Archives mensuelles : novembre 2013

« L’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices dans l’ENMOD passent pour vertus. » (*)

Pays (Conseil de Sécurité restreint)

Date de signature

Date de ratification ou d’accession

Chine

 nihil 

08 juin 2005

France

nihil

nihil

Royaume-Uni

18 mai 1977

16 mai 1978

Russie

18 mai 1977

30 mai 1978 (Union soviétique)

Etats-Unis

18 mai 1977

17 janvier 1980

 Quelle est la portée réelle d’un traité ? Prenez l’ENMOD, par exemple, conçu dans l’enceinte de l’ONU en 1977. ENMOD signifie « environmental modification » L’acronyme semble n’avoir pas été traduit en français, peut-être parce que la France s’est, pour des raisons obscures, abstenue jusqu’à  ce jour de ratifier et, a fortiori, de signer ladite convention internationale. Mais même si elle y avait procédé, à l’instar des quatre autres membres permanents du Conseil de Sécurité, la Chine s’y étant jointe sur le tard, à quoi se serait-elle engagée au juste ?

L’ENMOD stipule notamment ceci…

Les Etats parties à la présente Convention […]

Sont convenus de ce qui suit :

ARTICLE PREMIER

1/ Chaque Etat partie à la présente Convention s’engage à ne pas utiliser à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles des techniques de modification de l’environnement ayant des effets étendus, durables ou graves, en tant que moyens de causer des destructions, des dommages ou des préjudices à tout autre Etat partie.

2/ Chaque Etat partie à la présente Convention s’engage à n’aider, encourager ou inciter aucun Etat, groupe d’Etat ou organisation internationale à mener des activités contraires aux dispositions du paragraphe 1 du présent article.

ARTICLE II

Aux fins de l’article premier, l’expression « techniques de modification de l’environnement » désigne toute technique ayant pour objet de modifier – grâce à une manipulation délibérée de processus naturels – la dynamique, la composition ou la structure de la Terre, y compris ses biotes, sa litosphère, son hydrosphère et son atmosphère, ou l’espace extra-atmosphérique.

ARTICLE III

1/ Les dispositions de la présente Convention n’empêchent pas l’utilisation des techniques de modification de l’environnement à des fins pacifiques et sont sans préjudice des principes généralement reconnus et des règles applicables du droit international concernant une telle utilisation.

2/ Les Etats parties à la présente Convention s’engagent à faciliter un échange aussi complet que possible d’informations scientifiques et techniques sur l’utilisation des techniques de modification de l’environnement à des fins pacifiques, et ont le droit de participer à cet échange. Les Etats parties qui sont en mesure de le faire devront contribuer, à titre individuel ou conjointement avec d’autres Etats ou des organisations internationales, à une coopération internationale économique et scientifique en vue de la protection de l’amélioration et de l’utilisation pacifique de l’environnement, compte dûment tenu des besoins des régions en développement du monde. […] »

http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/31/72 (**)

Que peut-on en conclure ? Tout d’abord une vérité générale, à savoir que ce traité-ci est particulièrement faiblard dans sa phraséologie, ce qui trahit la volonté de certains (au moins) de ses signataires initiaux d’avoir voulu en amenuiser la portée, de se ménager de confortables échappatoires et, subséquemment, que lesdites échappatoires sont tellement grossières qu’elles rendaient la convention quasiment caduque dès l’entame.

Il est une autre vérité générale, plus ou moins respectée celle-là : un traité de désarmement ne voit généralement le jour qu’en réaction à un monceau d’atrocités. Ainsi de celui bannissant l’usage des armes chimiques, dans la foulée de leur utilisation massive lors d’une guerre dont il est légitime de se demander ce qu’elle pouvait bien avoir de grand. Ainsi aussi de cette tentative de restreindre la faculté des Etats aux compétences techniques les plus développées de jouer les magiciens d’Oz avec l’environnement, le climat en particulier, ce que l’un d’eux ne s’était pas gêné de faire au Vietnam, jusqu’en 1972, à travers la célèbre « Operation Popeye », qui visait à prolonger artificiellement la durée de la mousson en saturant les nuages d’iodure d’argent (afin de compliquer les déplacements des troupes ennemies), une technique de stimulation pluviale actuellement utilisée dans certains pays africains, le Mali par exemple.

Un tel traité, enfin, est largement soumis, dans le chef des Etats les plus puissants, c’est-à-dire ceux aussi qui contribuent le plus largement au budget des institutions supposées en vérifier l’application, au bon vouloir de leurs leaders successifs. Souvenons-nous, à cet égard, du profond mépris manifesté par l’administration néoconne à l’endroit de toutes les institutions internationales, l’ONU en particulier (1).

La convention qui nous occupe dans le présent article présente deux déficiences majeures : d’une part, elle n’interdit aucunement aux Etats qui y sont parties d’utiliser à des fins belliqueuses des instruments de modification du climat à l’encontre d’autres Etats qui n’y ont pas adhéré. Le distinguo est de taille ! D’autre part, elle s’abstient de définir concrètement ce qui relève, en la matière, de telles fins. C’est, associé au laxisme dont l’ONU est, à son corps défendant, devenue coutumière depuis au moins deux décennies, ce qui explique sans doute que des initiatives telles que HAARP, la station états-unienne implantée en Alaska et active depuis la fin des années nonante, brièvement fermée en juillet dernier (prétendument pour des raisons budgétaires) mais apparemment rouverte depuis, aient pu se développer, une initiative strictement militaire d’expérimentation avec le climat contre laquelle s’est insurgé, à de multiples reprises depuis 1999, le Parlement européen.

En 1992, la Défense états-unienne annonçait pourtant déjà la couleur : « les difficultés, les coûts et les risques liés au développement d’un système de contrôle du climat sont extrêmement importants. Toutefois, les bénéfices [d’un tel système] pour la sécurité nationale pourraient être plus importants encore. Les armes de modification du climat [de la zone où est localisé l’ennemi] relèvent de possibilités qui font nolens volens partie de ce qui est possible [Sic !, ndb] et elles doivent donc être envisagées. » (2)

Un document prospectif récent du ministère de la Défense britannique, qui se propose de poser les jalons de l’apocalypse militaire jusqu’en 2040, va bien plus loin encore : « la modification du climat continuera d’être étudiée. Les objectifs [en cette matière] sont de générer davantage de précipitations, de réduire les dommages causés par la grêle, d’éliminer le brouillard, ou tout autre résultat pratique destiné à rencontrer des besoins spécifiques. La manipulation du climat est susceptible d’avoir un impact sur les conditions dans lesquelles est menée une opération militaire, de limiter les capacités aériennes [de l’ennemi], de diminuer [sa] visibilité, tout en [nous] permettant [un certain anonymat] et en perturbant les lignes de communication. » (3)

10

Le document insiste par ailleurs, au futur simple et faisant usage d’une formulation particulièrement ambiguë par les temps qui courent, sur un autre aspect de « la guerre environnementale » à venir, celle qui permettra « de tirer parti de l’épandage de pathogènes végétaux et humains à travers le largage d’hybrides entomorphes ou d’insectes télécommandés afin de causer des dommages physiques et, par conséquent, financiers. De telles méthodes pourront être utilisées comme incapacitants ou comme pathogènes létaux dans le cadre d’attaques contre des humains ». Si ce qui précède vous a coupé l’appétit, attendez de lire ce qui suit : « [ces méthodes] fourniront aux Etats ou à leurs alliés ainsi qu’à des groupes terroristes les moyens d’exercer le pouvoir. » (Ibid.)

Clairvoyant, un sénateur belge avait interpellé, il y a quatre ans, le ministre des Affaires étrangères d’alors en ces termes : « bien que l’article VIII de la Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles (ENMOD) de 1977 prévoie la convocation, tous les cinq ans, de conférences d’examen, celles-ci n’ont été organisées qu’en 1984 et en 1992.

Etant donné que les technologies ont évolué entre-temps et que des programmes tels que HAARP (High Frequency Active Auroral Research Program), qui semblent avoir des répercussions sur l’environnement et la santé publique, ont été lancés, il semble indiqué de convoquer une telle conférence d’examen et d’actualiser, le cas échéant, la Convention ENMOD.

Je souhaiterais savoir si la Belgique œuvrera en faveur de la convocation d’une conférence d’examen de la Convention ENMOD. » (4)

La requête, écartée d’un revers de main par un ministre fantoche, était très modeste…

___________

(1) Ceux qui ont la mémoire courte pourront se rappeler les nombreux écarts significatifs (et revendiqués) des administrations Bush fils par rapport à leurs obligations internationales, au nom de la guerre contre le terrorisme, en feuilletant cette liste électronique non exhaustive compilée en leur temps par une poignée de diplômés d’une académie militaire états-unienne de renom :

http://www.wpgaw.org/laws_and_treaties_violated_by_pr.htm

(2) Source : Defense Technical Organization, Spacecast 2020 (Executive Summary), juin 1992, pp. 23-24

http://oai.dtic.mil/oai/oai?verb=getRecord&metadataPrefix=html&identifier=ADA295145

(3) Source : Ministry of Defense (UK), Strategic Trends Program, Global Strategic Trends – Out To 2040 (quatrième édition), 12 janvier 2010, pp. 155-157

http://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/33717/GST4_v9_Feb10.pdf

Lire l’intégralité du passage consacré aux « armes nouvelles » vaut son pesant de cacahuètes. En effet, il n’y est pas question uniquement des armes à faisceau laser (ou directed energy weapons) et / ou radio-fréquentielles, bien connues depuis le Onze-Septembre au moins, mais aussi, par exemple, de bombes aux détonations surpuissantes inspirées des bombes à fragmentation… à l’horizon 2040, bien sûr !

(4) Question n°4-2398 du 12 janvier 2009 de Monsieur Geert Lambert (posée en néerlandais)

___________

(*) d’après Molière, Don Juan ou le Festin de pierre, V, 2

(**) Les mots mis en gras et soulignés le sont par le blogueur.

Les deux articles qui suivent ont quelque corrélation avec celui-ci.

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Jeanne, m’entends-tu ? Tu m’entends, Jeanne ?

« Certainement, il y a l’énorme complexité de la grande machine étatique, financière, industrielle […], qui peut surveiller tout ce que nous faisons, pas encore tout ce que nous pensons, heureusement. […] Cette machine d’une énorme complexité, qu’est-ce qui est encore plus complexe qu’elle ? C’est cette petite matière grise […] qui se trouve à l’intérieur de nos têtes [et] qui s’appelle le cerveau humain. Le cerveau humain d’un individu est encore plus complexe que la gigantesque machine qui voudrait le contrôler. […] Tant que la machine n’aura pas nos têtes, elle n’aura pas gagné. »

Présomptueuse, cette prise de position engagée du philosophe Edgar Morin, en clôture du séminaire pour la liberté d’expression tenu par Mediapart, fin septembre 2013, qui a permis à l’intéressé de mesurer empiriquement in situ le nombre de spectateurs qui réagiraient à ses propos ? A certains égards, sans doute, à d’autres bien moins…

Dès que la chape de plomb figurée qui impose le silence autour de cette question, dont Morin dessine, à mon sens, les contours de manière à la fois erratique et définitive, c’est-à-dire dès que les canidés de garde parmi les figurines du petit écran, qui veillent toujours soigneusement à garder une confortable distance entre ce qu’ils savent ou présument, et ce que le bon peuple présume parfois mais n’est pas autorisé à savoir, auront péri sous les assauts de l’âge, d’Internet et / ou du miroir réaliste de leur médiocrité, la question de « cette machine d’une énorme complexité » qui ne peut « pas encore  surveiller tout ce que nous pensons », à laquelle Paul Jorion, dans un édito YouTube tout aussi anecdotique que désabusé et auto-hermétique du 20 juin 2013, lequel s’inscrit dans une longue série de selfies vidéo de la même trempe, fait, lui aussi, parmi tant d’autres, allusion, sera immanquablement posée ouvertement, dans toute sa majesté, provoquant, selon les plus pessimistes, des cataclysmes sociaux de nature matricielle, tant le bon peuple, prenant subitement conscience que la science l’a devancé de quelque deux cents ans, se muerait en hordes mutuellement destructrices, ou favorisant, à l’estime des plus optimistes, l’appropriation populaire d’un savoir confisqué pendant de trop nombreuses décennies, auquel il n’a, la plupart du temps, été fait allusion que de manière allégorique et approximative par une certaine caverne cinématographique et certains types de musiques contemporaines : « da story is to be sold, not to be told », comme dirait l’autre, qui, de chien, s’est soudain mué en lion…

Il sera possible, alors, dans ce second cas, sans risquer d’être la risée des bienpensants du pouvoir, ni le pantin de franges extrémistes violentes, de s’interroger publiquement sur cette « machine », de chercher à déterminer si elle est gouvernée ou si, telle sa très petite consœur face à Kasparov, elle en est arrivée à s’autogouverner en prenant appui sur le flot d’informations que l’humain lui a communiquées, voire même si elle nous gouverne, partiellement ou totalement, et, dans l’affirmative, selon quels principes, et quel degré d’interaction. Il nous sera de nouveau possible, à nous autres humains, de nous parler sans faux semblants, sans nous invectiver ou nous censurer les uns les autres, sans nous concurrencer pour le titre de supreme killer. Il nous sera de nouveau possible d’aim…

Cette « machine » est-elle la « machine » du pouvoir ou la « machine » de tous, dont les puissants, par leurs ressources (financières, intellectuelles et de réseau) tirent bien davantage profit que les autres ? Est-elle un instrument parmi d’autres dans les mains du complexe militaro-industriel, qui menacerait de mort abrupte ou contrôlée ou couvrirait de ridicule quiconque en fait trop clairement état, et, dans l’affirmative, est-elle vouée à le rester, à alimenter un culte religieux, ou à développer une dimension démocratique ? Favorise-t-elle un système politique plutôt qu’un autre ou tout lui est-il égal, si tant est que soient réunis certains paramètres ?

Représente-t-elle une menace totalitaire pour l’humanité, ou peut-elle, moyennant un certain état d’esprit où l’Humanité a sa place, lui faire découvrir de nouveaux horizons ? Nivelle-t-elle ou élève-t-elle ? Augmente-t-elle ou réduit-elle les facultés ? Eclaircit-elle ou opacifie-t-elle les esprits ? Flatte-t-elle l’ego ou laisse-t-elle chacun entrapercevoir son moi attaché ? Est-elle, comme l’est le web pour les ordinateurs rectangulaires, le gestionnaire d’un parc de cerveaux mondial que ne pourrait contrôler quelque entité que ce soit mais dans lequel il serait loisible à certaines d’entre elles de piocher à leur guise ? Et, question fondamentale, la bestialité humaine, celle de la domination et des rapports de force défavorables aux uns et extrêmement favorables aux autres, en est-elle digne ?

La CIA, l’US Air Force, l’US Navy, l’OTAN et d’autres organismes para- ou supra-étatiques similaires (pas uniquement états-uniens) pourraient avoir leur avis sur ces questions

1 - YALE JOURNAL OF BIOLOGY AND MEDICINE, 7 décembre 1934, pp 83-128

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2601137/

2 - JOURNAL OF APPLIED PHYSIOLOGY, 1 juillet 1962, vol 17, n°4, pp 689-692

http://jap.physiology.org/content/17/4/689.abstract

3 - THE NEW YORK TIMES, 28 décembre 1965, p 28

http://select.nytimes.com/gst/abstract.html?res=F70C1FFB3B591B7A93CAAB1789D95F418685F9

ABC News (Paul Altmeyer), “Mission Mind Control”, 10 juillet 1979

4 - Low-Intensity Conflict and Modern Technology, US Air Force, Air University Press, juin 1986

5 - Capt P Tyler (US Navy), The Electromagnetic Spectrum in Low-Intensity Conflict, Air University Press, 1986, p 249 et suivanteshttp://ce399.files.wordpress.com/2009/12/theelectromagneticspectruminlow-inte.pdf (JUIN 1986 !)

