Archives mensuelles : décembre 2017

Réflexions d’avant la fin de l’année…

Même dans leurs dérèglements, ils sont réglés. Il est conscient. C’est une machine. Il est principiel. Ils sont tribalistes. Ils font civilisation. Ils sont inerties en mouvement. Il observe. Ils sont vivants. Par flux, ils émettent des sons. Sans jamais questionner le script. Ils font sens. Ils gravissent les échelons. Ils font société. Ils sont ambitieux. Ils encombrent de non-sens. Il se tait. C’est un autiste. Il parle société, au-delà et ante. On le renvoie à lui. Il est narcissique. Il est nu. Ils se cachent. C’est une poule mouillée. Il ne dévisage que ceux qui l’y autorisent. Il est épié de partout. C’est un pervers. Ils condamnent sans accuser. Il se croit innocent. Il est coupable. Ils contraignent au silence. Il enrage. C’est un sauvage. Ils assomment d’iniquité. Il ne rompt pas. C’est un raté. Leur perception n’est même plus infantile. Il est hypersensible. C’est un monstre. Ils imposent leurs projections. Il n’impose rien. C’est un dictateur !

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I fought the Law… and the Law died !

Satan vient de nous faire parvenir les premiers enregistrements audio de ses auditions de feu l’archevêque de Boston, èmgéère Law. Accrochez-vous, ça va remuer sous les soutanes.

Satan : salut, vieux porc, content d’être là ?

B.L. : euh, j’eusse espéré atterrir au purgatoire. Si je puis juste me permettre…

Satan : tu ne te permets juste rien du tout. Tu vas d’abord me nettoyer ce cul. Et après, tu verras tout ce que tu pourras te permettre. Bien à fond, le tube, hein, Law. Et n’hésite pas à rincer plusieurs fois, parce que parfois il y a des grumeaux qui s’accrochent…

B.L. : vos propos m’indignent, Monsieur. Ils entachent mon honneur. Je n’étais pas obligé de démissionner, que diable !

Satan : pas de Monsieur ici, steplaît. On est entre nous. Tu peux m’appeler Sacré Illuminé. Et ton honneur, c’est de la merde !

(pause)

B.L. : voilà, je crois que c’est propre.

Satan : donc,  t’as couvert une nonantaine de curés qui ont fait un millier de victimes au total, c’est ça ? Tu vois Muscle Eddie, là ? Chaque fois que tu mens, c’est un coup dans le cul, capice ?

B.L. : y en avait bien plus que ça. Au fil des ans, c’est devenu une industrie, une mafia.

Satan : vous vous êtes fait infiltrer par les forces du Mal, c’est ça ? [Satan jute.]

B.L. : Infiltrer ? C’est nous qui les avons créées, Sacré Illuminé. Tu devrais le savoir. Sans ton concours, nous ne serions rien. Et puis, sous JP, qui m’a fait cardinal, c’était open bar, tu le sais bien. Putain, tout ce qu’on a fait à cette époque pendant que l’autre se la jouait Brejnev après avoir été empoisonné ! Pédorgies, participation à des attentats, sacrifices de gosses, bacchanales de sang de vierges : les rituels ancestraux qui se perdent, à la longue, faut les remettre au goût du jour, sinon c’est tout un pan de l’humanité qui risque de finir aux oubliettes, tu comprends ? Puis, y avait le péril rouge…

Satan : le péril rouge, c’est moi, ducon ! Un peu de respect !

B.L. : en gros, on en avait marre de se branler à longueur de journée : c’était sale. Ça laissait des taches partout. Alors, comme MacGyver, on a pris ce qu’on avait sous la main. Le velouté d’un petit cul de huit ans, la surprise du gosse quand ça rentre, les hosties au sperme, tout ça… Faut pas croire, les défroqués n’ont fait que nous copier. Les initiateurs initiaux, c’étaient nous !

