Mandat impératif !

Il faut casser ! C’est indispensable ! Il faut à l’esprit libre casser un système et des tendances politiques jurisprudentielles qui ont pris l’habitude de s’octroyer des libertés trop grandes par rapport aux contrats fondamentaux, constitutionnels, qui lient les citoyens aux cadres respectifs dans lesquels ils évoluent. C’est là pour lui un devoir fondamental !

Ainsi de cette tendance lourde qui semble instituer que les décisions qui ont le plus de répercussions pour les peuples et les Etats doivent être prises, que l’on songe à des institutions comme l’OMC ou la Commission européenne, par des émanations d’émanations d’émanations de la volonté populaire qui se serait exprimée de manière éclairée dans les urnes, lorsqu’il ne s’agit pas d’ectoplasmes d’émanations d’émanations desdites émanations, comme cela peut être le cas dans les enceintes du Bilderberg par exemple.

Il n’est pas exagéré d’affirmer que le sommet d’une telle pyramide, où l’émanation directe de la volonté populaire, à défaut de n’y avoir objectivement plus sa place, est réduite à quantité négligeable, lorsqu’elle n’est carrément contrecarrée, est, tant le bas se voit imposer un arsenal de mesures prises par le haut, effrontément anti-démocratique, qui plus est en une ère marquée par l’accélération du mouvement de l’information qui, pour les moins passifs parmi les citoyens, assimile à des éons l’échéance entre deux bonnes vieilles élections.

Ces dernières, telles qu’elles continuent d’être organisées aujourd’hui, sont, en effet, à l’époque actuelle ce que le suffrage censitaire était à 1945, à savoir complètement dépassées ! Elles invitent les citoyens à se prononcer sur des packages indigestes faits de propositions et d’engagements les plus divers, dont la moitié ne seront pas appliqués si différents partis sont amenés, au vu des résultats, à composer pour former une coalition, assimilant de ce fait le processus électoral à un blanc-seing intégral donné à tel ou tel parti, ce qui constitue une insulte à l’intelligence individuelle et collective en ce début de XXIe siècle. S’il n’y en avait qu’une, c’est pour cette raison qu’il est démocratiquement vital de rompre avec un tel système !

Mais se limiter à casser est à la fois puéril et peu productif. Il faut aussi proposer…

Selon cette logique de l’émanation de la volonté populaire, inscrite en lettres d’or dans des Constitutions peut-être désuètes elles aussi, à certains égards, mais dont je n’entends personne réclamer la réécriture sur ces points, tandis que leur esprit au moins est allègrement et quasi quotidiennement bafoué, il importe aujourd’hui de restreindre drastiquement les libertés prises par les politiciens dans l’exercice de leur job.

Un exemple illustratif vaut, en cette matière, mieux que dix discours. Depuis peu, plusieurs bus de la société bruxelloise des transports publics font apparaître sur leur queue une pub énigmatique, nouvelle concrétisation du brainstorming illimité des esprits magnifiques qui composent l’équipe des relations publiques de la Commission européenne, une pub composée de ces deux seuls mots : « votre Europe ». Il va de soi qu’une telle affirmation, parce qu’elle se contente d’affirmer sans démontrer quoi que ce soit, et parce qu’elle est en outre en contradiction flagrante avec l’expérience de chaque citoyen de base, est risible. Elle l’est d’autant plus pour qui connaît quelque peu les arcanes de la brinquebalante construction européenne, se souvient des camouflets opposés au referenda français et néerlandais négatifs quant à la constitution européenne qui avait été proposée, parmi d’autres, aux peuples concernés, et garde en mémoire les injonctions de Monti et des siens de se méfier des peuples, par essence vulgaires, peu éduqués et versatiles.

Ainsi, au nom de qui ou de quoi l’accusé de délit d’initié, émanation d’émanation exclusive (gouvernementale belge) d’émanation exclusive (parlementaire belge) qui fait encore office, pour quelques mois, de commissaire européen au commerce s’obstine-t-il à gaver l’oie européenne de traités commerciaux internationaux, transatlantiques parfois, dont de nombreux signes indiquent que les opinions publiques concernées les rejettent ? Quels intérêts ce sinistre personnage sert-il ce faisant ?

