Lettres ouvertes des plus surréalistes…

Réponse officielle au kidnappeur d’enfants

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_lettre-de-trump-aux-membres-de-l-otan-charles-michel-pas-tres-impressionne-par-ce-type-de-courrier?id=9959621

nytimes.com/2018/07/02/world/europe/trump-nato.html

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A Madame Knoll…

Bien plus que d’un attribut, c’est d’un être

Madame, comment avez-vous fait

Ce regard qui dans le cinquième âge

Pétillait sans relâche si insolemment

Cet émerveillement que l’on y pouvait lire

Malgré tant de saccage, et autant de tourments

Vous êtes là désormais

Nous dans l’ici tourmenté encore

Vous la vie bafouée, tout là-haut, souriante

Nous autres déchus, sans signe de remords

Au Mal vous ne croyiez

Mais il croyait en vous

Il vous a enveloppée, huée, et ce n’était pas tout

Vous supplantant dès les premières heures

Votre tendresse comme fagot de bûcher

C’est votre cœur, retors, qu’il a politisé

Vous aviez fui la bassesse

Vous jouant des lignes imaginaires

Mais ici-bas lui échappe-t-on jamais vraiment

Puissiez-vous dans l’allégresse à présent

Illuminer notre calvaire

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Ton hégémonie, je la piétine, je la tasse, je la mouline et j’en fais du hachis !

Tu vois, mon gars, je te fais pas confiance. Je te connais trop pour ça, et je t’ai vu à l’œuvre, lorsque personne d’autre ne regardait ou n’était en mesure d’entendre. Ce n’est pas que je fasse davantage confiance aux autres : si je choisis de m’adresser à toi en particulier, c’est que de tous les programmes que vous autres névrosés proposez à la plèbe, c’est dans le tien, sur le papier, que je trouve le plus d’éléments auxquels je sois susceptible de me rallier.

Névrosés ? Oui, il faut l’être pour ainsi gâcher sa vie à caresser l’espoir de pouvoir enfin réguler celle des autres. Regardez-vous, bon sang : vous êtes pathétiques dans votre acharnement à consacrer toute votre énergie et tout votre langage à ce qui, somme toute, est sans doute le plus dérisoire dans la cénesthésie universelle. Et ce ne sont pas quelques vers ici ou là en fin de discours qui convaincront que vous n’êtes pas obsédés par l’accessoire. Que vous n’êtes pas des pervers narcissiques désespérément à la recherche de votre dose de reconnaissance, éternellement en marge du mystère et de la vérité de l’existence, dont seuls des psychotropes plus généreux et plus essentiels que la politique peuvent fournir la clé.

Quel que soit le programme que vous vous targuez de porter, votre drogue à vous glorifie l’indigence de l’esprit : ça pue le renfermé dans vos casernes ! Tout est politique, certes, il est important de s’en rendre compte. Précisément pour pouvoir chasser le politique – et surtout les politichiens – des endroits où ils n’ont pas à se trouver, en premier lieu de nos esprits et de nos expérimentations individuelles : quel est donc ce système social, cette prétendue démocratie, qui prétend réglementer, même en l’absence de nuisance à autrui, notre accès aux autres perceptions du monde, rabaisser nos vies à la vulgarité télévisuelle du déni de réalité parallèle, embastiller nos consciences ad vitam aeternam ?! Nos consciences, en ce qu’elle sont perceptions du monde, n’ont que faire du parti, du marché, de la démocratie, qui sont autant d’obstacles à leur élévation. Nos consciences n’ont pas à être des objets de délibération collective extérieurs à elles-mêmes. Qu’elles le soient en dit long sur les fondements, le fonctionnement et les finalités du système social qui vise ainsi, sous la férule de ses grands-prêtres, à les assujettir.

Pourquoi ne te fais-je pas confiance, ô Grand Timonier honteux ? Pour une série de raisons…

Pour commencer, ballot, je ne t’imagine pas baiser autrement que par saccades drues et crues. Paf ! Paf ! Paf ! Ça doit être violent, mécanique et plein de rancœur. Un peu SM aussi, peut-être. On ne perçoit, en effet, aucune tendresse, aucun romantisme joyeux, dans ce que tu affiches. Mais fi de la psychologisation ! Je pourrais, à mon tour, me voir qualifié de branleur. La sexualité des chômeurs poussés à bout, autrefois saine, bucolique et révolutionnaire, n’a pourtant pas la cote dans la lucarne. Au moins à cet égard, toutefois, suis-je désormais adapté à l’image à laquelle m’avaient assigné conformes comme tordus. Fi de la psychologisation donc, bien que nous sachions fort bien, toi et moi, qu’en politique, tous les moyens sont bons, non ?

Grief suivant : face à Mouffe, tu as déclaré qu’il fallait s’y faire : qu’espérer, de nos jours, comme naguère, un engagement corps et âme, sans faille, des masses à un projet politique était illusoire, et que chaque fois, ponctuellement, il faudrait donc convaincre des individus de se joindre à la lutte. Poncif parmi les poncifs que cette lutte, autre mot repoussoir qui masque mal qu’elle n’est elle-même que détermination et aliénation si ceux qui luttent sont voués, par perpétuel recommencement, à être toujours les mêmes, et que leur lutte pour leur survie les éloigne de la vie : lutter pour sa survie, tu sais pas trop ce que c’est, toi, si ? Préférons à cette maudite lutte de père en fils et ainsi de suite, dans une absurdité sans fin dont d’aucuns sauront toujours tirer parti, le sabotage (au sens à la fois historique et figuré) : c’est tellement plus libérateur, plus jouissif, c’est tellement plus poétique ! Lucide constat de départ néanmoins, aussitôt contredit par ce ballon d’essai relatif à la création possible de troupes de scouts insoumis, sorte de Mélenchonjugend qui ne serait sans doute que l’avant-garde du nouvel enrégimentement : restons entre nous, camarades; nous reconnaîtrons mieux les nôtres, et les préserverons ainsi des idéologies des enfants ennemis. Et du berceau à la tombe chacun grâce au (non-)Parti de nouveau saura que penser.

