Sans titre 6 : emprunt « poétique »

« Aux agneaux égorgés au loin

Le chant du coq dans le lointain

A l’orée des grands champs de blé

Humanité les poings liés

Scotché à la lisière du bois

Petit Poucet cherche pourquoi

Ses parents ont capitulé

Au grand vent des communicants

De tous nos temples les Eglises

N’ont plus le grand des cathédrales

Au temps des anarchitectures

Et des lance-pierres contre les murs

Les sacs de billes ont pris le large

Et les amours au coin des grives

Toutes ces choses d’autrefois

Putain, je ne vois plus la rive

Puisqu’il faut accepter du temps

L’évolution toujours plus bas

Au vulgaire des concessionnaires

Des libertés pour nos enfants

Il sera équipé, c’est sûr

Pour parler à la terre entière

Mais n’aura rien à dire, bien sûr

Que ce qu’il voit sur les écrans

Certains, les plus bourgeois

Toujours sauront garder leur plume

Quand le peuple verra ses ailes

Blessées sous les coups de l’enclume

C’est fini, le temps des instruits

Le temps des populaires aussi

Fini, le temps des littéraires

Au-dessus des comptes bancaires

Et des lilas dans les bouquets

Oublié le temps des muguets

Je ne vois que les chrysanthèmes

Des orthographes dans les poèmes

Fini, les latines, les Racine

Au bon dos de nos origines

Fini, la parole sacrée

Bonjour la parole au plus con

Fini, les ni bon Dieu, ni maître

L’heure est au client du paraître

Fini, le temps de nos jeunesses

Fini, le chant des rossignols

Fini, « salut à toi, mon frère »

L’heure est au champ des électrons

Abonnez-vous, peuple de cons

Par satellite à d’autres cons

A chacun son bon mot bien sûr

Au libre-échange du néant

Sûr, c’est la liberté d’expression

Sûr, c’est la liberté d’être con

La liberté d’être ignorant

Tous égaux dans le carnaval

Je sais, mon ami, ça fait mal

Pour clamer à tous les faubourgs

Surtout à tous les râteliers

Nos faiblesses et puis nos discours

Sur nos tristes identités

Salut à toi, frère de faubourg

Salut à toi, le Bérurier

Salut à toi, frère de banlieue

Toi qu’on voudrait laisser pourrir

Dans le ghetto des consommants

Dans le ghetto des illettrés

Salut à toi, femme au combat

Toi dont la lutte a pris la rouille

Comment te dire, mais de nos jours

Oui, les féminismes manquent de couilles

Salut toi, mon étoile au loin

L’illuminée de nos chemins

S’éclairera bientôt, je sais

Si l’on n’en perd pas le parfum

Vigilance à tous nos esprits

Et feu de tous nos journalismes

Puisque toujours il faut combattre

Des nouveaux temples les fascismes »

Damien Saez (09/03/10)

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