Expressions de sagesse passagère

Est-ce une toile ?

J’étais désiré, moi, voulu. Je n’étais pas la simple et tragique conséquence d’un dérapage de bite dans un con pubère en fermentation. J’ai été pensé avant d’avoir été conçu. Combien de fois, se parlant en réalité à elle-même, ne me l’a-t-elle pas dit alors que j’étais beaucoup trop jeune pour le comprendre ? Je représentais, à mon corps défendant, une espèce de rédemption, un bien destiné à annuler le mal originel qui était le sien.

Elle a toujours eu une hantise folle des araignées. De tous les états dans lesquels elle était, pour un oui ou pour un non, capable de se mettre, celui dans lequel parvenaient à la mettre ces bestioles était de loin le plus psychotique. Les cris d’orfraie qu’elle poussait quand elle en voyait une s’entendaient à des centaines de mètres à la ronde. C’était loin d’être des mygales, pourtant.

Je ne sais pas si, plutôt que de m’enrober de soie, j’aurais préféré qu’elle me le dise. Qu’elle dise au gosse de six ans que j’étais, puis à celui de douze, après le schisme qui ne laisserait rien intact, que je n’étais en fait qu’une créature prise dans sa toile, dont elle mordillait régulièrement la chair pour se sustenter, que pour elle je n’existais que pour elle, et qu’elle ne résisterait qu’un temps à l’offensive du larbin insipide et niais avec qui elle se remaquerait pour le fric, lequel ne pourrait bander me sachant là, et, aussitôt débarqué, lui susurrerait par conséquent à l’oreille qu’il serait préférable de cloîtrer le devenu indésirable dans l’internat du coin. Qu’ayant passé sa vie dans la douceur ouatée de la sécurité d’existence permanente lui garantie à tous égards par une génération plus bienveillante, elle se ferait un devoir, quant à elle, de ne me laisser rien. Que, face à une société de plus en plus dure et indifférente, il ne me faudrait certainement pas compter sur un quelconque soutien de sa part : pourquoi faudrait-il une banque-vautour pour expulser quelqu’un de chez lui si les siens peuvent s’en charger eux-mêmes pour dame Précarité ? Qu’elle était dénuée, au fond, de la moindre éthique, de la moindre cohérence, qu’elle n’avait aucune parole, et qu’elle ne ferait rien, jamais, qui ne soit dans son intérêt. Qu’elle ternirait avec méthode mes meilleures années. Qu’elle m’enverrait les flics et sa charogne d’avocat, à moi, l’ancien premier de classe toujours bien poli, toujours bien serviable en cas de force majeure, comme si j’étais soudain devenu dépositaire des errements de celui qui avait choisi d’oublier la notion de pension alimentaire. Qu’elle prendrait plaisir à faire l’exact inverse de ce que je lui aurais tant de fois demandé, à me réduire despotiquement au silence tandis qu’elle s’épancherait à mon propos auprès du premier venu. Qu’elle utiliserait ma solitude et mon éloignement pour rehausser son vain prestige auprès d’une famille de petits bourgeois obtus qui n’ont jamais plus regardé le gosse que j’étais de la même manière depuis qu’il était gosse de divorcés schizophrènes, et voué ainsi, sans doute, à une vie délurée faite d’impermanence et de drogue. Que, ce faisant, elle ne ferait que m’exposer davantage à ces nuisibles avec lesquels je ne rêvais que de pouvoir couper enfin les ponts en toute discrétion. Que, malgré ça, elle exigerait tacitement de moi le respect, comme aurait pu le faire, il y a quelques années, ce groupe de gangsters après qu’il m’eut tabassé. Qu’elle s’estimerait tellement intemporelle que tout passage de flambeau lui semblerait inconcevable, ce qui précisément l’inscrirait résolument dans son temps. Mais surtout que, plutôt que de s’adresser enfin à moi comme à un adulte, celle qui se sentirait toujours rattrapée par son enfance tragique s’attendrait à ce que je me réduise à résumer toute ma vie passée, toutes les relations humaines que j’ai eues avec ceux que je considérais mes plus proches, à un geste d’allégeance dicté par l’impérieux besoin d’assurer ma subsistance. Qu’elle se ferait l’adjuvante, en somme, de tout ceux, de tout ce, que j’ai toujours combattu, réduisant ainsi en bouillie, après ma fierté, ma quiétude et mon passé, les principes, les modestes combats et la frêle pensée qui guident mon existence.