Extraits

« Bien que la radiation électromagnétique soit connue de tous, son prototype étant la lumière visible, et malgré le fait que certaines propriétés magnétiques et ‘électriques’ aient fait l’objet d’observations pendant des siècles […], les scientifiques n’identifièrent l’électromagnétisme en tant que tel, n’explorèrent sa physique et ne développèrent des théories rationnelles pour son utilisation pratique que dès la fin du XVIIIe. […]

Les résultats de maintes études qui ont été publiées ces dernières années indiquent que des effets biologiques spécifiques peuvent être obtenus en contrôlant les divers paramètres du champ électromagnétique (EM). Quelques-uns de ces facteurs EM susceptibles d’être manipulés sont la fréquence, la forme de la vague, le taux d’impulsion initial, la durée d’impulsion, son amplitude, le taux de répétition, la modulation secondaire, ainsi que la symétrie et l’asymétrie de l’impulsion. Parmi les effets cliniques des radiations électromagnétiques, un grand nombre furent remarqués pour la première fois à l’occasion de l’utilisation directe du courant appliqué directement sur la peau. Plus tard, les mêmes effets furent obtenus par son application à des champs extérieurs. […]

Comme bon nombre d’entreprises humaines, [les] applications de la radiation électromagnétique peuvent devenir une arme à double tranchant. Elles peuvent être significativement bénéfiques, mais, en même temps, elles peuvent être exploitées et utilisées de manière contrôlée dans le cadre d’applications militaires ou secrètes. La présente contribution se concentre sur l’usage potentiel des radiations électromagnétiques lors de conflits de faible intensité.

APPLICATIONS MILITAIRES POTENTIELLES DES RADIATIONS ELECTROMAGNETIQUES

L’exploitation de cette technique à des fins militaires n’en est qu’au stade embryonnaire, et sa reconnaissance par les Etats-Unis comme une option envisageable est récente. Un magazine de biotechnologie de l’US Air Force datant de 1982 déclarait ceci :

« Les données actuellement disponibles nous permettent de projeter que des champs de radiations de fréquences radio (RFR) spécifiquement générés peuvent constituer une menace antipersonnel puissante et révolutionnaire. La thérapie des électrochocs indique la capacité d’induire du courant électrique afin d’interrompre complètement le fonctionnement mental durant de courts laps de temps, d’alimenter les fonctions cognitives durant de plus longues périodes, et de restructurer les réactions émotionnelles à intervalles prolongés.

Les expérimentations menées par thérapie d’électrochocs, celles relatives aux RFR, ainsi que la compréhension accrue du cerveau en tant qu’organe électriquement médiateur ont suggéré la sérieuse probabilité que des champs électromagnétiques marqués puissent perturber un comportement résolu et pourraient être capables de diriger et d’interroger un tel comportement. En outre, le passage d’approximativement 100 milliampères à travers le myocarde peut mener à un arrêt cardiaque et au décès, soulignant ici aussi l’effet d’une arme qui agit à la vitesse de la lumière.

Un système RFR de scanning rapide pourrait donner lieu à un effet incapacitant ou meurtrier sur une large zone. […] En utilisant des RFR d’intensité relativement basse, il devrait être possible de rendre de vastes groupes militaires sensibles à des quantités extrêmement dispersées d’agents chimiques ou biologiques contre lesquels la population non irradiée serait immunisée. »

Les applications potentielles des champs électromagnétiques artificiels sont vastes, et elles peuvent être utilisées dans de nombreux cas de figure militaires ou quasi-militaires.

Certaines de ces utilisations possibles sont la maîtrise de groupes terroristes, le contrôle des foules, le contrôle des brèches de sécurité dans des installations militaires, ainsi que des techniques antipersonnel dans le cadre d’une guerre tactique. Dans tous ces cas, les systèmes EM seraient utilisés afin de produire des perturbations physiologiques légères à graves, et de distordre ou désorienter la perception. De plus, la capacité des individus de fonctionner pourrait être dégradée à un point tel qu’ils deviendraient incapables de combattre. Un autre avantage des systèmes électromagnétiques réside dans le fait qu’ils sont en mesure de couvrir de vastes zones à l’aide d’un système unique. […] »

6

CNN News, Special Assignment (Chuck DeCaro), novembre 1985 (première diffusion, revue et corrigée en 1999)

Extraits

« Le Dr. Michael Persinger (psychologue spécialiste des neurosciences) a effectué des recherches sur l’effet des radiations électromagnétiques sur le cerveau. Des variations sonores aléatoires […] pourraient permettre de différencier des cerveaux individuels. En d’autres termes, les individus pourraient être identifiés à l’aide des caractéristiques spécifiques de leur production neuronale :

« les niveaux de puissance pour ces amplitudes sont similaires à ceux associés aux signaux générés mondialement par les systèmes radio et de télécommunication. Ces vingt dernières années, un potentiel s’est développé, qui était improbable mais qui est aujourd’hui plus ou moins réalisable : […] il s’agit de la capacité technique d’influencer directement la majeure partie des quelque 6 milliards de cerveaux de l’espèce humaine en générant de l’information neuronale au sein d’un medium physique, au sein duquel tous les membres de l’espèce sont immergés ».

Le message du Dr. Persinger, expurgé de son jargon, consiste à dire que l’espèce humaine tout entière peut être contrôlée par l’entremise d’influences électromagnétiques,  véhiculées par les stations de radio ou de télévision ou par d’autres moyens techniques. »

7 - Nature 391, 316, 22 janvier 1998

http://www.nature.com/nature/journal/v391/n6665/full/391316c0.html

8 - US NEWS & WORLD REPORT, 26 décembre 1999http://www.usnews.com/usnews/culture/articles/000103/archive_033992.htm

(Cet article a paru dans l’édition papier de US News & World Report du 3 janvier 2000.)

Lire aussi : http://www.wired.com/politics/security/news/2007/09/mind_reading?currentPage=all

Extraits

 « Police de la pensée. Les pensées meurtrières d’un terroriste peuvent [être reconnues à travers l’activité électrique cérébrale], affirme [John] Norseen [employé de Lockheed Martin], qui a rédigé sa thèse [universitaire] au Naval War College, une thèse consacrée à l’application de la recherche dans le domaine des neurosciences à l’antiterrorisme. Il a, de son propre chef, soumis au Pentagone un plan de recherche et développement destiné à identifier le profil mental d’un terroriste. Un engin miniature dont la fonction est de cartographier le cerveau, placé dans un détecteur à métaux situé dans un aéroport, passerait au crible les modèles cervicaux des passagers, qu’il comparerait à un dictionnaire d’empreintes cervicales. Norseen prédit que le profilage par empreintes cervicales sera fonctionnel d’ici à 2005. […]

« Si ces recherches aboutissent », ajoute Norseen, « il sera possible de commencer à manipuler ce que des gens pensent avant même qu’ils ne le sachent ». Mais Norseen affirme être ‘agnostique’ quant aux répercussions morales [de son projet]. […] « L’aspect éthique ne me concerne pas », déclare-t-il, « mais d’autres devraient se sentir interpellés. »

9

http://www.dtic.mil/cgi-bin/GetTRDoc?AD=ADA425472

http://csat.maxwell.af.mil/pubs.htm

EXTRAITS

« L’armée a longtemps exploité le spectre des fréquences électromagnétiques, d’abord par l’entremise de communications « sans fil », à la fin du XVIIIe siècle, puis à travers la découverte du radar, dans les années 1930. Ces techniques ont rapidement évolué en de nombreuses applications militaires, en ce compris les systèmes d’alerte anticipée, la détection, et la gestion de la mise à feu de l’armement. […]

Il fut un temps où la notion d’ « énergie dirigée » était reléguée à la science-fiction. […] Ces dernières années, le champ de bataille moderne est devenu un environnement « riche en cibles » pour les armes à micro-ondes de haute intensité. […]

La conclusion de cette étude est que les techniques de micro-ondes de haute intensité sont prêtes pour […] leur déploiement en tant qu’armes opérationnelles, au sein de l’armée U.S . […]

Les contractants privés en matière de défense ne devraient pas seulement être encouragés à développer les capacités techniques qui leur permettraient de participer aux programmes d’armements à micro-ondes; cette étude conclut aussi que les systèmes militaires des Etats-Unis devraient être renforcés afin de les protéger contre les effets [desdites] ondes. »

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« An inconvenient truth » : ite missa est ?

Unless Peace Comes (collectif, 1968)

EXTRAITS

GUERRES SECRETES ET ALLIANCES CHANGEANTES

« Des déficiences tant dans la compréhension basique des processus physiques [à l’œuvre] dans l’environnement que dans les techniques de changement [climatique] rendent très ténue la possibilité qu’une modification [du climat par l’homme] constitue un système d’armement intéressant dans un futur proche. […] A terme, toutefois, des moyens distincts de l’armement conventionnel pourraient être utilisés afin de sécuriser notre prééminence nationale. Alors que s’accentue la concurrence entre de nombreuses nations avancées, il pourrait être à l’avantage d’un pays donné de s’assurer un environnement naturel paisible tout en perturbant l’environnement de ses concurrents. Les opérations qui produiraient de telles conditions pourraient être menées secrètement, étant donné que la grande irrégularité de la nature fait en sorte que tempêtes, inondations, sécheresse, tremblements de terre et tsunamis puissent être considérés inhabituels, mais point inattendus. Une telle ‘guerre secrète’ ne devrait jamais être déclarée, ni même connue des populations affectées. Elle pourrait se poursuivre pendant des années, et seules les forces de sécurité concernées en seraient conscientes. Les années de sécheresse et de tempête seraient attribuées à une nature revêche et ce n’est que lorsqu’une nation serait profondément épuisée que s’entamerait une tentative de conquête par les armes. »

Gordon J. F. MacDonald, How To Wreck the Environment, in Unless peace Comes, A Scientific Forecast of New Weapons, Nigel Calder Editions, 1968

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Avant d’entamer ma plaidoirie, Vos Honneurs, je vous saurai gré de me permettre, s’il-vous-plaît, ô, Vos Grâces, de clarifier un certain nombre de paramètres destinés à mettre en contexte la requête foutrement iconoclaste que je m’apprête à formuler.

Je tiens, en effet, à ce que tout doute qui aurait pu tourmenter vos esprits savants quant à mes louables intentions, en toute matière, à tout instant, s’estompe en un  fugace éclair d’allégresse à l’ouïe des multiples professions de foi suivantes…

1/ A aucun moment n’ai-je, Vos Honneurs, contesté la réalité du changement climatique mondial.

Un réchauffement climatique a, en effet, été mesuré au cours du siècle dernier. En Belgique, il fut de deux degrés en moyenne. Cela, même ceux que l’on qualifie, à l’aide d’un néologisme barbare, de climato-sceptiques, ne le contestent pas. C’est un fait établi, qui relève de la science vérifiable.

2/ J’éprouve une affection particulière pour les ours polaires, ces amis à poils dans lesquels il m’arrive de me reconnaître, ainsi qu’envers les phocinés de toutes natures et de tous acabits, d’ailleurs.

Il est probable, même s’il s’agit cette fois de spéculation, que l’accumulation récente de phénomènes naturels extrêmes, ainsi que la diminution, année après année, de la superficie du permafrost arctique, soient dus à ce réchauffement. Quoi qu’il en soit, la première à en pâtir est la faune sauvage locale. Or, la diversité des espèces vivantes est déjà suffisamment mise à mal par la prédation de l’homme. L’Arctique doit demeurer vierge de toute exploitation économique.

3/ Je suis un fervent partisan des énergies renouvelables, et un inlassable détracteur tant des énergies fossiles que de la bombe à retardement nucléaire.

La question du réchauffement climatique est indissociable de celle de l’énergie.

Quant à l’énergie nucléaire, il est établi désormais, sans la moindre incertitude, que des aléas circonstanciels que les populations locales ne maîtrisent pas et qui peuvent varier de nature au gré des latitudes rendent la sécurité liée à la production d’énergie nucléaire particulièrement instable. La vétusté de l’essentiel des infrastructures, qui ont, pour la plupart, excédé la durée d’utilisation estimée qui leur avait été impartie lors de leur mise en service ajoute bien sûr au danger. La priorité béate accordée à la résorption des déficits publics et de dettes nationales pour l’essentiel indues, qui empêche jusqu’à des investissements de maintenance lourde, clôt le cercle.

Quant aux énergies fossiles, il est établi également que le taux de particules fines dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter. C’est le mérite du GIEC que de l’avoir mis en évidence. Si cette réalité est difficilement palpable pour ceux qui s’isolent dans des cocons successifs (habitation, voiture et bureau climatisés), elle est, en revanche, tangible pour les piétons des grandes villes, dont je suis. Par conséquent, climato-sceptique ou non, chacun devrait souscrire à la nécessité de réduire drastiquement l’usage de ces énergies. Or, l’actuel modèle productiviste acharné ne le permet pas.

La priorité des scientifiques et des maigres budgets alloués à la recherche devrait, par conséquent,  consister à mettre sur pied des méthodes destinées à permettre de stocker l’énergie produite par éoliennes et panneaux solaires, talon d’Achille de ces techniques, pour l’heure.

4/ Je m’accroupis, je m’agenouille, je m’assieds, je m’allonge devant la Science.

Pas plus qu’Al Gore, je ne suis un scientifique, au sens où je n’ai pas fait de l’exercice de sciences appliquées ma profession. La plus grande ennemie de la Science est la science : parce qu’elle alimente l’ignorance, la science de bazar nuit à la Science. Je n’en suis pas moins d’avis que, dans une société (même réputée) démocratique, les fruits de la recherche scientifique doivent être mis à la disposition de tous, donc vulgarisés.

Mais le principal écueil possible d’une telle vulgarisation est l’instrumentalisation politique et, a fortiori, économique, de la Science. Or, c’est, me semble-t-il, l’écueil auquel a succombé le GIEC, qui me donne l’impression de s’être vu imposer un cahier de charges hors duquel il lui était impossible de fureter. Rappelons, à toutes fins utiles, que le lien direct que ce groupe établit entre le réchauffement climatique et le seul CO² (produit par les énergies fossiles), en dépit du fait qu’il se base sur de très volumineux rapports, demeure purement spéculatif, ce qui revient à dire que son caractère scientifique vérifiable peut être mis en doute.

« Si vous placez des glaçons dans un four à micro-ondes », apostrophai-je Jean-Pascal Van Ypersele de Strihou, à cette époque directeur de cette vénérable institution, il y a quelques années, lors d’une conférence privée, « ils fondront inévitablement ». L’intéressé, et une large portion de l’assistance avec lui, m’ont regardé comme si je débarquais de Mars. Au fil des siècles, l’intuition scientifique, qui n’est pas nécessairement le fait de scientifiques purs et durs, a pourtant joué un rôle considérable dans le développement du savoir commun…

Mon humble intuition à moi avait trait, en posant cette question, à l’influence possible – j’insiste sur ce dernier terme – de l’effet de la conjugaison des rayons électromagnétiques produits par la constellation de satellites de fabrication humaine qui tournoient autour de notre planète sur le réchauffement climatique observé. Je ne mettais en doute ni la responsabilité humaine dans ce dernier, ni le résultat de travaux sur lesquels se sont penchés quantité de chercheurs, de par le monde, mais me cantonnais à souligner que d’autres paramètres, celui-là en particulier, pouvaient également interagir et expliquer la situation actuelle.

En toute franchise, j’estimais avoir posé, ce jour-là, au climatologue-en-chef une colle, être sorti de chantiers battus et j’espérais que, l’espace de quelques minutes, ce dernier me suivrait sur mon chemin de traverse. Las ! En quelques secondes à peine, il m’envoya, avec la plus parfaite des courtoisies, sur les roses. C’est, dans sa réponse, l’absence du moindre argument probant pour réfuter l’éventualité que je soulevais qui me laissa perplexe. Il se contenta, en effet, de me répondre que l’action desdits satellites se limitait à la très haute atmosphère, et qu’il était donc peu probable qu’elle ait la moindre incidence sur le climat. Le débat avait, d’autorité mais sur des bases scientifiques fallacieuses qui relevaient plutôt de l’instinct immédiat (dès lors qu’à ma connaissance, aucune étude scientifique publique n’a été menée sur le sujet), été déclaré illégitime avant même qu’il ne puisse s’ouvrir…

Ces œillères me surprirent, car elles semblaient indiquer que le GIEC s’était, au préalable, fixé pour mission de déterminer la responsabilité exclusive des énergies fossiles dans le réchauffement climatique, s’interdisant toute autre considération.

5/ Je hais uniformément le marketing trompeur.

Depuis lors, je regarde avec circonspection toutes les affiches publicitaires relatives au réchauffement climatique que je croise sur ma route, ainsi que les discours enflammés des néophytes, qui me semblent, en effet, se laisser entraîner, sinon par une religion nouvelle, au moins par un nouveau chapelet de croyant devant lequel, à défaut d’être estampillé hérétique, chacun est tenu de se prosterner.

Or, je suis trop écologiste, j’ai trop de respect pour la science démocratique, j’éprouve trop de dégoût envers l’instrumentalisation des peuples, déjà multi-instrumentalisés sans en être conscients, ainsi que, par conséquent, envers le marketing trompeur surabondant, que pour m’y résoudre.

