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Nouvelle résolution française au Conseil de Sécurité de l’ONU : la ficelle est trop évidente !

Dès lundi devrait, nous apprend l’AFP, être débattue par cette instance une nouvelle proposition de résolution présentée conjointement par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne dans le cadre de la lutte contre le recours aux armes chimiques par des Etats belligérants.

Une nouvelle fois, sa formulation est telle qu’elle aboutira nécessairement à l’utilisation par la Russie de son veto pour en empêcher l’adoption. En effet, le texte fait, semble-t-il, explicitement référence à l’événement de Douma comme une cause entendue, alors que n’existe bien sûr aucun consensus international sur la question, la mission d’enquête n’ayant débuté qu’hier, après les frappes occidentales, et qu’aucune preuve n’a été produite par les trois coalisés de circonstance pour valider leurs assertions : compiler ces dernières dans un rapport officiel comme autant de déclarations de foi ne suffit pas…

Compte tenu de la prévisibilité de ce veto russe, qui, bien entendu, sera utilisé une fois encore par les chancelleries occidentales pour pointer du doigt l’absence de bonne volonté présumée et le prétendu entêtement de Moscou, une prévisibilité renforcée par le fait qu’adopter ladite proposition de résolution n’équivaudrait pas uniquement pour la Russie à souscrire à l’interprétation occidentale, mais aussi à valider a posteriori les représailles de la nuit dernière, illégales au regard du droit international, celui-là même dont le Conseil de Sécurité de l’ONU est supposé garant, se pose à la France (et à ses alliés) la question suivante :

Monsieur Macron, l’objectif que vous avez avancé comme justification de la riposte militaire française d’hier en Syrie, à savoir empêcher tout recours à des armes chimiques par un quelconque Etat-membre, notamment en réprimant de manière dissuasive celui ou ceux qui franchirai(en)t ce que, dans la foulée du président Obama, vous aviez qualifié de ligne rouge, serait-il, en définitive, secondaire par rapport à vos jeux politiciens avec la Russie ? Pourquoi avez-vous, avec vos alliés, intégré sciemment à ce texte des éléments qui rendront impossible tout consensus autour de cette problématique, torpillant ainsi vos propres ambitions affichées  ?…

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Cette question ne sera posée par aucun journaliste occidental de la presse mainstream

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Are things (again) as clear-cut as they seem ?

FAIT : le mardi 4 avril 2017, des composants chimiques léthaux ont été libérés suite à une frappe aérienne sur Khan Cheikhoun (centre-ouest de la Syrie), une ville de la province d’Idlib à cheval entre une portion de territoire contrôlée par l’armée syrienne dite libre et la zone sous contrôle gouvernemental.

ANTECEDENT : le 21 août 2013, du gaz sarin avait été utilisé en grande quantité contre des civils à la Ghouta, dans la périphérie de Damas. La plupart des gouvernements occidentaux en avaient déjà imputé la responsabilité à Assad, mais une enquête de l’ONU avait néanmoins été diligentée. Plus tôt, une commission d’enquête de l’ONU s’était déjà penchée sur des incidents similaires mais plus isolés. L’une de ses membres, Mme. Carla Del Ponte, ex-procureure du TPI, avait affirmé en mai 2013 disposer d’éléments qui indiquaient que des rebelles avaient utilisé du gaz sarin.

QUESTION : de quel type d’armes chimiques s’agissait-il en l’occurrence (aisées de fabrication, de conception militaire) ? Est-il plausible que d’autres belligérants que le gouvernement syrien les aient assemblées ?

CULPABILITE :

VERSION RUSSE : l’armée syrienne a détruit par une frappe aérienne un entrepôt des rebelles sans savoir que de telles armes y étaient stockées. [Correction du 13 avril 2017 : cette version était préalablement présentée, à tort, comme celle d’Assad.]

VERSION OCCIDENTALE : l’arme chimique dont question était le missile (le ou les) largué par les forces gouvernementales syriennes sur Khan Cheikhoun lui-même.

OPINION : la tentative de disculpation du régime alaouite, qui suppute peut-être l’existence de preuves tangibles que c’est bel et bien ledit missile qui contenait le gaz mortel, semble a priori très faiblarde. D’ailleurs, même Carla Del Ponte, sans qu’on sache exactement de quelles informations précises elle dispose, se range désormais derrière la version occidentale.

HYPOTHESES :

– Si Assad, dans quel but ? Il ne s’agissait pas, comme c’était le cas à Alep en fin d’année dernière, de reconquérir une ville assiégée. Aucune action militaire d’envergure n’avait lieu à cet endroit.

Et pourquoi maintenant ? Tester la résolution de Trump pourrait-il constituer un motif crédible, considérant ce que le despote syrien aurait à y perdre ? Fanfaronner face aux rebelles tandis que semblait se forger une alliance Trump/Poutine qui l’aurait rendu inamovible ? Cela ne l’affaiblirait-il pas vis-à-vis de Poutine, son principal soutien, lequel s’était porté garant du démantèlement de l’arsenal chimique du régime syrien suite au massacre perpétré à la Ghouta ?

– Qui sinon Assad ? Se pourrait-il qu’au sein du régime des faucons encore plus déterminés que lui cherchent à lui forcer la main ? Est-il envisageable par ailleurs que l’ordre de lancer le missile incriminé ait été donné par une ou plusieurs taupe(s) de quelque service secret étranger au sein du régime, exfiltrée(s) après coup, le cas échéant ? Dans pareille hypothèse, le régime syrien ne pourrait l’admettre publiquement sans affaiblir fatalement son image tant au sein de sa propre armée qu’à l’égard des Syriens qui continuent de le soutenir : comment, en effet, garantir son efficacité sur le terrain et motiver une armée qui sait qu’une redoutable cinquième colonne est active en son sein, peut-être même à certains postes de commande ? Et comment convaincre les irréductibles pro-Assad que ce dernier reste l’homme de la situation s’il admet lui-même que son armée est une passoire à la merci de luttes intestines ou de services étrangers ?

Lequel de ceux-ci aurait-il pu y trouver son compte ? France, Israël et Etats-Unis parmi d’autres : nombreux seraient les potentiels bénéficiaires, les uns pour déclencher une revanche finale contre un régime qui ne leur a jamais pardonné d’être aux avant-postes de la révolution, mettre fin à l’afflux de réfugiés qui fait dépendre l’Europe d’un Erdogan de plus en plus inquiétant, et tarir la source du terrorisme hexagonal, les autres pour en finir avec une situation des plus chaotiques dont ils ne continueront pas éternellement d’êtres prémunis, ainsi que pour affaiblir l’influence iranienne dans la région, les troisièmes, leur Deep State en tout cas (en tout ou en partie) pour amener un Trump peu populaire et déjà échaudé par deux défaites intérieures consécutives (le gel par plusieurs juges de son « Muslim Ban » et l’enlisement de sa réforme du « Affordable Care Act ») à se défaire de son penchant isolationniste (cf. le coup de semonce qu’il vient d’adresser à Bannon, excommunié sine die du NSC) au bénéfice d’une normalisation impérialiste supposée redorer son blason. Le milliardaire ayant affiché sans détour son intention de pulvériser les foyers du takfirisme en Syrie et en Irak, Turquie et Saoudie avaient, quant à elles, un intérêt objectif à détourner son attention.

QUESTIONS CONNEXES :

– La quasi-synchronie entre la tragédie de Khan Cheikhoun et l’attentat perpétré la veille dans le métro de Saint-Pétersbourg est-elle pur hasard ?

– L’affaire Flynn et l’épée de Damoclès que pourraient représenter pour Trump d’éventuelles révélations imminentes du conseiller déchu ont-elles joué le moindre rôle dans l’extrême diligence dont le président états-unien a fait preuve en termes de représailles à l’égard de Damas (sans grande considération pour Moscou, semble-t-il) ? Était-il dans l’intérêt de Trump, prenant prétexte de cette énième infamie syrienne, de démontrer in tempore plus minusve non suspecto que ses décisions géopolitiques ne sont pas dictées par Poutine ? De son inédite mais ponctuelle célérité, tous les faucons de Capitol Hill et les lobbies concernés se réjouissent. S’en contenteront-ils, eux qu’un nouveau maccarthysme tient depuis des mois sous sa coupe ?

