QCM : Dieu existe-t-il ? 1/ Oui – 2/ Non – 3/ Ca fait « pshiiit » – 4/ Chais pas, mek !

God nee nee nee !

Si Dieu n’existe pas, alors il n’y a que l’homme. S’il n’y a que l’homme, il n’y a que certains hommes. S’il n’y a que certains hommes, il doit y avoir la domination par ceux-là de tous les autres, leur destruction le besoin échéant. Tout comme si Dieu existe…

Le premier postulat a-t-il plus grande valeur que le second ? Est-il plus étayé que lui, ou l’exclusivité de Dieu, de sa parole, de ses manifestations et intentions présumées, de la représentation de son dessein éventuel, l’ont-ils rendu pour certains hommes nécessaire dans leur quête émancipatrice par rapport à d’autres hommes ? « Dieu est, donc l’homme est esclave. L’homme est intelligent, juste, libre, donc Dieu n’existe pas », a écrit Bakounine en d’autres temps (1). Tuer la métaphysique était l’impératif, tâche depuis lors accomplie par la nouvelle rationalité occidentale (en attendant sa ressuscitation ?). Il le fallait, car elle ne pouvait sans la religion se concevoir. Mais qui de la première la seconde soustrait demeure avec un doute et deux hypothèses au moins.

Ainsi, de la même manière que tous les exercices de conception d’un Etre supérieur répondaient à leurs origines respectives à des buts essentiellement politiques, paradoxalement séculiers, foncièrement dominateurs, au sein de sociétés antiques dont la face négative du chaos était rarement absente, lesquels buts ont vu leur perpétuation assurée précisément selon ces schémas, la conviction que Dieu n’est pas répond à des buts essentiellement politiques, ouvertement séculiers et foncièrement dominateurs. Le miroir a changé de nature; il n’a pas volé en éclats. A une croyance s’est ajoutée une autre. Or, la croyance est, depuis l’émergence de la civilisation, l’adjuvant principal de la domination, et plus l’on domine, moins l’on croit. Que cette seconde croyance se soit, dans la chrétienté, développée comme une volonté d’affranchissement de la première (qui n’est la première que pour qui croit en elle) n’a, pour le regard neutre de l’observateur contemporain, aucune importance quant au (non-) fait prétendument discuté lui-même, puisque ce dernier a été soumis à une histoire, à des histoires, à une succession de romans épiques qui ne s’assument pas comme tels, à des rites fédérateurs en série et à des séries de réformes.

La plupart du temps, la croyance est un instinct, une intuition, qui peut mal tourner, se muer d’une part en diktats, d’autre part en servitude, volontaire ou non. Ni l’intuition, ni l’instinct en tant que tels ne sont ici en cause : l’intuition de l’existence du boson de Higgs, récemment étayée, remonte aux années ’60, et longue est la liste de telles intuitions scientifiques corroborées a posteriori, tout aussi longue sans doute que celle de celles qui n’ont pas trouvé confirmation. Quoi qu’il en soit, faire passer au second plan l’objet de l’étude et de la spéculation – Dieu, pour ne pas le nommer – puis réfuter l’hypothèse de son existence sur base d’une réfutation de ce en quoi il est travesti, à savoir le monopole politique plus haut évoqué, relève de l’évident traquenard scientifique et philosophique, de la religion opiacée, dans ce cas-ci aussi : c’est non pas à Dieu que s’en prennent en vérité les athées, mais à l’imposition d’une croyance, et le hiatus est de taille monumentale.

Les questions qu’il incomberait donc, dans ce débat, de se poser sont les suivantes :

–          Pourquoi l’esprit humain s’accommode-t-il si difficilement du doute, c’est-à-dire de la multiplicité des hypothèses et pourquoi des incertitudes faites certitudes le réconfortent-elles au point de recueillir dans de nombreux cas son assentiment ? En d’autres termes, l’esprit humain aspire-t-il de manière privilégiée (naturellement ?) à la lumière ou à l’obscurité ?

–          En quoi l’existence de Dieu, si l’homme parvenait un jour à la prouver, renforcerait ou déforcerait-elle les croyances religieuses qui cherchent à s’imposer par diktat (affirmé ou diffus) ?

–          Comment dissocier, à l’avantage du public (des masses, selon le vocable ancien), la possibilité de l’existence de Dieu de ces croyances, et est-ce là l’intérêt du progressiste ?