La question que j’avais posée à Van Ypersele relève, pour l’heure, d’un tabou politique scellé en grande partie par le ‘secret Défense’, et connu du grand public uniquement sous l’appellation vague et confuse de « bouclier anti-missiles ». Je suis convaincu qu’elle fera l’objet de toutes les attentions dans les décennies qui viennent. Plusieurs – sinon la totalité – des membres du GIEC, sans même évoquer les responsables des Etats hautement militarisés, le savent fort bien.

Les Anciens attribuaient la foudre, dit-on, à l’intervention d’une ou de multiples divinités. A notre époque, la pseudoscience et l’intervention du hasard dans les phénomènes naturels sont l’apanage des manants, la science captive et ses applications celui des gardiens du Temple.

Si d’aventure, il apparaissait, à l’avenir, de manière éclatante que la corrélation exclusive établie par le GIEC était une fumisterie, l’impact d’un tel contrecoup sur des mouvements auxquels je tiens (parce qu’ils ont leur raison d’être) serait gigantesque. En effet, plus rien ne permettrait, dans pareil cas, de les distinguer des formations politiques conventionnelles, qui militent en faveur de modèles énergétiques désuets et reprendraient dès lors le dessus, puisqu’ils auraient, à leur tour, par stupide mimétisme, dans la plupart des cas, par endoctrinement, succombé à l’exercice propagandiste de la désinformation à large échelle dans le but de faire avancer certains de leurs objectifs politiques.

***

Par conséquent, Vos Honneurs, honorables Maîtres du Climat comme détestables chasseurs planétaires incultes, manipulateurs et fossilisés du complotisme, je ne saurais avec davantage d’insistance vous conjurer d’intégrer à votre science infuse l’exhibit A qui suit, publique et accessible à tous par l’entremise de cette curieuse machine nouvelle aux ramifications planétaires que certains, par défi, nomment Internet.

Et, ainsi, vous ferez (peut-être) justice… climatique !

Ulrich Schnauss & Mark Peters, « Inconvenient Truths« 

Office des Brevets des Etats-Unis d’Amérique du Nord

Brevet 4.686.605

Date de dépôt

11 août 1987

Dépositaire :

(feu) Bernard J. Eastlund, diplômé de Physique du Massachusetts Institute of Technology et de la Columbia University

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« […] Par l’application appropriée des différents aspects de la présente invention, à des endroits stratégiques et avec des sources d’énergie adéquates, [les présents instruments] fournissent les moyens et la méthode pour provoquer des interférences dans les communications sur une très large partie du globe, et même les perturber totalement. Cette invention pourrait être utilisée non seulement afin de perturber les communications terrestres, à la fois civiles et militaires, mais aussi les communications aériennes et maritimes (tant en surface que sous la surface).Elle aurait des implications militaires considérables, en particulier en tant que barrière ou facteur de confusion face à des missiles ou des avions ennemis. La ceinture ou les ceintures d’ionisation élargie produite(s) par la méthode et les instruments détaillés par cette invention pourrai(en)t être utilisé(s) tant comme système d’alerte anticipée que comme moyen pour perturber les communications, surtout si celle-ci est installée au nord de l’Alaska et au Canada. […]

La présente invention présente une variété phénoménale de ramifications possibles et de développements futurs. […] La destruction de missiles ou d’avions [de même que] leur déflexion […] pourraient en résulter, en particulier si des particules à vitesse variable sont utilisées. En outre, de larges parts de l’atmosphère pourraient être soulevées vers de très hautes altitudes, de sorte que les missiles se trouveraient confrontés à des forces d’entraînement inattendues et non planifiées, ce qui résulterait en leur destruction ou leur déflexion.

La modification du climat en fait [également] partie, par exemple en altérant la trajectoire des vents ou les modèles d’absorption solaire dans la haute atmosphère à travers la construction d’une ou de plusieurs volutes qui feraient office de lentilles. […] Des modifications moléculaires de l’atmosphère sont également envisageables […]. Outre qu’il serait possible de modifier la composition atmosphérique d’une région, la présence d’une ou de plusieurs molécules particulières pourraient être accentuée. Ainsi, par exemple, les concentrations d’ozone ou de nitrogène pourraient être artificiellement augmentées. De la même manière, […] diverses entités chimiques telles que le dioxyde de carbone, le monoxyde de carbone, les acides nitrés ou d’autres encore [pourraient être fragmentées]. […]

[Par ailleurs], l’enveloppe de plasma qui entoure un missile ou un satellite pourrait être utilisée comme détonateur afin d’activer un champ [électromagnétique] d’une telle intensité qu’il détruirait ledit missile ou ledit satellite. Partant, des irrégularités peuvent être provoquées dans l’ionosphère, qui interféreraient avec le fonctionnement normal de différents types de radars […].

[Enfin], des volutes concordantes avec la présente invention pourraient être constituées afin de simuler ou de réaliser les mêmes fonctions que celles réalisées par la détonation d’un engin nucléaire de type « heave », sans avoir à faire détoner véritablement un tel engin. »

Source :

http://patft.uspto.gov/netacgi/nph-Parser?Sect1=PTO1&Sect2=HITOFF&d=PALL&p=1&u=%2Fnetahtml%2FPTO%2Fsrchnum.htm&r=1&f=G&l=50&s1=4686605.PN.&OS=PN/4686605&RS=PN/4686605

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Article connexe :

https://yannickbaele.wordpress.com/2012/10/06/hegemonie-militaire-dans-lespace-bouclier-anti-missiles-et-space-based-laser-weapons-quelques-exemples-de-lusage-possible-des-impots-americains/

La référence bibliographique et la citation qui en est extraite, qui figure en début d’article, ont été ajoutées le 24/11/13.

Catégories : Philo de comptoir, Politique / Société | Étiquettes : , , , , , , , , , ,

« In the land of the Corps and the home of the slaves »…

« Bonjour. Mon nom est Jeremy Hammond et je suis ici pour être condamné en raison de mes activités en tant que hacker, que j’ai menées durant mon engagement auprès d’Anonymous. J’ai été incarcéré en préventive au Metropolitan Correctional Center de New York ces vingt derniers mois, ce qui explique que j’aie eu énormément de temps pour réfléchir à la manière d’expliquer mes actions. […]

Les actes de désobéissance civile et d’action directe pour lesquels je m’apprête à être condamné aujourd’hui s’inscrivent dans la droite ligne des principes de communauté et d’égalité qui ont guidé ma vie. Je me suis introduit dans les systèmes informatiques de dizaines de corporations de premier plan et d’institutions gouvernementales, et je comprenais parfaitement que ce que je faisais était illégal, et que mes actions pourraient m’envoyer en prison. Mais je ressentais la nécessité d’utiliser mes talents pour dévoiler et combattre l’injustice, pour faire éclater la vérité.

Aurais-je pu atteindre les mêmes buts par des moyens légaux ? J’ai tout essayé, des pétitions aux manifestations pacifiques, et j’ai abouti à la conclusion que ceux qui exercent le pouvoir refusent que la vérité soit dévoilée. Lorsque l’on parle de vérité aux gouvernants, l’on est, au mieux, ignoré, au pire, neutralisé brutalement. Nous sommes confrontés à une structure qui ne respecte pas son propre système de répartition des pouvoirs, encore moins les droits de ses propres citoyens, ou la communauté internationale.

C’est lorsque George W. Bush a volé l’élection présidentielle de 2000, avant d’instrumentaliser la vague de racisme et de patriotisme provoquée par le Onze-Septembre afin de lancer unilatéralement des guerres impérialistes contre l’Irak et l’Afghanistan, que j’ai commencé à m’intéresser à la politique. Je suis descendu dans la rue pour protester, croyant naïvement que la voix des manifestants serait entendue à Washington, et que nous pourrions prévenir la guerre. Au lieu de cela, nous fûmes considérés comme des traîtres, battus, et arrêtés.

J’ai été arrêté en raison de nombreux actes de désobéissance civile dans les rues de Chicago, mais ce n’est qu’en 2005 que j’ai mis à profit mes compétences informatiques pour enfreindre la loi à des fins de protestation politique. C’est le FBI qui m’a arrêté, pour avoir hacké le système informatique d’une association de droite favorable à la guerre, du nom de Protest Warrior, une organisation qui vendait des T-shirts racistes et harcelait les pacifistes. Je fus mis en examen sous le Computer Fraud and Abuse Act, et les « pertes présumées » que cette dernière aurait eu à subir furent estimées, de manière complètement arbitraire, à 2,5 millions de $, soit le nombre de cartes de crédit mentionnées dans la base de données de Protest Warrior multiplié par 500 $ / unité. C’est sur base de cette « perte » que furent élaborées les charges retenues contre moi, même si pas une seule de ces cartes de crédit ne fut utilisée ou distribuée, que ce soit par moi ou par quiconque. Je fus condamné à deux ans de prison.

Durant mon séjour en prison, je me suis rendu compte par moi-même de l’immonde réalité, à savoir la destruction par le système de justice pénale de millions de personnes retenues captives. Cette expérience a renforcé mon opposition à toute forme de pouvoir répressive, ainsi que ma conviction qu’il est important de s’élever au nom de ce que l’on croit juste.

Après ma libération, j’étais plus que désireux de poursuivre mon engagement dans des luttes pour le changement social. Je ne voulais pas retourner en tôle. C’est pourquoi je me suis focalisé sur l’organisation de mouvements qui ont pignon sur rue. Mais, le temps passant, ma frustration par rapport aux limites des manifestations pacifiques, que je considérais réformistes et inefficaces, a cru. L’administration Obama a poursuivi les guerres d’Irak et d’Afghanistan, accru l’utilisation de drones, et a échoué à fermer Guantanamo.

A ce moment, je m’intéressais au travail de groupes tels que Wikileaks et Anonymous. Voir les idées qui sous-tendent l’hacktivisme porter leurs fruits m’inspirait énormément. Je fus particulièrement touché par les actions héroïques de Chelsea Manning, qui avait rendu publiques les atrocités commises par les bataillons US en Irak et en Afghanistan. Elle avait couru un risque personnel énorme afin de dévoiler ces informations, convaincue qu’elle était que le public avait le droit de savoir, et espérant que ses révélations serviraient à mettre un terme à ces abus. Il est bouleversant d’entendre à quel point son traitement en détention militaire est cruel.

J’ai longuement réfléchi à la possibilité de recourir de nouveau à ces moyens d’action : si Chelsea Manning était tombée dans les abysses de la prison pour son combat au nom de la vérité, pouvais-je, en connaissance de cause, faire moins, si j’en étais capable ? Je conclus que la meilleure manière de témoigner ma solidarité était de continuer de rendre publique et de combattre la corruption.

J’étais attiré par Anonymous parce que je croyais en la nature autonome et décentralisée de l’action directe. Anonymous était alors impliquée dans des opérations de soutien aux insurrections du Printemps arabe, contre la censure, et pour la défense de Wikileaks. Je pouvais leur apporter énormément, en ce compris mes compétences techniques, et mes capacités à mettre en musique leurs idées et leurs objectifs. Ce fut une période passionnante : la naissance d’un mouvement électronique dissident, durant laquelle se modelaient les définitions et le périmètre d’action de l’hacktivisme.

J’étais intéressé en particulier par le travail des hackers de LulzSec, qui pénétraient les systèmes informatiques de cibles significatives, et prenaient une dimension de plus en plus politique. Mon premier contact fut ‘Sabu’, qui était très loquace quant aux hacks qu’il prétendait avoir commis, et encourageait les hackers à s’unir et à s’en prendre à des systèmes informatiques gouvernementaux et entrepreneuriaux majeurs, sous la bannière de l’Anti-Sécurité. Mais, très tôt dans mon engagement, les autres hackers de Lulzsec furent arrêtés, me laissant la responsabilité de pénétrer des systèmes et de rédiger des communiqués de presse. Plus tard, j’apprendrais que ‘Sabu’ avait été le premier à se faire arrêter, et que chaque fois que je communiquais avec lui, je m’adressais en réalité à un informateur du FBI.

Anonymous était également mêlé aux premiers développements du mouvement Occupy Wall Street. J’y prenais part régulièrement dans la rue moi aussi, en tant que membre d’Occupy Chicago, et j’étais passionné de voir [éclore] un mouvement mondialiste de masse opposé aux injustices du capitalisme et du racisme. En quelques mois à peine, les ‘occupations’ cessèrent, sous la pression des descentes de police et de l’arrestation massive de manifestants qui furent évacués de leurs propres parcs publics. La répression qu’eurent à subir Anonymous et le mouvement Occupy donneraient le la pour Antisec dans les mois qui suivirent : la majorité de nos hacks seraient dirigés contre des cibles policières, en représailles à la détention de nos camarades.

Je me suis attaqué aux systèmes informatiques des forces de l’ordre en raison du racisme et des inégalités qui caractérisent l’application du système pénal. Je me suis attaqué aux producteurs et distributeurs de matériel militaire et policier, qui profitaient de leur armement pour promouvoir des intérêts politiques et économiques à l’étranger, et pour réprimer les gens ici. Je me suis attaqué aux entreprises privées de sécurisation des données parce qu’elles œuvrent, en secret, à la protection des intérêts gouvernementaux et entrepreneuriaux au détriment des droits individuels, mettant sur la sellette et discréditant activistes, journalistes et autres chercheurs de vérité, et répandant la désinformation.

Je n’avais jamais entendu parler de Stratfor avant que ‘Sabu’ n’attire mon attention sur cette firme. [Pour rappel], ‘Sabu’ encourageait à pénétrer les systèmes informatiques, et concourrait à l’élaboration de stratégies destinées à faciliter ces offensives. Il m’a même transmis une liste de vulnérabilités relatives à certaines cibles, que lui avaient communiquée d’autres hackers. C’est donc à ma grande surprise que j’appris que, pendant tout ce temps, il avait travaillé pour le FBI.

Le 4 décembre 2011, ‘Sabu’ fut approché par un autre hacker, qui avait déjà pénétré la base de données de cartes de crédit de Stratfor. Sous la surveillance de ses pourvoyeurs gouvernementaux, ‘Sabu’ l’invita à se joindre à notre chat privé, qu’il abreuva de liens vers la base de données complète, et auquel il fournit la vulnérabilité primaire permettant d’accéder aux systèmes de Stratfor.

J’ai passé un certain temps à enquêter sur Stratfor et à passer en revue les informations qui nous avaient été communiquées, puis j’ai décidé que leurs activités et la nature de leur clientèle faisaient de la boîte une cible toute désignée. J’ai trouvé ironique que les cartes de crédit de la riche et puissante clientèle de Stratfor fussent utilisées pour effectuer des dons à des organisations humanitaires, mais mon rôle principal dans cette offensive était de récupérer la masse d’e-mails privés de Stratfor, dans laquelle se trouveraient, à coup sûr, tous les secrets compromettants.

Il me fallut plus d’une semaine pour accéder plus avant aux systèmes internes de Stratfor, mais j’ai fini par infiltrer leur serveur e-mail. Il y avait tant d’informations que nous requîmes nous-mêmes plusieurs serveurs pour y transférer les e-mails. ‘Sabu’, qui suivait l’opération pas à pas, mit un serveur à notre disposition, lequel lui avait été fourni et était surveillé par le FBI. Les semaines suivantes, les e-mails furent transférés, les cartes de crédit utilisées pour des dons, et les systèmes informatiques de Stratfor furent rendus inopérants et détruits. Pourquoi le FBI nous a mis en contact avec le hacker qui avait découvert la vulnérabilité primaire et a permis au hack de se poursuivre demeure un mystère pour moi.

En conséquence du hack de Stratfor, quelques-uns des dangers liés à une industrie privée du renseignement non régulée sont aujourd’hui connus. Wikileaks et d’autres journalistes de par le monde ont révélé que Stratfor entretenait un réseau d’informateurs mondial, utilisé pour entreprendre des activités de surveillance intrusive, voire illégale, pour le compte d’importantes corporations multinationales.

Après Stratfor, j’ai continué de m’en prendre à d’autres cibles, en faisant usage de puissants softwares qui me garantissaient un accès ‘administrateur’ à des systèmes qui utilisaient la courante plate-forme web Plesk. ‘Sabu’ m’a demandé plusieurs fois l’accès à ces softwares, ce que je lui ai refusé. Sans y avoir indépendamment accès, ‘Sabu’ a continué de me fournir des listes de cibles vulnérables. J’ai pénétré de nombreux sites web qu’il m’avait fourni, téléchargé les comptes e-mail et les bases de données sur le serveur du FBI, et transmis à ‘Sabu’ les mots de passe et les backdoors qui lui ont permis (et ont, par extension, permis à ses pourvoyeurs du FBI) de contrôler lesdites cibles.

