Humanité : la suite…

Perranzabuloe Millenium Sundial (Cornouailles)

Le Grand Théâtre mute. L’insatisfaction latente est générale, les limites avérées, les ruines architecturales visibles. Pour qui l’observe avec suffisamment d’acuité, le pouvoir est nu. Les squelettes cherchent encore à convaincre, mais il suffit en réalité de couper le cordon qui les lie, en coulisses, aux angles supérieurs de la scène pour se rendre compte de leur désuétude et les voir choir avec fracas sur le sol dur comme des leurres qui ont excédé depuis longtemps leur date de péremption. Partout, les confrontations caricaturales figent le non-état en une espèce de bouillabaisse difforme aux grumeaux apparents.

La rupture sera-t-elle brutale ? Est-elle destinée, déterminée, à engendrer dans un premier temps le chaos des âmes, la confusion paroxystique, à travers une purge aux allures de Jugement dernier ? Accouchera-t-elle d’un mieux ou d’un quatrième Reich ? Le NWO, tel qu’imaginé par quelques Walkyries, ne saurait être l’horizon apaisant. Si les élites restent en l’état, il ne saurait être question de rupture. Mais si la rupture consiste en une simple translation d’élites, elle serait tout aussi viciée.

Dans une société mature, le concept même d’élite est superflu, nuisible même. De même, le rôle de gendarme du monde n’a plus lieu d’être : sa légitimité, déjà tant mise à l’épreuve, s’est définitivement évaporée. Chacun aura à déterminer sa voie, avec la maturité comme garante de cohésion et d’harmonie. La société mature est l’antithèse des messes basses comme des messes hautes. Depuis des décennies, une telle société cherche à éclore. A chaque reprise, elle a été d’une manière ou d’une autre tuée dans l’œuf : Weimar, anarcho-syndicalisme espagnol, ‘68, et j’en passe. Par nature, la société libre est la cible commune toute désignée de tous ceux qui entendent diriger.

Seul son avènement serait donc à la hauteur de la rupture vitale indispensable d’avec les monopoles totalisants qui ont mené et mènent encore à des abîmes d’obscurité. Cette société ne sera ni conçue ni organisée par quelques détenteurs de pouvoir. En toute logique, elle ne peut l’être. Elle s’imposera tôt ou tard, mais plutôt tôt, comme la suite logique de l’évolution humaine, celle du partage, aux échelles du globe, des groupes locaux et des individus, et de la construction commune de l’être-ensemble.

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