Par un détour, dans la forêt verte…

Jonny, celui sans le ‘h’, car il est le diminutif de Jonathan, non de John, se promène, luisant de stridulantes ondes Martenot répondant aux ondes radio qu’il a captées étant teen, dans la fuligineuse vallée aux mânes spectrales emportées, au fil des siècles, par l’altier ouvrage des Parques vers ce tourbillon inapparent de consciences qui le tourmente à présent.

Le kid décontenancé s’y lamente, l’ombre de Syd à ses côtés, qui flirte, terrifiante de morbide pugnacité, avec les échos sifflants et distordus émis par le carrousel d’esprits hantés confinés au purgatoire mais convoqués dans l’éther en son nom, de la onzième à la quatorzième minute trente, par le quatuorvirat mélano-sélénien qui prit sa relève, du vaste vide spatial qui, s’il recèle des mystères en surnombre, s’abstient de divulguer la pertinence de l’ésotérique sorcellerie qui inlassablement s’évertue à ce que tant de vase toujours s’agglomère à la délicate vulnérabilité de la création.

Perdu dans les méandres d’un film à grands frissons produit par cette société du spectacle à laquelle pourtant il contribue, il se laisse voguer au gré du défaitisme d’un jour, d’une semaine, d’un an, de cinq peut-être, sur les flots inertes qui, se réveillant soudain par intermittences, ont fait sombrer tant d’âmes plastifiées, certaines s’y agitant encore, leur potentiel cloué à la potence.

Leur morgue, leur assassine futilité, leurs caprices, il lui faut les leur restituer, faute de quoi il serait, tel l’agneau sur la croix, dévoré par les bêtes. Le voilà donc, multimodal et pluricordes, qui, en réponse à l’infamie, compose sans ferveur mais avec style cet hymne doux aux Valkyries, où la torpeur est lancinante et la résignation amère : que le vent les emporte ! Et se fait remarquer, comme il se dit par pudique litote, par des symphonies de prestige.

Force placide derrière la voix geignarde du frontman d’apparat, il se voit ainsi à son tour promettre  le devant de la scène. Il ne le revendiquait pas : avec sa taciturne mélancolie de bon bad boy, le contre-jour lui seyait à merveille. C’est que cette légèreté profonde qui s’associe contre son gré aux turpitudes de l’expérience, ces subtiles touches cristallines qui se combinent par simulacre à ces violons en déshérence, cette pluie fine de sons perlés et subreptices qui, pendant ou après le supplice, révèlent la douloureuse Humanité, c’est dans l’interstice qu’elles ont leur place, dans les anfractuosités où le Soleil péniblement au sombre le dispute, clichant une lutte immémoriale, une bataille sanguinaire, où des figures inquiétantes sorties d’on ne sait quel bestiaire chargent l’air d’épouvante, fluidifient par une transe primitive l’existence pour la rendre plurielle, surprennent, ravissent, ravivent dans les forges du destin, là-haut, tout en bas, entre loup et chien.

Catégories : Musiques | Tags: , | Poster un commentaire

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