Expressions de sagesse passagère

Citation pour citation…

« Les pauvres sont le visage monstrueux  de l’inefficacité du libéralisme à produire autre chose que des névrosés de l’accumulation des fortunes. »

(samedi 13 mai 2017, Villejuif)

Les riches satisfaits au milieu d’océans de pauvres sont le visage monstrueux d’un nouveau féodalisme qui liquide l’humanisme par pertes et profits.

« Les gens qui n’ont jamais reçu de coups sur la figure m’inquiètent toujours un peu lorsqu’ils sont au pouvoir. »

(France Culture, lundi 8 mai 2017)

Lorsqu’ils sont au pouvoir, les gens qui estiment avoir une revanche indistincte à prendre au nom des coups qu’ils ont reçus peuvent s’avérer aussi inquiétants que ceux qui n’en ont reçu aucun.

 

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Du pouvoir d’excommunier les meurtriers, de l’hypocrisie de les savoir si proches…

 

 

 

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Tony Conrad – Jeffrey Lloyd : le dessous des cartes de Troc International…

Il y a cul dans occulte. Y a-t-il pour autant sa place ? Hé, toi l’ami, qui l’a mis là ? Et pourquoi l’y laisser ? Par pruderie, peut-être ? Par exclusivité ? How ‘kiss’ in French do you say ?… La mère qu’on voit danser, le looong des… La mère…  Fût-elle rassasiante, laide est la crudité à voir. C’est Big J qui l’a dit. Big J le DJ. Aux platines de la pine. Enfin, je crois… Une bonne dizaine de fois… Aaaah… Abondantes comme la rosée sont les averses des matins fastes. Et sonnez les mâtines, ding dang dong, ding dang dong… Non, mais sérieux, z’avez pas honte ? Avec, au milieu des fougères, tous ces robustes arbustes en rang serré tendus vers le ciel comme autant de défis sacrilèges, ces plantes sauvages aux pistils gorgés de vie ruisselante. C’est une putain de forêt, ma parole ! Christopackez-moi ça, voulez-vous ! Ah, ah !…

Gabriel Loppé, La tour Eiffel foudroyée, 1902Gabriel Loppé, tour Eiffel foudroyée (1902) ou geyser élec-trique ?

Mate-moi cette coupole, m’avait dit celui qui m’avait croqué. Anges d’un côté, démons de l’autre. Ridicule, lui avais-je rétorqué ! Tiens, encore un cul… Blindé comme du Rivelli, d’ébène facture forcément. Je dis pas qu’il faut les sortir à tout bout de champ, nan. Een beetje fatsoen, merde ! Mais pourquoi pas ici et là, où ils ne s’y attendent pas ? Pour assaisonner de piment écarlate l’obscurité blafarde des nuits brumeuses… A l’Elysée l’orgie SM crépusculaire. A nous l’aurore de la touze place de la Rep !!!

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The forbidden peace of mind (3) : serenity reloaded…

Quelle vie épanouie ne vivrions-nous tous si les uns les autres, au gré de péripéties infamantes concoctées pour nous faire perdre notre temps, nous ne nous échinions, par délectation ou commandement, à nous la gâcher pour leur plaisir…

« Jamais [plus] vous ne serez capable de sentiments humains ordinaires. Tout sera mort en vous. Vous ne serez plus jamais capable d’amour, d’amitié, de joie de vivre, de rire, de curiosité, de courage, d’intégrité. Vous serez creux. Nous allons vous presser jusqu’à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous-mêmes.« 

Ulysse 31, Le Fauteuil de l’Oubli

Notre passé est nôtre, comme le passé est commun. Pourquoi, tandis que l’humanité s’obsède de sa lointaine origine, l’homme devrait-il à la sienne renoncer ?

***

Que vieillesse soit sérénité, sagesse et inspiration; est-elle en soi angoisse, mesquinerie et dénigrement, qu’elle s’éteigne !

