Archives mensuelles : octobre 2016

Delirium Tremens

– Rien, je ne la connaissais pas. Je ne lui ai rien dit. Elle était là quand je suis descendu du tram. Y avait un mec avec elle. Je suis passé devant eux. Je ne les ai même pas regardés. Je suis allé m’asseoir dans l’aubette et je me suis roulé un joint.

– Et puis ?…

– Puis je l’ai allumé et quelques minutes plus tard, ils se sont approchés. Ils devaient avoir dans la trentaine. Elle s’est mise à me parler. Lui était plutôt taiseux.

– Que vous a-t-elle dit ?

– Elle avait un accent français. Elle m’a dit : « vous savez que c’est très dangereux, ça ?»

– Et que lui avez-vous répondu ?

– J’avais envie de lui répondre : de quoi tu te mêles, poufiasse ?, mais je me suis rappelé nos séances précédentes, et je lui ai simplement dit : « on se connaît ? »

– Quelle fut sa réaction ?

– Elle m’a dit qu’un de ses anciens amis s’était complètement refermé sur lui-même, qu’il avait coupé les ponts avec tous ceux qu’il connaissait et qu’il avait commencé à négliger sa carrière.

– Vous vous êtes reconnu dans cette description ?

– J’ai flippé. Instinctivement, je l’ai observée pour voir si elle ne portait pas une caméra ou un micro.

– Que voulez-vous dire ?

– Je vous l’ai déjà dit : c’est pas la première fois qu’ils sèment des inconnus sur ma route, qui jouent le rôle d’appâts.

– Qui donc ?

– Ça dépend : la télé, l’Opus Dei, les francs-maçons, le QG des pédés à oseille, la flicaille.

– Vous le pensez vraiment ?

– Ecoutez : le jour précis de mon anniversaire, la porte du local où se trouvent les compteurs électriques de mon immeuble était grande ouverte, alors qu’elle doit toujours être fermée à clé. Je suis donc allé jeter un coup d’œil, et j’ai constaté que mon compteur – et le mien uniquement – avait été saboté. Mercredi, le technicien qui est venu réparer ma connexion internet s’est rendu compte que l’un de ses collègues avait intentionnellement débranché le fil de connexion dans la borne-relai, et qu’il l’avait rebranché plusieurs centimètres plus bas, dans le rayon d’à côté. Je l’invente pas : j’étais à côté de lui au moment où il a rétabli la connexion. Y a cinq ans, j’étais à Paris, j’attendais mon train sur un banc à la gare du Nord quand tout à coup j’aperçois un type que j’ai déjà vu plusieurs fois dans mon club de fitness, sans que je lui aie jamais adressé la parole. La colonne derrière laquelle j’étais assis, qui m’abritait des regards, l’empêchait de me voir de loin, mais à peine sa tête avait-elle dépassé celle-ci qu’il me lance, visiblement peu sûr de lui : « quelle coïncidence, tu vas bien ? » Tout ça relevait d’un script, je vous dis, en l’occurrence celui de la pub Impulse, qui ne lui dirait probablement rien parce qu’il était trop jeune pour l’avoir vue. On a échangé trois phrases, puis il m’a dit qu’il était là pour solliciter auprès de la firme Deloitte & Touche. Je lui ai fait remarquer qu’elle avait un siège à Zaventem, puis, en voyant passer une nana, il m’a demandé : « tu aimes les filles, toi ? » Je ne savais pas trop quoi répondre : je ne connaissais ce gars ni d’Eve ni d’Adam. Heureusement, le train est arrivé. Je me suis levé pour embarquer et il m’a dit : « tu viens avec moi ? Moi, je me positionne à l’avant »… Véridique !

– Vous l’avez suivi ?

– Pas du tout. Si ça se trouve, c’est une ordure comme Ardisson qui l’avait envoyé, et quelqu’un filmait la scène.

– Pourquoi ces gens de télé, ces institutions, vous trouveraient-ils si intéressant ?

– Je sais pas, moi. Allez le leur demander. Tout ce que je sais, c’est qu’ils se permettent tout. Tout ! Et, à part eux-mêmes, y a personne pour les en empêcher : donc, autant s’imaginer des poules dentées ! Ils connaissent le solde de mon compte en banque, et savent ce que je dis à mon toubib… S’ils avaient la clé de mon appart, je suis sûr qu’ils y entreraient en mon absence pour y planter micros et caméras.