M’eût-elle annoncé tout cela dès mon plus jeune âge, j’aurais sans doute été terrifié. Mais j’aurais aussi vu précocement le monde tel qu’il est, absurde, injuste et caricatural, et avec lui cette évidence : ce qui faisait si peur à cette pauvre femme n’était autre que son propre reflet. Sans doute m’aura-t-il fallu, dépité et reclus, tisser ici patiemment depuis plusieurs années ma propre toile au milieu de la toile géante pour m’en rendre compte. Est-ce une toile, d’ailleurs, ou plutôt un bestiaire sous forme de patchwork ?…

Je n’ose imaginer ce qu’aurait été ma vie aujourd’hui si mes aînés avaient été capables de dispute intellectuelle. On ne refait pas le passé, jusqu’à preuve du contraire. Ce mot de cinq lettres, en tout cas, je ne pourrai plus jamais le prononcer. Ses six lettres à elle à la rigueur, sans la moindre autorité morale, si elle daigne consentir à une audience. Mais que pourrais-je bien dire à l’effrontée qui me couvrirait dès l’entame de son regard réprobateur ? Mère supérieure, j’ai fauté… ?

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Beyond the black swan…

Avez-vous un conseil pour « les jeunes générations » ? C’est par cette question que le tant redouté cygne noir de YouTube conclut toutes ses interviews. Le cygne noir est. Pour les hommes blancs, il est Cassandre.

Qu’une non-célébrité peut-elle répondre ? Peut-être serait-ce défaut d’humilité que de conseiller autrui alors que l’on paraît soi-même si égaré. Encore que, pour paraphraser Krishnamurti, l’égarement par rapport à une société égarée puisse être un gage de lucidité, surtout s’il est volontaire.

Comme c’est le cas chez ce philosophe de la pratique, ce seraient plutôt des évidences essentielles : bien qu’il ne s’en prive pas, pas de simples énoncés insipides et abstraits déguisés en poncifs, que l’on serait appelé à lire comme on lirait un magazine chez le coiffeur, mais l’expression de et l’invitation à une prise de conscience concrète, presque palpable, au contact du monde, que paradoxalement seul le recul rend possible…

— Tout d’abord une réflexion dictée par l’actualité et introduite par trois illustrations qui n’y sont liées que par diagonale :

  • Jacques Attali a dû démissionner de la présidence de la BERD en raison des pratiques mafieuses qu’il y avait encouragées, et dont il avait largement bénéficié. Or, Jacques Attali est juif. Donc, tous les mafieux sont juifs. Faut-il un dessin pour comprendre l’inanité de ce paralogisme ?
  • Patrick Drahi est juif. Or, à longueur de journées, Patrick Drahi bourre les crânes de ses téléspectateurs avec de l’info orientée, dans laquelle la misomusulmanie le dispute à l’économisme, au détriment de toute perspective progressiste. Donc, le gouvernement de droite dure aux affaires doit son salut aux antennes-relais des juifs (sous-entendu : Bouygues et Bolloré, qui font de même, ne sont que des figurants.).
  • L’oligarque non repentant Nathaniel dit Jacob Rothschild appartient à une infâme famille de rentiers dont la fortune croît sur un matelas de cadavres, ceux qui, loin de tout recyclage de propagande nazie, font nécessairement écho à l’accumulation d’une telle fortune. Mais Jacob Rothschild est juif. Donc, Jacob Rothschild n’a absolument rien à se reprocher. Ce paralogisme-ci est bien sûr aussi contestable que les deux autres.

