Dialectique ? Postmodernisme ? Trumpisme ?…

Enjoy the free world, don’t mind about privacy. Sois serein, embrasse le stress. Cherish your rights, don’t think anyone owes you anything. Sois toi-même, sois dompté. Pursue your own happiness, conform. Soumets-toi, sois créatif. Développe ton potentiel, n’oublie pas que tu es de la merde. Sois le meilleur, aie l’esprit d’équipe. Cherche un emploi à ta mesure, n’espère pas en trouver. Sois rationnel, laisse-toi guider par l’invisible. Sois rationnel, fais comme si l’Invisible n’existait pas. Suis l’exemple des téléstars, maîtrise tes émotions. Fais l’amour, chéris la mort. Laisse Mère-Grand tranquille, ne l’abandonne pas. Sois vrai, sois plastique. Sois digne, sois retors. Man up, sois ouvert et tolérant. Dis non à la drogue, consomme des antidépresseurs. Let’s legalize medicinal marijuana, let’s not forget how bad it is for public health. Question authority, get in line. Renonce aux incivilités, élude l’impôt. In climate change we believe, in God we trust. Sois politiquement correct, sois humainement juste. Blow the whistle, face the consequences. Speak freely, shut up. Sois un bon musulman, ne sois pas musulman. Que rien de ce qui est étranger ne te soit humain, love thy neighbor like thyself. Refuse le statut de victime, ne te radicalise pas. Remember any resistance is futile, so fight ! Dénonce les attentats, admire les bombes. Que rien de ce qui est humain ne te soit étranger, paix sur la Terre ! Sois confiant, intériorise la terreur. Cueille le jour, laisse-toi cueillir…

OU PAS !

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M. Touche-zizi et son rêve européen

Monsieur Touche-zizi est en forme. Il ne se sent plus depuis qu’il s’est défroqué devant une poupée Jupiter de quarante ans sa cadette. Cette dernière lui a malaxé le crustacé et là, c’était l’extase : oh oui, Ken, touche daddy, et parle-lui d’Europe, ça l’excite. On ne se refait pas. L’Europe, c’est sa tendre dulcinée, à daddy, toute de plastique et de broc, faite pour des gens comme lui, d’obscurs illuminés, ravissante comme une Angot qui parlerait l’allemand… Elle devrait parler Deutsch, Angot. Ça lui irait comme un gant : Angot… what else ? Angot über alles ! Pathétique Angot, que toute raison a fui, pourchassée sans répit par ses démons, qui, par verbe réfléchi, s’agrippe pathétiquement à son étrange raison d’être : je me suffisJe me suffis et j’impose ma suffisance. Je devrais vous suffire ! Solipsiste, monomaniaque : fidèle incarnation de l’Europe qu’Angot… Et il n’est qu’à prononcer son ‘t’ pour soudain se voir confronté au divin qui la sous-tend : celui au nom duquel l’on s’expose, l’on se souille, l’on se vend, le divin Marché… C’est comme ça !

Quatre mots ou presque pour une sentence. Trois mots et demi, en vérité, plus une élision pudique au détour de laquelle, mine de rien, la chose, qui ne tolère plus ni je ni nous, se renvoie elle aussi à elle-même pour renvoyer à l’archaïque : c’est comme ça, disait l’indomptable nature aux hommes premiers. C’est comme ça, disait De Gaulle à la chienlit. C’est comme ça, dit le marché global aux cocus indigènes d’Alstom. C’est comme ça, ordonne Lidl à ses robots manutentionnaires. C’est comme ça, tonne l’huître irascible et sentencieuse revenue bredouille de sa quête d’empathie. Aveu de désabus ou désir de puissance ? Et si c’étaient les deux ? Si c’est comme ça, c’est bien parce que quelqu’un(e) le dit, non ? Laïcité faisant foi. Or, le dire, n’est-ce pas s’associer à la chose, se confondre avec elle, et donc partager son règne ? Renforcer la Réaction tout en feignant de la déplorer ?

Comment Monsieur Touche-Zizi a-t-il jamais pu faire illusion ? Le voilà qui, dans flexisécurité, se félicite de la flexi mise en œuvre, tout en versant quelques larmes de crocodile sur la sécurité laissée en jachère. Précariser d’abord. Pour une vie digne, reste l’espérance. Celle que suscite spontanément un quart de siècle de progrès sociaux européens sous l’impulsion d’une citoyenneté européenne aussi valorisée que la préférence homonyme, sur fond de déliquescence étatique sélective : chacun pour soi, und Gott pour tous ! C’est comme ça