– Multiples furent, jusqu’il y a peu, les signes de défiance adressés par Trump à son appareil sécuritaire. Quel est aujourd’hui, particulièrement à l’aune des derniers événements, le degré de capillarité réel entre l’administration Trump, la CIA dans toutes ses composantes (y compris son nouveau directeur) et les nombreuses entreprises militaires privées qui font « le complexe militaro-industriel » ?

CONCLUSION TEMPORAIRE : plus de questions que de réponses, mais en l’absence de science, mieux vaut le doute qu’une fausse vérité, car dans un monde complexe la facilité n’est pas l’alliée de la raison : things may be, but are not necessarily, what they seem…

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Ajout du 9 avril 2017 : l’édition états-unienne du Huffington Post publie aujourd’hui un très intéressant article qui invite à prolonger la réflexion : http://www.huffingtonpost.com/entry/syria-chemical-attack-al-qaeda-played-donald-trump_us_58ea226fe4b058f0a02fca4d

Bien qu’à certains égards spéculatif, il fournit une série d’éléments nouveaux, notamment quant au type de gaz le plus susceptible d’avoir été utilisé à Khan Cheikhoun, qui ne serait pas de type militaire. Il insiste lui aussi sur la rapidité des représailles contre Assad, mentionnant l’intervention intermédiaire, au Conseil de Sécurité de l’ONU, de la nouvelle ambassadrice des Etats-Unis, Nikki « We’re Taking Names » Haley, qui, photos du carnage (?) à l’appui, s’est employée à agiter la corde sensible des émotions comme nombre de ses prédécesseurs l’avaient fait avant elle pour justifier une intervention militaire dans la même région, qui au moyen d’une fiole d’anthrax, qui en soulignant la grave négligence présumée des puéricultrices irakiennes.

Le titre de l’article (« Wag the Dog ») renvoie à un film tragicomique des années nonante que j’ai déjà évoqué dans ce blog à l’occasion de la sortie de l’inénarrable « The Innocence of Muslims ». Un conseiller en communication présidentiel (interprété par Robert De Niro) y fait appel à un cinéaste (Dustin Hoffman) pour produire un film de propagande sur d’improbables atrocités en cours en Albanie afin de divertir le public du scandale sexuel dans lequel est empêtré un président en pleine campagne électorale.

En affirmant que Trump, qui n’est plus en campagne, a été instrumentalisé dans cette affaire, le contributeur du Huffpost s’écarte toutefois pudiquement du scénario du film, dans lequel le chef d’Etat fictionnel, cynique parmi les cyniques, quoiqu’effacé, est indubitablement à la manœuvre.

La lecture de cet article ne m’a pas amené à modifier le mien, mais elle a étoffé les hypothèses existantes. En effet, plutôt qu’une taupe à la solde d’une puissance étrangère au sein de l’armée syrienne, le gradé qui a donné l’ordre de tirer pourrait avoir reçu des renseignements d’un informateur dont le rôle exact et l’allégeance resteraient à déterminer : ledit militaire pensait-il détruire un dépôt d’armes classiques ? Ce genre de décisions peut-il dépendre d’un officier sur le terrain dans un régime ultra-centralisé ? Bachar « I Sleep Regular » al-Assad ou son QG auraient-ils donné leur fiat initial en toute connaissance de cause, sachant que les actions qui s’ensuivraient les desserviraient à coup sûr ? Si les substances chimiques qui ont tué plus de septante civils syriens le 4 avril dernier étaient entreposées par des rebelles terroristes à l’abri des regards plutôt que contenues dans le(s) missile(s) largué(s) par les forces gouvernementales, s’agissait-il de les neutraliser dans la précipitation, peu importe le coût humain, afin d’éviter leur déplacement et leur utilisation éventuelle dans des quartiers à majorité alaouite ? Dans l’affirmative, n’y avait-il aucun autre moyen d’agir ? L’article du Huffington Post affirme que de tels entrepôts ont été découverts sur des sites et dans des villes reconquises par l’armée syrienne. Pourquoi ceux-là ont-ils dès lors échappé aux bombardements ? Et s’apprêterait-on à déboulonner une statue baasiste de plus, potentiellement innocente de ce crime-ci, pour la remplacer par celui qui l’aurait perpétré ?

***

Tandis que de nouvelles négociations entre les parties au conflit syrien sont en cours, la manœuvre est-elle de nature à favoriser le dialogue ? A-t-elle affaibli ou renforcé la ténacité d’Assad ? Favorisé par réaction un début d’issue à la crise, instauré un glacis géostratégique, ou provoqué un emballement aux conséquences imprévisibles ? Sachant que Poutine n’a pas pesé de tout son poids militaire, diplomatique et financier sur cette guerre pour repartir bredouille, lui fournit-elle une alternative à un soutien réitéré à un allié de plus en plus encombrant ? Quiconque peut-il prendre la relève de ce dernier en satisfaisant toutes les parties et en faisant taire le ressentiment tribal ? Fédéralisme et théologie peuvent-ils faire bon ménage au Levant ? Assad est-il le Tito de ce début de XXIe siècle ? Qu’est-ce encore qu’être syrien aujourd’hui ?

Khan Cheikhoun pose maintes questions. La raison n’est pas le seul facteur qui commande d’y répondre dans le but d’écarter une hypothèse après l’autre jusqu’à ce qu’il n’en demeure plus qu’une seule, vérifiée. Les vies humaines le méritent plus que tout, celles perdues et celles à préserver. Car un enfant gazé par des brutes n’a rien à envier à celui qui agonit sous les décombres d’un immeuble pris pour cible par le gendarme du monde : au jeu macabre du « shock and awe » ne triomphe que le chaos… Et ceux qui s’extasient devant la virilité de la rétorsion occidentale et la poésie fantasmée  et lacanienne des missiles Raytheon ne démontrent qu’une chose : qu’ils ont la mémoire très courte !

http://forward.com/opinion/368564/brian-williams-other-leonard-cohen-temptations/

Trump pourra-t-il pour autant en rester là ? En toute logique, étant donné son titre, l’article se conclut par une information qui laisse pantois : les cinquante-six missiles de croisière promptement balancés sur une base militaire syrienne dans la nuit du jeudi 6 avril (d’une valeur de plus d’un million de dollars chacun) auraient causé bien moins de dégâts qu’on aurait pu le croire à écouter la satisfaction belliqueuse de certains journaleux et commentateurs, de sorte qu’on pourrait être tenté de se demander si cette riposte ne relevait pas finalement d’un théâtre d’ombres — les semaines qui viennent nous le diront —, si, en d’autres termes, Trump s’est écarté de ce que les criminels de guerre, quels qu’ils soient, attendaient de lui ou s’y est conformé, et, plus largement, si action et réaction escomptée relevaient d’un même script, respecté ou non.

Dans tous les cas de figure, le « greater good » pour lequel plus de septante Syriens ont laissé leur vie reste à définir…

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SUFFRAGIUM SANUS IN RE PUBLICA SANA !

Non, Monsieur Normal, dussiez-vous ne pas vous en être rendu compte, vous n’êtes pas le général De Gaulle !

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N’est-il pas suffisant que, dans ce coup d’Etat syrien imposé depuis l’extérieur, vous n’êtes pas à la manœuvre ; faut-il aussi que, face au parlementarisme anglo-saxon passablement réhabilité, que les élites françaises n’ont de cesse de vanter pourtant, vous ravaliez votre Etat, votre République, à quelqu’officine ?

Ca sent le sapin, Monsieur le commandant suprême des armées, et ses aiguilles risquent de vous piquer les narines, car, outre que « l’ambition extérieure a pour condition une sorte de désespoir ou d’abandon de l’ambition intérieure », « un chef est un homme qui a besoin des autres ». Descendez donc de ce piédestal constitutionnel élyséen qui vous sied comme des baskets à une queue de pie. Que ne cessez-vous de manigancer contre le peuple et de le redouter !…

Voulons-nous que les enfants syriens, clés de la prospérité de demain, puissent regagner sans crainte les bancs d’écoles à reconstruire ? Bien sûr, nous le voulons ! Mais « le moment où le petit enfant prend conscience du pouvoir de ses pleurs n’est pas différent de celui où il en fait un moyen de pression et de gouvernement ».

