connaît pas ! Or, en l’absence de ces illustrations concrètes, ce dernier ne peut qu’être amené à conclure qu’une telle généralité relève elle-même d’un schéma analytique pour le moins unilatéral, très conforme, somme toute, à une certaine doxa contemporaine, qui vante le changement comme pièce cardinale de son dispositif, quelle que soit la nature dudit changement, ses motivations intrinsèques, ainsi que le cadre dans lequel ce changement est supposé avoir lieu. Or, confronté à un pouvoir totalitaire – pour ne retenir que la contradiction la plus extrême d’une telle pensée unique approximative et généralisatrice, pourquoi un individu devrait-il changer ? Pour devenir fonctionnel sous sa coupe ?…

En soutenant que le refus du changement en tant que tel, indépendamment de tout contexte et de toute tierce partie, indique un totalitarisme spirituel, il va bien plus loin encore, car qu’est-ce que le totalitarisme sinon un système social qui impose ? Or, comment, de nos jours, un individu pourrait-il à lui seul avec un système social se confondre, et pourquoi, surtout, un individu qui refuserait de se fondre dans le système existant (Prenons le cas d’un ermite, par exemple…) devrait-il de facto se voir taxer de totalitarisme ? Dans ces inconsistances se lit non seulement une vérité énoncée par Cyrulnik lui-même, à savoir que la psychiatrie en tant que science en est, en effet, au stade embryonnaire, mais également qu’en tant que corpus de valeurs normatives, quelle que soit la déclinaison conférée à ces dernières par chaque praticien, elle est l’ennemie de la dissension, ce en quoi sa peu glorieuse histoire, faite de soumission à l’ordre établi (par le biais du confinement à l’écart de la société et d’abominations antihumanistes telles que l’usage forcé d’électrodes, la lobotomisation, la programmation mentale, la stérilisation forcée (qui n’a été dénoncée par l’OMS qu’en mai 2014 !), l’usage massif d’une pharmacopée débilitante, ou encore le meurtre de masse pur et simple (200.000 « débiles mentaux » mis à mort par les nazis), en particulier de soumission des groupes jugés les plus subversifs, c’est-à-dire ceux situés en bas de l’échelle sociale, parle bien sûr pour elle…

Si la quête d’individus fonctionnels dans une société qui l’est elle aussi est l’objectif principal de la psychiatrie, alors cette dernière ne présente pas le moindre intérêt; elle est littéralement inutile, car une telle société serait faite d’empathie et d’amitié. Or, ni l’empathie, ni l’amitié ne tolèrent la relation de subordination qu’induit la psychiatrie, qui compte toujours un professeur ou, pour l’exprimer plus cyniquement, un adjoint de confession.

Si elle est utile dans certains cas de schizophrénie violente, la psychiatrie n’est, pour le reste – il ne me semble pas excessif de l’affirmer – qu’une religion laïque aux prétentions scientifiques.

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Pravda et objectif

Dans les médias centralisés de tous les régimes du monde, qu’ils soient totalitaires, fascistes ou réputés démocratiques, l’objectif supplante toujours l’objectivité. L’objectivité est comme un horizon que l’humain, sans pour autant qu’il lui incombe de s’en détourner, ne peut atteindre. L’objectif est le contrôle, la soumission des individus et des peuples. En ce sens, tous les médias centralisés, d’où qu’ils émettent et quel que soit le public auquel ils s’adressent, sont des instruments non d’émancipation, mais de propagande qui ménagent – donc renforcent – le pouvoir véritable, tandis qu’ils donnent l’impression de s’en prendre à l’expression émergée, visible, de ce pouvoir.

En occident, les médias centralisés représentent, même sur Internet, l’essentiel des sources d’information. Le vocable ‘centralisé’ peut recouvrir à la fois les quasi-monopoles corporatistes, d’inspiration nord-américaine, qui dictent le convenable et prémâchent le convenu, et les médias radio et télé dits publics, sous la tutelle du pouvoir politique. Qu’elle leur soit imposée ou non, tous exercent la fonction de définir le cadre de ce qui est acceptable, de ce qui est, c’est-à-dire la vérité, la pravda.

Ils disposent pour ce faire, a contrario des affiches immobiles et permanentes à la gloire du socialisme autoritaire qui ornaient les boulevards de feu l’Union soviétique, ainsi que des portraits tout aussi statiques de despotes divers que l’on trouve aujourd’hui encore sur son passage en plusieurs coins d’Afrique, de supports multiples et toujours changeants. A l’instar des publicités omniprésentes dans nos paysages urbains, qui monopolisent nolens volens l’attention visuelle des citadins, les supports médiatiques, ceux (écrits) que l’on trouve dans les Press Shop de Lagardère ou ceux qui s’immiscent, par ondes interposées, dans l’intimité de nos habitations, rivalisent d’accroches caricaturales et de débats sans intérêt pour nous vendre toujours le même message : achetez. Achetez la dernière lotion en date à la commercialisation de laquelle quelques milliers d’animaux auront laissé leur peau, en ce qui concerne les affiches d’abribus que des petites mains nocturnes remplacent une fois par semaine sur des supports qui tous permettront bientôt, à n’en pas douter, de faire défiler alternativement plusieurs publicités. Achetez l’information biaisée et économiquement correcte que nous vous vendons dans nos torchons ou via nos écrans, dans le cas qui nous occupe.

