Archives mensuelles : mars 2017

Militant, nom commun > lat. ‘militare’, être soldat, faire son service militaire

Vous connaissez tous, je présume, l’odieuse et cynique citation à propos des troufions attribuée par triple ouï-dire à Kissinger : « military men are just dumb, stupid animals to be used as pawns in foreign policy ». Eux ne meurent pas au front, mais les militants politiques, c’est grosso modo la même chose : des pions à utiliser dans un rapport de forces des plus futiles.

Un militant, ça ne pense pas; ça accomplit les basses besognes avec entrain et ferveur, ça adhère et ça adule. C’est bête, un militant. Et c’est un ancien militant qui vous le dit. Un ancien militant atypique qui s’est adonné pendant des années à une observation sociologique pointue de l’intérieur des partis, ces antichambres d’un certain pouvoir, désormais largement révolu.

Oui, je suis passé par différents partis. Non pas par intérêt : je n’ai jamais sollicité ni convoité la moindre place sur une quelconque liste. Je ne suis pas passé de la démocratie chrétienne à l’écologie en transitant très brièvement par le libéralisme parce que l’une ou l’autre m’avait refusé quelque faveur, et je n’ai donc aucune déception ou rancœur en la matière. Je n’ai jamais été de ces petits intrigants que l’on trouve par grappes dans ces milieux-là comme dans tant d’autres. J’ai fait partie des jeunes espoirs de ceci ou de cela et de tel ou tel bureau politique, mais sans jamais en faire la demande ou y chercher la moindre gloire. Et d’autres engagements sociaux parallèles, hors de tout parti, m’ont permis de garder ma propre boussole. Personne ne m’a construit, encore moins pistonné : je me suis construit moi-même. Et c’est sans doute ce que d’aucuns me reprochent, car ça me rend incontrôlable.

Bien sûr, c’était un processus progressif au cours duquel d’autres m’ont beaucoup appris, mais au départ d’idéaux qui étaient déjà très ancrés en moi et sur base d’un engagement individuel. Il s’agissait juste de les affiner, de mieux les traduire concrètement, de leur donner forme dans un cadre commun. Quel que soit le cénacle par lequel j’ai transité, c’est à ces idéaux, à ces principes, que je suis toujours resté fidèle, et je pourrais souscrire aujourd’hui encore à l’essentiel de ce que j’écrivais alors (car, oui, j’écrivais déjà !). J’ai renié plusieurs partis, certes, mais je n’ai jamais renié les raisons de mon engagement, ni ma propre parole, et pour moi c’est primordial !

Ainsi, je me souviens – sans l’avoir relu depuis lors – des grandes lignes d’un édito paru il y a plus de vingt ans dans le mensuel de la régionale bruxelloise de ce qui s’appelait encore le parti social-chrétien, dans lequel il était déjà question de l’intégration des « jeunes de banlieue » (qui n’affichaient à l’époque aucun islamisme notoire), et dont le contenu était hautement subversif dans sa quête d’harmonie évangélique, a fortiori pour les grands bourgeois et les quelques aristos que je côtoyais alors. Atypique, vous disais-je, et no strings attached, un peu gauche ou grandiloquent parfois, mais toujours sincère…

C’est que j’ai toujours eu besoin de me démarquer. Pas pour faire le malin, ni pour me faire remarquer, mais pour me sentir vivre. Et pour tester la tolérance réelle de ceux qui m’entouraient, au-delà des belles déclarations convenues et des professions de foi creuses. La fraternité, par exemple, la fraternité humaine, on peut en faire la louange en théorie tout en la piétinant dans la pratique. Et l’esprit critique… Ah, ce grand tabou !

Ce besoin, ce souci de profondeur et de vrai, s’accommodaient très mal des unanimités factices. Ainsi, lorsque, membre du bureau politique des jeunes PSC, je rechignai à voter à main levée une résolution visant à étendre officiellement le bilinguisme à l’ensemble de la périphérie bruxelloise et qu’un vieux jeune doctrinaire assis à côté de moi, constatant l’offense, saisit mon bras droit et le leva contre ma volonté, c’est un peu du Hulk qui faillit s’emparer de moi . Mais, a contrario, lorsque, des années plus tard, je me suis emporté plus que de raison contre un jeune écolo namurois ultra-rigide et très imbu de sa personne, auto-obsédé même, qui monopolisait le temps de parole lors d’une réunion de comité de rédaction en exigeant de bénéficier d’une page entière pour exprimer son point de vue là où les autres rédacteurs devaient se contenter de cinq lignes en tout et pour tout (voir mon résumé minimaliste de Into the Wild), c’est un souci d’égalité qui m’animait.

Voilà sans doute ce que je cherchais à tort dans ces cénacles-là : la dispute politique honnête et égalitaire, sereine dans la mesure du possible, entre êtres humains. C’était compter sans la boue des ambitions carriéristes…

Elu, il y a quelques années, coreprésentant international des jeunes écolos belges, j’en ai eu une nouvelle illustration lorsque leur coprésidente, une grande fan de Clinton entre-temps députée régionale, comme il se doit, m’a, contrevenant à la ligne qu’elle s’était elle-même fixée en bureau restreint, intimé l’ordre de contribuer à faire élire un pote à elle exilé à Paris, qui m’était totalement inconnu, à la présidence des jeunes verts européens. Face à mon exigence minimale de m’entretenir avec l’intéressé et d’évaluer les autres candidats, que ni elle ni moi ne connaissaient, avant de me prononcer, elle m’avait répondu, arrogante et sèche : « j’ai le pouvoir de t’exclure du parti ». Petite scène d’humanité quotidienne au sein de ces structures rabougries qui ont un sens lorsqu’elles permettent à un candidat aux vraies élections d’avoir plus de poids face aux lobbies, mais qui, par ailleurs, ne sont que bassins de médiocrité…

Lorsque j’ai finalement rencontré son pote, j’ai pu mesurer quelle enflure j’avais en face de moi : un petit type qui s’y croyait comme pas deux, considérait son entourage comme sa suite, et son élection comme une formalité. Il fallait voir son visage bouffi d’autosatisfaction puérile se décomposer en maugréements à peine contenus, comme si on lui avait fait part du décès d’un proche, lorsque fut annoncée sa défaite et l’élection d’un jeune bosniaque (si mes souvenirs sont bons) baba cool : son petit monde s’écroulait. Il n’avait clairement que ça pour le définir, le pauvre. Accompagné de quelques membres de sa suite, il s’en alla immédiatement aux chiottes (pour plus de discrétion sans doute, mais peut-être par familiarité aussi) pour tenter de déterminer qui diable avait bien pu le trahir, ne supputant à aucun moment que ce pouvait avoir été son arrivisme affiché. Ce soir-là, tandis qu’il ruminait son échec auprès d’une suite qu’il se plaisait à ravaler au rang de malpropres, je me suis fait agresser par une bande de néonazis homophobes. Lorsque, de retour à l’hôtel, où je ne pus contenir quelques larmes, je le vis passer devant moi, l’ordure, homo elle aussi, et informée de ce qui s’était passé, fut prise d’un fou rire. Petite scène d’humanité quotidienne… Je la reverrais un an après. La pauvre n’avait pas changé d’un iota…

Le lendemain, c’est à l’unanimité que l’Assemblée générale des jeunes verts européens a adopté un amendement à sa plateforme politique, que j’avais rédigé. Il y était question de droit garanti au logement pour les sans-abri. Un détail, sans doute, face à de si nobles préoccupations…

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Haddock et Booz Allen Hamiton (ou Morpho-Safran)…

Le risque que soit dévoilé le modus constituendi de leurs réseaux n’est pas seul en cause; plus prosaïquement, les crimes de lèse-majesté qu’ils subissent en raison de leur grossière fatuité y sont aussi pour beaucoup : cela fait une dizaine d’années, à présent, que ceux qui se sont érigés en juges a priori de la parole autorisée s’inquiètent ouvertement du fait que cette prérogative leur échappe de plus en plus, et en appellent ouvertement à une mise au pas d’Internet. Que de vaniteux sophistes et des extrémistes notoires y aient trouvé refuge fait leur jeu.

Mais, à eux seuls, ils ne suffisent pas à justifier la kyrielle de lois nouvelles destinées à « encadrer », comme on dit pudiquement, les usages sur la toile : on n’adopte pas une loi pour surveiller ou  faire taire quelques marginaux. Il faut, par conséquent, à ces censeurs-là démontrer que la chienlit est générale. Et toute occasion est bonne pour ce faire.

La surabondance de « fake news » supposées, qui auraient été un élément déterminant dans l’élection de Drumpf, en est le dernier exemple en date. Priés de toutes parts de s’autopolicer, les principaux gestionnaires de réseaux sociaux redoublent donc d’inventivité algorithmique pour séparer le convenable de l’inconvenant.

Même si la prison s’est avérée un bien plus pernicieux bouillon de radicalisation violente, c’est aussi prioritairement au net que la fausse noblesse du politiquement correct impute le passage à l’acte de nombre de terroristes.

