Bons baisers de la Diplosphère…

  • jacou

(25 avril @13h41)

Merci beaucoup Frédéric pour ce nouveau texte.

Néanmoins, je souhaiterais réagir au court passage suivant :

« il apparaît que le projet d’en finir avec l’empire du capital sur la société ne peut que passer par une destitution du droit de propriété et une institution de la propriété d’usage (quand je parle ici de propriété, il n’est évidemment question que des moyens de production et pas des possessions personnelles) »

Oui bien sûr, je comprends l’absolue nécessité de s’attaquer à la propriété des moyens de production en tant que moteur (principal) de création de richesses.

Cela dit, il me semble tout aussi nécessaire de frapper le patrimoine et de façon très forte ! Par le biais du droit de succession par exemple ?
Ceci pour le moyen.

Mais la justification en est très simple selon le vieux adage populaire : « l’argent va à l’argent ». On en veut pour preuve si c’était encore nécessaire le fonctionnement actuel du capitalisme financier qui comme le disait Naomi Klein il y a déjà 20 ans n’a plus aucun besoin d’usines ou d’ouvriers pour s’auto-entretenir et bien au delà de s’accroître dans des proportions toujours plus démentes.

Alors pourquoi s’attaquer à l’un (les moyens de production) et rester aussi pudique quant à l’autre (le patrimoine) ?

Même si je comprends politiquement pourquoi vous dites cela, j’ai quand même un peu de mal à vous suivre sur ce point précis.

 

  • Yannick

(28 avril @06h08)

@jacou :

« Alors pourquoi s’attaquer à l’un (les moyens de production) et rester aussi pudique quant à l’autre (le patrimoine) ? »

Parce qu’affirmer haut et fort qu’on fera (pour son bien !) main basse sur la modeste baraque de Josiane et que ses quatre fils seront ainsi condamnés à vivre dans des mansardes staliniennes à perpétuité aliènerait l’élément bourgeois, prédominant sur la place de la République, pardi ! Mais rassurez-vous : ça figure à l’agenda pluriannuel du Politburo, son objectif ultime étant bel et bien l’abolition de toute forme de propriété privée ; il suffit que les temps soient mûrs, et c’est une oeuvre de longue haleine. Dès qu’ils le seront, l’Etat raflera tout, ses fidèles serviteurs garderont certes les datchas, mais, comme hier, le commun des mortels sera libre, affranchi de toutes ces abjectes possessions qui l’empêchent de servir le commun avec la ferveur requise. Il est interdit au pendule, voyez-vous, de chercher le juste milieu : il lui faut toujours pencher. Sinon, comment la prochaine droitisation pourrait-elle voir le jour ?…

Au fait, Lordon, l’allocation universelle, c’est trop libéral pour toi, non ? Pour ces fossiles de syndicats, n’en parlons même pas… Faudra que ça vienne de la droite, putain !…

 

  • Chammal

(28 avril @07h06)

Yannick,

Sans l’éternité, la propriété reste une illusion.

Pourquoi voulez-vous empêcher les quatre fils de Josiane de se bercer de leurs propres illusions ? Et surtout au nom de quoi voulez vous les obliger à se partager la maison de Josiane, eux et leurs familles reconstituées ?

C’est peut-être là que réside la tyrannie suprême : enlever à l’homme sa seule certitude dans un monde d’illusions, celle de sa mort annoncée.

 

  • Yannick

(28 avril @23h24)

@ chammal :

Vous inversez le paradigme : de la contrainte à se défaire de cette illusion-là, si tant est que votre métaphore soit pertinente, vous faites un empêchement de chérir leurs propres illusions, d’une mainmise extérieure une obligation intrinsèque fictive…

Les anarchistes espagnols, ceux-là même au nom de l’éradication desquels la déclinaison locale du parti stalinien a constitué avec les fascistes une alliance objective (une autre !), s’accommodaient parfaitement de la propriété, et laissaient vaquer à leurs occupations ceux qui rechignaient à se joindre à l’effort commun : c’est là toute la différence, tant dans la pratique qu’en esprit, entre souplesse et dirigisme, ce dernier relevant de la perversion religieuse.