Satan : et le vieux con qui se la joue moderne avec son porte-parole de l’Opus, il a donc attendu que tu crèves pour que l’affaire s’étouffe d’elle-même…

B.L. : comme tous ses prédécesseurs ! L’homme n’a pas encore inventé les bulldozers qui pourront déplacer des monolithes vieux de deux mille ans. D’ailleurs, le Francisco, tu crois qu’il se branle pas, lui, peut-être ? Tu l’as pas vu frétiller comme un serpent à quatre pattes sur le sol à Pâques ? T’as pas vu ça comme un appel du pied, ô Illuminé souterrain ? Il fécondait la terre, tu vois. D’ailleurs, ça m’étonnerait pas qu’il y ait encore quelques snottebelles qui te pendent au cul. François, c’est creampie à tous les coups !

Satan : En fait, mon règne est advenu…

B.L. : ça a toujours été ton règne, malin ! Tu crois qu’une seule de ces vieilles peaux croit encore au père Noël ? Réveille-toi, merde ! Ils n’y croient que pour se convaincre qu’ils l’incarnent. Dans les prétoires notamment, réels ou en carton-pâte. On a tous besoin de se sentir supérieurs, et pour ce faire, une religion en vaut bien une autre. C’étaient des Ganymède, nos gosses. On les a bien ramonés, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Le père Noël et la cheminée, quoi… Toute religion est politique de la bite. Toute église est une bite, dont l’eau bénite est l’huile de couilles. Dans la vie, faut profiter de chaque instant pour pas regretter plus tard de s’être abstenu.

Satan : okay, pépère, ben écarte bien !

[Law out]

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Quelle est la différence entre Rome et Hollywood ?

A Rome, même après toutes ces années, y a jamais eu qu’un seul film à l’affiche…

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Bruitages…

Petites phrases de marteaux-piqueurs

Commérages de scies à métaux

Bourdon agaçant des souffleurs de feuilles mortes dès potron-minet

Glapissements de chiot(te)s m’as-tu-vu

Prêches criards de cloches d’églises

Borborygme monstrueux des mondanités additionnées

Martèlement accéléré des beats monotones tapageurs des nightclubbers zombies qui n’entendent plus battre leur cœur

Civilisation du bruit…

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Ton hégémonie, je la piétine, je la tasse, je la mouline et j’en fais du hachis !

Tu vois, mon gars, je te fais pas confiance. Je te connais trop pour ça, et je t’ai vu à l’œuvre, lorsque personne d’autre ne regardait ou n’était en mesure d’entendre. Ce n’est pas que je fasse davantage confiance aux autres : si je choisis de m’adresser à toi en particulier, c’est que de tous les programmes que vous autres névrosés proposez à la plèbe, c’est dans le tien, sur le papier, que je trouve le plus d’éléments auxquels je sois susceptible de me rallier.

Névrosés ? Oui, il faut l’être pour ainsi gâcher sa vie à caresser l’espoir de pouvoir enfin réguler celle des autres. Regardez-vous, bon sang : vous êtes pathétiques dans votre acharnement à consacrer toute votre énergie et tout votre langage à ce qui, somme toute, est sans doute le plus dérisoire dans la cénesthésie universelle. Et ce ne sont pas quelques vers ici ou là en fin de discours qui convaincront que vous n’êtes pas obsédés par l’accessoire. Que vous n’êtes pas des pervers narcissiques désespérément à la recherche de votre dose de reconnaissance, éternellement en marge du mystère et de la vérité de l’existence, dont seuls des psychotropes plus généreux et plus essentiels que la politique peuvent fournir la clé.

Quel que soit le programme que vous vous targuez de porter, votre drogue à vous glorifie l’indigence de l’esprit : ça pue le renfermé dans vos casernes ! Tout est politique, certes, il est important de s’en rendre compte. Précisément pour pouvoir chasser le politique – et surtout les politichiens – des endroits où ils n’ont pas à se trouver, en premier lieu de nos esprits et de nos expérimentations individuelles : quel est donc ce système social, cette prétendue démocratie, qui prétend réglementer, même en l’absence de nuisance à autrui, notre accès aux autres perceptions du monde, rabaisser nos vies à la vulgarité télévisuelle du déni de réalité parallèle, embastiller nos consciences ad vitam aeternam ?! Nos consciences, en ce qu’elle sont perceptions du monde, n’ont que faire du parti, du marché, de la démocratie, qui sont autant d’obstacles à leur élévation. Nos consciences n’ont pas à être des objets de délibération collective extérieurs à elles-mêmes. Qu’elles le soient en dit long sur les fondements, le fonctionnement et les finalités du système social qui vise ainsi, sous la férule de ses grands-prêtres, à les assujettir.

