Lettres ouvertes des plus surréalistes…

Frankie, t’as dit ceci l’autre jour…

Je sais qu’il y a du bon en toi, mec. Mais je peux pas m’empêcher de te poser les questions suivantes, qui ne te sont pas toutes adressées en particulier :

– Dans quelle mesure, s’il y en a une, les affects que tu évoques font-ils écho aux affectus spinoziens, plus angulairement à la structure qu’en propose ici la critique qui en est faite ? La colère y revêtant – comme ailleurs – le statut de passion, est-il question pour toi d’en déterminer plus explicitement la ou les cause(s) afin de transformer celle-ci en détermination, de l’amplifier, au risque d’en devenir toi-même l’une des causes extérieures, d’en réduire la portée morbide en lui adjoignant des passions plus gaies, ou simplement de mettre en résonance des affects communs que tu partages ?

– Le spectacle est sans aucun doute le producteur d’affects le plus efficace, tant à l’échelle de l’individu que de la masse. A l’ère du tout-spectacle, une « cause adéquate » est-elle encore possible ?

– L’homme (ou la femme) de spectacle, c’est-à-dire celui (ou celle) qui, tout en en faisant partie, le régit pour partie, instrumentalise toujours les affects. Or, il peut tromper, involontairement (en pensant faire quelque chose de juste ou de nécessaire) ou sciemment (en sachant que tel n’est pas le cas). Cette dernière hypothèse n’amène-t-elle pas indispensablement à s’interroger, en toute hypothèse, sur ses intentions ? Comment le faire et aboutir rationnellement à une conclusion ?

– Ce que tu as dit tout haut, la plupart – sinon la totalité – des politiciens ne le mettent-ils pas en pratique tout bas, depuis longtemps déjà, secondés en ce par la perversité de leurs omniprésentes agences de communication, qui, usant de moyens techniques et financiers inédits, s’avèrent toujours plus puissantes dans la suscitation d’affects au nom de néants ou de tromperies programmatiques ? D’ailleurs, la vocation première de tout politicien n’a-t-elle pas de tous temps consisté, depuis que le métier existe, à en susciter ? Le marketing de la peur, dont les diverses ficelles sont plus ou moins pertinentes (les migrants pour les uns, le nationalisme nouveau pour d’autres, par exemples), n’en mobilise-t-il pas de manière quasi permanente, dans des directions variées ? La Grande Répression, concomitante au marketing du mépris, en suscitant tantôt colère, tantôt mélancolie, n’est-elle pas elle-même une usine à affects ? Dans l’affirmative et dans ces conditions, ce qui distingue de ceux-là les affects dans ta proposition ne repose-t-il pas nécessairement sur une forme de manichéisme ? Assumes-tu celui-ci, y compris en ce qu’il peut renvoyer à une ontologie de la soumission (bourgeoise ou autre) ? Es-tu à l’aise avec la perspective que la mobilisation des affects puisse mener à la discipline ?

– Tous les affects suscitent-ils le mouvement ou certains ont-ils, au contraire, comme effet de provoquer l’apathie ? Une plus grande précision ne s’impose-t-elle ? Un politicien peut-il se la permettre sans être accusé de démagogie ?

– instrumentaliser les affects tout en l’annonçant, est-ce encore les instrumentaliser ? Une quelconque relation de confiance – parce que d’égalité – peut-elle raisonnablement s’établir dans d’autres conditions, c’est-à-dire lorsque pas même quelques indices d’une telle instrumentalisation et des buts qu’elle poursuit ne sont délivrés ?

– Les instrumentaliser contre un individu ou une somme d’individus sur base d’informations confidentielles glanées à son ou leur insu en agitant celles-ci, de manière évidente ou subliminale, comme autant de chiffons rouges, passant outre à une ou de multiples fin(s) de non-recevoir, comme peuvent le faire à l’égard de prospects, de ressources ou d’adversaires présumés, les agences de renseignement, relève-t-il, en définitive, d’une instrumentalisation des affects distincte ? Quelles sont, de manière générale, les limites éthiques de leur instrumentalisation ? A partir de quand les effets de cette dernière s’assimilent-ils à un préjudice ? A partir du court-circuit ou avant ? Et à partir de quand la concevoir comme relevant d’une forme de fascisme ?