Ferré lui-même ne s’est-il pas réjoui à de multiples reprises que ses royalties permettraient à sa progéniture de n’avoir jamais à se soumettre à la tyrannie d’un patron ? Peut-être verrez-vous là une apologie de la rente plutôt qu’un affranchissement du faire ?

L’Etat est un patron, carnivore, omniscient, insaisissable, car aux contours changeants, et éminemment vertical, par la force des choses. Son éternité à lui, lui par la propriété des hommes conférée, échapperait-elle au champ de l’illusoire ?

Le vivant, de par sa multiplicité, est tension perpétuelle entre communauté et singularité, et tant faire l’impasse sur ce que les hommes ont en commun et devrait relever du partage relève d’un nouveau dogmatisme qui ne dit pas son nom, vilipender l’individualité procède d’un totalitarisme ancien dont, au demeurant, le communisme centralisé, s’inscrivant en la matière dans une longue tradition, était loin d’avoir le monopole historique. Peut-être est-ce cela, finalement, la pensée complexe : tendre toujours vers le point d’équilibre entre ces deux caractéristiques fondamentales…

Or, point d’individualité sans vie privée, et point de vie privée sans cadre… Toute nouvelle aspiration ’communiste’ se devra, pour être viable, d’en tenir compte, et s’adjoindre durablement les forces des ’petits possédants’, car si identifier et connaître l’ennemi est pour lui, comme hier, crucial, il lui faudra bien se rendre à l’évidence : [hors les moyens de production] ce n’est pas la propriété, mais son accumulation ; ce n’est pas l’individu, ’démuni’ en tant que tel, mais la corporation : http://www.shalegas.international/2014/05/24/uk-ministers-allow-drilling-private-land/

A moins, bien sûr, que la vie privée ressortisse nécessairement, elle aussi, à l’illusion ?…

 

  • Chammal

(29 avril @06h31)

Yannick,

La nature « perpétuelle » de toute concession est tributaire de la spéculation immobilière à Monaco plus qu’ailleurs.

Que les anarchistes soient favorables à la propriété quoi d’étonnant ? Les libéraux, les capitalistes et tous les réactionnaires et autres marchands de sable aussi. Il faudra attendre Proudhon pour qu’un penseur anarchiste qui n’est pas issu de la bourgeoisie révèle l’arnaque de la propriété.

Si la bourgeoisie s’attache tant à en graver la nature « naturelle » dans les articles 17 du marbre de ses lettres au Père Noël, c’est que ce « droit » n’est pas si naturel que ça.

Tout ce que Josiane transmettra à ses fils ce sont les échéances de son emprunt d’accès à la propriété, pour peu qu’elle ait réussi à les honorer jusqu’à son dernier souffle… normal, on ne rêve jamais gratis.

 

  • jacou

(29 avril @10h11)

@Chammal,

Certains « libéraux » sont eux aussi et très honnêtement conscients de l’anachronisme et de l’injustice flagrante que représentent la transmission de patrimoine par l’héritage et souhaitent l’abolir. Je pense à Bill Gates par exemple.
Mais ça tant que les Yannick préfèreront nous casser les couilles avec Josianne, son trou à rat et son livret A, c’est Lilianne qui n’aura toujours aucun souci à se faire.
Et l’héritère Laurence Parisot de continuer à prétendre que la vie n’offre aucune assurance et n’est que prise de risque alors qu’elle-même doit toute sa fortune et sa position sociale à celles de ses parents !
Ben voyons.

Quant au revenu universel, commencez donc par vous demander pour quelle raison justement c’est la droite qui le promeut le plus fort. Parce qu’elle y voit un bon prétexte pour supprimer la sécurité sociale. Gros malin, brave garçon Yannick.

 

  • Chammal

(29 avril @10h59)

jacou,

Pour Bill Gates, ne vous emballez pas trop tout de même, il déshérite ses enfants à 10 millions de dollars près tout de même. Et pas en tant que libéral, mais en tant que joueur de Monopoly©.