Or, s’il est indéniable que quantité d’échanges numériques sont, pour dire le moins, peu reluisants, les raisons pour lesquelles il en est ainsi ne se caractérisent pas nécessairement par leur évidence. Il ne viendrait à l’idée de personne, en effet, de nier que, sur la toile comme ailleurs, la bassesse sincère a évidemment sa place. Mais à ce point ? Et toujours sur les mêmes sujets ?

Certains pointent aujourd’hui du doigt le recours à des intermédiaires (nécessairement indiens, semble-t-il) qui submergeraient contre monnaie sonnante et bitcoïnante de courts commentaires prototypiques destinés à accroître la popularité de tel ou telle accro à la reconnaissance les innombrables agoras numériques.

Mais, pour expliquer l’extrême rareté des commentaires postés sous des pseudonymes (toujours clairement) à consonance arabe qui ne s’accompagnent de fautes d’orthographe en série, d’une syntaxe plus que primaire, et d’insultes – voire de menaces – qui feraient honte au capitaine Haddock, un extrait du neuvième épisode de la sixième saison de Homeland propose une autre piste :

Rassurez-vous : ce n’est que de la fiction…

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Pour info : https://theintercept.com/2017/03/21/revolving-door-military/

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Cachez ces émirs que nous ne saurions voir…

Ainsi donc, le Ben s’est rendu hier à Bruxelles pour y prononcer un discours dans le cadre de sa campagne. Sans doute l’aura-t-il fait autant pour redonner du peps au PS local que pour s’adresser directement aux socialistes français expatriés, pour lesquels notre pays constitue, au même titre que pour les exilés fiscaux non socialistes (ça va de soi) une destination de choix.

Lundi soir, lors du débat sur TF1 (à 2:50:52), il avait affirmé : « [il faut] en finir avec cette forme de lune de miel que nous avons eue avec un certain nombre de monarchies sunnites – je pense au Qatar et à l’Arabie saoudite. Il y a eu un moment français pour les Saoudiens dans le fait qu’ils ont privilégié leurs alliances avec nous, les Américains ayant modifié un petit peu l’équilibre de leur partenariat, et je pense que nous devons avoir une position beaucoup plus centrale dans la capacité à discuter avec l’ensemble des acteurs du monde chiite, sunnite, de manière à ne pas nous retrouver embarqués dans des alliances […] qui ne permettent pas aujourd’hui à la France de jouer le rôle qu’elle devrait jouer avec sa diplomatie pour fabriquer des solutions politiques. » (1)

Le concept de ce débat était d’une extrême rigidité, antédiluvien à vrai dire. Quelquefois, toutefois, une caméra baladeuse permettait d’observer les réactions faciales des autres prétendants au trône à telle ou affirmation de celui ou celle qui s’exprimait.

A l’écoute de l’affirmation qui précède, le sadique à l’exquise garde-robe leva les yeux vers le ciel, comme pour indiquer qu’il l’approuvait. Si tel est le cas, les discussions qu’il a eues sur ce point avec celui dont il fut le premier ministre, lequel n’a jamais fait mystère, quant à lui, de ses partenariats stratégiques, allant, candidat à la primaire, jusqu’à se déplacer au Maroc pour serrer chaleureusement la main de quelque réincarnation moyen-orientale anachronique de Louis XIV (Paix à Raif !) qui y prélassait son vieux cul (2), ont dû être houleuses. Et, à l’exception de quelques mots curieusement mis à l’index dans un discours qu’il prononça le 29 janvier (3), tel semble bel et bien être le cas (4).

Tom Sawyer, lui, parut interloqué. A sa décharge, précisons cependant qu’il a répété, au cours de ce débat, les désaccords faciaux et les mouvements de binette plus ou moins improbateurs, dodelinant en effet de la tête comme d’autres remuent leurs épaules. Ainsi, par exemple, lorsqu’à 2:49:22, la Bête (5) exigea qu’en raison de sa complicité avec l’ennemi (6) Lafarge soit châtiée, son faciès prépubère sembla trahir un ébahissement que l’on pourrait, si l’on ne craignait les raccourcis faciles, traduire par : « oh, malpropre, mais comment osez-vous ?! ».

En l’occurrence, les interprétations que suscite la stupéfaction qu’il a manifestée par une bouche semi-béante sont multiples. Peut-être se disait-il qu’Hamon, dont le porte-parole Bachelay a récemment été accusé de solliciter une aide financière de la Saoudie (7), ne manquait pas d’air en se posant ainsi en fer de lance de la résistance à la croisade financière saoudienne. Mais peut-être aussi se sentait-il personnellement visé, lui qui, comme Hamon en Belgique, dispose d’un comité de soutien à Doha : ses marcheurs sont globe-trotteurs…

Encore qu’à y réfléchir, que de plus normal ? Il doit bien se trouver au Qatar quelque milliardaire français expatrié pour le soutenir, n’est-ce pas ? Jouer cartes sur table quant à son mirifique budget de campagne, comme Hamon lui a suggéré de le faire, permettrait bien sûr de couper le sifflet aux mauvaises langues (8). Mais puisqu’il dit qu’il se plie intégralement à la loi, pourquoi douterions-nous de sa parole ?

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(1) youtube.com/watch?v=KtNRZCEfMUI#t=2h50m52s

(2) https://www.marianne.net/politique/la-visite-estivale-de-nicolas-sarkozy-au-roi-darabie-saoudite

(3) http://lelab.europe1.fr/francois-fillon-supprime-de-son-discours-la-mention-de-larabie-saoudite-et-du-qatar-2963813

(4) http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/19/01003-20161219ARTFIG00093-francois-fillon-refuse-de-rencontrer-le-prince-saoudien-mohammed-ben-salman.php

(5) http://biblehub.com/revelation/13-18.htm

(6) http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/des-ong-attaquent-lafarge-accuse-de-financer-l-etat-islamique-1059739.html

(7) http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/info-lcp-accuse-davoir-sollicite-le-qatar-pour-financer-sa-campagne-electorale

(8) http://observers.france24.com/fr/20170302-campagne-d%E2%80%99emmanuel-macron-financee-l%E2%80%99arabie-saoudite%C2%A0-attention-l%E2%80%99intox

 

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« The Mummy XX – Spring Of The Mummy »

http://www.lesoir.be/1157654/article/actualite/belgique/politique/2016-03-21/elio-di-rupo-demeurera-president-du-ps-au-moins-jusque-fin-2019

C’est le lendemain du premier jour du printemps que la momie a choisi pour annoncer que, contrairement à ce que stipulent ses statuts, elle demeurerait présidente du parti socialiste belge jusqu’à la fin 2019… au moins ! Dans les faits, elle aura donc, dans un pays où les partis exercent une influence prépondérante, présidé aux destinées du PS belge pendant plus de vingt ans, étant entendu que, même lorsqu’elle était premier ministre, elle faisait la pluie et le beau temps au boulevard de l’Empereur. Le scandale Publifin, dont on se demande bien comment elle a pu l’ignorer ces cinq dernières années, tant la mafia liégeoise a arrosé tous les partis du cru, ne lui aura servi qu’à réaffirmer son autorité face aux prétendants à sa succession, ce qui ne peut manquer de susciter la question : combien d’autres scandales similaires affectant d’autres baronnies PS se tapissent-ils encore dans l’ombre en attendant de servir Sa Majesté ? Tous les cinq ans, à l’aune d’un petit coup de balai par-ci par-là, la momie se refait une réputation de Monsieur Propre à moindre coût. Mais elle ne parvient à le faire que parce qu’elle s’est consciemment abstenue de faire le ménage avant !

Jusqu’ici, pourtant, rien de bien dramatique : si les membres du PS souhaitent le maintien d’un autocrate à la tête de leur parti, ça les regarde. Certes, il y aura (peut-être) les éditos de quelque Luc Delfosse pour lui rappeler, comme ils l’avaient fait naguère avec ‘Gerardescu’ et son PSC, qu’il se pourrait que l’intéressé pâtisse d’une addiction (« Alors, Elio, stop ou encore ?« ), mais qui lit encore la presse écrite ?

En revanche, confier la cruciale campagne législative de 2019 (ou d’avant) à un type qui n’a été foutu de former un gouvernement qu’après 195 jours, et qui n’a, qui plus est, été capable de réaliser cette prouesse qu’au prix d’indéfendables concessions à la droite, dont certains de ses électeurs ne se sont toujours pas remis, voilà où le bât blesse, et c’est ce qui pourrait expliquer la mine visiblement renfrognée de Magnette au grand raout hamonnien de dimanche dernier.

http://www.lavenir.net/cnt/DMF20150106_00581880

Ces concessions, loin de satisfaire une droite flamande alléchée par le sang, n’ont servi qu’à démontrer son manque de détermination. Et dire qu’elles ne l’ont pas satisfaite est euphémique : plus que de momie, le vieux Gepetto, au néerlandais rudement branlant, fait pour une majorité en Flandre office d’épouvantail. L’on voudrait sceller définitivement la scission de la Belgique, l’on ne s’y prendrait pas autrement. Que Brejnev se fût exprimé il y a quelques heures, à Bruxelles (!), sous un panneau luminescent appelant à « faire battre le coeur de la France » spreekt d’ailleurs boekdelen à cet égard. Où comment le poing levé de Destrée jadis s’est transformé, sous l’impulsion de la momie, en impuissante résignation…

Un Belge averti en vaut deux !