A l’ère du matérialisme post-soviétique, où la vie des paysans est devenue moyen et l’argent vie, où, matraquage médiatique aidant, la décomplexion de la fange financière est devenue totale tandis que l’humilité est tournée en dérision, à cette époque où le vide s’affiche fièrement des deux côtés de l’Atlantique, se permettant de railler le plein, aucun des trois, cependant, ne justifie que Bernie Sanders, juif lui aussi, soit tenu pour responsable de tels agissements.

Il n’en demeure pas moins que Jacob R. est un oligarque. Mais pas plus que Bettencourt ou Walton. Qui ne sont pas juives, elles. Bien sûr, ces gens-là sont de nouveaux suzerains héréditaires. Mais, réciproquement, Louis XIV était le plus grand oligarque de son temps. Bien sûr, les textes sacrés juifs font la part belle au commerce. Mais de combien de comptes bancaires non déclarés l’Eglise catholique dispose-t-elle, et quelles activités sordides n’a-t-elle pas, au moins indirectement, financées au fil des siècles et dernièrement ? Quant à la manne pétrolière qui entache et conditionne l’islam depuis près de dix décennies…

Dans une civilisation en passe d’être engloutie, aucune communauté n’est plus décadente que les autres, aucun oligarque non repentant plus coupable que ses homologues : toutes sont pareillement à la dérive, tous sont également responsables de la montée des eaux boueuses.

Sachez toujours faire la différence entre tropismes supposés et idiosyncrasies : n’attribuez jamais de manière automatique à un individu qui fait partie d’un groupe donné les attributs assignés à ce groupe et, inversement, n’étendez jamais à un groupe entier l’opprobre qui pèse ou devrait peser sur certains individus qui le composent, sauf lorsqu’il s’agit de celui des oligarques non repentants. Hormis celui-là, justifié, rejetez par conséquent les amalgames faciles, mais réfutez aussi les amalgames prétendument vertueux qui leur sont parfois opposés.

— Sans l’oublier, désapprenez ce qui vous a été inculqué, et sachez vous frotter au réel tel qu’il est afin d’apprendre de nouveau… Vous ne vivez pas en démocratie : vous ne vivez pas en Corée du Nord, mais vous ne vivez pas en démocratie non plus. Vous n’êtes pas un(e) citoyen(ne). L’arbitraire est partout. Il est de moins en moins de sujets à propos desquels votre opinion peut différer de celle qui prédomine et si, sur ces sujets-là, votre expression est présumée libre, sachez que, sans même parler des moules de la pensée qui résultent d’une étroitesse d’esprit communément entretenue, cette liberté est souvent assortie de pressions légales et extralégales, souvent institutionnelles, de la part de pseudo-gardien(ne)s du Temple dont l’ombre est la demeure, de sorte que même cette licence finit par être toute relative. Légalement, il est très aisé, en effet, de faire taire « ceux qui ne sont rien». Et pour museler ceux qui sont un petit quelque chose, une clause ad hoc dans un contrat suffit. Extralégalement, tout est envisageable, du harcèlement bureaucratique au harcèlement privé, de l’agression commanditée à des solutions plus définitives encore : demandez donc à Seth Rich ou à Daphne Galizia ce qu’elles en pensent… En vérité, vous continuez d’être à la merci de logiques féodales qui, loin d’avoir été éradiquées, n’ont fait que s’adapter et se confondre avec le paysage pour mieux échapper à votre regard… jusqu’au jour où elles réapparaîtront pour tous dans toute leur anachronique crudité.

— Le carriérisme nuit au débat, et l’absence de débat plombe la société. Certes, vous souhaitez faire carrière. Mais n’attendez pas d’être vieux pour dire enfin ce que vous pensez. Car c’est alors que vous vous rendrez compte que, dans la vie d’un être humain, la carrière est somme toute négligeable. Et se cacher puéril…

— Ne vous désintéressez pas de la politique; ne vous y intéressez pas trop.

— Dans une société idéale, dont les membres auraient intériorisé comme boussole l’harmonie d’ensemble sans contrainte autre que l’absence de nuisance à autrui, aucune institution ne serait nécessaire. Immaturité et barbarie sont leurs raisons d’être.