– Lors d’une précédente séance, vous m’avez dit que l’une de vos anciennes collègues de travail ne cessait d’avoir le sentiment d’être épiée, et qu’elle exigeait de fermer les rideaux en permanence. Vous m’avez dit aussi que vous la trouviez ridicule…

– Cette grognasse qui m’avait accusé de harcèlement sexuel… oui, en effet. Mais c’était pas pareil : elle était obsédée par elle-même. Elle n’avait qu’un seul sujet de conversation : elle-même.

– OK, revenons au couple de l’aubette. Vous me disiez que la fille vous a parlé de l’un de ses anciens amis…

– Je lui ai demandé son âge et quelles étaient les circonstances de son repli sur lui-même : avait-il été rejeté par sa famille ? Lorsqu’il fumait, le faisait-il avec des amis ? Pouvait-il compter sur des gens qui, à défaut de penser comme lui, comprenaient sa vision des choses ?

– Et…

– Elle m’a répondu qu’il avait vingt-cinq ans à l’époque et qu’il fumait seul. Le reste, elle n’en savait rien. Je fulminais ! Je lui ai dit qu’on ne fume pas un joint à cet âge-là comme on en fume un lorsqu’on est adulte confirmé. Je lui ai demandé s’il était pertinent d’isoler un seul facteur pour expliquer son attitude, qui plus est sans même lui permettre de s’exprimer. Je lui ai parlé de l’épée de Damoclès qui continue de peser sur les petits consommateurs, en particulier en France, où la schizophrénie politique à ce sujet comme à tant d’autres est à son comble. Et j’ai ajouté que cette ambiance générait mine de rien une certaine paranoïa. « Enlevez ça, et vous avez Bob Marley », ai-je ajouté.

– Comment a-t-elle réagi ?

– Elle a lâché un petit rire, qu’elle a justifié en précisant dédaigneusement : « oui, il a fait de la bonne musique », comme si c’était du pipi de chat.

– Et vous ?

– Je vous l’ai dit : même si elle n’en a rien vu, je fulminais à l’intérieur. J’avais envie de lui répondre : mais connasse, t’es-tu jamais demandée ce qui rendait ton ancien pote heureux ? Comment lui concevait sa vie et son bonheur ? Si ta bourgeoise petite personne, le petit automate autosatisfait qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez que tu es, correspondait au profil qu’il recherchait, s’il n’était pas mieux sans toi, et s’il en avait quoi que ce soit à foutre, de sa carrière ? Last but not least, ce que tu crois savoir de Marley, et à quel endroit de sa cheville tu crois arriver ?!

– Et tout ça, votre état d’esprit à ce moment-là, vous êtes parvenu à le lui dissimuler ?

– Oui, j’ai fait quelques progrès. Les séances passées m’ont été très utiles.

– Bien… Continuez. Le garçon qui était avec elle ne disait toujours rien ?

– Rien, muet comme une carpe. La potiche au masculin, avec ce petit regard idiot et creux pour accompagner son silence. Mais on en a déjà parlé : chacun est comme il est, je ne juge personne.

– Pourtant, vous sélectionnez.

– En effet.

– Comment pouvez-vous sélectionner sans juger ?

– J’observe avec bienveillance, puis je vérifie la conformité entre ce que j’ai observé et ce que je recherche.

– C’est une approche systématique. Vous m’avez dit plusieurs fois que vous détestiez tout système…

– En effet, mais ce n’est pas systématique dans la mesure où je n’ai pas la prétention d’avoir répertorié tous les comportements humains. En plus, je tiens compte des circonstances : si ça se trouve, ce type était juste un peu moins en forme que d’habitude après sa bête journée de taf abrutissant. Et puis, parfois c’est mieux d’observer sans rien dire dans un premier temps. Or, lui ne me jugeait clairement pas. Enfin, mes critères d’appréciation sont très larges, et certains caractères qui m’intéressent sont même ouvertement en conflit avec mes propres tropismes.

– Bien… A ce moment-là, étiez-vous déjà parvenu à localiser un micro ou une caméra sur votre interlocutrice ?