Le liberticide projet de traité ACTA a été refoulé par une large majorité du Parlement européen en juillet dernier (1). Au nom de quelle volonté populaire frelatée le commissaire européen dont question se permet-il donc d’en réutiliser, bien qu’il s’en défende, l’essentiel du contenu dans des projets de traités bilatéraux dont les adversaires publics sont autrement plus nombreux que les partisans (2) ? A quel mandat effectif ses tractations internationales répondent-elles ?

STOP CETA !

Comme supra précisé, K. De Gucht n’a été nommé que par le gouvernement belge. A ce titre, il n’est en aucun cas l’émanation de la volonté populaire des vingt-six autres Etats européens. Et, dans la mesure où les citoyens belges n’ont pas été appelés à valider sa nomination, il est même dubitable de considérer qu’il s’exprime en leur nom. Pour ces raisons, il est, en quelque sorte, un prototype des ectoplasmes que l’on trouve en surnombre dans les institutions internationales, et qui n’y ont pas la moindre légitimité.

Seul le mandat impératif peut clarifier et démocratiser de telles aberrations, un mandat qui n’est en rien synonyme de mandat d’arrêt de la construction européenne mais qui obligerait enfin, par des referenda réguliers, à expliquer à des citoyens aujourd’hui méprisés les tenants et aboutissants des projets dont l’Europe se veut porteuse, et ainsi à favoriser l’émergence d’un peuple européen qui clorait une fois pour toutes l’ère actuelle des technocrates minables qui se sont fait potentats prétendument éclairés.

De plus en plus et à tous les niveaux, dans des mesures proportionnelles à la légitimité directe des responsables élus ou nommés, eu égard à l’expression dans les urnes de la volonté populaire, les politiciens doivent se voir confier, par referenda, des mandats impératifs dont ils auront à respecter en toutes occasions les limites, de sorte que le précepte selon lequel les élus servent le peuple, et non l’inverse, retrouve tout son sens, et que soit encouragée la participation réelle, adulte, de tous à la construction de l’édifice commun. La même logique devra s’appliquer aux mandats politiques exercés dans le cadre de toutes les autres institutions internationales.

Parallèlement, le vote blanc, en tant qu’il exprime non un dédain, ni une absence de choix, mais un choix véritable, dicté souvent par la pauvreté et la quasi-équivalence des options en présence, devra trouver sa concrétisation effective, par exemple un nombre proportionnel de sièges vacants dans les parlements respectifs.

La contestation de telles mesures par les pouvoirs établis serait un signe de défiance de la volonté populaire révélateur de leur illégitimité et annonciateur de l’éclatement à venir, dès lors bienvenu, des instances dites de représentation concernées.

______________

(1)    Ce blog a consacré plusieurs articles à cette thématique.

(2)    Une source parmi d’autres, innombrables : http://www.thepeoplesvoice.org/TPV3/Voices.php/2012/12/17/the-great-corporate-colony-welcome-to-ca

***

(ajout du 10 novembre 2014)

Des eunuques… if I had a dream !

« Viens, ce sera chouette. Y’aura plein de gens intéressants, de ceux qui ont des trucs à dire. Allez, viens, le hibou, sors de ta cage, pour une fois… »

La semaine dernière, un ami de longue date qui a l’âge de mon père m’a invité à la première rencontre d’un tout nouveau café philo, les Flying People’s Orbital Philosofields. Thème du jour : la révolution ! Tel l’étincelle qui éclaire la voie vers les lendemains qui gazouillent, vocalisent, fredonnent puis finissent, contre toute attente, par chanter, un vieux sage à la blanche barbichette de caprine inspiration y poserait, fort de sa multidécennale expérience, les bases d’un brainstorm aux allures de doux maelström : il est heureusement, tapies ça et là, sujettes à malentendus dans les cercles initiés, quelques voix quasi ancestrales qui murmurent le réel totalitaire qui nous échappe mais auquel nous n’échappons pas, et qui, face au marasme, ne se défilent ni ne cèdent au culte de la personnalité facile, et leur écho, qui balaie comme poussières de néant les prétentions puériles (toujours comme telles inassumées) des statues coulées dans la rage et rongées par la rouille, mais apparemment inamovibles, du nouveau marketing philosophique d’il y a un demi-siècle, raisonne comme une flamme dans l’abyssale pénombre qui entoure ces dernières.

