IDM, le bio de la musique électronique…

Jean-Michel Jarre, « Magnetic Fields 1« 

Abba, Daniel Balavoine et Jean-Michel Jarre… Le croirez-vous ? Voilà les trois références musicales qui faisaient swinguer comme un malade le bout de chou que j’étais. C’est qu’il y en a eu, depuis lors, du chemin parcouru sur les ondes sonores…

Si j’avoue humblement avoir quelque peu remisé au vestiaire Mon fils, ma bataille et réserver mes déhanchements lascifs sur The Dancing Queen aux soirées travelo – nan, j’rigole, inch’ Allah – il m’arrive, en revanche, de réécouter de temps à autre une composition de Jarre.

Pour d’aucuns, c’est le quatuor teuton Kratfwerk qui a posé, en 1970, les jalons de la musique électronique. D’autres, certes moins nombreux, remontent jusqu’à Erik Satie. Trancher ce débat est difficile, et probablement un peu vain, tant toutes les musiques s’influencent. Pour ceux qui, toutefois, s’y attarderaient, il est indéniable que Jean-Michel Jarre, dans le sillage de l’artisanat allemand sans doute, est également un nom qui revêt, dans le genre, une certaine importance; son premier album, Oxygène,  est sorti en 1977.

Soyons francs : il y a, dans le répertoire du second mari de Lady Charlotte Rampling, pas mal de sons typiques et de mélodies qui ont effroyablement vieilli, une surabondance d’aiguës parfois trop perçantes et une certaine naïveté qui peut agacer, mais il y demeure aussi quelques perles. C’est à ce détail, sans doute, que l’on reconnaît un artiste qui dure et dont l’œuvre est susceptible, en partie au moins, de marquer plusieurs générations.

La musique électronique est vaste : de la house à la techno, en passant par l’électro ou la trance, tous sous-genres radicalement différents les uns des autres, tant en termes de vitesse des rythmes que de prédominance ou non des basses, de compatibilité avec les clubs de nuit ou encore de souci mélodique, mais aussi de modes de production (La première nommée, par exemple, est supposée se composer chez soi, à l’abri des studios, à l’image des groupes de rock garage, ce qui lui a valu son nom.), ses déclinaisons sont innombrables, et leurs influences réciproques multiples.

Une de celles-ci en particulier a mes faveurs. Qu’on la nomme ambient ou IDM (pour Intelligent Dance Music), elle est la moins répétitive, la moins cloisonnée, la plus pensée, la plus stimulante intellectuellement, la plus empreinte de sensibilité.

Reload, « Le Soleil et la mer« 

Dans La Question humaine, le terrible film de Nicolas Klotz, la musique électronique n’est abordée que sous un angle tragique et barbare. Celui-ci fait écho à l’aventure vécue par le anti-héros, qui se retrouve avec ses vicieux collègues des inhumaines ressources, après le travail, dans un club sombre et décadent où les beats répétitifs, tout de basses lourdes comme des tirs d’artillerie qui, en d’autres lieux et d’autres circonstances, pourraient s’interpréter par trois mots à peine (tantôt « Follow The Leader, Leader, Leader… », tantôt « kill, kill, kill »), empêchent tout échange, toute humanité…

Dans chaque sous-genre cité plus haut se dénichent des gemmes, qui échappent à la démagogie et au totalitarisme musical, mais jamais ou très rarement celles-ci se nichent-elles en haut du panier : le mot ‘underground’ a un sens… Dans l’IDM, comme dans le cochon, tout est bon ! Presque toujours le fruit de producteurs indépendants, qui achètent leur propre matériel de production et refusent de se plier aux diktats des multinationales du disque – ces voyelles ! –, cette musique est essentiellement mélodique, n’en rajoute pas sur les basses et ne s’accommode pas de l’usage de drogues dures. Elle est aussi la plus ouverte sur le monde, se prête le plus aux influences musicales de toutes natures – il est ardu de coupler « boink boink boink » à un rythme jazzy, rock, reggae, ou avec quelque rythme que ce soit, d’ailleurs – et, paradoxalement, demeure la plus méconnue (ou la plus boudée). Elle ne convient, en effet, ni aux détracteurs adeptes de gros clichés et d’amalgames, pour qui la musique (avec un déterminant défini) se vénère telle une langue morte, ceux dont les oreilles peu raffinées se limitent à sa superficialité, dès lors qu’elle n’est pas classique, ni à ceux qui fréquentent les boîtes de nuit, ces assommoirs musicaux.

Certes, le loop (c’est-à-dire la révolution, la musique électronique brillant rarement par sa linéarité) et même une certaine répétition n’en sont pas totalement absentes, mais l’IDM est inventive, car elle est chaleureuse, invite à une certaine hauteur, au calme, et permet la discussion. Pour les tenants de l’univers, le passé ne se réécrit pas, mais postulons qu’en 2010, Duisburg aurait eu un tout autre visage si l’IDM avait supplanté les « boink »…

Il serait plaisant que, par chez nous aussi, les festivals, les radios et les rares programmes de télé où la musique joue un rôle à part entière s’intéressent davantage à ce style et lui accordent sa part de lumière

Orbital, « Belfast« 

>   www.weekidmuze.wordpress.com (catégorie : electronica / tag : IDM)

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Ceux et celles qui peineraient à faire la distinction entre la musique présentée ici et l’amusique qui tourne dans la plupart des boîtes de nuit peuvent, à leurs risques et périls, entreprendre d’écouter ce qui suit ou, si le lien n’est plus disponible, effectuer une recherche sur Dave Clarke, l’un des innombrables DJ opportunistes spécialisés dans le ‘boink’ pour amateurs de coke : http://www.youtube.com/watch?v=h25xz0GpIpI

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