Les institutions ne sont pas neutres; elles reflètent les mentalités de ceux qui les ont façonnées. Et ces mentalités, comme l’esprit du temps, évoluent. Mais à leur apogée, transcendant les modes, elles se font refuges d’idées platoniciennes, et les principes qu’elles proclament alors sont, pour la plupart, louables. Gardez-vous toutefois de les identifier aux hommes et aux femmes supposé(e)s les incarner, trop habitué(e)s à les utiliser comme paravents pour des motivations qui le sont beaucoup moins.

Ces supposé(e)s garant(e)s des institutions, celles et ceux de celles qui sont invisibles à l’œil nu y compris, n’attendent pas de vous que vous ayez un esprit éclairé; peu leur chaut la justesse potentielle de votre démarche, l’esquisse de justice qu’elle engage et qui la meut, peu leur importe qu’elles doivent tout aux principes invoqués pour ancrer lesdites institutions, parer à leur dérive. Ils et elles exigent de vous la soumission, ces principes dussent-ils en pâtir, parce que l’intérêt personnel est leur motivation cardinale, et que cette motivation peut les conduire, et les institutions dans leur sillage, partout où elles et ils seront convaincu(e)s que cet intérêt sera préservé, même dans les recoins les plus sombres, contre lesquels les institutions sont pourtant censées servir de remparts. A ce titre, ces dernières, néanmoins réputées avoir, par ici, supplanté le souverain-despote, peuvent elles-mêmes faire partie, à leurs corps défendant, du rapport de forces politiques exercé contre les sujets-objets.

Tout dans le parcours des individus, tel que régi par une architecture institutionnelle où l’entreprise-corporation (médiatique notamment) occupe désormais une place de choix sinon la place centrale, concourt à faire croire à ceux-ci que s’opposer à cette exigence de soumission, c’est s’opposer aux principes démocratiques eux-mêmes, en ce qu’ils sont supposément garantis par les institutions, donc s’opposer aux institutions par ricochet. Se rendre compte du fait qu’il est légitime de s’y opposer, si c’est au nom des principes dont elles s’affirment ou devraient être dépositaires, nécessite au préalable que vous vous rendiez compte, comme si vous les aviez face à vous après les avoir longtemps pratiqué(e)s, leurs stratagèmes dévoilés et leurs silhouettes rendues à leurs justes proportions, qu’avec ou sans sceptre, avec ou sans égo démesuré, avec ou sans titre ronflant, avec ou sans statut télévisuel, avec ou sans communauté de réseau, avec ou sans capacité étendue de harcèlement, avec ou sans menaces, avec ou sans milice d’Etat au service de leurs intérêts, les femmes et les hommes qui exercent le pouvoir, quelque pouvoir que ce soit, ne sont que des hommes et des femmes, ni plus ni moins ! De petits hommes, de petites femmes… comme tou(te)s les autres, avec leurs mesquineries, leurs peurs, leurs faiblesses, leur bassesse d’âme (et souvent d’esprit) et un désir de grandeur qui, chez les moins civilisé(e)s, se traduit généralement par un besoin d’exclusivité dévastateur, bref, quoiqu’ils s’en défendent et les refoulent, avec toute une palette d’émotions et de sentiments, le plus souvent vicieux en ce qui les concerne, le vice devant ici être compris comme ce qui vise à empêcher l’épanouissement d’autrui au nom d’un intérêt supérieur factice, dont il se trouve qu’il coïncide avec le leur. Pour ce faire, se défaire de l’inclination à accepter, en tant qu’adultes, de nouvelles tutelles, une inclination renforcée par une suggestion et une contrainte omniprésentes au point d’avoir fait de l’agrément à de telles tutelles la caractéristique de la maturité, et, partant, se défaire de toute confiance à l’égard des petites humaines et des petits humains à complexe divin, ainsi que de leurs normes, de leurs procédures, de leurs intentions, de leurs déclarations et de leurs actes, est plus qu’impératif; c’est sain !