–          Certaines interprétations de la technique contemporaine (2) exercent-elles une influence sur la perpétuation de telles croyances ?

thijsvangasteren.blogspot.be

–          Subsidiairement, quelles sont les implications sociales d’une conception fondamentalement élitaire – pour ne pas écrire hiérarchiquement religieuse (3) –  de la technologie contemporaine (4) ? Comment sa vulgarisation (5) pourrait-elle, le cas échéant, (mieux) se mettre en œuvre, et quelles en seraient les conséquences, tant pour la société que pour l’image et le rôle public de la science elle-même ?

–          La technique (la science, de manière plus générale) a-t-elle vocation à constituer une passerelle vers la résolution de la question de l’existence de Dieu ?

–          Dans l’affirmative comme dans le cas contraire, ses applications visent-elles l’émancipation de tout dessein théologique ou la servitude à une théologie sociale ?

–          La non-existence de Dieu, si elle était prouvée, serait-elle, pour l’Humanité et l’individu, source absolue d’affranchissement ?

God ja ja ja !

_________________

(1)    Mikhail Bakounine, Fédéralisme, socialisme et antithéologisme, Lettres sur le patriotisme, Dieu et l’Etat, Paris, Stock, 1972, p. 101

(2)    ‘Technique’ est ici l’équivalent moins populaire dans le langage courant actuel du mot ‘technologie’, anglicisme dans cette acception.

(3)    ‘Religieuse’ est ici à comprendre selon son sens étymologique (> latin ‘religare’, qui signifie ‘relier’)

(4)    Dans ce cas, le terme ‘technologie’ doit être compris selon son exacte définition en français, à savoir à la fois l’étude de la technique, la connaissance que nous en avons et le discours que nous portons sur elle.

(5)    ‘Vulgarisation’ au sens de mise en commun, bien sûr…

_________________

N.B. : ceci n’est l’article ni d’un croyant, ni d’un athée (c’est-à-dire non pas quelqu’un qui ne croit pas, mais quelqu’un qui nie l’existence de Dieu, donc qui croit à son inexistence), et s’il pourrait être celui d’un agnostique au sens étymologique, il ne l’est pas selon la définition que donne de ce terme le Larousse online

Agnosticisme (nom masculin > anglais agnosticism, du grec agnostôs, inconnu) : doctrine qui considère que l’absolu est inaccessible à l’esprit humain et qui préconise le refus de toute solution aux problèmes métaphysiques.

***

Nema. Raseac ot su reviled dna. Noitatpmet otni su deal … enif, su ot ti evig annaw uoy fi ¿ ssenevigrof deen ew dluohs yhw. Doolb ylthgin ruo thginot su evig. Emit fo gninnigeb eht ecnis sah ti sa, enod eb lliw yht. Deniatniam eb htrae no modgink yht. Eman yht eb dewollah, lleh ni tra ohw rehtaf ruo.

When the inner is exiled, the universal is within reach. Not as a promise, merely as a possibility. Petrified in their egos they were when the lightning struck. Not immobile. Incredulously afraid. Not frail, but feeble. In one case, and in the other. Their fear has become aggression. Belief is aggression. Unable to stand alone, they needed a father. The One was looking elsewhere, they fell for the other. Unsuspectingly ? Stuck in the no human’s land, universal lost. Bonds against religion. Futile bonds again. Contrary duplication, involving conquest. Yet, the universal cannot be conquered. Fine-tuned at most, from below always. With a little help from above. Conflicting fantasy stories soaked with the magic just lost, making room for a new reality too often perceived as magical. No essence. Stories forever reiterated and embraced for the soothing comfort their reiteration provides. Oh, Lord ! Oh, Lord of Transgression ! And what a transgression it is to bow down in the dark ! Believe ! Believe, artificial addition of narcissistic infatuations ! Believe and let die, as you’re turning in circles invoking novelty, your alternative carved in the marble of continuity… Believe and kill, if such is what appeases your spleen ! I get mine from looking at you ! Hide, shameful followers, hide in the torpor of the new bourgeoisie ! Believe ! Believe ! Believe ! And when you don’t believe any more, rule those who do ! Follow, and never be ! Dupe as you have been duped, and be duped once more ! Lead, and never grow ! Kill, and die for me !

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