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Show me your hole, boy…

I met this boy once. There was something about him. That made him different from the rest. He had this really splendid orifice, you see. One that was asking to be filled. So me and my friend. The one I talked to you about. We would do just that. For an entire afternoon. That and much more. We were hungry. In so many ways, the three of us. The boy had made pasta. We slipped it through his hole. My love took one end, I the other. As we got closer, we looked into each other’s eyes. Until finally the tips of our tongues met in ecstasy. Again and again. One spaghetto at a time. The boy’s hole had become our bond. And it was as sacred as any other. It went to the bathroom for a while. My love rolled a joint. The boy came back. We were half high. My love took a mouthful of THC. Didn’t inhale. We got closer to his hole. Sealed it with our lips. You can imagine the rest. What about me ? The boy asked. We gave him his due. For it was a communion. Then we grabbed a ball of wool. Pink wool. Because it’s softer. Kinkier. Vanilla-like. I took my straw. And made a knot. Then slipped the thread through his orifice. Two meters of it. At least. We count in meters here. It was so tight. My friend took his log. And made a knot. The boy was hot. I said hello to his nose. Then his upper lip. My friend was busy at the back. Back and forth it went. The thread. On both sides. And after a while… Oosh… Oosh. No, not yet, my love… We swapped places. The boy was feeling better. Less pressure on his back. And back and forth again. Until we stopped. To try something new. I freed my straw. My love his log. We were hungry still. We grabbed the boy by the root. And made a knot. And again through his gaping openness. The thread went. I took the extremity in my mouth. And as my love leaned forward. I pulled it back. Try to catch, babe. I said. Oops, missed again ! The boy smiled. Come closer. He said. Yeah, you too. And the three of us kissed. For what seemed to be an eternity. I love you, honeypot. The love of my life told me. And I you. Sweetie pie. I said to the boy. While tickling his hole. My babe was about to explode. And it wasn’t out of jealousy. Wait, I said. There’s so much we haven’t tried. I know. He replied. But a man’s gotta do what a man’s gotta do. Just a minute. I said. I went to the fridge. Grabbed the Nutella. Came back. And rubbed it on the boy’s hole. Until the hole vanished. The whipped cream is courtesy of the house. I told him, lie down. Soon, his whole ear would be covered with it. And as soon as my babe had had his portion of dessert. And the boy’s orifice was visible again. My straw got close. His mouth as well. Never say : fountain… Ready to take it, babe ? And take he did. Good boy. The boy looked at us. And said. Want some of mine ? Give it to him. I said. He’ll give it to me. And I’ll give every drop back to you. Then we’ll kiss again. The boy was turning into a volcano. My hand softly caressed the lower part of his belly. While my love put a Nutella-stained finger in his hole. His creamy chocolate skin was so soft. A true delight. I’ll spare you the details about the fireworks. You should have been there. Suffice it to say. It wasn’t disappointing. The three of us then took a shower. And went for a walk. On our way was a flower shop. That pink rose would suit my hole very well. The boy said. So we bought it to him. But there was something. I wanted to know. You being exclusive and all. I asked. Did you ask permission for that hole ? Or is your body yours still ?…

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Monologues et suprématie du vagin…

Féminisme… Des Lesbisch Commandos ® aux wannabe néo-suffragettes de salons de thé, il en existe autant de variétés qu’il n’y a de tailles de bites. Les unes, kattekoppen refroidis craignant l’eau chaude, prennent plaisir à asperger de cyprine symbolique des dignitaires religieux à la dignité relative, ne pipant mot des douches de sperme et des quenelles que leur égérie a dû se farcir pour en arriver là, tandis que les autres, lèvres pincées et cul serré, se gargarisent de substantifs féminisés. Plus rares sont celles qui considèrent que c’est de l’émancipation sociale de tous que dépend celle des parties…

Il y a quelques années, un employeur m’a licencié séance tenante pour faute prétendument grave. La lettre de licenciement, qui ne me serait envoyée que plusieurs jours plus tard, faisait deux pages et demie. Ce matin-là, j’avais eu une altercation avec un chauffard qui, garé sur un trottoir, s’apprêtait à reprendre sa route, et n’avait pas toléré que je ne lui concède pas son refus de priorité. Poursuivant mon véhicule de société avec ses grands phares allumés, il avait noté les coordonnées de l’entreprise qui m’employait.

Ce serait la faute grave qui serait souverainement retenue contre moi quelques minutes plus tard.  Point de principe de contradiction, en effet, dans la subordination professionnelle : sommé de déguerpir sans savoir ce qui m’était reproché, je n’ai jamais pu donner au gérant de la boîte ma version des faits.

Sans doute son avocat avait-il conseillé à ce dernier de compiler tous les griefs qu’il pouvait imaginer à mon encontre pour donner plus de poids au licenciement. C’est ainsi qu’en milieu de deuxième page, après l’usage occasionnel de la calculatrice de l’une de mes collègues en son absence sans lui en avoir demandé l’autorisation et en négligeant parfois de la remettre sur son bureau, ou encore ma reluctance à répondre en détails aux appels téléphoniques de ses clients alors qu’elle-même, lorsque j’étais on the road, se contentait de dire aux miens de rappeler, un affront majeur avait été retenu contre moi : j’aurais, en présence d’une autre collègue et à la manière d’un Baffie, l’accointance en moins, posé désobligeamment ma main sur la cuisse de la dame. Selon les termes du courrier de licenciement, ceci se serait produit plusieurs mois auparavant, « quelque part entre fin août et début septembre »… Aucune plainte n’avait été déposée, ni en interne ni auprès de la police. Et pour cause…

Mon ancienne collègue, que j’appellerai Lynn D. pour préserver son anonymat (Elle partage son patronyme avec un gouverneur de province flamand…), avait pour habitude de relater en détails ses aventures de la veille : « j’ai beau être quadra, j’ai encore de beaux restes » (« Ik mag dan wel een veertiger zijn, ik ben ver van afgeschreven, hoor. »), répétait régulièrement la vieille jeune divorcée. Quant à moi, j’étais le jeune bleu de la boîte où elle bossait depuis cinq ans. Contrairement à Baupin, par exemple, je n’avais donc sur elle aucun ascendant.

« Quelque part entre fin août et début septembre », nous discutâmes du règlement d’entreprise, dont je me plus à énumérer les nombreuses failles et lacunes. Parmi celles-ci, l’absence totale de disposition en cas de harcèlement sexuel. A la manière d’un gentilhomme qui se penche vers la main d’une demoiselle pour l’embrasser sans jamais la toucher, je fis ainsi mine d’effleurer la cuisse de la virago pour illustrer mon propos : rien dans le règlement à cet égard, vous trouvez ça normal ? De cela, bien sûr, cette dernière n’ignorait rien lorsqu’elle et les autres ordures qui officiaient dans cette petite PME ont décidé de me charger.

Qui sait où ma carrière en serait aujourd’hui sans ce licenciement abusif qu’il me fallut trois ans (en première instance et en appel) pour disqualifier avec l’aide de mon syndicat, lequel m’avait affirmé d’emblée que ce genre de méthodes était devenu monnaie courante : lorsqu’un employeur veut se débarrasser d’un employé sans avoir à lui verser d’indemnités, il n’est pas rare qu’il invente des faits de toute pièce. Qui peut dire où en serait cette carrière si, malgré deux jugements successifs en ma faveur, ledit employeur ne s’était employé depuis lors à ternir ma réputation auprès de tout responsable RH ultérieur ? Ainsi va aussi le féminisme : un homme accusé à tort n’est jamais tout à fait innocent… puisqu’il est homme ! A quoi pourrait bien servir, par conséquent, sa version des faits ?

