Archives mensuelles : octobre 2019

T’aimé-je ?

Lorsque mutisme n’est pas contrainte et que par trop vains ou convenus alentour sont les mots, ne pas parler est une douceur. Le refus de prendre un bain de boue langagier. Une mutinerie aussi, contre la nihiliste robotisation de la parole et le mimétisme propagandiste de sa répétition. Car le silence n’est jamais qu’un autre langage qui s’offre à nous… Le doux et impalpable courant transcervical qui, dans le dialogue non écrit, co-affecte, la plupart du temps indistinctement, la forme de notre expression orale, c’est-à-dire sa justesse, sa complexité, sa cohérence et son intensité, notre aisance à faire nôtres les mots adéquats et à les libérer avec conviction ou même panache, toutes aptitudes qui reposent, en effet, sur l’harmonie de notre électrique échange langoureux, peut trouver alors à s’illustrer d’une bien plus subtile manière, si tant est qu’émetteur(s) et récepteur(s) soient sur la même longueur d’onde et qu’il n’y ait ni pupitre ni estrade à l’horizon. Dans pareilles circonstances, le langage quotidien, dont l’apparition originelle a permis à l’humain de s’affranchir d’une part de sa bestialité, traduit en fait une immaturité, un recul; il n’est plus l’adjuvant qu’il est d’ordinaire pour désigner concepts et choses, mais un obstacle à l’évolution du langage lui-même ainsi qu’à l’humanité perfectible de la relation; dans son agaçante superficialité, il est prise de distance, relégation, évitement du sublime. Il est parole de catéchèse, de marketing en somme, ordre aboyé, explicitation malvenue, diversion ou gazouillis d’adulte-enfant. Ne plus parler que pour dire ce qui en vaut la peine, qui n’est plus peine alors mais extase, ne plus parler que sensible, réfléchi ou inédit, et sur ce parler-là asseoir une langue nouvelle comme put l’être pour Vespucci un continent entier, voilà la gageure ! Puis dire adieu aux lignes de code fossilisées, à l’automatique oralité de mots pesants comme « je t’aime »…

BIFURQUER

xvie siècle, se bifurquer ; xixe siècle, intransitif. Dérivé savant du latin bifurcus, « en forme de fourche ».

1. Se diviser en deux branches. À cet endroit, la route bifurque.

2. Abandonner une voie pour en suivre une autre, divergente. À Dijon, je bifurquerai vers la Suisse. Fig. Changer d’orientation dans une carrière, une vie.

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Sanité

Comme une redondance sémantique, elle tourne en rond

La roue

N’honore-t-elle la nuit Kalipyge

Qui, tant est nécessaire le relâchement

Ne saurait perdurer

Que si le jour est ténébreux

Et le dessein maléfique

Même alors cependant que le temps d’un instant

Sinon l’ombre d’un Soir

Pas plus détruire par conséquent

La voilà qui s’affole

Détruisant

En un mouvement sinistrogyre inversé

Qui n’a de gauche que l’allure

Fuyant à rebrousse-temps

Le révolu par sa simple évocation

Ressuscité

Pour finir par le retrouver

En une alternance du semblable

Dans laquelle ne changent que les positions

Dasein qali d’étrange facture

Qui de la Monade aurait surgi

Et de mitose virtuelle en virtuelle mitose

Et du pareil au même

Indifférence différenciée

Et vertu versa

Le couple comme dictature de l’ennui

La Monade réintégrerait

Après le trépas

N’ayant reproduit qu’à son image

Et ayant réprimé son esprit

En une course folle

Où la vie dans la mort est figée

Et l’extrémité d’une chandelle

De la plus absurde des façons

Sans que l’Absurde s’y distingue

Avec l’autre se confond

Des myriades de papillons aux milles couleurs

A l’éternité condamnés

Par un ordre qui la bêtise a fait reine

Au terne d’une incarcération chrysalidienne prolongée

Forward rewind de la conformité

Tout ne changeant au fond que pour ne rien changer

Néologiser la vie peut attendre !

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L’injustice, fieu !