Ces intrusions, qui avaient toutes été suggérées par ‘Sabu’ tandis qu’il coopérait avec le FBI, concernaient des milliers de noms de domaines et consistaient largement en des sites web de gouvernements étrangers, y compris [liste non divulguée au public]. Dans un cas, ‘Sabu’ et moi avons fourni à des hackers les informations d’accès qui leur permettraient de rendre inopérants et de détruire plusieurs sites web gouvernementaux en [pays non divulgué au public]. J’ignore comment les autres informations que je lui ai communiquées ont pu être utilisées, mais je pense que la compilation et l’utilisation de ces données par le gouvernement mérite de faire l’objet d’une enquête.

Le gouvernement se réjouit de ma condamnation et de mon emprisonnement, espérant qu’ainsi, l’histoire entière sera étouffée. En plaidant coupable, j’ai accepté la responsabilité de mes actions, mais quand le gouvernement aura-t-il à répondre de ses crimes ?

Les Etats-Unis grossissent la menace que représenteraient les hackers dans le but de justifier le complexe industriel cyber-sécuritaire [référence au complexe militaro-industriel contre lequel mit en garde Eisenhower, note du blogueur], dont le budget se chiffre à des milliards et des milliards de dollars, mais ils sont responsables des mêmes débordements contre lesquels ils engagent par ailleurs des poursuites pénales agressives, et qu’ils prétendent vouloir prévenir. Les réformes institutionnelles ne peuvent venir à bout de l’hypocrisie entourant ‘la loi et l’ordre’, ni des injustices causées par le capitalisme; la désobéissance civile et l’action directe le peuvent ! Oui, j’ai enfreint la loi, mais je pense que, quelquefois, il faut enfreindre la loi afin de permettre le changement.

Pour citer les mots immortels de Frederick Douglas, « le pouvoir ne concède rien sans y être contraint. Il ne l’a jamais fait, et il ne le fera jamais. Déterminez ce à quoi quiconque serait gentiment prêt à se soumettre, et vous aurez trouvé l’exacte mesure des injustices et du mal qui sera imposé à tous, et ceux-ci perdureront jusqu’à ce qu’une résistance s’y oppose, par la plume, par la force, ou par les deux à la fois. Les limites des tyrans sont prescrites par l’endurance de ceux qu’ils oppriment ». […] »

BeFunky_Jeremy Hammond.jpg

http://www.popularresistance.org/the-revolutionaries-in-our-midst/

***

EN QUOI CECI PEUT-IL CONCERNER UN EUROPEEN ?

Ce que Jeremy Hammond, 28 ans, dont le nom s’ajoute à la liste des lanceurs d’alerte naguère encensés par un candidat très télégénique à la présidence états-unienne qui avait voué de les protéger comme jamais auparavant, avant qu’il ne retourne sa veste avec moult circonvolutions (et plutôt deux fois qu’une !), liste qui égrène aussi, à un degré moindre, les noms de ces rares journalistes lucides qui ne pratiquent pas l’autocensure et doivent, par conséquent, faire l’objet de persécutions de la part d’Etats qui ne disposent plus que de l’autorité pour faire valoir leur autorité, tente de faire comprendre, sans le dire de manière si explicite, dans cette déclaration (destinée à mettre en garde ses compères encore actifs quant aux méthodes utilisées pour les traquer), qu’il a prononcée vendredi dernier, à l’entame du prononcé du jugement qui le verrait écoper de dix ans de prison pour s’être insidieusement faufilé entre les bits des corporations orwelliennes qui alimentent l’appareil totalitaire, infiltrent les mouvements de contestation au nom d’autres trusts privés tels que Monsanto, et nourrissent d’informations, elles-mêmes obtenues le plus illégalement du monde, les armées de mercenaires états-uniens qui roulent leur bosse aux quatre coins de la planète, c’est que nous vivons dans des sociétés préfascistes, dont la transition vers le fascisme n’est pas exclusivement conditionnée, cette fois, par l’arrivée au pouvoir de partis extrémistes, mais se fait sous le couvert prétendument bienveillant du business, de l’économie.

Or, de ce côté-ci de l’Atlantique aussi, plusieurs têtes brûlées se prononcent en faveur de la privatisation de certaines tâches régaliennes, que des Etats rendus exsangues par l’incurie et la soumission seraient désormais incapables d’assumer. Les tentatives successives d’uniformisation des marchés (TTIP-TAFTA & Co), qui se calquent sur l’anti-modèle états-unien, menacent, en effet, de généraliser légalement ce type de pratiques partout. Or, pour les quelques naïfs qui en doutaient encore, le pénitentiaire, le militaire, le renseignement et la police sont bel et bien, à cette aune, des marchés !

“U.S. Commando’s New Landlord in Afghanistan : Blackwater”

12.05.12

 “U.S. Special Operations Forces have a brand new home in Afghanistan. It’s owned and operated by the security company formerly known as Blackwater, thanks to a no-bid deal worth $22 million.

You might think that Blackwater, now called Academi, was banished into some bureaucratic exile after its operatives in Afghanistan stole guns from U.S. weapons depots and killed Afghan civilians. Wrong. Academi’s private 10-acre compound outside Kabul, called Camp Integrity, is the new headquarters for perhaps the most important special operations unit in Afghanistan.”

http://www.wired.com/dangerroom/2012/12/academi-special-operations/

“Former Spy With Agenda Operates a Private C.I.A.”

WASHINGTON – January 22, 2011

Duane R. Clarridge parted company with the Central Intelligence Agency more than two decades ago, but from poolside at his home near San Diego, he still runs a network of spies.

Free Market Espionage

Mr. Clarridge pushed a plan to prove that President Hamid Karzai of Afghanistan used heroin, a rumor that remains unsubstantiated.

Mr. Clarridge also tried to discredit the Afghan president’s half brother, Ahmed Wali Karzai, a Kandahar leader.

Over the past two years, he has fielded operatives in the mountains of Pakistan and the desert badlands of Afghanistan.”

http://www.nytimes.com/2011/01/23/world/23clarridge.html?pagewanted=all&_r=0

Stratfor, la principale corporation visée par Hammond, a émergé en 1996, à peu près au même moment que la milice privée Blackwater – Academi, à propos de laquelle un autre Jeremy (Scahill, celui-là) a déversé tant d’encre. C’était (encore une fois !) sous la magique ère Clinton, prospère et si Bisounours, quelques années à peine avant le premier grand chamboulement, qui, en dix ans, a mené à l’Etat policier de surveillance totale que l’on connaît aujourd’hui, une surveillance principalement dirigée contre les ennemis populaires du capital-corporatisme (de gauche et de droite) et de l’Etat tout-puissant, et pas – ou si peu – contre lesdits trusts, dont certains avaient curieusement vu venir et annoncé le 11/9, qu’ils ont, selon toute vraisemblance, toujours en lien étroit avec les cellules les plus mafieuses de la CIA, cofinancé, il y a douze ans, comme ils avaient financé et organisé, il y a précisément cinquante ans, l’assassinat de Kennedy, lequel leur courait dans les pattes, cent ans plus trois jours après la fameuse adresse prononcée par Lincoln à Gettysburg. Mais, motus et bouche cousue ! Vous pourriez être accusé de conspirationnisme, de torture, d’assassinats collatéraux, de révisionnisme, et peut-être même – qui sait ? – d’ethnocide, ou assassiné à votre tour, si un séjour indéfini dans une prison militaire secrète de l’Empire, sanctionné légalement par le National Defense Authorization Act (NDAA), ne vous suffit pas ! Rappelez-vous simplement que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », comme le disait si bien Jean Yanne…

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Lire aussi :

https://yannickbaele.wordpress.com/2013/10/15/rien-nechappe-au-grand-oeil-au-milieu-du-phare-une-nouvelle-mise-en-garde-dedouard/

Documentation connexe :

http://www.stratfor.com/weekly/20110905-911-and-successful-war

http://motherboard.vice.com/blog/stratfor-says-the-nsas-spying-is-american-citizens-fault

http://www.mintpressnews.com/what-was-going-on-between-reddit-co-founder-alexis-ohanian-and-stratfor/167937/

http://bigbrotherawards.eu.org/Alain-BAUER-AB-Associates

http://www.knack.be/nieuws/belgie/van-quickenborne-voorstander-van-private-bewakingsfirma-in-kortrijkse-uitgaansbuurt/article-normal-84053.html

http://www.knack.be/nieuws/wereld/bewakers-gaven-zuid-afrikaanse-gevangenen-elektrische-schokken/article-normal-113520.html

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(ajout du 15 mars 2015)

Rossiya : « les faucons du Kremlin sont-ils en train de gagner ? »

1er octobre 2014
Donald N. Jensen

La crise ukrainienne a provoqué une translation dans le rapport de forces au sein de l’élite politique russe. Ceux que l’on nomme les siloviki, ou faucons, ont le vent en poupe, mais leur triomphe n’est pas absolu. Donald N. Jensen, du Center for Transatlantic Relations, nous livre ses réflexions quant au paysage politique actuel de la Russie.

***

La nature de la politique russe a été, depuis l’époque tsariste, l’objet d’un débat enflammé, et c’est encore le cas de nos jours. La vision traditionnelle, que l’on associe au professeur de Harvard Richard Pipes, dépeint l’ancien empereur de Russie comme un autocrate qui possédait les terres du pays ainsi que ceux qui y vivaient, et luttait contre l’aristocratie dans le but de construire un Etat centralisé. Pipes analyse le comportement politique des principaux groupes sociaux – paysannerie, noblesse, classe moyenne, et clergé – de même que leur échec face à l’absolutisme croissant du tsar.

Edward Keenan, de Harvard lui aussi, développe une opinion contraire, insistant sur le consensus et les liens maritaux qui primaient sur les divisions de classes et les conflits qui avaient émaillé les rapports entre les membres de la cour russe (moscovite de la première heure). A l’estime de Keenan, le dirigeant était moins un autocrate que le centre d’un système oligarchique dans lequel la cour agissait comme une famille élargie de clans interconnectés, l’un de ceux-ci étant la dynastie du tsar elle-même. Le système de gouvernement du président actuel, Vladimir Poutine, a souvent été considéré comme un monolithe pyramidal, tel que le décrivit Pipes, avec Poutine dans le rôle de l’irremplaçable dirigeant-chef d’Etat qui prend l’essentiel des décisions-clés. Toutefois, la réalité du pouvoir dans la Russie de Poutine a souvent été plus proche du modèle de Keenan. Même si Poutine en est indéniablement la figure dominante, l’appareil de pouvoir russe ne s’inscrit pas dans un schéma vertical dirigé par une seule personne. Il se présente, au contraire, sous la forme d’un conglomérat de clans et de groupes mouvants, dont Poutine est le centre.

Un rapport publié en 2012 par le Minchenko Consulting Communication Group, qui a fait couler beaucoup d’encre, arguait que le processus décisionnel actuel au Kremlin ressemble à celui du Politburo soviétique. Primo, les dirigeants russes ne se réunissent presque jamais collectivement. Secundo, le statut formel des membres du premier cercle ne reflète pas nécessairement leur influence réelle dans la prise de décisions. Tertio, la collection de clans autour de Poutine, qui est, d’ordinaire, le lieu de la véritable prise de décision en Russie (le « Politburo 2.0 ») inclut des fractions de l’élite qui, dans une certaine mesure, peuvent être subdivisés en groupes « de pouvoir », groupes « techniques », et groupes « entrepreneuriaux ». Ces groupes font partie et soutiennent le « Poutine collectif » et le « Politburo 2.0 » (bien que ces étiquettes soient simplifiées, et qu’elles se chevauchent souvent). D’autre part, ces groupes ne cessent de se disputer l’influence et les ressources, ce qui crée entre eux une en compétition permanente.

Selon Minchenko, le rôle de Poutine dans ce système est de loin le plus influent. Il est l’arbitre et le modérateur, et, la plupart du temps, il a le dernier mot. En tant qu’arbitre, Poutine régule les intérêts et gère les conflits entre les diverses fractions et les divers membres de l’élite, ainsi qu’entre l’élite et la société dans son ensemble. Il a maintenu son pouvoir en imposant des compromis et en montant les clans les uns contre les autres, faisant pencher le balancier du rapport de forces d’un côté ou de l’autre. Ceci empêche les tensions de s’accumuler jusqu’à devenir trop visibles, et ainsi susceptibles de détruire le système entier. Déléguer son autorité, laisser les problèmes se résoudre par eux-mêmes, ou patienter jusqu’à ce que des clans rivaux aboutissent, entre eux, à une résolution des différends : telles sont quelques autres des tactiques auxquelles Poutine a eu recours. Son incapacité à contrôler intégralement les comportements claniques a parfois entravé la mise en œuvre de ses décisions.

Cependant, dans un article récent, Konstantin Gaaze soutient que la représentation du « Politburo 2.0 » de Minchenko a volé en éclats suite à l’annexion de la Crimée et au déclenchement de la guerre en Ukraine orientale. Depuis le début de la crise, écrit-il, ce sont Alexandre Bortnikov, directeur du service de renseignement intérieur (FSB), cinq de ses adjoints et quelques chefs de départements dudit service, l’oligarque Yuri Kovalchuk et le ministre de la Défense Sergueï Shuygu qui, au sein des élites russes, ont été les plus proches de Poutine (bien que ce dernier consulte également d’autres personnalités, à l’extérieur de ce cercle restreint). Selon Gaaze, le chef de l’administration du Kremlin, Sergueï Ivanov, est devenu un béni-oui-oui relativement peu influent, qui souscrit à tout ce que dit Poutine dans le souci de conserver sa position politique. Le gouvernement est à présent un organe qui se contente de cosigner les décisions prises au Kremlin ou dans la résidence de Poutine, depuis que les siloviki (c’est-à-dire les va-t-en-guerre) ont convaincu le président de mettre l’accent sur les menaces extérieures, aux dépens d’autres considérations.

En effet, dans une certaine mesure, les événements de la crise ukrainienne alimentent la thèse de Gaaze.

Le 3 mars 2014, le commentateur Valery Soloveï écrivait que Poutine avait pris personnellement la décision d’annexer la Crimée, après une discussion avec cinq ou six conseillers issus de ministères régaliens (lesquels conseillers ne détiennent aucun avoir en Occident). L’auteur d’un article paru le 7 mars dans le New York Times acquiesçait, affirmant que Poutine avait pris cette décision entouré de conseillers jusqu’au-boutistes (parmi lesquels, à titre spéculatif, Ivanov, Bortnikov et Nikolaï Patrushev, le secrétaire du Conseil de Sécurité).

A la fin du mois de juin, un groupe de hauts fonctionnaires européens auraient proposé leurs bons offices ès qualité de médiateurs dans le conflit ukrainien. Mais le FSB et le SVR (le service russe de renseignement extérieur) ont convaincu le président russe que leur proposition relevait d’une provocation destinée à dévoiler les intentions russes en Ukraine, aussi Poutine la rejeta-t-il.

Enfin, il semble que plusieurs ministres du gouvernement russe n’aient pris connaissance de la décision de Poutine d’imposer des sanctions rétorsives aux imports de produits alimentaires occidentaux que quelques heures à peine avant que la mesure ne soit annoncée publiquement. Des spécialistes de matières telles que la sûreté alimentaire qui auraient pu s’opposer à ces mesures de rétorsion furent ignorés.

Mais, tandis que l’aile dure a résolument le vent en poupe, son triomphe ne paraît pas absolu. La politique étrangère est depuis longtemps le domaine dans lequel Poutine a pris les commandes ; il est donc logique que le cercle restreint de personnes issues, pour une large part, des ministères régaliens se soit agrandi à mesure que le conflit ukrainien s’est imposé à l’agenda. Dans d’autres sphères de compétences, pourtant, Poutine semble gérer les affrontements internes d’une manière conforme à son rôle traditionnel d’arbitre, et ce en dépit du fait que le système dans son ensemble tend à devenir plus autoritaire. Dans le système de Poutine, il est aussi normal que des décisions se prennent en dehors des canaux formels, dès lors que les clans jouent un rôle si important. Les élites « libérales », telles qu’on les qualifie erronément de temps à autre, demeurent présentes, mais elles sont marginalisées, et indubitablement déçues des distances prises par Poutine à leur égard. Alors que Poutine jouit d’un taux d’approbation populaire supérieur à 80 %, ils sont probablement peu enclins, malgré les doutes qu’ils peuvent avoir, à pousser trop loin leur critique de la politique ukrainienne du président. Cela va même plus loin : beaucoup d’entre eux approuvent la guerre.