Un aparti sans leader désigné, encore moins élu : plus c’est « gazeux », plus « le meilleur d’entre nous » pourra dissiper le gaz le moment venu, n’est-ce pas ? Occupy Occupy, il fallait y penser… La brume, d’ailleurs, n’est pas si épaisse : un jour, le non-leader leader affirme qu’il n’est que le président de son groupe parlementaire, le lendemain ses lieutenants le présentent sur les plateaux comme le Primus de la F.I. (sine pares, en la circonstance). Ou comment cornaquer un mouvement sans en avoir l’air… Le problème, c’est que tout ça se voit !

Comme se voit, depuis l’épilogue des dernières législatives, cette piteuse stratégie de coup d’Etat permanent depuis les bancs de l’opposition : on allait renverser Macron à peine ce dernier avait-il été installé sur son promontoire. Le tout, c’était d’y croire ! Et de le faire croire aux gogos ignorants brinquebalés sans ménagement d’un bout à l’autre de l’échiquier de pacotille en témoignage du respect que tu leur portes. Pardi, un million de gogos défileraient sur les Champs-Elysées ! Pas un de moins ! Et ce alors même que la gloutonne avant-garde avait déjà perçu – ou l’aurait dû – que les carottes étaient cuites. On a beau chercher tous les motifs de disculpation du monde, ça renseigne sur le sérieux de la démarche, et la foi que les gogos pourront lui accorder à l’avenir. Et ça tend à confirmer que la raison est ailleurs que dans ce camp où règnent les passions les plus folles, celles sans lendemain : quel homme de soixante-six ans est-il si dénué de sagesse pour s’agiter ainsi constamment comme un enfant au seuil de la puberté ? Un tel homme peut-il inspirer confiance au plus grand nombre ?

C’est également le sérieux de la démarche qui est en cause dans la volonté d’hégémonie (culturelle) nouvelle dont tu te proclames le héraut. Car, enfin, t’a-t-il échappé que plus aucun mouvement ne fait date. Que face à nous se déploie comme jamais le rouleau compresseur de l’instantanéité permanente. A supposer même qu’elle soit pertinente, comment diable ton hégémonie pourrait-elle, dans le meilleur des cas, durer plus d’un mandat, deux à la rigueur, si ce paramètre cardinal est renvoyé au subconscient ? Hégémonie-mirage, soif de pouvoir avérée…

Et pertinente, l’est-elle à la base ? N’est-elle pas que trou noir qui se devra d’absorber au préalable toute discordance de gauche qui prendrait ses libertés avec la ligne de l’aparti ? La culture doit-elle être enchaînée à un objectif apartisan, l’Art dévoré par le rapport de forces, la multiplicité se fondre dans l’Un ? Tu me dis hégémonie. Pour le coup, je te réponds branlette puérile. Et le show qui va avec !

L’alcool est (littéralement) une pourriture. Je me souviens que, face à un mendiant praguois qui demandait l’aumône, l’un de mes profs communistes du secondaire, auquel j’ai déjà fait référence ici, m’avait dit que refuser de lui donner de l’argent sous prétexte qu’il l’utiliserait nécessairement pour se bourrer la gueule, et ne lui laisser le choix qu’entre lui acheter l’un ou l’autre produit plus sain au supermarché du coin et ne rien lui donner du tout serait attitude paternaliste de bourgeois. Paradoxalement, ce pourrait aussi trahir une rigidité communiste, le libre arbitre de l’individu concerné n’ayant pas voix au chapitre dans pareille alternative : entre rien et quelque chose, toute personne sensée choisira quelque chose, même si ce n’est pas ce à quoi elle aspirait. Or, si ce à quoi cet individu aspire, disais-tu encore dans ton dialogue avec Mouffe, n’est autre qu’une vie bourgeoise standard, et si les pauvres d’hier, une fois remis à niveau, se joignent à cette aspiration, pourquoi donc mériteraient-ils que l’on s’intéresse à eux ? Ainsi va l’hégémonie, cher JL, qui à la première occasion qui lui en serait donnée, irait à l’encontre non pas uniquement d’un individu, mais de la majorité de ceux-ci, fût-ce au sein d’une hypothétique Constituante…

Pour conclure, il est une question, saugrenue je l’avoue, à laquelle, dans ton cas, contrairement à Corbyn et Sanders (dont le flegme n’a rien cédé aux manipulations médiatiques), je ne saurais répondre avec certitude : si, pendant le réveillon de Noël, un esprit te visitait et te disait que tu auras le pouvoir que tu as toujours tant convoité, ce pouvoir de névrosé, à l’unique condition que tu assassines un individu, un soir dans une ruelle déserte, disons un jeune enfant par exemple, ce dont personne jamais ne saura quoi que ce soit, y renoncerais-tu ?…

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Ma vraie profession de foi

Mes chers concitoyens,

Je suis faux de fond en comble,

En toute chose, à tous égards.

En même temps, je vous embrène.