Vous vous trouvez dans un bus en bord de Meuse. C’est Michel Nihoul qui le conduit. Le bus est clairsemé. Vous venez de sortir de prison et vous avez une énergie débordante. En face de vous sont assises une maman et sa petite fille. La première vous fait face; la seconde vous tourne le dos. La petite fille doit avoir entre 8 et 11 ans. Elle vous regarde, la tête inclinée, avec son petit minois malicieux qui arbore un sourire innocent. La mère ne remarque rien. Vous vous rappelez toutes vos branlettes fébriles dans le mitard, la caméra de surveillance fixée sur vous. Soudain, elle pose son index sur sa lèvre inférieure, puis elle se met à frotter délicatement ses lèvres d’un interstice à l’autre. Un seul passager a remarqué le manège : c’est Christian Panier. Sa Bentley était à l’entretien, alors exceptionnellement il a pris les transports en commun aujourd’hui. Il vous fait un clin d’œil. Voilà qu’elle ouvre la bouche, dévoilant l’extrémité de sa langue. Elle a soif. Sa langue est humide. Elle y pose son doigt. Vous sentez la sève monter dans votre pantalon. Vous savez que vous ne devriez pas, mais après le supplice que vous avez vécu, vous avez bien mérité une petite gâterie. Elle introduit son index dans sa bouche et fait avec son doigt de légers mouvements de va-et-vient. La petite jupe à fleurs qu’elle porte esquisse un début de mouvement. Lentement, l’angle formé par ses cuisses accroît son amplitude. Votre ver de terre est déjà à moitié dur. Ses jambes se mettent à tressauter comme celles d’une enfant excitée qui n’a pas ce qu’elle veut. Vous bandez à fond à présent. Les images se bousculent dans votre esprit : Cyril Hanouna, que vous regardiez tous les soirs aux frais du contribuable, la bouche de Michèle remplie de foutre, Georges-Henri Beauthier s’exclamant : « Dignité ! », le Danube, Tom Cruise, Rosalie et Clara, le trou de Michel Lelièvre, un butt plug géant, un martinet, Bet et Peggy Sykes, Mélenchon flétri, le sourire de Joker de Di Rupo, la gueule de con de Laurent Louis, la neige sur l’écran de télé, la bite à papa, des petits seins pas encore formés, uhmm, une bouteille de Lactel, la neige sur l’écran de télé, la cache, les traces d’une taupe dans le jardin à Sars-la-Buissière, le cul de Christian Panier, la neige, la neige, la neige, la petite fille en face de vous, les jambes écartées, prête à vous recevoir, une grille qui s’ouvre, maman !

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20191017_01394802/marc-dutroux-une-nouvelle-expertise-psychiatrique-reclamee

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“Καὶ σὺ τέκνον !”

https://edition.cnn.com/2019/10/16/politics/joe-biden-fundraising-debate/index.html

“Marcus Iunius Brutus, who took part in the murder of Caesar (Ides of March, 44 B.C.) was not his adopted son, although a well-established school tradition may pretend he is. The well-known quotation itself, “Tu quoque, mi fili !” is a fake, since, according to Suetonius (Caes. 82, 3) Caesar’s words, as he recognized Brutus among the conjurers, were in Greek. Twisting a statement rumored by Plutarchus (Br. 5, 2), the French tradition has indeed made a young man who was the son of Caesar’s lover Servilia, and therefore, possibly, his biological son, into Caesar’s adopted son. In that version, the dictator’s murder is made more dramatic because of the tragical side of the parricide. But this interpretation of the events rests on an anachronistic definition of the crime of parricidium (here meaning murder of the prince rather than of the father) and seems fatally flawed if one considers the actual motives which ancient historians lend to Brutus: he kills the tyrant in order to follow a Republican ideal which was typified by great members of his family, the first Brutus and C. Servilius Ahala, illustrious ancestors of his legitimate and his adoptive fathers, and Cato of Utica, his uncle and father-in- law. On the contrary, Caesar, the tyrant, confuses the public and the private and wrongly awarded [himself] the title of Pater patriae.

https://journals.openedition.org/transtexts/492?lang=en

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« There’s nothing, nothing we’re unable to do when we decide we’re going to do it. Nothing at all. Period. »

https://www.washingtonpost.com/politics/2019/10/15/october-democratic-debate-transcript

« Sub idem tempus consulente praetore an iudicia maiestatis cogi iuberet, exercendas esse leges respondit et atrocissime exercuit. Statuae quidam Augusti caput dempserat, ut alterius imponeret; acta res in senatu et, quia ambigebatur, per tormenta quaesita est. Damnato reo paulatim genus calumniae eo processit, ut haec quoque capitalia essent: circa Augusti simulacrum servum cecidisse, vestimenta mutasse, nummo vel anulo effigiem impressam latrinae aut lupanari intulisse, dictum ullum factumve eius  existimatione aliqua laesisse. Perit denique et is, qui honorem in colonia sua eodem die decerni sibi passus est, quo decreti et Augusto olim erant. »