Pourquoi ne te fais-je pas confiance, ô Grand Timonier honteux ? Pour une série de raisons…

Pour commencer, ballot, je ne t’imagine pas baiser autrement que par saccades drues et crues. Paf ! Paf ! Paf ! Ça doit être violent, mécanique et plein de rancœur. Un peu SM aussi, peut-être. On ne perçoit, en effet, aucune tendresse, aucun romantisme joyeux, dans ce que tu affiches. Mais fi de la psychologisation ! Je pourrais, à mon tour, me voir qualifié de branleur. La sexualité des chômeurs poussés à bout, autrefois saine, bucolique et révolutionnaire, n’a pourtant pas la cote dans la lucarne. Au moins à cet égard, toutefois, suis-je désormais adapté à l’image à laquelle m’avaient assigné conformes comme tordus. Fi de la psychologisation donc, bien que nous sachions fort bien, toi et moi, qu’en politique, tous les moyens sont bons, non ?

Grief suivant : face à Mouffe, tu as déclaré qu’il fallait s’y faire : qu’espérer, de nos jours, comme naguère, un engagement corps et âme, sans faille, des masses à un projet politique était illusoire, et que chaque fois, ponctuellement, il faudrait donc convaincre des individus de se joindre à la lutte. Poncif parmi les poncifs que cette lutte, autre mot repoussoir qui masque mal qu’elle n’est elle-même que détermination et aliénation si ceux qui luttent sont voués, par perpétuel recommencement, à être toujours les mêmes, et que leur lutte pour leur survie les éloigne de la vie : lutter pour sa survie, tu sais pas trop ce que c’est, toi, si ? Préférons à cette maudite lutte de père en fils et ainsi de suite, dans une absurdité sans fin dont d’aucuns sauront toujours tirer parti, le sabotage (au sens à la fois historique et figuré) : c’est tellement plus libérateur, plus jouissif, c’est tellement plus poétique ! Lucide constat de départ néanmoins, aussitôt contredit par ce ballon d’essai relatif à la création possible de troupes de scouts insoumis, sorte de Mélenchonjugend qui ne serait sans doute que l’avant-garde du nouvel enrégimentement : restons entre nous, camarades; nous reconnaîtrons mieux les nôtres, et les préserverons ainsi des idéologies des enfants ennemis. Et du berceau à la tombe chacun grâce au (non-)Parti de nouveau saura que penser.

Un aparti sans leader désigné, encore moins élu : plus c’est « gazeux », plus « le meilleur d’entre nous » pourra dissiper le gaz le moment venu, n’est-ce pas ? Occupy Occupy, il fallait y penser… La brume, d’ailleurs, n’est pas si épaisse : un jour, le non-leader leader affirme qu’il n’est que le président de son groupe parlementaire, le lendemain ses lieutenants le présentent sur les plateaux comme le Primus de la F.I. (sine pares, en la circonstance). Ou comment cornaquer un mouvement sans en avoir l’air… Le problème, c’est que tout ça se voit !

Comme se voit, depuis l’épilogue des dernières législatives, cette piteuse stratégie de coup d’Etat permanent depuis les bancs de l’opposition : on allait renverser Macron à peine ce dernier avait-il été installé sur son promontoire. Le tout, c’était d’y croire ! Et de le faire croire aux gogos ignorants brinquebalés sans ménagement d’un bout à l’autre de l’échiquier de pacotille en témoignage du respect que tu leur portes. Pardi, un million de gogos défileraient sur les Champs-Elysées ! Pas un de moins ! Et ce alors même que la gloutonne avant-garde avait déjà perçu – ou l’aurait dû – que les carottes étaient cuites. On a beau chercher tous les motifs de disculpation du monde, ça renseigne sur le sérieux de la démarche, et la foi que les gogos pourront lui accorder à l’avenir. Et ça tend à confirmer que la raison est ailleurs que dans ce camp où règnent les passions les plus folles, celles sans lendemain : quel homme de soixante-six ans est-il si dénué de sagesse pour s’agiter ainsi constamment comme un enfant au seuil de la puberté ? Un tel homme peut-il inspirer confiance au plus grand nombre ?