 

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The forbidden peace of mind : the curse of the snake…

Enfin, je me sentais renaître. Enfin, je pouvais respirer. Enfin, je m’affranchirais une fois pour toutes de la perverse emprise de cette vieille rosse qui se nommait ma mère. Enfin, j’avais atteint l’équilibre intérieur. Enfin, je serais débarrassé de la médiocrité omniprésente d’une famille inculte, lâche et cruelle qui tire vers l’obscurité tout ce qui aspire à la lumière, d’une pauvre fille qui n’a de cesse de châtier autrui pour les choix qui en ont fait une ratée, de cette sangsue qui ne peut s’affirmer qu’aux dépens des autres, de cette caricature qui en est réduite à s’adresser à son entourage afin de déterminer que son comportement d’enfant gâtée ingrate est bel et bien ignoble. Enfin, mes quarante kilos superflus fondraient comme neige au soleil, et le corps sain célébrerait de nouvelles noces avec l’esprit. Enfin, un été savoureux s’annonçait pour moi. Enfin, je retrouverais le plaisir de la rencontre. Enfin, je conclurais ce blog pour passer à autre chose. Enfin, je pourrais me prouver que ma voie est la meilleure pour moi. Enfin, je serais à l’abri du racket mental du système, du chantage des bourgeois employeurs, du stress de la survie. Enfin, je pourrais vivre ma vie, de principes, de création, de partage et de débauche à la fois, et tourner le dos à la case qui m’est assignée, quelle qu’elle soit. Enfin, je serais indépendant, à quarante ans, de tout et de tout le monde. Enfin, l’austérité imposée s’évanouirait, et le plaisir referait surface. Enfin, je n’aurais que moi-même à blâmer en cas d’échec. Enfin s’achèverait le règne du sadisme rampant et lâche qui a ponctué une décennie de mon existence. Il suffisait pour cela d’un substrat de respect et d’une réminiscence de dignité. Mais était-il bien raisonnable de les espérer d’une marâtre qui choisira à coup sûr comme épitaphe : « ci-gît Nicole Goossens. Sa seule réalisation, la seule fierté de ses dernières années : avoir détruit la vie de son fils » ?… Fallait-il décidément qu’elle s’y accroche, à sa futile apparition sur cette Terre, qu’à ce jeu de dupes sans cesse renouvelé qui l’a détruite elle finisse par prendre goût, qu’à ce vain agencement par de sombres forces dicté dont toute saine volonté est absente par commodité elle se résolve, pour m’entraîner ainsi avec elle dans la perpétuation d’un si détestable cliché. Pas une ligne ne lui eussé-je sinon consacrée. Et chacun eût vécu en paix, de nouveaux horizons à sa portée. Si elle s’était effacée, comme il lui incombait de le faire, si, plutôt que de combler par une domination tyrannique le manque intérieur qui la ronge, elle avait enfin lâché prise, si seulement elle avait honoré sa parole et avait en temps utile sollicité la mienne, jamais je n’aurais dû écrire ces phrases. Ces phrases sont une légitime défense contre la perspective de me laisser ronger à mon tour, une nécessaire expurgation du mal, un antidote indispensable contre la bassesse qui par son épouvantable étreinte vise à m’annihiler. Elles sont la tragique réponse d’un verseau poussé à bout par un bouc au double langage gémellaire. Je ne suis ni mon père, ni ma mère. Qu’ils reposent torturés par leurs méfaits !

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« Enfants d’Irak, dites à vos dirigeants de mettre un terme à leurs bombardements, et vous vivrez en paix »…

http://www.lalibre.be/actu/international/irak-un-village-enterre-ses-morts-apres-un-attentat-de-l-ei-a-la-fin-d-un-match-de-football-56f68d6635702a22d5c117f0

Ils étaient là, et c’était tout. Beaux d’insouciance, puissants de sensibilité, sages sans le savoir. De toutes les couleurs, d’un commun horizon.

Ils étaient là. Ils n’auraient pas dû.

Enfants rescapés d'al-Asriya, 25 mars 2016http://nieuws.vtm.be/184294-trek-jullie-terug-en-leef-vrede

J’aime le chocolat, le Côte d’Or qui reste fidèle à sa recette d’origine. Celui aux noisettes entières a un goût inimitable, qui, en fondant, laisse dans la bouche une saveur caramélisée que les copies, inconsistantes, ne peuvent que lui envier.

