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« In the land of the Corps and the home of the slaves »…

« Bonjour. Mon nom est Jeremy Hammond et je suis ici pour être condamné en raison de mes activités en tant que hacker, que j’ai menées durant mon engagement auprès d’Anonymous. J’ai été incarcéré en préventive au Metropolitan Correctional Center de New York ces vingt derniers mois, ce qui explique que j’aie eu énormément de temps pour réfléchir à la manière d’expliquer mes actions. […]

Les actes de désobéissance civile et d’action directe pour lesquels je m’apprête à être condamné aujourd’hui s’inscrivent dans la droite ligne des principes de communauté et d’égalité qui ont guidé ma vie. Je me suis introduit dans les systèmes informatiques de dizaines de corporations de premier plan et d’institutions gouvernementales, et je comprenais parfaitement que ce que je faisais était illégal, et que mes actions pourraient m’envoyer en prison. Mais je ressentais la nécessité d’utiliser mes talents pour dévoiler et combattre l’injustice, pour faire éclater la vérité.

Aurais-je pu atteindre les mêmes buts par des moyens légaux ? J’ai tout essayé, des pétitions aux manifestations pacifiques, et j’ai abouti à la conclusion que ceux qui exercent le pouvoir refusent que la vérité soit dévoilée. Lorsque l’on parle de vérité aux gouvernants, l’on est, au mieux, ignoré, au pire, neutralisé brutalement. Nous sommes confrontés à une structure qui ne respecte pas son propre système de répartition des pouvoirs, encore moins les droits de ses propres citoyens, ou la communauté internationale.

C’est lorsque George W. Bush a volé l’élection présidentielle de 2000, avant d’instrumentaliser la vague de racisme et de patriotisme provoquée par le Onze-Septembre afin de lancer unilatéralement des guerres impérialistes contre l’Irak et l’Afghanistan, que j’ai commencé à m’intéresser à la politique. Je suis descendu dans la rue pour protester, croyant naïvement que la voix des manifestants serait entendue à Washington, et que nous pourrions prévenir la guerre. Au lieu de cela, nous fûmes considérés comme des traîtres, battus, et arrêtés.

J’ai été arrêté en raison de nombreux actes de désobéissance civile dans les rues de Chicago, mais ce n’est qu’en 2005 que j’ai mis à profit mes compétences informatiques pour enfreindre la loi à des fins de protestation politique. C’est le FBI qui m’a arrêté, pour avoir hacké le système informatique d’une association de droite favorable à la guerre, du nom de Protest Warrior, une organisation qui vendait des T-shirts racistes et harcelait les pacifistes. Je fus mis en examen sous le Computer Fraud and Abuse Act, et les « pertes présumées » que cette dernière aurait eu à subir furent estimées, de manière complètement arbitraire, à 2,5 millions de $, soit le nombre de cartes de crédit mentionnées dans la base de données de Protest Warrior multiplié par 500 $ / unité. C’est sur base de cette « perte » que furent élaborées les charges retenues contre moi, même si pas une seule de ces cartes de crédit ne fut utilisée ou distribuée, que ce soit par moi ou par quiconque. Je fus condamné à deux ans de prison.

Durant mon séjour en prison, je me suis rendu compte par moi-même de l’immonde réalité, à savoir la destruction par le système de justice pénale de millions de personnes retenues captives. Cette expérience a renforcé mon opposition à toute forme de pouvoir répressive, ainsi que ma conviction qu’il est important de s’élever au nom de ce que l’on croit juste.

Après ma libération, j’étais plus que désireux de poursuivre mon engagement dans des luttes pour le changement social. Je ne voulais pas retourner en tôle. C’est pourquoi je me suis focalisé sur l’organisation de mouvements qui ont pignon sur rue. Mais, le temps passant, ma frustration par rapport aux limites des manifestations pacifiques, que je considérais réformistes et inefficaces, a cru. L’administration Obama a poursuivi les guerres d’Irak et d’Afghanistan, accru l’utilisation de drones, et a échoué à fermer Guantanamo.

