Archives mensuelles : juillet 2017

Me and the Hebrews…

As the ACLU pointed out earlier this week, a new bill with both Democratic and Republican co-sponsors would make it illegal to advocate boycotting goods originating from the illegally occupied counties of Palestine. It’s like a double negative : Israel carries no responsibility for nothing…

At the basis of the initiative : AIPAC and its purported superior motives. At the center of the storm : the BDS movement and its alleged anti-Semitic bias, whatever that adjective means. Free-speech Felons would expose themselves to bankruptcy, or even incarceration for a period not exceeding twenty years. Twenty years for using three letters, that’s something like 6.66 years per letter : all in all, a reasonable offering according to US standards, a balanced holocaust if you prefer…

Of course, at a time when even the Koch Bros. somehow collude with their own enemy in stating US prisons harbor far too many people who oughtn’t be there, this is perhaps not the best signal for their emancipatory vision. But let’s keep one thing in mind : it is as close to a just cause as it will get for corporate Democrats in the three-and-a-half coming years !

However, by, among the many other things I amply criticize, explicitly condemning the Israeli government for the fascist tendencies one of its former hawkish PMs recently claimed were more than ever at work within some Israeli elite circles, I fully support MLC (Minority Leader Chuck) when he saysIsrael and, by extension, the Jewish people [shouldn’t be held] to a different standard” than any other oppressive regime. Indeed, censorship is censorship, fascism fascism, whether nazi-, Saudi- or Israeli-inspired. Actually, ‘fully’ may be a slight overstatement : since when have the Jewish people become “an extension” of Israel ?…

Whether spontaneously or inspired by the circumcision lobby within his board of directors, France’s new CEO indicated a week ago he might be on the same line : standing side by side with a vulgar butcher he had invited to commemorate another butchery with him, did he not declare antizionism equals anti-Semitism (whatever that colonized noun may mean) ? Within the fringe electorate who sincerely made his ascension to CEOness possible (that is to say those who voted for him and not against his rival), some confused youngsters of Arabic descent must now be shivering while awaiting his next statement, namely BDS = antizionism…

Luckily, should such a bill as the one supported by the 200+ congressmen AIPAC has been corrupting or blackmailing by extension ever get adopted, there would still be Orwellian irony. Let’s use it wisely before the guardians of Sacred Illegality ban that too !…

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Degueldre : « mais enfin, que me reproche-t-on ? Dans la secte, ces pratiques sont communes. Sinon, comment recruterions-nous de nouveaux adhérents ? »

http://www.lacapitale.be/1884087/article/2017-07-12/samusocial-michel-degueldre-a-demande-a-ses-equipes-d-enqueter-sur-des-journalis

Lire aussi : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/10/30/p-peraita-un-exemple-de-pourriture

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http://www.levif.be/actualite/belgique/pascale-peraita-championne-des-cumulardes-et-des-polemiques/article-normal-684271.html

https://www.cumuleo.be/mandataire/14867-pascale-peraita-san-sebastian.php#mandats-2014

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De l’Etat de droit hypothétique aux droits omnipotents de l’Etat…

« Les terroristes agissent de plus en plus vite. Ils changent constamment de GSM et de canaux de communication. Les services de renseignement peuvent eux aussi agir plus rapidement. « Par exemple pour faire intrusion dans une voiture, dans une maison, pour faire un téléphone tape, si c’est vraiment urgent, on peut suffire avec le consentement oral de la commission BIM », a détaillé Koens Geens, ministre de la Justice. »

http://www.rtl.be/info/belgique/societe/voici-les-nouvelles-mesures-prises-par-la-belgique-pour-lutter-contre-le-terrorisme-934945.aspx

Tueurs du Brabant et CCC ? Pipi de chat à côté de la menace actuelle, fieu ! Comme Zeus, on a besoin d’être partout et nulle part. Ni vu ni connu. T’as qu’à faire comme si on n’était pas là !