J’aime le chocolat. Je ne devrais pas.

http://www.lalibre.be/actu/international/si-les-belges-continuent-a-manger-leur-chocolat-mise-en-garde-d-un-ministre-israelien-56f28f9835708ea2d3d6528d

J’aimerais jouir de la vie, à mi-chemin entre bohème libertaire et mystique apaisante, à mille lieues du mondain. J’aimerais regarder le ciel sans avoir à survivre, n’être pas qu’objet dans des regards livides. J’aimerais exister.

Je jouirai de la vie. Je ne devrais pas.

DImanche 20 mars 2016, Paris. Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Je serai un. Universel par l’essentiel. Telle sera, dans la lumière comme dans l’ombre, irréductible et irrécupérable, mon Entité supérieure.

Je serai un. Je ne devrais pas.

DUDH

http://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

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Séparer le bon grain de l’ivraie…

Après des siècles d’esclavage,
Le Belge sortant du tombeau,
A reconquis par son courage,
Son nom, ses droits et son drapeau.
Et ta main souveraine et fière,
Désormais peuple indompté,
Grava sur ta vieille bannière:
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Trump

Marche de ton pas énergique,
Marche de progrès en progrès;
Dieu qui protège la Belgique,
Sourit à tes mâles succès.
Travaillons, notre labeur donne
À nos champs la fécondité!
Et la splendeur des arts couronne
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Villiers sous les lambris

Ouvrons nos rangs à d’anciens frères,
De nous trop longtemps désunis;
Belges, Bataves, plus de guerres.
Les peuples libres sont amis.
À jamais resserrons ensemble
Les liens de fraternité
Et qu’un même en’ nous rassemble :
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Froman

Ô Belgique, ô mère chérie,
À toi nos cœurs, à toi nos bras!
À toi notre sang, ô Patrie!
Nous le jurons tous tu vivras!
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle:
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Daesh

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Honni soit qui mal pense !

Immortality can only be reached after the eradication of humanity, in such a way that the post-mortal dream is bound to be engulfed in a human vacuum.

In order to measure up with God, humanity has to die…

Jens Fänge, A.E.N. (in a box) [modified]Réfuter le déni

Faire sens face au non-sens

Ressentir par-delà le vide

Doesn’t it ?

Bing Satellites, Sub Wave Tension Theory

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Over mij was er niets geschreven
Et tout écrit à mon propos
Amounted to pure speculation…

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« The smart way to keep people passive and obedient is to strictly limit the spectrum of acceptable opinion, but allow very lively debate within that spectrum […]. »

Noam Chomsky, The Common Good, Odonian Press, Berkeley (CA), 1998, p. 43

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« […] si le stratège est l’homme qui dit : “Qu’importe telle mort, tel cri, tel soulèvement par rapport à la grande nécessité de l’ensemble et que m’importe en revanche tel principe général dans la situation particulière où nous sommes”, eh bien, il m’est indifférent que le stratège soit un politique, un historien, un révolutionnaire, un partisan [de tel ou tel régime politique] ; ma morale théorique est inverse. Elle est “antistratégique” : être respectueux quand une singularité se soulève, intransigeant dès que le pouvoir enfreint l’universel. Choix simple, ouvrage malaisé : car il faut tout à la fois guetter, un peu au-dessous de l’histoire, ce qui la rompt et l’agite, et veiller un peu en arrière de la politique sur ce qui doit inconditionnellement la limiter. »

Foucault, Inutile de se soulever ? in Le Monde, 11-12 mai 1979

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« Il y a de l’avenir là où les humains seront capables de mettre les automatismes au service de la désautomatisation. »

Bernard Stiegler, conférence aux Journées scientifiques de l’INRIA, Lille, 25 juin 2014

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– INSERT EN COURS DE REDACTION –