A ce moment, je m’intéressais au travail de groupes tels que Wikileaks et Anonymous. Voir les idées qui sous-tendent l’hacktivisme porter leurs fruits m’inspirait énormément. Je fus particulièrement touché par les actions héroïques de Chelsea Manning, qui avait rendu publiques les atrocités commises par les bataillons US en Irak et en Afghanistan. Elle avait couru un risque personnel énorme afin de dévoiler ces informations, convaincue qu’elle était que le public avait le droit de savoir, et espérant que ses révélations serviraient à mettre un terme à ces abus. Il est bouleversant d’entendre à quel point son traitement en détention militaire est cruel.

J’ai longuement réfléchi à la possibilité de recourir de nouveau à ces moyens d’action : si Chelsea Manning était tombée dans les abysses de la prison pour son combat au nom de la vérité, pouvais-je, en connaissance de cause, faire moins, si j’en étais capable ? Je conclus que la meilleure manière de témoigner ma solidarité était de continuer de rendre publique et de combattre la corruption.

J’étais attiré par Anonymous parce que je croyais en la nature autonome et décentralisée de l’action directe. Anonymous était alors impliquée dans des opérations de soutien aux insurrections du Printemps arabe, contre la censure, et pour la défense de Wikileaks. Je pouvais leur apporter énormément, en ce compris mes compétences techniques, et mes capacités à mettre en musique leurs idées et leurs objectifs. Ce fut une période passionnante : la naissance d’un mouvement électronique dissident, durant laquelle se modelaient les définitions et le périmètre d’action de l’hacktivisme.

J’étais intéressé en particulier par le travail des hackers de LulzSec, qui pénétraient les systèmes informatiques de cibles significatives, et prenaient une dimension de plus en plus politique. Mon premier contact fut ‘Sabu’, qui était très loquace quant aux hacks qu’il prétendait avoir commis, et encourageait les hackers à s’unir et à s’en prendre à des systèmes informatiques gouvernementaux et entrepreneuriaux majeurs, sous la bannière de l’Anti-Sécurité. Mais, très tôt dans mon engagement, les autres hackers de Lulzsec furent arrêtés, me laissant la responsabilité de pénétrer des systèmes et de rédiger des communiqués de presse. Plus tard, j’apprendrais que ‘Sabu’ avait été le premier à se faire arrêter, et que chaque fois que je communiquais avec lui, je m’adressais en réalité à un informateur du FBI.

Anonymous était également mêlé aux premiers développements du mouvement Occupy Wall Street. J’y prenais part régulièrement dans la rue moi aussi, en tant que membre d’Occupy Chicago, et j’étais passionné de voir [éclore] un mouvement mondialiste de masse opposé aux injustices du capitalisme et du racisme. En quelques mois à peine, les ‘occupations’ cessèrent, sous la pression des descentes de police et de l’arrestation massive de manifestants qui furent évacués de leurs propres parcs publics. La répression qu’eurent à subir Anonymous et le mouvement Occupy donneraient le la pour Antisec dans les mois qui suivirent : la majorité de nos hacks seraient dirigés contre des cibles policières, en représailles à la détention de nos camarades.

Je me suis attaqué aux systèmes informatiques des forces de l’ordre en raison du racisme et des inégalités qui caractérisent l’application du système pénal. Je me suis attaqué aux producteurs et distributeurs de matériel militaire et policier, qui profitaient de leur armement pour promouvoir des intérêts politiques et économiques à l’étranger, et pour réprimer les gens ici. Je me suis attaqué aux entreprises privées de sécurisation des données parce qu’elles œuvrent, en secret, à la protection des intérêts gouvernementaux et entrepreneuriaux au détriment des droits individuels, mettant sur la sellette et discréditant activistes, journalistes et autres chercheurs de vérité, et répandant la désinformation.