– Lorsque cette instrumentalisation est malveillante (trahissant elle-même de ce fait une passion négative), lorsqu’elle réifie son objet, mais même dans l’absolu, qu’est-ce qui, du désir de toute-puissance sur soi-même ou du désir de toute-puissance sur autrui, est le plus légitime et le plus indicatif de maturité ? Comment séparer, parmi les signes et signaux extérieurs qui ressortissent au cours du monde et ceux, malveillants, qui les imitent par vanité, le bon grain de l’ivraie ? Comment, qu’à ces derniers l’on réagisse ou non, éviter de conférer l’impression que l’on y est sensible, c’est-à-dire que l’instrumentalisation produit ses effets ? Comment signaler que c’est l’instrumentalisation elle-même que l’on récuse, bien plus que l’on ne réfute son contenu ou sa forme ?

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Ms. Bachelet, what have you done ?…

Ms. High Commissioner,

 

Overall, the progressive U.S. press has not been too vocal about the extreme violence deployed by the French regime against the Yellow Vests. The most obvious reason for that might be that, should the time come, that is to say should a long-lasting popular rebellion against the current US administration emerge, said regime’s actions might very well serve as a precedent and a source of inspiration for all sorts of alt-right fanatics, their most outspoken proponent in particular…

Indeed, there’s no reason to deny Emmanuel is embarrassing the American left, and even, to some extent, corporate liberals, in that, as a self-proclaimed liberal himself, he has been empowering the most reactionary forces within French society while demonstrating to his American counterpart there’s really no need to show any kind of restraint when it comes to maintaining his privileged, so-called Jupiterian, position at any cost.

When, after three months of indiscriminate repression, unparalleled in recent French history, you called for a U.N. investigation into its legality with respect to human rights violations, did you measure you would actually ‘force’ the French regime into giving carte blanche to the most extreme factions of the non-yellow rebellion, some of which have plausibly been infiltrated by the very police units supposedly in charge of taming them (You can’t judge a “black block” by his ski mask…), in order to invalidate your call and proclaim some kind of national emergency in the name of which any form of protest would be prohibited, the army would be requisitioned to guard sensitive buildings and a deluge of firepower would be vindicated. Have you no shame, Madam ?!

As Col. Klink puts it, “the ignoble pressure” you and your ilk (like the French Defender of Rights) have been exerting on the French police have inexorably prompted the need for the French regime to reassert its authoritah ! You should have known better. You, Madam, should have let the little dipshit have his way, whatever the consequences for democracy. May this serve as a lesson to you all, as well as to your outdated Human Rights… Ugh !

https://www.nouvelobs.com/politique/20190320.OBS2087/grand-debat-86-des-francais-pour-un-changement-de-politique-economique-et-sociale.html

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Lettre ouverte aux parents du petit Emmanuel…

Chère Françoise, cher Jean-Michel,

 

Comment avez-vous pu ?…

Comment avez-vous pu mettre au monde ce rejeton et le priver de la plus basique éducation à la bienséance ? Sa perversion narcissique est-elle la vôtre ? Jouir du malheur d’autrui, est-ce là le patrimoine culturel que vous lui avez transmis ? Cette raclure est-elle à votre image, ou le monstre vous a-t-il échappé ? Que de vexations, que de brimades, ce gosse innocent n’a-t-il dû subir pour devenir un tel sociopathe acculturé… Si seulement vous vous étiez abstenus de l’enfermer dans la cave lugubre et froide de votre maison familiale, où il n’avait pour compagnie que le cadavre putréfié d’une vieille chatte martyrisée, chaque fois qu’il faisait pipi dans son froc…

