Amis africains, amis maliens, ne succombez pas au chant des sirènes !…

Chers amis du Mali,

Même si nous ne nous connaissons pas vraiment, permettez que je vous appelle mes amis, que vous habitiez le sud ou le nord de votre beau pays en voie de réunification. Il ne se passe pas une semaine, en effet, sans que je rêve de poser les pieds sur cette terre d’Afrique dont tous les êtres humains sont originaires. Non pas comme un simple touriste qui s’affalerait, repu, au coin d’une piscine de quelque Club Med, encore moins comme un vorace homme d’affaires, mais comme un semi-aventurier désireux d’apprendre à vous connaître, vous, votre culture, vos us et coutumes, en prenant le temps, loin de ce Nord envahissant au stress mortifère. Pour l’instant, mes ressources financières ne me le permettent pas : il n’y pas, toutes proportions gardées, que des Crésus en Europe.

Entre-temps, je me sers de votre musique, de vos artistes souriants et débonnaires, de vos instruments originaux, la kora et tous les autres. Je m’en sers, oui. Pour m’évader. Au-dessus des nuages, nombreux ici. Pour me retrouver aussi. Nous avons à Bruxelles quelques avantages. Parmi ceux-ci, le défilé incessant de musiciens originaires des coins du globe les plus divers : à chaque soirée son concert, pour qui le souhaite. Bassekou Kouyate et Toumani Diabate, je les ai vus il y a deux ou trois ans au Palais des Beaux-Arts, dont tous les spectateurs maudissaient ce soir-là les places assises. Amadou et Mariam, dont le lyrisme musical est bien plus noble sans les rythmiques parfois lourdingues et les flonflons sonores qui sont venus s’imposer à lui à l’occasion de leurs collaborations septentrionales, nous ont fait, quant à eux, l’honneur de leur présence au Festival des Libertés, il y a quelque temps. Et aujourd’hui, c’est Tamikrest – qui signifie jonction, alliance, si je ne m’abuse – que je viens de découvrir sur le tube. En dépit des turpitudes qui ont marqué ces deux dernières années, au Mali, il faudrait être sot pour passer à côté des similitudes…

Ne prenez pas ombrage de cette remarque : je sais à quel point vous êtes satisfaits d’être enfin débarrassés de vos tortionnaires étrangers, et donc à quel point vous lui êtes aujourd’hui reconnaissant, mais il n’en demeure pas moins que vous partagez bien moins avec Monsieur Hollande qu’avec vos frères touaregs… Ne vous y trompez pas, en effet, mes amis : si la sympathie et la générosité qui se lit ces jours-ci sur vos visages n’a pas de prix, au nord du nord, tout en a un, en revanche. Et si le président français a fait de son humilité et de son caractère affable de louables marques de fabrique, l’heure des comptes n’en a pas moins sonné pour vos dirigeants. Le voilà d’ailleurs déjà qui s’envole vers la métropole globale pour s’en entretenir avec le vice-président américain.

Certes, leur volonté commune de confier à l’ONU un mandat durable dans votre pays afin de permettre sa stabilité à plus long terme représente un signe positif, encore que la neutralisation de la plus importante force dite d’interposition de l’ONU, qui campe à l’est du Congo, soit de mauvais augure. Mais n’allez pas imaginer que le coût de l’emploi des satellites et des services de renseignement mis à la disposition des troupes françaises par l’Oncle Sam sera assumé avec le sourire par les contribuables américains. Et il en va de même, bien sûr, pour les contribuables hexagonaux, des tanks français et du salaire de ceux qui les manipulent.

Areva et colonialisme économique

La plupart de vos responsables politiques – je parle à présent du continent africain tout entier – ont fait leurs études dans de prestigieuses universités européennes ou nord-américaines, souvent au moyen de bourses d’études. Ils y ont tissé des liens, publics et privés, avec des Blancs à l’égard desquels ils s’estiment souvent redevables de services rendus. De retour au pays, ces liens se font souvent collusions d’intérêts – voire despotisme – au détriment de leur peuple. Ils sont nombreux malheureusement, ceux qui, dans notre civilisation du Nord dite civilisée, conçoivent le salut de l’humanité, le dessein divin, dans l’extirpation de toute l’émotion qu’hommes et femmes peuvent ressentir et manifester, qu’ils méprisent en raison du parallèle direct qu’ils établissent entre la barbarie et elle. Or, l’Afrique n’est-elle pas, je vous le demande, continent d’émotions ?