Tu voudrais pouvoir tracer nos décisions ? Sukkeleir, on n’est pas du bétail, hein dis ! Le bétail, c’est vous ! Nous, on est l’élite. Notre intégrité n’est plus à démontrer. Chhh… odiev ! Pardon, j’ai éternué… Nous, on sait se tenir. On ne doit pas nous surveiller. On doit nous faire confiance…

Et ils se ménagèrent la possibilité de s’immiscer dans la vie de chacun, pour un oui, pour un non, sans avoir de comptes à rendre à quiconque.

Et il firent de scandale vertu en légalisant tout ce qui, quelques années auparavant encore, leur était illégal : l’illégalité n’avait plus désormais qu’un camp !

Car, en bons bourgeois inconditionnels du contrôle social, ils ne répondaient qu’à cette sainte trinité : asservir, surveiller, et punir…

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Tout ou rien, vraiment ?…

Je sais que le terme est galvaudé de nos jours, mais il ne l’est pas ici : si tant est que l’uniformisation sous la contrainte soit la principale manifestation de cette réalité, il suffit, pour prendre la pleine mesure du subtexte fascisant de nos sociétés contemporaines, de considérer l’incessante régression du périmètre de leurs franges depuis une vingtaine d’années.

Radios pirates, publications alternatives, théâtre et cinéma indépendants : tout ou presque a été nivelé façon bulldozer. Tous les lieux susceptibles de coaliser une dissidence, si symbolique soit-elle, tous les espaces créatifs communs où bouillonnait un underground souvent riche et stimulant, tous les quartiers d’artistes réfractaires aux deux versants du système (c’est-à-dire à la fois au mécénat oligarchique intéressé et au subventionnement politique partidaire), tous ou presque ont fait les frais du grand lissage bourgeois qu’à Amsterdam, où les grands squats emblématiques de la Spuistraat et d’ailleurs disparaissent les uns après les autres à la vitesse grand v, et les coffee shops des Wallen, le quartier le plus emblématique de la vieille ville, ont été sommés (avec plus ou moins d’insistance selon les cas, il est vrai) de déguerpir, l’on nomme depuis quelque temps la « vertrutteling », un mot difficile à traduire qui évoque, sans exclusivité de genre (Songez à Enthoven, par exemple), une gentrification de petite pétasse.

Personne n’ignore en outre le sort que les bétonneurs (ceux de la pensée et de l’expression artistique y compris) ont réservé à Montmartre et à la rive gauche de Paris. A Bruxelles, le Caprice des Dieux (l’autre nom du Parlement européen bis), dernière folie pharaonique en date à avoir rendu honneur au concept de « bruxellisation » (qui exprime une grossière incohérence architecturale d’ensemble), a rasé l’îlot d’artistes de ce qui s’appelait autrefois le quartier Léopold. Et plus que probablement les nombreux salons un peu crades improvisés dans la partie orientale de Berlin peu après la chute du mur, où chacun était le bienvenu, et où parfois un piano se tenait à la disposition des mélomanes qui souhaitaient égayer les paisibles conversations qui se tenaient sur les canapés ou à même le sol entre jeunes au regard clair qui se passaient, par-delà les classes sociales, le joint de l’amitié, ont-il pareillement dû céder leur place à de gris bureaux, si ce n’est à d’indispensables magasins de luxe. En ne tolérant plus que la culture autorisée, celle, anémiée, de la consommation binaire (tu vends, j’achète) au détriment de la libre expression, ce sont ainsi des villes entières qui à l’unisson se sont fossilisées.

Qu’on ne vienne pas me dire que c’est sous la pression de l’individualisme, car ces lieux en étaient au contraire l’expression par excellence. Ou, dans ce cas, qu’on m’explique pourquoi le mot, qui devrait correspondre à une diversité extrême, en est venu à être communément associé à l’uniformité.