Ne vous subordonnez jamais à une autorité à laquelle vous n’avez pas consenti sans contrainte. Mettez en cause toute autorité qui cherche à s’imposer à vous. Et ne gardez, pour ce qui ne relève pas de la vérité factuelle, que l’autorité de la décision collégiale discutée et argumentée, qui est sans rapport avec un simulacre de vote quinquennal. Seules sagesse et beautés contiennent l’autorité in se, en ce qu’elles n’ont pas à l’exercer. Nulle est l’autorité de toute force qui ne les sert.

Comme naguère au service militaire, opposez par ailleurs au service entrepreneurial ainsi qu’à toute institution dont les prétendus gardiens contreviennent manifestement à ses principes une objection de conscience non négociable, légitime, juste et pacifique, qui vaut pour tous les contextes similaires et pour toutes les époques, et a pour doux nom : insubordination !

— Fiez-vous à votre conscience. Si elle vous dit que vous avez vécu un événement paranormal qui vous a amené à réévaluer votre être-au-monde (avec tout ce que cela comporte), ne dites pas que vous avez subi un malaise ou une dépression; vous perpétueriez l’ancien monde, son hypocrisie et ses tabous. Car vous n’êtes pas seul(e). Si ce genre d’événements, qui est autant intime (à l’échelle individuelle) que social (d’un point de vue panoramique), s’accompagne d’une interprétation publique univoque, il risque de mener à un nouveau dogmatisme. Mais s’il est tu sous la pression sociale ou par peur, votre silence ou vos ellipses elles-mêmes seront dogmatiques, tant « mal nommer les choses…». Si l’on tient compte de ces réserves, il n’y a aucune raison que le paranormal échappe à la raison démocratique…

— Veillez en toute chose à l’équilibre entre communion et distanciation. Ni de l’une ni de l’autre ne tolérez d’être privé(e).

— Ils et elles extrayaient de leur environnement naturel d’innocentes souris pour les placer dans d’immenses labyrinthes aux parois opaques, où elles et ils disposaient régulièrement de petits morceaux de fromage ou d’autres muridés. Les souris étaient appelées individus, celles qui se laissaient guider par l’odeur du fromage et le plaisir des rencontres néocarcérales prédéterminées individus rationnels.

Soyez de vrais individus. Exigez certes d’être citoyens, mais soyez aussi des individus, car ce n’est ni votre citoyenneté ni votre communauté, mais votre individualité qui, par son universalité, déborde les frontières et fait fi des murs. De ceux du Citoyen à ceux de l’Homme, en outre, un fil rouge indique sans ambiguïté que c’est bien aux petits uns et non au grand tout que toute société non totalitaire reconnaît des droits, même s’il a souvent fallu aux premiers se coaliser pour les obtenir, et si les droits à venir devront être revus à l’aune du nouveau tout environnemental.

Lorsque des droits sont en vigueur mais qu’il faut malgré tout, tant toute fragilité passagère, toute solitude, est exploitée pour les contourner, recourir à un groupe quelconque pour les faire valoir, c’est non seulement l’humanité de l’humanité qui est réduite à néant, mais leur pertinence même qui est battue en brèche.

— Ambitionnez de faire coïncider autant que possible ce que vous pensez avec ce que vous faites.

— En tant qu’individu, refusez que quiconque parle en votre nom si vous ne l’avez pas expressément mandaté(e). Tournez le dos à quiconque s’adresse à d’autres en votre absence dans l’espoir d’en savoir plus sur vous, comme à quiconque projette sur vous ses propres invariants moraux. Ne jugez personne sur la seule foi de ce quelqu’un vous dit, ce quelqu’un fût-il un proche. Et, passé un certain âge, ne faites pas trop confiance à ceux et celles qui vous ont vu grandir : comme le professeur Walker de V, ils ont souvent été conditionnés…

— Vous existez indépendamment du regard des autres dès lors que vous ressentez. Le regard d’autrui n’est pertinent que s’il se fond dans le vôtre, et vice versa. Celui, proche ou lointain, qui vous harponne, vous réduit à une case, vous réifie, ne mérite pas votre attention. Il est pourtant majoritaire.