Il est comme tous les multimilliardaires, frappé par le syndrome de ce jeux. C’est un jeux où il n’y a ni gagnant ni perdant, il s’arrête juste quand il n’ y a plus rien à vendre ou à acheter. Tous ses grands discours sur la charité c’est du blabla, en réalité il réintroduit du cash dans la partie pour que ses héritiers n’héritent pas de 10 millions de courants d’airs chacun et puissent continuer la partie après sa mort. Y a pas à dire, ces mecs là, ça cogite.

Pour le revenu universel, vous avez raison, à condition de préciser que la « vertu des marchés » aura tôt fait d’équilibré la situation par une inflation automatique, du montant de ce revenu, aussi garanti soit-il.

 

  • jacou

(29 avril @11h12)

@Chammal,

Je ne suis pas dupe du delta entre le discours et la réalité d’un Bill Gates. 🙂 Mais le discours a au moins le mérite d’exister. Et peut-être Yannick peut-il y être sensible, sait-on jamais. A lui Josianne X, à moi Bill G.

 

  • Yannick

(29 avril @13h14)

Aux jacous…

je pourrais répondre pareillement par la hargne, l’irrespect, la vulgarité et la caricature dont ils font preuve. Je m’en garderai (car « je vaux mieux que ça »), me contentant de relever :

  • qu’à défaut d’en faire table rase, on a les idoles qu’on peut, et que celle-ci n’est plus que probablement qu’agitée en l’occurrence telle un chiffon rouge devant le taureau. Si tel n’était pas le cas, toutefois, louons la cohérence de ’la pensée’ et l’absence totale de servitude volontaire…
  • que Gates est, parmi les sociopathes, un psychopathe d’envergure : youtube.com/watch ?v=xjNX-qoGtIQ (titre : « Bill Gates’ Published Plan to Drench the Earth With Sulfuric Acid « ), et que quelques dizaines de milliers de paysans indiens lui doivent indirectement, par l’entremise de son investissement dans Monsanto, leur suicide.
  • qu’ils semblent encore ignorer, envers et contre tout, dans le cas de Gates comme de tant d’autres, la possibilité de legs abrités dans des paradis fiscaux jusqu’ici insuffisamment explorés, et faire spontanément confiance aux affirmations publiques de milliardaires qui se barricadent dans des forteresses aux alentours desquelles ils rachètent l’ensemble des autres propriétés afin de n’être pas incommodés par ’le menu fretin’.
  • que très grande semble, en effet, parmi les révolutionnaires de carton pâte, la propension à étiqueter, à enfermer l’interlocuteur dans des catégories génériques, à lui manifester son dédain puéril et catégorique en n’ayant même pas la décence de s’adresser directement à lui, bref à lui dénier son humanité et sa parole singulière.

 

  • Yannick

(29 avril @13h18)

@ Chammal :

Je suis au regret de noter que vous aussi pratiquez l’amalgame, fût-ce de manière plus distinguée : anars, lib-caps et réacs, même combat ? La première fois, ils sont venus chercher les capitalistes. Je n’ai rien dit… Je n’étais pas capitaliste (un peu facile, je vous le concède, mais pas plus que votre fourre-tout).

Subsidiairement, qui donc vous a parlé de naturalisme ? Répondez-moi plutôt que d’exorciser vos propres démons : de mes critiques, vous semblez n’avoir cure, et je n’ose penser que leur pertinence soit telle qu’elles vous laissent sans voix. Défaut d’introspection, dès lors ?…

Quant à Josiane, je dois vous démentir : sa modeste habitation, elle l’a elle-même reçue en héritage. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis de ne pas sombrer dans l’héroïne et la prostitution…

Enfin, en ce qui concerne l’allocation universelle, il va sans dire que leur montant, comme celui des salaires et des allocations existantes, devrait être automatiquement lié à l’évolution des indices de prix. J’ai la faiblesse de penser que les universitaires qui promeuvent ladite mesure ne sont pas dupes, et qu’ils ont par conséquent intégré ce paramètre à leurs cogitations.