L’individu, en tant que dépositaire de droits universels qui transcendent les factions, en tant que pièces d’un puzzle sans lesquelles le puzzle ne fait sens, en tant que source de créativité confluante, en tant qu’apport original et unique à l’ensemble, en tant qu’expression singulière, en tant que libre usager du langage, en tant que gage de diversité solidaire, en tant que souverain de son harmonie entre attachement et détachement, en tant que moitié de conjugalité possible mais non nécessaire, en tant que primat du plaisir, en tant qu’anathème contre toutes les figures imposées de toute bonne société, en tant que possibilité de retrait et de dissidence, en tant que grain de sable dans des rouages corrompus, en tant que titulaire de racines et d’une histoire propres, l’individu qui n’impose ni ne se laisse imposer, cet individu-là est honni, sa multiplicité ignorée, ses aspirations contrecarrées à chaque instant.

En effet, un processus qui rend à dessein un être humain démuni, le brusque intentionnellement, brouille tous ses repères, y compris les plus élémentaires (solidarité, justice, fraternité), et obscurcit tous ses horizons sauf celui – sa case en vérité, son orbite – dans lequel les maîtres d’œuvre dudit processus ont décidé pour lui qu’il devrait s’inscrire, ignorant de manière répétitive, jusqu’à la soumission finale escomptée, les objections franches et argumentées qu’il soulève, n’est pas un processus d’individuation. C’est tout le contraire : c’est un processus de conformation orwellien par lequel l’individu est supposé intérioriser un désir uniforme qui non seulement lui est étranger, mais peut aussi être antithétique à son désir propre, et qui vise à rendre son esprit statique dans une illusion de mouvement, de business au sens littéral. A ceux que les restrictions qu’impose ce cadre ne gênent, la liberté semble acquise, mais il suffit de tenter de le dépasser, le mettant à nu, pour se rendre compte du degré de liberté réel, de la latitude de mouvement véritable, dont la société bourgeoise, son subtexte en particulier, nous laisse disposer.

Il y a certes des initiatives qui semblent contrer cette tendance. Les nouvelles coopératives agricoles campagnardes, parallèles aux GASAP citadins, sont de celles-là. Mais la plupart ne dérogent pas au binarisme que j’évoquais, ou si peu.

De manière générale, le système marchand, le mainstream, l’esprit bourgeois (un oxymore), est si peu confiant en lui-même qu’il conçoit sa domination sans partage menacée par le maintien ou l’émergence de la moindre altérité. Ceci se vérifie tant au niveau interpersonnel qu’institutionnel : pour les négociateurs du TTIP, par exemple, les juridictions nationales – et même la juridiction européenne – constituent l’une de ces altérités auxquelles déroger, à défaut de pouvoir les court-circuiter.

Ce système est intrinsèquement répressif. En effet, il réprime toute velléité de différence, même marginale. Dans sa pyramidalité, il ne tolère aucune marge, et sa religion inquisitoriale (emploi, performance, profit), pas plus aux femmes qu’aux hommes ne concède le moindre répit philosophique, la moindre ataraxie, pourtant, plus que droit de l’homme, condition d’existence de l’esprit comme l’eau l’est du corps. L’ataraxie est une poésie à contre-emploi, et la poésie n’a plus la cote.

Soumettre les damnés de l’emploi à tous les caprices des petits sergents qui jouissent de les mener à la baguette, et à ceux des gros porcs d’états-majors qui en tirent les ficelles et passent leurs journées à ne rien foutre, ne rend service ni à l’individu, ni à la diversité plurielle; seule l’inquisition en est bénéficiaire. Car qui se bat pour sa survie ne peut se battre contre rien d’autre.

Or, c’est en parfaite connaissance de cause, n’ignorant rien de l’extrême misère dans laquelle  thatchérisme comme schröderisme (du nom d’une marque allemande de cigares socialistes) ont plongé par pelletées les insignifiants, ni de l’évolution rassérénante du taux de mortalité grec, que les nouveaux commis de l’Etat français – et combien d’autres dans leur sillage ?! – trépignent de commettre à leur tour une série d’attentats, tant il est vrai que le darwinisme social est une forme de terrorisme comme une autre, et que désormais only outspoken whores and the major heirs who’ve got their backs survive

Que le dire plaise ou non, il faut se rendre à l’évidence : de Poutine à Trump et de Temer à Macron, une volonté sectaire mondiale est à l’œuvre, relayée et amplifiée, à une exception conjoncturelle près, par les presses d’Etat respectives, qui, à travers des régressions simultanées et similaires sinon identiques (celles des Codes du travail brésilien et français, par exemples), ambitionne ouvertement de condamner à servitude sinon à mort (comme le Trumpcare) des millions et des millions d’individus. Et pourquoi ? Et pour qui ?!