– A vrai dire, je n’y prêtais plus attention. Remarquez, d’autres utilisent simplement leur GSM, bien planqués dans leur housse. Il y a même des stratagèmes plus classiques : je me souviens d’un jeune trouduc qui voulait sortir avec moi. Il m’avait fixé rendez-vous dans un café près des halles Saint-Géry, et c’est lui, quand nous sommes entrés, qui a tenu à sélectionner la table où nous irions nous asseoir, à droite et à l’arrière, à l’écart de la foule. Près du mur, sur la table juste à côté, légèrement en retrait, était déjà assis un type de vingt-cinq, trente ans. Il n’a pas arrêté de prendre des notes, et il n’en prenait que quand c’est moi qui parlais. Avant cela, un autre, escort professionnel… estonien, je crois… enfin, de ces régions-là en tout cas, m’avait emmené un soir dans un autre café, à deux pas de Montgomery. On avait discuté deux bonnes heures et en sortant, il m’avait montré le chemin vers son appart. Il s’est arrêté brièvement au rond-point. On s’est embrassé, puis tout à coup, j’ai constaté que deux mètres devant nous, il y avait deux types dans une voiture à l’arrêt, dont l’un prenait des photos avec un appareil photo professionnel. Je l’ai fixé du regard, le conducteur a allumé le moteur, et ils sont partis du tac au tac.

– Ces jeunes hommes, vous leur avez parlé de vos impressions ?

– Pour que j’aie l’air d’un fou, et puis quoi encore ?

– Vous avez déjà évoqué l’analogie que vous faites avec le Truman Show. Nous examinerons cela ultérieurement. Parlez-moi encore de cette fille…

– C’était visiblement une bourge moyenne. Propre sur elle, mais si commune : connaissance de l’actualité moyenne, de la langue française moyenne, ouverture d’esprit très moyenne à basse, conformité au moule totale, capacité d’autodérision et d’auto-analyse nulle, et par conséquent très grande appétence à faire la leçon aux autres. Elle ne prêtait d’attention qu’au cadre normatif, pas du tout à l’individu. Oui, c’était une bourge moyenne !

– Vous avez testé sa connaissance du français ?…

– Je lui ai balancé Molière à la gueule quand elle m’a parlé du type qui se refermait sur lui-même : pas de réaction… Et quand j’ai énoncé ‘misanthrope’, le terme lui semblait inconnu. J’avais envie de lui dire : qu’est-ce que ça peut te foutre, en quoi ça te concerne ? Il a rejoint l’Etat islamique ? Kubrick était misanthrope parmi les misanthropes, grognasse ! Tu connais ? Mais peut-être que lui, s’il avait vu quelqu’un se noyer sous ses yeux, ou une demeurée comme toi se faire tabasser dans une station de métro, il serait intervenu, contrairement au lambda sociable dont tu fais ton standard social. Je me suis retenu : ça n’en valait pas la peine. Elle m’aurait parlé d’Asperger, et tutti quanti : basta !

– L’autisme Asperger ?

– Elle est d’un kitsch, cette expression, quand on l’utilise à tort et à travers. Je vais t’en donner, du misanthrope et du sociable, Barbie de mes deux ! Ca connaît pas un iota du mec ou de ses désirs, ça cherche aucunement à mieux les connaître, ça se mêle de ce qui ne la regarde pas comme un amant détraqué qui épie sa belle au milieu de la nuit. A la première occasion, ça se répand à propos de l’intéressé en son absence. Ça ne supporterait pas un dixième du paternalisme maternant infect que ça inflige, mais ça sait mieux que lui ce qui est bon pour lui, ça vient avec sa putain de norme, que ça n’a jamais mis en question, et ça intime d’entrer dans la cage qui va avec : « tiens, voici pour toi, tu seras bien, tu verras»…

– La plupart des gens fonctionnent par catégorie. C’est nécessaire pour pouvoir fonctionner.

– Que la plupart des gens aillent se faire foutre : c’est par leur faute que ce système tient bon !

– Si vous essayiez, pourriez-vous prendre la peine d’apprendre à mieux connaître cette fille ?

– Contre toute évidence, je continue d’avoir foi en l’humanité, mais à quoi bon sur de telles bases ? On m’a déjà fait perdre assez de temps comme ça.

– OK… A part ça, vous avez encore fait des rêves inhabituels dernièrement ?

– Je vous ai déjà raconté le premier. Avant-hier, j’en ai fait un autre. C’était pas le même mec. C’était mon blondinet d’amour. C’était la toute première fois qu’il m’apparaissait comme ça. Mais ce rêve-ci était plus étrange que l’autre.

– Comment ça ?