— Dans toute fonction, vous pouvez être remplacé. Devenez unique, et vous serez irremplaçable. Dépassez la fonction, et vous pourrez le devenir.

— Prenez le temps, goûtez à l’eau fraîche et écoutez la mélodie de l’air, le son des vagues dans les arbres. Car s’il y a quelque divinité, c’est là qu’elle s’exprime le plus sereinement. Ne criez pas. Taisez-vous. Restez calme. Soyez sur la même longueur d’ondes. Et respirez…

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Es ist verboten zu sein.

Au-delà d’un certain point

Emerge la conscience

Qu’il n’y a jamais que maître/esclave

Paradigme structurant

Bracelet électronique

Qui enclot nos existences

Et s’impose comme une loi

Une loi extrajudiciaire

Sans la moindre promulgation

La plus importante de toutes

Qui rend vaines toutes les autres

Enfer paradigmatique

Dont nous sommes tous les geôliers

C’est l’horizon qu’on nous offre

Auquel nous collaborons

C’est la civilisation

En son brillant apogée

Qui n’en est pas le remède

Mais façonne la barbarie

Aucune échappatoire

Au meurtre de l’esprit

Que le suicide du corps

De maître/esclave en bourreau/victime

Tel est le sort

De qui refuse le paradigme

Chaque élément de sa dyade

Un genou ou l’autre à terre

Nul ne peut rester debout

Liberté, je pleure ton nom

Chimère assassinée

Qui nourrit une foi puérile

Rien ne se transforme, rien ne se crée

Mais tout se perd

La société comme une perte

De sens, de soi, d’honneur et de repères

D’elle-même

Amnésique qui court avec allant

Bave aux lèvres et bras ballants

Vers la prochaine apothéose

Laisser être

Quelle gageure !

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Citation pour citation…

« Les pauvres sont le visage monstrueux  de l’inefficacité du libéralisme à produire autre chose que des névrosés de l’accumulation des fortunes. »

(samedi 13 mai 2017, Villejuif)

Les riches satisfaits au milieu d’océans de pauvres sont le visage monstrueux d’un nouveau féodalisme qui liquide l’humanisme par pertes et profits.

« Les gens qui n’ont jamais reçu de coups sur la figure m’inquiètent toujours un peu lorsqu’ils sont au pouvoir. »

(France Culture, lundi 8 mai 2017)

Lorsqu’ils sont au pouvoir, les gens qui estiment avoir une revanche indistincte à prendre au nom des coups qu’ils ont reçus peuvent s’avérer aussi inquiétants que ceux qui n’en ont reçu aucun.

 

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Du pouvoir d’excommunier les meurtriers, de l’hypocrisie de les savoir si proches…

 

 

 

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Tony Conrad – Jeffrey Lloyd : le dessous des cartes de Troc International…

Il y a cul dans occulte. Y a-t-il pour autant sa place ? Hé, toi l’ami, qui l’a mis là ? Et pourquoi l’y laisser ? Par pruderie, peut-être ? Par exclusivité ? How ‘kiss’ in French do you say ?… La mère qu’on voit danser, le looong des… La mère…  Fût-elle rassasiante, laide est la crudité à voir. C’est Big J qui l’a dit. Big J le DJ. Aux platines de la pine. Enfin, je crois… Une bonne dizaine de fois… Aaaah… Abondantes comme la rosée sont les averses des matins fastes. Et sonnez les mâtines, ding dang dong, ding dang dong… Non, mais sérieux, z’avez pas honte ? Avec, au milieu des fougères, tous ces robustes arbustes en rang serré tendus vers le ciel comme autant de défis sacrilèges, ces plantes sauvages aux pistils gorgés de vie ruisselante. C’est une putain de forêt, ma parole ! Christopackez-moi ça, voulez-vous ! Ah, ah !…

Gabriel Loppé, La tour Eiffel foudroyée, 1902Gabriel Loppé, tour Eiffel foudroyée (1902) ou geyser élec-trique ?