Vous êtes bien plus que complices, vous et votre provincialisme catholique hypocrite; vous êtes directement responsables de l’inanité qui s’abat sur la France. Si j’étais vous, j’irais me cacher ! Quel est donc le vide transcendantal qui devait vous habiter pour que vous en arriviez à produire une telle caricature d’inhumanité ? Jean-Michel, pourquoi ne pas t’être cantonné au fion de Françoise ? Tu y étais bien au chaud, non ? Ou est-ce ce fion, au contraire, qui, par quelque aberration de la nature, a enfanté cette grosse merde pestilentielle ? Angoisse existentielle de la mère qui a perdu ses eaux face au risque, tant elle pousse, de mettre bas une selle : une névrose parmi d’autres que Freud avait amplement décrite. Aurait-il pu lui imaginer pareille concrétisation ?

Quoi qu’il en soit – fion matriciel complaisant ou médocs périmés ingérés pendant la grossesse –, voilà le peuple français tributaire de vos infamies contre-nature ! Comme dirait l’autre, vous avez été des outils de Satan. Et, pour cela, il vous faut à présent payer ! Réparer la punition collective que vos manquements ont infligée à ce qui était encore il y a peu (sauf pour certains, toujours les mêmes…) un doux pays de Cocagne !

Car, initialement, ce bambin n’aspirait bien sûr, comme tous les autres, qu’à l’amour, à l’affection. C’est vous et votre implacable masque bourgeois qui l’avez perverti : l’on ne devient pas tyran par hasard… Il faut s’être exercé à la mutilation d’animaux domestiques au préalable. Mais c’est aux citoyens, désormais, qu’il reviendrait d’encaisser la rancune d’une progéniture qui ne cesse de se débattre avec son complexe du homard ?

Vous prenez part à une course cycliste et, à la faveur d’une ultime échappée, vous voilà à deux doigts de la remporter lorsque soudain s’affale un membre d’une équipe adverse. Quelle est alors l’attitude la plus noble : franchir la ligne d’arrivée sans y prêter attention ou aider le malheureux à se relever, quitte à perdre la course ? nous apostropha ma première prof de religion à moi. Tandis que déraille un compétiteur après l’autre et que les spectateurs, afin d’être maintenus à distance, sont assommés de projectiles incapacitants, le morveux de votre ventre fécond surgi s’est affranchi de ce questionnement proprement philosophique. Vous avez de quoi être fie.è.r.e.s du résultat !

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Ça avance, p’tite catin ?

M. Pénicaud

Salut, p’tite pute ! C’est loin, Las Vegas, hein ! Ton gangbang encore plus. Tu te souviens ? « Je, je suis liberti-ne »… Quand tous ces employés de Danone t’avaient écarté le cul pour te foutrer bien gras. T’avais été grassement rémunérée ce jour-là, non ? T’avais pris plus que ta dose quotidienne de yop, hein. Puuutain, p’tite salope, t’aimais ça, hein ! Et main’ant, ça avance ? Réforme… Dans dix ans, tu te demanderas pourquoi la religion protestante sera si haïe. Tiens, ouvre ta gueule et prends-la, ma réforme, p’tite bâtarde ! J’vais t’en foutre à la rue par pelletées, de ces oisifs-là. Ceux qui courent les terrains de golf, c’est une autre race ! T’as la chatte écartée, là, hein, grognasse ? Comme une Melisandre qui se prépare à mettre bas. Si t’as envie de péter un bon coup, lâche-toi : on est entre nous. Mais viens pas te plaindre demain si tes clients sont trop pauvres pour t’bourrer. Tu feras des pipes à cinq euros d’APL pour t’acheter ta coke. Allez, à quatre pattes, chienne ! Travaille-moi le zob ! Tiens, ouvre et prends ma pisse d’abord. Avale. AVALE, J’TE DIS ! Oh, ouais ! Tiens, main’ant, bouffe ! Sinon, j’ vais te donner aujourd’hui ton pain de ce jour, tu vas voir. A fond, salope ! Putain, tous ces glaires qui te sortent de la bouche, t’as pas honte ? Regarde comme t’es visqueuse, dis ! Qu’est-ce tu dis, j’entends pas ? Bouffe ! Fais ton métier ! Ah bordel, ils s’étaient pas trompés, hein : t’es vraiment faite pour ça ! Viens là que j’te dilate, connasse ! Ton boss, il voulait la république à son image, non ? Ah, j’vais cracher, putain !