Apparat, Fractales

ENDOCTRINER : user avec régularité, dans une optique d’entraînement socio-affectif, de divers moyens de pression physiques et psychologiques tels que la peur, l’espoir, l’identification, la culpabilité, la récompense, le détournement de l’attention, l’éreintement, l’intrusion dans la vie privée, le confinement, la torture, la mise à mal de toute notion de justice, le harcèlement sous toutes ses formes, ou encore le martèlement à l’infini des mêmes affirmations, en s’employant à court-circuiter les capacités de réflexion critique de l’individu dont on se propose de modifier les pensées, voire la personnalité, dans un but fonctionnaliste. L’endoctrinement est une forme élaborée, déclarée ou insidieuse, de manipulation mentale, qui aboutit, selon une perspective inégalitaire, dirigiste et dominatrice, souvent concertée, et susceptible de revêtir un caractère totalitaire, à dénier à l’individu son individualité, à le détruire et à le remplacer par une unité productive dénuée de sens propre et téléguidée. (Wikipedia, augmenté)

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There is but one true challenge in life : still being able to genuinely marvel at life once you’ve discovered what the world is all about. All the rest is pastime !

Il n’y a qu’un seul véritable défi dans la vie : être en mesure de garder une sincère capacité d’émerveillement une fois que l’on a découvert comment fonctionne le monde… Tout le reste est passe-temps !

Er is maar één werkelijke uitdaging in het leven : in staat blijven om oprecht vervuld te worden met verwondering eens je ontdekt hebt hoe de wereld in mekaar zit. Al het overige is tijdverdrijf !

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Je suis, donc je ne suis pas !

Nous vivions dans un monde qui dépréciait la vie.

Nous vivions dans un monde où la société était mirage.

Nous vivions dans un monde codé par des doctrines factieuses.

Nous rejetions ce monde.

Notre ambition était coopérative.

Le nouveau monde nous revenait !

En toute humilité…

Wolfgang Laib, Wachsraum (1994)