– Il y avait tous les ingrédients usuels : visages connus, figures et idées récurrentes du moment décontextualisées, et cætera. Mais il n’y avait pas d’archétype du monstre, pas de désir lancinant inassouvi : il paraissait beaucoup plus réel. C’en en cela qu’il m’a paru étrange.

– Continuez…

– Par exemple, j’avais regardé le Saint-Laurent de Bonello la veille. Or, dans mon rêve, mon blond évoluait dans le milieu de la mode. Autre exemple : le blanchiment de l’argent de la cocaïne, dont je vous ai parlé le mois dernier. Vous vous souvenez ? Les Etats qui ont décidé d’intégrer le chiffre d’affaire de la drogue et de la prostitution à leur PIB ?…

– Ok, racontez-moi l’intégralité…

– Celui-ci était assez court, en fait, parce que je me suis réveillé avec une crampe à la jambe.

– Allez-y quand même…

– Donc, j’étais dans une petite pièce tout ce qu’il y a de plus commun, sans attribut particulier si ce n’est une petite armoire blanche adossée au mur adjacent à l’entrée. Il devait y avoir deux ou trois personnes autour de moi, qui discutaient de choses et d’autres sans importance. Puis Jimmy est entré, la bite semi-dure à l’air. Enfin, excusez-moi…

– Ne vous en faites pas, continuez…

– Le personnage que j’incarnais s’est immédiatement penché vers elle, mais il ressentait une gêne parce que c’était strictement professionnel et que ses intentions étaient autres. Elle puait la pisse fraîche, une information qu’il n’a pas manquer de répercuter à l’assistance. Après ça, il s’est relevé. Il… Je… J’ai zieuté le petit éphèbe en détails. Et justement, un détail troublant a attiré mon regard : son dos était couvert de poils épais : inimaginable pour mon Jimmy ! A y regarder de plus près, ils semblaient lui avoir été plus ou moins collés sur la peau. Je n’en comprenais pas le sens. Une femme d’allure austère aux cheveux noirs courts est entrée, un mètre de tailleur en bandoulière. Elle parlait le français comme une native, et sur un ton martial. Très vite, l’assistance s’est mise en mouvement et l’a suivie vers une autre pièce. « Jimmy! », ai-je lancé une première fois. Pas de réponse. Je l’avais perdu de vue. Puis j’aperçus de nouveau sa silhouette et courus jusqu’à lui : « Jimmy ! » – « Yes ! » – « I’d like to have a few words with you. Would You mind ? » – « Okay ». Mais la mégère nous interrompit. Et tandis que le top modèle prenait déjà la pause, impassible, et que les flashes commençaient à crépiter, elle se mit à vociférer : « mais c’est de l’espionnage industriel ! » Je lui ai dit que je patienterais en m’asseyant sans mot dire jusqu’à la fin de la séance photo. Elle répéta, courroucée : « mais c’est de l’espionnage industriel ! » Puis l’échange s’envenima et, percevant confusément que cette phrase ne venait pas de moi (mais de qui venait-elle alors ? Et qui était celui qui la prononçait, ou pas ?), lui répondis : « du blanchiment d’argent depuis la République dominicaine, c’est de l’espionnage industriel ? » , avant de quitter la pièce en claquant la porte. C’est alors que je me suis réveillé.

– Comment interprétez-vous ce rêve ?

– Je ne sais pas trop quel sens conférer à son scénario. En revanche, malgré les projections personnelles, une impression d’extrême réalité flottait sur l’ensemble, comme je vous l’ai dit, comme si cette scène s’était véritablement déroulée ou se déroulait à ce moment même, et si j’y avais pris part en m’infiltrant dans le corps d’un inconnu, comme si non seulement les images et les sons mais aussi les pensées intimes avaient été comprimés en paquets de gigabits charriés ensuite par le vent jusqu’à la fenêtre de ma chambre.

– Que faites-vous de vos propres projections ?

– Elles y étaient, mais qui pourra dire si elles-mêmes n’ont pas été projetées en moi ou si, plutôt qu’une fiction montée de toutes pièces par un esprit en mode nocturne, il ne s’agissait pas d’un épisode de la réalité tangible d’un autre au gré duquel des projections communes ont trouvé dans un esprit en mode veille l’occasion de s’enlacer ? Vous-même, avez-vous la moindre certitude scientifique à ce sujet ?