P. Peraita

Ajout du 3 mars 2019 : https://www.revolutionpermanente.fr/Decret-surprise-Macron-ouvre-la-chasse-aux-chomeurs

***

« Chefs d’Etat, de clan […], patrons, politiciens, militaires, tribuns, vedettes, bureaucrates et résidus familiers de l’autoritarisme, tous ont, dans la vulgarité qui les caractérise, un polichinelle dans le tiroir, un fœtus dans le bocal, en embryon desséché dans le cœur. Plus ils s’acharnent à l’exorciser, plus se révèle au grand jour leur puérilité réprimée. Les trépignements de la dignité offensée, ce doigt accusateur, ces pitoyables jérémiades, ce sourire narquois, cette culpabilité agressive […], qu’est-ce d’autre que singeries d’enfants brimés, blessures ravivées du passé, maladroitement dissimulées par la gravité et le sérieux de l’adulte responsable ? Voudraient-ils encore que l’on croie en eux ? On croirait plus simplement à leur humanité si, renonçant à traiter les hommes comme des morveux abêtis par la gifle et le mensonge, ils choisissaient soudain de préférer l’authenticité vécue aux prestiges dérisoires du paraître. »

Raoul Vaneigem, Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l’opportunité de s’en défaire, Seghers, Paris, 1990, p. 31

 

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Lettre ouverte au « taré du troisième étage »

P’tit morveux,

Est-ce que tu t’es regardé ? Tu te dis porteur de renouveau managérial en politique. Mais un manager d’entreprise cotée – car c’est bien ce qu’est devenue la France, n’est-ce pas ? – qui serait aussi lent à la détente que toi, je ne donne pas cher de sa peau. Qu’est-ce que t’es lent dans la caboche, mec ! D’une lenteur de papy dont pas même Chirac n’avait fait la démonstration. Tu marches sur place, garçon. T’es une statue vivante.

Car, en plus d’être épouvantablement lent, t’es aussi antédiluviennement inflexible, alors que c’est une société de la flexibilité que t’appelles de tes vœux. Avant que ça ne devienne la ratonnade généralisée, c’était bien ça, « notre projet », non ? T’es une statue de cire, « Choupinet », un control freak, une caricature de toi-même. T’es un incapable. Une espèce d’Edward Scissorhands qui aurait mal tourné, un homard à la sauce Dolto de la quarantaine. Le Staline du libéralisme.

Tu crois que ça va s’éteindre ? Laisse croire les béguines, petit. Pour un moment peut-être, mais ton mal est fait : quel que soit le degré de violence que tu seras parvenu à susciter demain (Entre parenthèses, je serais eux, je planterais les SS sur les Champs, et j’irais au dernier moment, avec des milliers d’autres, casser la salle des fêtes du Touquet, là où ces tordus ne s’y attendent pas : l’imprévu, les gars, l’imprévu du pouvoir et du rapport de forces !), tu seras incapable d’altérer la légitimité ultra-majoritaire du mouvement, car même si les Français en venaient soudain, comme tu l’escomptes, à honnir viscéralement la violence de quelques-uns des leurs, ils sauront la distinguer de ce qui les lie : le retour à l’expéditeur de l’incommensurable mépris que tu as déversé sur eux, féminin y compris.