Je voyais des guignols par prosélytique cooptation se livrer corps et âme à des maîtres-imposteurs, souscrire à genoux, dès la puberté tardive, à une vassalisation archaïque, répondre mécaniquement à des oukases dont ils ne connaissaient ni les instigateurs premiers, ni les objectifs finaux, réciter tels des mainates une logorrhée absconse, se laisser dicter leur conduite par de pseudo-savantes pourritures qui ne cherchaient qu’à se cloner, happer sans sourciller, leur volonté propre au placard, par un enfer artificiel créé au nom d’un Homme détourné, sacrifier l’équité sur l’autel d’un serment captieux, devenir ostensiblement insoucieux, si tant est que la sensibilité eût fait partie de leur registre, de toute détresse dénuée de sophistication, se constituer en clans au sein d’un invisible Empire, tandis qu’ils scandaient en chœur éteint l’hypocrite antienne du Changement, louaient les vertus d’une démocratie étrillée, et faisaient mine d’abhorrer l’obscurantisme. Puis, s’ils avaient, par quelque miracle, survécu au destin qui leur avait été assigné par le Grand Déterminisme, ils se comportaient pour la plupart en seigneurs décadents dont les velléités hégémoniques puériles n’étaient compensées par nulle autre retenue qu’une bienséance de façade, des seigneurs inscrits dans l’éternité erratique des pérégrinations rituelles de l’esprit telles qu’attestées par diverses formes d’écrits dont ne subsiste plus que la trace, des seigneurs romanesques, presque stevensoniens, à la diction livide et à l’esprit absent, que seul, passagèrement, le faux-semblant de la postiche bipolaire que permet une conscience refoulée avait préservés de l’idée mortifère qu’ils n’étaient que de passage, de la lancinante terreur qu’ils auraient un jour, dans cette tyrannie de coupole sanctifiée du fond des âges, à faire face à leur aride fugacité, des seigneurs qui couraient pathétiquement, à leurs heures perdues, par substituts émissaires interposés, derrière l’innocence évanouie de leur enfance terrassée afin de mieux la mettre à mort pour recommencer encore, dans ces temples du narcissisme de confrérie où l’immondice trop longtemps refoulée de leur collégiale pulsion charognarde avait, indiciblement et à intervalles réguliers, pris le dessus sur leur hautaine prétention d’exactitude géométrique, des seigneurs qui s’étaient, dans cet enfer où leurs vaniteuses parties de cache-cache les avaient fait se perdre, attribué la mission de tout surveiller afin de renforcer leurs prérogatives usurpées, de tout maîtriser afin de pétrifier le mouvement, de tout posséder afin de mieux soumettre, s’appropriant ce qui ne leur revenait qu’en songes, et vénérant l’automatisme supposé d’une nouvelle hiérarchie de classe atavique. Au mépris des enseignements ancestraux qu’ils décalquaient à la lettre, où la bête toujours était restée tapie, ils régissaient à la hâte leur mimêsis dramatique dans une temporalité longue décomposée cristallisée par l’éternel retour, à l’instinct par mimétisme viscéral de la reproduction familière, à l’habitus par impuissance caractérisée d’originalité, fonctionnaient par analogies, par similitudes, par catégories, et craignaient la nouveauté autant qu’ils cherchaient à l’étouffer. La peur qu’induisait leur désuétude, qu’ils n’osaient de surcroît affronter, n’avait d’égale que leur angoisse face aux conséquences de la société perméable à l’avènement de laquelle ils prétendaient hypocritement œuvrer, et dont des effigies passées desquelles ils avaient l’insolence de se réclamer, autrement plus illustres, autrement plus lettrées, autrement plus méritoires, autrement plus animées dans leur imperfection, avaient pavé la voie, des lunes et des lunes avant leur funeste apparition. Ils faisaient semblant, dans ce semblant de société dont le nivellement par le bas était la règle, la porcine communauté la clé. Ils me parlaient de maturité. Ils me parlaient de régression. Ils me parlaient d’état de nature… Du désir, ils avaient fait par la pulsion table rase, et fait en sorte que toujours le plaisir soit conditionné. Déjà-vu en ces latitudes : la sagesse, elle, pouvait attendre… Infantiles étaient leurs discrètes allégeances, ridicule leur cortège d’inféodations factices, purulentes leurs ramifications tentaculaires, morbides leurs sacres obsolètes. Et leur infection se répandait avec toujours plus de morgue sur la scène. La perpétuité de l’asservissement était redevenu leur horizon, l’arbitraire de l’autorité leur étendard, le totalitarisme contractuel leur apparat, l’estompement de leur responsabilité leur salut provisoire, le creux leur sceptre, les sables mouvants leur destinée. L’âge de pierre étant leur référent, ils avaient mué le langage en artefact au service de la banalité marchande. L’Art n’était plus ! Tout ce qu’osait arguer le paria à leurs équations éculées était subtilisé et retenu contre lui en une seule manœuvre par un rocambolesque mouvement d’hélices altéré qui fut, jadis, motif d’exaltation ultime. Tout faisait sens, mais rien ne devait faire sens, dès lors que le sens, fortifiés par le nombre qui de la masse avait raison, ils s’en considéraient à la fois les dépositaires naturels et les possessifs porte-parole. Par-delà les frontières, l’humanisme avait été submergé, moyennant prédation financière, par la technocratie nihiliste, la propagande réactionnaire, les mots d’ordre sectaires, les abus de pouvoir militaires, les processions légionnaires, la soumission volontaire, le phagocytage judiciaire, les collusions d’affaires, et la régression culturelle, requises et décrétées ex tempore par plusieurs obscurantismes qui, concrètement, n’en faisaient plus qu’un, plusieurs contre-réformes dos à dos lorsqu’elles n’étaient corps à corps : tenebrae a luce ! L’idéal de diversité égalitaire n’était plus que mythe, la conscience percolation, captée tantôt par une cohorte de potentats grégaires, tantôt par les agitateurs d’une idole momifiée originelle, la liberté tant rêvée de n’avoir plus à répondre qu’à elle, par conséquent, chimère. Ils souhaitaient sortir d’une impasse; ils s’y sont propulsés ! Ils souhaitaient l’homme fonctionnel. L’homme ratio-sensible n’était pas encore né. Il aspirait à naître. Il naîtrait ! Le paravent de la petite bourgeoisie avait couvert leurs agissements d’un voile protecteur. Le retour de la misère les a exposés. Par paradoxe, il n’était le fruit du hasard ! Ils étaient devenus transparents ; ils se croyaient encore invisibles. Nu, l’Ancien Régime est tombé. Vêtus de leur ruse, de leurs sophismes, masqués par la pénombre, qui faisait office de feuille de vigne nouvelle, ils s’imaginaient, par leur lâcheté partagée, cette lâcheté exclusive de réseaux souterrains, cette lâcheté thérapeutique de groupe qui confinait à l’aliénation mentale, cette lâcheté mimétique et, en vérité, très puritaine, cette lâcheté de l’interchangeable et, en définitive, de l’insignifiant, dans laquelle ils pensaient puiser leur force, prémunis contre pareille destinée. Et toujours, ils s’obstinaient à vouloir façonner à leur image une nature qu’ils exécraient, mais leur hologramme n’était plus, en toute logique, que celui d’une boue infecte : qu’espérer d’autre du néant ? La fatuité creuse était promue, le panache étincelant honni, la vie martyrisée, la mort chérie. La racaille ! Le terne blason de leurs privilèges contestés, le plus souvent héréditaires ou amassés par la fraude, était devenu le signe de l’infâme. Toujours à plus chétif, toujours à plus damné, ils réservaient leurs persécutions, eux les couards aux poches pleines, eux les poltrons affranchis, eux les amateurs d’austères ripailles, eux les petits maîtres orgueilleux de l’insigne faiblesse de rang ! La racaille, partout la racaille ! Longtemps, comme face à de misérables substituts d’aînés ingrats, les mécontents s’étaient contentés de la quémande, adressant leurs pitoyables suppliques aux chiffons rouges, non à ceux qui les agitaient, lesquels, bien sûr, étaient restés de marbre. Sans relâche, le tocsin du déclin des uns et des autres s’était fait entendre toutefois, fût-ce, à ces derniers, en écho. Ils avaient été prévenus par la plume, d’abord naïve, puis désabusée, cynique ensuite, rageuse enfin. Lui avait, comme jadis, répondu tantôt par le silence, tantôt par la dérision, le dogme d’infaillibilité. Leurs déficiences avaient été exposées à satiété, relatées jusqu’à plus soif, allégorisées à l’envi, virtualisées jusqu’à la nausée, et le ciel d’impatience devenait toujours plus pourpre. Qu’à cela ne tienne, ils s’accrochaient. Ils s’accrochaient…