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The cure divine

I mentioned ‘the language’ before. This is it. I bathed in this long before I was born. Somehow I can remember. And remembering it brought a tear to my eye. This is poetry supreme straight from the core of what once was but is no more. It reached us finally after years of wandering. Did we really need words to get where we are ? Who needs words anyway ? Forget politics, burn the law, any law, and keep just this. I am not a musician, yet I am this music. Aren’t you ? And those gods, so beautiful, so smooth, those golden lovers, forever the same. I would so want to be able to touch them. Be worthy of their grace. Be among them without saying a thing. As they were. Just like that. I believe ! Why ? Why was I born so late ? Why do I have to be part of the plastic era ? I am an Aquarius after all. I didn’t sign up for this. Neither did she. The source. I am breathless, yet I’ve never felt so alive. Waves of feelings are reaching my mind feeding me unearthly knowledge. I am but a soul. I am the environment. So light. Floating as if I were there still. As if I were there already. Humble. But free. So free. Why can we no longer speak the language in the plastic era ?

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Je te propose un deal, Ben.

C’tait un top discours, and I mean it. Mais des beaux discours, j’en ai entendu avant. Une blacke bringue en faisait sans arrêt. Et, poor fool, j’y avais cru. Pas autant que d’autres, mais un peu quand même. Alors, aujourd’hui, tu vois, les beaux discours, j’y crois plus. La poésie. Juste la poésie. Car elle seule se donne sans chercher à prendre, et c’est pourquoi elle seule peut vous emporter.

Tu intègres deux ou trois bricoles, et le référendum révocatoire, qui seul peut rendre ce discours substantiel. Compte tenu du fait qu’une Consultante est requise pour ce faire et qu’il est donc possible que ledit référendum ne s’applique qu’à ton (ta) successeur(-se), tu t’assures par ailleurs, en étroite collaboration avec le Parlement, de la finalisation de la liste des articles sujets à révision avant ta mi-mandat, et tu prends d’ores et déjà l’engagement solennel qu’à défaut d’une dissolution de l’Assemblée avant cette échéance, un référendum populaire plébiscitaire sera organisé en 2019 à ton initiative, selon les modalités existantes. Voilà l’antidote pour que le Belge que je suis vote pour toi en esprit…

Deal ?

 

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Qui bene amat, benêt castigat…

« La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties, sauf la répression des délits commis à l’occasion de l’usage de ces libertés. »

Article 19 de la Constitution du Royaume de Belgique

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« T’en foutrai, moi ! »

Cavanna et Choron, tout là-haut

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Attention : les vérités qui suivent ne se disent habituellement qu’après avoir pris sa retraite. Avant, faut rester une bonne traînée ! Le désespoir, les rides et l’abstention, c’est ça, cocos : la conscience d’être muselés et de n’y pouvoir rien faire !

A tous les employeurs potentiels : ce n’est pas ainsi que je mènerais une interview. Faut pas sombrer dans le Cohen quand même. Mais je te les ferais suer, moi, je te le garantis ! C’est pas demain la veille qu’un Caniche se poserait devant mon micro en espérant s’en tirer à bon compte !

Quelle catastrophe, putain ! Ce Jadot, je l’avais vu de loin il y a quelques années au Parlement européen pendant un débat-ronron sur le nucléaire qui avait des airs de thérapie collective juste après Fukushima. Juste à côté de lui, il y avait Bové-le-paon, une vraie starlette ! C’était l’époque où les Verts/EFA étaient encore favorables au principe d’un TTIP, bien avant le revirement tardif de Chienne-Bendit, qui était leur chef de groupe. Mais c’est la première fois que j’entends l’ex-Mr. Greenpeace se livrer comme ça (avantage de ce type d’interview). A son dernier passage sur Mediapart, il était ultra-rigide et technocrate langue de bois comme pas deux. Je suppose que c’est une déformation professionnelle que partagent tous les presse-bouton du Caprice des dieux. Méluche doit être le seul à y avoir échappé. Il est PC ici aussi, mais moins, et c’est dire…

Sur une partie du contenu, c’est limite affligeant, en fait, et d’autant plus si on sait que l’émission a été enregistrée bien avant l’accord EELV-PS, ce qui aurait pu laisser supposer qu’il aurait une parole plus libre. Pourtant,

5:16 : le « parlement de la zone euro« , c’est une marotte qu’il partage avec Hamon, et ça trahit de nouveau leur esprit technocratique. Un « grand machin » de plus, comme aurait dit l’autre. Et autant de postes (et de salaires) en plus pour les petits copains. Quel serait l’overlap avec le PE actuel ? Quid en cas de désaccord entre les deux ? Et il y a une autre raison pour laquelle c’est impraticable : la discordance entre le temps politique et le temps de la finance, sauf à légiférer drastiquement pour mettre ce dernier au pas (bon courage !). On a vu qu’en l’état actuel des institutions, il a déjà fallu des dizaines et des dizaines de réunions de l’Eurogroupe et du Conseil en 2008 et après avant qu’ils ne parviennent enfin à accorder leurs violons. Je n’ose imaginer ce que ce serait avec ce parleuro en prime. Donc, j’aimerais que Jadot ET Hamon arrêtent de nous prendre pour des buses avec cette proposition, et je m’inquiète à l’idée que d’autres ne soient elles aussi que de la poudre aux yeux. Une seule solution concernant la zone euro, et la politique socio-économique de l’UE en général : l’abolition de l’article 123/1 du TFUE, qui mettrait d’un coup un terme aux politiques d’austérité !

6:42 : peut-être Poutine lui-même ou certaines personnes dans son entourage, dans le milieu du renseignement ou ailleurs, sont-elles en tout ou en partie responsable des assassinats de journalistes survenus en Russie ces dernières années, mais bordel, ce deux poids deux mesures commence à sérieusement me taper sur les nerfs : où sont, dans ce cas-ci, les oies blanches qui crient habituellement au complotisme ? Jadot affirme. Où sont ses preuves ?

Concernant la Tchétchénie, d’accord, bien qu’il ne faille pas négliger la possibilité d’une tentative de déstabilisation de la région depuis l’extérieur. Même topo pour l’Ukraine : en dépit des promesses faites par Bush Sr. à Gorbatchev, l’Otan n’a cessé de s’élargir à l’est, avec toutes les implantations de nouvelles bases de missiles (y compris nucléaires) que ça implique, et l’avantage temporel que ça fournirait aux Etats-Unis (et pas à l’Europe pour le coup, qui serait par conclusion logique la cible privilégiée, car la plus rapidement accessible, de l’arsenal russe) en cas de conflit de grande ampleur. Si je ne m’abuse, on a frôlé une guerre atomique lorsque Khrouchtchev avait installé des missiles à Cuba… Mais en Ukraine ou en Géorgie, on attend de la Russie qu’elle acquiesce ? La ligne que défend Jadot sur ce point est celle de l’ensemble des verts au niveau européen, y compris les plus progressistes. Et, compte tenu de ce qui précède, j’estime qu’ils jouent avec le feu, et qu’à chacune de leur critique de Poutine sur ce point, ils devraient assortir l’exigence absolue de démantèlement de ces nouveaux arsenaux, qui sont pour l’Europe autant d’épées de Damoclès et permettraient aux Etats-Unis de tirer leur épingle du jeu, le moment venu. Et quand l’autre gros naze exige des pays européens qu’ils relèvent pronto leurs budgets de défense sous prétexte que les Etats-Unis, en étant démesurément les plus gros contributeurs à celui de l’OTAN, feraient trop de cadeaux à l’Europe, il ne faudrait pas qu’il l’oublie.

A propos de la Syrie, enfin, Alep n’a pas attendu les troupes russes pour être bousillée. Toutes les crapules présentes y ont contribué, pas plus la Russie que les autres. Les cris d’orfraie sélectifs de Jadot ont quelque chose de réellement exaspérant ! Tout ça ferait de la Russie, dont le président a été élu, une dictature. Répondant à une question sur le flou qui entoure certaines actions de la France dans la région, il affirme qu’elle, en revanche, n’en est pas une, selon lui. Pourtant, plus loin dans l’interview, il parle de post-démocratie. Alors quid ?