Partage désormais le quotidien des opprimés de l’économie qui t’est si chère, p’tit bouseux au maniérisme de monarque : même tout calme fugace sera désormais pour toi aussi source d’angoisse. Et il le sera même plus que les épisodes de poudre et d’étincelle. Toi aussi dorénavant, tu connaîtras comme jamais auparavant les effets terrifiants de la gestion par le stress. Ton palais de Playmobil statique, ta dulcinée, tes comptes à l’étranger, ta réputation internationale, la trace favorable que tu espérais laisser dans l’histoire de France, jusqu’au peu de dignité qu’il te reste : tout te sera subtilisé, banquier. Mais, à la différence du citoyen ordinaire, toi, tu l’auras mérité !

Dans cette perspective, reçois, p’tit morveux, l’expression figurée de mon expectoration distinguée à ta face bouffie de vanité.

 

Yannick Baele

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Réponse officielle au kidnappeur d’enfants

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_lettre-de-trump-aux-membres-de-l-otan-charles-michel-pas-tres-impressionne-par-ce-type-de-courrier?id=9959621

nytimes.com/2018/07/02/world/europe/trump-nato.html

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A Madame Knoll…

Bien plus que d’un attribut, c’est d’un être

Madame, comment avez-vous fait

Ce regard qui dans le cinquième âge

Pétillait sans relâche si insolemment

Cet émerveillement que l’on y pouvait lire

Malgré tant de saccage, et autant de tourments

Vous êtes là désormais

Nous dans l’ici tourmenté encore

Vous la vie bafouée, tout là-haut, souriante

Nous autres déchus, sans signe de remords

Au Mal vous ne croyiez

Mais il croyait en vous

Il vous a enveloppée, huée, et ce n’était pas tout

Vous supplantant dès les premières heures

Votre tendresse comme fagot de bûcher

C’est votre cœur, retors, qu’il a politisé

Vous aviez fui la bassesse

Vous jouant des lignes imaginaires

Mais ici-bas lui échappe-t-on jamais vraiment

Puissiez-vous dans l’allégresse à présent

Illuminer notre calvaire

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Ton hégémonie, je la piétine, je la tasse, je la mouline et j’en fais du hachis !

Tu vois, mon gars, je te fais pas confiance. Je te connais trop pour ça, et je t’ai vu à l’œuvre, lorsque personne d’autre ne regardait ou n’était en mesure d’entendre. Ce n’est pas que je fasse davantage confiance aux autres : si je choisis de m’adresser à toi en particulier, c’est que de tous les programmes que vous autres névrosés proposez à la plèbe, c’est dans le tien, sur le papier, que je trouve le plus d’éléments auxquels je sois susceptible de me rallier.

Névrosés ? Oui, il faut l’être pour ainsi gâcher sa vie à caresser l’espoir de pouvoir enfin réguler celle des autres. Regardez-vous, bon sang : vous êtes pathétiques dans votre acharnement à consacrer toute votre énergie et tout votre langage à ce qui, somme toute, est sans doute le plus dérisoire dans la cénesthésie universelle. Et ce ne sont pas quelques vers ici ou là en fin de discours qui convaincront que vous n’êtes pas obsédés par l’accessoire. Que vous n’êtes pas des pervers narcissiques désespérément à la recherche de votre dose de reconnaissance, éternellement en marge du mystère et de la vérité de l’existence, dont seuls des psychotropes plus généreux et plus essentiels que la politique peuvent fournir la clé.

Quel que soit le programme que vous vous targuez de porter, votre drogue à vous glorifie l’indigence de l’esprit : ça pue le renfermé dans vos casernes ! Tout est politique, certes, il est important de s’en rendre compte. Précisément pour pouvoir chasser le politique – et surtout les politichiens – des endroits où ils n’ont pas à se trouver, en premier lieu de nos esprits et de nos expérimentations individuelles : quel est donc ce système social, cette prétendue démocratie, qui prétend réglementer, même en l’absence de nuisance à autrui, notre accès aux autres perceptions du monde, rabaisser nos vies à la vulgarité télévisuelle du déni de réalité parallèle, embastiller nos consciences ad vitam aeternam ?! Nos consciences, en ce qu’elle sont perceptions du monde, n’ont que faire du parti, du marché, de la démocratie, qui sont autant d’obstacles à leur élévation. Nos consciences n’ont pas à être des objets de délibération collective extérieurs à elles-mêmes. Qu’elles le soient en dit long sur les fondements, le fonctionnement et les finalités du système social qui vise ainsi, sous la férule de ses grands-prêtres, à les assujettir.