Voulons-nous qu’il soit mis un terme à la barbarie sanguinolente qui s’est accaparé un bon tiers de la Syrie, que la faux morbide qui rôde dans les rues de villes devenues fantômes soit enfin remisée à l’établi ? Oui, nous le voulons ! Mais nous ne saurions pour autant oublier que « la faiblesse de la force est de ne croire qu’à la force ».

Voulons-nous que s’évapore dans le néant le Moloch chimique qui s’est, selon vos services, entassé en centaines de tonnes dans de très discrets entrepôts ? Oui, nous le voulons, presque autant que nous désirons l’ère post-nucléaire. Mais « que de choses il faut ignorer pour agir »…

En sommes, aspirons-nous à une Syrie apaisée et à l’amorce plus que tardive d’une transition ? Certes oui, mais pas par le glaive de l’Empire !

C’est pourquoi, par l’entremise de la raison, nous en appelons à la victoire – sempiternelle reconquête – de la Sagesse sur la force…

1 / Recours à l’ONU et à l’ONU uniquement (selon des modalités susceptibles de varier)

2/ Abstention de toute action militaire contre un pays souverain, de quelque nature qu’elle soit, sans l’aval des Parlements respectifs, à l’issue d’un vote

3/ Publication d’un engagement signé inconditionnel de la part de la coalition d’opposants syriens

                a/ quant à sa disposition à discuter avec toutes les parties au conflit en vue de la

     résolution urgente de la crise ;

b/ quant au respect des minorités dans le futur Etat syrien ;

                c/ quant au démantèlement, sous la supervision de l’ONU, du stock d’armes

     chimiques dont dispose la Syrie.

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01/09/13

« Plus de 110 000 morts depuis le début du conflit en Syrie. Au moins 110 371 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime du président Bachar al-Assad, en mars 2011. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), ce bilan comprend 40 146 civils, 21 850 combattants rebelles et 45 478 membres des forces pro-gouvernementales, dont les milices loyales au régime. »

http://www.leparisien.fr/international/syrie-une-intervention-militaire-suspendue-a-un-vote-01-09-2013-3097459.php

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26/06/13

« L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme a documenté 100 191 victimes depuis le début des soulèvements le 18/3/2011, à partir de la première victime de Deraa, jusqu’au 24/06/2013.

Les morts comprennent:

36 661 civils (dont 5 144 enfants et 3 330 femmes âgés de plus de 18 ans).

13 539 combattants rebelles.

2 015 soldats et officiers [qui avaient fait défection].

25 407 soldats réguliers.

2 571 victimes non identifiées (documentées avec des photos et des séquences).

2 518 combattants rebelles non identifiés (dont la plupart sont des non-Syriens).

17 311 combattants des comités de défense populaires, les forces de défense nationale, shabiha et informateurs […] du régime.

169 combattants du Hezbollah libanais. »

http://www.45enord.ca/2013/06/syrie-nouveau-bilan-de-losdh-le-nombre-de-morts-a-depasse-le-cap-des-100-000/

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Est-ce le fruit de la propagande postmoderne, du sacrifice de l’esprit critique sur l’autel de la rentabilité, ou de la stupidité panurgique ? Quoi qu’il en soit, les médias occidentaux répercutent à qui mieux mieux, depuis des mois, les chiffres mis en avant par cette ONG londonienne, faux nez de l’extrémisme sponsorisé par l’Occident (cf. l’article « Syrie : qui est le valet noir ? »), qui n’a rien en commun avec les ONG connues et reconnues.

A/ De combien d’observateurs dispose cette association sur le terrain, et sur quelles parties du territoire ceux-ci sont-ils répartis ?

B/ Quelle est la méthode utilisée pour aboutir à des comptages si précis ? De quels contacts l’ONG bénéficie-t-elle sur place ? Quelles méthodes d’identification utilise-t-elle ? Dispose-t-elle de renseignements quant aux causes et aux circonstances ? A-t-elle découvert des charniers dignes de Timisoara, ou nous en réserve-t-elle la primeur pour la Libération ?…

C/ Comment explique-t-elle que ces chiffres fassent apparaître des pertes si importantes parmi les forces du régime (entre 40 et 45 % du total des victimes) ?

Voilà quelques questions à la réponse desquelles, plutôt que d’aboyer à la cantonade,  feraient bien de s’atteler, si leurs résidus de crédibilité leur importent, « les nouveaux chiens de garde »…

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Les citations dans la première partie de l’article sont de Paul Valéry.

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Syrie & Co : décryptage intermédiaire

De tous temps, particulièrement en temps de guerre, les pouvoirs publics (ou la résistance) ont utilisé des langages codés pour faire parvenir des messages subliminaux à des alliés lointains, qu’il se soit agi, naguère, du morse ou, dans la foulée, de codes espions autrement plus perfectionnés. Internet est un vecteur de choix pour la transmission de tels codes. C’est bien pourquoi la NSA s’emploie à en acquérir illégalement le monopole, comme l’indiquent les dernières révélations en date de Snowden, passées miraculeusement inaperçues dans ce fouillis médiatique belliqueux qui est parvenu, par la plus étrange des coïncidences, à faire oublier brièvement les bourdes et mensonges répétés d’une administration américaine sécuritaire qui n’en est pas à un reniement près…

Mais il y a plus subtil encore que ces codes-là : imaginez des chefs d’Etat qui parviendraient, en un seul discours, à s’adresser à la fois à leur public dans la langue de bois habituelle, mais aussi à plusieurs phalanges, milices ou loges dans un langage imperceptible par ledit public. Imaginez – pour prendre un exemple au hasard – que le président du monde libre parvienne, à travers des phrases types que seuls sont à même de comprendre ses interlocuteurs initiés, à signifier à tel ou tel dictateur moyen-oriental qu’il aurait depuis un certain temps dans le collimateur un ultimatum pour quitter le pouvoir.

Imaginez à présent que ledit dictateur, qui avait auparavant indiqué avec force et emphase que jamais il ne se résoudrait à recourir à l’arme chimique, excepté en cas d’invasion par une puissance étrangère, se soit abandonné à cette extrémité face à une marche trouble sur Damas de plusieurs pelotons de black water ops, ou que lesdits pelotons eux-mêmes  y aient eu recours, directement ou par procuration, afin de signaler discrètement leur présence (Une fois encore, le lecteur sera libre de déterminer l’option la plus probable.). Il est de notoriété publique, en effet, que certains présidents du monde libre rechignent à entamer des guerres ouvertes, auxquelles ils préfèrent les guerres sans publicité.

A travers le langage codé médiatique qui lui est adressé par interviews et conférences de presse interposées, ledit dictateur saurait à présent qu’il dispose d’une semaine environ – le Congrès américain se réunira dans la semaine du 9 septembre – pour prendre la poudre d’escampette qu’il lui reste et la balancer à l’égout, à défaut de quoi, en parallèle au lancement de quelques missiles destinés à semer le désarroi populaire et à empêcher la coordination de l’appareil militaire syrien, les pelotons bottés précédemment mentionnés s’en chargeraient eux-mêmes, en profitant sans doute pour déloger le persévérant importun – qui s’accroche, qui s’accroche, qui s’accroche, bordel !!! – de son palais ou de la cachette monitorée par satellites dans laquelle il se sera terré – on conçoit difficilement, vu la préciosité affichée du personnage, qu’il puisse s’agir cette fois, d’un puits ou d’une espèce de terrier comparable à celui où s’était réfugié le rat de Bagdad – assurant, une fois encore, au nom du jihad et de la paix dans les chaumières du 1 %, la victoire triomphale de Dame Liberté, malgré des liftings répétés qui l’ont rendue méconnaissable.

