Fi du gris !

Virez-moi ce gris, bordel ! C’est le gris de la mort, partout autour de moi, dans le langage, la projection d’images, dans le ciel depuis des jours, sur les visages. J’irais du pastel jusqu’à m’accommoder, mais virez-moi ce putain de gris ! Noir et blanc pour les extrêmes feraient-ils du gris la nuance ? Billevesées, nonsense, foutaises, balivernes : fadeur impitoyable de cette non-couleur à la palette si étendue ! De la couleur, noms de dieux : voilà où est mon âme, dans la couleur ! Tu veux la voir ? Hein, tu veux la voir, mon âme ? Sans valeur ajoutée, l’humanité est dispensable, superflue, luxueuse, de ce luxe obscène tout pétri de gras ! C’est que ça ne semble pas rentrer dans vos caboches, les nases : de la couleur, un point c’est tout ! Mélange, mosaïque, kaléidoscope, orgie de couleurs ! Et tout votre gris, vos commissaires, vos soi-disant Premiers, tous ceux aussi dont cet écrivaillon dont j’oublie passagèrement le nom disait qu’ils ont tellement examiné tous les replis de leur âme… Putain, c’est quoi, après, merde ! Tous ceux-là, en somme, on le leur fera bouffer, leur gris ! Jusqu’à plus soif, jusqu’à la rationnelle nausée, jusqu’à la chiasse qui imprégnera le sous-sol d’où l’extraira, dans un million d’années, l’espèce en toute logique plus empathique qui aura pris notre relève. Ainsi, de ce gris merdique au moins un bienfait sera-t-il né, encore que, en y songeant… !

Est-elle grise, la lutte ? Et la résistance, hein ? Et ta mouille et ma jute ? Non mais, réponds-moi, serf ! Serf sauvage, on aura tout vu ! Tu veux que je te dise ? Ben, je vais te dire, moi : Dieu peut-être, jamais de maître ! Aux chiottes, l’apprentissage ! A elle seule, l’éventualité du Premier – qui suis-je pour l’affirmer ? Et veut-Il même que je l’affirme ? – suffit à ma lignée. Pour les maîtres à la grisaille ostensible, j’organiserai des rondes à travers les sinueux sentiers de leur enfance honnie, celle dont on leur a dit qu’ils devaient per se se débarrasser, de longues balades à travers la brume envahissante et le brouillard naissant des quartiers populaires, délaissés. Eux seront, comme il se doit, tenus en laisse, de celles dont les SM raffolent, pour contenir l’agressivité communicative qu’ils pourraient exprimer après avoir, par vidéopathie, contre leur gré sans doute, croisé les regards aigris du camp d’en face. « Ah, ça, messieurs, dame ! Vos âmes, puisque c’est d’elles qu’il serait question, où sont-elles donc vos âmes, à présent ? » leur demanderai-je, tandis que déjà l’obsession de la fuite aura submergé leur esprit, que je me plairai, l’ayant compris, à filmer de mon G, en une confuse allégorie. Je les entraînerai alors, conquérant, par visite guidée, dans quelques-uns des gris bureaux aseptisés où ils condamnent la populace à devenir demeurée.

De la couleur, j’ai dit ! Voilà mon diktat face à la grise imposture du scénario obligé qui se répète, imposé, martelé, intégré, perpétué contre toute évidence ! Personne ne doit le partager. Ne le partagez-vous pas ? N’êtes-vous-même séduit, a minima, par sa brillante perspective ? Vade retro ! Ce chemin-là, il est à moi, et pas à ceux qui me suivent ! Car je ne suis maître de personne, et je n’ai pas à l’être, moi ! Parce que mon moi est nous. Ca vous en bouche un coin, ça ! A moi, ja, fool, avec mon sabre biface de kamikaze samouraï ! Pas à moi seul, toutefois, je n’ai pas écrit ça. N’est-il pas là, hors du gris cadre, accessible aux intrépides qui veulent y laisser leur empreinte ?

Chierie de la misère, ce gris de merde ! Et vos grigris n’y feront rien : la couleur ou la mort ! Certains se disent peut-être : « il a (enfin) pété les plombs ». Et quand bien même ! A l’époque du paraître, du rôle alloué, courante affirmation ! Déjà, le gris se lit dans leurs pensées obtuses, le gris du cadre, de l’aliéné qui y consent, du formaté au terne fait sot ! « Mais qu’est-ce que le gris, maître ? » osera un téméraire. Le gris est une marée, p’tit gars, une tide, you see, la marée du conforme, qui vient puis se retire sans jamais vraiment partir, puis revient, que ne commande pas la Lune, mais ceux qui n’ont rien à dire et qui, lorsqu’ils ne font silence, s’expriment volubilement. Perfide est son polymorphe caractère, qui forge, selon les situations, l’extérieur consensus, lequel tend alors à supplanter le consentement. T’as compris, petit ? Un commandement, un seul, suffirait à faire phare, au milieu d’un champ global de couleurs en partage où se noyer avec délectation. Ca te fait cracher, ça ? Ca te rend humide, ma poulette ? Montre voir… Ah, ouais, putain ! Belle âme !

Kandinsky, Harmonie tranquille

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