Au nom de l’Homme !

Par moments, lorsque je me laisse aller,

je m’interroge sur le sens de tout cela

cette apparente nécessité de produire

alors que produire ne veut plus rien dire

de faire comme les putes font

la besace pleine et l’esprit absent

ailleurs, dans l’éther second

ces rimes sont fortuites, lecteur

enchaînées dans le grand vide de la désolation

elles ne composent aucune mélodie

vite, vite, me voilà, dans le grand rien de la saturation

je veux être manager, je veux être star, je veux être filmmaker

pédant artifice !

je veux prendre, je veux réussir, je veux m’imposer

en détruisant, comme tout le monde

et si j’échoue, je détruirai aussi

toujours les mêmes poses, toujours les mêmes postures, toujours les mêmes conquêtes

figées dans leur impression de mouvement

d’avant le déluge d’après moi, le déluge

dans le grand bain d’indifférence primitive

dans le vaste entrepôt du sadisme perpétué

des automates, des carcasses mouvantes

à l’énergie moribonde

qui gave les déjà gavés

au bord d’un précipice dont elles font abstraction

ou sur lequel ils jouissent

superflus

en un superamas de vent fétide et tiède

dans les rites surannés, les conversations,

qui finira bien par exploser

sous le poids de sa densité de néant

collection de vécus, d’expériences, de productions, de préférences, de prétentions

consignée en giga-tera-octets en orbite

tous ces paysages, ces architectures, ces rues

photographiées en plan panoramique

cette réalité clichée qui ne sera plus

bientôt ou plus tard

je veux être star !

réalité d’archives d’avant le grand souffle

qui substituera au positif l’immense page noire maculée

gigantesque collation de représentations

pour l’anti-édification des générations futures

désespérées, maudites, entre-dévoreuses, puis inconscientes

plus encore que leurs antécédentes

pharaonique pan d’histoire

pour les historiens d’après l’histoire

qui seront chargés de taire

ce mouvement centrifuge apparemment inexorable

par lequel le réel aura rattrapé la science non dite

pour enfin se mettre à son diapason

sept milliards de petits humains

puis ils ne furent plus qu’un million

ayant fait du Jardin table rase,

si imparfait fût-il

ce mouvement qui soudain unira

autour de l’effacement de tout repère

au nom de l’abjuration des infernales atrocités antiques

perfection esthétique érigée sur un désert de flammes

au nom de la bête, au nom de l’homme

de certains hommes, du moins

A ces moments-là, j’essaie d’oublier le futur

de me convaincre qu’il n’a jamais été

Me reste alors cette sombre illusion

qui tous nous enveloppe,

semble-t-il,

à perpétuité

Jake Williams goes rafting.

***

PANABERRATION EX SAS

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