Après une brève hésitation, j’acceptai…

Il n’y avait pas foule : il y avait, outre le vieux sage, Noémie, Chantal, Thérèse, Lucien, Jiří, Robert 1, John, Robert 2, Rachid, mon pote Jean-Christophe et moi-même. Mais toute révolution n’est-elle pas embryonnaire dans sa genèse ?

« Moi, je dis que tant qu’on n’aura pas balancé une bombe dans l’enceinte du Parlement, ils ne nous écouteront pas », entama d’entrée de jeu Lucien, après l’entrée en matière. Il me faisait affectueusement penser à mon grand-père. Une crème, le bougre, mais fallait le connaître… et, surtout, pas le faire chier ! « Mais la violence engendre la violence », renchérit Noémie. « C’est intéressant, ce que tu dis », l’apostropha Jean-Christophe, « car cela pose la question de la violence originelle : n’est-elle pas systémique ? »

Pour Rachid, cela ne faisait aucun doute. Il nous narra par le menu les innombrables vexations, les injustices caractérisées, qui, comme par pack promotionnel, découlaient des appréhensions que suscitaient immanquablement sa peau mate et son nom fort peu gaulois. « Mais, moi, j’suis plus malin que tous ces p’tits caïds », ajouta-t-il, « je sais très bien que le système, il attend qu’une chose : que je perde mon self-control, pour lui donner raison ». Chantal, qui n’était pas confrontée à la même problématique, acquiesça pourtant : elle aussi avait eu à se colleter, dans le cadre de son occupation professionnelle, avec un stalker pour le moins indélicat, et, philosophe à ses heures perdues, elle avait abouti à la conclusion que plus les souris se mettent des bâtons dans les pattes, plus les chats sourient. Diviser pour mieux régner : quoi de plus félin dans ce monde de fêlés ?…

Jiří prit la balle au bond : « j’ai compris », déclara-t-il, « que, dans la vie, faut pas s’en faire ; moi, je m’en fais pas ». Et de nous entretenir, un quart d’heure durant, de sa conception de la défiance sociale, j’ai nommé : la biroute. « Moi », s’arc-bouta-t-il, « je la montre partout où on s’y attend le moins : au ciné, au resto, à la plage, et je t’assure qu’elle est bien dure. Je baise gaillardement en plein dîner mondain, je joue à touche-pipi en plein auditoire, et, du coup, je nique la bien-pensance tout en prenant mon pied. C’est ma révolution à moi ! »

« Mais, précisément », lui demandèrent en chœur les deux Robert, « n’as-tu pas l’impression que, malheureusement, avec son cortège de domination, de hiérarchie possessive, et d’abus de pouvoir non consenti, la sexualité est une décalcomanie de l’ordre social ? » La malice dans le regard, Jiří se contenta de leur rétorquer : « voulez que je vous la montre ? »

Soudain, je me rendis compte que, mine de rien, tous les orateurs, à l’exception de l’un d’eux, s’étaient déjà exprimés au moins une fois. En se tournant vers moi, le regard de Jean-Christophe mit à l’épreuve ma timidité légendaire, mais je me jetai, pour ainsi dire, à l’eau : « je m’appelle Yannick, et je suis alcoolique ». J’attendis les applaudissements. Comme ils ne vinrent pas, je me rendis compte que j’avais brièvement confondu les trips : on n’était pas encore vendredi soir…

« Ca va ?» s’enquit John. « Euh, ouais, ouais, pas mal », balbutiai-je, « en fait, ce que je voulais dire, c’est la chose suivante : il m’est d’avis que le système représentatif actuel a fait son temps, mais, en même temps, que la Révolution n’est jamais que l’opium des intellectuels. » « Ah, ouais, ça, c’est de Camus ! » s’écria Noémie. « Bien vu ! » lui répondis-je par clin d’œil, non sans préciser que ce que veut le prolétariat, c’est de quoi manger et, de temps à autre, faire gauloise ripaille – « panem et circenses » ne date pas d’hier – et que la révolution, toujours selon Sartre, n’est souvent que le prétexte de l’expression perverse d’un désir inassouvi…

« Je vois ce que tu veux dire », s’empressa de résumer Jean-Christophe, « à savoir que la révolution n’est jamais que le mouvement par lequel un objet, orbitant autour d’un centre, revient à sa position initiale. » « C’est tout à fait ça, mais pas que ça », l’interrompis-je, « mais, maintenant, ferme ta gueule ou je vais perdre mon flow ». On est comme ça, Jean-Cri et moi, il nous arrive de nous parler comme des chiens, mais jamais de nous mordre : courtesy of an old friendship

