La poésie ? Mais, elle vous emmerde, la poésie !

Kandinsky, Fugue (1914)

Fugue (1914)

« Je crois que la philosophie future, outre l’essence des choses, étudiera aussi leur esprit avec une particulière attention. Ainsi sera créée l’atmosphère qui rendra les hommes en général capables de sentir l’esprit des choses de manière inconsciente, ce qui explique le plaisir que prend le public à l’art figuratif. Mais c’est la condition pour que les hommes en général aient l’expérience du Spirituel dans les choses matérielles, et plus tard, du Spirituel dans les choses abstraites. Et c’est grâce à cette nouvelle capacité qui sera sous le signe de « l’Esprit » que l’on arrive à la jouissance de l’art abstrait, c’est-à-dire absolu. »

Kandinsky, Rückblicke, 1913

Léo Ferré, Les poètes de sept ans [Rimbaud] (live à l’Olympia)

Le rêve, c’est elle. Bien plus qu’un songe, elle est rêve éveillé. Elle a le temps. Le temps, elle l’est. Par-delà le vôtre, le mien, elle est le liant, submergée au-delà des nuages. Telle une musique suspendue venue d’on ne sait trop où qui suggère, jamais n’impose, elle est la religion ouverte de ceux qui ne croient pas, qui parle à ce que nous étions avant que nous ne soyons au monde. Elle est l’âme d’enfant qui aux tourments a survécu. Elle est le courbe, le distendu, le sinueux, l’aigu, l’oblique, l’invisible, l’obtus, elle est tout cela, mais pas le droit !

Der Sturm (1910-1932)

Schönberg, Verklärte nacht

Elle est la beauté sublimée des formes, l’éclatante harmonie des pigments, l’assassine mélopée de la foudre, le nu de la psyché qui s’habille du souffle vital né de l’étincelle qui a propulsé la flamme d’énergie essentielle. Elle est l’abondance face à l’économie. Elle est l’oiseau que cherche à décimer le chat, marri du fait que lui jamais ne voltigera dans cette apesanteur qui, légère, se joue de la frivolité comme de l’abus de réalité. Elle est l’irréductibilité des mots aux valeurs, aux chapelets, aux chiffres et aux codes. Elle est existence, elle est résistance, cette amante insoumise qui à tous les supports se prête sans jamais se donner à aucun…

Léo Ferré, L’âge d’or

Ferré 3

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