Fusionnisme textuel (sur fond de mélancolie combative) : une entrée en matière

Si vous pensez que faire société, c’est d’abord et avant tout parler, échanger, avec les autres, c’est

Comment l’anonyme qui, malgré des efforts surhumains, ne parvient à entamer avec ses semblables

qu’il a dû vous échapper que nos collectivités ont mis en place toute une série de protocoles aussi

aucune conversation d’intérêt sur les sujets sociaux qui lui sont chers, pourrait-il, homme ou femme

invisibles que totalitaires destinés non pas simplement à contrôler et encadrer – c’est-à-dire à

publique, espérer trouver auprès de ses auditeurs, oreilles attentives et esprits féconds ? Quel espoir

appauvrir –  la parole, mais à en conditionner préalablement l’exercice à une soumission totale à

de salut intellectuel et d’échange social l’autre côté du filtre peut-il donner à celui qui ne s’est que

l’ordre social en son éblouissante féodalité, quitte à faire de celle-ci le véritable sésame de la

trop familiarisé avec les étendues désertiques qui, sous son impulsion frénétique, n’a cessé, de ce

participation à la société, quand bien même l’on n’a strictement rien à dire et se perd ce qui doit être

côté-ci, de gagner du terrain, si forger l’opinion l’écœure, et stimuler l’éclosion de pensées propres

dit ! C’est dans cette exigence, qui ne s’édicte jamais, jusqu’à présent, que par stimuli subliminaux

par euthanasie de tous les catéchismes paraît chaque jour plus improbable ?

dans des contextes sans le moindre rapport avec les objets de dispute que vous abordez, que doit se

chercher l’origine première de la tragédie humaine contemporaine : vous n’êtes invités à vous

exprimer qu’à propos de  ce dont on vous intime de parler, dans le cadre et la hiérarchie que l’on

vous impose. Aussi n’entrez- vous pas, si vous y consentez, dans la société des hommes, où chaque

individu dispose en principe de droits inaliénables, mais prenez-vous place, au gré d’évaluations

clichées de compétences et de potentialités auxquelles vous soumettent des inconnus qui ne

fonctionnent que par compartimentations génériques irrémédiablement calquées sur un appareil

productif professionnel désuet qui se moque pareillement de qui vous êtes et de ce que vous voulez,

au sein d’une structure collective froide comme métal, pesante, bruyante, insensée et toujours plus

vile. Dans la société patriarcale classique, vous étiez appelé à garder cette place toute votre vie. De

nos jours, le leitmotiv du changement vous impose une plus grande flexibilité, au sein de la strate

hiérarchique à laquelle vous appartenez, un peu au-delà si vous avez de la chance. Qu’il semble

difficile de faire comprendre aux hommes et femmes a priori de bonne volonté qu’il ne peut y avoir

de changement que de la structure elle-même, que le monde nouveau et encore inconnu de Gramsci

Par égarement, il m’arrive encore parfois de me dire qu’il n’est pas exclu que la grosse masse des

dont on nous rebat les oreilles, qui peine tant à s’extirper de la brume qui l’enveloppe, ne pourra

abrutis, pour lesquels la sensibilité est une tare, se rendent enfin compte qu’il n’est de tarés qu’eux,

émerger qu’à cette condition et que tout ce qui s’y oppose, à commencer par l’artifice du

qu’un éclair de lucidité les amène à comprendre que, sans moins maudire la mièvrerie, faire le choix

changement, ne vise qu’à pérenniser l’existant : sans tourner le dos à la loterie sociale, naguère

de la sensibilité comme principe social structurant seul porteur d’épanouissement pacifique

métaphorisée par l’ascenseur, qui n’a jamais eu pour but de rendre la société meilleure dans son

commun, et demeurer sensible malgré les coups et l’ignorance, parce que rien dans l’absurdité d’une

ensemble, mais simplement de starifier quelques idiots utiles grassement rémunérés pour leur

existence – ni les plans de carrière, ni le besoin de reconnaissance, ni la quantité de relations, ni la

idiotie complaisante comme on s’empare de l’une ou l’autre peluche dans un Luna Park, en ne se

peur du rejet – ne justifie le refoulement de cette sensibilité, et que tout, au contraire, à commencer

souciant guère du sort de celles qui sont vouées à rester dans leur bocal, sans rompre radicalement

par l’émerveillement et la plénitude auxquelles elle donne accès, ainsi que la satisfaction de rester

avec la société du passé, ses préceptes hiérarchiques éculés, et sa fabrique de pulsions sordides et de

debout, appelle à chérir, est œuvre de gladiateur moderne. Oui, l’humilité sensible est une force face

passions vaines, on ne fait jamais que se mettre à son service, pour s’étonner plus tard que ne

à laquelle pâlit le conformisme destructeur cher aux esprits chétifs, le nihilisme des cyniques, et

change pas ce que l’on contribue à entretenir…

même les pulsions d’apocalypse de ceux qui confondent encore enfance et puérilité…

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