A chaque intervention manichéenne à propos de la Russie devrait correspondre la lecture d’un article ou l’écoute d’une interview du prof. Stephen Cohen pour faire bonne mesure…

7:53 : budget militaire 2015 de la Saoudie selon SIPRI : 87,2 milliards $, selon l’IISS : 81,9 milliards (dans les deux cas un tout petit peu plus que le chiffre cité). Faut réviser ses fiches, Jean-Jacques Bourdin…

9:55 : « aujourd’hui, l’OTAN, ça n’existe plus« . LE PARFAIT PETIT ENDOCTRINE !!! C’est du Fourest, putain ! Trump, qui n’a cessé de tergiverser sur toute une série de sujets durant sa campagne, avait déjà fait marche arrière sur ses déclarations intempestives concernant l’OTAN au moment de cette interview, consécutive à son investiture. Quand bien même il ne l’aurait pas fait, qui peut croire sérieusement que le complexe militaro-industriel états-unien laisserait un petit président en transit (que ce soit lui ou un autre) démonter l’assise de sa domination globale, qui a englouti depuis 1945 des centaines de milliards de ses satanés $ ? Il n’est qu’à regarder les war games organisés ces derniers temps à l’est de l’Europe sous tutelle otanienne d’une part, et à quel point les divers partenariats stratégiques récents de l’OTAN au-delà de ses membres attitrés, de l’Amérique du Sud à l’Asie, donnent l’impression d’une tache d’huile sur une mappemonde. LES VERTS ONT TOUJOURS ETE PACIFISTES, BORDEL ! Ce genre de propos laisse à penser qu’il pourrait y avoir anguille sous roche. Arrête de nous prendre pour des cons, Jadot !

14:06 : « America does not at the moment have a functioning democracy. » (Jimmy Carter, IBTimes, 18/07/13)
« It’s just an oligarchy with unlimited political bribery. » (Ibid., Thom Hartmann Program, 28/07/15)

Lire aussi Sheldon S. Wolin, « Democracy Incorporated, Managed Democracy and Inverted Totalitarianism » (2010 – dispo en e-book)

14:44 : http://www.nlg.org/new-anti-protesting-legislation-a-deeper-look/

Ce serait drôle de confronter Jadot et Jill Stein sur le sujet. L’ACLU pourrait animer le débat… D’ailleurs, c’est pas neuf : il n’y a qu’à se souvenir de la répression que Hoover avait fait subir au mouvement anti-guerre et au mouvement pour les droits civiques sous MLK, sans même parler du bien plus récent crackdown du mouvement Occupy. Jadot, tu lui parles des Etats-Unis, c’est comme si tu lui parlais de Blanche Neige en fait, ou de Pleasantville avant la couleur. Chienne-Bendit pareil ! Alors de deux choses l’une : soit ils ne s’y intéressent que superficiellement et n’en connaissent vraiment pas grand chose, a fortiori de son histoire et de ses mouvements progressistes, soit ce sont de cyniques crapules. Dans les deux cas, y a comme un blème.

16:49 : « des institutions qui fonctionnent » plus souvent qu’à leur tour au moyen du 49/3 ces temps-ci…

19:44 : obstination typiquement européiste que de refuser d’admettre que c’est le traité de Lisbonne qui a anéanti tout choix politique et que les élections nationales ne sont plus, dès lors, qu’une façade. Chirac n’aurait jamais osé El Khomri. Mais Hollande est de gauche ? C’est pas le « tous pourris« , c’est le « tous castrés » ! (quoiqu’il y en ait en surnombre, des pourris, à un moment faut quand même arrêter de déconner ! cf. pour dernière preuve en date le dossier du Point intitulé « Un Parlement au-dessus des lois ?« ). Aux Etats-Unis, c’est d’ailleurs tellement vrai que depuis Citizens United, ils ne savent plus quelle loi promulguer pour légaliser la corruption. L’assaut avorté de quantité de congressmen contre le Comité d’Ethique du Congrès juste après l’investiture de Trump speaks volumes à cet égard !

22:48 : déjà, la question sous-entend que les stress tests des centrales nucléaires sont optimaux… Quant à la réponse, c’est ce qu’on appelle une esquive ou une pirouette : Jadot-la-ballerine !

23:22 : il y a toutes sortes de putes républicaines aux US (Scott Walker du Wisconsin, par exemple) qui ne cessent de militer pour conditionner l’octroi d’allocations de chômage à des tests d’urine négatifs de leurs récipiendaires. Et gageons que lesdites putes ont leurs équivalentes dans les pays européens (à la N-VA par exemple). C’est donc peut-être sous cet angle qu’il eût fallu aborder la question… Et en quoi des réformes structurelles de l’architecture et des pratiques bancaires autorisées serait-elles incompatibles avec la récolte de la pisse de Jordan Belfort ? Faudrait demander à l’American Bankers Association, l’un des lobbies les plus puissants et les mieux introduits à Bruxelles, ce qu’elle en pense. Il a pas dit qu’il voulait lutter contre le fléau de la drogue, le cocaïnomane de la Maison blanche ?

24:36 : voler des chaises à la BNP ? Et les casseurs de vitrines bancaires de Nuit Debout, tu demandes leur relaxe aussi ? Si oui, gare à la réaction de la préfecture médiatique, et à celle de la basse-cour à parjures au sein du parti de ton nouvel allié de circonstance, Jadotman !

27:28 : ‘c’est parce que je suis devenu un bourge technocrate ultra-conventionnel’. Cela dit, le taux d’alcoolémie en Conseils des ministres et après la pause de midi à l’Assemblée, y compris au volant, mériterait certainement plus ample investigation, de même que la cocaïnomanie potentielle de tel ou tel « Mozart de la Finance » recyclé, peu compatible avec la tutelle du bouton nucléaire… « Avec l’âge, on change un peu de plaisirs« . Biesse, va : avec l’âge, quand est élu, on a la trouille de se faire choper un joint au bec en raison de lois et de traités intrusifs promulgués par des raclures obscurantistes et racistes à la solde du lobby pharmaceutique autant qu’on l’a de se faire pincer la bite à l’air dans un Sofitel new-yorkais, ouais. A moins qu’on ne choisisse de préserver sa progéniture… en faisant de la pub pour des boissons alcoolisées ! Et si on en vient à préférer réellement l’alcool, c’est qu’on est devenu vraiment trop con ! Consommer du cannabis n’est pas un péché de jeunesse ou d’immaturité, pauvre tache ! Je croirais entendre ma mère après un bad trip aux champis, bordel !

32:50 : « je veux toujours dire que, dans l’histoire de l’Humanité, les migrations n’ont jamais été un fardeau« . C’est à ne pas en croire ses oreilles. Il a pas dit ‘l’immigration’, on est bien d’accord ? Donc, il parle de tous types de mouvements de populations, et dans toutes les directions, le « Trail of Tears » par exemple, mais aussi les déplacements forcés de populations sous l’Union soviétique, la Nakba, et plus largement tout type de colonisation, sans même parler de migrations plus récentes encore, en raison de guerres dont certaines ont été évoquées quelques minutes auparavant. Jadot n’est pas vert, en fait, c’est vraiment un bleu !

37:46 : t’es vraiment en dessous de tout, Jadot ! T’es élu écolo depuis des années et des années, et tu bouffes encore de la viande ? C’est une plaisanterie ou quoi ? T’es une taupe de Blackwater qui a infiltré le ZAD Party, en fait, c’est ça ? Comment Dieu est-ce possible, vieux ? Qu’un lambda ait besoin de temps pour s’en passer, OK. Qu’il ne faille pas le brusquer, OK itou. Mais là, il y a une incompatibilité fondamentale, mec ! C’est hallucinant que tu ne t’en rendes pas compte !!! Pas uniquement en termes de bien-être animal, mais aussi en termes d’impact de cette industrie sur le climat. Rends ta carte de parti, imposteur ! Et ça va afficher sa tronche aux côtés de Gothière en plus ! You’re U-N-B-E-L-I-E-V-A-B-L-E. You’re so unbelievable ! Et tu te fournis en électricité auprès de Nukelec aussi ? Bouffon, va !

Tiens, j’ai plus envie d’écouter le reste, va ! Bonne chance pour les petits postes promis aux législatives, hein !

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Edward Bernays attisait l’animus guerrier, Patrick Cohen point…

A entendre le second, toutefois, on se dit parfois qu’ils partagent le même métier.

Le 13 mars, lundi dernier donc, Cohen consacrait son édito matinal (1) à un curieux animal politique, à l’estime de plus d’un de ses confrères : François Asselineau. Ce dernier est le président – le gourou, diraient ceux-là – d’un parti qu’il a lui-même fondé, il y a précisément dix ans, l’Union populaire républicaine (UPR). Auparavant, il avait exercé plusieurs fonctions officielles aux côtés de diverses personnalités politiques de droite (2), certaines plus controversées que d’autres, d’abord au niveau national puis à l’échelon local, et avait lui-même été élu conseiller de Paris en 2001.