Quoi qu’il en soit, je présume que vous vous rendez compte qu’une phrase de quelque deux lignes ne suffit pas à régler son compte à un projet dont le mérite principal réside, tandis que depuis plus de trente ans les gouvernements les plus divers tiennent en haleine une plèbe de gogos avec l’hologramme d’un ’plein emploi’ chimérique, refusant obstinément de considérer que l’automatisation et la robotisation des tâches ne vont que s’accentuant (rendant d’autant plus cruciale la propriété publique des moyens de production, tant en termes démocratiques qu’en termes de juste répartition des dividendes générés par les machines), dans la reconnaissance inconditionnelle de la valeur intrinsèque de chaque être humain, dès sa naissance, y compris ceux qui sont périodiquement appelés, tels des marmots sous des épées de Damoclès, à se justifier de l’usage de leur temps devant la machine Pôle Emploi.

Outre qu’elle signerait la mutation d’une bureaucratie arbitraire et ubuesque en un service efficace et transparent, l’allocation universelle est un tremplin plutôt qu’une fin, une bouée pour éviter la noyade face à l’évolution que Marcuse, il y a plus de trente déjà, avait décrite et, je le répète, un affranchissement du faire plutôt qu’une apologie de la rente.

Ne présente-t-elle aucun risque ? Ce n’est pas sûr, mais j’attends de vous, avant que nous en discutions, le cas échéant, une contribution argumentée un chouia plus substantielle.

 

  • Chammal

(29 avril @13h47)

Yannick,

Je ne voudrais pas vous paraitre désobligeant, mais c’est vous qui pratiquez la confusion.
Vous confondez « communistes » et « anarchistes ». Pourquoi voulez-vous que les anarchistes bourgeois renoncent à leurs rentes ?

Pour le revenu universel, je vous confirme, les spécialistes ont intégré l’inflation autant qu’ils l’avaient intégrée au moment des accords de Grenelle en 1968, en trois mois l’inflation avait bouffé les augmentations.

Vous ne croyez tout de même pas que les actionnaires vont vous payer à rien foutre, tout même ? la part patronales c’est tout de même mieux dans les dividendes, non ?

 

  • Yannick

(29 avril @15h31)

Par rapport à d’autres forums, celui du Diplo se distingue par son ouverture : point besoin de s’enregistrer pour y ajouter un commentaire (limité à 3000 caractères, attention !), encore que je présume que nos adresses IP le sont à notre insu. Il y a pourtant à ceci un inconvénient : rien n’empêche un individu mal intentionné de subtiliser l’identité d’un autre intervenant, et de se faire passer pour lui. A cet égard, je ne puis que constater, en l’espace de deux commentaires, un soudain laisser-aller quant au style, « tout même »…

Ceci posé, sans vouloir, à mon tour, être désobligeant, votre propos est sectaire et exclusif : dites-moi donc ce que les anarchistes espagnols déjà cités, ou encore leurs proto-homologues new-yorkais du milieu du siècle dernier, avaient de bourgeois, et d’acommuniste.

Vous refusez le débat : par deux fois, j’ai relativisé l’aspect rentier de l’allocation universelle, et voilà que vous me le resservez. Ce dogmatisme est désolant, d’autant plus qu’il ne s’agit ici que d’un échange verbal anodin. De quels redoutables atours ne se parerait-il à la tête de l’Etat ? C’est à se demander (comme Bourdieu, en un sens, à ceci près qu’il est ici question d’un autre écran), si toute possibilité de conversation honnêtement intellectuelle et sereine ne s’est pas évanouie.

Pour le solde, j’ai évoqué l’évolution de l’indice des prix, qui n’a rien à voir avec le one-shot dont vous me parlez : moins les marqueurs de ces évolutions sont espacés, plus l’impact potentiel de ces dernières sur le montant de l’allocation est réduit. Dois-je vous rappeler que l’outil à travers lequel nous communiquons, qui sert certes à introduire par ailleurs des ordres boursiers à la vitesse de l’éclair, mais peut aussi s’avérer utile pour d’autres applications, n’existait pas encore en ’68 ?