Cette volonté est le fruit pourri d’un effroyable courant post-humaniste qui, s’il vise certes à mater les peuples dans leur ensemble, pitoyables yesmen temporairement épargnés cherchant les faveurs de l’infâmie d’un côté, survivants au jour le jour de l’autre, annihile simultanément l’individualité comme pierre angulaire de la reconnaissance en tant qu’être humain : c’est de statistiques, de logiques de masses inversées, de considérations générales, de rigidités nouvelles et étendues, de matière humaine génératrice de profits, qu’il est question, pas d’individus ! Ces derniers, s’ils ne font partie des donneurs d’ordres, ont autant à y perdre en tant que tels que les Intouchables (en devenir) dans leur ensemble. Opposer conceptuellement individualisme et solidarité selon une logique désuète serait donc futile : l’individualisme bien compris est coopératif et réfute toute (volonté de) soumission.

Pareillement, malgré les intentions affichées, ce n’est pas le sur-mesure créatif que sont destinées à encourager de telles régressions, mais la généralisation uniforme d’une exploitation accrue et vouée à continuer de s’accroître : lorsque tous les Codes du travail se vaudront, les post-humanistes ouvriront d’autres fronts.

Et puisqu’ataraxie, créativité, art et libre expression constituent leur talon d’Achille, les rivières qu’ils n’ont de cesse d’assécher ou de canaliser, elles sont aujourd’hui comme hier sources efficaces de subversion. Mais qui dit subversion dit affranchissement de toute logique de récupération partidaire : il nous faut des vecteurs nouveaux, de nouvelles collaborations, de nouveaux soutiens, de nouveaux espaces communs ouverts non soumis au lissage. Certains politiciens y seraient bien sûr les bienvenus, mais pas plus que quiconque partage cet objectif, car il nous faut excéder le cadre politicien étroit, plutôt que le laisser nous enfermer, lui imposer nos règles (ou leur absence), et non l’inverse.

Il nous faut, ne fût-ce qu’au nom de la diversité et du service ainsi rendu à l’Humain, des paroles, des allégories, des rêves qui, par leur originalité et leur transversalité, réincitent à penser, à être curieux, à aller au-delà des idées reçues, à bâtir de nouveaux ponts, à créer, et à redorer le blason de la langue (quelle qu’elle soit) et de son imaginaire, souillé quotidiennement par la misère sans fin du jargon politico-médiatique.

On n’a pas idée du nombre de voix rendues inaudibles, du nombre de voies que la société s’interdit d’explorer, dans un système marchand cadenassé comme le nôtre. Je serai de ceux qui inverseront cette tendance, ou je ne serai rien. Et rien n’est pas, dans mon vocabulaire, synonyme de forçat…

***

(ajout du 27 septembre 2017)

https://www.change.org/p/media-citoyen

L’initiative est plus que bienvenue et suscitera, je l’espère, une grande émulation.

Plusieurs interrogations subsistent toutefois :

 

1/ ‘Petere’, infinitif latin, se traduit par ‘demander’. En quoi une pétition est-elle pertinente en l’occurrence ? A qui est-il demandé et qu’est-ce qui est demandé ? Vu l’usage affirmé du futur simple dans le texte, ce n’est pas très clair…

2/ Pourquoi y a-t-il tant de politiciens (actifs) parmi ses signataires ? Est-il question qu’ils contribuent, eux ou leur parti, au financement de la chose ? Pourront-ils faire partie des sociétaires, voire du staff ? Dans l’affirmative, quelle sera l’indépendance réelle du média ? Et quel sera son positionnement vis-à-vis des intéressés et de leur politique s’ils accèdent au pouvoir ?