– Ça me rappelle ce que vous m’avez dit de la réaction de votre grand-père lorsque vous vous assoupissiez en face de lui dans le canapé du salon…

– Oui, il ne le supportait pas. Il fallait qu’il me réveille d’une manière ou d’une autre, comme si son intégrité individuelle en dépendait.

– Bon… Ecoutez, je ne pouvais vous consacrer qu’une demi-heure aujourd’hui, je vous l’avais dit. Mais nous aurons l’occasion de nous attarder un peu sur votre grand-père dans deux semaines. Qu’en dites-vous ?

– Pourquoi pas…

– Puis-je vous demandez deux cent cinquante euros, s’il-vous-plait…

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Joue avec Stéve et Vladoche…

1/ Vladoche prétend que Stéve a envoyé des F16 bombarder des civils à Alep les 17 et 18 octobre. Quelle est ta réaction ?

a/ C’est bien son genre, ça : à défaut de Wallons…

b/ Il manque pas d’air, Vladoche !

c/ Si c’est pas nous qui le faisons, ce sera quelqu’un d’autre. Alors, autant que ce soit nous, non ?

d/ Qu’il donne les noms, et on verra.

e/ Ouais, peut-être, mais le commandement suprême, c’est qui ?

 

2/ Pour appuyer son accusation, Vladoche a envoyé à Stéve par courrier diplomatique les numéros de série des avions dont les pilotes se seraient rendus coupables de ces crimes. Oui, mais voilà : Stéve affirme que ces numéros ne correspondent à aucun F16 belge. Ces numéros-ci, il les a appris par cœur dès son entrée en fonction.

a/ Qu’est-ce que tu veux qu’il dise. Il va quand même pas dire : « c’est nous, sorry ». Y aurait des indemnités à payer.

b/ C’est l’Etat takfiriste (E.T.) qui, en guise de représailles à la reprise de Mossoul (« moule », en arabe), s’est emparé des deux F16 belges, dont les pilotes roupillaient sur le tarmac, épuisés par les semaines de quarante-cinq heures voulues par la réforme Peeters, un affront que la Grande Muette s’est bien sûr empressée de démentir. Vladoche a donc vu juste, mais comment pouvait-il savoir que les pilotes n’étaient qu’à moitié belges ?

c/ Sacré Vladoche, toujours une longueur d’avance ! Chez Stéve, on rechigne à l’admettre, mais l’action « cornes d’abondance » a été initiée comme alternative à une contribution belge accrue au budget de l’OTAN, pour montrer que nous aussi, on sait le faire.

d/ C’est intentionnellement que Vladoche a envoyé à Stéve des numéros de série erronés.

 

3/ Dans l’hypothèse où cette dernière option serait la plus proche de la vérité, les numéros de série de Vladoche correspondent…

a/ à certaines des ogives nucléaires U.S. empilées à Kleine Brogel : « don’t worry, if there’s hell below »…

b/ aux cuves des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 : bis repetita non placent

c/ à une poignée de slips Abanderado tachés que le prédécesseur de Stéve a malencontreusement laissés traîner dans une chambre d’hôtel new-yorkaise après ses entrevues nocturnes avec Petraeus, qui lui y donnait des cours…

d/ à des avions de ligne commerciaux.

 

4/ Si tel est le cas, pourquoi Stéve ne met-il pas publiquement cette odieuse tentative d’intimidation de Vladoche sur la place publique ?

a/  Parce qu’il n’a pas compris le second degré, pardi ! Ils sont comme ça, à la NVA…

b/ Parce que le faire impliquerait de lever un coin du voile qui recouvre la guerre aéronautique secrète que se livrent est et ouest depuis deux ou trois ans, et que la NVA hait le complotisme.

c/ Parce qu’après le crash entre un avion qui décollait et un autre qui atterrissait à Zaventem-National, évité de justesse au début du mois, la Belgique a montré à quel point elle était vulnérable aux interférences étrangères dans ses ondes nationales.

d/ Parce que Stéve a une autre carte à jouer : la levée unilatérale par la Belgique de l’embargo contre la Russie, que réclament à cor et à cri les producteurs de pommes hesbignons.