Je n’avais jamais entendu parler de Stratfor avant que ‘Sabu’ n’attire mon attention sur cette firme. [Pour rappel], ‘Sabu’ encourageait à pénétrer les systèmes informatiques, et concourrait à l’élaboration de stratégies destinées à faciliter ces offensives. Il m’a même transmis une liste de vulnérabilités relatives à certaines cibles, que lui avaient communiquée d’autres hackers. C’est donc à ma grande surprise que j’appris que, pendant tout ce temps, il avait travaillé pour le FBI.

Le 4 décembre 2011, ‘Sabu’ fut approché par un autre hacker, qui avait déjà pénétré la base de données de cartes de crédit de Stratfor. Sous la surveillance de ses pourvoyeurs gouvernementaux, ‘Sabu’ l’invita à se joindre à notre chat privé, qu’il abreuva de liens vers la base de données complète, et auquel il fournit la vulnérabilité primaire permettant d’accéder aux systèmes de Stratfor.

J’ai passé un certain temps à enquêter sur Stratfor et à passer en revue les informations qui nous avaient été communiquées, puis j’ai décidé que leurs activités et la nature de leur clientèle faisaient de la boîte une cible toute désignée. J’ai trouvé ironique que les cartes de crédit de la riche et puissante clientèle de Stratfor fussent utilisées pour effectuer des dons à des organisations humanitaires, mais mon rôle principal dans cette offensive était de récupérer la masse d’e-mails privés de Stratfor, dans laquelle se trouveraient, à coup sûr, tous les secrets compromettants.

Il me fallut plus d’une semaine pour accéder plus avant aux systèmes internes de Stratfor, mais j’ai fini par infiltrer leur serveur e-mail. Il y avait tant d’informations que nous requîmes nous-mêmes plusieurs serveurs pour y transférer les e-mails. ‘Sabu’, qui suivait l’opération pas à pas, mit un serveur à notre disposition, lequel lui avait été fourni et était surveillé par le FBI. Les semaines suivantes, les e-mails furent transférés, les cartes de crédit utilisées pour des dons, et les systèmes informatiques de Stratfor furent rendus inopérants et détruits. Pourquoi le FBI nous a mis en contact avec le hacker qui avait découvert la vulnérabilité primaire et a permis au hack de se poursuivre demeure un mystère pour moi.

En conséquence du hack de Stratfor, quelques-uns des dangers liés à une industrie privée du renseignement non régulée sont aujourd’hui connus. Wikileaks et d’autres journalistes de par le monde ont révélé que Stratfor entretenait un réseau d’informateurs mondial, utilisé pour entreprendre des activités de surveillance intrusive, voire illégale, pour le compte d’importantes corporations multinationales.

Après Stratfor, j’ai continué de m’en prendre à d’autres cibles, en faisant usage de puissants softwares qui me garantissaient un accès ‘administrateur’ à des systèmes qui utilisaient la courante plate-forme web Plesk. ‘Sabu’ m’a demandé plusieurs fois l’accès à ces softwares, ce que je lui ai refusé. Sans y avoir indépendamment accès, ‘Sabu’ a continué de me fournir des listes de cibles vulnérables. J’ai pénétré de nombreux sites web qu’il m’avait fourni, téléchargé les comptes e-mail et les bases de données sur le serveur du FBI, et transmis à ‘Sabu’ les mots de passe et les backdoors qui lui ont permis (et ont, par extension, permis à ses pourvoyeurs du FBI) de contrôler lesdites cibles.

Ces intrusions, qui avaient toutes été suggérées par ‘Sabu’ tandis qu’il coopérait avec le FBI, concernaient des milliers de noms de domaines et consistaient largement en des sites web de gouvernements étrangers, y compris [liste non divulguée au public]. Dans un cas, ‘Sabu’ et moi avons fourni à des hackers les informations d’accès qui leur permettraient de rendre inopérants et de détruire plusieurs sites web gouvernementaux en [pays non divulgué au public]. J’ignore comment les autres informations que je lui ai communiquées ont pu être utilisées, mais je pense que la compilation et l’utilisation de ces données par le gouvernement mérite de faire l’objet d’une enquête.