Pourtant, vous m’élirez.

Parce qu’à ma coterie il n’y a pas d’alternative.

A cela, d’autres ont veillé.

Le sens de la vie, c’est que rien n’a de sens,

Excepté la jouissance

De l’argent,

Du pouvoir qu’il confère sur les gens.

C’est de Baudelaire.

Qui ne saute pas n’est pas Baudelaire, ouais, ouais !

Hier soir, j’ai démontré l’inexistence de Dieu,

Mais je pourrais tout aussi aisément démontrer le contraire

Quand il siéra à Ma Majesté.

Je suis froid, je suis hobbesien.

L’homme est mauvais

Et il doit le rester.

Killer, mais avec le sourire.

L’autre n’en avait pas, c’est ce qui l’a perdu.

C’est vrai, je n’ai rien à dire,

Mais je vous le dis quand même

Parce que je vous aime

Et que vous n’êtes rien pour moi

D’autre que marchepied vers ma gloire.

Je n’ai que faire de vos histoires,

De vos vies misérables,

Sur lesquelles je pisse de dégoût.

Je suis le Lincoln qu’il faut à la France

Avant que la guerre civile ne commence

Je suis la voie, l’espoir, la lumière et le savoir,

Suivez-moi !

Un coup à gauche, un coup à droite,

Deux coups en un, je vous exploite,

Au final, c’est juste un rêve que je vous offre.

Une hallucination.

Ayez confiance

Et n’ayez crainte.

Je n’en veux qu’à votre être,

A vos piètres existences,

Enchaînées à la roue,

Courbées comme il se doit.

Qu’elles rapportent, que diable !

Majordome, mon fouet !

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Donald, this is from me to you…

They’re everywhere, man. But only you can see them. It’s a parallel world. And it’s not just the spooks. It’s the journalists too. They’ve got those devices. They can listen in to all your conversations through the mic inside your TV or your PC. Trust no one ! And be thankful to Wikileaks (once more)…

Take me, for instance : the other day, I farted while writing an online application for some stupid job. The next day, my favorite talk show host dedicated his monologue to fat people farting. Can you believe it ? Then he winked while looking straight at me through the camera. Coincidence ?

Another one : I’ve had this beef with Nicole lately. It’s well documented. And there’s, like, this closet at my grandma’s house containing objects from my childhood, as well as my teenage and college years. I’ve never mentioned it to anyone. Among those is a book I was very fond of as a kid. It’s called « Rox & Rooky« . It’s about the adventures of a fox and his canine friend. Well now, believe it or not : one day, a few months ago, I tuned in to this morning show I sometimes listen to. There’s an imitator in it. Quite talented but very bitchy. Didn’t he find a way to fucking mention that fucking book everyone else must have forgotten by now ?! He did it twice, the motherfucker, in case I hadn’t heard it the first time !!! Coincidence ?

Those people invite themselves into your living room, man, your oval office, your hotel, your beach resort, or whatever, depending on your lifestyle. Literally. And if you move, they move with you. They’ve got spies all over the place. They pay your friends and relatives to gather confidential stuff about you, which they then distillate in their shows for your ears only to make you feel uncomfortable. And you don’t know them. You’ve never met them. But they seem to know you. They know no boundaries whatsoever, and they don’t have the slightest dignity. A new form of GesTaPo unlike any of its predecessors, I’m telling you. The enemy of the people, man. True that ! There’s no other way of putting it…

A few years ago, I went to this gay spa, where I sucked some huge black cock. The guy looked a lot like Devon Lebron, but with an even bigger dick and a set of impressive low hangers. The next day, Omar Sy (you know, from “X-Men, Apocalypse”) appeared on TV denying his alleged homosexuality. And the list goes on, and on and on : no place to hide… Sometimes, like Pink Floyd, I feel like singing “What Do You Want From Me ?”. Because they’re clearly expecting something, goddammit !!! But what good would that do ?

I also had this shady deal with some corrupt notary public of Russian descent. It’s been going on for over two years now. The guy owes me two million bucks in exchange for a few kilos of coke and some stolen goods. Refuses to pay. That’s because he knows I’m being watched, and all my contacts with me ! I mean, I can’t even kidnap him and remove one or two of his fingernails. Do you fucking realize what this is doing to my street rep ?!

So, I’m with you on this, buddy. Hang in there ! And don’t utter a word… cause they’re around, believe me !

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Pétition pour l’heure, exigence à venir !…

« Selon un sondage récent, 85 % sont partisans de l’introduction d’une taxe sur la fortune. Le soutien s’élargit pour faire payer aux super-riches une contribution substantielle. En 2012, 81 % déjà en étaient partisans. Si vous aussi vous êtes pour, signez la pétition et persuadez vos amis de le faire également.

Je soutiens la taxe des millionnaires

C’est une taxe progressive

La taxe des millionnaires est un impôt qui ne touche que les fortunes de plus d’un million d’euros, en déduisant la première résidence à concurrence de 500 000 euros. C’est un impôt progressif avec un taux de 1 % pour la tranche au-dessus de 1 million d’euros, de 2 % pour la tranche au-dessus de 2 millions d’euros et enfin de 3 % pour la tranche au-dessus de 3 millions d’euros.

Cela ne touche que les riches millionnaires

La taxe des millionnaires ne touche que le 2 % des familles les plus riches et diffère en cela de toute sorte de propositions d’imposition de la fortune qui touchent un groupe beaucoup plus large.