 

5/ A supposer que Vladoche ordonne à ses avions de tirer sur d’autres F16 belges fantômes, l’OTAN serait-elle statutairement obligée de soutenir Stéve ?

a/ Clair ça : bring it on !

b/ Faut voir, parce que Stéve lui-même bombarde un pays où il n’est pas le bienvenu, enfin pas tout à fait, mais un peu quand même, encore que pas vraiment…

c/ Ecoute, je vais te dire un truc : force, beauté, sagesse, fieu ! Et elle est où, la force de l’Europe ? Elle est nulle part. Nulle part elle est, tu m’entends ! Alors, si la peur de Dieu (en l’occurrence Vladoche) peut enfin aligner l’ouest de l’Europe sur son est précurseur, et fortifier le vieux continent au point qu’il s’inscrive dans une nouvelle course aux armements, ça sera toujours ça de pris, non ? C’est pas Denise qui dirait le contraire…

d/ Comme le dit un vieux proverbe flamand, « hoe meer gekken, hoe meer we lachen ».

 

6/ F.A., probablement financé par Gorbatchov, a déjà averti : l’expansionnisme belliqueux des E.-U.A. et l’arrière-garde extrémiste qui en est le fer de lance sont en train de créer des foyers d’instabilité aux quatre coins du monde, poussant notamment la Russie dans ses derniers retranchements, ce qui pourrait nous mener à WW III…

a/ « Black Hole sun, won’t you come… »

b/ Quel crédit accorder à ce personnage, voyons ?!

c/ They’re America, come on : they own the finish line…

d/ Duck and cover…

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Johan and I @ the beach… I swear !

I was standing at the reception desk of my internet provider, waiting for an answer as to why my connection had been down for the past forty-eight hours, when suddenly a creature unlike any I’ve ever seen appeared. None of the other customers present in the hallway seemed to be able to see it. It was a Cyclops of sorts, but with two eyes, which may seem kind of weird if you haven’t seen it yourself, yet know the basics of Greek mythology. And it was wearing a suit. It approached me, then all of a sudden opened its mouth wide enough to take a bite out of a sextuple cheeseburger and swallowed my head entirely. This is it, I thought, one bite and I’m gone. Instead, it started moving up and down, covering me with abundant saliva, which was dripping all over the rest of my body as if the thing were gagging me, for God’s sake. It felt odd, to say the least, as I had never experienced anything of the kind before. Was this a way for this creature to display its affection ? Was it going for my thoughts ? I am still unable to tell. After a while, though, I had enough : I pushed it away and left the building. “See ya”, I said.

Without an answer from my provider still, I went to the gym, feeling fit and gorgeous again. There I saw Johan. I don’t know his real name, I’m sorry. It must be Michal, Zdenek, Pavel or something. Anyway, he was looking sexier than ever. And believe me, I can tell. Not that I had met him in person before, except that one time in a Brussels nightclub when we made a brief yet intense eye-contact right after he fucked Julian (or is it Julien ?) on the counter, while Alex for some reason was showing me his wide-open (and I mean wide !) intimacy. But there are other ways…

Today, the stud was lying on the bench doing his push-ups, wearing only a male G-string. Chiseled and ripped as he is, you could see his perfect six-pack and his sweaty pocket-hunk pecs giving the best of themselves, as some lovely triangles were forming on the side of his cheeks with every new effort. When he saw me, he immediately stood up.

– Hey, you’re there… finally, he sighed. Weren’t we supposed to meet thirty minutes ago ?

– Were we ? Hmmm I guess we were. Is it too late ? I asked, as if in the confidence.

– Course not. Come on.

I don’t remember us taking any shower, or discussing the weather in the sauna for that matter. Next thing I know, we were on our way to Oostende, in my old Volkswagen Polo : they just never get out of fashion. E.T.A. : forty minutes, give or take. Another blackout ensued, and I found myself looking for a spot to park my car. I drove by two churches before entering an open-air parking lot, but found none available. I must have been driving around for another fifteen minutes before finally finding an empty spot at the end of a busy road which looked a lot like the Black-Virgin street, a street in Brussels where my hairdresser was located when I was a kid.

Johan and I stepped out of the car, walked a hundred meters or so, and decided to take a room at a local Campanile. I saw in his eyes the venue didn’t have much in common with what he was accustomed to, but he was courteous enough not to mention it. We went straight to room 41 (Is that important ?), and I immediately started to undress, revealing a rock-hard protuberance nourished by the idea of getting acquainted with one of the most suave yet utterly masculine stars who, whether they like it or not, have made my days recently. I mean, the guy is fucking perfect, or is he ? I still remember his cult scene in “Bareback Jizz Club” coming out a month or two after my first mad backroom experience, with a young black guy, as muscled as he is, equal to me inchwise, not much of a kisser, but proud owner of a compact little bubble rear that deserved worshipping : a revelation ! I think I’m something of a connoisseur in the area, but if you ask me what my favorite scene of all times is, that one is way above any other (except perhaps for Jay Renfro’s DP in “Feeding Hungry Holes”, Good Lord…). Talking about cherry-popping…

– (a voice in the background) Push it some more…

– (the new recruit) Pop !

