Eclaircissement intermédiaire

C’est très probable, mais comment en être entièrement sûr ? Je ne sais si le grand cataclysme des prophéties aura eu lieu. Mais qu’il ait eu lieu ou non, l’avenir paraît très sombre…

Si vous le lisez à présent, c’est que ce blog lui aura résisté, le cas échéant, qu’il aura résisté à la censure, qu’il aura résisté au dépérissement, et je vous y souhaite la bienvenue. C’est en pensant à vous que je l’ai écrit, en pensant à l’Humanité, telle que je la conçois.

barreaux contemporains

Si vous vous demandez comment vous en êtes arrivés là, vous en tant que collectivité humaine, vous y trouverez certainement quelques réponses, celles que j’ai humblement glanées au fil de mes pérégrinations médiatiques, de mes recherches électroniques, de mes envolées lyriques parfois benoites, de mes échappées cosmiques, de mes rêves déchantés et de mes espoirs vivaces, illustrés par des musiques amies selon un donnant-donnant désinteressé. Ici, je suis nu et cette nudité me sied.

Le moi – et non l’ego – qui s’y exprime n’a rien d’un héros. Il est un homme ordinaire qui a défendu, défend et défendra ad vitam – et par-delà – sa conception de la Vie, qui se décline ici en autant d’apostrophes indignées, de clins d’œil complices, d’allusions cryptées, de paraphrases et de métaphores parfois subtiles, de tentatives proto-poétiques. Ces dernières se logent comme de singulières bouffées d’air frais au milieu de sujets pestilentiels qui reflètent notre décadente époque et ne pouvaient être passés sous silence.

Rien de ce que vous trouverez ici n’a pu s’exprimer ailleurs, car cet ailleurs-là est cloisonné comme il l’a rarement été. Et s’il a eu lieu, ce sont ces cloisons qui ont mené au cataclysme, et elles sont de tous ordres. Leurs origines et leurs motivations sont diverses, mais répondent toutes aux mêmes objectifs, que les hommes d’avant se disputaient : la tutelle des idées, le contrôle des ressources, l’asservissement des personnes.

Ils avaient les moyens de vous faire comprendre que vous les gêniez, les petits, les très petits d’en-haut. Procès tronqués, insultes, tentatives d’humiliation, déni, suffisance : les basses cours étaient prêtes à tout, sauf à se regarder dans le miroir, ce miroir qui les enlaidissait sans avoir jamais besoin de les déformer. Leur barre, voyez-vous, ils se l’étaient fixée très bas, et ils entendaient que chacun baigne avec eux dans le grand bain lugubre de la médiocrité publique post-élitaire, celle par laquelle ils s’étaient fait piéger naguère et qu’ils ont entretenue depuis lors, celle à laquelle, par conséquent, ils ne pouvaient tolérer que d’autres échappent. Mais lorsque la victoire sur le fond est assurée, que reste-t-il de civilisé à vos adversaires pour vous mater ?

Oui, j’ai joui de ma dose de science infuse, comme tout le monde, comme chacun. J’ai tenté ici, par médiations, de lui rendre honneur en fonction de mon jeune âge. Et ce que je reproche aux médiocres n’est pas tant le fait qu’ils le soient, mais le fait qu’ils se plaisent à l’être. Car personne n’a vocation à demeurer médiocre…

petite chose accroupie

Je suis venu, j’ai vu et j’ai vomi. J’ai vomi sur le matérialisme sordide véhiculé par des légions blafardes volontairement à la solde d’un diable de pacotille. J’ai vomi copieusement sur toutes ces créatures à l’âme difforme qui ont tourné le dos à une humanité que leurs prédécesseurs s’étaient employés à élever. J’ai vomi sur l’accaparation, le monopole, la concentration. Mais ce vomi, elles l’ont dégusté comme un mets savoureux, et elles ont continué de plus belle : la destruction du monde devait inconsciemment, pour elles, répondre à l’annihilation de leur être. C’est pourquoi ce cataclysme déjà évoqué était quasiment inscrit dans les astres.

J’ai vu ! J’ai vu des rois assassiner des éléphants et poser fièrement devant leur dépouille. J’ai vu des cohortes de sangsues sanguinolentes s’adonner aux pires exactions sous le couvert de l’autorité que leur avaient conférée d’autres restes d’humanité. J’ai vu la Nature en état de siège, la noblesse du lion sud-africain réduite à la vanité de ceux qui s’accaparaient sa peau, la robustesse du rhinocéros dérobée au nom de ses cornes, la fierté de l’ours polaire réduite à l’état de carpette de luxe pour possédants dégénérés. J’ai vu les espèces s’éteindre les unes après les autres dans l’allégresse et l’indifférence générales. J’ai vu les derniers îlots d’équilibre entre nature et homme souillés par ce dernier au nom d’une économie d’imagination toujours plus fertile, les sols pollués par des substances chimiques, des forêts gigantesques déboisées, des rivières dévastées, les océans nucléarisés presque autant que l’air. J’ai même vu de petits Napoléon ambitionner d’éteindre le Soleil !

Jusqu’au dernier, je les ai vus s’entredécimer, rôtir la chair dans des attentats, exporter leurs outils de mort par milliards, pendant que les crève-la-faim trépassaient la bouche ouverte sans même mériter leur regard. Je les ai vus, en somme, au nom de leur religion, gérer et vendre la matière comme si sa valeur croissait à mesure qu’elle était soumise, inerte. Je les ai vus et j’ai vomi : ils ne soupçonnent pas l’étendue de mon mépris pour eux. Au Diable leur diable ! A l’égout leur bassesse !

Décadence de l'humain

La Nature était féroce, aride, sans pitié. Ces qualités, ils les ont reprises à leur compte, mais, en cours de route, ils ont perdu l’empathie qui est pourtant l’unique clé de sa compréhension. Il nous fallait bien une place, certes, mais pas l’ensemble ! Car de cet ensemble, notre place dépend ! Dieu, que j’eusse aimé que cette note soit plus positive, mais nous laissent-ils le choix ? Tout ce que le futur contiendra d’abject, ils l’auront mérité mille fois ! Puissent-ils en avoir été les uniques victimes !…

Catégories : Philo de comptoir, Politique / Société

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