Cela rapporte 8 milliards d’euros

La taxe des millionnaires est très significative dans le budget, avec un produit annuel de 8 milliards d’euros. C’est plus qu’une simple contribution symbolique des plus fortunés. Le produit de la taxe peut être utilisé à augmenter les pensions, à des investissements dans l’emploi public, dans l’innovation et dans l’enseignement. »

http://taxedesmillionnaires.be/petition-taxe-des-millionnaires

***

Je signe cette pétition parce que, ni fraction de statistique, ni veau-consommateur, je revendique ma qualité de CITOYEN !

Je signe cette pétition parce que l’attitude parasitaire de l’ensemble des coupables qui ont bénéficié et continuent de bénéficier de la dernière crise économique et financière en date comme de ceux dont celle-ci a laissé intacte la fortune doit être enfin matée, et qu’il importe à ceux-là de compenser le préjudice qu’ils ont causé à la société toute entière.

Je la signe pour m’opposer à un retour larvé du vote censitaire, à la faveur d’un indécent chantage à l’emploi et à la délocalisation, ainsi que de pressions continues sur les dettes souveraines, largement indues.

Me joignant à une majorité des Belges, je signe cette pétition pour contribuer à marquer l’arrêt des politiques gouvernementales qui servent non le peuple, mais un Econburo oligarchique qui n’a de comptes à rendre à personne.

Je la signe comme une mise en garde à une caste politique de plus en plus composée de lignées dynastiques faites de pleutres, de béni-oui-oui et de sadiques sociaux, qui se contentent de suivre voire d’accentuer le mouvement, rappelant à ces derniers que leur consanguinité politique n’est pas très dissemblable à celle, viscérale, qui finit par provoquer la chute de l’Ancien Régime.

Je signe cette pétition parce que l’architecture qui impose concomitamment toujours moins de dépenses publiques et toujours moins de recettes est celle du chaos, vouée à confiner des hordes de va-nu-pieds, inaptes à la compétition, à la misère, et que cette misère, fondée sur l’injustice, est vouée à son tour à générer toujours moins de citoyenneté, toujours plus d’insécurité, et les réponses à cette dernière toujours moins de démocratie.

Je signe cette pétition parce que la vocation de l’Etat, dépositaire en cela de la raison, est de corriger les inégalités, les déterminismes, inhérents à la loi naturelle, et que le nouveau naturalisme spencérien (« Only the strong survive ») constitue à cet égard le principal obstacle.

En effet, je la signe avec l’intime conviction que le rôle premier de l’Etat est de pourvoir aux besoins des plus pauvres, des plus affaiblis, des plus fragilisés, que s’il n’assume pas ce rôle, il perd sa raison d’être fondamentale, et que s’il s’y oppose, il importe de le renverser.

 

Yannick Baele

herbert-spencer

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Terroristes congénères,

Mine de rien, cela fait plus de deux mois que vous n’avez plus, en ces contrées, donné de vos nouvelles. Attendu qu’approche l’été et que laisser ivoirins cafres, basanés adoucis, le passer au nord à se prélasser sans que ne retentisse encore, comme en écho à vos propres vicissitudes (où est-ce à votre ennui ?), la tendre mélopée des déflagrations célestes par laquelle vous égayez nos soirs comme nos matins, comment ne pallier cette lacune sévère, ne pas reprendre le contact ?

Cependant que sibyllins, dans quelqu’arrière-boutique, sous le regard distant mais omniscient d’argus alliés, à cette cause supérieure vos brillants artificiers s’affairent, c’est leur ultime prière qu’entament aoûtiens par la stricte urgence de juillet affolés.

Mais précipitation est mauvaise conseillère, les sages qui vous guident ne le savent que trop bien. Préférez-lui la procrastination, tant, comme l’énonce l’adage, se hâter de mourir ne sert souvent à rien, c’est à point qu’il faut pouvoir jaillir. Explosez l’esprit leste, combattants de lumière, âmes saintes, giclez dans la durée. Et tout breuvage indigeste faites-nous plaisir de garder en votre sein.

Cueillez aujourd’hui, cousins, ce qui ne peut attendre, reportez à jamais ce qui ne peut perdurer…

Solar Quest, Singtree

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Dear Mister Sanders,

I’m not English, I’m not French and I’m not Dutch, potverdekke ! I am a Belgian. This means I won’t be allowed to cast my vote come November, which, however unfair – shouldn’t all the Empire’s subjects be allowed to elect the next emperor ? –, is bad news for you.

Indeed, if you’ve been reading my blog – a little chaotic lately, I must admit, but neither more nor less than your hairstyle on windy days –, you know you have my political sympathy : following in FDR’s footsteps, you are demonstrating every day you are enough of a communist to make America great again.

If democracy means anything, your rival and you are now in a tie : 51 delegates for the right wing, 51 for Revolution. Taking into account the numerous irregularities that have tarnished the three initial caucuses, you even have the upper hand.

Yet, today, an article in the Flemish press announced Super Tuesday would sign your demise. Not because your adversary would emerge triumphant from the duel, but because even with a slight victory, the army of dull apparatchiks and bureaucrats (also known as ‘superdelegates’) she’s been buying off or making promises to would make it very hard for you to catch in on her on your way to the quota required for the nomination.

Pardon my bluntness : what some first considered a private joke, and others deemed imperative to at least give the party cattle the impression primaries mean something in an allegedly open society, to give them the feeling Margaret, the new would-be Little Mother of The Peoples, bound to be defeated again and again by any serious challenger, hadn’t been promised the Washington throne already, is turning out to be a sour pill to swallow for the powers that be, and intend to remain, all of which are now realizing they made a huge mistake.