Mate-moi cette coupole, m’avait dit celui qui m’avait croqué. Anges d’un côté, démons de l’autre. Ridicule, lui avais-je rétorqué ! Tiens, encore un cul… Blindé comme du Rivelli, d’ébène facture forcément. Je dis pas qu’il faut les sortir à tout bout de champ, nan. Een beetje fatsoen, merde ! Mais pourquoi pas ici et là, où ils ne s’y attendent pas ? Pour assaisonner de piment écarlate l’obscurité blafarde des nuits brumeuses… A l’Elysée l’orgie SM crépusculaire. A nous l’aurore de la touze place de la Rep !!!

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The forbidden peace of mind (3) : serenity reloaded…

Quelle vie épanouie ne vivrions-nous tous si les uns les autres, au gré de péripéties infamantes concoctées pour nous faire perdre notre temps, nous ne nous échinions, par délectation ou commandement, à nous la gâcher pour leur plaisir…

« Jamais [plus] vous ne serez capable de sentiments humains ordinaires. Tout sera mort en vous. Vous ne serez plus jamais capable d’amour, d’amitié, de joie de vivre, de rire, de curiosité, de courage, d’intégrité. Vous serez creux. Nous allons vous presser jusqu’à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous-mêmes.« 

Ulysse 31, Le Fauteuil de l’Oubli

Notre passé est nôtre, comme le passé est commun. Pourquoi, tandis que l’humanité s’obsède de sa lointaine origine, l’homme devrait-il à la sienne renoncer ?

***

Que vieillesse soit sérénité, sagesse et inspiration; est-elle en soi angoisse, mesquinerie et dénigrement, qu’elle s’éteigne !

 

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The forbidden peace of mind : the curse of the snake…

Enfin, je me sentais renaître. Enfin, je pouvais respirer. Enfin, je m’affranchirais une fois pour toutes de la perverse emprise de cette vieille rosse qui se nommait ma mère. Enfin, j’avais atteint l’équilibre intérieur. Enfin, je serais débarrassé de la médiocrité omniprésente d’une famille inculte, lâche et cruelle qui tire vers l’obscurité tout ce qui aspire à la lumière, d’une pauvre fille qui n’a de cesse de châtier autrui pour les choix qui en ont fait une ratée, de cette sangsue qui ne peut s’affirmer qu’aux dépens des autres, de cette caricature qui en est réduite à s’adresser à son entourage afin de déterminer que son comportement d’enfant gâtée ingrate est bel et bien ignoble. Enfin, mes quarante kilos superflus fondraient comme neige au soleil, et le corps sain célébrerait de nouvelles noces avec l’esprit. Enfin, un été savoureux s’annonçait pour moi. Enfin, je retrouverais le plaisir de la rencontre. Enfin, je conclurais ce blog pour passer à autre chose. Enfin, je pourrais me prouver que ma voie est la meilleure pour moi. Enfin, je serais à l’abri du racket mental du système, du chantage des bourgeois employeurs, du stress de la survie. Enfin, je pourrais vivre ma vie, de principes, de création, de partage et de débauche à la fois, et tourner le dos à la case qui m’est assignée, quelle qu’elle soit. Enfin, je serais indépendant, à quarante ans, de tout et de tout le monde. Enfin, l’austérité imposée s’évanouirait, et le plaisir referait surface. Enfin, je n’aurais que moi-même à blâmer en cas d’échec. Enfin s’achèverait le règne du sadisme rampant et lâche qui a ponctué une décennie de mon existence. Il suffisait pour cela d’un substrat de respect et d’une réminiscence de dignité. Mais était-il bien raisonnable de les espérer d’une marâtre qui choisira à coup sûr comme épitaphe : « ci-gît Nicole Goossens. Sa seule réalisation, la seule fierté de ses dernières années : avoir détruit la vie de son fils » ?… Fallait-il décidément qu’elle s’y accroche, à sa futile apparition sur cette Terre, qu’à ce jeu de dupes sans cesse renouvelé qui l’a détruite elle finisse par prendre goût, qu’à ce vain agencement par de sombres forces dicté dont toute saine volonté est absente par commodité elle se résolve, pour m’entraîner ainsi avec elle dans la perpétuation d’un si détestable cliché. Pas une ligne ne lui eussé-je sinon consacrée. Et chacun eût vécu en paix, de nouveaux horizons à sa portée. Si elle s’était effacée, comme il lui incombait de le faire, si, plutôt que de combler par une domination tyrannique le manque intérieur qui la ronge, elle avait enfin lâché prise, si seulement elle avait honoré sa parole et avait en temps utile sollicité la mienne, jamais je n’aurais dû écrire ces phrases. Ces phrases sont une légitime défense contre la perspective de me laisser ronger à mon tour, une nécessaire expurgation du mal, un antidote indispensable contre la bassesse qui par son épouvantable étreinte vise à m’annihiler. Elles sont la tragique réponse d’un verseau poussé à bout par un bouc au double langage gémellaire. Je ne suis ni mon père, ni ma mère. Qu’ils reposent torturés par leurs méfaits !