Personnellement, qu’il y ait tant de variétés de féminisme ne me dérange pas : une Autain a autant de légitimité qu’une Despentes à faire valoir son point de vue. Ce qui me dérange, c’est que chacune le revendique pour toutes les femmes alors même qu’ils s’opposent. En effet, entre frêle créature qu’il faut à tout prix protéger et garçon manqué qui aurait tort de ne pas saisir tous les leviers à sa portée pour se faire un nom, il y a comme une injonction paradoxale. Et l’on n’ignore pas à quoi de telles injonctions peuvent mener… Regardez Clinton : Sanders = Kadhafi ?

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Répugnance et fatwa !

Je n’ai rien d’un Savonarole : il y a une dizaine d’années, j’ai moi-même posé à poil. A des fins artistiques. Mon corps athlétique s’y prêtait. Et, oui, ça m’avait fait bander. Précummer même : la bave dégoulinait suavement de ma queue et formait avec les gouttelettes de sueur que ma peau ne pouvait plus contenir sur l’écran photographique blanc dont l’extrémité avait été déroulée par terre une petite mare composite de fluides corporels excédentaires où ne manquaient plus que salive et pisse, dont j’imaginais une troupe de lutins en rut avide de se pourlécher les babines, succulent bol de protéines qui fait les petits-déjeuners réussis. J’avais refusé le moindre cachet. Mes allocations de subsistance me permettaient ce luxe. J’emmerde donc les frigides, dont les tentacules fossilisés n’aspirent qu’à tarir la source du jaillissement existentiel. Ma famille de primates écervelés, dont le petit-bourgeoisisme coincé du cul n’a jamais été pour moi synonyme que de tourments psychologiques et de frustration intellectuelle, occupe parmi eux une place de choix.

Ainsi, lorsque j’entends un Chris Hedges, valeureux et juste dans maints de ses combats, vilipender l’hédonisme et essentialiser le porno, qui va de pair avec la prostitution et se confondrait nécessairement avec l’ambition de dégrader les corps et d’humilier les hommes, les femmes en ce qui le concerne, je ne peux m’empêcher de trouver suspect ce qui motive son jugement de valeur. A le lire décrire par le menu la béance temporaire du trou du cul d’une donzelle après son ramonage insistant par l’un ou l’autre missile surdimensionné, je me dis qu’il y a peut-être, pas forcément mais peut-être, quelque désir inassouvi tapi derrière son dégoût. Je plaisante. Mais tout de même : « les attitudes promues par le porno, en ce compris le strip-tease, la promiscuité, le SM et l’exhibitionnisme, sont devenus chics », dénonce en bloc l’éditorialiste colauréat du Pulitzer. Ben oui, pépère, on ne fait plus l’amour dans le noir de nos jours, de moins en moins en tout cas : comme disait l’autre, « ce n’est pas sale »…

Hedges se revendique progressiste. Mais plusieurs plumes de réacs ne sont pas en reste. Ainsi de Brighelli et de sa Société pornographique, à propos desquels j’avais posté il y a plusieurs mois le commentaire suivant :

En ce qui me concerne, pour avoir animé, il y a quelques années, un atelier consacré à la prostitution, je n’ignore pas que faire totalement l’impasse sur la situation sociale comme contrainte susceptible de mener à la prostitution me semble un peu court : lors de cet atelier, la fondatrice (elle-même ancienne prostituée) de l’ASBL Icar, active en région liégeoise, avait d’ailleurs affirmé que près de 40 % des prostituées de rue actives dans sa région étaient SDF, et que la consommation addictive de drogues dures y était monnaie courante. Que peut bien valoir, dans ces conditions, la notion de consentement ?

De manière plus générale, si j’estime que la distinction entre sexualité et procréation, amorcée par ce qu’il est convenu d’appeler la libération sexuelle, est salutaire, je n’en dirais pas tant de la distinction qui lui est concomitante, celle entre sexe et être (entre sexe et esprit, si l’on préfère), dans la mesure où cette dernière me semble trop souvent revêtir, au point de devenir norme incontournable, les attributs d’une nécessité diffusément dictée, qui contrecarre l’émergence de la libération véritable, celle des individus, au bénéfice d’une inconsistance pulsionnelle toute de postures dont l’imposture est l’ingrédient clé, donc au détriment de relations épanouissantes parce que nouées.

De telles considérations semblent très éloignées de celles d’un Brighelli dans sa récente caricature du porno. Son argumentation réactionnaire, en grande partie fondée sur le sophisme, n’est pas fondamentalement différente de celle mise en avant par les opposants à la légalisation du cannabis : ainsi, sous prétexte que le porno normalisé est par trop accessible aux enfants, qu’il pervertirait dès le plus jeune âge, qu’il permet à des mafias avérées ou déguisées de réaliser de plus que plantureux bénéfices blanchis, et qu’il ne serait qu’un vecteur de violence, il faudrait l’interdire dans son ensemble. Lisez : parce qu’une activité humaine produit notamment de la merde, elle est intrinsèquement à vomir, et parce qu’elle menace les vierges yeux des p’tits nenfants, elle est à bannir : mieux protéger ceux-ci au moyen de balises électroniques plus efficaces ne suffirait pas…