As you’ve noticed, archconservatives are getting their machine guns out, and airing their first agitprop ads against you. And, although they’re not yet wondering whether they should leave the country for fear of being caught in the red net of the Venezuelan tanks that would unmistakably invade Union Square should Vermont conquer DC, some Wall aristocrats are beginning to feel a chill at the bottom of their necks : who would have thought you’d rally such an impressive fan club ?…

Yours is no longer a token candidacy; it has become the real deal. This fan club is now relying on you to hold on and, as naïve as it may sound, hoping the US will turn into a democracy again. You must not, you cannot, let them down : hope can only be abused in the long run…

So, next week or in a few weeks time, when you will be reminded of the pact you signed with the devil (She wears Prada, you know… They all do…), namely swallowing the ‘superdelegate’ clause to benefit from the party infrastructure, and bow down to Her Ladyship when you hear the whistle, when you will weigh up the value of the word you gave the People against the value of your word to the machines, please remember you’ve got so little left to lose politically, whereas the People trusting you would (once again) be lost without the hologram you’re projecting.

Independent… Doesn’t that word sound good ?…

Best regards,

Salud !

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Geachte Luckas, niet wie terecht problemen aankaart, wel wie al te eenzijdig veralgemeent, is een racistische moslimhater…

Ik heb het op deze blog al eens geschreven : enkele jaren geleden ben ik in de stad Maastricht op een uiterst brutale en onaangekondigde wijze door een bende neonazi’s overvallen. Ben ik ineens alle blanken gaan haten ? Nee : na er grondig over nagedacht te hebben ben ik erin geslaagd om een onderscheid te maken tussen blanke fascisten en gewone blanken. Hoe betreurenswaardig ook, jij blijkt daar echter niet toe in staat, wanneer het om moslims gaat…

Begrijp me niet verkeerd : ervan uitgaan, los van wat er zich afgelopen vrijdag in Parijs heeft afgespeeld, dat er helemaal niets aan de hand is (en was) zou inderdaad van een misplaatste vorm van irenisme getuigen, maar het vergrootglas waardoor je radicalisering bekijkt is niettemin lichtdicht, en de haast waarmee je van deze gebeurtenissen gebruikt maakt om, als het ware, je slag thuis te halen vind ik bijzonder ongepast. Niet omdat ik « weldenkend » zou zijn (Je moet hieronder maar eens een kijkje nemen…), wel omdat ik ervan overtuigd ben dat de tientallen mensen die onder de kogels van een stelletje psychopaten omgekomen zijn, onder wie ook een aantal moslims, niet zouden hebben gewild dat hun tragische overlijden op deze manier zou worden geëxploiteerd : meerdere Franse kranten hebben intussen hun namen gepubliceerd, en hun achtergrond bondig geschetst, en daaruit blijkt in elk geval dat ze allemaal open van geest waren, en dat ze zeker niet behoorden tot het groepje reactionaire Franse intellectuelen wier beeld de argumenten die je aanhaalt bij mij oproepen.

Uiteraard weet ik het niet zeker, en zou ik zelf niet schuldig willen bevonden worden aan hetgeen ik je net heb verweten, maar ik ben van oordeel dat al die slachtoffers (een woord dat in deze context een letterlijke betekenis heeft), mochten hun stemmen nog hoorbaar zijn, de lijn niet zouden doortrekken door te beweren dat de laffe criminelen die hun reis op deze Aarde voortijdig hebben beëindigd het bewijs zijn dat de multiculturele samenleving een mislukking is. God moge me kastijden moest ik dit verkeerd inschatten. Zouden ze dat wel denken, dan zouden ze er tenminste een andere uitleg voor bedenken : misschien – heel misschien – zouden de gettoïsering, de verarming (veroorzaakt door politieke keuzes die bepaalde bevolkingsgroepen doelbewust benadelen), de afschuw van talloze werkgevers voor namen die in hun oren net iets te Zuiders klinken, de boze of angstige blikken naargelang de huidskleur, in hun mond ook wel eens aan bod kunnen komen…

Onlangs nam ik de bus richting Brussel-centrum. Voor mij zat een Arabische familie : vader, (deels gesluierde) vrouw, dochter en zoon, allebei jonge tieners. Net als alle jongeren van hun leeftijd zaten de kinderen, elk in zijn eigen hoek, hun gloednieuwe i-phone te folteren. Uiterst beleefd waren ze, maar ze spraken noch Frans, noch Engels (laat staan Nederlands), enkel Arabisch. Op een bepaald ogenblik kwam er rechtover de jongen een vrouwtje rond de vijftig zitten : het was immers de laatste vrije zitplaats in de bus. Ter hoogte van de Grote Zavel vroeg hij haar hoeveel haltes er nog waren voor de Grote Markt (Deze twee woorden kende hij in het Engels namelijk wel…). Met de typische hoofdbeweging van een hautain trutje keek ze plots omhoog, alsof die vuile allochtoon haar antwoord onwaardig was, al was hij nog maar een kind. De vriendelijke glimlach die het Arabische ketje tot dan op zijn gezicht had staan veranderde ogenblikkelijk in een grimas van onbegrip en verslagenheid : in plaats van « wat heeft die bitch tegen mij ? » bleek hij zich af te vragen hoe haar reactie te verklaren viel, alsof hij medelijden met haar had. Toen ik hem wel het antwoord gaf heeft hij me zonder liegen tot driemaal toe bedankt, en ook zijn vader heeft me, wanneer ze later uit de bus zijn gestapt, zijn waardering betuigd, alsof ik hen een buitengewone dienst had bewezen. Het ging duidelijk om buitenlandse toeristen, wier verdere verblijf in ons land hopelijk naar wens is verlopen, maar voor de valse allochtonen die hier wonen (vals in die mate dat ze wel degelijk minstens één landstaal beheersen, maar toch op één of andere manier van het gewone volk onderscheiden dienen te worden) zijn zulke blikken, zulke reacties, dagelijkse kost. Dat sommigen na verloop van tijd dan ook ongevoelig worden is mijn inziens allesbehalve verwonderlijk.