Il y a également des fractures quant à la stratégie ukrainienne au sein même de l’équipe dirigeante, y compris parmi les faucons. La presse russe a largement fait écho aux contentieux qui opposent le « parti de la guerre » et les patrons d’entreprise russes.

Le premier de ces groupes comprend Alexander Bortnikov, Mikhaïl Fradkov, Nikolaï Patrushev, Sergueï Shoygu, Sergueï Glazyev, Dmitri Rogozin, Konstantin Malofeyev, Aleksandr Dugin, et peut-être Vladimir Yakunin et Yuri Kovalchuk.

Dans le second, l’on trouve le conseiller du président Vladislav Surkov, l’idéologue Sergueï Kurginyan, des membres de l’équipe du premier ministre Medvedev, des membres de la famille de Boris Eltsine, ainsi que d’autres.

Le premier groupe se serait montré favorable à une invasion totale de l’Ukraine, et à l’indépendance de la « Nouvelle Russie » (ou « Novorossiya », une construction inventée par le Kremlin qui inclurait les russophones de l’est et du sud-est de l’Ukraine), et se serait opposé au cessez-le-feu conclu à Minsk. Le second groupe, quoique favorable, en principe, à la guerre et à l’annexion de la Crimée, a des objectifs plus limités.

Toutefois, tout le monde au sein du FSB n’est pas sur la longueur d’ondes de l’aile dure ; le service se compose plutôt d’un ensemble de clans qui, eux aussi, se combattent entre eux. Et même au sein du « parti de la guerre » lui-même, Shoygu et Rogozin sont réputés s’opposer. D’autres, à l’instar d’Ivanov, un ancien officier du FSB, ont, au fil des ans, noué des alliances – qu’elles soient ou non de situation – avec des « libéraux ». Enfin, divers tenants de l’aile dure se divisent quant au soutien qu’ils accordent à divers chefs de file séparatistes ukrainiens.

Jusqu’à présent, les faucons ont reçu moins de Poutine en Ukraine qu’ils n’espéraient, et c’est en partie dû au fait que le Kremlin ne semble pas avoir de stratégie univoque pour ce pays. Poutine a tenté d’instaurer par ses décisions un équilibre entre les exigences des radicaux et celles du monde de l’entreprise, dont Surkov est membre. Le président agit comme s’il souhaitait éviter un clash avec les promoteurs de la ligne intransigeante, mais il ne souhaite pas que ceux-ci prennent une importance telle qu’ils puissent dominer les autres blocs. Ceci s’est traduit par une approche incohérente qui a contrecarré la perspective d’une solution au conflit.

Suite à de récents rapports faisant état de tensions, sur le terrain, entre des commandeurs séparatistes, l’aventurier et anti-héros militariste Igor Girkin (Strelkov) s’en est retourné à Moscou. Considéré dans certains camps nationalistes comme un challenger possible de Poutine, Strelkov a fait des déclarations de loyauté lors d’une conférence de presse, en septembre. Il a déclaré son soutien à Poutine, affirmant que le président est un grand homme. Mais il a également suggéré que Poutine était entouré de traîtres, et s’est engagé à rester en Russie afin de les combattre. Strelkov exige ouvertement que la partie libérale de l’élite soit détruite, ce qui fracasserait complètement l’équilibre établi par Poutine, et ouvrirait la porte à la domination des siloviki. Ceci signifie que, s’il est sincère, Strelkov soutient Poutine pour venir à bout du « poutinisme ».

Il est difficile d’établir le nombre de faucons qui souhaiteraient réellement détruire le système « de pouvoirs et de contre-pouvoirs » instauré par Poutine. Il est probable que certains rechigneraient à aller si loin, parce qu’ils pensent que cela renforcerait des faucons rivaux. Et ils ne peuvent que se rendre compte que le maintien d’un certain équilibre a permis un apaisement prolongé aux plus hauts niveaux du système au cours de l’ère Poutine, lequel a rendu la vie plus sûre et a parallèlement accru la sécurité des placements financiers pour les figures-clés du pouvoir.

Quant aux clans libéraux au sein de l’élite, ils sont relativement plus faibles que le « parti de la guerre » en ce moment, mais ils ne se tournent pas les pouces en attendant d’être anéantis. C’étaient eux, et non les siloviki, qui avaient encouragé le cessez-le-feu en Ukraine. Bien que Poutine puisse être en train d’envisager de serrer la vis qui la marginaliserait davantage, si l’aile libérale sonnait le tocsin pour prévenir une menace que l’extrême-droite ferait encourir à la position de Poutine, il est quasi certain que ce dernier aurait une oreille attentive.

http://imrussia.org/en/analysis/world/2041-are-the-kremlin-hardliners-winning

Deux questions suite à cet article aussi concis qu’édifiant :

1/ Nemtsov s’apprêtait, avait-il annoncé, à faire des révélations fracassantes à propos de l’Ukraine. Celles-ci avaient-elles trait au meurtre de masse qu’a constitué la pulvérisation du MH 17, et au rôle prééminent supposé de Strelkov dans cette tragédie (réprouvée par un Poutine qu’elle a mis sous pression ?) ? Si oui, auprès de qui avait-il obtenu ces informations ?

2/ De sanction en sanction et de camouflet en camouflet, les Etats-Unis manœuvrent-ils pour que Poutine s’affranchisse de son aile dure, ou les intérêts de leur complexe militaro-industriel seraient-ils mieux servis si un personnage plus haut en couleurs encore s’emparait du pouvoir russe, ou le conquérait ?

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Sage journée dans les limbes de l’éternité…

Horloge de l'infini

La nuit est vie endormie, le jour rêve éveillé.

2 h.

Je n’appartiens pas à la société ; j’en suis exclu ou j’y suis inclus, invariablement inscrit dans l’Humanité.

3 h.

Rien de tel que le silence pour entendre la musique.

4 h.

Sur le papier, la note ne se meurt que si elle indique une voie.

5 h.

L’homme n’est pas animal plus social que les autres. Qu’il refuse de chérir sa part non violente d’animalité, et voilà qu’apparaît, magistrale, sa bestialité…

6 h.

L’homme est né avec l’outil. Il mourra avec lui.

7 h.

Plus une société promeut le semblable et le répétitif, plus elle se momifie.

8 h.

Etre pur dans une société homogène, c’est se plier à ses règles.

9 h.

Il y a beaucoup trop d’impôts dans nos sociétés : elles imposent un mode de vie, des habitudes, des légendes, et même des horaires…

10 h.

Si c’est de la bêtise que relève le mal, comment qualifier l’organisation de cette bêtise ?

11 h.

En plus de devenir les farouches gardiens de l’ordre qu’ils combattaient, les révoltés d’hier semblent avoir enfanté de cet ordre de nouveaux cerbères.

12 heures moins des poussièresIl n’est d’autre faiblesse véritable que celle qui abuse de la fragilité.

13 h.

Que de fois le transfuge de l’écran ne reproche-t-il aux demeurés qui le regardent de ne parvenir à se défaire de leur image ?

14 h.

Ôtez au langage son fard, ses sottes conventions, ses attributs de commerce et votre propension à vous l’approprier, et vous commencerez à parler…

15 h.

Jamais société pacifiée n’a-t-elle, de mémoire d’homme, produit tant de sons insignifiants, tant de bruit mortifère, que la nôtre.

16 h.

Lorsque la culture devient bêtise, la nature devient source d’équilibre.

17 h.

Paradoxale est l’eau : la pluie segmente le champ de vision, tandis que le ruisseau le rend infini.

18 h.

Ce sont les mêmes qui feignent de déplorer la montée des eaux troubles qui ignorent Bouddha autant qu’ils méprisent Rousseau.

19 h.

Idéalement, la grâce s’expose et l’animalité se tapit, presque autant que l’inverse.

20 h.

L’hypersensibilité peut trouver dans les livres le langage qui lui fait quelquefois défaut, mais jamais les livres n’induiront-ils la prescience qui accompagne l’hypersensibilité.

21 h.

Seuls les plus médiocres parmi les compositeurs classiques réécriraient aujourd’hui les mêmes compositions.

22 h.

Si la science pouvait parler, elle nous dirait à quel point la science hautaine est éloignée du savoir.

23 h.

A quoi sert l’esprit de l’homme antique s’il détourne de l’esprit du temps ?

24 heures et des poussières

Les sociétés ont ce don instinctif de s’attacher à ce qui fera leur perte.

 25 h.

Face à l’absurde, la sagesse consiste-t-elle à le combattre, à s’y résigner, à s’en faire un allié ou à le transcender ?

la 25e heure

Catégories : Expressions de sagesse passagère, Twitter Ol' Skool

Why ?

Jay Attali is a very well respected old root. A freemason of the highest possible grade (the kind of which one never really knows whether they mean ‘yes’, ‘no’, ‘perhaps’ or ‘go fuck yourself’ when they answer a question), he was a close counselor to the latest noteworthy French president to date, and has been frolicking along the corridors of power ever since. Yet another liberal hardliner, he advocates drastic cuts in public spending and swears by financial growth as if adoring an improbable god. A deeply convinced European, he nonetheless appears to be unable to conceive our own founding fathers’ project as anything but a mere necessary addition to the North-American empire. A prophet of sorts, he never misses an opportunity to share his deranged wisdom with you and me, the profane

Here’s what he had to say in July 2008, in the midst of the first banking crisis of the XXIst century, about the horizon he was predicting for global democracy in the coming decades… (1)

There will be five steps :

1.       The extension of the American empire;

2.       Its decline, leading to the juxtaposition of 11 regional powers who will share the might, as none will be able to replace [said] empire;

3.       [Financial] markets will be stronger than democracy. The balance existing between markets and democracy within a nation won’t be able to hold in a worldwide environment, since markets have the faculty to globalize and become universal whereas democracy doesn’t. […] AS OF 2030, THE MARKETS WILL BE GLOBAL, AND [POLITICAL] POWER WILL LIE IN THE HANDS OF substitutes to the [nation-]States, which, according to [him], will be the INSURANCE COMPANIES AND THE ENTERTAINMENT INDUSTRY, the latter to mask what will be happening, the former to exert surveillance over all those who see. There will be total chaos, for the markets are efficient but not just, [and this chaos will lead to] an extrapolation of [social] injustice, private armies and absolute disorder.

4.       TOTAL VIOLENCE AND ABSOLUTE WAR, not even between nations but total and extremely brutal.

5.       Either after these hyper-clashes or instead of them, there will be a resurgence of democracy [and care], as the people will understand relationships carry more meaning than possessions, and markets are suicidal as well as destructive for the human species.

 The analogies between this anti-model and the Soviet model are stunning, were it not for the (somehow scheduled) ‘global war’ phase…

Soviet communism (in theory)

Dictatorship of the Proletariat (= the many)

NEW MAN

Grand Soir (= equality between all the people)

Financial corporatism (in practice)

Dictatorship of corporatist finance aka ‘the markets’ (= the few)

Global war / global terror / global atrocities

NEW MAN (Alleluia !)

Grand Soir (= global resurgence of Care)


Are we to believe the Mothman prophecies ? If so, are we now entering the first phase of the doom scenario, which would then have two names, or did we skip immediately to the second phase, accelerating the whole process, in which case these two names are but sorry attempts at delaying the worst ?

STOP TAFTA-TTIP !and…

Stop the TPP !Ces deux traités commerciaux en puissance (le premier transatlantique, le second transpacifique), qui ont fait l’objet d’obscures négociations durant de longues années, illustrent la vétusté de l’appareil médiatique traditionnel, qui prétend ne jurer que par les faits et tient bouche cousue lorsqu’il prétend être confronté à des spéculations.

En effet, si leurs premières esquisses, dévoilées par des fuites dont a bénéficié la galaxie Assange, correspondent à la réalité, les paquets législatifs contenus dans lesdits traités auraient un impact sans équivalent sur la vie quotidienne de tout un chacun et sur la structure même des Etats, un impact auquel, évidemment, n’échapperait aucunement une « Europe [municipalisée] dans une économie mondialisée » dès lors qu’ils seraient gravés « pour l’éternité dans la pierre du Berlaymont » (2), siège de la Commission européenne.

Détruire le mur de l'indicible !

Why ?

Certes, il est bien l’un ou l’autre climax passager auquel la presse d’autrefois a fait écho… Ainsi, par exemple, de cette longue diatribe d’un premier ministre finissant, qui affirmait, contre toute évidence, que la culture (comprenez : l’industrie culturelle) serait exclue du package. Mais, pour le solde, cette presse, qui se garde bien d’investiguer, est bien sûr aux ordres, dans les faits.

Pourquoi, en effet, prendrait-elle le risque de marteler des chiffres factuels susceptibles de remettre en cause une cohésion sociale factice ? Pourquoi cesserait-elle de marteler croissance, réformes et autres banalités sans consistance, bref tous ces éléments de langage auxquels, par contrainte, frivolité ou bêtise, elle se cantonne ? Pourquoi éclairerait-elle davantage ses spectateurs, auditeurs ou lecteurs à propos de la crue réalité du cauchemar états-unien, qui se distille notamment dans les faits suivants :

– Entre 1979 et 2001, le pourcent des ménages les plus riches a accru sa fortune, après impôts, de 275 %, tandis que les 60 % des ménages médians n’ont vu progresser la leur que de 40 % (3);

– En 2011 (en pleine ‘crise’, donc), ce 1 % s’est approprié près de 25 % de l’ensemble des revenus, et jusqu’à 40 % de la richesse nationale, et la tendance semble imperturbablement haussière (4) ;

– De 1972 à 2002, le revenu moyen annuel réel des patrons d’entreprises du Top 100, en tendance nettement haussière depuis lors, lui aussi, est passé de 1,3 million de $ (soit 39 fois le salaire d’un travailleur moyen) à 37,5 millions de $ (soit plus de 1000 fois le salaire d’un travailleur ordinaire) (5).

– La dette fédérale des Etats-Unis se chiffre, ce jour, à 17,157 billions de $.

– Le rapport entre le PIB mondial (70,02 billions de $) et la valeur nominale totale des produits dérivés déclarés (632,579 billions de $), à l’origine de la crise bancaire de 2008, est de 1 à 9 (6), et à ces produits dérivés, il convient d’ajouter les produits financiers classiques, estimés en 2010 à 212 billions de $ (7). De manière conservatrice (étant donné que les années de référence ne sont pas les mêmes pour l’ensemble des paramètres), ce phénoménal déséquilibre entre économie réelle et économie purement spéculative peut se visualiser comme suit :

Rapport entre l'économie réelle et l'économie spéculative

Combien de dollars virtuels ont-ils déjà été imprimés sur la planche à billets afin de donner un semblant de contrepoids réel à cette montagne de spéculation, et quelle est la valeur réelle du dollar ?

Pourquoi cette presse de caniveau et d’entertainment (c’est-à-dire de divertissement, donc de diversion) nous indiquerait ou nous rappellerait-elle que, grâce à la suppression du Glass-Steagall Act par le putophile Clinton, le monde entier est désormais suspendu à une corde que la moindre étincelle peut faire s’enflammer ? Pourquoi ne pointe-t-elle pas les responsables, au pouvoir aujourd’hui comme hier ?

Why should we ?

Pourquoi prendrait-elle la peine de traiter ces sujets à la mesure de leurs implications potentielles, à défaut d’analyser les projets de traités en profondeur en les comparant à des projets avortés tels que l’ACTA (8), ou à des partenariats commerciaux concrétisés tels que celui conclu entre l’UE et Singapour, lequel recycle ce qui a pourtant fait l’objet d’un refus catégorique de la part du Parlement européen, à savoir un encadrement réactionnaire d’Internet et de ses utilisateurs ? (9)

Ce sont les mêmes technocrates gratte-papier qui ont pondu tous ces projets imbuvables, tous imprégnés de la même inspiration liberticide, et ce sont les mêmes bénéficiaires (présumés), à savoir le big business du divertissement et, plus largement, la mafia des multinationales, qui s’en réjouissent.