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Boerenherinnering…

Wearing a mask is like getting fucked in the ass : it should be a personal decision…

’t Was een uiterst realistisch portret van ongeveer vijftig op dertig centimeter. Een schilderij, welteverstaan. We hadden het gewonnen op een loterij die als afsluiter van een soort fancy-fair moest dienen. Wat was ik toen ? Elf, twaalf jaar oud ? Ik weet het niet meer precies…

Terwijl we op een zondagmiddag in een pover verlichte sporthal – of was het een opslagruimte ? – voor de gelegenheid tot banketzaal omgetoverd een nederige maaltijd aan het degusteren waren namen verschillende sprekers het woord. Waarover ze het hadden heb ik evenmin onthouden. De organisatoren hadden vier of vijf houten tafels naast elkaar geplaatst, reuzetafels, met dubbel zoveel reuzebanken, en het resultaat was een decor à la Boerenbruiloft, maar dan wel in een moderne, kleurloze betonnen versie.

Ik maak de vergelijking enkel omdat één beeld tegenwoordig meer duidelijkheid schept dan duizend woorden, want van een bruiloft was er toen geen sprake, integendeel : niet lang voordien had immers een bittere echtscheiding plaatsgevonden waaraan jaren heftig gekibbel waren voorafgegaan, iets wat ik in een stoffig museum van mijn geheugen had opgeborgen maar wat sinds een paar jaar, of zelfs misschien ietsje meer, willens nillens – en dan vooral dat laatste ! – opnieuw in mijn actualiteit is opgedoken, naar aanleiding van allerlei perikelen zonder veel belang die wijze volwassenen, had ik gehoopt, me zouden besparen.

Arkham escapees

Al had hij zijn prepensioen al op zak, ze waren nog vrij jong en, voor zover ik me herinneren kan, eveneens gelukkig. Ze waren mijn houvast, die twee, mijn vuurtoren wanneer de donkere golven hoogtij vierden. Niet dat alleen zij dat waren, maar zij waren steeds beschikbaar, zonder wat dan ook in ruil te eisen, vermoedelijk omdat ik nog maar een kind was. Wat me bij hen troostte zal waarschijnlijk hun welgevestigde levensroutine zijn geweest; een kind heeft tenslotte een zekere vorm van stabiliteit nodig. Een volwassene trouwens eveneens, al kan hij theoretisch bepalen welke vorm hij eraan wil geven.

Was het die fancy-fair niet geworden, dan waren we waarschijnlijk zoals elke zondag in het Zoniënwoud gaan wandelen, nabij de renbaan van Groenendaal, met als eindpunt het kapelleke van O.L.V. van Loretto, aan wie, vermoed ik, de lievevrouwbeestjes hun naam te danken hebben, en als apotheose een verrukkelijk stukje kaastaart. Achteraf bekeken zou het geheel enigszins op een bewegend stilleven kunnen lijken…

Toen hij jaren later plots zijn hemelvlucht nam, veranderde er grondig iets in haar. Ik had de indruk dat ze meer en meer op haar zuster begon te lijken, die intussen ook afscheid heeft genomen : vaker droog en agressief dan niet, en af en toe zelfs sadistisch… Dat een stelletje roofdieren me doelbewust en zonder reden met hun kwade tongen aanvielen net nadat ik in tranen van mijn vader afscheid had genomen vergeet ik nooit !

Succession, s03e04

Maar wat voor mij een ongelooflijk zware klap was, was voor haar zonder twijfel een psychologisch onoverkomelijk verlies. Weken aan een stuk heeft ze zitten huilen, maar op dat ogenblik heeft ze wellicht ook haar tederste kant blootgelegd, welke ze blijkbaar steeds verborgen had gehouden, althans wat mij betreft. Een rots, die vrouw, heel haar leven door, desondanks de vele tegenslagen. Vaak achter het fornuis, om niet te zeggen haast ononderbroken, maar zeker niet zonder zeggenschap; om de baas te zijn had ze niemands advies nodig. Zo kwetsbaar had ik ze bijgevolg nog nooit gezien, kwetsbaar als een schaap dat om bescherming riep… Zou het denkbeeldige zwarte schaap daar geen misbruik van maken ?…