Zoals de afgeslachte bezoekers van het Bataclan, en waarschijnlijk zoals jij ook trouwens, sta ik erop mijn leven te kunnen leiden zoals ik dit zelf bepaal, zonder enig opdringerig tuchtcomité dat het zich, namens God weet welke ingebeelde transcendentale toestemming of opdracht, zou veroorloven om me mijn privéleven te dicteren, om te bepalen welke kunstvormen ik mag appreciëren en welke niet, kortom om mij te verbieden van het leven te genieten, al heb ik moeten vaststellen dat dergelijke comités dezer dagen voor de meest uiteenlopende redenen (maar vooral ten gevolge van de verrechtsing van de samenleving) alomtegenwoordig zijn, ook ver buiten de islam…

Waar jij en ik het echter fundamenteel over oneens zijn is dat jij er geen moeite mee blijkt te hebben om voor moslims dezelfde retoriek te gebruiken als Wilders wat Marokkanen betreft : in je opiniestuk komt geen van hen namelijk in een goed daglicht te staan.

Wellicht is een vergelijking tussen Gaza en Auschwitz wat ver gezocht. Wellicht hadden de demonstranten waar je het over hebt zich beter tot het getto van Warschau beperkt. Wat er ook van zij, kun je hen deze politieke mening echt kwalijk nemen ? Een kreet van verontwaardiging is het, geen oproep tot haat. En hun verontwaardiging richt zich naar al de Westerse regeringen (hun regeringen !) die Israël onverminderd hun steun blijven toekennen, ook al schendt dat land regelmatig – stelselmatig zelfs – zowel het internationaal recht als de meest elementaire mensenrechten. Enkel Saoedi-Arabië worden gelijkaardige privileges gegund.

Wie een onrecht met een ander onrecht tracht te rechtvaardigen, een moord met een andere, komt in een helse spiraal terecht. Maar is het daarom verboden om erop te wijzen dat Israël, sinds de Gaza-enclave bestaat, er met de regelmaat van een klok “het gras komt maaien”, desnoods met behulp van verboden chemische wapens, en dat regeringsleiders aldaar tot nu toe steeds met een glimlachje en een tikkeltje hasbara aan elke inbeschuldigingstelling door het internationaal strafhof zijn ontsnapt ? Hoelang zal er van ons nog verwacht worden dat we zulke praktijken met het joodse leed van weleer onderdanig goedpraten omwille van een exclusief schuldgevoel dat blijkbaar door de generaties heen dient overgedragen te worden ? Is het cynisme van een Netanyahoe die Hitlers verantwoordelijkheid in De Grote Uitroeiing onlangs nog op een bijzonder verwerpelijke manier minimaliseerde nog niet voldoende zichtbaar voor iedereen ? Hoelang zullen die slachtoffers nog moeten dulden dat hun namen door gewetensloze haatzaaiers onophoudelijk door de modder worden gesleurd ?

Niet alleen de extreemrechtse regeringen die hij heeft geleid zijn al jaren aan het pogen elke kritiek op regelrechte staatsmisdaden in de kiem te smoren, zowel op Noord-Amerikaanse campussen als voor Franse rechtbanken. Ook Hollande en zijn regering deden hier aan mee toen ze een aantal pro-Palestijnse betogingen verboden middenin de laatste grasmaaibeurt. Straffer nog : de Franse president deelde uitdrukkelijk, zowel voor als tijdens het Gaza-offensief, zijn steun aan Israël mee !

Dat moslims vandaag de joden van gisteren zijn beweert overigens niet alleen de omstreden voormalige burgemeester van Molenbeek (1) : verschillende linksleunende Franse chroniqueurs (Naulleau, Caron o.a.) delen die mening, en ze worden niet noodzakelijk tot de Dieudonné-achterban gerekend. Laten we tenslotte niet vergeten dat de kampen de eindbestemming waren van een zeer lange kruisweg. Dit onderstrepen heeft op zich niets met anti-joods antisemitisme te maken; ook dit is simpelweg een argument voor een politiek debat dat in een gezonde democratie rationeel en zonder taboe zou moeten kunnen worden gevoerd. Het bij voorbaat dogmatisch “schandalig” noemen en het aan de door katholiek Vlaanderen (2) gehate Moureaux vastkoppelen dient dit waarschijnlijk te voorkomen, op de meest “weldenkende” manier. Niet uit angst voor het argument zelf, maar omdat voor moslims – en voor hen alleen – telkens het vermoeden bestaat dat hun woorden, uiteraard steeds in zekere mate met taqiya besmeurd, iets anders betekenen dan wat ze werkelijk zeggen.