Certes, le congrès états-unien aura été informé au préalable de cette stratégie, comme l’ont déjà été les présidents de ses commissions ad hoc. Il aura été convaincu du caractère kasher et sans faille de son apothéose : « trust me, I know what I’m doing », lui susurrera-t-on. Il est donc peu probable qu’il refuse au commandant en chef l’onction démocratique d’apparat. Certes, la Russie a positionné dans les parages du lieu du crime plusieurs navires de guerre aptes à capter et à brouiller les communications ennemies, mais ces tapettes de Moscou oseraient-elles s’en prendre aux maîtres du monde avec leur technologie forcément issue de la déglingue soviétique ? De l’esbroufe que tout cela, voyons…

Se pose toutefois la question de savoir comment, par quelle phrase ambiguë aux interprétations multiples, indiquer aux phalanges et à l’éventuelle cinquième colonne syrienne le moment propice pour passer à l’action, ainsi que les endroits où ne pas se trouver lorsque les Tomahawk (à prononcer ‘tomawak’, by the way. Geronimooo !…) – quelle vicieuse ironie ce nom ne contient-il ? – atteindront leurs cibles. « Les voyoux (thugs) de Damas savent à présent qu’il est temps » pourrait convenir comme imprimatur oral aux mercenaires de Blackwater… Ce serait plus prosaïque, en tout cas, que « tant va à l’eau la cruche de Damas qu’à la fin elle se dissout ». Ce pourrait être plus solennel, cependant : « la marche de la punition rédemptrice est engagée ; la communauté internationale et ses alliés se tiennent prêts, désormais, à affronter le mal damascène ».

Et ainsi, dans ce rêve éveillé, sera renversé le énième dictateur du cru, sa face martyrisée par les barbus livrée en pâture aux médias du monde entier, au premier rang desquels les libéraux, qui raffolent discrètement de telles orgies là où les conservateurs s’en délectent ouvertement. Un procès à La Haye eût été superfétatoire et embarrassant, en effet; de toute façon, ce n’est décidément pas le genre de la maison. Flanby, dans un flash-back Cahuzac patricien, se mordra les doigts de ne pas avoir été de l’aventure, rappelé à sa normalité économique par un parlement hostile à une guerre désapprouvée en masse, tandis que le philo-jihadiste de service, invité par le Mossad à poser au milieu de barbus cannibales, échafaudera déjà sa prochaine épopée ludique, non sans avoir fait rafler, ni vu ni connu, quelques trésors antiques dans des musées syriens dévastés.

La bannière étoilée nommera, quant à elle, un gouverneur plénipotentiaire dans l’attente d’un simulacre d’élection anticipée, lequel, avant de se faire lyncher publiquement dans sa légation par une foule revancharde qui n’aura pas accepté l’interdit a-hallal du massacre de toutes les minorités corrompues du pays, veillera à faire disparaître toutes les preuves compromettantes, conviera les partenaires privés, les émirs et les mollahs à un grand gala de printemps, et inaugurera, sans fanfare cette fois, le premier black site syrien (n’est-ce pas ?). Quant aux phalanges, elles auront déjà transbahuté leur arsenal du théâtre chimique à l’arène nucléaire, après un détour obligé par l’un ou l’autre bled africain en guise de détournement transitoire de l’attention du public. Et, fier et conquérant, l’aigle métallique s’envolera, trompetant : « mission accomplished »…

Peu de temps après, un tremblement de terre soudain affectera une nouvelle fois la région de Bouchehr, provoquant bel et bien, cette fois, l’explosion de la centrale nucléaire qui s’y trouve. Le monde réagira avec émoi, apportant soutien et réconfort à la population locale. Des collectes et des concerts leur seront dédiés. Puis des agents du service secret d’en face transmettront à leurs homologues américains des mesures confidentielles des isotopes de la saloperie qui se sera dégagée de la centrale…

« La communauté internationale détient désormais la preuve », indiquera le nouveau président du monde libre, « que l’Iran est dans un processus de fabrication de l’arme nucléaire. Les isotopes relevés par nos alliés sur place ne laissent planer aucun doute : l’intensité des métaux relevés range ceux-ci dans la catégorie militaire ». « Pourrions-nous voir ces preuves ? », demanderont les niais. « Et puis quoi encore ! » leur rétorquera-t-on. « Terror ! » s’exclamera Sharon, s’extirpant brusquement de son sommeil. Ni une ni deux, il créera Kadima+ et ravira le pouvoir à « cette clette de Bibi » – ce seront ses mots, pas les nôtres ! L’armée égyptienne, abandonnant ses poursuites contre El Baradei, permettra au vieux de renouer avec l’inspection atomique, et le monde, à bout de souffle, le retiendra pourtant une fois encore, à moins que…

Dernières nouvelles du front

***

11/07/13 – La radio iranienne de langue française IRIB annonce :

« Il y a quelques années, l’Arabie saoudite était considérée le plus grand détenteur des réserves mondiales de pétrole (34 % des réserves confirmées du monde). Mais la découverte des réserves yéménites à Jouf a bouleversé totalement la situation ; désormais c’est [le] Yémen qui détient 34% des réserves confirmées de pétrole dans le monde entier. […] Selon certaines sources, le gouvernement saoudien aurait proposé secrètement le paiement de 10 milliards de dollars par an au gouvernement yéménite en échange d’une concession d’exploitation pétrolière pour une période de 50 ans. Mais le Yémen aurait rejeté l’offre des Saoudiens. Par ailleurs, des compagnies américaines auraient proposé une proposition très séduisante aux Yéménites : en échange d’une concession pétrolière, elles seraient prêtes à construire dans ce pays toutes les infrastructures qui manquent : routes, ponts, usines, raffineries, aéroports… Les autorités yéménites auraient rejeté aussi les offres des compagnies américaines. Selon des analystes, la récente visite du président yéménite à Moscou était liée, entre autres, à la possibilité de l’activité des compagnies pétrolières russes dans les régions du nord du Yémen, tout près des frontières de l’Arabie saoudite. »

http://french.irib.ir/analyses/item/265163-%C3%A0-riyad,-il-y-a-de-quoi-se-sentir-menac%C3%A9-d%C3%A9couverte-au-y%C3%A9men-de-34-des-r%C3%A9serves-mondiales-de-p%C3%A9trole

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_y%C3%A9m%C3%A9nite

28/08/13 – Le journal télévisé officiel syrien en langue française (d’inspiration soviétique) fait état d’une rencontre entre Assad et une délégation yéménite, passée largement inaperçue, et ajoute :

« Les membres de la délégation yéménite ont affirmé leur appui à la Syrie face aux tentatives visant à porter atteinte à sa position et à son rôle soutenant l’arabité, le nationalisme et la résistance, estimant que la fermeté et la victoire de la Syrie sont celles de la nation arabe tout entière. »

31/08/13 – La presse internationale rapporte :

Yemen’s Prime Minister, Mohamed Salim Basindowa, narrowly escaped an apparent assassination attempt Saturday evening, as his armored car came under gunfire en route to his home in an upscale neighborhood in the Yemeni capital. […]

Basindowa rose to his current position as the choice of the Joint Meeting Parties (JMP), a coalition of Yemen’s establishment opposition factions, which were granted the power to choose the prime minister and half the seats in the transitional unity government under the conditions of the power transfer deal that led to Saleh’s ouster. […]

“I think what happened tonight was political […],” said a government official close to the Prime Minister, speaking on the condition of anonymity due to the sensitivity of the topic. “It’s not about killing anyone, but about sending a message.” ”

http://www.mcclatchydc.com/2013/08/31/200964/yemeni-prime-minister-escapes.html#.UiKjxn-DEwo

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26/08/09 – The National rapporte :

Other reports in the Turkish press said [Turkey and Qatar] were exploring the possibility [for the latter to supply] gas to the strategic Nabucco pipeline project, which would transport Central Asian and Middle Eastern gas to Europe, bypassing Russia. A Qatar-to-Turkey pipeline might hook up with Nabucco at its proposed starting point in eastern Turkey. Last month, Mr Erdogan and the prime ministers of four European countries signed a transit agreement for Nabucco, clearing the way for a final investment decision next year on the EU-backed project to reduce European dependence on Russian gas.[…] The reports said two different routes for such a pipeline were possible. One would lead from Qatar through Saudi Arabia, Kuwait and Iraq to Turkey. The other would go through Saudi Arabia, Jordan, Syria and on to Turkey.”

http://www.thenational.ae/business/energy/qatar-seeks-gas-pipeline-to-turkey

20/02/13 – Al Arabiya rapporte :

In July last year, Iran, Iraq and Syria inked a memorandum of understanding for the gas pipelines, with Tehran saying that the total cost of the project would be about $10 billion.