Quoiqu’en progression constante en termes d’adhérents, selon les dires de son fondateur, ledit parti s’est plaint à maintes reprises de faire l’objet d’une censure quasi totale de la part des médias nationaux, et en tout cas d’être discriminé par rapport à d’autres partis de même taille (3), a fortiori l’un ou l’autre agrégat indistinct sorti de nulle part, où le culte de la personnalité, qu’on lui reproche par ailleurs de cultiver, est bien plus prégnant. Il a donc dû miser sur un activisme électronique particulièrement aiguisé pour se faire connaître du grand nombre, et ses cadres, faute de pouvoir goûter aux délices des studios de radio et des plateaux de télé, se montrer particulièrement rusés pour faire entendre leur voix malgré tout, toujours de manière posée et courtoise, le plus souvent par l’entremise de questions d’auditeurs, une méthode qui, bien que rendue nécessaire par cette sélectivité médiatique sans commune mesure, a fini par ulcérer plus d’une grosse pointure dans le milieu.

Pour la première fois, peut-être indirectement par la grâce d’un ancien cacique de droite avec qui il s’était brouillé autrefois, Asselineau vient d’obtenir les parrainages nécessaires au dépôt officiel de sa candidature à la présidence de la République, ce qui semble avoir suffi à faire perdre leurs nerfs à plusieurs journalistes chevronnés. C’est dans ce contexte que s’inscrivait l’édito à peine hargneux de Cohen :

Trois jours plus tard, le pape de la matinale radio de France Inter – ce sobriquet, comme nous le verrons plus loin, n’est pas anodin – récidivait en qualifiant Asselineau d’ « hurluberlu » (4). Comme le démontre notamment l’édito injurieux déclamé le 9 mars par son compère ès basses œuvres Thréard sur une radio privée concurrente (5), le recours à ce type de pratiques n’est pas l’apanage du seul Cohen, mais c’est néanmoins à lui que nous nous intéresserons ici, dès lors qu’il nous semble que les griefs qu’appelle son manque de professionnalisme patenté sont d’autant plus lourds de conséquences que l’homme à la liste noire (6) officie sur le service dit public, et que gros matou léché comme pitbull parfois forcené (7) ont eu à faire les frais des biais récurrents qui amènent l’intéressé à privilégier sa propre obsession du politiquement correct, celui qui considère qu’il n’est de violence que prolétaire, à une équanimité à l’égard des invités, voire même aux faits, comme c’est le cas ici. C’est pourtant dans le cas dudit matou qu’il a poussé l’indignité à son paroxysme, en le bombardant d’ondes négatives sans même avoir la décence de lui faire face, en dépit de son statut de candidat, désormais attesté.

Mais ce n’est pas tant la personne d’Asselineau que, ce faisant, Cohen renvoie dans les cordes que le projet que son parti est objectivement le seul à porter, à savoir une sortie raisonnée mais déterminée et sans équivoque de l’euro, de l’Union européenne et de l’OTAN. Et le camouflet préfectoral qu’il inflige ab ante à ce projet, bien plus qu’à un matou au cuir endurci, il l’adresse à tous ceux qui imputent à la marche forcée induite par les derniers traités européens en date un déficit démocratique tel que plus rien ne permet, depuis Lisbonne, de distinguer une politique de droite d’une politique dite de gauche, un recul historique tel que des transferts de souveraineté législative vers un parlement croupion sont supposés faire illusion de démocratie, sur fond d’interdiction absolue de débattre ouvertement, de manière sereine, adulte et équitable, comme ce fut plus ou moins le cas à l’aube de la signature du traité de Maastricht, de la problématique la plus fondamentale qui soit : sommes-nous encore, en tant que collectivité d’individus réputés égaux, maîtres de notre propre destin ? Sommes-nous encore individus-citoyens ? Sinon, comment nous qualifier au juste ? Et quel est cet inquiétant entre-deux, quelles sont ces étranges limbes, à travers lesquelles nous galopons frénétiquement comme une nymphe Europe semi-démembrée sur un minotaure débridé qui, fuyant le Juste-Lipse comme un labyrinthe kafkaïen, semblerait lui aussi tout droit sorti de quelque dantesque enfer où, aujourd’hui comme hier, l’on s’entre-flagellerait à l’envi au rythme du Greed Is Good du In God We Trust, qui ferait la pluie et la pluie en attendant que nuit et brouillard prennent le relais ? Patience…

D’autres, avec bien plus de brio et de technicité que moi, pauvre blogueur, s’échinent régulièrement à dénoncer des travers trop communément partagés au sein d’une profession redoutablement plurielle dans son mimétisme, qui, outre la voix d’un pouvoir de type séculier (8), tantôt diffuse, tantôt affirmée, autosuggérée parfois sans doute, consensuelle dans sa consanguinité spirituelle en tout cas, ne semble plus écouter qu’elle-même et ne plus émettre que par autosuffisance. Lorsque ceux qui la critiquent obtiennent de sa part une quelconque réaction, le mépris infantile qui leur est opposé avec morgue (9), la réitération consciente d’erreurs ou de boniments revendiquée comme un droit ou un privilège spécifique plutôt que reconnue comme une faute, en plus de souligner la vanité littérale de tout exercice comme celui-ci, indiquent à suffisance le sentiment de toute-puissance dont ces journaleux-là sont empreints : comment diable « perseverare diabolicum » pourrait-il avoir été écrit pour eux (elles) ? Imagine-t-on, par exemples, notaire, avocat, médecin, procureur, ou flic, étaler au grand jour leur irrespect répété de leurs déontologies respectives ? Soyons sérieux : bien sûr que oui, dans une civilisation financière en crise incantatoire qui confère au billet plus d’importance qu’à tout autre papier, fût-ce la Constitution.

Telle est la crise. Tel est le Mal. Pourquoi la coterie médiatique y échapperait-elle ? A la différence de ces professions réglementées ou assermentées, son éthique de papier à elle semble infuse, donc malléable, charte de Munich nonobstant (10), tant son application demeure facultative, et rivalisant, quant à lui, avec les pouvoirs constitués, son impact social est autrement plus déterminant, son interférence nuisible, excepté dans une perspective huntingtonienne fondée sur l’apathie régulée (11), dont les plus pervers parmi ceux qui aspirent à poser leur séant à l’Elysée rêvent désormais ouvertement, advienne à terme que pourra. Sont-ce là circonstances atténuantes ?

Certes, le Code civil s’applique aux journalistes comme à tout un chacun, mais Patrick Cohen l’a-t-il jamais enfreint ? N’est-il pas Munichois, après tout ? Répondre à cette question sur base de cet édito uniquement est bien plus malaisé qu’il n’y paraît. Car le gardien de l’orthodoxie a de la bouteille. Toutefois, s’il s’imagine s’être contenté de caboter en eaux éthiques sans jamais atteindre le sombre rivage de la désinformation ou de la diffamation, il aura sans doute feint d’ignorer que cette bouteille d’acide qu’il venait de jeter à la mer était surtout une réponse du pêcheur à la pêcheuse – de quelle vergogne le primus inter impares de l’UPR n’a-t-il fait preuve lorsqu’il a, lors de sa conférence de presse du 10 mars, eu l’affront de le poser nommément, lui, Cohen Patrick, en antithèse de l’éthique journalistique ? – et, à ce titre, un majeur en érection à l’attention de son auditoire, voire une quenelle, allez savoir.

En effet, borborygmes, mine sévère, tons tour à tour dubitatif, dédaigneux, ou encore contestataire, assortis à une entrée en matière qui, quoique potentiellement intimidante pour « les petits maires » visés, se veut neutre cependant, peuvent, de par la difficulté de les rendre tangibles et de les associer à une intention précise, n’avoir rien de répréhensible en tant que tels, le DJ-journaliste peut, sans commettre de faute particulière, passer à un rythme cadencé des extraits décontextualisés de conférences comme un serveur de Chez Léon les plats, en se contentant de les annoncer, il peut même conclure par une ironique invite à voter UPR sans que cette ironie puisse explicitement se déduire de son propos et donc lui être imputée, et sans qu’il puisse être démontré avec certitude que l’apparence de propagande y contenue ne relevait pas de l’ironie – un tour de force magistral ! –, il n’en demeure pas moins que les auditeurs les moins instruits, les plus passifs, ou les plus occupés, en sont réduits à spéculer quant à la véracité des affirmations ainsi livrées littéralement en pâture, lorsque la facilité, sarcasme aidant, ne les amène pas tout simplement, par bon sens suggéré, à gober ce que Cohen, insistant sur le caractère selon lui obsessionnel des harangues asseliniennes sans en évaluer le moins du monde la teneur, se sera soigneusement gardé de présenter comme des contre-vérités… ou des vérités, au demeurant.