Pourquoi ne te fais-je pas confiance, ô Grand Timonier honteux ? Pour une série de raisons…

Pour commencer, ballot, je ne t’imagine pas baiser autrement que par saccades drues et crues. Paf ! Paf ! Paf ! Ça doit être violent, mécanique et plein de rancœur. Un peu SM aussi, peut-être. On ne perçoit, en effet, aucune tendresse, aucun romantisme joyeux, dans ce que tu affiches. Mais fi de la psychologisation ! Je pourrais, à mon tour, me voir qualifié de branleur. La sexualité des chômeurs poussés à bout, autrefois saine, bucolique et révolutionnaire, n’a pourtant pas la cote dans la lucarne. Au moins à cet égard, toutefois, suis-je désormais adapté à l’image à laquelle m’avaient assigné conformes comme tordus. Fi de la psychologisation donc, bien que nous sachions fort bien, toi et moi, qu’en politique, tous les moyens sont bons, non ?

Grief suivant : face à Mouffe, tu as déclaré qu’il fallait s’y faire : qu’espérer, de nos jours, comme naguère, un engagement corps et âme, sans faille, des masses à un projet politique était illusoire, et que chaque fois, ponctuellement, il faudrait donc convaincre des individus de se joindre à la lutte. Poncif parmi les poncifs que cette lutte, autre mot repoussoir qui masque mal qu’elle n’est elle-même que détermination et aliénation si ceux qui luttent sont voués, par perpétuel recommencement, à être toujours les mêmes, et que leur lutte pour leur survie les éloigne de la vie : lutter pour sa survie, tu sais pas trop ce que c’est, toi, si ? Préférons à cette maudite lutte de père en fils et ainsi de suite, dans une absurdité sans fin dont d’aucuns sauront toujours tirer parti, le sabotage (au sens à la fois historique et figuré) : c’est tellement plus libérateur, plus jouissif, c’est tellement plus poétique ! Lucide constat de départ néanmoins, aussitôt contredit par ce ballon d’essai relatif à la création possible de troupes de scouts insoumis, sorte de Mélenchonjugend qui ne serait sans doute que l’avant-garde du nouvel enrégimentement : restons entre nous, camarades; nous reconnaîtrons mieux les nôtres, et les préserverons ainsi des idéologies des enfants ennemis. Et du berceau à la tombe chacun grâce au (non-)Parti de nouveau saura que penser.

Un aparti sans leader désigné, encore moins élu : plus c’est « gazeux », plus « le meilleur d’entre nous » pourra dissiper le gaz le moment venu, n’est-ce pas ? Occupy Occupy, il fallait y penser… La brume, d’ailleurs, n’est pas si épaisse : un jour, le non-leader leader affirme qu’il n’est que le président de son groupe parlementaire, le lendemain ses lieutenants le présentent sur les plateaux comme le Primus de la F.I. (sine pares, en la circonstance). Ou comment cornaquer un mouvement sans en avoir l’air… Le problème, c’est que tout ça se voit !

Comme se voit, depuis l’épilogue des dernières législatives, cette piteuse stratégie de coup d’Etat permanent depuis les bancs de l’opposition : on allait renverser Macron à peine ce dernier avait-il été installé sur son promontoire. Le tout, c’était d’y croire ! Et de le faire croire aux gogos ignorants brinquebalés sans ménagement d’un bout à l’autre de l’échiquier de pacotille en témoignage du respect que tu leur portes. Pardi, un million de gogos défileraient sur les Champs-Elysées ! Pas un de moins ! Et ce alors même que la gloutonne avant-garde avait déjà perçu – ou l’aurait dû – que les carottes étaient cuites. On a beau chercher tous les motifs de disculpation du monde, ça renseigne sur le sérieux de la démarche, et la foi que les gogos pourront lui accorder à l’avenir. Et ça tend à confirmer que la raison est ailleurs que dans ce camp où règnent les passions les plus folles, celles sans lendemain : quel homme de soixante-six ans est-il si dénué de sagesse pour s’agiter ainsi constamment comme un enfant au seuil de la puberté ? Un tel homme peut-il inspirer confiance au plus grand nombre ?

