Pierre Bergé : la nausée !

Je venais de faire sa connaissance. Il devait avoir dix-neuf ans tout au plus, mais tout dans son attitude, sa démarche et la manière à la fois nonchalante et hautaine qu’il avait de s’exprimer trahissait en lui la crétinerie de l’ado qui ne sait rien mais croit tout savoir, et même vous en apprendre. Tandis que nous discutions, il pointa de l’index gauche une imposante maison de maître sise non loi du parc du Cinquantenaire, à Bruxelles.

–          Il y a quelques demeures fastidieuses dans le coin, hein… me lança-t-il

–          Fastueuses, lui fis-je remarquer en rigolant.

Il m’avait adressé la remarque avec un sourire malicieux en coin par lequel je compris que lesdites demeures ne lui étaient pas étrangères. Son insistance sur le sujet et le contexte de notre conversation m’amenèrent à conclure que s’y déroulaient de temps à autre, sous les lambris, au milieu des parquets cirés et sur les tables de billard pour bourgeois de la haute, de ces orgies fastidieuses où se retrouvent, tous les premiers vendredis du mois, une bouteille de champagne à la main et un sachet de coke en poche, une kyrielle de jeunes gays triés sur le volet. La plupart d’entre eux ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam. Ils sont sélectionnés par le maître des lieux ou son préposé sur base de leur rôle sexuel et de leurs dimensions.

Filmés, à leur insu ou non, ils sont comme des abeilles dans une ruche très particulière dont la reine bénéficie de tous les droits d’entrée. Vous la voyez parfois entrer dans un club à partouzes et fourrer illico et sans ménagement, sur le seuil de l’établissement, son vieux gros zob dans les entrailles de tel ou tel portier noir, qui ne se fait généralement pas prier pour le recevoir, sous les yeux à peine ébahis car apparemment déjà accoutumés de l’un ou l’autre jeune mineur d’origine maghrébine qui s’est vu confier la caisse. C’est que, comme partout ailleurs désormais, mais peut-être plus encore dans le milieu homosexuel masculin, l’argent et le statut social sont les réceptacles de toutes les convoitises.

Si, excepté en ce qui concerne la présence du jeune dont question, nul n’a à s’immiscer dans des pantalonnades qui relèvent de démarches librement consenties en apparence, même si rémunérées la plupart du temps – certainement pas l’auteur de cet article, au demeurant, qui tient le contrôle social en exécration –, d’autres types de mélanges des genres, qui relèvent du domaine public, me semblent, en revanche, requérir une critique saine et impitoyable.

Ainsi de cette apostrophe lancée à un journaliste, en décembre dernier, par le très cultivé Pierre Bergé, à l’occasion d’une manifestation en faveur du mariage homosexuel et de ses annexes législatives, toutes relatives à ces chers « petits bambini »…

***

« LOUER SON VENTRE POUR FAIRE UN ENFANT OU LOUER SES BRAS POUR TRAVAILLER A L’USINE, QUELLE DIFFERENCE ? » (1)

Pierre Bergé

A plus d’une reprise, il m’a été donné d’évoquer dans ce blog ce que je nomme les fossoyeurs de la gauche occidentale, notamment ces grands patrons de médias qui, au nom de leur patrimoine, se permettent de faire, au nom de celui-ci et de connexions souterraines inavouables, sur elle, ou ce qu’il reste de son idéologie, main basse. Au même titre qu’un BHL, ce milliardaire va-t-en-guerre aux côtés duquel on le voit apparaître sur plusieurs photos, Pierre Bergé est de ces bourgeois libéraux que Bakounine définissait comme des « ennemis naturels de la démocratie, venus se placer dans nos rangs et constituer une majorité parmi nous sous le prétexte qu’eux aussi aiment la liberté ».

Bergé et le PS

C’est précisément la liberté qu’avance Bergé pour justifier sa position : « moi, je suis pour toutes les libertés », déclarait-il en prologue de la citation qui précède. Je laisserai à d’autres, de toute évidence plus qualifiées en la matière, le soin de mettre l’accent sur le caractère profondément anti-féministe de ses propos (2). Faisant d’une pierre deux coups, celles-ci pourront par la même occasion rappeler les conditions de travail des petites mains dans le milieu de la mode, soumises à tous les caprices et à l’exploitation salariale de leurs maîtres, sans même parler du sort réservé aux mannequins, ces porte-manteaux ambulants destinés à mettre en valeur les magnifiques créations qui vêtiront les meufs issues de la même classe sociale que Bergé, éclairant ainsi de la lumière blafarde de rigueur la liberté telle que la conçoit ce dernier, les conditions de travail des femmes en usine sous son angle d’observation, et, par voie de conséquence, le sort promis aux poules pondeuses dont il se fait le héraut hypocrite.

Pigasse, Bergé et Niel

Avec ses comparses Niel (free.fr) et Pigasse (banque Lazard), lequel, comme l’indiquait un article précédent, s’est vu confier, en dépit de l’évident conflit d’intérêts que suscite sa nomination, la gestation et la mise au monde de la nouvelle banque publique d’investissement de France (3), Bergé a pris la tête, mi-2010, du quotidien français de référence Le Monde. Il lui sera donc très aisé, outre de rabrouer ses journalistes pour des articles qui lui déplaisent (4), de répondre aux critiques qui lui sont adressées en réaction à sa vision mercantile du corps de la femme, dans le cadre de la gestation pour autrui (GPA).

Que l’on ne s’y trompe pas, en effet : Monsieur Bergé est un mécène, un philanthrope multimillionnaire qui, outre ses bonnes œuvres cul-turelles, veille au grain du lobby LGBT, un lobby dont les représentants ne sont élus par personne, dont les bisexuels et les transsexuels sont totalement absents, mais qui est supposé représenter tout ce petit monde et bien plus encore.

Tout cela constitue-t-il un éventail d’arguments en faveur du rejet du mariage entre personnes de même sexe et de l’adoption d’enfants par ces couples d’un nouveau genre, dont l’union aura été sacralisée ? Il serait commode et tout aussi calomnieux que stalinien d’en accuser l’auteur de ce blog, qui a soutenu le contraire, ci-dessus et ailleurs, avec moult détails. Mais se prononcer en faveur d’une certaine égalité des droits ne doit pas masquer l’imposture de grands-prêtres à la Bergé, qui ne représentent jamais qu’eux-mêmes et leur fric, ni la sinistre société asservissante dont ils dessinent, de manière calculée, mesquine ou sincère, la perspective.

Car à quoi aurait servi, en effet, la loi de 1907 si la liberté ainsi acquise était vouée à se soumettre et à soumettre les corps (pauvres) à l’ordre impitoyable de l’argent (et de la mercantilisation des nouveau-nés) ? …

***

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Frais

Frais pour services rendus et liés à la GPA – $ 18,580

Paiements et dépenses de la mère de substitution – $ 29,445

Frais liés aux procédures légales – $ 7,115

Total: $ 53,040

+ Frais potentiels

___________________

(1)    Source : http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/louer-son-ventre-pour-faire-un-129051

(2)    Lire : http://www.bvoltaire.fr/mariedelarue/vous-etes-une-mechante-pierre-berge,6548

(3)    Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/08/30/arnaud-montebourg-dement-avoir-favorise-matthieu-pigasse_1753351_3234.html

(4)    Source : http://electronlibre.info/archives/spip.php?page=article&id_article=01247

(5)    Source : http://www.meres-porteuses.com/futurs-parents/frais

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