3/ Chaque homme ou femme qui se revendique de gauche, fût-il millionnaire ou chef d’entreprise, pourra-t-il contribuer financièrement à l’aventure et intégrer le club des sociétaires ou y aura-t-il des restrictions clairement énoncées ? Et dans ce cas, de quelle nature ?

4/ S’agira-t-il d’un média gramsciste : son ambition sera-t-elle de servir une idéologie stricte et formatée qui viserait une certaine hégémonie culturelle, ou de permettre l’expression de points de vue par trop absents de l’éventail médiatique actuel ? L’entrisme politique et académique sera-t-il, comme c’est le cas pour Médiapart, l’un de ses moyens d’action (privilégiés) ? Aura-t-il lui aussi son favori en période électorale (distinct de celui de Mediapart, bien entendu) ?

5/ Si l’idée – louable sur papier – est de fédérer l’ensemble des composantes de la gauche, des anarchistes aux communistes rigides, et des trotskystes aux sociaux-démocrates (nombreux parmi les signataires de prestige du nouveau média citoyen), quels mécanismes prévoir pour éviter que l’une de celles-ci ne prenne le dessus et ne finisse par éclipser les autres, comme la mouvance Rosanvallon l’a fait ailleurs ?

6/ Dans quelle mesure l’expression de divergences quant à l’agenda annoncé (en ce qui concerne la GPA par exemple) et la critique de certains positionnements ou de certaines postures politiques proches seront-elles tolérées ? Les déviants, s’ils ne sont pas censurés, seront-ils aussitôt accusés de sociale-traîtrise ?

7/ Avoir retenu, parmi les champs d’expression du futur média, la culture plutôt que l’art traduit un angle politique (que, pour ma part, je regrette), lequel est accentué par une focalisation sur la francophonie certes nécessaire à maints égards et justifiée eu égard à la promotion bombastique par le monde anglo-saxon de ses propres atouts culturels, mais pour autant excessive peut-être dans son exclusivité. Est-ce à dire, par exemples, que si un musicien anglophone est de passage à Paris pour une tournée, ou que si un artiste brésilien y expose, il sera interdit de les interviewer, quels que soient le sens de leur démarche, la nature de leur œuvre, l’influence qu’ils ont eue ou sont susceptibles d’avoir sur un public francophone, et les synergies transnationales qu’ils pourraient susciter ? L’art n’a pas de frontières, la culture si. Le premier, universel, s’adresse d’abord à l’esprit; la seconde est affaire de structures et de stratégies politiques locales…

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L’ontologie selon Jupitereke : trop complexe !

D’une certaine manière, il me fait penser à moi quand j’avais son âge, Mongolito Ier. A ce que j’aurais pu devenir. Je l’ai échappé belle…

A dix-sept ans, j’ai été élu président des élèves de mon collège. Pas un truc ne s’y passait sans que j’y fusse partie prenante. Partout dans l’école, des affiches à mon effigie ornaient les colonnes et les murs. Mon parti à moi, c’était le PIR, le Parti des Idées rénovatrices. Il n’y avait aucune porte dont je ne détenais la clé : j’étais le maître des sésames ! J’entrais dans la salle des profs quand bon me semblait. Certains d’entre eux, dans cet âpre microcosme, étaient ulcérés, d’autres à moitié terrorisés. Mais tous la jouaient profil bas. C’était dans leur intérêt.

Lorsque vint la campagne pour ma réélection, je me suis mis à haranguer les foules, et à apostropher certains de mes concurrents dans les couloirs à la manière des tribuns de jadis, pensais-je, le ton ferme et le buste droit. Des dizaines et des dizaines de jeunes électeurs s’agglutinaient alors autour de nous pour ne rien rater de ces jeux du cirque. A l’un de ces adversaires, il m’est même arrivé de dire : « vous n’êtes rien, Monsieur ! Rien comparé à mon Immensité sans cesse croissante » ! C’est du verbatim, putain de bordel ! Politiquement, je n’avais encore pris aucune gifle : j’étais la poule d’eau des hôtes de ces marais. Une foutue poule d’eau qui par amour propre s’imaginait cygne.