The construction of pipelines stretching for several thousand kilometers (miles) “should take three to five years once funding is secured,” Iran’s deputy oil minister Javad Ouji said at the time.

Ouji said in July that the project calls for the construction of a 56-inch (142 centimeter) pipeline with a capacity of 110 million cubic meters a day, connecting southern Iranian port of Assalouyeh to Iraq and then to Syria, with the possibility of extending to Lebanon and Europe.
http://www.alarabiya.net/articles/2013/02/20/267257.html

L’Iran dispose des deuxièmes plus importantes réserves de gaz au monde (après la Russie).

28/06/13 – Le Figaro fait état de l’abandon par l’UE du projet de gazoduc Nabucco :

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/06/28/20002-20130628ARTFIG00602-le-projet-nabucco-enterre-par-un-gazoduc-qui-rejouit-la-grece.php

27/08/13 – Bloomberg relate l’annonce par l’UE d’un possible dépôt de plainte à l’encontre du géant russe Gazprom pour abus de monopole. Dans cet article, on peut lire :

Russia’s role in Europe’s gas market was demonstrated in March when Gazprom’s exports to the U.K. jumped 40 percent from a year earlier as unseasonably cold weather depleted storage inventories, pushing up prices to a seven-year high. Gazprom has the capacity to increase production at will if the price is right, Vladimir Drebentsov, head of Russia and CIS economics at BP Plc (BP/), said at the Flame conference in Amsterdam in March.

http://www.bloomberg.com/news/2013-08-26/eu-said-to-draft-gazprom-complaint-as-putin-prepares-g-20-talks.html

30/08/13 – RT signale…

« Turkey PM Tayyip Erdogan says any operation must follow the Kosovo model, and include a force on the ground. « We are not happy with a limited operation. It shouldn’t just be a day or two of strikes, and then nothing. We need regime change in Syria. » »

http://rt.com/news/syria-crisis-live-updates-047/

Atlas historique (empire ottoman)

31/08/13 – L’agence russe Interfax diffuse une interview du président russe dans laquelle celui-ci affirme par deux fois que le vote du parlement britannique opposé à une intervention militaire en Syrie a représenté pour lui une véritable surprise (cf. vidéo dans l’article précédent).

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« Je sais maintenant qu’à l’origine, le chaos fut illuminé d’un immense éclat de rire. »

“Vorwürfe aus Israel: Nato beunruhigt über möglichen Chemiewaffen-Einsatz in Syrien”

DER SPIEGEL, Dienstag, 23.04.2013 – 16:00 Uhr

Nato-Generalsekretär Rasmussen: « Ich kann versichern, dass wir vorbereitet sind« 

***

“Die Reaktionen folgten prompt: Nach den Anschuldigungen durch den israelischen Militärgeheimdienst gegen Syrien zeigt sich die Nato « extrem besorgt » über den möglichen Einsatz von Chemiewaffen in dem kriegsgebeutelten Land. Bei einem Treffen der Nato-Außenminister am Dienstag in Brüssel sagte Nato-Generalsekretär Anders Fogh Rasmussen, das Bündnis habe Pläne für Notfälle, um jederzeit ihr Bündnismitglied Türkei schützen zu können.”

http://www.spiegel.de/politik/ausland/nervengas-sarin-nato-in-sorge-um-chemiewaffen-einsatz-in-syrien-a-896061.html

Yonatan Shapira

Le ministre des Affaires étrangères de la France en visite en Israël / Palestine (23-24/08/13)

« Own people » is the key concept here…

A problem in Morocco ? Putting aside the release of a whole set of Spanish prisoners, including known pedophiles, is there something we ought to know ?…

 “[Hague :] Syrian offer on UN team ‘too little, too late’ ”

Military response to chemical weapons attack from west on table despite decision to allow inspectors in.

***

Northrop Grumman - évolution du cours de l'action (10 ans - août 2013)Lockheed Martin - évolution du cours de l'action (10 ans - août 2013)

 

 Syria appears to have bowed to international pressure to allow UN investigators to travel to the scene of last week’s chemical weapons attack in Damascus, allowing a forensic science team to visit the site on Monday. […]

The foreign secretary, William Hague, said it was « clear it was the Assad regime » that had carried out the attack, while a US official told reporters the move was « too late to be credible ».

Hague’s remarks added impetus to a mounting international readiness for a military response to the attack, which is believed to have killed hundreds and has significantly increased the threat of intervention in Syria. […]

Tehran and Damascus on Sunday warned against any form of western response, which Syrian state television said would turn the region into a « ball of flame ».

« we cannot, in the 21st century, allow the idea that chemical weapons can be used with impunity, that people can be killed in this way and that there are no consequences for it « , Hague said. […]

Government sources insisted that Britain would only act in a lawful way, but the government does not believe that necessarily requires a UN security council resolution. Intervention could be justified legally on humanitarian grounds, or under international law relating to chemical weapons.

“Wat moet er gebeuren in Syrië ? – Rudi Vranckx”

http://www.deredactie.be/cm/vrtnieuws/opinieblog/analyse/130825_analyse_RudiVrranckx_OptiesSyrie_standaard

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N.B. le titre est une citation de René Daumal.

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Syrie : qui est le valet noir ?

Il est facile d’écrire à propos de la Syrie depuis un salon en Belgique, indécent même, tant la situation sur place est indescriptible d’horreur confuse et tant se juxtaposent les masques cauchemardesques de cette horreur.

Début janvier 2012, plusieurs journalistes, parmi lesquels le photographe de presse français Gilles Jacquier, furent victimes, à Homs, de tirs de roquettes qui eurent raison de ce dernier sur le coup. Etant donné l’arsenal dont dispose le régime syrien et sa posture belliqueuse depuis le début de la guerre civile qui sévit depuis plus de deux ans déjà, il était tentant de conclure à chaud que c’était lui qui était à l’origine de l’assaut. Plusieurs mois auront été nécessaires pour déterminer que cette fois-là, il n’en était rien, que c’étaient des rebelles qui avaient orchestré la manœuvre dans le but d’émouvoir l’opinion publique internationale, tuant, en même temps que le photographe français, plusieurs des leurs au passage.

Peut-on tirer une leçon générale de cet événement ? Absolument aucune : chaque fait mérite une analyse attentive et experte. C’est d’une telle analyse qu’a été chargée la mission d’enquête de l’ONU qui a atterri en Syrie alors même que fusaient sur YouTube les missiles chimiques…

Que ces armes aient été utilisées en Syrie paraît ne faire aucun doute. Elles l’auraient été à plusieurs reprises, de manière limitée, au cours de cette année. Il semble, en effet, que le régime d’al-Assad en soit particulièrement féru, spéculativement bien sûr. Pourquoi sinon ferait-il partie – aux côtés de la Corée du Nord et d’Israël, par exemples – des rares Etats qui se tiennent à l’écart de la convention pour leur abolition, qu’ils ne l’aient tout simplement pas signée ou qu’ils s’abstiennent de la ratifier ? (1) Et pourquoi aucun démenti cinglant n’a-t-il émané des autorités syriennes lorsqu’en des termes élémentaires, l’administration américaine y a fait référence il y a environ un an, qualifiant de « ligne rouge » leur usage, et promettant, le cas échéant, de sérieuses représailles ? Pourquoi, enfin, se serait-elle engagée, à travers un communiqué envoyé à l’ONU fin 2012, qui, dans d’autres circonstances, prêterait à éclater de rire, « à n’utiliser en aucune circonstance des armes chimiques, si elles existent » ? (2)

Parallèlement audit communiqué, le pouvoir syrien avait également averti le monde qu’un groupe de rebelles se fût emparé, à la fin de l’année dernière, d’un dépôt de munitions où de telles armes auraient été stockées. (Ibid.)