Hoe ironisch ook, ze dreef enkele maanden nadien de spot met mij door me met een boze blik en een grievende grijns meermaals “Juuzeke” te noemen. Tja, er bestaan ergere scheldwoorden, maar noemenswaardig is wel dat ik toen mijn angstaanjagende drieëndertigste etappe nog niet had voltooid… Haar memorabel antwoord op één van mijn verjaardagwenskaarten moest ik echter nog krijgen. Het zou een korte brief worden – eigenlijk een stuk papier dat ze anders waarschijnlijk voor haar boodschappenlijst zou hebben gebruikt – waarin ze me ditmaal tegelijk – was het de bedoeling of de invloed van de rum ? – met een varken en…  een ezel zou vergelijken… Verraad, onbegrip, bitterheid, teleurstelling, deur op een kier, gesloten deur…

’t Was het uiterst realistische portret van een clown : rode neus, zoals het hoort, een helemaal in het wit geschminkt gezicht, en rood haar erbovenop, maar wat me bijzonder opviel is dat zijn gezicht geen enkele uitdrukking vertoonde : noch vreugde, noch ontevredenheid; geen enkele grimas viel er op te bespeuren, noch een brede glimlach, noch een mimiek van droefheid of verslagenheid. Het bleek werkelijk onverschillig.

Uw aandacht, dames en heren, riep de onschuldige hand van dienst, het volgende nummer is zevenentwintig… zevenentwintig ! Handje omhoog als dit uw nummertje is, alstublieft… Ja, de mevrouw daar met de mooie hoed met een… amaai !… revolutionaire rode vuist erop… U mag uw prijs komen halen, Mevrouw… De prijzen varieerden van kitsch tot kitscher. Waarom begreep ik niet meteen, maar ze was supertevreden met de hare. Kitsch, jazeker, maar kunst !

Toen we thuis kwamen drong ze erop aan het schilderij in mijn kamer op te hangen. Ik protesteerde luidruchtig, maar het deed er niet toe. En dus vond de clown zijn plaats op het stukje muur aan de linkerzijde van mijn bed, nabij het raam, onverlicht. Doe hangt ‘em good, si, zei ze grinnikend, voor ze met een plagerige blik in mijn oor fluisterde : ’t es ’t ienigste woemei da ge ‘m a nog got koenne rapleire.

Meerdere decennia later ben ik echter verward : is dat het lot dat ze ook mij toewenste ?…

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Franchement, je sais pas comment c’est possible…

Faut du talent pour ça, un talent extraordinaire. Faut être virtuose dans son domaine, acrobate hors pair, en équilibre des plus instables. Faut prévoir, plus qu’en toute autre circonstance, les mouvements imprévisibles de la montagne, qu’ils soient intentionnellement dirigés contre vous ou relèvent d’une dynamique propre à la masse ciblée. Faut suivre des cours de risk management pour polytechniciens, factoriser le quotient de probabilité du turnover, anticiper et prévenir les crashs bien sûr, maximiser ses ressources comme jamais, sans la moindre possibilité d’outsourcing, mobiliser tous ses assets en somme, établir un time schedule fiable et un business plan aussi robuste qu’original, cartographier in abstracto les bespoke tranche opportunités, marginaliser la compétition, ça va sans dire, bref être number 1.

L’approche, inexplicablement silencieuse, le choix d’une zone riche en matière première, la fixation du crampon… tout ça a dû être calculé quasiment au centième de millimètre près. Et c’est pas comme s’il existait une documentation précise, utile dans le monde réel, qui renseigne sur les démarches à accomplir ou les résultats à escompter. Dans une très large mesure, ça reste une terra incognita, ça, je vous le dis, et c’est réservé aux explorateurs de l’extrême, à ceux qui se sont fixé comme mission « to boldly go where no one has gone before », sans captain’s log et sans doute davantage pour l’honneur et l’édification personnelles qu’à des fins proprement historiographiques ou statistiques.