C’est également le sérieux de la démarche qui est en cause dans la volonté d’hégémonie (culturelle) nouvelle dont tu te proclames le héraut. Car, enfin, t’a-t-il échappé que plus aucun mouvement ne fait date. Que face à nous se déploie comme jamais le rouleau compresseur de l’instantanéité permanente. A supposer même qu’elle soit pertinente, comment diable ton hégémonie pourrait-elle, dans le meilleur des cas, durer plus d’un mandat, deux à la rigueur, si ce paramètre cardinal est renvoyé au subconscient ? Hégémonie-mirage, soif de pouvoir avérée…

Et pertinente, l’est-elle à la base ? N’est-elle pas que trou noir qui se devra d’absorber au préalable toute discordance de gauche qui prendrait ses libertés avec la ligne de l’aparti ? La culture doit-elle être enchaînée à un objectif apartisan, l’Art dévoré par le rapport de forces, la multiplicité se fondre dans l’Un ? Tu me dis hégémonie. Pour le coup, je te réponds branlette puérile. Et le show qui va avec !

L’alcool est (littéralement) une pourriture. Je me souviens que, face à un mendiant praguois qui demandait l’aumône, l’un de mes profs communistes du secondaire, auquel j’ai déjà fait référence ici, m’avait dit que refuser de lui donner de l’argent sous prétexte qu’il l’utiliserait nécessairement pour se bourrer la gueule, et ne lui laisser le choix qu’entre lui acheter l’un ou l’autre produit plus sain au supermarché du coin et ne rien lui donner du tout serait attitude paternaliste de bourgeois. Paradoxalement, ce pourrait aussi trahir une rigidité communiste, le libre arbitre de l’individu concerné n’ayant pas voix au chapitre dans pareille alternative : entre rien et quelque chose, toute personne sensée choisira quelque chose, même si ce n’est pas ce à quoi elle aspirait. Or, si ce à quoi cet individu aspire, disais-tu encore dans ton dialogue avec Mouffe, n’est autre qu’une vie bourgeoise standard, et si les pauvres d’hier, une fois remis à niveau, se joignent à cette aspiration, pourquoi donc mériteraient-ils que l’on s’intéresse à eux ? Ainsi va l’hégémonie, cher JL, qui à la première occasion qui lui en serait donnée, irait à l’encontre non pas uniquement d’un individu, mais de la majorité de ceux-ci, fût-ce au sein d’une hypothétique Constituante…

Pour conclure, il est une question, saugrenue je l’avoue, à laquelle, dans ton cas, contrairement à Corbyn et Sanders (dont le flegme n’a rien cédé aux manipulations médiatiques), je ne saurais répondre avec certitude : si, pendant le réveillon de Noël, un esprit te visitait et te disait que tu auras le pouvoir que tu as toujours tant convoité, ce pouvoir de névrosé, à l’unique condition que tu assassines un individu, un soir dans une ruelle déserte, disons un jeune enfant par exemple, ce dont personne jamais ne saura quoi que ce soit, y renoncerais-tu ?…

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C’est comme ça, is it ?!

« Wir müssen die besseren Faschisten sein, denn der Faschist ist in meinen Augen jemand, der erstmal natürlich das Himmelreich auf Erden holen wollte, also der wirklich was Gutes wollte. Also unter dem Gesichtspunkt ist Hitler selbstverständlich für uns alle ein großer Lehrer, das wird keiner dann ablehnen können. Jetzt aber im speziellen Fall dieser Spiritualität würde ich sagen: Hitler ist ein verhinderter Spiritueller, und er hat das, was in die inneren Ebenen gehört, auf den äußeren Ebenen – Ich beschloß, Politiker zu werden – durchzusetzen versucht.”