Ce sociologue du dimanche, qui affirme avoir « beaucoup travaillé » sur le sujet (L’on n’ose imaginer la forme que ce « travail a prise »…) prétend que le porno qui fait la part belle aux sentiments (ou à leurs illusions) et à la féminité n’alimente que des sites spécialisés et marginaux, alors que des scènes issues des maisons de production Dane Jones, Epic Sex, X Art, Wow Girls, SG4GE, TMW ou encore Passion HD (La liste est encore longue…) sont postées quasi quotidiennement sur des plateformes tout aussi imposantes en termes de contenu que celles que le Pornhub qu’il a constamment à la bouche… et sur celle-là aussi ! Ces scènes répondent également à un créneau, donc à un format (très différent, tout de même, de celui auquel il se réfère), mais qu’il nous explique donc, après avoir craché la purée, en quoi elles constituent un mauvais exemple pour « la jeunesse », et un repoussoir pour le désir…

Plus rares et pour l’essentiel confinées à des sites ultra-spécialisés sont, en revanche, les scènes glauques qui semblent glorifier une extrême violence à l’égard des femmes (ou tout court). Ce sont ces sites et ces scènes-là, pourtant, qui semblent avoir tout particulièrement retenu l’attention de Brighelli, allez savoir pourquoi… Soit dit en passant, elles ne sont pas l’apanage de bourreaux russes ou hongrois (nouvel amalgame facile de sa part !) : outre, en effet, que nombre d’actrices porno russes et nombre de leurs partenaires masculins sont beaucoup plus raffiné(e)s que leurs homologues US, en ce qu’elles beuglent et ils hennissent bien moins de manière factice, n’est-ce pas l’acteur Steven French (lequel ne doit pas son nom de scène au hasard) qui s’est rendu tristement célèbre par son « donkey punch », l’acteur-réalisateur Max Hardcore qui a été condamné par la justice états-unienne pour la débauche jugée excessive qu’il manifestait dans ses vidéos, lesquelles confinaient très souvent à l’humiliation de la gent féminine, sans que l’on soit toujours en mesure de déterminer clairement si celle-ci était nécessairement non consentante ?

Contrairement à ce qu’affirme Brighelli, le porno ne « tue » pas « toute possibilité d’érotisme ». Il suffit de tourner le dos au morbide, qui fait, en effet, débander illico tout homme normalement constitué. Il est tout aussi faux de décréter ex nihilo qu’il ne peut être que relation de soi-même à l’écran : la majeure partie des sites cités ci-dessus s’adressent en priorité aux couples… Si Brighelli l’ignore, c’est sans doute parce qu’il a « enquêté » seul…

Bien sûr, une certaine variété de porno influence la société (à moins que ce ne soit l’inverse). Mais c’est peut-être davantage le fait de mettre la sexualité en abîme lui-même que la pseudo-uniformité de ses produits qui y contribue, car voir et se savoir (ou s’imaginer) vu est un fantasme qui n’a pas attendu le porno pour éclore, Diogène Laërce et sa tribu l’ont attesté, certes de manière beaucoup plus subversive. Et qui en a soupé des stéréotypes machistes peut très aisément trouver de l’alternatif, fût-il Bisounours, au sein même de tout le gloubiboulga posté sur les sites de partage tous publics : les productions de Strapon XXX n’en sont qu’un exemple parmi d’autres.

Pour qui conspue la corporation du porno qui n’est que commerce et profit, à l’exclusion de toute autre considération (et j’en suis !), la véritable question n’est pas de savoir pourquoi le porno contemporain, dit « gonzo », ne s’accompagne plus des dialogues à la mords-moi-le-nœud ni des scénarios à la lèche-moi-la-grappe qui rythmaient si savoureusement (n’est-ce pas ?) et dans la longueur les classiques de Marc Dorcel, bien que la segmentation d’un film (et donc du temps) en clips indépendants s’inscrive elle aussi dans une logique clairement définie. Peut-être faudrait-il plutôt se poser la question suivante : pourquoi empêche-t-on, de nos jours, le pornographe de Bonello de réaliser son rêve (si tant est qu’il puisse se réaliser), à savoir filmer l’intimité, la vraie, celle qui n’est pas feinte, à destination du grand public ? Pourquoi même un Lars von Trier, lorsqu’il s’est essayé, en tant que producteur, à décliner le genre (dans sa version gay), bien avant son diptyque entre chienne et louve, s’est-il limité à l’effleurer de manière convenue ? Tenter d’y répondre, c’est interroger, en effet, la superstructure capitaliste corporatiste productiviste, mais pas tant comme instrument d’exploitation (Cette critique-là n’est pas neuve…) qu’en ce qu’elle s’efforce, par l’entremise d’un nouveau système normatif synonyme de nouvelle servitude, dont le porno-Brighelli n’est que l’un des nombreux leviers, d’annihiler à la fois le modeste, le vrai et le divers qui excède la diversité formatée, ce en quoi, en deux de ces caractéristiques au moins, elle n’est pas fondamentalement dissemblable, à y réfléchir, au modèle puritain.

Il ne me viendrait pas à l’idée de nier la consubstantialité concrète entre fric et porno, entre exhibition des corps et société mercantile. Mais je réfute la nécessité de cette consubstantialité. C’est pourquoi, même s’il ne s’agissait me concernant que de ce que l’on qualifierait d’érotisme, j’avais refusé tout cachet pour prendre la pause. Le porno ne peut être art subversif que s’il élude toute contrainte, donc toute hiérarchie et tout format déterminé, la sexualité libre que si elle échappe à tout dogme, en ce compris la subordination financière. Quelle que soit la sensualité qui puisse s’en dégager, tels que nous les connaissons, le porno n’a donc rien d’insurrectionnel – il est pur conformisme –, la sexualité rien de solaire – il se trouve toujours une norme idiote pour l’entraver.

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le sadisme dans sa version contemporaine s’affiche de plus en plus ouvertement : à une époque où le pouvoir politique lui-même traite de nouveau avec superbe les humains comme des chiens que l’on maltraite, comment pourrait-il rester confiné à l’underground ? Les deux phénomènes sont parfaitement en phase l’un avec l’autre, et la glorification pseudo-libertaire ou le rejet viscéral de l’un correspond à l’apologie ou à la condamnation de l’autre. Qu’advienne un nouveau cataclysme mondial, et il en ira de même, de nouveau, du sadisme traditionnel.