Le gouvernement se réjouit de ma condamnation et de mon emprisonnement, espérant qu’ainsi, l’histoire entière sera étouffée. En plaidant coupable, j’ai accepté la responsabilité de mes actions, mais quand le gouvernement aura-t-il à répondre de ses crimes ?

Les Etats-Unis grossissent la menace que représenteraient les hackers dans le but de justifier le complexe industriel cyber-sécuritaire [référence au complexe militaro-industriel contre lequel mit en garde Eisenhower, note du blogueur], dont le budget se chiffre à des milliards et des milliards de dollars, mais ils sont responsables des mêmes débordements contre lesquels ils engagent par ailleurs des poursuites pénales agressives, et qu’ils prétendent vouloir prévenir. Les réformes institutionnelles ne peuvent venir à bout de l’hypocrisie entourant ‘la loi et l’ordre’, ni des injustices causées par le capitalisme; la désobéissance civile et l’action directe le peuvent ! Oui, j’ai enfreint la loi, mais je pense que, quelquefois, il faut enfreindre la loi afin de permettre le changement.

Pour citer les mots immortels de Frederick Douglas, « le pouvoir ne concède rien sans y être contraint. Il ne l’a jamais fait, et il ne le fera jamais. Déterminez ce à quoi quiconque serait gentiment prêt à se soumettre, et vous aurez trouvé l’exacte mesure des injustices et du mal qui sera imposé à tous, et ceux-ci perdureront jusqu’à ce qu’une résistance s’y oppose, par la plume, par la force, ou par les deux à la fois. Les limites des tyrans sont prescrites par l’endurance de ceux qu’ils oppriment ». […] »

BeFunky_Jeremy Hammond.jpg

http://www.popularresistance.org/the-revolutionaries-in-our-midst/

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EN QUOI CECI PEUT-IL CONCERNER UN EUROPEEN ?

Ce que Jeremy Hammond, 28 ans, dont le nom s’ajoute à la liste des lanceurs d’alerte naguère encensés par un candidat très télégénique à la présidence états-unienne qui avait voué de les protéger comme jamais auparavant, avant qu’il ne retourne sa veste avec moult circonvolutions (et plutôt deux fois qu’une !), liste qui égrène aussi, à un degré moindre, les noms de ces rares journalistes lucides qui ne pratiquent pas l’autocensure et doivent, par conséquent, faire l’objet de persécutions de la part d’Etats qui ne disposent plus que de l’autorité pour faire valoir leur autorité, tente de faire comprendre, sans le dire de manière si explicite, dans cette déclaration (destinée à mettre en garde ses compères encore actifs quant aux méthodes utilisées pour les traquer), qu’il a prononcée vendredi dernier, à l’entame du prononcé du jugement qui le verrait écoper de dix ans de prison pour s’être insidieusement faufilé entre les bits des corporations orwelliennes qui alimentent l’appareil totalitaire, infiltrent les mouvements de contestation au nom d’autres trusts privés tels que Monsanto, et nourrissent d’informations, elles-mêmes obtenues le plus illégalement du monde, les armées de mercenaires états-uniens qui roulent leur bosse aux quatre coins de la planète, c’est que nous vivons dans des sociétés préfascistes, dont la transition vers le fascisme n’est pas exclusivement conditionnée, cette fois, par l’arrivée au pouvoir de partis extrémistes, mais se fait sous le couvert prétendument bienveillant du business, de l’économie.