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« Enfants d’Irak, dites à vos dirigeants de mettre un terme à leurs bombardements, et vous vivrez en paix »…

http://www.lalibre.be/actu/international/irak-un-village-enterre-ses-morts-apres-un-attentat-de-l-ei-a-la-fin-d-un-match-de-football-56f68d6635702a22d5c117f0

Ils étaient là, et c’était tout. Beaux d’insouciance, puissants de sensibilité, sages sans le savoir. De toutes les couleurs, d’un commun horizon.

Ils étaient là. Ils n’auraient pas dû.

Enfants rescapés d'al-Asriya, 25 mars 2016http://nieuws.vtm.be/184294-trek-jullie-terug-en-leef-vrede

J’aime le chocolat, le Côte d’Or qui reste fidèle à sa recette d’origine. Celui aux noisettes entières a un goût inimitable, qui, en fondant, laisse dans la bouche une saveur caramélisée que les copies, inconsistantes, ne peuvent que lui envier.

J’aime le chocolat. Je ne devrais pas.

http://www.lalibre.be/actu/international/si-les-belges-continuent-a-manger-leur-chocolat-mise-en-garde-d-un-ministre-israelien-56f28f9835708ea2d3d6528d

J’aimerais jouir de la vie, à mi-chemin entre bohème libertaire et mystique apaisante, à mille lieues du mondain. J’aimerais regarder le ciel sans avoir à survivre, n’être pas qu’objet dans des regards livides. J’aimerais exister.

Je jouirai de la vie. Je ne devrais pas.

DImanche 20 mars 2016, Paris. Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Je serai un. Universel par l’essentiel. Telle sera, dans la lumière comme dans l’ombre, irréductible et irrécupérable, mon Entité supérieure.

Je serai un. Je ne devrais pas.

DUDH

http://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

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Séparer le bon grain de l’ivraie…

Après des siècles d’esclavage,
Le Belge sortant du tombeau,
A reconquis par son courage,
Son nom, ses droits et son drapeau.
Et ta main souveraine et fière,
Désormais peuple indompté,
Grava sur ta vieille bannière:
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Trump

Marche de ton pas énergique,
Marche de progrès en progrès;
Dieu qui protège la Belgique,
Sourit à tes mâles succès.
Travaillons, notre labeur donne
À nos champs la fécondité!
Et la splendeur des arts couronne
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Villiers sous les lambris

Ouvrons nos rangs à d’anciens frères,
De nous trop longtemps désunis;
Belges, Bataves, plus de guerres.
Les peuples libres sont amis.
À jamais resserrons ensemble
Les liens de fraternité
Et qu’un même en’ nous rassemble :
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Froman

Ô Belgique, ô mère chérie,
À toi nos cœurs, à toi nos bras!
À toi notre sang, ô Patrie!
Nous le jurons tous tu vivras!
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle:
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Daesh

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