Pourquoi cette presse se fait-elle l’alliée objective de ces derniers ? Si sa mission fondatrice était d’informer, cela se saurait ! Contenir, tromper, déverser, jour après jour, la propagande dominante, exaspérant, au passage, par son insolente fatuité : voilà son rôle ! Ce pseudo-journalisme est un journalisme de classe, qui ne reflète plus que son étroitesse d’esprit, un esprit labouré par des décennies de médiocrité consumériste ! Comme tous les partis aux affaires, il perçoit les peuples comme une menace, et cherche à déterminer en conséquence la temporalité de l’information : ce n’est que si et lorsque les acteurs autorisés de la pièce de théâtre politique choisissent de mettre un sujet à l’avant-plan que celui-ci est relayé par les chiens de garde de la vieille lucarne. Dans ces conditions, plutôt que de la mettre en danger, tout mouvement social résulte d’une stratégie de l’élite : que vaudrait une pièce de théâtre dont les premiers concernés (qui, par un curieux concours de circonstances, se trouvent aussi être des spectateurs) écriraient eux-mêmes le scénario ? Ils ont la représentation pour ça !…

En l’occurrence, cette dernière se compose, en toute logique, d’abrutis du commerce, de dangereux automates de la synarchie rampante, de fonctionnaires plénipotentiaires qui prétendent construire le monde de demain selon Attali. Mais qui sont-ils ? Depuis que la Quadrature du Net a publié leurs noms (10), ils ne sont plus totalement protégés par l’ombre dans laquelle, tels des cafards, ils raffolent de se reproduire. Tous sortent plus ou moins du même moule consanguin, comme l’atteste un rapide survol de leurs CV respectifs. Faut-il s’en étonner ?

Pour les Etats-Unis, c’est un certain Daniel Mullaney qui a la charge de superviser les négociations avec l’Union européenne. Avocat d’affaires à l’origine, Mullaney a été lobbyiste à Bruxelles de 2006 à 2010 (11). Son patron, le ministre du commerce américain, Michael Froman, fut, quant à lui,  directeur de la banque Citigroup et membre du Bureau des Conseillers de Politique européenne (BEPA), sous l’autorité directe du président de la Commission ! Tout un parcours (à capitaliser) !!!

Du côté de l’Union européenne, si toutefois cette expression s’applique encore à un contexte transatlantique dans lequel plus la moindre chatte ne reconnaîtrait ses petits, le négociateur en chef de la première phase du scénario Attali est l’Espagnol Ignacio Garcia Bercero (12), produit du GATT et de l’OMC, qui avait déjà supervisé des traités commerciaux entre l’UE et l’Inde, ou encore la Corée du Sud, et plus récemment le CETA (13), prélude euro-canadien au TTIP / TAFTA, gelé dans l’attente de la double onction électorale espérée (en mai 2014 et en octobre 2015, dates respectives des prochaines élections européennes et fédérales canadiennes). Ou comment subordonner un projet porteur d’un changement radical de société à un plébiscite personnel et partisan, sans le moindre débat public qui vaille…

Ignacio Garcia Bercero, TAFTA-TTIP head negotiator (European commission)A ses côtés, le Bercero, photographié auréolé du sigle de la présidence états-unienne (Tout un symbole !) à l’occasion de la dernière conférence de presse commune en date, il y a quelques jours à peine, peut compter notamment sur des adjoints français, belge et britannique.

Le Français Jean-Marc Trarieux (14) est ainsi responsable du volet ‘agriculture’ desdites négociations, dans le cadre desquelles, son diplôme d’agronome en poche, il pourra, dans la foulée de ses missions de représentation à Washington et à l’OMC, trahir gaillardement les quelques roots qu’il lui reste peut-être, lui qui se targue, tandis qu’il s’apprête à déverser sur le marché européen le flot d’OGM nauséabonds dont l’Outre-Atlantique s’est fait la spécialité, d’être né dans une ferme à bétail du Limousin !

Jean-Marc Trarieux, TATA-TTIP negotiator - Agriculture (European commission)Le Belge Damien Levie (15), responsable, quant à lui, du volet ‘accès des biens et produits au marché’, est à la tête de l’unité USA / Canada de la direction générale ‘commerce’ de la Commission européenne. Il a suivi le parcours si prototypique de tous les premiers de classe européens un peu niais et très obéissants que les Etats-Unis cherchent à récupérer : son diplôme de droit obtenu à l’université de Louvain-la-Flamande, et celui d’économie décroché à Louvain-la-Wallonne, il est allé, à la Chicago Law School, les assortir d’une fanfreluche qui lui vaut sans doute aujourd’hui d’être considéré comme l’un des dignes héritiers des Chicago Boys, ces économistes libéraux extrémistes aux sympathies fascistes, initiés en leur temps par ce cher Milton…

Damien LEVIE, TAFTA-TTIP negotiator - market access for goods (European commission)Quant au Britannique John Clarke (16), qui regroupe dans son portefeuille de bâtard à la fois l’agriculture et la propriété intellectuelle (à des fins identiques d’étiquetage patenté, sans doute), il a lui aussi, par la force des choses, traîné sa savate à l’OMC…

John Alistair Clarke, TAFTA-TTIP negotiator - Agriculture-Intellectual products (European comission)

Why should we care ?

Internet (et, par ce biais, la culture, également), l’agriculture, la santé, l’enseignement peut-être, mais aussi, par la bande au moins, le militaire (17) : autant de domaines dans lesquels ces traités prétendent établir une fois pour toutes (dans l’attente de « l’hyperconflit » ?) des règles auxquelles chacun sera tenu de se tenir, des règles qui n’ont rien du libre commerce puisqu’elles profiteraient avant tout aux mêmes multinationales qui pratiquent l’évasion fiscale à large échelle et aux mêmes trusts bancaires à l’origine des bulles financières successives, des règles qui ont pour but de démolir les acquis sociaux et les protections environnementales, des règles invasives destinées à abolir des droits fondamentaux et à restreindre davantage encore les libertés publiques et privées, des règles totalitaires supposées reléguer les Etats (donc les démocraties) à l’état de pions, et de faire des individus-citoyens de nouveaux esclaves, des « paysans » en somme, comme semble raffoler à les qualifier avec péjoration la détestable caste qui fait (littéralement ?) la pluie et le beau temps au sein de l’Empire.

C’est bien évidemment sur l’apathie générale que misent cette anti-élite dépravée et ses innombrables relais en nos contrées pour imposer l’avènement des « marchés suicidaires et destructeurs de l’espèce humaine », sur les fidèles lecteurs de Point de Vue / Images du Monde ou de Gala, sur les télé-veaux formatés par des experts en manipulation qui pousseraient, à se regarder dans la glace, d’épouvantables cris d’effroi, sur cette jeunesse encore insouciante qui s’agite, en attendant ceux des bombes, sur les beats speedés annonciateurs de son propre sacrifice.

Ce sacrifice d’une génération entière (et de la suivante avec elle), il prendrait plusieurs formes, selon les textes à l’étude. En voici quelques-unes parmi les plus évocatrices…

a/ L’agriculture

Déjà à bout de souffle, les petits agriculteurs idéalistes tels que Pierre Priolet, qui, émus par la charge injuste qu’une société ingrate leur fait porter, s’effondrent en sanglots sur les plateaux de télévision lorsqu’ils ne se suicident pas à un rythme alarmant, loin des caméras, verraient débarquer à présent avec tambour et trompettes l’agrobusiness nord-américain, aux yeux duquel tout scrupule s’efface devant le profit, avec, à la clé, l’extermination des rares abeilles qui auront, jusque-là, résisté aux pesticides nucléarisés.

Saviez-vous qu’il se peut que vous mangiez régulièrement de la viande clonée à votre insu, et qu’aucun étiquetage ad hoc n’est prévu pour vous en informer (18) ? Cette gâterie, c’est à l’incompétence manifeste dont ont fait preuve à la fois les Etats et le Parlement européens, qui ont échoué à s’entendre sur la matière, ainsi qu’à la négligence coupable de la Commission, qui s’est bien abstenue, alors que lui revient l’initiative législative (Un comble !), de proposer une nouvelle loi, que vous la devez…

Saviez-vous que, par ailleurs, dans une configuration semblable, la Commission européenne a décidé de donner, depuis le début de l’année en cours, son agrément à la viande traitée à l’acide (19), une pratique très prisée chez nos voisins d’en-face, en raison de la rentabilité qu’elle induit ? En prenant cette décision, elle se sera bien gardée de donner libre cours à l’influence néfaste des lobbies qui l’assiègent et parviennent à placer un peu partout leurs marionnettes aux multiples casquettes…

Saviez-vous, enfin, que les multinationales des OGM font pression sur la Commission pour limiter au maximum la liste des semences reconnues et autorisées à la vente, sorte de répertoire du vivant végétal sans lequel point de sésame pour le commerce ? (20)

Monsanto, l’une de ces multinationales (21), est particulièrement infiltrée au sein du Congrès états-unien, ainsi qu’au sein de l’administration américaine actuelle, dont le président, ce cher écolo, a même nommé à la Cour suprême des Etats-Unis un juge (Clarence Thomas) totalement acquis à leur cause.

Monsanto 2

En dépit des dénégations répétées mais peu crédibles du fou furieux qui fait actuellement office de commissaire européen au commerce quant à un assouplissement de la législation concernant les OGM, les législateurs états-uniens ont déclaré qu’ils ne soutiendraient aucun accord dont serait exclue la suppression de toutes les barrières commerciales qui empêchent encore, bon an mal an, leur satané agrobusiness d’envahir l’Europe (22).

C’est notamment ce qui a amené la directrice du bureau européen des Amis de la terre, Magda Stoczkiewicz, à déclarer qu’ « il est nécessaire de suivre ces négociations de bien plus près et de faire en sorte que bien plus de gens soient au courant des dangers qu’elles représentent pour les citoyens et pour l’environnement ». (Ibid.)

L’exception culturelle, à travers laquelle la France ne cesse de se tresser des lauriers, ne passerait-elle pas aussi par la table ?…

OGM = fascisme alimentaire

b/ La santé

Dans ce domaine, le grand marché transatlantique a notamment pour ambition de prolonger artificiellement la durée de validité des brevets, ce qui aurait au moins trois conséquences très fâcheuses : primo, une augmentation encore accrue des dividendes aux actionnaires des grands groupes pharmaceutiques, déjà plus que dorlotés, ainsi que des fusions-acquisitions, au détriment de la recherche et de l’élaboration de nouveaux médicaments ; secundo, la relégation des médicaments génériques à l’arrière-plan ; tertio, et par conséquent, l’assurance, pour des personnes déjà fragilisées à l’extrême, de devoir débourser, si le projet se fait traité, des sommes considérables afin de pouvoir survivre. Ainsi de celles atteintes du VIH, au nom desquelles Act Up a lancé, aux côtés de dizaines d’autres associations, un appel clair et net à bannir de telles dispositions de tout accord commercial éventuel (23). On attend toujours dans la rue les milliers de PD et de gouines françaises qui avaient pris la peine de défiler, en début d’année, afin de faire valoir leur confort bourgeois, ainsi que leurs homologues néerlandais, pour qui la vodka russe semble autrement plus importante !

Peasants for plutocracy (by Michael Dal Cerro)c/ Internet

Le traité TTIP – TAFTA supposerait la fin des logiciels libres, la mondialisation d’un HADOPI dont même la France, aujourd’hui, cherche à se débarrasser, la traque mesquine de toute activité considérée suspecte eu égard aux droits d’auteurs, par l’entremise de la gendarmisation des fournisseurs d’accès (Vous avez dit ‘commerce’ ?) et d’immixtions constantes dans la vie privée de la part d’intrus de toutes natures, sous le sceau protecteur de ces lois nouvelles, ainsi que, conséquemment, l’anémie de la créativité électronique.

Ces derniers jours, l’on a ainsi vu un certain David Israelite, industriel du copyright, déplacer les frontières du risible en poussant l’idiotie cupide jusqu’à réclamer la fermeture sine die des principaux sites qui hébergent des paroles de chansons !

d/ l’instauration de nouveaux tribunaux d’arbitrage supra-continentaux

Si se réalise le souhait des négociateurs de la plus grande embrouille législative qui ait jamais été, ce type de tribunaux, d’une nature inédite, où siégeraient, ès qualité de magistrats, des avocats d’affaires, par nature véreux, seraient habilités, outrepassant les législations nationales (et même continentales), à condamner des Etats à compenser, avec l’argent public pour lequel vous avez trimé, des multinationales qui s’estimeraient lésées parce que l’un de leurs deals fumeux n’aurait pu se réaliser en raison d’une non-conformité aux prescriptions sociales ou environnementales (par exemple l’interdiction d’exploiter le gaz de schiste).

La conséquence directe de ce principe inique serait une compétition acharnée entre les Etats, sur le mode de la compétition fiscale, pour réduire au strict minimum les principes qui fondent notre bien-être commun et garantissent notre sécurité face à des prédateurs qu’aucun désastre social, aucune pollution, ne fait reculer.

Why should we care about your economy ?

Car, contrairement à ce que ses apôtres voudraient nous faire croire à longueur de propagande, c’est bien dans le nivellement par le bas que réside l’essence du capital-corporatisme, porté tel un noir étendard par tous les imposteurs du commerce vicié qui a l’audace de se prétendre libre et non faussé, au premier rang desquels la clique bien connue de commissaires imbus de leur personne, qui mérite de voir, pour cause d’abus de pouvoir illégitime répétés, ses prérogatives détricotées les unes après les autres au bénéfice d’un Parlement digne de ce nom !!!

Comme l’indiquait un rapport publié en mars 2012 par la Confédération européenne des Syndicats  (CES), « le discours européen qui soutient que la nouvelle croissance post-crise permettra de résoudre le phénomène [prétendument] temporaire de creusement des inégalités [est erroné]. Le lien entre croissance et égalité s’est rompu et la marée ne monte plus pour tous. Il n’y aura [par conséquent] pas de sortie de crise durable sans réduction des inégalités sociales. [Dès lors], les remèdes politiques doivent désormais se porter sur la redistribution et la ‘déconcentration’ des richesses. » (24)

Plus tôt les vrais profiteurs du système l’auront compris, mieux ils éviteront le clash des titans, si tant est que tel soit leur objectif…

Article 35 de la DDHC de 1793

__________

(1) In Ce Soir ou jamais, 07/11/08, France 5 / to be watched here : http://www.youtube.com/watch?v=2Zliehv1ncU

(2) Source : Le Monde, 25 mars 2005

Les propos ici relatés se rapportaient à la fameuse directive ‘Services’ pondue par la même Commission européenne au début des années 2000. Les citer dans le cadre de cet article ne trahit pas leur intention dès lors qu’ils furent tenus par un autre tenant bon teint du capital-corporatisme, qui souscrit pleinement, par ailleurs, à la dictature de la finance dont relèvent les projets de traités mentionnés.

Texte et commentaires ici : http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2010/11/20/hasta-la-evolucion-siempre/

(3) Office du Budget du Congrès US, Tendances dans la distribution du revenu des ménages, 1979 – 2007, octobre 2011

(4) Source : Joseph E. Stiglitz (prix Nobel d’Economie 2001), Of the 1 %, by the 1 %, for the 1 %, in Vanity Fair, mai 2011

http://www.vanityfair.com/society/features/2011/05/top-one-percent-201105?currentPage=all

(5) Source : Paul Krugman (prix Nobel d’Economie 2008), For Richer, in New York Times, 20 octobre 2002

http://www.nytimes.com/2002/10/20/magazine/for-richer.html?pagewanted=all&src=pm

LIRE AUSSI l’étude statistique de la répartition des revenus aux Etats-Unis établie en 2013 par Piketty et Saez, dont rend compte l’article suivant : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/07/15/liberte-de-croissance-le-nouveau-paradigme/

(6) Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/632-579-milliards-dollars-epee-damocles-qui-pese-marches-mondiaux-eberhardt-unger-776221.html#FfEr2B4xHzwI2awE.99

(7) Source : http://www.mckinsey.com/insights/global_capital_markets/mapping_global_capital_markets_2011

(8) Lire, à ce propos, cet article précédent : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/06/09/acta-ou-comment-le-monde-cherche-a-sunir-contre-les-internautes/

LIRE AUSSI l’article suivant du Guardian, relatif à un document de travail des négociateurs du TPP (traité transpacifique) qu’est parvenu à se procurer Wikileaks : http://www.theguardian.com/media/2013/nov/13/wikileaks-trans-pacific-partnership-chapter-secret

(9) Source : http://www.laquadrature.net/en/tafta-down-with-anti-democratic-us-eu-negotiations

(10) La liste de leurs noms peut être consultée ici : http://www.laquadrature.net/wiki/TAFTA_negotiators

(11) Source : http://www.ustr.gov/about-us/biographies-key-officials/daniel-mullaney-austr

(12) Le CV résumé de l’intéressé est disponible ici : http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2013/july/tradoc_151669.pdf

(13) Lire : http://www.theglobeandmail.com/news/politics/eu-harper/article14924915/

(14) CV résumé de Trarieux ici : http://www.hagstromreport.com/2012news_files/2012_1119_trarieux.html

(15) CV résumé de Levie ici : http://www.regonline.co.uk/builder/site/Default.aspx?EventId=1184066

(16) CV résumé de Clarke ici : http://www.europolitics.info/institutions/john-a-clarke-commission-art351409-36.html

(17) Lire : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/21/le-futur-de-l-otan-est-europeen_1703899_3232.html

Selon de nombreux spécialistes de la géopolitique, le but premier des traités TPP et TTIP – TAFTA est d’isoler la Chine, en la privant de sa zone d’influence, ce qui ne pourrait manquer de provoquer, à terme, le plus grand affrontement dans l’histoire de l’humanité.