Enfin, vous semblez suggérer qu’avec l’introduction de l’A.C. disparaîtrait d’un coup tout rapport de forces. En outre, la propriété publique des moyens de production, vos actionnaires seraient-ils si prompts à vous l’accorder ? A la différence de la sécurité sociale telle que nous la connaissons, toutefois, née d’un compromis auquel s’était [en dernière instance] résolu ‘le patronat’ par crainte de ‘pire’, le fait que la droite libérale semble compter pour l’heure plus d’adeptes de l’A.U. que la gauche pourrait indiquer aussi une volonté d’éviter un nouveau clash, qui induirait une nouvelle perte de temps de profit.

Or, à cet égard, au risque de vous décevoir (encore qu’il eût fallu pour cela que vous m’estimassiez au préalable), je préfèrerais, en matière strictement socio-économique, un Roosevelt 2.0, dont l’original est honni de nos jours jusque dans les rangs des réputés ‘démocrates’ d’en face, à un nouveau carnage communard autour de barricades, observé depuis le balcon par ‘l’avant-garde diplomatique’. Et si Lordon se rend compte que le capitalisme financier pourrait, en s’aliénant les petites classes moyennes, être en train de scier la branche sur laquelle le fordisme avait assis son emprise, je doute que cette prise de conscience ait échappé à ‘la haute’ : propagande médiatique en boucle et Xanax ® ne pourront indéfiniment distraire les laissés pour compte de leur condition, la surveillance panoptique endiguer leur mécontentement…

Nous rêvons tous, Monsieur, même les disciples du réel monolithique. Ce sont la nature, l’intégrité et le degré d’anarchie de nos rêves qui importent, et donc aussi l’allégresse (ou le tumulte) qu’ils charrient…

 

  • Chammal

(1er mai @06h23)

 

Yannick : « dites-moi donc ce que les anarchistes espagnols déjà cités, ou encore leurs proto-homologues new-yorkais du milieu du siècle dernier, avaient de bourgeois, et d’acommuniste. »

Vous avez cité les anarcho-syndicalistes ou les communistes libertaires espagnols à propos, selon vous, de leur défense de la propriété privé, alors que non seulement ils étaient contre mais en plus il avaient commencé à mettre en place sa suppression en particulier en Catalogne.
Mais voilà, ils n’étaient pas des idéologues bourgeois, eux.

… vous prétendez vouloir débattre ? mais de quoi au juste ?… de votre malhonnêteté ou de votre ignorance ? quel intérêt ?

Quand l’Espagne révolutionnaire vivait en anarchie, par Frédéric Goldbronn & Frank Mintz (Le Monde diplomatique, décembre 2000)

 

  • Yannick

(7 mai @16h54)

 

@ Chammal :

ce que j’ai écrit :

« Les anarchistes espagnols, ceux-là même au nom de l’éradication desquels la déclinaison locale du parti stalinien a constitué avec les fascistes une alliance objective (une autre !), s’accommodaient parfaitement de la propriété, et laissaient vaquer à leurs occupations ceux qui rechignaient à se joindre à l’effort commun : c’est là toute la différence, tant dans la pratique qu’en esprit, entre souplesse et dirigisme, ce dernier relevant de la perversion religieuse. »

… devient sous votre clavier :

« Vous avez cité les anarcho-syndicalistes ou les communistes libertaires espagnols à propos, selon vous, de leur défense de la propriété privé, alors que non seulement ils étaient contre mais en plus il avaient commencé à mettre en place sa suppression en particulier en Catalogne.
Mais voilà, ils n’étaient pas des idéologues bourgeois, eux.
 »

Que vous rétorquer, dès lors, sinon que…

« … vous prétendez vouloir débattre ? mais de quoi au juste ?… de votre malhonnêteté ou de votre ignorance ? quel intérêt ? »

Que c’est celui qui dit qui est, peut-être, restant ainsi à un niveau qui vous demeure accessible ?…

Le cadre de notre discussion était bien défini : collectivisation des moyens de production vs. collectivisation totale. A la première, les anarcho-syndicalistes que votre ’camarade’ peine à considérer comme de ’vrais communistes’ ont en effet souscrit sans réserve, y compris quant à celle des terres arables. L’ai-je à un quelconque moment contesté ? L’ai-je tant soit peu déploré ?