Pourtant, l’exploit serait digne du Guinness, car il doit y en avoir un par million qui arrive à faire ça, qui plus est, tout en étant à la besogne, sitôt l’arrimage accompli. Faut avoir le goût du risque, ne pas avoir froid aux yeux, avoir l’ardeur d’un kamikaze, sans back-up. Faut vraiment, mais alors vraiment, accepter l’idée qu’on puisse y passer à tout moment, et faut donc avoir fait aux siens ses adieux préhumes comme un soldat de ’14 avant de partir au front : merci, papa, j’espère être digne de tout ce que tu m’as appris; merci pour tout, maman. Et vous, les enfants, soyez sages en mon absence, ok… J’espère vous revoir tous bientôt, mais si ça tourne mal, sachez que je vous aime, de toute mon âme, de toutes mes forces. Hasta la vista… ou adios, Dio seul le sait… Je sais pas si vous imaginez, mais c’est dur, ça… C’est pas donné au premier mariolle venu, croyez-moi. Additionnellement aux prérequis susmentionnées ainsi qu’à une mise en condition physique digne d’un spationaute bodybuilder, requise par l’exercice proprement dit, ça exige une préparation psychologique de tous les instants, un mental d’acier et, pour les plus tourmentés de prime abord, une bonne trentaine de passages sur le divan au préalable, histoire de malaxer leurs peurs subconscientes.

Faut pas seulement être souple, musclé et intrépide, faut être sûr de soi, avoir une mentalité de winner, et faut pousser son luck, comme, in fine, seule une femme, comme seule une mère, peut le faire, nous le savons bien, au fond, nous autres, les hommes, les vrais…

En un mot comme en cent, et sans en gaspiller une goutte, je sais pas comment c’est possible et je sais pas si vous me croirez, mais je vous jure que c’est la vérité : une putain de moustique m’a piqué dans le bas des couilles, à un ou deux centimètres à peine du sillon de la raie de mon cul, me laissant, comme d’ordinaire, bien qu’en ce lieu peu commun, en guise de souvenir éphémère de son passage un irritant bourgeon rouge écarlate, et ça m’était jamais encore arrivé, putain ! A vous si ? Ah, la salope ! Non mais j’y crois pas, quoi ! Est-ce qu’elle l’a fait pendant que je me branlais sur le petit Cassidy – un petit mignon, celui-là, peut-être pas un futur prix Nobel, mais un obsédé de la biroute, en tout cas –  cependant que l’attirail, surélevé, était plus exposé ? L’énigme est totale…

Ce que je sais, par contre, c’est que, depuis le début du mois, j’ai bien dû en fracasser une bonne dizaine contre le mur, de ces saletés de bestioles, certaines d’entre elles, celles qui, visiblement s’étaient déjà sustentées, y laissant, comme pour me narguer, une trace de purée rougeâtre aussitôt nettoyée. En quête de protéines pour leurs gosses… Mon cul, oui ! Il commence à faire plus froid, il reste peu de fleurs à butiner, et ces dames ont faim, that’s it ! Faut pas y voir autre chose. Tiens, prends ça dans ta gueule, maman ! Et si tu t’enfuis vers le plafond, ce sera plus avec la main, mais avec la tapette, peu me chaut. Récemment, j’en ai acheté un set aux couleurs de l’arc-en-ciel. Dis-moi laquelle tu préfères…

D’ailleurs, ça me fait penser à cette autre idée reçue : comment ça se passe exactement quand ça pénètre un hôte porteur de crasses contre son gré ? Est-ce que ça se dit : ouais, ça, je prends, Gonzague, merci, à la prochaine hein, dis, puis plus tard : t’es gentille, Raymonde, mais celui-là, tu peux te le garder, t’sais… Hé dis, et puis quand encore ? Tu voudrais que je refile ça à mes mioches ? No way, José ! Toi, tu me reverras pas de sitôt ! C’est juste une question au passage… Parce que si ces pompeuses bestioles, à double titre d’ailleurs, sont munies d’un filtre qui leur permet de faire la différence, elles pourraient bien, enfin, s’avérer sacrément utiles, non ?…

Sinon, moi je dis : extermination totale ! Et, de grâce, qu’on vienne pas me parler d’inhumanité et de camps de concentration, hein ! T’es en transit sous mon toit, où en plus t’as pas été invitée… Alors, de un, tu appliques mes règles, y a pas de discussion. De deux, je suis pas ton repas, capice ?! Il me fait rire, l’autre, là, quand il déclare, le petit doigt en l’air : ouiii, mais, vous voyez, c’est la Création, et Dieu a dit « multipliez-vous », n’a-t-il pas ? C’est de l’humour, ça, grand ?…

Dis… D’un côté, faudrait prendre sa loupe quand on va au supermarché pour vérifier si, parmi les ingrédients d’un fromage bio, y aurait pas de la présure animale – et je le fais, hein, jusque-là, pas de problème ! – mais de l’autre, faudrait laisser un truc de deux millimètres qui ne vit que par instinct attenter à son intégrité physique ? Jamais une abeille m’aurait fait ça ! Vous faites ce que voulez, mais quant à moi, c’est : haro sur les prédateurs dans mon pré carré ! Parce que la posture christique, ça va un moment… mais faut quand même pas charrier, hein… (extinction des projecteurs)

http://www.blackgaypornblogger.com/2019/09/26/rhyheim-shabazz-friends-gangbang-adrian-hart/

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Le texte de ce sketch est en vente dans le store du blog.