Aujourd’hui, mes amis, je vous invite à prendre François Hollande au mot, à lui donner raison, et même à aller plus loin encore, en lui prouvant, en effet, non sans lui témoigner votre gratitude pour l’intervention militaire de pacification qui vous a permis d’être libérés d’un joug oppressif, que non seulement la Françafrique relève du passé, mais qu’en plus, l’ombre de plus en plus visible du Tonton américain ne s’imposera pas davantage à vous.

carte géographique Gall-Peters

Regardez donc comme votre vaste continent en impose lorsque sa représentation géographique n’est pas tronquée par le Nord. Songez à toutes ces ressources naturelles dont vous êtes les seuls à disposer et que le monde entier vous envie. Même si je ne vous souhaite pas la luxure bourgeoise et les gigantesques villas décadentes, c’est au niveau de vie des Etats du Golfe persique que vous devriez vous mesurer. Ne vous laissez plus dicter votre conduite. N’acceptez plus les aumônes que déversent sur vos pays ceux d’Europe et des Etats-Unis, tandis que leurs chères entreprises exploitent effrontément, tels de nouveaux colons sans missel, les ressources qui sont les vôtres !

Ne suivez pas notre exemple, ni celui du FMI. Les marchands d’armes, envoyez-les paître : ce sont les riches des riches nations que leur trafic engraisse ! Affranchissez-vous des marchés du Nord, qui plombent par la spéculation le prix de ce qui ne leur appartient pas. Nationalisez l’exploitation de vos ressources et leur vente. Répartissez équitablement le produit de vos richesses. Œuvrez à l’unité de votre fier continent ! Et vous verrez comme vous les ferez tous danser !…

***

'Hopeless' by Moctar Menta (Mali)Le Mali est le troisième producteur d’or en Afrique, derrière l’Afrique du Sud et le Ghana. Vingt mille enfants au moins, dont certains pas plus âgés que cinq ans, travaillent dans les mines artisanales du pays. – photo : “Hopeless”, by Moctar Menta (Mali)

the solid-gold rocking horse Beyoncé and Jay-Z bought Ivy Blue

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(ajout du 30 novembre 2014)

Bams, vous êtes noire… (lettre ouverte à une chanteuse/activiste)

Vous êtes noire et je suis blanc. Je n’ai pas plus choisi la couleur de ma peau que vous la vôtre. Que vous le vouliez ou non, cette couleur, vous la partagez avec des gens bien et avec des ordures, comme je partage la mienne avec des ordures et avec des gens bien, que je le veuille ou non. Je n’y peux donc pas plus que vous. Mais tous deux, nous pouvons nous efforcer, avec beaucoup d’autres, de respecter tous les gens bien, et de mettre toutes les ordures entre parenthèses…

J’ai regardé avec intérêt votre intervention vendredi soir, dans le salon de France 2, lors de laquelle vous avez exprimé tout le dégoût que vous inspire « Exhibit B », l’exposition controversée du Sud-Africain Brett Bailey qui, l’année dernière déjà, à Avignon, avait essuyé le courroux d’une centaine de manifestants qui souhaitaient en empêcher la tenue.

Un zoo humain (noir), voilà ce que cet artiste (blanc), dont la forfaiture présumée a, depuis, migré vers la capitale française, se proposerait de livrer en pâture à ses visiteurs : d’étranges statues de cire qui n’en sont pas y sont plantées au milieu de décors qui traversent les espaces et les âges, des décors archétypaux qui vont de la savane à l’intérieur figuré d’un avion qui rapatrie de force un sans-papier vers son pays natal, et qui tous rappellent qu’à l’image de ceux et celles qu’elles représentent, les silhouettes provocantes qui s’y exposent, immobiles, sont prisonnières, bien malgré elles, de leur négritude. Et c’est précisément sur cette atmosphère carcérale de nature raciale que vous vous fondez pour justifier le saccage physique de l’exposition auquel vous vous étiez livrés la veille, vous et quelques autres agités.

A l’appui de votre démonstration, vous n’hésitez pas à convoquer des références poignantes, certaines pertinentes, d’autres beaucoup moins. Ainsi, c’est à juste titre que vous vous émouvez de ce que les organisateurs de l’exposition universelle de Bruxelles de 1958 avaient jugé bon de reproduire, dans la capitale de la frite, un village congolais typique dont les habitants spécialement importés, de chair et de sang, faisaient, eux aussi, office de vitrine vivante. Il y a pire : en 2002, le gestionnaire d’un parc animalier wallon avait eu la brillante idée d’importer huit Pygmées de la tribu (camerounaise) Baka afin de les exposer dans son parc (1). Le saviez-vous ?… Heureusement, son initiative suscita un tollé tel qu’elle contribua à une profonde − quoique lente − remise en question de l’angle de narration de l’histoire coloniale belge par le principal musée africain du pays, celui de Tervuren, qui a fermé ses portes l’an dernier pour trois ans de rénovation de divers ordres.