Et c’est ainsi que, de la même façon que démonter un slogan d’extrême-droite ou un procès d’intention de BHL ficelé à la va-vite, requiert, en règle générale, un argumentaire détaillé et minutieux, rétablir une certaine factualité dans ses droits à l’écoute d’un tel édito – qui, que je sache, ne relevait ni de l’art, ni de l’Absurde – oblige souvent à rédiger un court essai…

« François Asselineau, donc, a un objectif – la sortie de la France de l’Union européenne – et une obsession : ce qu’il appelle la mainmise des Etats-Unis sur les affaires du monde »

C’est faux : comme précisé supra, l’objectif de son parti est triple. Invoquer, au nom de la France, le fameux article 50 du T.U.E., y occupe en effet une place de choix, mais rien dans une telle proposition n’enfreint le cadre démocratique, encore moins par les temps qui courent, sauf à la considérer hérétique, et à inscrire dans la loi l’hérésie comme un péché irrédemptible. L’option Asselineau en la matière n’est que l’une des conséquences logiques des dérives funestes dont une U.E. de plus en plus autoritaire a été, ces dix dernières années la maîtresse d’œuvre, confirmant à plus d’un titre les objections formulées par Philippe Séguin devant l’Assemblée nationale lors du brillantissime discours fleuve qu’il y tint le 5 mai 1992.

Quant à la prétendue obsession personnelle d’Asselineau, qui est allé à la source pour écouter plusieurs de ses longues conférences ainsi que ses analyses de l’actualité, plutôt que de piocher çà et là quelques propos iconoclastes, sait que celles-ci reflètent le désir d’un monde multipolaire, c’est-à-dire égalitaire, qui redorerait le blason passablement taché de l’ONU, et tournerait la page de la primauté des Etats-Unis. Contester cette primauté agressive, dont le Project For A New American Century, par exemple, co-écrit en 1997 par certains de ceux qui deviendraient les architectes de l’invasion de l’Irak au printemps 2003, ne fait pas mystère, paraît futile. Mais tout argument est le bienvenu, Monsieur Cohen.

« François Asselineau explique donc à longueur de conférences que les pères de la construction européenne ont été financés par la CIA [ton dubitatif] »

Vu le mode pour le moins brouillon de votre édito, on ne sait trop, Monsieur Cohen, où se situe exactement votre réfutation. Aurait-il tort de le faire ? Dans l’affirmative, que n’incriminez-vous pareillement cet article du Telegraph du 19 septembre 2000 (12) qu’Asselineau se plaît à citer plus souvent qu’à son tour, lequel faisait état d’archives secrètes rendues publiques alors, qui confirmeraient que Robert Schuman, notamment, a été financé par la CIA du très conservateur Dulles durant les années cinquante, et que ces financements occultes se seraient poursuivis durant la décennie suivante ? Ceci, d’ailleurs, eu égard aux finalités du plan Marshall, ne devrait, en réalité, surprendre personne. Cet article, de même que Circus Politicus (13), le livre publié en 2012 par  Deloire (devenu entre-temps directeur de Reporters sans frontières) et Dubois, qui développe les mêmes thèses, aurait-il pu échapper à votre œil de lynx ? Ou avez-vous, contrevenant au troisième devoir du journaliste, selon la Charte de Munich (14), choisi d’en faire abstraction ? Si oui, peut-être aviez-vous une bonne raison pour ce faire. Peut-être vos investigations vous ont-elles amené à conclure que l’article du Telegraph n’a pas relaté fidèlement le contenu des archives dont question, ou avez-vous obtenu de nouveaux documents qui contredisent ces dernières. Auriez-vous l’amabilité de nous dire ce qu’il est, Monsieur Cohen ?

« Si nous avons procédé à l’élargissement des pays de l’est, c’est parce que les Etats-Unis l’ont exigé. »

L’extrait qui suit est issu d’un livre d’entretiens entre Denis Jeambar, ancien journaliste, et Claude Allègre, ancien ministre PS (15) :

Denis Jeambar : « Je pense comme vous que nous avons été bernés et trop conciliants. Les autres nous disaient que nous étions les penseurs de l’Europe, et nous l’avons cru trop facilement. Vieille vanité française ! Mais, aujourd’hui, que faut-il faire ? Exclure l’Angleterre de l’Europe ? »

Claude Allègre : « Il faut être prêt à le faire. Ce ne doit pas être en tout cas un tabou. Je crois que nous ne ferons pas avancer la construction politique de l’Europe sans avoir rendu cette hypothèse crédible. Et d’abord aux yeux des Anglais eux-mêmes. Je dirais presque dans l’intérêt du peuple anglais lui-même. J’attends avec impatience et curiosité l’arrivée des travaillistes anglais au pouvoir. J’espère qu’ils vont modifier cette image de l’Angleterre porte-drapeau de l’ultralibéralisme ! »

D.J. : « Pour en revenir aux limites de l’Europe, approuvez-vous l’élargissement à l’Autriche, à la Suède, à la Finlande ? »

C.A. : « Mais c’est la même stratégie ! Sous la pression des Anglais conservateurs, on élargit l’espace commercial pour ne pas approfondir l’Europe politique, on dilue. Qui nous fera croire que nous pourrons organiser une Europe politique à trente, alors qu’on n’a pas su le faire à dix ? […] Je suis, bien entendu, favorable à l’adhésion de ces pays, mais pas dans la hâte qui a présidé à leur entrée dans l’Union. »

D.J. : « Le processus ne va pas s’arrêter. On parle déjà de Malte, de la Turquie, de la Pologne, de la Hongrie, de la République tchèque, de la Slovénie, en attendant la Bulgarie, la Roumanie, l’Albanie, et puis ensuite peut-être la Russie, l’Ukraine, etc. »

C.A. : « Pourquoi vous arrêter ? Après la Turquie, pourquoi pas la Syrie ou la Géorgie, Israël, l’Irak, l’Iran, l’Egypte, le Maghreb ! De proche en proche, et pour chacun, nous pouvons développer des arguments ‘convaincants’.

Alors, je pose la question : l’Europe est-elle destinée à devenir le cobaye de la mondialisation, cet espace sans loi, sans contrôle, si ce n’est celui qu’exerce le marché (donc les marchands) ? L’Europe va-t-elle devenir le symbole de la disparition des nations, du politique, et le royaume du n’importe quoi ? Bref, va-t-elle incarner le contraire de ce que nous sommes, nous qui, tout de même, avons inventé la cité, la république, la démocratie ? »

D.J. : « Je vous le demande ! »

C.A. : « Si nous ne faisons rien, la logique de la mondialisation par la dissolution politique est en marche. […] Pas d’élargissement sans approfondissement de l’Europe politique […]. »

Cette maxime, Monsieur Cohen, était sur toutes les lèvres lorsque ce livre a paru. Et, où Allègre voyait la funeste influence mercantiliste de Londres, qui cherchait à contrecarrer tout approfondissement politique, maints autres, les plus chauds partisans d’une Europe fédérale, en Belgique notamment, se désolaient du piège que leur tendait Washington en accélérant sans cesse les adhésions de pays de l’est à l’OTAN. Un haut gradé français aurait résumé ainsi la situation en 2003 : « c’est l’OTAN qui donne le rythme, et l’UE court derrière » (16). Ici aussi, il s’agissait, à l’époque déjà, d’un secret de polichinelle vérifié par les faits : l’adhésion de ces pays à l’Union européenne a été hâtée elle aussi au motif que les laisser baigner trop longtemps dans le bain militariste états-unien rendrait d’autant plus ardue leur assimilation à cette dernière, et les rendrait d’autant plus susceptibles de privilégier Washington, aux dépens de Bruxelles. Etes-vous en mesure, Monsieur Cohen, de prendre conscience de l’effet dévastateur sur le débat public du rétrécissement illimité de la parole autorisée ? Pouvez-vous imaginer ce à quoi sont susceptibles de mener les embargos les plus folkloriques sur la confrontation par la dispute si même les vérités les plus banales d’il y a vingt ans sont dorénavant mises sous scellés ?

« Pareil pour les médias : si Asselineau veut nationaliser TF1, c’est parce que :

« il n’est pas normal que les propriétaires de TF1 soient pour une large part des fonds de pension américains. » »

Parmi les principaux actionnaires de TF1, mentionnés sur la capture d’écran ci-dessus, quatre sont des hedge funds à capitaux majoritairement états-uniens, ou en tout cas anglo-saxons (Newton, Lazard, Federated Global, Dimensional). Ainsi, Newton Investment Management Ltd., par exemple, est une filiale de Bank of New York Mellon Corporation (BNY Mellon). Ensemble, ces quatre fonds détiennent 11,61 % des parts de la chaîne. A cela, il convient d’ajouter l’influence que sont susceptibles d’exercer sur le groupe Bouygues lui-même ses principaux actionnaires états-uniens (17), à savoir First Eagle Investment Management LLC (5,42 %), Vanguard Group (1,19 %), qui détient par ailleurs plus de 10 % de Lazard (18), et BlackRock Fund Advisors (0,90 %). DNCA Finance, détenu à 70 % par Natixis, possède avec cette dernière en nom propre près de 10 % des actions de TF1. Or, Natixis est détenu à 71 % par la Banque populaire Caisse d’Epargne (BPCE), et n’est donc pas concernée par l’affirmation d’Asselineau.