J’ai écrit que, parallèlement à cela, la propriété privée ’intime’ n’était pas visée absolument par cette ’commune’ espagnole, et que la dissension y était possible. Je maintiens ces affirmations, qui se basent sur divers témoignages d’anciens ’communards’ recueillis durant les années ’90.

De la propriété privée, en tant qu’elle est garante non de la faculté de soumettre économiquement mais de celle de développer une vie privée qui échappe à la tutelle du groupe, vous faites une caractéristique de ’l’idéologie bourgeoise’, dont je serais, à vous lire, un succédané, sinon un thuriféraire. Or, outre que mes propos s’affranchissent volontairement de toute forme d’idéologie, votre volonté patente d’abolir toute propriété privée relève bel et bien, quant à elle, du totalitarisme le plus idéologique qui soit, dont l’application, en d’autres contrées, a hélas donné la pleine mesure de l’ambition. Le bourgeois honteux, c’est vous, Monsieur, vous qui, à travers un puritanisme communiste qui tait son nom autant qu’il le hait, aspirez à contrôler chaque aspect de la vie de vos semblables (?) et à rendre ceux-ci intégralement conformes et obéissants à l’enclos idéologique que vous avez, du haut de votre stalinienne superbe, pour eux défini.

Sans doute vous a-t-il échappé, chemin faisant, que la raison pour laquelle le PC espagnol a fini par se retourner contre les anarcho-syndicalistes était précisément sa peur de s’aliéner par une révolution qui menaçait trop directement leur mode de vie et leurs habitudes les légions de fonctionnaires, de petits commerçants et de petits agriculteurs qui faisaient le gros de ses troupes, et sur lesquelles il comptait dans son opposition au franquisme. Et c’est ainsi que le substrat d’idéologie bourgeoise du communisme espagnol ’pur et dur’, tel que vous semblez l’affectionner, se réduisit à trahir et à sacrifier ceux dont il était objectivement le plus proche, au nom d’une stratégie de guerre (civile) dont il avait bien sûr le monopole de la validité, et en raison de leur insoumission à son contrôle omnipotent, constituant face à eux un second front qui viendrait s’adjoindre dans un même élan au front franquiste (Je sais, je sais… c’est dur à lire, n’est-ce pas ?).

J’ai appris dernièrement que Keynes, l’apôtre des investissements publics dans les grandes infrastructures de l’Etat, était aussi un boursicoteur invétéré. Le grand économiste composait, comme tant d’autres hommes (et femmes), célèbres ou prétendument anonymes, avec ses petits paradoxes. Ainsi également de l’un des professeurs de l’enseignement secondaire qui ont le plus influencé mon éducation…

L’homme était, comme cela se disait naguère, un « compagnon de route » des communistes, bien que sa passion de l’outre-rideau de fer se portât particulièrement sur la Tchécoslovaquie et la Hongrie, ces nations qui, fût-ce par le velours, avaient résisté à la trique de fer. Il avait lu Marx, bien sûr, et il abhorrait la petitesse d’esprit. En réalité, c’était un romantique, un poète… affilié au PC : paradoxes, paradoxes ! Il ne se posait pas moins de nombreuses questions, lui qui habitait dans une villa cossue à l’extrémité de quelque bourg de province à la végétation luxuriante, loin du bruit des turbines, et même de celui des moissonneuses-batteuses…

Votre communisme ’sait’, Monsieur. Que lui importe, dès lors, le questionnement ? Et que s’encombrerait-il de poésie ?…

http://blog.mondediplo.net/2016-04-25-Nuit-debout-convergences-horizontalite

Hugo, 'ma destinée'

La tentative de dialogue qui précède est à mettre en perspective avec l’article précédent qui suit : https://yannickbaele.wordpress.com/2014/04/14/si-vient-la-guerre-limpide-en-seront-les-fondements/

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