– (the HR assistant) Yeees, I gotcha…

Going straight to the hotel wasn’t exactly what I had in mind, mind you : I wanted to take my loverboy to Rollers Beach, but night had fallen already, and the most pristine and romantic lagoon of the Oostende Castles headland area, which also happens to be one of Belgian young lovers’ best kept secrets, would have to wait until morning… or sunset.

rollers-beachAs far as he was concerned, Johan still had his clothes on, but he nonetheless came to me and gently grabbed my manhood, as American puritans would say, equally gently rubbing it forward and backward, as only non-martyrs can. I can’t remember it ever being that big. Actually, to be honest, I even think it’s improbable. But it felt so good, “gooood, yeah”, as Sancho, looking you in the eye, gasped during his memorable first audition.

Believe it or not, that’s precisely the time another blackout occurred. I AM FUCKING FED UP WITH THESE M****RFUCKING BLACKOUTS !!! I mean, imagine : there you are getting ready to literally fulfill one of your deepest desires, and one second later five hours have passed. Apparently, you get these several times a night. They’re called deep sleep sequences : you can’t remember a thing. And indeed, aside from my grandmother, who came to pick me up with one of my monstrous aunties because my car wouldn’t start, the only thing I remembered was waking up totally naked in an empty bed at 5 A.M., redefining morning glory. Only, my bed was standing in the hallway of my internet provider’s building, and outside, behind the large glass windows of the reception floor, two or three very young twinks – I think I recognized a smiling Matouze among them – were waiving their hands and upping their thumbs in appreciation. In front of me stood Johan, fully dressed.

– I’ve got to run an errand, he said.

– But you’ll be back, right ? I’d really like to show you Rollers Beach…

He just smiled. He never answered. I watched him grab Matouze by the pink hole, which the latter really seemed to be begging for, and vanish into thin air. In the background, I heard a melody. It took me three seconds to realize my phone was ringing…

– Allo, Monsieur Baele ? c’est Belgacom…

Man, did I need to piss…

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La citation du jour, par prince Michel Pétrovitch Troubetzkoy…

Flash-back : en page 164 de L’Eventail d’octobre 2010, vous trouverez le reportage photo d’un concert Beethoven dans le parc de Saint-Tropez, avec le comte Maurice et la baronne Karin (prononcez « car-un ») côte à côte (Pour certains appels, ça pouvait toujours $ervir.)…

Toujours au rayon photoreportages, le bad boy du lot : Guillaume de Matharel, passablement éméché, de toute évidence pas encore vraiment one avec son statut, et qui, susurre-t-on, pouvait se montrer instable avec les chicks quand il prenait de la blanche…

Très fourrables étaient par ailleurs le prince Louis de Luxembourg, le comte Aymard-Henri de Nicolay (un joli petit blond frisé), mais aussi Théophile Tabary Babar (Je te dis pas la trompe, mec !). Quant à Karim Murr et Loÿs-Jean de Préaudeau, ils avaient l’air de s’acoquiner très bien entre eux.

Mais la perle est sans conteste cette citation de prince Michel, dénichée en page 147 :

  • Quels lieux bruxellois affectionnez-vous ?

 

  • « Sans surprise, le Sablon, Bozar, Flagey, la Monnaie, la galerie de la Reine, sans oublier la galerie des Princes ! Le marché de Boitsfort, certains golfs, sans oublier la forêt de Soignes, que j’arpente souvent avec Viking, mon labrador chocolat, et dans laquelle mon épouse cavalcade régulièrement pour échapper au stress des concours de dressage.»

Denk daar eens over na…

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Pétition pour l’heure, exigence à venir !…

« Selon un sondage récent, 85 % sont partisans de l’introduction d’une taxe sur la fortune. Le soutien s’élargit pour faire payer aux super-riches une contribution substantielle. En 2012, 81 % déjà en étaient partisans. Si vous aussi vous êtes pour, signez la pétition et persuadez vos amis de le faire également.