(18) Source : http://www.liberation.fr/monde/2011/03/29/l-europe-echoue-a-trouver-un-accord-pour-interdire-la-viande-clonee_725339

(19) Source : http://www.europe1.fr/Economie/L-UE-autorise-la-viande-traitee-a-l-acide-1403641/

(20) Source : http://www.rtbf.be/info/dossier/toute-l-info-europeenne-de-la-rtbf/detail_aujourd-hui-en-europe-la-commission-europeenne-veut-reglementer-le-commerce-des-semences-des-plantes?id=8023835

(21) A propos de ladite multinationale, intimement connectée au sous-empire Gates, il est impératif que vous lisiez d’urgence le suivant article précédent : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/02/12/gratia-solis-generositatis-omnibus-fingit/

(22) Source : http://www.independent.ie/business/eu-and-us-negotiators-say-trade-deal-wont-pander-to-big-business-29758186.html

(23) Lire : http://www.eff.org/deeplinks/2013/03/transatlantic-declaration-leave-copyright-patent-issues-out-tafta

(24) Lire : http://www.etui.org/fr/Actualites/Les-inegalites-sociales-s-aggravent-dans-l-Union-europeenne

***

(ajout du 21 mars 2015)

Bœuf aux hormones, poulet chloé, invasion d’OGM : en attendant TAFTA, le Petit Prince a déjà les pralines gonflées…

http://www.sudinfo.be/890468/article/actualite/belgique/2013-12-27/le-prince-emmanuel-consulte-un-psychotherapeute

Si l’Etat abdique aussi son rôle primordial de veille sanitaire des produits alimentaires que nous consommons tous, il ne lui reste décidément plus grande raison d’être.

I know what you’re thinking about : horsemeat lasagna, right ? Pensez de nouveau !

Il y a peu, la presse belge a fait ses choux gras des visites régulières du prince Manu chez le psy. Troubles de l’attention, hyperactivité, mains qui gigotent ? Vu son âge, on refuse de croire à l’option Sean-Gustave…

Si l’hyperactivité est bien l’origine de son blème, l’explication pourrait être beaucoup plus pragmatique : le chocolatier-confiseur Corné Port-Royal, fournisseur breveté de la Cour de Belgique…

Examinons sans plus attendre les ingrédients de l’un des produits phares de la maison :

Corné Port-Royal Ballotin Chocolat Noir 470 g, 36 pralines

Sucre, pâte de cacao, amandes, noisettes, beurre de cacao, matière grasse laitière anhydre, sirop de glucose, graisse végétale, lait entier en poudre, eau, stabilisant : sorbitol, amandes grillées, noix, lait écrémé en poudre, stabilisateur: sirop de sorbitol E420(ii), farine de riz, lait condensé, pâte de pistache, émulsifiant: lécithine de soja (E322), cacao maigre en poudre, pistache, sirop de sucre inverti, farine de blé, sucre inverti, miel, café, glucose, arôme: pistache, arôme naturel: vanille, sirop de fructose, écorces d’orange, arôme: vanilline, alcool (0,02%), émulsifiant: mono- et diglycérides d’acides gras (E471), conservateur: acide sorbique (E200), stabilisant: E1103, conservateur: sorbate de potassium (E202), sel, arôme naturel: caramel, farine de malt (blé), arôme naturel: pistache, crème, pistaches, arôme naturel: bergamote, huile végétale, blanc d’œuf, dextrose, arôme naturel: orange, vanille naturelle, colorant naturel: E141, beurre d’Isigny, cerneaux de noix, arôme naturel: citron, farine de malt (orge), colorant vert naturel, gomme de xanthane (E415), colorants: E102*,E110*(*peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants), colorant: E171, émulsifiant: sucroesters acides gras E473
http://www.corneportroyal.com/fr/ballotin-chocolat-noir-470-g/chocolat-produit-france.htm

Si rien ne vous étonne, c’est parce que vous en êtes encore à croire que les industriels vous veulent du bien, et que l’Etat est là pour les mater. Heureusement, sur Mediapart, Jo la Moustache, qui vient de publier tout un bouquin consacré à la malbouffe, vient de tirer la sonnette d’alarme.

Un colorant, le E471, comme indiqué dans la liste des ingrédients ci-dessus ?

« Le dioxyde de titane est peut-être cancérogène.
Le dioxyde de titane peut être produit sous forme de nano-particules / nanomatériaux.
• Peut-être cancérogène
• Peut-être produit sous forme de nano-particules »

http://fr.openfoodfacts.org/additif/e171-oxyde-de-titane

Quant au E102,

« La tartrazine est un additif qui présente beaucoup de risques.
• Risque élevé d’allergie chez les personnes sensibles, les enfants, les asthmatiques et les personnes allergiques à l’aspirine
• Troubles de l’attention et hyperactivité chez les enfants, en particulier quand la tartrazine est associée aux benzoates (E210 à E215) »

http://fr.openfoodfacts.org/additif/e102-tartrazine

La liste complète des additifs utilisés dans notre alimentation industrielle peut être consultée ici :

http://fr.openfoodfacts.org/additifs

Dans ce contexte, Paul de Bocuse, Pierre de Romeyer et les autres sont-ils complices ou résistants ?

CONTRE TRICATEL, TOUS AVEC LE P’TIT PRINCE !

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D Jahnus : TOTAL RECALL ! (Aujourd’hui : Gandhi sur Mars !)

D Jahnus

D Jahnus a-t-il perdu les pédales ? Lui a-t-on administré, à son corps défendant, avant qu’il ne parte en cavale, un nouveau psychotrope dévastateur élaboré secrètement dans les cryptes de l’Etat parallèle, et y a-t-il pris goût ? Il est difficile d’imaginer une autre explication à la série de messages abscons qu’il vient de nous faire parvenir…

Titillé par Roswell depuis sa prime jeunesse, et tombé dès l’enfance dans la marmite de l’esprit critique, notre ami simien a, nous relate-t-il, fait des bonds sur son canapé lorsqu’il a entendu les  révélations fracassantes de l’ancien ministre de la Défense canadien Hellyer quant à l’existence de quatre variétés d’extraterrestres (au moins) qui entretiendraient avec nous des contacts réguliers.

« C’est qu’ils vont de nouveau nous faire le coup », s’est-il écrié en grimaçant (Multilingue, il est très disert…). « Ils vont essayer de nous faire croire que ce sont de petits hommes verts, ou de longs blancs, ou d’affreux bossus oranges qui sont à l’origine de la Matrix. Ils ne manquent pas d’air… d’air à micro-ondes pulsées radioactives », nous confie-t-il.

Sans remonter jusqu’à Mengele, il s’est donc replongé dans ses archives pour y passer en revue l’historique du GeistKontrolle Ultra, ce programme ultra-confidentiel mis en branle par la Transatlantische Gemeinschaft für findige weltweite Unterdrückung Ltd., aussi connue sous le nom de Neue WeltUnion (NWU), au lendemain de la dernière grande guerre chaude en date, un programme prétendument abandonné en rase campagne au milieu des seventies.

Approval document MK UltraIl s’est ensuite administré plusieurs doses de LSD dernière génération que lui avait adressées, à sa demande, son pote Chucky, que le destin a, bien malgré lui, fait bosser comme cobaye pour Lockheed. Et il en profite d’ailleurs pour nous dire : « peanuts, la lune de miel prolongée entre la CIA et les cartels colombiens, ou encore les talibans de l’opium ! Rien n’est produit sans être au préalable DEA approved, au moins tacitly. »

Après avoir laissé fermenter quelques longues minutes, il a vu tournoyer autour de sa sphère une nuée de satellites, tandis qu’une voix quasi imperceptible lui lançait : « persévère, Jahnus. Tu es à deux doigts du Graal ». Confus, il se gratta le cul. Puis, avant de tomber à la renverse, il eut une sorte d’illumination, qui se présenta à lui sous la forme d’une torche ailée. « Bong sang, mais c’est bien sûr, eurêka ! », se surprit-il à s’écrier, se grattant cette fois les aisselles, « sputnika, VOSTOK » !

A partir de là, ce ne fut pas simple, à l’en croire. L’on ne sait d’ailleurs s’il sied d’accorder à la suite de l’histoire plus de crédit que l’on n’en accorderait au récit mythomane du premier toxico venu…

Souhaitant tout à la fois apparaître crédible et s’abstenir de trahir ses sources, il a décidé de ne nous en révéler que le prénom. Dans une vie antérieure, Jahnus aurait ainsi eu l’honneur d’accompagner Dirk en mission spatiale après un entraînement approfondi à l’ESA, sous la houlette d’un certain Jean-Pol. Les traitements dégradants que lui auraient imposés ce dernier et sa horde de blouses blanches sadiques auraient été légion, nous assure-t-il : les thérapies freudiennes d’Elizabeth sous héroïne et de Michel sous exta, mais aussi le recyclage d’urine, y avaient la part belle.

Il n’empêche : toute la crew se serait entichée de lui. C’est qu’il avait un QI bien au-dessus de la norme. Un coup de fil ici, un autre là, et le voilà embarqué à l’improviste dans la navette chargée de porter au firmament connu la torche olympique. Une fois à bord de l’ISS, il téléchargea sur la clé USB dont il avait pris soin de se munir une foultitude de documents tous plus confidentiels les uns que les autres, parmi lesquels ce qu’il nous présente aujourd’hui en exclusivité mondiale comme le Protocole des Perfides d’Albion

Ancienne Constitution du Sous-Bassement global

Article 1

L’autorité est la condition du progrès. Tout est autorité, et il n’est rien d’autre que l’autorité. L’autorité est garante de la cohésion, et la cohésion est garante de l’autorité.

Article 2

La cohésion est totale ou n’est pas.

Article 3

Le Sous-Bassement est garant de la cohésion, donc titulaire de l’autorité.

Article 4

Le Sous-Bassement existe. Le Sous-Bassement n’existe pas.

Article 5

Tout humain est né pour produire. Tout humain est né pour servir.

Article 6

Au sous-bassement le temps, à l’humanoïde la fragmentation du temps.

Article 7

La singularité est nulle. La singularité menace la cohésion.

Article 8

Les droits définis par le langage réel sont soumis à l’interprétation de ces droits par le langage du Sous-Bassement.

Article 9

Les lois de l’Etat réel sont la peau du mammouth. Le squelette du mammouth est défini par le Sous-Bassement.

Article 10

La Constitution du Sous-Bassement a la primauté sur la constitution réelle.

Article 11

Liberté de pensée est obligation de récitation collective. Liberté d’expression est obligation de silence. Liberté de mouvement est liberté de mouvement contrôlée. Liberté d’association est devoir d’association. Liberté d’entreprise est droit de domination. Idéologie est réalité. Vie privée est vie privée commune. Corruption est vie. Amour est sentiment. Rêve est sacrilège.

Article 12

Il sera discriminé sur base de la race, de l’origine, de la couleur de peau, des convictions philosophiques ou religieuses, du genre, des préférences sexuelles et de tout autre critère, dès lors qu’une race, une origine, une couleur de peau, une conviction philosophique ou religieuse, un genre, des préférences sexuelles ou tout autre critère incarné menacera la cohésion, telle que définie par l’autorité.

Article 13

Tout sentiment menace l’autorité.

 

Ainsi proclamé en séance plénière du Grand-Conseil du Sous-Bassement

en l’An 1 de l’Ere Electromagnétique

A son estime, il ne faisait cependant aucun doute qu’il s’agissait là d’un faux grossier établi in tempore suspecto par une poignée d’énergumènes complotistes aux intentions douteuses. Il n’accorda pas davantage de crédit au document qui établissait une corrélation entre le Onze-Septembre et une découverte capitale en matière d’ADN humain extraterrestrialisé supposée annoncer l’arrivée imminente de l’Homme nouveau. Pas étonnant : c’est un singe ! Et à quelles exactions cette nouvelle espèce pourrait-elle sur lui et ses semblables se livrer auxquelles son aïeule ne se soit pas déjà adonnée : fallait-il espérer mieux de la part de l’homme que d’avoir créé son nouvel exemplaire à son image ?…

Un document récent retint toutefois son attention. Comme les autres, il nous l’a communiqué directement par satellite, histoire de gagner du temps. Il s’agit, selon lui, d’un compte rendu top secret de la division indienne du Sous-Bassement…

Chargée des reliques de Gandhi reconstituées en aluminium forgé et assemblées sous forme satellitaire, la fusée DAD lancée ce jour depuis Satish Dhawan dans le cadre de la mission MOM aurait en réalité pour objectif, aurait prétendu le directeur de cette dernière, de…

« capturer et enflammer les jeunes esprits en Inde et de par le monde ».

« Vous saisissez la nuance ? » nous interroge le singe, « capturer n’est pas captiver… »

S’emparer d’un animal à la chasse ou à la pêche.

Faire prisonnier un ennemi en temps de guerre, arrêter un malfaiteur en parlant de la police.

Se rendre maître d’un navire, d’un avion, s’en emparer, surtout en temps de guerre.

We steal secrets, en effet… Hellyer en enfer, et plutôt hier que demain, voilà la spaceleak du siècle, et même du siècle dernier ! Smells like teen monkey spirit, que diable !

Jahnus, se faisant tout petit, aurait profité d’une escale de la fusée indienne à la SSI pour embarquer dans cette dernière. Il serait en train de s’y préparer à sa prochaine mission. En effet, Félix Baumgartner lui aurait filé un exemplaire de la première collection de combinaisons spatiales adaptées à l’atmosphère martienne (et à sa taille), qu’il trépigne d’impatience de tester. Une fois sur place, il séjournerait dans le ventre de Curiosity II. Son objectif ? Mais, pardi : faire ce pas de géant que tous les singes à jamais lui envieraient…

Prudence, Jahnus…

http://tune.pk/video/2990361

____________

http://www.youtube.com/watch?v=0v4sq2akgtE

http://www.indianexpress.com/news/indias-mars-mission-who-said-what/1191145/

D Jahnus

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BREAKING NEWS – Rik Rime : « they were trying to open a gateway to hell »

Debauchery, drug abuse, torture, child sacrifices… According to Rik Rime, special superintendant of Saint-Just, a city in the sky east of the most eastern part of the European cathedral, named after the famous French revolutionary, the Roma peasants who have been squatting in the Holy Temple of the Female Grail for the past several months were doing it all !…

I had to put an end to it”, Rime tells our colleagues of the FBTR, the Federal Bureau of Trustworthy Reporting brought into life by the General Council of the Wise, some thirty five years ago, in order to streamline the information flow within our sacred homeland. “A week ago, I received some pretty reliable intel according to which these Roma were actually trying to open a gateway to hell”, he continues.

Rooted in the Roma culture is the strong belief Heaven and Hell are bound to merge into a new Republic of the Void linking human life with the afterlife and Earth with the 9 spheres once and for all. Famous historian Gjürk Husseini has been specializing for decades in the religious phenomena. According to him, hidden Roma scriptures show that, at the very beginning of life on Earth, a mysterious creature fell from the sky straight onto the spot where Brüsel is currently located, in the catacombs nearby the royal palace. The famous movie Highlander is inspired by this story.

This originally explains why the Roma are a nomad people. Being mobile helped them locate the G-spot with much more certainty than if they had used satellites. It is rumored the nazis had knowledge of this but never managed to lay their hands on the documents, hence their fury towards the Roma.  “This is all bullshit, we are peaceful people”, Adrianna Glück, a Roma turned fashion model tells us, “we fear God, just like you”.

Superintendant Rime was on his way to an international convention about prostitution, yesterday, when he received a phone call from the Ministry of Down. According to the information we’ve gathered on the inside, he was told to act swiftly in order to avoid the worst case scenario. ”I received some pretty reliable intel according to which these Roma were actually trying to open a gateway to hell”, he affirms.