Wilfredo Lam, La Réunion (1945)

« […] Moral courage means to defy the crowd, to stand up as a solitary individual, to shun the intoxicating embrace of comradeship, to be disobedient to authority, even at the risk of your life, for a higher principle. And with moral courage comes persecution. […] The omnipresent surveillance state […] creates a climate of paranoia and fear. It makes democratic dissent impossible. Any state that has the ability to inflict full-spectrum dominance on its citizens is not a free state. […] The relationship between those who are constantly watched and tracked and those who watch and track them is the relationship between masters and slaves. »

Chris Hedges, Oxford Union, Feb. 20, 2014

An illustration of Foucault's penitentiary system

Foucault, Surveiller et punir

***

« I’ve gotten disturbed at some of the Democrats’
anti-business behavior, the attacks on work ethic
and successful people. […] I think that attacking

THAT WHICH CREATES ALL THINGS

is not the right way to go about it. » (*)

J. Dimon, à g. sur la photo (salaire 2013 : 20 millions de $, en hausse de 74 %), PDG de JPMorgan Chase (bénéfice net 2013 : – 16 % / pénalité 2013 : 13 milliards de $, en raison de son rôle majeur dans la crise des subprimes / cours de l’action 2013 : + 33 %) (**)

James Dimon - Lloyd Blankfein

Coût total de la participation des banques commerciales au financement de campagnes politiques aux Etats-Unis (1998 – 2008)

154.868.392 $

Coût total du lobbying politique des banques commerciales aux Etats-Unis (1998 – 2008)

382.943.342 $

(***)

Coût total du lobbying politique des très grandes entreprises aux Etats-Unis (2009 – 2012)