Je soutiens la taxe des millionnaires

C’est une taxe progressive

La taxe des millionnaires est un impôt qui ne touche que les fortunes de plus d’un million d’euros, en déduisant la première résidence à concurrence de 500 000 euros. C’est un impôt progressif avec un taux de 1 % pour la tranche au-dessus de 1 million d’euros, de 2 % pour la tranche au-dessus de 2 millions d’euros et enfin de 3 % pour la tranche au-dessus de 3 millions d’euros.

Cela ne touche que les riches millionnaires

La taxe des millionnaires ne touche que le 2 % des familles les plus riches et diffère en cela de toute sorte de propositions d’imposition de la fortune qui touchent un groupe beaucoup plus large.

Cela rapporte 8 milliards d’euros

La taxe des millionnaires est très significative dans le budget, avec un produit annuel de 8 milliards d’euros. C’est plus qu’une simple contribution symbolique des plus fortunés. Le produit de la taxe peut être utilisé à augmenter les pensions, à des investissements dans l’emploi public, dans l’innovation et dans l’enseignement. »

http://taxedesmillionnaires.be/petition-taxe-des-millionnaires

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Je signe cette pétition parce que, ni fraction de statistique, ni veau-consommateur, je revendique ma qualité de CITOYEN !

Je signe cette pétition parce que l’attitude parasitaire de l’ensemble des coupables qui ont bénéficié et continuent de bénéficier de la dernière crise économique et financière en date comme de ceux dont celle-ci a laissé intacte la fortune doit être enfin matée, et qu’il importe à ceux-là de compenser le préjudice qu’ils ont causé à la société toute entière.

Je la signe pour m’opposer à un retour larvé du vote censitaire, à la faveur d’un indécent chantage à l’emploi et à la délocalisation, ainsi que de pressions continues sur les dettes souveraines, largement indues.

Me joignant à une majorité des Belges, je signe cette pétition pour contribuer à marquer l’arrêt des politiques gouvernementales qui servent non le peuple, mais un Econburo oligarchique qui n’a de comptes à rendre à personne.

Je la signe comme une mise en garde à une caste politique de plus en plus composée de lignées dynastiques faites de pleutres, de béni-oui-oui et de sadiques sociaux, qui se contentent de suivre voire d’accentuer le mouvement, rappelant à ces derniers que leur consanguinité politique n’est pas très dissemblable à celle, viscérale, qui finit par provoquer la chute de l’Ancien Régime.

Je signe cette pétition parce que l’architecture qui impose concomitamment toujours moins de dépenses publiques et toujours moins de recettes est celle du chaos, vouée à confiner des hordes de va-nu-pieds, inaptes à la compétition, à la misère, et que cette misère, fondée sur l’injustice, est vouée à son tour à générer toujours moins de citoyenneté, toujours plus d’insécurité, et les réponses à cette dernière toujours moins de démocratie.

Je signe cette pétition parce que la vocation de l’Etat, dépositaire en cela de la raison, est de corriger les inégalités, les déterminismes, inhérents à la loi naturelle, et que le nouveau naturalisme spencérien (« Only the strong survive ») constitue à cet égard le principal obstacle.

En effet, je la signe avec l’intime conviction que le rôle premier de l’Etat est de pourvoir aux besoins des plus pauvres, des plus affaiblis, des plus fragilisés, que s’il n’assume pas ce rôle, il perd sa raison d’être fondamentale, et que s’il s’y oppose, il importe de le renverser.

 

Yannick Baele

herbert-spencer

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Le petit d’homme et l’obus

Assis à l’arrière d’un corbillard en puissance

Le visage ensanglanté par des éclats de raison

Tel un sylphe de ces régions soudain

A l’humanité initié

Le marmot, impavide, scrute notre insanité

Dresde, Alep, Sanaa, que lui importe

Rebelles ou collabos, cadets de ses soucis

Cowboys et Indiens, il est à leur merci

Eveil explosif à la réalité du monde

Que lui conteste une ordurière faconde

D’ici, si illusoire paraît son calvaire

Terre est histoire, et histoire oblitère

Nous n’avons plus l’habitude des bombes

Souffrance d’autrui nous est étrangère

Solipsisme à l’inverse familier

De notre ontologie la compassion soustraire

Est devenu capital pour pouvoir subsister

Allah étant si grand, et Mowgli si petit

Les frontières si réelles, et si vaine la vie

omrane-alep-2016

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