Dans une société délivrée de l’instinct primaire de domination, aucune contrainte ne serait requise : toute contrainte est conséquence d’immaturité. Paradoxalement, si, tel un Max Ryder, je m’étais insurgé contre la lacération spectaculaire du corps d’un acteur X au moyen d’un fouet, et si, disposant d’éléments qui m’auraient indiqué que ledit acteur, qui n’avait rien d’un jeune débutant,  jouissait d’un certain confort financier, je m’étais érigé en inquisiteur, imposant par une fatwa l’arrêt immédiat de ce genre de pratiques, une telle contrainte n’aurait pas échappé pas à la règle : si à ceux-là le mal fait du bien, grand mal leur fasse ! Le fait que je m’en abstienne distingue mon sincère dégoût, tant physique qu’intellectuel, vis-à-vis de toute forme de sadisme de la hantise hedgesienne du « rosebudding »…

Quant à l’Etat du Nevada, où s’est tenu ce spectacle ouvert à tous, il est pour le moins ambigu à ce sujet : qu’un jeune et joli couple en chaleur fasse l’amour en public à l’ombre d’une fontaine de Las Vegas un jour de canicule, et il se verra embarqué au poste pour « indecent exposure ». Qu’un type en fouette un autre jusqu’à faire gicler son sang aux alentours, et personne, apparemment, n’y trouvera quoi que ce soit d’indécent. Le sadisme, je vous le disais, est mainstream, l’amour libre subversif…

C’est sans doute la raison pour laquelle une vermine comme ce Benjamin Jean-Luc Willis, alias Sebastian Kane, adepte de la mortification de corps à peine sortis de la puberté, est parvenue à se rendre incontournable au sein de la prétendue communauté LGBT de Londres, au point de s’en faire aduler. Groomer des gosses pour les humilier et leur faire mal devant une caméra, quoi de plus enivrant pour tous les dégénérés que compte ladite communauté ?

Imposer des interdictions antédiluviennes en matière de drogues douces, ou des limites légales à l’addiction aux jeux de hasard ? Bien sûr ! Interdire l’exploitation éhontée (voire criminelle) de gamins de dix-huit ans (quinze peut-être, behind the scenes), transformés en putes bien dociles pour gangbangs de quinquas ? Pourquoi donc ? Les gamins sont consentants, non ? La preuve : ils se font payer ! Qu’ils puissent être SDF et avoir besoin de bouffer, qu’ils aient pu, en rupture de ban familial, se laisser embobiner par des manipulateurs professionnels, détails que tout cela à l’estime des vertueux esprits libertaires allergiques aux fatwas ! Et je n’évoque même pas les effets de cette contrebande à ciel ouvert sur les esprits dérangés qui la consomment… avant de passer à l’acte ?

Dans certains cas, le ton liturgique et péremptoire de Hedges est de mise : on aurait tort de dissocier ce genre d’évolutions du mépris et de la déshumanisation croissante dont font l’objet dans nos pays les réfugiés de guerre, pour ne citer qu’eux…

Car voilà où mène une société guidée par la nécessité de s’endurcir SOUS L’EMPIRE DU FRIC !, une société qui œuvre en toute chose, réformes aidant, à la suppression sous la contrainte de cet abject sourire, de ces intolérables étincelles dans le regard, de cette ignoble luminosité…

« Le sexe est dégradant », dit l’Eglise, « les corps pourriture en sursis ». « Le sexe est dégradant et les corps pourriture en sursis », acquiescent les minables petits démons sadiques de bazar. L’imagination au pouvoir !

https://www.bitporno.com/?v=FGZUH5DKRQ

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To whom it may/should concern…

“Undoubtedly there is a connection with the neoliberal policies of the last decades – the withdrawal of the safety net, the erosion of local services, public sector jobs, and community values, increasingly entrenched poverty within a culture that celebrates wealth and makes consumerism the highest good.

There is evidence that the mainstreaming of porn and its increasingly brutal and sadistic nature are normalising male sexual violence, eroticising abuse of power, and contributing to the “othering” of girls and women more generally.”

https://thefeministahood.wordpress.com/2014/11/08/grooming/

“Grooming girls into prostitution is about greed and cruelty.

  • It’s easy money – Girl D was sold for £600 per hour. The men were mostly working in fast food outlets or as taxi drivers or security guards and so were probably earning close to the minimum wage. This means that they could pocket more from one hour of prostituting one girl than in a week of normal work.
  • They get to play God – In the Oxford case, the police described what the perpetrators did to the girls as extreme violence and torture and other cases are not dissimilar. The men clearly wanted to hurt and humiliate the girls – they had no empathy, no recognition of their common humanity, no sense of responsibility.
  • They can get away with it – Although there have been convictions in the last couple of years, these cases are clearly just the tip of the iceberg and most perpetrators get away with it.”

[…] My other guide that day was no other then Ben Willis himself, [founder of Great Britain’s Prowler Porn Awards] and Smacky felt very star struck and privileged. He is such a inspiration to the whole gay porn industry and no matter where I go all I hear is […] utter respect […].

Twisted XXX Media houses many peoples favourite products such as the mighty and kinky BoyNapped and also the union that was newly established; ApplyToModel.com.

http://smackygirl.net/smackygirl-visits-twisted-xxx-media/

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http://www.dhnet.be/actu/faits/parole-de-bourreau-51b78e4ce4b0de6db9816910

« Salo : Yesterday and Today » (Pasolini interview – pt. 2)
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I had no reply, so I just asked the sky…

After David Lynch, we continue our amazing series of imaginary interviews of contemporary art icons. Today, The Iguana himself, aka Mr. Biggie (and I saw it !), Vice style. But first, I owe it to my readers to disclose my close personal relationship with the enfant terrible of glam pop music : for years, a giant American Caesar stared at me up close in my teenage bedroom. But I’m doing better now. So, without further ado, let’s jump into it…

*****

Howdy, Sir Pop. I was fifteen when I first saw you live. It was at the Brielpoort in the small Belgian city of Deinze. And it was unforgettable. A few years later, I went to an Henry Rollins gig. With him you share, among other things, the habit of displaying your body on stage. His is covered with tattoos front and back, yours isn’t. Regardless of any easily forgivable self-attraction, do you think of your body as a work of art ?