From that doomsday scenario a ruthless leader unlike any we’ve seen before would, according to the scriptures, emerge, gain control over all the power on the planet and be the sole (direct) intermediary between the Earthlings and the Greys, who, it is written, have been awaiting this opportunity for over a trillion years. “Once I was told, I was facing a tough choice with immeasurable consequences”, Rime points out, “either tacitly allowing the continued bloodshed of innocent children inside the temple, or act as any responsible leader would do”.

Rime, a lay, took office in 1934, before the Great Shift of the Ministry of Up became more or less official. He is now one of the eldest advisory persons of the Council of the Wise on ethereal security matters, where he has been enjoying statutory extra-legal privileges for over a decade. “I had to put an end to it”, he now says, adding : “I hope you realize I myself am totally hermetic to all this underground mystique. What I did, I did for the people themselves, especially the youngsters”.

For her part, catwalk star Adrianna Glück, who, despite the requirements of her international career, never lost contact with her fellows, rejects this accusation, in which she sees a political plot that would benefit Rime’s agenda, as well as a sign of the times. “We fear God, just like you”, she says. She called upon famous Candle International lawyer George-Henry de Bootyea to support her struggle.

In the meantime, the alleged devil worshippers congregating inside the Holy Temple are awaiting the superintendant’s final decision. The latter had his personal secretary issue the following statement : “eviction could be imminent. These people worshipped the wrong god. Had they proven worthy of our culture, I would have considered leniency. They haven’t. For my part, they may rot in hell, which, contrary to popular belief, is freezing”…

When he read this statement, de Bootyea decided to accept the case on behalf of the Roma people, and he immediately reacted on his weblog (www.lawyersforjustice.org) : “in a civilized entity, it is time to put this kind of witch hunt behind us. I have spent my entire career within the Ministry of Up, and never have I seen a regression like the one we are confronted with nowadays. Superintendant Rime must understand his political ambitions come second to the needs of the needy”.

Rime declined to address this open critique of his policy. His personal secretary, however, told the FBTR she considered this comment was “below the belt”.

More on this topic as the drama unfolds…

Sais-tu danser la carmagnoleu

Real Story available here : http://www.lesoir.be/353410/article/actualite/belgique/2013-11-03/eglise-gesu-une-trentaine-sans-papiers-ont-quitte-lieux

Current nightly temperature in Brussels : between 3 and 9°C

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Primi, mais INTER PARES : la leçon de l’Amérique du Sud progressiste au « marché de la démocratie »…

Le discours des nouveaux pionniers politiques des nations progressistes sud-américaines, celles qui se sont réveillées après le long cauchemar qui leur avait été infligé au nom de la libre entreprise, durant les seventies et jusqu’au début de la décennie suivante, par l’encombrant grand-oncle qui s’est toujours autorisé à s’immiscer par tous les moyens dans les affaires de tous, gêne-t-il aux entournures la propagande officielle en cours chez nous, tant parmi les savonnettes de diverses couleurs qui quémandent périodiquement nos suffrages qu’au sein de leurs relais médiatiques autorisés, tous s’inscrivant avec plus ou moins de consentement dans la dictature libérale des marchés ?

Ce discours, en tous cas, bat en brèche l’angle favori à travers lequel est considéré le réel, par chez nous, ainsi que les tactiques politico-médiatiques utilisées de manière coutumière afin de tenter de déstabiliser ceux qui s’élèvent contre ladite dictature. Sans nous en rendre compte, nous avons, en effet, glissé politiquement, en une quinzaine d’années à peine, d’un paradigme droite / gauche à un paradigme extrême-droite / droite, cette dernière assaisonnée, le cas échéant, de l’un ou l’autre aromate vestige des conquêtes sociales populaires.

Quiconque a le culot de s’opposer à cette droite se voit ainsi rangé, de manière automatique, dans le rang des sympathisants bruns. Cette formidable évolution du débat démocratique, nous la devons à la fois au hold-up de la gauche d’hier par des forces, en réalité réactionnaires sous la surface, auxquelles seule la fortune de milliardaires bien connus est supposée conférer un certain cachet, à la traque obsessionnelle à la déviance de la pensée conduite par les experts en nazisme 2.0 présumé, et au panurgisme béat d’une caste médiatique en décomposition.

Où, en effet, dans une si simpliste configuration, dans laquelle les accusations de populisme ne tardent généralement pas à être utilisées pour faire taire un adversaire, un propos non aligné tel que celui tenu par des hommes du peuple tels que Jose Mujica et Evo Morales pourrait-il s’insérer?

Voilà le talon d’Achille du confinement idéologique dans lequel nous tient séquestrés le prétendu libéralisme qui défait nos destinées, et délie nos bourses tel un Robin des gratte-ciel : aucun islamo-fascisme (pour reprendre la logorrhée en vigueur), aucune putride nostalgie stalinienne nord-coréenne, aucun relent vichyste nauséabond dans la bouche de ces gens-là. Populistes, ils le sont, pourtant, dans le bon sens du terme (1), un sens qui ne correspond pas aux éléments de langage ambiants : renoncer à une partie importante de son salaire présidentiel, comme l’a fait le premier nommé, et affirmer malgré tout être encore trop payé, bref rendre la politique à la noblesse des causes et des personnes défendues, voilà bien le genre d’exemplarité (d’athée, en l’occurrence !) qui nous fait honte ici, n’est-ce pas ? La seule solution, pour les chiens de garde, consiste donc à faire comme s’ils n’existaient pas, à ne pas relayer leurs interventions sur l’écran ancien, hormis dans un rapport causal entre eux et les Etats-Unis, tel que ce fut le cas à l’occasion de la diatribe de la présidente du Brésil contre la StaSi nord-américaine.

De ces interventions jaillit pourtant, en raison, sans doute, de la profonde humanité que dégagent des dirigeants que le sain attachement à leurs roots a maintenus dans l’humilité, une sagesse, une philosophie de vie, une droiture et une vision auxquelles, sous nos latitudes, piétinant dans un mercantilisme qui ramène tout à sa plus futile expression, à son plus petit dénominateur commun, c’est-à-dire à ce temple perverti de l’Argent-Dieu, notre politique capital-corporatiste donne l’impression d’avoir définitivement renoncé.

Serait-ce parce que nos populations se sont, depuis les trente glorieuses, embourgeoisées comme jamais auparavant ? Que l’on se rassure, alors : les coupes sombres dans la sécurité sociale menées ici et là non pour rembourser des dettes dont chacun, en haut lieu, sait qu’elles sont irremboursables – de quoi les vautours se nourriraient-ils demain si elles l’étaient ? – mais pour privatiser les derniers pans d’activité humaine qui étaient parvenus à résister à l’accord multilatéral sur les investissements avorté, créeront sous peu de nouvelles légions de miséreux dont l’hypnose télévisuelle seule ne parviendra plus, à terme, à endiguer la rébellion.

Une fois passée la légitime phase de résignation face à la barbarie sociale revendiquée, et éteints la propension manifestée spontanément par ceux qui ont été maintenus à dessein dans l’ignorance la plus crasse à se retourner les uns contre les autres, comme le fatalisme suicidaire qui consisterait, en fuyant la gueule du loup, à se jeter dans les bras de l’ogre, bref, après la contestation erratique du cours des choses tel qu’il est imposé ici, ces légions finiront par partager l’espoir positif qui anime tant de Latino-Américains. Et, ce jour de gloire-là, ils reprendront en chœur, et avec sincérité cette fois, le slogan pondu par les écervelés de l’une de ces agences de marketing qui infestent le « marché de la démocratie », le retournant contre ses inspirateurs : « ¡ El cambio, es ahora ! »

Jose Mujica

Jose Mujica 2

« Nous avons sacrifié les anciens dieux immatériels, et nous occupons à présent le temple du dieu du Marché. Ce dieu organise notre économie, notre politique, nos habitudes, nos vies […] et nous fournit l’hologramme du bonheur. Il semblerait que nous ne soyons venus au monde que dans l’unique but de consommer. Et lorsque nous ne pouvons plus consommer, nous ressentons une frustration, nous souffrons de la pauvreté, et nous nous voyons marginalisés. […]

Notre culture [en est réduite à] l’accumulation; c’est une culture de marché. […] Il s’agit d’un compte à rebours contre la Nature et contre l’avenir de l’humanité [entamé par] une civilisation opposée à l’humilité, à la sobriété, aux cycles naturels et aussi – ce qui est pire encore – à la liberté, laquelle implique que nous prenions notre temps pour établir des relations humaines, clés de voûte d’une vie : l’amour, l’amitié, l’aventure, la solidarité, la famille. C’est aussi une civilisation opposée au temps libre, qui ne rémunère ni ne s’achète et qui nous permet de contempler la beauté de la Nature. Nous avons détruit les jungles véritables pour les remplacer par des jungles de béton. […]

Sommes-nous heureux lorsque nous sommes si éloignés de l’essence de ce qui fait de nous des êtres humains ? Stupéfaits, nous avons délaissé notre biologie, qui défend la vie au nom de la vie elle-même, et l’avons remplacée par le consumérisme fonctionnaliste et l’accumulation. La politique, mère naturelle de la vie humaine, qui s’est, d’aventure en aventure, acoquinée avec l’économie et le marché, se limite désormais à sa propre perpétuation. En ce, elle a délégué son pouvoir, se cantonnant à la conquête de strapontins gouvernementaux. »

Extraits du discours prononcé par Jose Mujica, Président de la République orientale de l’Uruguay, devant l’Assemblée générale des Nations-Unies, le 24 septembre 2013 (2)

LE PRESENT ARTICLE EST AUSSI L’OCCASION DE LANCER UN APPEL A TRADUCTION DES INTERVENTIONS DE CES DIRIGEANTS LATINO-AMERICAINS, qui ne sont disponibles, la plupart du temps, qu’en version originale…

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1/ Lire, à ce sujet, cet article antérieur : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/01/09/mathieu-galloway-chavez-ces-vilains-populistes/

2/ Le discours complet du Président Mujica, dont les extraits sélectionnés dans cet article ont été traduits de manière approximative, peut être vu ici : http://www.youtube.com/watch?v=OLef1zl7k4Q

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« Chaud devanng ! » (1/4 h célinien)

C’est lui qui me ferait découvrir les champis, et avec eux ma première extase cosmique, là où, comme le dit un kool ket d’outre-Atlantique qui lui aussi a refusé de vieillir avec costard et cravate ou Humvee citadinisé et mouflets-rois à chevaux à bascule d’or, la plupart se contentent d’un orgasme, incapables de voir au-delà.

Tous les vendredis, après les cours, c’était le même rituel : rendez-vous au Baracok, un petit café de quartier branché du vieux Bruxelles, pour y enchaîner les chopes jusqu’à plus soif, et souvent jusqu’à l’écroulement. Moi, je ne buvais pas. Ce n’est pas que j’étais l’écolier exemplaire, mais le houblon était ma tombe. Un truc de fœtus, sans doute, bien que l’intéressée s’en soit toujours défendue. Dans ce bistrot, il y avait un cuistot originaire du Midi. Il s’appelait Frank. Personne ne sait trop comment il y avait atterri, mais il était l’attraction locale. « Chaud devanng », beuglait-il avec son accent méridional, ses hamburgers ou autres spaghet’ à la main.

Puis, un jour, il y eut rupture, chacun étant appelé par les trompettes de l’existence à suivre son propre chemin. Lui s’est retrouvé à Harvard après une licence en droit, mot qui se disait avant que l’on ne parle de mastère. Il était du genre à délaisser les céréales pour bouffer du Marx au petit-déjeuner. Plusieurs fois, il avait d’ailleurs frôlé l’indigestion. « Si tu veux vaincre l’ennemi, il faut le connaître », martelait-il à sa cour, toujours serti de cette écharpe rouge vif qui avait pour but affiché d’annoncer la couleur, de s’approprier le réel et d’en faire d’office du symbolique, de ne laisser planer aucun mystère, en somme.

Il était le cadet, l’héritier en puissance, d’une riche famille bourgeoise qui vivait aux confins d’Uccle. Il était aussi le préféré de la mamma, fils unique putatif à qui rien n’était refusé, et cela se traduisait dans ses moindres faits et gestes : la vraie tête à claques, non dénuée de bagout certes, mais arborant toujours fièrement ce sentiment de fausse supériorité et ce rire moqueur du grand dadais autosatisfait que l’on ne peut, forcément, qu’envier et dont on ne peut que jalouser les réseaux prédéterminés. L’infatuation suintait de son visage conquérant tandis que, tel un monolithe séparé du tout, il se plaisait à pisser à la raie de ceux qui se mettaient au travers de sa route, son expression fétiche, que son double honni, limite physiologique oblige, ne pouvait par la force des choses – résolution suprême de la quadrature du cercle lacanienne – lui retourner. Il irait loin, c’est sûr…

Chez les Ricains, il apprit à développer l’esprit de camaraderie, de fraternité, celui dont on ne se défait jamais, et se familiarisa, au gré de ses cours de sociologie de bazar, avec les techniques du marketing de masse qui lui assureraient, une fois de retour au bercail, sa revanche sur l’ennemi, où le speed dating professionnel figurerait en bonne place. Ca vous est étranger ? Laissez-moi vous expliquer brièvement : les postulants au dernier job de rêve en date sont invités, en cinq minutes maximum, à se vendre, à l’occasion de foires à l’emploi par exemple, à des parterres d’employeurs potentiels. Prendre dans le cul est l’horizon, nier ce qui fait homme la méthode.

Aujourd’hui, il gère un parc de plusieurs dizaines d’employés. Il est le boss. C’était inscrit dans son profil astral. Sa maman est très fière de lui. Ecrivain à succès par ailleurs, il a la réussite tatouée sur le front. Je l’ai revu il y a quelques mois lors d’une réunion d’anciens élèves. C’est la seule fois où je me suis laissé aller à cette manie débile qui consiste à revoir des gens que l’on n’a plus vus depuis des lunes, et avec qui on ne partage plus rien sinon des souvenirs rassis qu’il vaut mieux ne pas remuer. Ce genre de choses est bon pour les vétérans, qui ont été marqués collectivement par l’horreur absolue, pas pour des adultes ordinaires.

Quand il m’a vu, il s’est esclaffé avant toute autre considération. Sa nouvelle femme, une Polonaise à l’allure élancée, ne comprenait pas. En vérité, il n’y avait rien à comprendre. Il y avait juste à acter : acter la pétrification des attitudes de poseur, la superficialité des échanges et la peur de la profondeur qui se cachaient derrière le masque d’une certaine réussite fonctionnelle. On est allé sur la terrasse, et après avoir réglé leur compte à trois ou quatre joints consumés en partage, il m’a dit : « je suis mal, tu sais. Je n’ose le dire à personne, mais on attend toujours de moi que je performe, que je sois le meilleur, et je le suis, mais j’aspire à plus ». Je l’ai regardé en face, et je lui ai dit : « Grégory, à l’école primaire déjà, tu cranais parce que le proviseur avait conseillé à ta mère de t’inscrire dans un établissement plus à la hauteur de tes compétences. C’est ta mère qui t’a insufflé ce culte. Résultat des courses : tu ne t’es jamais regardé en face, et pardonne-moi cette offense, mais t’as vraiment une sale gueule, tu sais »… Nous rîmes de bon cœur. Je l’interrogeai sur son dernier livre : était-il autobiographique ? il m’envoya son poing dans la gueule, lui qui pourtant se targuait d’être non violent en toutes circonstances. Je lui dis à quel point je trouvais canonne sa nouvelle compagne, et il me répondit qu’un plan à trois n’était pas à exclure. Quand j’y pense, je frissonne encore…

Le lendemain, il retournerait au boulot, huitième nain couronné par l’ambition dévorante de devenir un géant. Je le voyais encore me rire à la face, de ce rire sardonique qui exclut et n’autorise aucun partage, le rire des geôliers de l’autre côté de la cage, celui des tourmenteurs de Winston de l’autre côté de l’écran. Il n’y avait rien. Je sentais en moi monter la haine qui ferait partir le coup instantanément, dès que ma raison se relâcherait pour de bon. Puis mon esprit reprit le dessus et m’emmena ailleurs. Ce Winston-ci se la coulerait douce : plutôt crever que de devenir un autre clone. Que THX 0523 se débrouille, mon salut était ailleurs, loin de ce si bas étage, loin des suicides des mois au nom des egos. Et il fallait que je me résolve à accepter que la lumière que j’avais vue ne s’était pas offerte à eux, ou vice versa. Peut-être un jour, bien plus tard, lorsqu’ils auront mûri conformément au schéma classique qui régit les vies… Peut-être…

Catégories : Expressions de sagesse passagère

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