En somme, vous ne pourriez être plus proche de la vérité lorsque vous déclarez que les pouvoirs publics, en ce compris les pouvoirs publics français, sont en retard d’un demi-siècle au moins en ce qui concerne l’histoire de la colonisation, dont l’enseignement semble comme frappé d’un tabou inexplicable pour qui ignore les prémices de l’entreprise colonisatrice, ainsi que les milieux dans lesquels cette dernière fut conçue.

Rappeler cette évidence devrait vous inciter, toutefois, à vous abstenir d’établir des parallèles hasardeux avec le nazisme (Vous saluez la censure contemporaine de Mein Kampf.), dès lors que cette histoire-là a fait et continue de faire l’objet d’une profusion kaléidoscopique de publications de tous acabits, qui, si elle est impérative à l’égard des générations émergentes, n’en provoque pas moins, parfois, une certaine nausée auprès de publics plus avertis : à force d’associer certains symboles à des réalités qui leur sont accolées ex abrupto, tant les premiers que les secondes tendent à perdre en intensité représentative. Cette remarque vaut pour vous également…

Cette parenthèse fermée, je comprends votre exaspération par rapport au continuum discursif larvé qui, d’exaltation des « bienfaits de la colonisation » en néocolonialisme économique, s’impose à une communauté noire occidentale (et africaine) qui semble petit à petit remplacer la résignation par le bouillonnement : la rupture qui lui aurait permis de tourner la page n’a pas eu lieu !

Je comprends aussi votre souci d’imposer que vos ancêtres africains soient traités avec les égards qui leur sont dus : le respect des anciens est, après tout, un identifiant majeur de la culture africaine dans son ensemble ; dans l’occident blanc, il semble s’être perdu en cours de route. Mais, au risque de vous choquer, quelle est, de la représentation fidèle des exactions essentialistes et impérialistes commises contre eux, ou de la réécriture fantasmée de leur histoire sordide, du refus de la regarder en face, en somme, l’attitude qui respecte le plus leur vécu personnel, donc leur dignité ? Quelle est la démarche la plus susceptible d’aboutir enfin à la reconnaissance du préjudice historique subi, durant la colonisation et bien avant ? Quel est l’horizon le plus porteur, non seulement pour la communauté noire du Nord, mais aussi pour les Africains eux-mêmes ?…

Ce que propose Brett Bailey, c’est un miroir à la fois réaliste (sur le plan historique) et déformant (d’un point de vue humaniste), un miroir qui n’a rien du premier degré d’un parc animalier, un miroir dont la signalétique, la sémantique et le ressenti varient en fonction de qui s’y mire. Idéalement, tout blanc doté de tant soit peu de conscience devrait se sentir pris à la gorge, d’autant plus qu’il se retrouve malgré lui, par procuration, dans la peau du tortionnaire, d’autant plus que les regards qui le fixent ne sont pas de plastique, d’autant plus que les confrontations temporelles proposées par les mises en scène successives parlent directement à nos sociétés contemporaines : comment l’acteur qui incarne le sans-papier, les pieds ligotés par une corde de marin, identifié uniquement par un numéro de série apposé sur une étiquette, et la bouche muselée par un ruban adhésif, pourrait-il manquer d’établir un parallèle saisissant entre son propre statut, la marchandise transatlantique que des capitaines de navire sans le moindre scrupule balançaient, pareillement ligotée, par-dessus bord afin d’économiser de la nourriture ou de lâcher du lest en cas de tempête, et les trop nombreux condamnés à mort afro-américains dont tout porte à croire qu’ils sont innocents, et dont le droit à un procès impartial est quasi quotidiennement bafoué (2), eux qui, pareillement bâillonnés, trouvent en Mumia Abu Jamal (3), en dépit de la commutation de sa peine, leur porte-voix le plus éloquent ? Le fil conducteur entre ces trois tableaux, ce sont les chaînes…

Figurant - 'Exhibit B'

Rodney Reed

Lorsque c’est un noir qui se regarde dans ce miroir, il est logique qu’il soit peiné. Mais, sa peine estompée, il pourrait trouver dans la révolte subséquente un encouragement au combat (politique) ! Or, ce miroir, vous et votre bande de vandales l’avez fracassé en morceaux. Que vous l’ayez fait parce que, conscients du fonctionnement pervers des médias traditionnels, vous étiez naïvement convaincus que tel était le seul moyen pour vous de forcer le débat sur l’oppression des noirs de manière générale (selon leur propre perspective), ou parce que le reflet vous était insupportable, votre geste me semble à la fois puéril et lourd de conséquences potentielles, dont la superstition n’est que la cadette. « Comment une telle exposition nous permettrait-elle d’être citoyens à part entière ? » vous interrogiez-vous dans le salon. A mon sens, pas de cette manière…