***

By 1967, when The Stooges’ first album came out, color made its first significant breakthrough on national television. But the minds were still largely black and white. With its raw energy and provocative lasciviousness, the band was like a colorful explosion in Pleasantville. It definitely broke the musical codes of that time.

As I grew up with that music, that and Led Zeppelin’s, then Sonic Youth’s, one of your rightful heirs somehow, and quite some The Cure as well, I’ll always remain emotionally attached to it, it’ll never lose its power, and it’ll always remain avant-garde to me, as I think it can be to new generations too, particularly considering the amount of commercial trash being produced these days, which has not only become panoramic compared to what it was in the seventies, but is also a lot – and I mean a lot ! – shittier than any of the P&L stuff major labels could come up with back then : “cultural treason” is everywhere now !

But, despite a clear resurgence of puritanism, both in the US and in Europe, sex – or the marketing thereof – is now omnipresent : some fringe rock and rap bands even invite couples to fuck on stage. There’s a ‘been there, done that’ feeling to it. The energy The Stooges were able to produce, which was a direct reflection of how they were dealing with their hormones as teenagers, others might genuinely try to channel and reproduce (and, to some extent, a lot have), but that too would amount to déjà vu. Last but not least, whereas, for better or worse, musical trends were very affirmed in the sixties and seventies, in part due to the majors’ influence, the era of musical fashions is over. In other words, there can never be another Iggy and The Stooges.

If they were in their late teens today, and equally inspired, what music (in any possible genre) could they, could you, produce that would have the same immediate and lasting effect on people and society in general ? How could they challenge their audience between a rock of repetition and a soft place of mellow intimacy ? Where would true rebellion – or just coolness – lie in music these days for “absolute beginners” ? And can it emerge against both what some – maybe even yourself – would call the excesses of the past and the new political correctness ?

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Several times, drugs (some a lot more than others) had a nefarious effect on the band throughout its existence. During your press conference in Cannes last year, you encouraged (young) people to leave drugs aside. Is that something one has to say when addressing the flock in a church like Cannes ? Did you mean it ? Would The Stooges have been The Stooges without them ?

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What was worse for you ? The drugs or you suddenly being sucked into the celebrity machine as a kid from Michigan who grew up in a trailer ?

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Looking back at your Arista years and even later on, how much of your music during that period, if any, do you consider to be a concession to “cultural traitors” ? I guess what I’m asking is : did you lose your edge of your own volition ? Were you coerced financially ? It must have been very hard for you to be asked to perform Stooges songs alone and in playback on TV…

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In Cannes – or was it during your Times Talks interview ? – you said language should be as spontaneous as possible. If the other questions didn’t bore you already, this one sure will : generally speaking, in how far can spontaneity be accuracy ? And in how far is it any different from empty automatism ?

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The next one is a bit surreal, but I’m going to ask it anyway… I also remember you saying you saw to it Stooges songs were always very parsimonious with words in order to be more efficient and to the point. What about purely instrumental music ? Could Iggy ever have done an act with the same passion without vocals at all ?

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I agree with you about Igor, but I know you’re open to all kinds of music. What do you make of the original Detroit techno scene ? Could there be room for guitar or voice inserts in there ? Names like Mad Mike or Jeff Mills ring a bell ?

Throughout your musical career, you embraced several genres, but always remained within the rock, and later pop realm. Can the future of music be anything else than a fusion of genres (in fact, as many as the artistic mind is able to conceive) that would ultimately get rid of established ones and allow creators to explore the entire musical realm as they go without obfuscating their audiences ?

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They had to wait for over forty years, but in 2010 The Stooges were formally inducted into the Rock ‘n’ Roll Hall of Fame. To anyone who knows anything about rock music however, this was a mere formality. How important was it to you ? And how important was it to Junior Jim ?

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Mr. Osterberg, I want to thank you for this interview, and I wish you many more albums to come.

Do I wanna see it again ? C’mon on, man, you could be my dad… Okay then, a quick glimpse…

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Pour en finir avec ce numéro de duettistes : dire heil, camarade patron ? Fuck you, Gramsci !

Il existe, il faudrait être particulièrement sot pour ne pas s’en apercevoir, une alliance objective entre l’Auguste acculturé que les Français se sont choisi par défaut et le petit père des passions tristes qui s’affiche comme son premier opposant. Cette alliance, qui a vu le jour au début de la campagne présidentielle, Mélenchon étant allé jusqu’à vanter plusieurs fois les mérites de son cadet durant ses harangues, perdure aujourd’hui. Et il ne serait pas étonnant que celui qui a pris l’habitude de s’aliéner méthodiquement tous ses alliés de gauche potentiels ait accepté, en revanche, quelque discrète entrevue avec sa bête noire supposée. Qu’importe si tel n’est pas le cas : son double jeu ne serait que plus obséquieux si la répartition des rôles qui en découle était le fruit d’une synergie spontanée…

Que le pseudo-président lâche un Macron – son prolofisme en la matière ne doit rien à la fainéantise de gens qui ne donnent aux Français que l’impression qu’ils leur parlent, alors qu’ils ne font que s’apostropher entre eux à distance devant un public dispensable – et voilà qu’aussitôt l’agitateur professionnel, alléché par le fumet qui s’en dégage, s’y vautre avec volupté, comme il s’est vautré à chaque occasion qui lui en était donnée dans des caracasseries dont le bon peuple de France n’a que foutre : Mélenchon est à Macron ce que la grognasse était à Hollande, et le tortionnaire d’Alger à Mitterrand avant elle : le leurre que se choisit la Cour pour affaiblir le camp d’en face. Certes, personne de sensé ne se plaindra a priori de cette translation stratégique, surtout pas après la victoire triomphale que ladite mère poissarde a servie au nervi du CAC sur un plateau d’argent, mais se réjouir d’être pris pour des gogos n’est-il pas l’apanage des soumis ?