Au début du mois de mai dernier, l’ancienne procureure générale du tribunal international pour l’ex-Yougoslavie Carla Del Ponte, membre d’une mission indépendante de l’ONU, déclarait à la BBC : « durant notre enquête relative à des crimes contre l’Humanité ou des crimes de guerre [qui auraient éventuellement été perpétrés en Syrie], nous avons collationné des témoignages directs qui faisaient apparaître que certaines armes chimiques avaient été utilisées – du gaz innervant [pour être précise] –  et ce qui semblait en ressortir […], c’est [que ces armes] avaient utilisées par les opposants [au régime d’al-Assad], par les rebelles. Nous ne disposons d’aucune indication qui nous permettrait d’établir que le gouvernement syrien en a utilisées. A présent, la commission spéciale mandatée par le secrétaire-général va bien sûr enquêter [à ce propos] et nous dire ce qu’il en est, mais j’étais un peu stupéfaite lorsque nos premières indications pointaient vers une utilisation de gaz innervant par les opposants. »

Sitôt ces propos prononcés, le porte-parole de la Maison-Blanche a sauté sur son micro pour les relativiser, exprimant ses doutes quant à la faculté des opposants d’utiliser de telles armes. Quoi qu’il en soit, le conflit semble, depuis quelques mois – et depuis le début de ce mois en particulier – être émaillé de coïncidences troublantes, de signaux presque subliminaux répondant à une horlogerie quasi mécanique. Ainsi, bien sûr, de cet attentat chimique à grand échelle parfaitement synchrone. Ainsi aussi de ce dépôt de munitions détruit le 1er août (3), c’est-à-dire le jour même où devait s’entamer la livraison officielle d’armes occidentales aux opposants, en une de ces gigantesques explosions dont raffole Hollywood. Il ne manquait plus que le « roger » de rigueur, à ceci près que le Grand Noir a d’autres chats à fouetter – ou à moucharder, c’est selon.

Sans doute, craignant l’eau froide, se rappelle-t-il les déclarations devant le congrès US, en juillet 2013 de son chef d’état-major général selon lesquelles « même des interventions limitées telles que l’établissement de zones de non-survol ou de zones tampons, ou même des bombardements limités de sites militaires syriens, pourraient coûter des milliards [de $], ne garantiraient pas la sécurité des civils et seraient susceptibles de mener rapidement à l’escalade involontaire. Un engagement plus important [serait] difficilement évitable » (4). Et en quoi sinon en une offensive de troupes au sol un tel engagement pourrait-il se concrétiser ? Or, la myriade d’agents de services secrets de tous bords présents sur place depuis belle lurette sous des couverts professionnelles divers exceptés, n’est-ce pas là le grand tabou d’une communauté internationale exsangue et peu désireuse de voir ses boys s’embourber de nouveau à si brève échéance et à issue si incertaine dans des guerres peu smart ?

Déléguer, alors, ou laisser d’autres faire le sale boulot, à leurs risques, périls et bénéfices ultérieurs éventuels, mais avec l’appui logistique d’usage ? Voilà une éventualité à l’idée de laquelle la France et la Grande-Bretagne semblent trépigner d’impatience. Quoi de plus noble, en effet, que de secourir la veuve et l’orphelin ?

Cent mille ! Cent mille, voilà le nombre estimé de victimes du conflit syrien à ce jour – presque autant que les estimations les plus prudentes du nombre de victimes irakiennes de la dernière invasion états-unienne en date – selon le comptage  – improvisé, forcément – effectué par une ONG très partisane (5), l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme (OSDH). What’s in a name, en effet ? Au micro d’Amy Goodman sur Democracy Now ! pas plus tard qu’hier, la réprésentante emblématique d’une autre association des plus mystérieuses active en Syrie, l’intrépide Razan Zaitouneh, déclarait : « nous allons commencer à nous battre contre ceux-là parmi les rebelles qui sont opposés à nos principes de notre révolution » (6). Est-ce à dire qu’il existait jusqu’ici une sainte alliance ?…

Avocate syrienne, journaliste et elle aussi porte-étendard autoproclamé des droits de l’humain, la dame, au nom de délicieuse consonance iranienne, se propose, par l’entremise de son association, de documenter, avec un parti pris assumé, les exactions commises contre « les martyrs et les détenus de la Révolution« . En 2011, elle a reçu – en lieu et place de Brad Darling ( 😉 – le prix Sakharov pour la Liberté de l’Esprit. Ce prix, qui vise à récompenser une personnalité exceptionnelle qui œuvre à l’expansion de la communauté internationale, c’est en grande partie à ses vidéos postées sur YouTube et à son blog qu’elle le doit, lesquels étaient, selon le Parlement, la principale source des médias quant aux événements qui se sont déroulés avant et pendant le printemps rouge syrien. Certaines fractions du Parlement européen ont été – on le sait – particulièrement diligentes dans leur exigence d’armer les opposants.

Le Conseil européen, quant à lui, vient de déclarer (hier), par la voix de sa porte-parole pour les Affaires étrangères : « il nous faut mettre un terme à la spirale de violence [en Syrie], au terrorisme et au flux toujours croissant de réfugiés. Il incombe à la communauté internationale d’agir avec le sens de l’urgence et de la responsabilité ». (7) Deux jours auparavant, la même prenait acte du fait que « l’opposition avait invité la mission [de l’ONU] à se rendre dans les zones qui se trouvent sous le contrôle des rebelles ». (8)

Et le ministre français des Affaires étrangères d’opiner du chef, et même d’aller beaucoup plus loin encore. Que l’on en juge par les propos suivants, rapportés sélectivement d’une interview lacanienne menée de main de maestro (9) à écouter et à réécouter en long, en large et en oblique pour chacun de ses mots et pour tous les non-dits qu’ils impliquent : « Hier soir, j’ai eu, à sa demande, longuement, le président al-Jarba, qui est le président de la coalition nationale syrienne, c’est-à-dire ceux qui dirigent les résistants. […] Lui me confirme absolument ces éléments. […] Il y a eu […] [selon lui] utilisation massive d’armes chimiques […] dans la banlieue de Damas. […] Si c’est vrai, c’est un carnage épouvantable. […] S’il y a eu utilisation d’armes chimiques, tous les spécialistes disent qu’elles viennent de Bachar. Pourquoi ? Parce que les gaz auraient été apportés par les avions, par les missiles. Et là, les résistants n’ont pas la possibilité d’avoir ces armes-là. […] Il faut immédiatement autoriser les enquêteurs, qui sont sur place, [à investiguer l’événement]. […] Si les Syriens ne veulent pas, ça veut dire qu’ils sont pris la main dans le sac. […] Si cela a eu lieu – comme c’est probable –, c’est fait au moment où, précisément, les inspecteurs de l’ONU sont là. Ca veut dire […] : « moi, Bachar al-Assad, je me moque de la communauté internationale. » […] Et ça veut dire aussi – puisque c’est intervenu exactement un an et un jour après la phrase célèbre d’Obama, [qui disait qu’] il y a des lignes rouges qui, si [elles] sont franchies, [entraîneront] des conséquences énormes, […]  – que Bachar al-Assad et ceux qui l’inspirent – l’Iran tire largement les ficelles dans cette affaire, malheureusement – […] considéreraient qu’ils ont une impunité absolue. Et cela, la communauté internationale ne peut pas l’accepter. […] [Si les Russes utilisent au Conseil de Sécurité de l’ONU leur droit de veto pour empêcher une inspection des lieux où des armes chimiques auraient été massivement employées], les décisions [devront] être prises d’une autre façon.[…] [Quant à l’Iran, qui est venu dès ce matin au secours de Bachar al-Assad], il y a plusieurs aspects : il y a l’aspect syrien : il est avéré que l’Iran est engagé aux côtés de Bachar, à la fois directement, et indirectement par le biais du Hezbollah : vous avez [entendu] que le chef du Hezbollah a dit l’autre jour : « si je dois aller me battre en Iran, j’irai. » Et donc, il joue un rôle – tout le monde le sait – très important, en particulier par toute une série d’officiers qui… euh… et puis par des livraisons d’armes. Bon. Ca, c’est un aspect. Et puis, il y a un autre aspect qui concerne l’Iran, qui […] me préoccupe beaucoup et doit préoccuper tous ceux qui suivent les affaires internationales, c’est l’affaire du nucléaire militaire. Alors, nous avons eu… il y a un nouveau président en Iran […] mais, pour le moment, le risque du nucléaire militaire iranien n’a pas diminué. Donc, […] nous attendons des gestes concrets de l’Iran en matière nucléaire. Vous me direz [que] c’est un autre sujet. Ce n’est pas exactement un autre sujet parce que la question est de savoir si l’Iran veut jouer le jeu de la communauté internationale ou non. »