En effet, même à vous consentir la noblesse de vos motivations, quel principe pourriez-vous opposer, demain, à quiconque recourrait au même stratagème violent au motif, futile ou digne, que telle ou telle expression artistique l’indispose ? D’ailleurs, de l’épisode de Blanche-Neige et la Folie de la Vérité à celui des caricatures du Prophète, la liste est déjà longue des censures nauséabondes récentes, parmi lesquelles celle que vous espérez mener à bien pourrait bientôt trouver sa place. Et il est possible de remonter plus loin encore dans l’histoire contemporaine de la France pour dénicher d’autres exemples similaires : il y a quelques jours, un blogueur de Mediapart faisait la courte recension d’un livre fraîchement publié consacré à l’abbé Bethléem, lequel se plaisait, durant l’entre-deux-guerres, à déchirer tous les livres, magazines et affiches qui contrevenaient à sa propre morale, d’inspiration catholique… (4)

L’art, Bams, est la seule activité humaine dans laquelle l’imagination peut, dans le respect de la vie présente, se déployer sans entrave. Qu’il soit, de temps à autre, dans le collimateur de politiciens aux velléités autoritaires (c’est-à-dire du système) ne semble pas vous suffire, puisque vous vous réjouissez, en outre, que divers groupuscules à la légitimité contestable le prennent pour cible, selon des logiques fluctuantes. Comme Judith Bernard, je m’étonne d’un tel positionnement dans le chef d’une personne qui, si elle noire de peau, certes, n’en est pas moins artiste, elle aussi.

Mais ce qui m’étonne le plus, c’est que vous ne vous rendiez pas compte à quel point votre réaction violente s’inscrit dans une logique d’homme blanc impérialiste, et ce pour trois raisons au moins :

1/ Vous œuvrez à une censure artistique. Or, l’art est une mise en commun d’idées et de créations. Plus il est censuré ou réprimé, plus le commun s’appauvrit. Et, plus le commun s’appauvrit, plus des logiques individuelles égoïstes, voire nihilistes, prennent le dessus.

2/ Vous affirmez représenter la sensibilité noire en France, mais il y a énormément de noirs qui ne souscrivent pas à votre mot d’ordre. Par conséquent, par votre action insuffisamment réfléchie, vous compliquez un peu plus encore l’émergence d’une fédération d’intérêts positive comparable à celle du mouvement pour les droits civiques qui a éclos aux Etats-Unis, durant les sixties, si tant est qu’une telle formule puisse se dupliquer en France.

3/ Vous avez décrété que cette exposition ne vous plaisait pas, et que, par conséquent, elle ne devait intéresser personne. Votre décret peut se lire comme un acte d’interdiction. Mais il peut s’interpréter aussi, a contrario, comme une volonté d’appropriation exclusive du Bien commun, à l’image, toutes proportions gardées, des multinationales gloutonnes et rapaces qui s’approprient scandaleusement les multiples richesses du sous-sol africain, à leur seul bénéfice.

Je conclurai par une simple question : de quel droit ?…

____________
(1) Source : http://www.lalibre.be/debats/opinions/pygmees-du-parc-naturel-au-musee-51b879d7e4b0de6db9a773f9
(2) Lire : https://firstlook.org/theintercept/2014/11/17/is-texas-getting-ready-kill-innocent-man/
https://firstlook.org/theintercept/2014/11/26/texas-denies-dna-testing-death-row-prisoner-rodney-reed/
(3) Lire : http://www.icl-fi.org/english/wv/1056/mumia.html
(4) Lire : http://blogs.mediapart.fr/edition/bookclub/article/261114/ceux-qui-haissent-la-litterature

____________

Précisions nécessaires : Exhibit B a été présenté à Bruxelles en mai 2012. Si je l’avais su, je serais allé visiter l’exposition/installation.

Le lecteur de mon blog n’y trouvera aucune critique qui ne se fonde sur la lecture intégrale de l’ouvrage critiqué, ou l’observation directe de l’œuvre analysée, la présente lettre ouverte constituant l’exception…

Contrairement à la plupart des détracteurs de Bailey, j’ai essayé, fonctionnant par empathie, par déduction, mais aussi par confrontation des sources disponibles sur la toile, de me glisser dans la peau de l’ensemble des acteurs concernés par la polémique, conformément à une vision principielle de la liberté artistique énoncée plus haut.

Une légère modification a été apportée, le 3 décembre 2014, aux paragraphes relatifs à la scène qui représente un sans-papier, présenté à tort, dans la version initiale de l’article, comme un détenu noir-américain dans le couloir de la mort…

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