Que le bâtard avatar de Mao, Trotski, Chavez et Gramsci réunis ait mené la campagne la plus innovante, la plus énergique et la plus programmatique de toutes semble une évidence. Que marginaliser l’ectoplasme politique solférinien relevât de la nécessité pareillement. Mais quand l’entreprise de déconstruction est-elle supposée prendre fin ? Et à qui est-elle censée bénéficier ? Combien de foucades faudra-t-il à la populace lassée encaisser encore entre-temps ?

Dans sa trente-huitième Revue de la semaine, le héraut de la France méprisée se réjouissait qu’Hamon ait appelé à se joindre à sa manifestation du 23 septembre, invitant ses troupes à lui réserver un bon accueil : « on ne fait pas », y affirmait Dr. Mélenchon, « de la bonne politique avec des rancœurs ». Las ! Six jours plus tard, Mister Amer reprochait à son ex-adversaire, dans les colonnes de Marianne, de ne pas avoir accepté qu’il le nomme premier ministre…

Durant la campagne, il avait sèchement envoyé sur les roses un jeune journaliste plus que probablement exploité qui s’était pourtant fait le porte-parole, involontaire peut-être, de plusieurs voix à gauche qui, comme Torreton, se demandaient : « et nous », face à ce spectacle politicien, « on fait quoi ? »

Ce « nous », c’étaient déjà, bien sûr, les futures victimes de la baisse des APL, le monde du travail fragilisé par les ordonnances à venir, les économistes indignés par l’annonce de cadeaux fiscaux sans précédent aux ultra-riches, les sains d’esprit inquiets de la poursuite du nucléaire. Ce « nous », c’étaient déjà les désœuvrés aux deux offres d’emploi déterminantes, c’étaient tous ces petits riens que ce spectacle a confirmés dans leur statut !

Ce weekend, Mister Amer n’ira pas à la Fête de l’Huma. Nouveau caprice de diva. En termes de fairplay, ceux-là non plus n’ont pas toujours été au top depuis 2012. Mais ils ont survécu. Ils existent. Et ils sont de gauche, bon sang de bon soir !

Malgré les rodomontades, les relations avec la CGT semblent elles aussi compromises par l’absence totale de recherche de compromis de la part de l’intransigeant líder máximo hexagonal : comment sinon comme un camouflet interpréter, en effet, l’enchâssement in extremis d’une nouvelle manif syndicale dans le calendrier révolutionnaire, à deux jours du grand raout mélenchoniste ?

« Seuls ceux qui sont devant comptent », déclarait, fin août, l’icône de la nouvelle avant-garde éclairée en conclusion des amFIs d’été de son parti-mouvement. Ça promet ! Et ça en dit long sur l’espace y laissé aux réfractaires créatifs par la Doctrine guidant le peuple…

Depuis un an au moins, je scrute en détail les mouvements et ois avec intérêt toutes les saillies verbales du bonhomme. Je ne lui reproche ni sa gouaille, ni son goût pour la théâtralité. Et comment pourrais-je lui reprocher sa culture ? Une chose, toutefois, le distingue de ceux à qui on le compare parfois, Corbyn ici, Sanders là : outre le plaisir de s’écouter parler, d’imiter l’accent gaullien jusqu’au ridicule, outre l’inflexibilité doctrinaire, le fait de tirer toujours la couverture à soi, la pétulance dans l’insulte, l’inclination au repli, la hargne que parfois rien ne justifie, le mépris du contraste, l’arrogance de la vanité, ou plutôt en marge de tout cela, c’est le facteur humain, que les deux autres n’ont pas hésité à dévoiler, mais qui demeure chez Mister Amer une inconnue de taille : qu’y a-t-il derrière cette carapace blindée, cette machine politique, ce stratège calculateur ? Un divan d’opérette n’a pas suffi à effeuiller l’acteur, dont la part ténébreuse, pour qui ne se découvre de son esprit critique à l’entrée du temple de l’Insoumission, tend toujours fâcheusement à éclipser la lumière du programme.

On m’avait dit que l’initiation maçonnique était d’abord un moyen de se découvrir soi-même, de préserver la flamme en soi après avoir œuvré à un cessez-le-feu. Le stade initiatique n’est plus pour Mélenchon qu’un lointain souvenir. Pourtant, derrière les mises en scène, c’est en vain que l’on recherche la paix de l’esprit de l’énergumène qui, comme ci-dessus, ne répond plus de ses pulsions…

Rien de tout cela n’aurait d’importance si celui qui s’avère incapable de discuter avec ses pairs du même bord et du même pays n’était appelé par hypothèse, s’il est autre chose qu’un leurre, à prendre langue avec d’autres produits politiques, de toutes confessions et de toutes latitudes, y compris ceux d’une certaine « gauche radicale » hellène, qui, tout en faisant partie du groupe parlementaire européen qui était aussi le sien, tressent aujourd’hui des lauriers au showman de la Pnyx par ailleurs contempteur de la démocratie parlementaire.

Rien de tout cela n’aurait d’importance si ne subsistait le risque que ceux qui croient en lui se voient une nouvelle fois floués. Car s’il faut toujours, en politique, se méfier comme de la peste des fanatiques, il convient aussi de considérer les comédiens pour ce qu’ils sont.

A mesure que seront nourris de faux espoirs, que sera alimentée à gauche une concurrence fratricide que tous fustigent pourtant de manière générale, et que s’accentuera à l’encontre de la fatche d’avant-garde l’opprobre de l’habituelle palette de chroniqueurs quasi encartés ou que, comme hier, s’adoucira, au contraire, le verbiage de ladite caste, le petit Peuple, excessif rien du tout ou tout du rien, disposera d’indications pour déterminer de quelle catégorie relève son sauveur à lui…

 

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The Late Show’s Alter Egos : The Pizza Factory

https://wikileaks.org/podesta-emails/emailid/46703

Don’t worry, folks, if we get rid of the old ogre, we’ll get back to the good old days, and everything will be just fine again.