La pravda de l’occident contemporain, c’est le marché, à la glorification duquel elle est directement ou indirectement chargée de veiller. Le marché, c’est le cadre dont il importe à tout prix de ne pas sortir. Tout ce qui excède ce cadre n’existe pas, n’a pas à exister. Par exemple, toute gauche autre que social-démocrate sera qualifiée d’antidémocratique et mise sur un pied d’égalité avec l’extrême-droite. Comme le disait Goebbels, si un mensonge est répété assez souvent, les gens finiront par y croire. Et y croire d’autant plus, pourrait-on ajouter, que les sources qui diffusent ledit mensonge apparaissent diverses : si tant la RTBF que Canal Plus ou encore Fox News le disent, cela ne peut être que vrai. Pourtant, s’il est difficile de citer une autre concrétisation de l’extrême-droite que le fascisme dans l’histoire, il s’y peut trouver très facilement des expériences qualifiées aujourd’hui d’extrême-gauche qui n’avaient rien de totalitaire, ni même d’autoritaire, pour lesquelles le stalinisme était un ennemi tout aussi viscéral que la ploutocratie. Mais ceci excède le cadre de la pravda, et n’a donc pas lieu d’être mentionné, car le mentionner pourrait donner vie à des idées visant à promouvoir – voire à réaliser – ce qui n’a pas lieu d’être, c’est-à-dire le socialisme démocratique, qui est à la social-démocratie de marché ce qu’est une pomme bio à une pomme pourrie remplie de pesticides.

La vérité de marché peut compter, pour sa propagation, sur des diffuseurs de vérité recrutés toujours dans les mêmes milieux et avec les mêmes appâts, des diffuseurs dont la promotion hiérarchique sera fonction, comme dans tous les autres milieux de pouvoir constitutifs du grand marché, de la corruption de l’esprit et des désirs, et qui intérioriseront la nécessité selon laquelle s’éloigner de la vérité, celle qui dérange, peut susciter le trouble civil qu’il appartient aux médias contemporains de contribuer à prévenir, ou encore menace d’excéder le cadre, est la condition sine qua non de la diffusion de la pravda. Ils vous sortiront – chercheront à vous vendre – l’argument de rationalité : si une information n’est pas vérifiée, en faire état serait contraire à la prétendue déontologie du métier. Soit, achetons leur argument. En quoi interdit-il cependant le questionnement spéculatif, c’est-à-dire la part de doute que ne peut manquer de susciter tout ce qui échappe au cadre de la valorisation du marché ?

Si quelque chose n’est pas vérifiable, ce quelque chose est-il automatiquement inexistant ? Qu’aucun témoin ne soit en mesure ou désireux de confirmer tel propos, telle réunion, tel fait, rend-il nécessairement ceux-ci fictionnels ? Si étaient étalés sur la place publique tous les secrets de polichinelle et toutes les demi-vérités difficilement vérifiables qui impriment le subconscient des journalistes, peut-être une révolution se ferait-elle jour. Qu’est-ce qui leur empêche pour autant de poser sans y répondre, dans leurs articles et leurs reportages, les questions qui comptent, celles qu’eux-mêmes se posent, celles qui amèneraient le consommateur d’information à prendre du recul par rapport à ce qu’il consomme ? La pravda, bien sûr ! La spéculation intellectuelle publique est une manifestation de dissension, et la dissension n’a pas sa place dans la pravda.

De temps à autre sera cloué au pilori un patron d’entreprise, voire l’entreprise elle-même (Enron, Dexia, etc.), mais toujours pour faire la démonstration de l’efficacité du marché, qui ne sera jamais mis en cause en tant que tel et dans sa globalité. Comment, en effet, remettre en cause une vérité qui n’hésite pas à faire sa propre autocritique lorsque le besoin s’en fait sentir ? La pravda est objective et l’objectivité de la pravda sert l’objectif…

L’objectivité de la pravda est la garantie de rationalité nécessaire fournie à tous ceux auxquels s’adresse, par télé-vision, le système. Le système, parce qu’il peut se servir d’eux, parce qu’il a conçu pour eux une place en son sein, invite ceux-là – et ceux-là seulement – à danser avec lui, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la résignation, jusqu’au consentement, une ronde intime qui les propulse, par allégorie vraisemblable, par identification provoquée, par mimétisme mis en scène, au sein même de la pièce de théâtre télévisée. Toute résistance est futile, tout recul combattu, toute pensée contrée, toute alternative rendue impossible : le stress est roi par la grâce de l’objectivation du pulsionnel, qui sert la pravda.

Pourtant, les médias occidentaux, en particulier la funeste télévision, sont à présent entre deux feux. Parce qu’elle représente tous les acteurs dans un simulacre de vie réelle, conditionne leurs apparitions et leur discours, favorise l’identification, la catégorisation des personnes et des idées, ainsi que les clichés, réglemente le temps, qu’elle accélère de manière factice dans un but, délibéré ou subconscient, d’objectivation du pulsionnel, la télévision est devenue l’écran d’un rêve pervers qui suscite la régression mentale du nombre. Quelles représentations cinématographiques représentent-elles mieux les effets sur l’humanité et les limites de ce rêve pervers que le Videodrome de Cronenberg et le Requiem pour un rêve d’Aronofsky ?

Le rêve pervers est en train de s’effriter petit à petit parce qu’il s’est autorisé trop de souffrances psychologiques, trop d’humiliations, trop d’indignité. Comme le résumait récemment un célèbre philosophe, « le problème de notre temps n’est pas la perméabilité ; c’est la surabondance de sordide, qui rend cette perméabilité malsaine. » L’espoir du rêve est l’adversaire direct du rêve pervers. Ce dernier est souscription pulsionnelle à l’objectif ; le premier peut être, à des lieues de quelqu’endoctrinement religieux que ce soit, l’origine du sursaut d’une nouvelle dignité humaine faite d’horizons multiples et colorés. Le premier doit impérativement avoir raison du second !

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