+/- 283.000.000 $

(****)

(*) http://www.politico.com/blogs/politico-live/2012/05/dimon-im-barely-a-democrat-123290.html

(**) http://www.theguardian.com/business/2014/jan/24/jp-morgan-jamie-dimons-salary-billions-fines

(***) http://www.wallstreetwatch.org/reports/part2.pdf

(****) http://www.publicintegrity.org/2013/01/19/12057/bank-america-unions-among-newly-named-inauguration-sponsors

***

Nous ne sommes pas vos enfants. Vous n’avez rien à nous interdire.
Nous ne sommes pas vos élèves. Vous n’avez rien à nous enseigner.
Nous ne sommes pas vos acteurs. Vous n’avez rien à nous faire jouer.
Nous ne sommes pas vos subordonnés. Vous êtes les nôtres.
Vous n’êtes pas nos élus. Nous élisons des politiques.
Vous êtes rien.
Nous sommes.

 

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Sage journée dans les limbes de l’éternité…

Horloge de l'infini

La nuit est vie endormie, le jour rêve éveillé.

2 h.

Je n’appartiens pas à la société ; j’en suis exclu ou j’y suis inclus, invariablement inscrit dans l’Humanité.

3 h.

Rien de tel que le silence pour entendre la musique.

4 h.

Sur le papier, la note ne se meurt que si elle indique une voie.

5 h.

L’homme n’est pas animal plus social que les autres. Qu’il refuse de chérir sa part non violente d’animalité, et voilà qu’apparaît, magistrale, sa bestialité…

6 h.

L’homme est né avec l’outil. Il mourra avec lui.

7 h.

Plus une société promeut le semblable et le répétitif, plus elle se momifie.

8 h.

Etre pur dans une société homogène, c’est se plier à ses règles.

9 h.

Il y a beaucoup trop d’impôts dans nos sociétés : elles imposent un mode de vie, des habitudes, des légendes, et même des horaires…

10 h.

Si c’est de la bêtise que relève le mal, comment qualifier l’organisation de cette bêtise ?

11 h.

En plus de devenir les farouches gardiens de l’ordre qu’ils combattaient, les révoltés d’hier semblent avoir enfanté de cet ordre de nouveaux cerbères.

12 heures moins des poussièresIl n’est d’autre faiblesse véritable que celle qui abuse de la fragilité.

13 h.

Que de fois le transfuge de l’écran ne reproche-t-il aux demeurés qui le regardent de ne parvenir à se défaire de leur image ?

14 h.

Ôtez au langage son fard, ses sottes conventions, ses attributs de commerce et votre propension à vous l’approprier, et vous commencerez à parler…

15 h.

Jamais société pacifiée n’a-t-elle, de mémoire d’homme, produit tant de sons insignifiants, tant de bruit mortifère, que la nôtre.

16 h.

Lorsque la culture devient bêtise, la nature devient source d’équilibre.

17 h.

Paradoxale est l’eau : la pluie segmente le champ de vision, tandis que le ruisseau le rend infini.

18 h.

Ce sont les mêmes qui feignent de déplorer la montée des eaux troubles qui ignorent Bouddha autant qu’ils méprisent Rousseau.

19 h.

Idéalement, la grâce s’expose et l’animalité se tapit, presque autant que l’inverse.

20 h.

L’hypersensibilité peut trouver dans les livres le langage qui lui fait quelquefois défaut, mais jamais les livres n’induiront-ils la prescience qui accompagne l’hypersensibilité.

21 h.

Seuls les plus médiocres parmi les compositeurs classiques réécriraient aujourd’hui les mêmes compositions.

22 h.

Si la science pouvait parler, elle nous dirait à quel point la science hautaine est éloignée du savoir.

23 h.

A quoi sert l’esprit de l’homme antique s’il détourne de l’esprit du temps ?

24 heures et des poussières

Les sociétés ont ce don instinctif de s’attacher à ce qui fera leur perte.

 25 h.

Face à l’absurde, la sagesse consiste-t-elle à le combattre, à s’y résigner, à s’en faire un allié ou à le transcender ?

la 25e heure

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