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Thumbs down !

« Why This « Joker » is a Real LOSER » (TYT Investigates, October 3, 2019)

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0:09 : the childish regression it seems to reveal – although, to some extent, it is in line with Fleck’s profession – sure gives the scene a distinctively weird cachet, but Fleck does timidly apologize and he doesn’t insist after that, does he ? So, why would you conclude he has “a problem” with the mother of that child ? And why should that fantasized problem be due to the fact she’s black ? Question your own angle, lady !

Frankly, if not for those caveats, this scene, taken separately, could be the slightly deranged version of the lead actress’s overall attitude in Mike Leigh’s Happy Go Lucky, if you ask me… It’s all a matter of interpretation : there’s no violence on his part here, just some weirdness indeed as he’s innocently pushing the boundaries of an abstract set of conventions known as common decency, without causing any harm to either woman or child, or even actually frightening them, for that matter.

You’re looking at that woman’s blackness and you’re thinking : I’ve got to underline that singularity, then you’re blowing it out of proportion, but when you’re looking at his mental inadaptation, it wouldn’t cross your mind to ask yourself what the best way to manage this kind of situation in everyday life, when the purported cuckoos are not locked up in their nest and pumped full of opioids, might be. Some empathy ! Moreover, he hasn’t yet committed any crime at that point. He’s not yet the psychopath going on a killing spree easily arousing legitimate disgust; he’s just a lone underdog…

It is no measure of health to be well-adjusted to a profoundly sick society”, reads one of the most famous quotes from the late Indian meditator Krishnamurti, who, while contentious to some in some of his teachings, has been inspiring, at least in Europe, many a protesting millennial. Would claiming Fleck is beginning to adjust as of the moment he is starting to give way to his appetite for destruction an overstatement, a heretic’s fantasy ?

0:21 : again, does the nature of the incomprehension he’s pointing out have anything to do with the color of his interlocutor’s skin ? I, mean, beside in your own mind, of course… Would he have found solace in a white social worker’s tender care ? Is this about a color as it is for the bull facing the toreador’s muleta or about the system somehow laying the groundwork for the corrida ?

0:34 : but that’s what everyone expects of him, even when he obviously can’t, hence the forced, meaningless laughter !

0:40 : and you also have to wonder whence your obsession with archetypes comes…

1:33 : which obviously your neurons weren’t able to grasp : it’s Jesus turning bad before the world’s cold emptiness, and refusing to turn his first cheek a second time, for God’s sake !

1:41 : so, in the end, is the movie conveying a pro- or an anti-modern slavery message (cf. Chomsky), because it’s hard to follow…

1:49 : yes, everything is so simple, and so too is caring for others. That « some of them want to use you, some of them want to get used by you, some of them want to abuse you, some of them want to be abused » and all of those, therefore, are functionality freaks should not distract you in any way… I mean, grow up, lady : the human being borders on complex, and of narcissism, there are thousands of shades.

2:05 : but how do the director’s (alleged) intentions matter in critiquing a film ? As Jacques Brel once said about « Quand on n’a que l’amour« , which he ended up disliking, once a work of art is out there, it no longer belongs to the one who gave shape to it…  Before becoming a disputable philosophical and political notion, Postmodernism grew up to be a most honorable artistic tendency relying to a very large extent on a multiplicity of profane interpretations of the various works, including political ones, thereby turning viewers into active participants, making art demos-accessible and rejecting any definitive judgement (such as yours); the creator’s actual intentions only came second…

2:27 : I decree ! I decree ! I decree ! And I do so by the infinite perspicacity vested in me, which, in the name of inquisitorial materialism, makes me equate Joker with a movie by the Dardenne brothers, that is to say “a real movie” with cinematic realism, while I childishly promote the sacrosanct binary division between ‘winners’ and ‘losers’ without ever questioning the pertinence of that framing as it pertains to diversity, the respective attribution of those qualities to “real people”, the goals it is meant to achieve or the status and ambitions of those implementing said goals…