C’est également le sérieux de la démarche qui est en cause dans la volonté d’hégémonie (culturelle) nouvelle dont tu te proclames le héraut. Car, enfin, t’a-t-il échappé que plus aucun mouvement ne fait date. Que face à nous se déploie comme jamais le rouleau compresseur de l’instantanéité permanente. A supposer même qu’elle soit pertinente, comment diable ton hégémonie pourrait-elle, dans le meilleur des cas, durer plus d’un mandat, deux à la rigueur, si ce paramètre cardinal est renvoyé au subconscient ? Hégémonie-mirage, soif de pouvoir avérée…

Et pertinente, l’est-elle à la base ? N’est-elle pas que trou noir qui se devra d’absorber au préalable toute discordance de gauche qui prendrait ses libertés avec la ligne de l’aparti ? La culture doit-elle être enchaînée à un objectif apartisan, l’Art dévoré par le rapport de forces, la multiplicité se fondre dans l’Un ? Tu me dis hégémonie. Pour le coup, je te réponds branlette puérile. Et le show qui va avec !

L’alcool est (littéralement) une pourriture. Je me souviens que, face à un mendiant praguois qui demandait l’aumône, l’un de mes profs communistes du secondaire, auquel j’ai déjà fait référence ici, m’avait dit que refuser de lui donner de l’argent sous prétexte qu’il l’utiliserait nécessairement pour se bourrer la gueule, et ne lui laisser le choix qu’entre lui acheter l’un ou l’autre produit plus sain au supermarché du coin et ne rien lui donner du tout serait attitude paternaliste de bourgeois. Paradoxalement, ce pourrait aussi trahir une rigidité communiste, le libre arbitre de l’individu concerné n’ayant pas voix au chapitre dans pareille alternative : entre rien et quelque chose, toute personne sensée choisira quelque chose, même si ce n’est pas ce à quoi elle aspirait. Or, si ce à quoi cet individu aspire, disais-tu encore dans ton dialogue avec Mouffe, n’est autre qu’une vie bourgeoise standard, et si les pauvres d’hier, une fois remis à niveau, se joignent à cette aspiration, pourquoi donc mériteraient-ils que l’on s’intéresse à eux ? Ainsi va l’hégémonie, cher JL, qui à la première occasion qui lui en serait donnée, irait à l’encontre non pas uniquement d’un individu, mais de la majorité de ceux-ci, fût-ce au sein d’une hypothétique Constituante…

Pour conclure, il est une question, saugrenue je l’avoue, à laquelle, dans ton cas, contrairement à Corbyn et Sanders (dont le flegme n’a rien cédé aux manipulations médiatiques), je ne saurais répondre avec certitude : si, pendant le réveillon de Noël, un esprit te visitait et te disait que tu auras le pouvoir que tu as toujours tant convoité, ce pouvoir de névrosé, à l’unique condition que tu assassines un individu, un soir dans une ruelle déserte, disons un jeune enfant par exemple, ce dont personne jamais ne saura quoi que ce soit, y renoncerais-tu ?…

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Ma vraie profession de foi

Mes chers concitoyens,

Je suis faux de fond en comble,

En toute chose, à tous égards.

En même temps, je vous embrène.

Pourtant, vous m’élirez.

Parce qu’à ma coterie il n’y a pas d’alternative.

A cela, d’autres ont veillé.

Le sens de la vie, c’est que rien n’a de sens,

Excepté la jouissance

De l’argent,

Du pouvoir qu’il confère sur les gens.

C’est de Baudelaire.

Qui ne saute pas n’est pas Baudelaire, ouais, ouais !