Il fallait que l’on parle de moi. Et pour cela, tous les prétextes étaient bons. Moi, moi, moi, moooaaaah ! C’est ce que je retrouve aujourd’hui en Mongolito, dont on pourra toujours suspecter le caractère calculé des écarts de langage, même si leur répétition tend plutôt à refléter une inclination lourde, pour ne pas dire un instinct (partagé) : n’oublions pas que ces monstres-là sont sortis du même moule qu’un Aquilino Morelle. Fard et mocassins cirés : la populace, connais pas ! La populace, on lui crache dessus ! Et il faut voir avec quel air suffisant on déambule parmi les importants. Elle suite de partout, la suffisance, à tel point que finissent par se former çà et là d’abjectes petites flaques.

Il y a deux différences majeures, toutefois : en ce qui me concerne, j’ai toujours mis un point d’honneur à écrire moi-même mes discours, à formuler moi-même mes interventions. Pour rien au monde, je n’aurais laissé ce plaisir à quelque winner prépubère…

Ceux de Mongolito sont le fruit d’une composition collective, et les corrections qu’elle implique excluent tout dérapage incontrôlé : il y a indéniablement une maîtrise dans l’art d’humilier !

Et voici la seconde différence : seule une mauviette s’en prend à ceux qui n’en peuvent mais, tantôt bougnoules, tantôt prolos, soumis tour à tour à la vindicte, à tous ces petits riens, en somme ! Ils sont innombrables, dans l’histoire, ceux dont le sang a coulé parce qu’ils n’étaient « rien » à l’estime de petits Jupiter d’arrière-boutique.

Or, ce sont bien les seuls, en définitive, auxquels s’en prend cette mauviette-là elle aussi, laquelle, de surcroît, s’est toujours cantonnée à la définition normée et formatée de la réussite, qui booste le bétail, celle qui rend si épanoui qu’elle fait de la morgue sa seconde nature : pauvre tache ! « Rien » ne souffre. « Rien » ne peut crever dans la rue au vu furtif de quelque chose, puisque c’est rien. Dès lors, pourquoi s’en préoccuper ? Allons, quel est votre mal, Sire ? Quelle est cette haine qui vous ronge et que vous n’osez dire ? Comment pouvons-nous vous aider ? Et comment traiter tout ce « rien » qui ne vote plus ? Comment faire travailler le « rien » ?

Mon mépris à moi, en revanche, c’est toujours au glam, aux mondanités, aux futilités, à la bourgeoise étroitesse d’esprit et à l’esprit de caste aristocratique, l’esprit de caste tout court d’ailleurs, que je l’ai réservé : comment sinon penser out of the box ?

Ainsi, il y a une vingtaine d’années, de retour d’une courte escapade en terre nantaise, qui fut sans conteste parmi les plus laborieuses auxquelles j’aie pris part, mes condisciples et moi nous vîmes proposer par le G.O. de circonstance une visite du château de Versailles. Était-ce parce que mon esprit, qui aurait rôdé dans les parages voilà quelques siècles et garderait le souvenir indélébile de la décadence d’alors, me l’interdisait ? Toujours est-il que j’ai préféré patienter dans la voiture : Versailles, je t’encule !

Lutte des classes ? Esprit républicain, dirais-je. Intellectuellement, la première n’est pas impérative pour reconnaître à chaque citoyen sa dignité, pour reconnaître chaque homme dans sa dignité : le CNR en est l’illustration. Le second, au contraire, fût-il dilué, y contribue fortement. Elle le devient néanmoins lorsque celui-ci s’estompe, et qu’une classe devenue secte ambitionne de se faire monopole. C’est que « le lierre » en a plus que marre, fils de pute ! Euh, pardon, Votre Majesté, je voulais dire : Mongolito. Non, merde, décidément : Jupiter !

 

« Il y a des arbres à côté de nous, il y a des rivières, il y a des poissons… Il y a des frères et des sœurs. »

Mongolito

« Oume bayan de akdafi yadakhôn be fousikhôchara. »

Sentence mongole

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