Conclusion : les fonds de pension pointés du doigt par ce dernier détiennent en effet une part non négligeable de la première chaîne de télévision de France. La question de la « normalité » d’une telle configuration est d’ordre politique, et ne peut être balayée d’un revers de main. Certes, la nature financière de notre chère civilisation, c’est-à-dire la victoire temporaire de la mentalité commerciale anglo-saxonne, indépendamment du nombre de parts que tel ou tel fonds rapace détient dans telle ou telle entreprise, rend peu probable l’hypothèse selon laquelle la direction de TF1 effectuerait des choix de programmation radicalement différents si lesdits fonds étaient absents de son actionnariat. La question de l’inféodation économique des médias (d’information) et de leur concentration est bien plus générale (19), et que vous ne vous y intéressiez pas, Monsieur Cohen, ne devrait pas empêcher un candidat qui prône l’application du programme du Conseil national de la Résistance, en ce compris sa ferme résolution d’abolir toutes les féodalités économiques, d’y prêter  quelqu’attention.

Et quid du Dalai Lama ?

« Le Dalai Lama est un agent américain. »

[ton à la fois incrédule et approbateur] Ah, oui.

Contestez-vous cette information, Monsieur Cohen ? Ou vous cantonniez-vous une fois de plus à la satire de ce que vous percevez comme une obsession chez celui dont vous dressez, par montage audio à charge, l’idée que vous vous faites d’un portrait de candidat à la présidentielle ? Si vous la contestez bel et bien, peut-être trouverez-vous dans l’article que Libération a consacré au sujet en 1998 (20), ou dans celui, de peu postérieur, du New York Times (21), matière à pénitence, à moins que vous n’y voyiez une nouvelle illustration de la légendaire action philanthropique de la CIA. Quoi qu’il en soit, votre esprit critique à l’affût de toute forme de bigoterie, et votre haute estime de la laïcité, soient louées…

Et n’allez pas chauffer Asselineau sur le Front national…

« [ton agressif et accusateur] Qui a financé le Front national entre ’85 et ’92 ? C’est Monsieur Pierre Ceyrac, qui était membre de CAUSA International, le bras financier de la secte Moon ! CAUSA International, c’est la CIA et c’est la famille Bush qui est derrière. »

[ton dépité] Et voilà…

Le nom de Robert Parry vous est-il familier, Monsieur Cohen ? Théoriquement, c’est l’un de vos confrères. Lauréat du Prix George-Polk en 1984 ainsi que de la médaille I.F. Stone pour l’Indépendance journalistique en 2015, ce journaliste d’investigation restera à jamais associé au scandale Iran/Contras, qui révéla entre autres choses un trafic de cocaïne orchestré par la CIA pour financer la sanguinaire milice de la Réaction au Nicaragua, ainsi que le contournement illégal, par cette même CIA, de l’embargo US criminel qui frappait l’Iran.

Vous trouverez dans l’impressionnante série d’articles (22) que Parry a consacrés à la secte Moon (dont certains portent des titres aussi évocateurs que « The Moon-Bush Cash Conduit » ou encore « Moon/Bush Ongoing Crime Enterprise ») toutes les informations qui vous permettront non seulement de valider l’assertion d’Asselineau, mais aussi d’établir une ligne du temps des relations troubles entre ce gourou-là et le personnel politique conservateur des Etats-Unis, depuis Nixon, dont Bush était, rappelons-le, le bras droit au sein du Comité national républicain (RNC). Cet entrelacs de relations au plus haut niveau de l’appareil d’Etat états-unien, le militantisme anti-communiste prosélytique de la secte, et le fait que l’agence de renseignement sud-coréenne a été fondée par l’un de ses anciens membres, s’ajoutent à la nomination de Bush Senior à la tête de la CIA, en 1976, et à la publication de rapports établis par cette dernière à propos des activités de la secte (dont Parry cite des extraits dans ses articles) pour écarter toute lointaine – et, à vrai dire, surréaliste – éventualité que ladite agence de renseignement n’aurait pas été mêlée de près, d’une manière ou d’une autre, aux activités de Moon.

Quant aux liens que Ceyrac, cité par Asselineau, entretenait avec cette dernière, ils ont été corroborés par quantité de sources conventionnelles à l’occasion de la récente entrevue avortée entre Trump et Le Pen, à New York, à laquelle le premier nommé était supposé prendre part (23). A ce jour, en revanche, les liens qu’Eric Trump, l’un des héritiers du célèbre animateur de téléréalité, désormais cogestionnaire en théorie du pseudo-empire financier homonyme, entretenait jusqu’il y a peu avec le cadet de la lignée Moon semblent, eux, être passés plus inaperçus (24)…

On notera, en tout état de cause, que même disculper Asselineau d’éventuelles accointances avec le FN semble chez certains se faire dans la douleur…

***

Monsieur Cohen, vous n’êtes pas simple pigiste. Le seriez-vous, nous vous pardonnerions ces innombrables écarts après avoir pris connaissance par le menu des conditions de forçat qui vous seraient imposées dans ce cas (25). Vous êtes l’une des figures de proue du navire France Inter. De deux choses l’une : soit vous êtes vous-même endoctriné, et les limites intellectuelles que vous vous assignez sont désespérément proches du bout de votre organe olfactif, soit votre cynisme est sans limite. Dans les deux cas, force vous sera de reconnaître que le contraste entre ce que les devoirs les plus élémentaires qui accompagnent votre métier, à l’étrave desquels le respect de la vérité, en raison du droit que le public a de la connaître (article 1 de la Charte munichoise), eussent dû vous imposer, et la tribune personnelle, revancharde et a priori vindicative, en laquelle s’est mué, à l’exclusion de tout autre paramètre, votre mémorable édito tout de flou artistique, est proprement consternant !

Ce dernier a ceci de remarquablement novateur, de résolument inédit, en effet, qu’il transcende allègrement post-réalité, prétendue objectivité, et fact-checking, automatisé ou non, toute catégories déjà désuètes, en égarant le propos, qui n’est vraiment ni relation, ni commentaire, ni critique, dans un marais d’idéologie politique toujours aussi inassumé, mais dont les codes, cette fois, relèvent de domaines jusqu’ici inexplorés dans le cadre de votre profession : la psychologie pure, le langage corporel et les sons primitifs. Le mensonge éhonté, l’information dirigée présentée comme objective, étaient une négation de la vérité, qu’elle soit factuelle ou plurielle. Ce nouveau champ des possibles est, tout en étant la négation de cette négation, distinct du primo-nié : c’est l’Abraxas du journalisme. Il n’y a pas d’au-dessus !

La veille de votre performance, le Syndicat national des journalistes français, celui-là même dont l’ancêtre avait arrêté les principes établis à Munich, adoptés conjointement par ses équivalents de plusieurs pays européens, parmi lesquels le mien, publiait « dix propositions pour sauver l’information » (26). La création d’une instance nationale de déontologie y apparaît en toute première place. Plus révolutionnaire serait sans doute « le conditionnement des aides publiques au respect des règles d’éthique, d’indépendance, et [des] lois sociales communes à la profession », qui y figure également. Il inciterait sans aucun doute des hommes et des femmes privilégié(e)s que devrait rassembler l’exercice d’un métier passionnant et cardinal, mais qui tendent, ni plus ni moins que tout congénère qui serait placé dans leur situation mais au moins autant, à abuser d’un pouvoir énorme qui leur est confié presque sans garde-fous, à y réfléchir à deux fois avant de faire de leur boutique une éditautocratie

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(1) https://www.franceinter.fr/emissions/le-7h43/le-7h43-13-mars-2017

(2) Son CV est disponible ici : http://www.francoisasselineau.fr/p/biographie.html

(3) Lire, par exemple : https://www.upr.fr/actualite/election-presidentielle-2017/lettre-adressee-bureau-national-de-lupr-conseil-superieur-de-laudiovisuel-csa-19-septembre-2016

(4) https://www.franceinter.fr/emissions/le-7h43/le-7h43-16-mars-2017

(5) http://www.europe1.fr/emissions/ledito-politique-dyves-threard/qui-est-ce-monsieur-asselineau-2998061

Curieusement, cet édito-là a été publié le 8 mars sur le site de l’UPR.