Jean-Luc Macron

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La violence, c’est pas bien…

Ni Dieu ni maître, Une histoire de l’anarchisme, Arte, 11 avril 2017
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Est-ce une toile ?

J’étais désiré, moi, voulu. Je n’étais pas la simple et tragique conséquence d’un dérapage de bite dans un con pubère en fermentation. J’ai été pensé avant d’avoir été conçu. Combien de fois, se parlant en réalité à elle-même, ne me l’a-t-elle pas dit alors que j’étais beaucoup trop jeune pour le comprendre ? Je représentais, à mon corps défendant, une espèce de rédemption, un bien destiné à annuler le mal originel qui était le sien.

Elle a toujours eu une hantise folle des araignées. De tous les états dans lesquels elle était, pour un oui ou pour un non, capable de se mettre, celui dans lequel parvenaient à la mettre ces bestioles était de loin le plus psychotique. Les cris d’orfraie qu’elle poussait quand elle en voyait une s’entendaient à des centaines de mètres à la ronde. C’était loin d’être des mygales, pourtant.

Je ne sais pas si, plutôt que de m’enrober de soie, j’aurais préféré qu’elle me le dise. Qu’elle dise au gosse de six ans que j’étais, puis à celui de douze, après le schisme qui ne laisserait rien intact, que je n’étais en fait qu’une créature prise dans sa toile, dont elle mordillait régulièrement la chair pour se sustenter, que pour elle je n’existais que pour elle, et qu’elle ne résisterait qu’un temps à l’offensive du larbin insipide et niais avec qui elle se remaquerait pour le fric, lequel ne pourrait bander me sachant là, et, aussitôt débarqué, lui susurrerait par conséquent à l’oreille qu’il serait préférable de cloîtrer le devenu indésirable dans l’internat du coin. Qu’ayant passé sa vie dans la douceur ouatée de la sécurité d’existence permanente lui garantie à tous égards par une génération plus bienveillante, elle se ferait un devoir, quant à elle, de ne me laisser rien. Que, face à une société de plus en plus dure et indifférente, il ne me faudrait certainement pas compter sur un quelconque soutien de sa part : pourquoi faudrait-il une banque-vautour pour expulser quelqu’un de chez lui si les siens peuvent s’en charger eux-mêmes pour dame Précarité ? Qu’elle était dénuée, au fond, de la moindre éthique, de la moindre cohérence, qu’elle n’avait aucune parole, et qu’elle ne ferait rien, jamais, qui ne soit dans son intérêt. Qu’elle ternirait avec méthode mes meilleures années. Qu’elle m’enverrait les flics et sa charogne d’avocat, à moi, l’ancien premier de classe toujours bien poli, toujours bien serviable en cas de force majeure, comme si j’étais soudain devenu dépositaire des errements de celui qui avait choisi d’oublier la notion de pension alimentaire. Qu’elle prendrait plaisir à faire l’exact inverse de ce que je lui aurais tant de fois demandé, à me réduire despotiquement au silence tandis qu’elle s’épancherait à mon propos auprès du premier venu. Qu’elle utiliserait ma solitude et mon éloignement pour rehausser son vain prestige auprès d’une famille de petits bourgeois obtus qui n’ont jamais plus regardé le gosse que j’étais de la même manière depuis qu’il était gosse de divorcés schizophrènes, et voué ainsi, sans doute, à une vie délurée faite d’impermanence et de drogue. Que, ce faisant, elle ne ferait que m’exposer davantage à ces nuisibles avec lesquels je ne rêvais que de pouvoir couper enfin les ponts en toute discrétion. Que, malgré ça, elle exigerait tacitement de moi le respect, comme aurait pu le faire, il y a quelques années, ce groupe de gangsters après qu’il m’eut tabassé. Qu’elle s’estimerait tellement intemporelle que tout passage de flambeau lui semblerait inconcevable, ce qui précisément l’inscrirait résolument dans son temps. Mais surtout que, plutôt que de s’adresser enfin à moi comme à un adulte, celle qui se sentirait toujours rattrapée par son enfance tragique s’attendrait à ce que je me réduise à résumer toute ma vie passée, toutes les relations humaines que j’ai eues avec ceux que je considérais mes plus proches, à un geste d’allégeance dicté par l’impérieux besoin d’assurer ma subsistance. Qu’elle se ferait l’adjuvante, en somme, de tous ceux, de tout ce, que j’ai toujours combattu, réduisant ainsi en bouillie, après ma fierté, ma quiétude et mon passé, les principes, les modestes combats et la frêle pensée qui guident mon existence.