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Enfants-rois et clergé nouveau…

Réforme. Jusqu’à présent, le mot était associé au protestantisme, lequel, en bref, a souhaité ancrer davantage la foi dans la réalité pratique. Mais l’usage qui en est fait aujourd’hui s’écarte de cette genèse.

En effet, il faut l’entendre désormais comme l’ensemble des propositions et des mesures qui visent à transposer les prérogatives de l’Etat, en ce qu’il est la représentation politique du monothéisme, à un panthéon de demi-dieux supposés qui se compose des détenteurs des grosses fortunes mondiales et des managers de corporations transnationales. La métaphore peut paraître abstraite, mais seulement à ceux qui ne sont pas aux commandes de ce grand chamboulement, ceux qui le sont l’ayant théorisé depuis la chute du mur de Berlin. Des TTIP et des CETA en seraient l’apothéose.

La loi de l’offre, plutôt que celle du besoin, en est l’application concrète : les demi-dieux décident entre eux pour la populace ce à quoi celle-ci sera sommée de s’adapter, de la même manière que les hommes gouvernent le destin des animaux. Si, par exemple, le marché aux bestiaux contributeurs au produit intérieur brut, plus communément appelé marché de l’emploi, s’oriente vers des jobs à 500 €, c’est en raison de la loi de l’offre.

Cette loi non écrite se moque éperdument de savoir si cette somme permet aux êtres humains de subvenir à leurs besoins fondamentaux, de la même manière que les dieux se foutent comme d’une guigne du bien-être de l’humanité : les dieux vivent en vase clos et s’autosuffisent, du moins le pensent-ils. A leur maintien, bien plus qu’à une quelconque contribution sociale, les mortels sont donc tenus de veiller. Pensez donc : il pourrait venir à l’idée des masses de grouillants désœuvrés de contester le polythéisme nouveau. Les occuper est donc vital.

Ainsi, ce qui nous est présenté à longueur de journées comme une nécessaire adaptation au réel n’est en réalité qu’une vulgaire spéculation, dont seule la résignation du plus grande nombre, leur soumission à une autorité frelatée, permettrait la mise en œuvre. Or, celles-ci ne sauraient être que temporaires car, comme l’affirmait Lincoln, paraphrasé depuis par Les Nuls, « you can’t fool all the people all the time ».

En fait de dieux, ces nouveaux maîtres ne sont rien de plus que des enfants gâtés, des enfants-rois qui, comme ces gosses conditionnés par le marketing télévisuel, piquent une crise dans le supermarché lorsque tel ou tel jouet ou friandise leur est refusé(e) : « ouuiiin, je veux ma loi travail, ouuuiiiiiiiin ! » – « Mais je t’ai déjà donné quarante milliards, mon chéri, et tu en recevras encore quarante cette année… » – « Mais JE VEUX MA LOI TRAVAIL, aaaaaaarrhh ouuuuuiiiiin ! »

Grosse baffe ou douche froide pour le môme une fois de retour à la maison, vous êtes d’accord. Pourquoi en irait-il différemment d’un Gattaz ? Voilà un fils à papa, dont ce dernier fut précisément lui aussi en son temps à la tête d’un certain patronat français, qui a hérité de son entreprise, n’a jamais dû chercher un job de sa vie, n’a jamais eu à se soucier de ses fins de mois, n’a jamais eu à se prostituer pour les boucler, n’a jamais eu à s’inquiéter pour la survie de sa progéniture, n’a jamais eu à faire la moindre concession à qui que ce soit, baigne depuis cinq ans dans la providence divine, sans contrepartie aucune, mais continue, à cheval sur le caddie, de piquer régulièrement sa crise.

Jamais à court de sophismes, certains argueraient que le réel, c’est les autres, c’est ce qui nous entoure, à défaut de nous encercler, et que le marché aux bestiaux français (et belge) est inadapté à ce réel. D’où la nécessité des réformes. Mais comme l’a dit au moins une institutrice à tout enfant trop malléable, si l’autre te dit de te jeter par la fenêtre, tu vas le faire ?

Les enfants-rois comme Gattaz n’ont jamais appris à définir leurs propres limites; ils n’ont appris qu’à les repousser jusqu’à s’en défaire. Ils assument en fait le rôle qu’assumait la nature avant que l’homme et sa raison ne s’y fassent une place. Sadiens, ils se sont affranchis de toute éthique. Et lorsque tel ou tel philosophe s’exprimant sur l’anthropocène suggère de considérer l’humanité d’aujourd’hui comme une force tellurique, c’est à eux qu’il devrait se référer, car, somme toute, nonobstant voiture, TV, GSM et PC, la condition citoyenne de la piétaille n’a pas fondamentalement évolué malgré le cadre dit démocratique : les outils telluriques, c’est eux qui en disposent. Et il n’est point besoin de rappeler que la condition d’une vie digne fut de domestiquer la nature antique.

Or, face au néo-polythéisme qui nous est imposé, qui n’est autre qu’un nouveau clergé, avec sa doxa, ses privilèges, ses passe-droit, ses exigences puériles, et bientôt ses diktats, face au « coup d’Etat social » qui menace d’emporter le fruit de cent ans de luttes – c’est-à-dire de martyrs, de barricades, de grèves sauvages et au finish –, que nous propose-t-on ? Quelques manifs bien propres et biens sages, où l’on ne fait que quémander aux tyrans ? La réponse est-elle à la mesure des morts qui ont permis les acquis ?

Les temps ont changé, certes, mais pas l’ardeur des riens, plus que jamais enclins à outrepasser les hiérarchies syndicales. Certes, les riens sont moins nombreux qu’hier, et une trop grande radicalité pourrait, par la faute des procureurs médiatiques, effrayer les autres. Mais de qui se réclame-t-on, à la fin !?

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