(6) Rappel : http://www.liberation.fr/medias/2013/03/17/la-liste-de-patrick-cohen_889214

(7) Jean-Luc Mélenchon, Matinale de France Inter, 26 mars 2013 : http://www.ozap.com/photos-images/video-patrick-cohen-et-jean-luc-melenchon-4449978.html

(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Nouveaux_Chiens_de_garde_(film)

(9) Illustration : http://www.acrimed.org/IMG/png/Capture_d_ecran_2015-06-30_a_16-12-35.png

(10) https://graphism.fr/la-charte-de-munich-en-affiche/

(11) M. Crozier, S. Huntington, J. Watanuki, The Crisis Of Democracy (Report on the Governability of Democracies to the Trilateral Commission), New York University Press, 1975, p. 114 : https://archive.org/stream/TheCrisisOfDemocracy-TrilateralCommission-1975/crisis_of_democracy_djvu.txt

(12) http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/1356047/Euro-federalists-financed-by-US-spy-chiefs.html

(13) http://www.atlantico.fr/decryptage/schuman-monnet-fondateurs-europe-cia-circus-politicus-christophe-deloire-christophe-dubois-283741.html

(14)  « Les devoirs essentiels du journaliste dans la recherche et le commentaire des événements sont […] [de] ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents […]. »

(15) Claude Allègre et Denis Jeambar, Questions de France, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1996 :

https://books.google.be/books?id=tSVj_Re63LQC&pg=PT26&lpg=PT26&dq=pas+d%27%C3%A9largissement+sans+approfondissement&source=bl&ots=YpwccM_LFQ&sig=iAJLXe7ZFOK7LwvrvtT47nA2pC8&hl=fr&sa=X&sqi=2&ved=0ahUKEwiV6dzH19zSAhVjIsAKHQXQCOYQ6AEIVTAJ#v=onepage&q=pas%20d%27%C3%A9largissement%20sans%20approfondissement&f=false

(16) Cité in : http://www.diploweb.com/UE-OTAN-quels-rapports.html

(17) https://www.zonebourse.com/BOUYGUES-4620/societe/

(18) http://www.nasdaq.com/symbol/laz/institutional-holdings

(19) http://www.acrimed.org/Medias-francais-qui-possede-quoi

(20) http://www.liberation.fr/planete/1998/09/16/le-dalai-lama-a-ete-finance-par-la-cia_245939

(21) http://www.nytimes.com/1998/10/02/world/world-news-briefs-dalai-lama-group-says-it-got-money-from-cia.html

(22) https://www.consortiumnews.com/archive/moon.html

(23) Exemple : http://oeilsurlefront.liberation.fr/actualites/2017/01/12/a-new-york-l-etonnant-compagnon-de-voyage-de-marine-le-pen_1541080

(24) https://www.dailykos.com/story/2016/8/31/1565523/-Trump-Guns-and-the-Moonies

(25) Lire :  http://www.acrimed.org/Pigistes-Nous-ne-voulons-plus-etre-les-forcats-de

(26) http://www.snj.fr/article/dix-propositions-pour-sauver-linformation-1875390313

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Transcription complète de l’édito de P. Cohen :

« Peut-être aurait-il fallu l’entendre… Je parle de François Asselineau, candidat inattendu de cette présidentielle. Sans doute aurions-nous dû lui donner la parole, ne serait-ce que pour éclairer non pas le débat [adopte un ton dédaigneux] – enfin vous verrez – mais les petits maires qui [l’ont parrainé] et lui ont permis de se présenter. François Asselineau, donc, a un objectif – la sortie de la France de l’Union européenne – et une obsession : ce qu’il appelle la mainmise des Etats-Unis sur les affaires du monde [magnéto, Serge !] :

« Ceux qui se moquent de la grandeur de la France de façon consciente ou inconsciente, ils agissent en fait pour donner tout pouvoir à l’empire euro-atlantiste dirigé depuis Washington pour dominer l’univers. »

François Asselineau explique donc à longueur de conférences que les pères de la construction européenne ont été financés par la CIA [ton dubitatif], que l’euro est une invention américaine, comme Daesh et al-Qaïda, et encore [magnéto, Serge !]

« Si nous avons procédé à l’élargissement des pays de l’est, c’est parce que les Etats-Unis l’ont exigé. »

Et pourquoi pensez-vous que la France a redécoupé ses régions ?

« L’objectif [est d’] avoir la même granulométrie que les Etats-Unis d’Amérique : les régions doivent avoir la taille d’un état des Etats-Unis, puis il faut que les communes aient la taille des counties américains. »

Pareil pour les médias : si Asselineau veut nationaliser TF1, c’est parce que :

« il n’est pas normal que les propriétaires de TF1 soient pour une large part des fonds de pension américains. »

Et quid du Dalai Lama ?

« Le Dalai Lama est un agent américain. »

[ton à la fois incrédule et approbateur] Ah, oui. Et Nicolas Dupont-Aignant, avec qui il a fait un bout de chemin jadis ?

« Monsieur Dupont-Aignant n’a jamais décrypté ce [qu’est] la construction européenne. Il n’a jamais dit qui se cache derrière, le rôle des Etats-Unis d’Amérique, jamais. Pas un mot. »

C’est louche. Et n’allez pas chauffer Asselineau sur le Front national…

« [ton agressif et accusateur] Qui a financé le Front national entre ’85 et ’92 ? C’est Monsieur Pierre Ceyrac, qui était membre de CAUSA International, le bras financier de la secte Moon ! CAUSA International, c’est la CIA et c’est la famille Bush qui est derrière. »

[ton dépité] Et voilà… Extraits des nombreuses vidéos et conférences par François Asselineau [ton enjoué], le candidat qu’il vous faut…

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Ajout du 23 mars 2017 : l’article suivant, paru le 21 mars, réfute point par point les sous-entendus véhiculés dans l’édito de Cohen, et il le fait en se basant sur des sources différentes. Il me paraît donc intéressant de le mentionner : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/francois-asselineau-patrick-cohen-190873

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Why so shy, honey ?

March 5, 2017 : https://www.baseball-news-blog.com/soros-fund-management-llc-purchases-shares-of-31000-aetna-inc-aet/

https://www.nerdwallet.com/blog/health/largest-health-insurance-companies/

https://www.forbes.com/sites/brucejapsen/2017/03/21/health-insurance-lobby-backs-trumpcare-revisions/#1b5b1135112d

https://www.holdingschannel.com/all/stocks-held-by-soros-fund-management-llc/

So many ‘reforms’, so many sluts…

https://theintercept.com/2017/03/09/paul-ryan-fundraised-with-health-insurance-lobbying-firm-just-before-his-powerpoint/

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Qu’est-ce t’as fumé, Vince ?

http://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/propos-sur-les-chambres-a-gaz-de-vincent-peillon-la-polemique-en-trois-actes_2090851.html

Vince… meeeeek ! Qu’est-ce qui t’a pris ? Aucun sens de la mesure !

Comme le disait récemment Ben Mankiewicz en parlant de Juan Thompson : “in [our country], there are people suffering worse than Jews, no question, but, man, do we get pulled in to every racist crap out in the world ! […] Hate the people you hate !

Pourquoi inviter ‘Les-Juifs’ dans cette tragicomédie ? Tu peux me le dire ? Pour les instrumentaliser dans l’objectif de rendre la critique de la nature UMPS de la façade du morveux taboue, c’est ça ? Pour accorder un blanc-seing de fait à toutes les vieilles traînées affairistes et opportunistes qui se sont ralliées à sa Vision ? Pour inciter le CRIJF à se mêler à la danse ? Pour transformer d’un coup la figure du révolutionnaire rebelle qui avait du plomb dans l’aile en Corpus Barabbasi ? C’ eût été ça l’intention, tu t’y serais pas pris autrement ! Or, il y en a, des choses à dire…

A commencer par le fait qu’en la matière, Macaulay est le digne héritier de Caliméro : on peut pas soutenir le bilan de l’autre, et pourfendre ‘le projet’ de l’un, t’en es bien conscient, de ça… quand même !

Pour un pothead, t’es un pothead haschement retors, mek ! Ça m’en rappelle quelques autres… C’est d’ailleurs à se demander si toi aussi, tu serais pas un faux ami ! Parce qu’UMPS ou pas, y a longtemps que la blondasse a entériné le Zyklon… et enterré le cyclope.

Ton discours incite à la haine, Vince. Et c’est indigne. Les dinosaures, par exemple, eux aussi, ils ont existé. Et c’est quand ils ont commencé à se foutre du changement climatique, en se posant, un peu comme Trump, en chantres du diesel notamment – c’est que ça chiait, ces bêtes-là, et pas un peu, et je te dis pas les gaz que ça rejetait dans l’atmosphère ! –, que Jurassic Parc a périclité, et tous les Bendit, les Caresche, les Le Drian et les Minc d’alors, déjà rassemblés en leur temps, sans doute, au sein de quelque Union macroniste prétendument salvatrice, par la même occasion.

http://www.lepoint.fr/automobile/strategie/macron-et-son-vibrant-plaidoyer-en-faveur-du-diesel-05-08-2016-2059172_659.php

C’est dur, Vince, je sais, mais tu trouveras bien un roman policier à clés à écrire sur le sujet, j’en doute pas. Allez, ciao pantin !

http://www.dhnet.be/actu/monde/la-caricature-de-macron-realisee-par-les-republicains-qui-fait-tres-mal-aux-yeux-58c3fae3cd70a15c9a137a55

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