Lettre ouverte au « taré du troisième étage »

P’tit morveux,

Est-ce que tu t’es regardé ? Tu te dis porteur de renouveau managérial en politique. Mais un manager d’entreprise cotée – car c’est bien ce qu’est devenue la France, n’est-ce pas ? – qui serait aussi lent à la détente que toi, je ne donne pas cher de sa peau. Qu’est-ce que t’es lent dans la caboche, mec ! D’une lenteur de papy dont pas même Chirac n’avait fait la démonstration. Tu marches sur place, garçon. T’es une statue vivante.

Car, en plus d’être épouvantablement lent, t’es aussi antédiluviennement inflexible, alors que c’est une société de la flexibilité que t’appelles de tes vœux. Avant que ça ne devienne la ratonnade généralisée, c’était bien ça, « notre projet », non ? T’es une statue de cire, « Choupinet », un control freak, une caricature de toi-même. T’es un incapable. Une espèce d’Edward Scissorhands qui aurait mal tourné, un homard à la sauce Dolto de la quarantaine. Le Staline du libéralisme.

Tu crois que ça va s’éteindre ? Laisse croire les béguines, petit. Pour un moment peut-être, mais ton mal est fait : quel que soit le degré de violence que tu seras parvenu à susciter demain (Entre parenthèses, je serais eux, je planterais les SS sur les Champs, et j’irais au dernier moment, avec des milliers d’autres, casser la salle des fêtes du Touquet, là où ces tordus ne s’y attendent pas : l’imprévu, les gars, l’imprévu du pouvoir et du rapport de forces !), tu seras incapable d’altérer la légitimité ultra-majoritaire du mouvement, car même si les Français en venaient soudain, comme tu l’escomptes, à honnir viscéralement la violence de quelques-uns des leurs, ils sauront la distinguer de ce qui les lie : le retour à l’expéditeur de l’incommensurable mépris que tu as déversé sur eux, féminin y compris.

Partage désormais le quotidien des opprimés de l’économie qui t’est si chère, p’tit bouseux au maniérisme de monarque : même tout calme fugace sera désormais pour toi aussi source d’angoisse. Et il le sera même plus que les épisodes de poudre et d’étincelle. Toi aussi dorénavant, tu connaîtras comme jamais auparavant les effets terrifiants de la gestion par le stress. Ton palais de Playmobil statique, ta dulcinée, tes comptes à l’étranger, ta réputation internationale, la trace favorable que tu espérais laisser dans l’histoire de France, jusqu’au peu de dignité qu’il te reste : tout te sera subtilisé, banquier. Mais, à la différence du citoyen ordinaire, toi, tu l’auras mérité !

Dans cette perspective, reçois, p’tit morveux, l’expression figurée de mon expectoration distinguée à ta face bouffie de vanité.

 

Yannick Baele

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