2:57 : shut up, (anonymous) woman, or I swear… I’m gonna bitch-slap you with nasty metaphors ‘til Kingdom come ! Usually, real people don’t have the hubris to speak in the name of all real people, and those who do should refrain from it ! By the way, what provocation are you talking about ? Laughing a little too loudly, perhaps, daring to talk back ?… Yes, but, Your Honor, her miniskirt was so provoking, you know… I mean, she asked for it… A variant : Your Honor, with all due respect, those two faggots kissing in public were really provoking me ! Sieg Heil !

3:13 : agreed… M. Night Shyamalan has a twisted mind. And, as Michael Garner or – dare I say ? – Joshua Brown, another Michael’s homonym, would tell you if they were still alive, there’s no need for any member of any particular community to feel particularly paranoid or depressed. Then again, how can you be so sure Fleck is not an altered Jewish name and the whiteness of his skin not merely an optical illusion calling for a perspective reversal ? Isn’t prejudice the consequence of refusing to see beyond the artificiality of categories and first impressions ? Nah, you’re probably right : not unlike bullying, scapegoating is but a myth… for real !

3:22 : even if you believe what you say, and what you say is true (Aah ! Aah ! Aah ! Aah ! Aah! Aaaahh ! Aah !), some movies may, like cartoons, resort to hyperbole and emphasize particular traits, not necessarily to turn characters into archetypes of the real (There’s no reason to deconstruct what’s not there…), but, on the contrary, to individualize them. As for hyperbolizing situations, it may be useful to get a message across with greater intensity, and, while it’s not always the case, the message here, whether you like it or not, is of a troubling social kind : distorting though the mirror may unfortunately be as to the prevalent role of stereotypical backgrounds in generating violent crime and “superpredators” (good progressive point there !), it’s hard to say it just doesn’t reflect anything, isn’t it ?

Whether what the movie suggests or seems to suggest as possible causes for critical outbursts of extreme violence is relevant or not, what is most revealing in your bogus four-minute investigation is that, all in all, the mass murderer in Fleck is being far less subjected to your moral condemnations than the White-Male™ underdog, who, even though innocent still, is taking most of the blame, and required to behave like “real men” do, without a moment of hesitation, without an ounce of frailty, without a shadow of sensibility. Could it be that some brand of Feminism, while ambitioning to liberate women from any kind of stereotype designed to keep them subservient, only tolerates a man, much like the alt-right by the way, if they remain the caricature of one ?…

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Black Pete…

He’s brutalized by young thugs. He’s beaten by suit-clad Wall Streeters. And his answer to this dual pincer of oppression by people of color and one-percenters [who can be but white !] is a murderous rampage of revenge, which catches fire among fellow angry citizens of Gotham and sends them looting through the streets.

It also doesn’t quite seem accidental that all the incidental characters Fleck encounters are black […].

https://edition.cnn.com/2019/10/06/opinions/joker-political-parable-donald-trump-presidency-yang/index.html

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Ode au sacrifice à l’odieux ?

C’est, a écrit le petit prétentieux en mal de sauvage aventure, une ode à eux, une ode à eux tous…

Mais si c’est une ode – et il se pourrait bien, en effet, que c’en soit une, involontaire –, elle l’est a contrario, car s’ils aspiraient bel et bien à quelque reconnaissance, ce n’était pas ès qualité de marginaux lorgnant vers une gloire formatée et individuelle leur déniée par une relégation toujours plus perverse, mais par refus d’une humanité régressive dont ils ressentaient tragiquement, en une espèce de communion diffuse dans l’isolement, les effets dévastateurs.