Je poursuivis mon raisonnement : afin qu’une révolution aboutisse au résultat escompté, il est au moins deux conditions sine qua non. D’une part, il est impératif d’en dessiner les contours et le déroulement de manière sereine et avisée, en prenant le temps nécessaire, sans interférence, faute de quoi, telle une girouette, elle partirait dans tous les sens, et n’aboutirait probablement qu’à une énième émeute qui rate sa cible. D’autre part, il lui faut un moteur, c’est-à-dire une classe sociale éduquée mais écartée des hautes sphères politiques (une classe bourgeoise ou marxiste, par exemples) qui aspire à détrôner l’élite en place.

Or, la surveillance totalitaire qu’exercent les Etats sur les hommes (aujourd’hui, au nom de la lutte antiterroriste), et le noyautage de mouvements dissidents qu’elle induit, rendent extrêmement hasardeux le respect de la première de ces conditions. Cette surveillance panoptique, ne nous y trompons pas, a pour objectif véritable de donner raison à Fukuyama, même s’il a tort. Quant à une alliance de classes intéressée, objective et nécessairement temporaire, peut-être la fragmentation de la classe moyenne à travers les politiques d’austérité a-t-elle précisément pour but de la rendre impossible.

Mais quand bien même ces deux conditions seraient réunies, la Révolution serait-elle aussi souhaitable que nous sommes tous indésirables ? M’appuyant sur la définition énoncée par Jean-Christophe, j’invitai l’assistance à s’interroger sur la nature du centre autour duquel le peuple serait inlassablement appelé à graviter (Sommes-nous le pouvoir ou avons-nous à nous contenter de graviter autour de lui ?), ainsi que sur l’identité du point de départ (et donc d’arrivée) sur l’ellipse (Y a-t-il eu, par le passé, un âge d’or de la vertu démocratique qui serait indépassable, et qu’il nous faudrait, par quelque nostalgie refoulée, retrouver ?).

En ce qui me concerne, la réponse était claire : toute tentante qu’en puisse paraître la perspective, tant elle permet, en songes, de tourner la page d’un conte pour enfants que la doxa nous ordonne encore, envers et contre toute évidence, de nommer démocratie, cependant que les nouveaux curés honteux qui édictent le nouveau catéchisme craignent et, par conséquent, haïssent un peuple jugé trop volatil pour l’autoriser à se prononcer sur leur Magnum Opus, prétendument dénué d’alternatives, que celui-ci se dénomme UE, TAFTA ou NOM (le premier de ces acronymes n’étant, somme toute, qu’une étape transitoire vers les deux autres), la Révolution, aussi machiste en son essence que le système représentatif patriarcal lui-même, n’apporte aucune garantie quant à un usage raisonné du pouvoir, de la forcé prométhéenne que plus d’un siècle de trouvailles scientifiques jamais vulgarisées a permis de concentrer entre les mains de quelques élus de nos culs. Pas davantage n’apporte-t-elle une quelconque assurance quant à la mise au dépotoir de l’évangile spencérien, sitôt la nouvelle classe dirigeante affranchie du boulet populaire : l’histoire de la bourgeoisie n’est-elle pas là pour nous l’enseigner ?

Il est un constat qui s’applique à toutes les pseudo-démocraties occidentales contemporaines : leurs chefs d’Etat respectifs sont noyés sous le discrédit ; leur autorité, inversement proportionnelle aux pouvoirs dont ils disposent dans l’absolu, est égale à zéro, autre ellipse. Dès lors, de deux choses l’une : soit nous laissons les forces de l’ombre, structurées autour du billet vert et de ses dérivés, capitaliser ad vitam sur la faiblesse des prétendus leaders — et des Exécutifs, de manière générale — et imposer indirectement leur propre agenda concentrationnaire, au risque de voir émerger un nouveau besoin délétère d’autorité forte, soit nous tirons nous-mêmes profit de la situation en les émasculant une fois pour toutes, eux et tous leurs successeurs, par anticipation.