M’eût-elle annoncé tout cela dès mon plus jeune âge, j’aurais sans doute été terrifié. Mais j’aurais aussi vu précocement le monde tel qu’il est, absurde, injuste et caricatural, et avec lui cette évidence : ce qui faisait si peur à cette pauvre femme n’était autre que son propre reflet. Sans doute m’aura-t-il fallu, dépité et reclus, tisser ici patiemment depuis plusieurs années ma propre toile au milieu de la toile géante pour m’en rendre compte. Est-ce une toile, d’ailleurs, ou plutôt un bestiaire sous forme de patchwork ?…

Je n’ose imaginer ce qu’aurait été ma vie aujourd’hui si mes aînés avaient été capables de dispute intellectuelle. On ne refait pas le passé, jusqu’à preuve du contraire. Ce mot de cinq lettres, en tout cas, je ne pourrai plus jamais le prononcer. Ses six lettres à elle à la rigueur, sans la moindre autorité morale, si elle daigne consentir à une audience. Mais que pourrais-je bien dire à l’effrontée qui me couvrirait dès l’entame de son regard réprobateur ? Mère supérieure, j’ai fauté… ?

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What a bunch of fossils !

Sometimes by losing a battle you find a new way to win the war.” (D.T.)

The supreme art of war is to subdue the enemy without fighting.” (S.T.)

The Empire has been stuttering. Will it speak soon ? Or will it howl ?…

Trump’s increasingly bellicose rhetoric cannot be dissociated from the Mueller investigation into the money launderer’s ties to Russia. Yet, so far, an all-out war hasn’t seemed to be the real estate mogul’s preferred recourse : there has been a lot of barking, tragic special-ops blunders here and there, Brian Williams’s premature ejaculation, threats by the dozen, and a Big Momma dropped in the middle of Nowheristan, but all of that has served the unique purpose of keeping the audience captivated during the huuuuge heist carried out by its patron saint in the name of a humiliated white middle class. Unless Trump intended to keep the best for last : newsrooms salivating at the prospect of a big one during his re-election campaign…

Mueller has been upsetting such a scenario, and now standing in front of him is a man who, by threatening to fire Tillerson and replace him with Pompeo, is signalling his willingness to start a war just to save his ass. Yes, it has come to that. That and whether Kushner’s butt stands equal with his father-in-law’s…

It can’t be a war with North-Korea, because Elton-Un is not the deep state’s priority right now : that much it has made clear. But it can be one with Iran. Actually, it is the only option that would satisfy all of the usual suspects. But it would take more than the ludicrous propaganda produced these days in an attempt to link the Ayatollah to al-Qaeda to justify adding a few more trillion dollars to the US national debt. It would necessitate some Israeli Pearl Harbor or… something. At least if the aim is to entertain the cattle long enough for the endeavor to reach its goal, namely distracting, and not merely to wage yet another Blitzkrieg, as suggested by Cotton quoting Barak (the one without a ‘c’) : this time, Williams must be able to cum multiple times…

Indeed, such a Krieg, although it would undoubtedly provide the US with the new longlasting enemy it needs now that its two former creations (Trump’s words) have been, shall we say, marginalized, wouldn’t carry the potential to vaporize Mullah Robert, head of the fiercest Mujahideen of all. Neither would it allow so-called Democrats to finally unite behind the War Machine against the peril of leftist populism. In any case, would Trump actually be saving his rear or put it exactly where Mueller’s indirect handlers want it to be ? Sit down, daddy…

However that may be, there are of course many other loose ends, Russia’s reaction being the most obvious one. Maybe even a Saudi ground invasion of Iran to finish the job and put all those Western weapons to good use…

Isn’t it ironic fossil fuels might save the day after all ?…

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