Si c’est une ode, elle l’est non pas à l’insurrection réfléchie, mais à l’émeute éclatée du désespoir, le spectre postrévolutionnaire d’un robespierrisme de la Terreur affranchi de tout semblant de raison déchaînant de manière quasi indistincte, sur le rythme d’un rire forcé, mécanique et désincarné qui n’est même plus sardonique, ses pulsions les plus primitives contre l’altérité sans défense, une émeute qu’un pouvoir exsangue, décadent et royalement à côté de ses pompes, qui ne jure plus que par la nostalgie qui imprègne les grand-messes à travers lesquelles – du moins le croit-il – son ombre imposante se rappelle à lui, aurait tôt fait, tant, au fond, ses ressorts lui sont favorables, de traduire en nouvelles loi scélérates…

Ce rire, ce pourrait d’ailleurs être celui de ces gardiens d’on ne sait plus trop quoi, certainement pas de la paix en tout cas, qui, le LBD à la main, voyant se profiler quelques proies, scandèrent à qui voulait l’entendre, délestés, même devant les caméras, de toute inhibition : « voilà de la chair fraîche »… Et cela fait sens, quand on y pense, car ceux-là, poussés au crime par le même système que celui qui, à l’écran, confine le clown à l’aliénation de l’humain au bénéfice de la Bête, semblent de plus en plus tentés cette dernière dans le réalisme de surpasser par un trépas volontaire répondant à une dépression trop longtemps camouflée. Si c’est une ode, elle l’est à un après qui pourrait advenir, une fois tous les espoirs déçus et les coups encaissés.

Car cette émeute est aussi froide et désolante qu’étaient réjouissants et chaleureux les conciliabules autour des ronds-points. Car de l’homo comme homini lupus ces derniers œuvraient à se débarrasser, tandis qu’il finit par envelopper à dessein la fiction phillipsienne qui pourrait, peut-être tout aussi involontairement, avoir emprunté à Cioran : « j’ai remarqué que je suis presque toujours gai quand tous les autres sont malheureux »… De communion, il est encore question, mais vers l’abîme. Et c’est pourquoi, cette ambition ne pouvant s’assumer, le masque s’impose.

Au singulier, car il est uniforme, générique, désindividualisant comme pouvait l’être celui des zélateurs de l’improbable réincarnation de Fawkes sous les traits imagés et imaginés de V, à cette différence près que ce masque-ci manifestait, certes non sans recours à la violence – quoiqu’à une violence qui n’était pas que bêtement émeutière –, un désir éperdu de justice, et que tombèrent les masques celui-ci satisfait, tandis que celui-là s’apparenterait plutôt à une feuille de vigne pourrie pour l’indicible, à hauteur d’esprit : c’est le masque de la mort, celle de l’espoir et de la société. Et plus il est arboré, plus il fait pour ceux qui le portent office de miroir, reflétant, lorsque se croisent leurs regards, la seule chose qu’il leur reste en commun…

Nihilisme pour nihilisme, c’est, somme toute, le masque de la résignation exponentielle à l’existant, supposé détourner le regard non de la différence d’un Elephant Man, honnie par l’exigence, ordonnée ou tacite, de conformité, par le biais de laquelle la monstruosité s’exprimait moins dans l’objet regardé que dans le regard lui-même, mais de la hideuse nature (Je n’utilise pas ce terme au hasard; que l’on y réfléchisse !) des mécanismes sociaux qui font de certains êtres des crapules, et conduisent donc, en principe, à le rendre nécessaire. Paradoxalement, dans ce contexte, le porter, qu’il soit réel ou figuré, témoigne en outre du dernier soubresaut de la conscience…

Que leur usage se justifiât par des nécessités contingentes ou s’expliquât, regrettablement, par un attrait à moitié inavoué pour un sordide émeutier en marche, il y en avait, des masques, au sein de la foule Tournesol qui inlassablement a arpenté, des mois durant, la ville dite Lumière, désormais livrée, en théorie, à la voracité d’ex-Citydiens co-architectes desdits mécanismes, lesquels, s’ils opteraient probablement, quant à eux, pour le riche éventail de cache-trombine de la pas si Belle Epoque dépeints par Ensor, au milieu desquels la mort déjà s’était glissée, seraient sans doute davantage dans leur élément sous une cagoule de racketteur estampillée « Gotham », paravent du vide magistralement rendu par l’Eric Packer de Cosmopolis, mais, pour l’essentiel, c’est la beauté et la singularité des visages qui, là et ailleurs, s’est donnée à voir à partir d’octobre 2018…

Puisse leur luminosité ne pas sombrer dans la crépusculaire dévastation par l’absurde carnassier qui a emporté certain farceur… Puisse le rire qui les embellit continuer d’en jaillir en ne faisant couler ni sang ni larmes. Et puisse, même dans l’insurrection contre l’odieux, qui, réprimée, tarde à venir, l’Humanité être possible encore…

Catégories : Eclairage cinématographique, Politique / Société | Étiquettes : , , , | Poster un commentaire

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