Je me suis expliqué : les grands schtroumfs que nous nommons chefs d’Etat sont des reliques du système patriarcal, des pères de substitution dont nous n’avons plus besoin ! La présence de l’une ou l’autre femme, ici et là, dans l’orchestre n’altère en rien cette prise de conscience. En outre, le théâtre de fausses promesses dans lequel ils excellent n’a d’autre effet que d’alimenter, à intervalles réguliers et contrôlés, une courbe de Gausse que l’accélération virtuelle du temps politique rend d’autant plus pernicieuse qu’elle est illusoire : l’extase populaire face au renouveau mythifié supposément incarné par un sauveur charismatique après l’autre, que le sommet de ladite courbe est censé représenté, est de plus en plus éphémère. En d’autres termes, il n’y a plus de période de grâce pour les kapos, et la petite mort collective est de plus en plus amère.

Partant, que proposer ?

1/ L’élection de politiques publiques, en lieu et place de l’élection (même indirecte) de chefs d’Etat. Ces derniers, de même que tous les membres d’un Exécutif qui n’a que trop pris la sale habitude d’empiéter sur les prérogatives législatives, deviendraient de simples fonctionnaires (grassement rémunérés) chargés de mettre en œuvre les politiques votées. Fin des promesses, par lesquelles l’on tient les enfants en laisse ! Si, d’aventure, l’un ou l’autre de ces fonctionnaires cherchait à s’affranchir du mandat impératif dont le peuple lui a confié l’exécution, ou du calendrier de cette exécution, une procédure de déchéance par référendum populaire serait instruite automatiquement par le Conseil constitutionnel, ou ce qui en tient lieu.

2/ La compétence préservée – et renforcée – du collège législatif, qui demeurerait élu mais n’en serait pas moins soumis, lui aussi, au mandat impératif susvisé, à traduire en lois. Concernant les matières qui s’imposeraient à l’agenda en cours de mandat et n’auraient pu être soumises préalablement aux électeurs (en particulier, celles relatives aux affaires étrangères), le collège législatif aurait la main, mais aussi l’obligation de faire entériner ses décisions par le Souverain collectif dans un délai raisonnable, faute de quoi elles seraient réputées nulles et non avenues. Selon des conditions et des modalités à définir, ce Souverain aurait également la possibilité de dissoudre l’Assemblée.

3/ L’abrogation du droit de vote, et son remplacement par l’obligation de vote, de sorte que personne ne soit exclu du processus décisionnel. En outre, afin d’atténuer les tensions entre intérêts contradictoires, inhérentes à toute démocratie, et d’éviter que tel ou tel démagogue ou telle ou telle fraction de la population n’en vienne à promouvoir des politiques qui seraient par trop préjudiciables à telle ou telle autre fraction, les droits matériels élémentaires qui garantissent à chaque individu une vie digne seraient figés de manière inaliénable dans le Parchemin fondamental. Ceux-ci n’empêcheraient aucunement la constitution de fortunes pécuniaires variables, et n’auraient en aucun cas pour but d’esquisser un mode de vie standardisé.

4/ La revalorisation des corps intermédiaires (associations, syndicats, etc.), lesquels seraient chargés en priorité, moyennant leur consentement, d’éclairer et d’informer le public (par l’entremise d’agoras ? d’agoras virtuelles ?) quant aux enjeux contenus dans les diverses politiques soumises à son suffrage, et de l’encourager à proposer lui-même des motions collectives.

5/ L’instauration progressive du référendum d’initiative populaire contraignant durant la phase intermédiaire, dès lors qu’un tel changement de paradigme est inconcevable à très courte échéance.

« Voilà, selon moi, le Bien Commun à son apogée », conclus-je. Le vieux sage se gratta la tête. Noémie en était pantoise. Thérèse et Lucien s’étaient endormis. Chantal était déjà partie. « Para la Revolución ! » scanda Rachid. Robert et Robert vinrent me faire la bise, avec John au milieu. Et Jiří, sa grosse bite à la main, me sauta dans les bras. Interloqué, Jean-Cri laissa, quant à lui,  s’échapper un « ah, oui ? » qui en disait long sur sa dubitation, « et tu penses pouvoir instaurer ça par des voies démocratiques ? »

« Cher Jean-Christophe », le rassurai-je à moitié, « j’en rêve »…


______________
Pour approfondir le débat par une analyse historique et quelques pistes de sortie de crise, voir l’interview complète du vieux sage Sheldon Wolin, inventeur du concept de totalitarisme inversé, par le journaliste-penseur Chris Hedges, sur The Real News Network, octobre – novembre 2014.

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