Le même jour, il avait déjà déclaré que « la France veut « une réaction de force » si un massacre à l’arme chimique est avéré en Syrie. Le Monde, journal français particulièrement présent sur le front (10) rappelle en outre que, le 4 juin, l’intéressé avait déjà évoqué la possibilité d’agir contre Damas « de façon armée ». Sans doute est-ce lui aussi qui, avec son bagage et son bagout, avait convaincu le président normal d’assumer en l’occurrence, dans la foulée de la campagne malienne, le rôle de leader du monde libre en étant le premier à promettre officiellement des livraisons d’armes aux opposants syriens.

Libye, rebelote ? Soyons francs : peu adulateur de dictateurs psychopathes, je m’étais laissé embarquer dans cette aventure-là, avant d’en percevoir plus clairement les tenants, aboutissants et guerres collatérales réelles, et je me suis juré à moi-même que l’on ne m’y reprendrait pas de sitôt. L’amateur d’antiquités du quai d’Orsay ignore-t-il volontairement les mises en gardes du général Dempsey ou, les ayant intériorisées, a-t-il œuvré à travailler un angle voué à étendre son amplitude sur le terrain ? Quoi qu’il en soit, lorsqu’à plusieurs reprises, un politicien occidental de première vue en vient à identifier un dictateur par son prénom, le ravalant ainsi au rang d’un enfant, voire d’un chien, il y a de l’eau dans le gaz…

L’ombre de leurs précieux amis qataris et de quelques autres dans le dos, la diatribe musclée de l’ancien poulain du parrain vénitien et la stratégie franco-britannique fabriquent-ils, tels les Etats-Uniens en Afghanistan à l’époque soviétique, les ennemis qu’il s’agira demain de combattre ? Peut-être, mais elles témoignent aussi de la réalité d’un Occident entre deux feux dans le conflit syrien : certes, il s’agit d’aider non pas tant à l’arrivée au pouvoir d’opposants instables que d’en renverser son actuel titulaire, mais il s’agit aussi d’éviter une dissémination malencontreuse d’armes qui pourraient déstabiliser le déséquilibre de la région, dont Israël est encore le principal bénéficiaire. Il se peut, comme d’aucuns l’affirment (11), que ce pays ne se soucie pas outre mesure du fait que les Syriens s’entre-tuent, mais imaginer que les armes chimiques de la dictature syrienne tombent entre les mains du Hezbollah, acteur actif du conflit, ou entre celles de redoutables islamistes qui, une fois l’aventure actuelle terminée, pourraient être tentés de se chercher un nouvel ennemi commun (histoire de souder l’intérêt national) ne peut manquer de susciter en eux l’effroi. Evidemment, leur priorité du moment est persane, mais – cela ne tombe-t-il pas bien ? – elle a été intégrée au discours…

Qu’à première vue, il soit dans l’intérêt du régime syrien de répondre par la positive à l’invitation de l’ONU à laquelle ses opposants ont déjà souscrit semble a priori aller sans dire, surtout si son principal allié l’y invite : quel meilleur gage de bonne foi ? Mais ne serait-il pas utile, sionisme et antisionisme mis à part, d’examiner les différentes configurations possibles, partant du principe qu’une utilisation massive d’armes chimiques a bel et bien eu lieu :

1/ Les opposants sont à l’origine de l’affaire.

a) Ils sont tellement désespérés et jusqu’au-boutistes qu’ils sont prêts à tout pour provoquer une intervention militaire occidentale. Leurs précédentes tentatives supposées n’ayant pas abouti, ils ont décidé, avec quelques conseils avisés, de recourir aux grands moyens.

b) Comme ils se livrent mutuellement la guerre en sus de leur confrontation avec l’armée syrienne (12),  l’une de leurs factions s’en est prise à une autre, dans l’espoir de faire d’une pierre deux coups.

2/ La dictature syrienne est à l’origine de l’affaire.

a) Les plus hautes sphères du pouvoir en ont donné l’ordre. Sadomasochistes et défiantes, elles souhaitaient ainsi marquer leur territoire et signifier aux Etats-Unis et à la communauté internationale à quel point elles prennent au sérieux leurs menaces. Il n’y a là, en principe, rien d’inconcevable : le massacre d’Halabja en 1988 est là pour le rappeler, non sans un distinguo contextuel de taille : dans sa lutte acharnée contre l’Iran, au détour de laquelle il avait gazé des civils kurdes par milliers, Saddam bénéficiait du soutien tacite de la communauté internationale.

b) Un général soupe-au-lait avait mal dormi la nuit précédente et a décidé de s’en venger sur des innocents d’une autre manière que celle habituellement utilisée.

Le lecteur se fera son opinion, mais qu’il n’oublie pas une troisième éventualité… A mesure que s’amplifiait la guerre civile syrienne, la presse a fait état de défections retentissantes dans les rangs du régime, jusque dans l’entourage familial d’al-Assad, certains anciens généraux étant passés à l’ennemi. Celles-ci n’ont toutefois pas semblé ébranler le pouvoir davantage que de raison. Les canaux occidentaux seraient-ils dès lors convenus de recourir à des méthodes plus subtiles ? Le monolithisme de façade de la dictature syrienne peine à cacher des désapprobations profondes de  méthode. Se pourrait-il, dès lors, que certains commandants ou certains généraux répondent à deux maîtres ?…

Depuis le salon belge où sont écrites ces lignes, la guerre d’usure paraît ingagnable. Depuis le salon belge où sont écrites ces lignes, la Blitzkrieg paraît périlleuse. Depuis le salon belge où sont écrites ces lignes, un authentique espoir de concorde syrienne s’en va, en ce moment même, réconforter, comme il le peut, les enfants et les femmes, exilé(e)s ou non, qui chaque jour prient Allah (ou un Autre) pour qu’Il fasse advenir des jours meilleurs… enfin ! (13)

Horloge (Résillot Antiquités - Brocante, Vesoul)

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(1) Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_sur_l%27interdiction_des_armes_chimiques#Adh.C3.A9sion_.C3.A0_la_Convention

(2) Source : http://english.ahram.org.eg/NewsContent/2/8/60077/World/Region/Syria-warns-terror-groups-may-use-chemical-arms.aspx

(3) Source : http://www.france24.com/fr/20130801-syrie-homs-explosion-depot-munitions-rebelles-milices-pro-regime-bachar-al-assad

(4) Source : http://www.cfr.org/syria/syrias-crisis-global-response/p28402

(5) Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/syrie-nombre-morts-evoque-est-vraiment-fiable-alexandre-del-valle-620412.html

Selon l’auteur de cet article, « les témoignages [produits par cette ONG] vont tous dans le même sens : la diabolisation d’Assad et la sanctification des rebelles sunnites (Frères musulmans, salafistes et milices ASL) ».

(6) Source : http://www.democracynow.org/2013/8/23/syrian_activist_on_ghouta_attack_i

(7) Source : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/EN/foraff/138610.pdf

(8) Source : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/FR/foraff/138607.pdf

(9) Bourdin Direct, RMC, 22/08/13 : http://www.youtube.com/watch?v=dGdzbJLM3AE

(10) Lire : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/27/syrie-le-monde-temoin-d-attaques-toxiques_3417225_3218.html

Exceptionnellement, le journal avait traduit cet article en anglais…

(11) Source : http://ecfr.eu/content/entry/commentary_syria_the_view_from_israel141

(12) Source : http://www.cbc.ca/news/world/story/2013/07/13/syria-rebels.html

(13) relire : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/02/07/epilogue-du-sordide-en-attente/

 

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Obama à al-Assad : « Vade retro ! » (tentative de décryptage médiatique et mise en perspective historique documentées)

Pour la deuxième fois en moins d’un mois (le 23 juillet dernier et avant-hier), le président en exercice du pays le plus militarisé du monde vient de mettre en garde le dictateur syrien sur le départ contre toute utilisation d’armes chimiques contre les rebelles qui cherchent à le renverser (1). La première de ses admonitions a été adressée au régime aux abois de Damas de manière quasi simultanée aux annonces successives de ce dernier quant à la détention d’un stock d’armes de ce type.