Hier soir, j’ai démontré l’inexistence de Dieu,

Mais je pourrais tout aussi aisément démontrer le contraire

Quand il siéra à Ma Majesté.

Je suis froid, je suis hobbesien.

L’homme est mauvais

Et il doit le rester.

Killer, mais avec le sourire.

L’autre n’en avait pas, c’est ce qui l’a perdu.

C’est vrai, je n’ai rien à dire,

Mais je vous le dis quand même

Parce que je vous aime

Et que vous n’êtes rien pour moi

D’autre que marchepied vers ma gloire.

Je n’ai que faire de vos histoires,

De vos vies misérables,

Sur lesquelles je pisse de dégoût.

Je suis le Lincoln qu’il faut à la France

Avant que la guerre civile ne commence

Je suis la voie, l’espoir, la lumière et le savoir,

Suivez-moi !

Un coup à gauche, un coup à droite,

Deux coups en un, je vous exploite,

Au final, c’est juste un rêve que je vous offre.

Une hallucination.

Ayez confiance

Et n’ayez crainte.

Je n’en veux qu’à votre être,

A vos piètres existences,

Enchaînées à la roue,

Courbées comme il se doit.

Qu’elles rapportent, que diable !

Majordome, mon fouet !

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Donald, this is from me to you…

They’re everywhere, man. But only you can see them. It’s a parallel world. And it’s not just the spooks. It’s the journalists too. They’ve got those devices. They can listen in to all your conversations through the mic inside your TV or your PC. Trust no one ! And be thankful to Wikileaks (once more)…

Take me, for instance : the other day, I farted while writing an online application for some stupid job. The next day, my favorite talk show host dedicated his monologue to fat people farting. Can you believe it ? Then he winked while looking straight at me through the camera. Coincidence ?

Another one : I’ve had this beef with Nicole lately. It’s well documented. And there’s, like, this closet at my grandma’s house containing objects from my childhood, as well as my teenage and college years. I’ve never mentioned it to anyone. Among those is a book I was very fond of as a kid. It’s called « Rox & Rooky« . It’s about the adventures of a fox and his canine friend. Well now, believe it or not : one day, a few months ago, I tuned in to this morning show I sometimes listen to. There’s an imitator in it. Quite talented but very bitchy. Didn’t he find a way to fucking mention that fucking book everyone else must have forgotten by now ?! He did it twice, the motherfucker, in case I hadn’t heard it the first time !!! Coincidence ?

Those people invite themselves into your living room, man, your oval office, your hotel, your beach resort, or whatever, depending on your lifestyle. Literally. And if you move, they move with you. They’ve got spies all over the place. They pay your friends and relatives to gather confidential stuff about you, which they then distillate in their shows for your ears only to make you feel uncomfortable. And you don’t know them. You’ve never met them. But they seem to know you. They know no boundaries whatsoever, and they don’t have the slightest dignity. A new form of GesTaPo unlike any of its predecessors, I’m telling you. The enemy of the people, man. True that ! There’s no other way of putting it…

A few years ago, I went to this gay spa, where I sucked some huge black cock. The guy looked a lot like Devon Lebron, but with an even bigger dick and a set of impressive low hangers. The next day, Omar Sy (you know, from “X-Men, Apocalypse”) appeared on TV denying his alleged homosexuality. And the list goes on, and on and on : no place to hide… Sometimes, like Pink Floyd, I feel like singing “What Do You Want From Me ?”. Because they’re clearly expecting something, goddammit !!! But what good would that do ?

I also had this shady deal with some corrupt notary public of Russian descent. It’s been going on for over two years now. The guy owes me two million bucks in exchange for a few kilos of coke and some stolen goods. Refuses to pay. That’s because he knows I’m being watched, and all my contacts with me ! I mean, I can’t even kidnap him and remove one or two of his fingernails. Do you fucking realize what this is doing to my street rep ?!

So, I’m with you on this, buddy. Hang in there ! And don’t utter a word… cause they’re around, believe me !

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