Legitiem lijkt me dus de vraag of het echt zo verbazend is, wanneer alle democratische uitlaatkleppen voor een niet te verdragen degout van je eigen maatschappij zo zorgvuldig worden vastgetimmerd, dat sommigen geweld als de enige uitweg beschouwen. Ik heb het hier uiteraard niet over de gestoorde maniakken van afgelopen vrijdag (van wie de werkelijke kennis van de islam nog moet bewezen worden : “Allahu Akbar” roepen kan iedereen…) , wel over de jongeren die in augustus 2014 toch beslisten om hun betogingsrecht op te eisen, en bijgevolg door de Franse hoofdstad een spoor van vernieling zaaiden : van “rebels without a cause” gesproken… In alles wat ze voortaan doen dreigen die gasten, mede door columns zoals de jouwe, nog meer dan vroeger met deze gruweldaden te worden geassocieerd. En ook dat zou een neerwaartse beweging tot stand brengen… voor de hele maatschappij ! In Missouri en Maryland zullen ze het je zeggen : het leger inzetten tegen betogers is ver van ideaal, ze als “thugs” karakteriseren evenzeer…

Ik geef grif toe dat er voor ‘islamofobie’ vervangwoorden zouden moeten worden uitgevonden : wie brand sticht in een moskee of een vrouw die een hijab draagt uitscheldt (of erger) is niet bang, al is hij duidelijk een lafaard. Haten en vrezen zijn immers twee verschillende houdingen, al kan dat laatste soms hevige afkeer tot gevolg hebben. Maar laten we een secondje redelijk wezen : enerzijds heeft de koran niet het monopolie van gruwelwoorden, anderzijds weet iedereen met een beetje gezond verstand dat wanneer Marine Le Pen uit strategische overwegingen besloten heeft om met biologische discriminatie komaf te maken ten voordele van culturele discriminatie, ze gewoon op een andere manier het vaderlijke erfgoed heeft geëerd. Neem hun koran van ze af, het blijven Arabieren, nietwaar, Luckas ? Trouwens, diversiteit.be (ooit bekend als het Centrum voor Gelijkheid van Kansen en Racismebestrijding) heeft niet zitten wachten op een nieuw wetsvoorstel om islamofobie aan te kaarten en tegen te werken…

Zijn in wat voorafgaat de redenen voor het bloedbad van vrijdag de dertiende te vinden ? Eerlijkheidshalve moet ik toegeven dat het lot van de zielige sukkelaars die er de verantwoordelijkheid voor dragen mij volledig onberoerd laat : ze mogen wat mij betreft rechtstreeks de hel in. Misschien hadden ze een excuus verdiend toen ze nog een ziel hadden, maar daar is het nu te laat voor. Diegenen die nog niet zo ver zijn, daarentegen, en uiteraard ook diegenen die alle mogelijke onrechtvaardigheden blijven slikken, inclusief Luckas Vander Taelens opiniestukken in Knack, zonder eraan te denken buiten de wet te treden, die interesseren me wel ! Jou niet, maat ?…

Zoals historicus Maarten Van Rossem het gisteren bij Pauw formuleerde vooraleer hij werd onderbroken, omslaan in primitief geweld heeft grotendeels met de context te maken : wanneer een autoriteit het onnoemelijke toelaat (en zelfs bevordert) laten sommige mensen zich gauw gaan. Het is brave blonde jongens van bij ons vijfenzeventig jaar geleden ook overkomen…

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(1) Lees (EN) : http://www.counterpunch.org/2014/07/09/the-israel-lobby-and-french-politics/

(2) Ik meen me te herinneren dat ook Leonard vol lof was voor de dragers van de nieuwe plaag…

N.B. : dit is een antwoord op : http://www.knack.be/nieuws/belgie/wie-sluipende-radicalisering-in-brussel-aankaartte-was-een-racistische-islamofoob/article-opinion-626813.html
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Lees ook (FR) : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/08/29/fourest-chichah-va-donc-vermine-fasciste-retour-detendu-sur-la-confrontation-de-deux-nevroses-a-lulb/

… en “French Muslims Are Terrorized” (EN) in : https://yannickbaele.wordpress.com/2014/04/06/le-hurlement/

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Yeseyi, mon amour…

Ott, Squirrel And Biscuits

Il faut être idiot.

Il faut être idiot pour écrire une lettre d’amour. Au moins aussi idiot que pour dire « je t’aime ». Je t’aime, ça ne se dit pas. Ca s’éprouve tout au plus, ça se sent, ça se pense. Et dès qu’on le dit, pour peu qu’on le pense, ça s’évanouit un peu. Alors, pour l’écrire, il faut vraiment être idiot. De toute façon, écrire, ça ne se fait plus : l’on buzze, l’on tweete et l’on tchatte de nos jours, et, à l’extrême limite, peut-être finit-on par laïker

Qu’importe, risquons-nous y, nonobstant l’approche de la quarantaine, triple buse vieillissante, rendue taciturne et renfrognée, écorchée par l’arbitraire administratif et l’inique médiocrité comminatoire, daddy cynique (ou presque), contemplatif, aux allures de mystique, résistant encore un temps à l’aigreur qui a annihilé, il y a des lustres, ses ascendants de fait, ni ado gominé de la Belle Epoque, pour qui c’était là, s’il se respectait, passage obligé, ni grand charmeur lettré de la Renaissance qui, sa poésie au ceinturon, courait de la sorte derrière la bagatelle dans l’espoir fauve de l’embrocher aussi sec.