Les téléphones rouges ont-ils sonné des deux côtés de l’Atlantique, les violons plus ou moins accordés dans l’ombre ? En tout état de cause, le ministre des Affaires étrangères syrien a affirmé avec fermeté que ces armes non conventionnelles étaient stockées dans des entrepôts scellés sous le contrôle de l’armée et qu’elles ne seraient utilisées que contre un potentiel agresseur extérieur (2).

Obama est en campagne. Les Israéliens, inquiets d’éventuels développements du bourbier syrien qui leur seraient défavorables, ne sont bien sûr pas sans le savoir : leurs relais aux Etats-Unis sont multiples et le moment est idéal pour faire monter la pression. « [La problématique des armes chimiques ne concerne] pas seulement […] la Syrie, mais aussi nos proches alliés dans la région, dont Israël », grondait, lundi dernier, le candidat à sa propre succession (3).

Pour autant, l’ouverture, pour les Etats-Unis, d’un nouveau front moyen-oriental est-elle concevable en l’état ? Les troupes états-uniennes viennent de rentrer d’un Irak prétendument pacifié où les attentats-suicides continuent de plus belle. C’était là une promesse centrale du programme du candidat démocrate en vue de son premier mandat. L’annihiler par une nouvelle expédition étrangère à l’issue plus qu’incertaine, en raison de l’élargissement possible du conflit aux Etats voisins (qui pourrait prendre des allures de poudrière généralisée), signerait, à l’exception de son Obama-Care, que maints Etats de sa fédération aux mains de républicains n’en continueront pas moins d’essayer de détricoter, la déconfiture suprême de sa première mandature.

Par ailleurs, alors qu’une étude chiffrait, il y a plus ou moins un an, le coût pour les Etats-Unis des guerres menées ces dix dernières années à 3,7 billions de dollars au moins (4), l’opinion publique dont Obama requiert, pro forma, le suffrage en novembre prochain semble étonnamment unie dans sa lassitude de financer ces odyssées militaires incessantes. Certes, un président sortant qui troquerait, en cours de mandat, sa casquette civile pour celle de commandeur en chef serait quasiment certain de sa réélection face à un Romney qui apparaît (volontairement ?) instable et qui n’a vocation à être élu que si le ras-le-bol populaire auquel fait face Obama prend des proportions que les augures n’ont pas prévues… Mais il faudrait pour aboutir à une déclaration formelle de guerre de la part d’un président dont l’ambivalence vis-à-vis du concept même est bien connue (5) bien davantage que l’assassinat d’un journaliste ou deux, qui plus est depuis qu’il apparaît, à la lumière de la responsabilité avérée des rebelles sunnites dans le meurtre de Gilles Jacquier (6), que, décidément, l’analyse des événements qui nous sont rapportés du pétrin syrien est tout sauf limpide…

Et si, avec 24 % seulement d’opinions favorables et une avance dans les sondages que ne cesse, même si elle tend à se réduire en cette fin août, de confirmer son rival depuis la mi-avril (7), l’homme de l’Espoir cherchait, à la manière de son prédécesseur à la fin de son premier term, d’amener le duel sur un terrain où il sait que son adversaire ne peut, faute d’expérience, le suivre, un terrain bien moins friable que la politique sociale, où le psychorigide candidat vice-président républicain, qui souhaite rien moins que la privatisation de pans entiers de la sécu, risque d’attiser de nouveau la division populaire (8) ? La probabilité d’un tel scénario est grande…

Entre-temps, fermant la boucle de l’exercice de musculation, la Chine vient de signifier une nouvelle fois son veto à une intervention américaine en Syrie en accusant Washington d’instrumentaliser le danger des armes chimiques (qui ne pouvait raisonnablement lui avoir échappé bien avant). Peut-être la partie de flipper mondiale qui se joue sous nos yeux pourrait-elle se conclure, sur un thème connu, par l’apparition providentielle de quelque discret médiateur…

« Propagande de guerre, propagande de paix  », glisserait Anne Morelli (10). « Médiamensonges  » ! tempêterait Gérard de Sélys (11) … Il est vrai qu’indépendamment de la nature diabolique supposée d’al-Assad, la prétention morale des Etats-Unis d’Amérique du Nord méridionale en ce qui concerne l’utilisation d’armes chimiques, sans même évoquer les armes à uranium appauvri (déjà utilisées lors des conflits yougoslaves) apparaît pour le moins troublante au regard de l’histoire récente (12) …

VIDEO NON FICTIONNELLE DECONSEILLEE AUX MOINS DE 18 ANS

Dans l’édition augmentée de leur livre-phare « Manufacturing Consent » (ou « La Fabrique du Consensus ») (13), le linguiste américain Noam Chomsky et son acolyte Edward Herman passent à la loupe, au moyen d’exemples illustrés, la prétendue objectivité des médias de masse états-uniens dans la relation d’événements susceptibles de déranger les pouvoirs établis (guerres injustes de l’ennemi par opposition à guerres quasi secrètes du camp du Bien, mais aussi rapport des médias occidentaux aux institutions de la finance mondialisée de Bretton Woods : Banque mondiale, Organisation mondiale du Commerce et FMI).

Choix éditoriaux justifiés par une certaine proximité culturelle, par les contraintes temporelles qui s’imposent à la confection d’un journal en ces temps mondialisés, ou encore par l’absence de faits vérifiables ? Les nombreux parallèles qu’établissent les auteurs, l’extrême récurrence de thématiques prioritaires pour le pouvoir en place, la multiplicité des angles idéologiques favorables à une thèse donnée (capital-corporatiste, en l’occurrence), la succession de démentis officiels qui feraient regretter la traditionnelle langue de bois, font apparaître qu’il n’en est rien : la « Pravda » occidentale est multiforme et l’écran de fumée relève du design

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(1)    Sources : http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-18963720

http://www.aljazeera.com/news/americas/2012/08/201282122320222222.html

(2)    Source : http://sana.sy/eng/21/2012/07/23/432909.htm

(3)    Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/08/20/les-combats-continuent-en-syrie_1747657_3218.html

(4)    Source : http://www.reuters.com/article/2011/06/29/us-usa-war-idUSTRE75S25320110629

(5)    Discours du récipiendaire du Prix Nobel de la Paix, Oslo, 11/12/09 : http://www.nytimes.com/2009/12/11/world/europe/11prexy.text.html?pagewanted=all

(6)    Source : http://www.lefigaro.fr/international/2012/07/17/01003-20120717ARTFIG00525-jacquier-l-enquete-francaise-pointe-les-rebelles-syriens.php

(7)    Source : http://www.rasmussenreports.com/public_content/politics/obama_administration/daily_presidential_tracking_poll

(8)    Sources : http://www.veteranstoday.com/2011/01/24/paul-ryans-radical-vision-targets-social-security-medicare-medicaid-childrens-health-insurance-explodes-deficit/

http://www.huffingtonpost.com/stephen-herrington/paul-ryans-killing-of-soc_b_457945.html

(9)    Source : http://www.francetvinfo.fr/les-armes-chimiques-une-excuse-americaine-pour-intervenir-en-syrie-selon-pekin_132183.html

(10) Anne Morelli, « Principes élémentaires de propagande de guerre », Labor, Bruxelles, 2001

(11) Gérard de Sélys (dir.), « Médiamensonges », EPO, Bruxelles, 1991

(12) Source : http://www.rfi.fr/actufr/articles/071/article_39713.asp

(13) E. S. Herman, N. Chomsky, « Manufacturing Consent », Pantheon Books, 2002

 

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