Table rase et Intérêt « supérieur » : et si on parlait de la violence des femmes ?

Il y avait un appareil photo contemporain de l’expo ’58.

Il y avait deux petits tourne-disques portables, ancêtres du walkman, un rouge carré, un bleu ovaloïde, et les disques qui les accompagnaient, Telstar des Tornados notamment.

Il y avait les cassettes audio de mon grand-père, les James Last qui rythmaient les paisibles soirées de Noël, et faisaient qu’on se sentait bien, à l’abri du froid, en famille, à l’abri du père et de la mère.

Illes diront que c’est la pureté.

Il y avait « give-me-the-koe », le fidèle compagnon de mes jeunes jours, sur qui il m’arrivait de reporter – qu’il m’en excuse – l’agressivité ambiante des deux petits adultes : il faudrait attendre d’avoir cinquante ans pour mettre bas un enfant… Pendant ce temps, Josse-à-la-gueule-noire gambadait dans le champ d’à côté, étreint par son épouvantable solitude.

Il y avait les vieilles BD jaunies par le temps, des classiques, que j’avais reçues en héritage.

Il y avait mes collections internationales de pièces de monnaie et de timbres : que d’après-midi n’ai-je passé à les trier, ceux-là. Que de pays ces estampes des quatre coins du monde ne m’ont-elles fait découvrir…

Il y avait tous les petits soldats de plastique, préférables dans cet état qu’en grandeur nature.

Il n’y avait pas de petites voitures – consécration pour les crétins que d’habiter la toto qu’ils poussaient, rampants, de leurs petites mains ! – mais un large bus : déjà, le transport en commun !

Il y avait quelques jeux dits de société : un scrabble, un échiquier…

Illes diront que c’est la honte.

Il y avait mes dissert’ de rhéto, et d’avant, et d’après, mes cours de Zabus sur l’amour courtois, les incubes, les succubes, et toutes ces choses étranges. Et Vincent Price : « what place is this ? »

Il y avait toute mon histoire à l’AGL, à la FEF, à Orange sur les Ondes, mes interviews de Martou, de Michel (l’homme au traîneau), de Gerardescu, de Morael-l’amoral, et de Busquin pour Le Cafard enchaîné, titre prémonitoire. LOL, Busquin !…

Il y avait des petits bouts d’histoire compilés, des sources à l’aide desquelles quelque descendant de Sosson pourrait expliquer aux petits idiots de demain ce qu’étaient les institutions européennes, disparues entre-temps, peut-être.

Illes diront que c’est la peur.

Comme la NSA et comme des rats de la pire espèce, elles ont tout passé au crible, sans un égard, sans un mot, se débarrassant de tous les encombrants : aux petits automates creux et sans conscience rien n’échappe ! Leur œuvre : briser le continuum des existences ! Pour mieux faire théâtre, pour mieux se la jouer : le non-sens engloutissant le sens jusqu’à plus soif ! Aucun passé : flotte, « mon fils », dans le grand néant commun, flotte et sers !

Il y avait des textures, des parfums, des dialogues, des fantômes. Il y avait des souvenirs, des souvenirs de vie !

Illes ne diront jamais que c’est la divergence : comment donc pourrait-on diverger ?!

 

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