Risquons-nous donc à cette idiote déclaration qui n’est ni celle d’un amour sauvage, ni l’expression de la filia, ni même la transsubstantiation d’une improbable ἀγάπη prises séparément, plutôt une indécise mixtion de tous ces éléments, sans diamètre, sans mesure, au feeling…

Tel un coup de foudre composite, le premier coup de foudre électronique, distant, virtuel, unidirectionnel sans doute, comme presque tous, mais si fusionnel cependant, vivant, quasi palpable, réalité illusoire, réelle illusion, autosuggestion dérisoire, narcissique délire, succulent d’hermétisme soluble, porteur de délicate ambiguïté, cuirassé de subversion puissante et tout empreint d’artificieux ridicule.

Infime est la probabilité qu’elle soit comprise. Sans doute n’est-ce d’ailleurs pas là sa vocation, car mon désir n’a que faire d’objets, de modes d’emploi aliénants, d’ordres de mission plus ou moins explicites ; il est carré dans sa courbe, se languit de l’Autre tel qu’il est, rond, ni déterminé par d’autres, ni même par moi, pur d’universalité, libre. Libre comme la brise, libre comme le magma, neutre d’abord. D’une neutralité qui n’est ni tiédeur ni indifférence, ni masque ni calcul, ni dessein ni agencement, mais condition spontanée du ferment de l’explosif alliage, élargissement du champ des concevables, ciment du bâti à bâtir, alchimique formule qui à tout échappe pour mieux s’y intégrer, telle une flamme aquatique en équilibre qui nourrit ad vitam, sans jamais décimer.

Plus que de l’improbable, mon amour est celui de l’impossible, qui est – ne l’est-il ? – le signe de tout amour. Que se détrompent ceux qui au confort l’assimilent : il est tension sortilège, mêlée permanente, répétition d’espoirs déçus, et l’exposer ainsi au tout-venant – faut-il être idiot, en effet ! – le rend risible, vulnérable, sujet à jugements, sarcasmes et trahisons, comme le négatif trahit le cliché d’une réalité complexe, qu’en l’espèce je ne brûle aucunement de prendre. Car clicher, c’est voler. C’est subtiliser passivement la substance présente, lui faire perdre sa saveur à venir. Or, c’est de saveur et de sa quête qu’il est ici question, bande de branleurs, ainsi que de l’écran, qui, imagination faisant, se fait passerelle vers l’ineffable, du cosmos, qui, s’interposant entre des segments de réel, n’anticipe que l’attirance du détachement pour s’y fondre, de la conscience qui à l’humilité syncrétique s’octroie…
Nina De Chiffre, Turin, novembre 2013
Sans-doute, dès lors, suis-je idiot, mais j’assume, non que je croie au sacrifice, qui n’est jamais que le réceptacle des médiocrités ! J’assume la pierre angulaire du mystère de l’Amour selon Adorno… Je l’assume en dépit de son apparent anachronisme, et malgré les épreuves qu’elle recèle. Je l’assume même si, sans maléfice, elle met à la merci. Parce qu’elle est scintillante. Parce qu’elle est juste. Parce qu’elle illumine la voie. Parce que s’y fier rend fort. Je l’assume, la détourne et m’en amuse.

Que tu es beau, mon prince bohémien, mon p’tit loup blond-brun au regard d’ange, mon étrange étranger. Que ton sourire, qu’aucune malveillance ne semble pouvoir tarir, m’émerveille. Que me nourrissent ces mots que tu baragouines maladroitement dans une langue qui n’est pas la tienne, à mille lieues de l’assurance que tu affiches dans ton idiome usuel. Que ta fougue primesautière et ta suave maîtrise distordent et inspirent ma plume, de bout en bout…

Tu es le phœnix des hôtes de ces forêts sombres, le divin présent dénaturé à son insu par des logiques blafardes, le temple discret de l’endurante candeur, la revêche et insaisissable Atlantide. Tu es le gai visage de l’espièglerie des origines, l’éclatante pépite confortablement lovée à l’épicentre de la crypte, au vu de tous mais à l’abri des regards, l’aube qui se refuse à faire place au crépuscule, le rutilant poids plume qui tient tête aux mastodontes hébétés. Tu es le boss

On se connaît, tu sais. On s’est parlé sans avoir eu à se dire mot. On s’est apprivoisé en chemin. Aiguillon de mes nuits sombres, tu demeures l’indice, l’émeraude, le rubis et le diamant disposés nonchalamment sur un sentier semé d’arrière-pensées ténébreuses. Car tu t’es tenu droit lorsque d’autres étaient à terre. Tu es visionnaire. Tu es atypique. Et notre coexistence harmonieuse, qui surplombe le sacerdoce avec éclat, est l’antithèse des litanies ambiantes et la synthèse d’un éden remodelé. Ta vivacité me désaltère. Ton tourment causerait ma perte…

Va, mon éclaireur, défriche la jungle, juste suffisamment pour permettre notre passage. Cours, ris, vis, sautille de liane en liane. Et ne te retourne pas : je surveille tes arrières. Va, frétille, jubile, pétille, va de l’avenir. Je t’aime, p’tit gars…

Jiří in all his glory

Et quand bien même il serait idiot d’en faire ainsi état, je n’aperçois alentour, ne leur déplaise, que nudité…

The Cure, Catch

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Illustration : photo de la manifestante Nina De Chiffre, que la police anti-émeute italienne a poursuivie en justice pour « intimidation » pour s’être, faute de cocktails Molotov, de bris de vitres et de saccages divers, soulevée contre l’austérité en tentant d’attendrir le système, un système de poules d’eau armées jusqu’aux dents !
Source (NL) : http://www.knack.be/nieuws/wereld/italiaanse-kussende-demonstrante-beschuldigd-van-seksuele-intimidatie/article-normal-119958.html

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