Or, de ce côté-ci de l’Atlantique aussi, plusieurs têtes brûlées se prononcent en faveur de la privatisation de certaines tâches régaliennes, que des Etats rendus exsangues par l’incurie et la soumission seraient désormais incapables d’assumer. Les tentatives successives d’uniformisation des marchés (TTIP-TAFTA & Co), qui se calquent sur l’anti-modèle états-unien, menacent, en effet, de généraliser légalement ce type de pratiques partout. Or, pour les quelques naïfs qui en doutaient encore, le pénitentiaire, le militaire, le renseignement et la police sont bel et bien, à cette aune, des marchés !

“U.S. Commando’s New Landlord in Afghanistan : Blackwater”

12.05.12

 “U.S. Special Operations Forces have a brand new home in Afghanistan. It’s owned and operated by the security company formerly known as Blackwater, thanks to a no-bid deal worth $22 million.

You might think that Blackwater, now called Academi, was banished into some bureaucratic exile after its operatives in Afghanistan stole guns from U.S. weapons depots and killed Afghan civilians. Wrong. Academi’s private 10-acre compound outside Kabul, called Camp Integrity, is the new headquarters for perhaps the most important special operations unit in Afghanistan.”

http://www.wired.com/dangerroom/2012/12/academi-special-operations/

“Former Spy With Agenda Operates a Private C.I.A.”

WASHINGTON – January 22, 2011

Duane R. Clarridge parted company with the Central Intelligence Agency more than two decades ago, but from poolside at his home near San Diego, he still runs a network of spies.

Free Market Espionage

Mr. Clarridge pushed a plan to prove that President Hamid Karzai of Afghanistan used heroin, a rumor that remains unsubstantiated.

Mr. Clarridge also tried to discredit the Afghan president’s half brother, Ahmed Wali Karzai, a Kandahar leader.

Over the past two years, he has fielded operatives in the mountains of Pakistan and the desert badlands of Afghanistan.”

http://www.nytimes.com/2011/01/23/world/23clarridge.html?pagewanted=all&_r=0

Stratfor, la principale corporation visée par Hammond, a émergé en 1996, à peu près au même moment que la milice privée Blackwater – Academi, à propos de laquelle un autre Jeremy (Scahill, celui-là) a déversé tant d’encre. C’était (encore une fois !) sous la magique ère Clinton, prospère et si Bisounours, quelques années à peine avant le premier grand chamboulement, qui, en dix ans, a mené à l’Etat policier de surveillance totale que l’on connaît aujourd’hui, une surveillance principalement dirigée contre les ennemis populaires du capital-corporatisme (de gauche et de droite) et de l’Etat tout-puissant, et pas – ou si peu – contre lesdits trusts, dont certains avaient curieusement vu venir et annoncé le 11/9, qu’ils ont, selon toute vraisemblance, toujours en lien étroit avec les cellules les plus mafieuses de la CIA, cofinancé, il y a douze ans, comme ils avaient financé et organisé, il y a précisément cinquante ans, l’assassinat de Kennedy, lequel leur courait dans les pattes, cent ans plus trois jours après la fameuse adresse prononcée par Lincoln à Gettysburg. Mais, motus et bouche cousue ! Vous pourriez être accusé de conspirationnisme, de torture, d’assassinats collatéraux, de révisionnisme, et peut-être même – qui sait ? – d’ethnocide, ou assassiné à votre tour, si un séjour indéfini dans une prison militaire secrète de l’Empire, sanctionné légalement par le National Defense Authorization Act (NDAA), ne vous suffit pas ! Rappelez-vous simplement que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », comme le disait si bien Jean Yanne…

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Lire aussi :

https://yannickbaele.wordpress.com/2013/10/15/rien-nechappe-au-grand-oeil-au-milieu-du-phare-une-nouvelle-mise-en-garde-dedouard/

Documentation connexe :

http://www.stratfor.com/weekly/20110905-911-and-successful-war

http://motherboard.vice.com/blog/stratfor-says-the-nsas-spying-is-american-citizens-fault

http://www.mintpressnews.com/what-was-going-on-between-reddit-co-founder-alexis-ohanian-and-stratfor/167937/

http://bigbrotherawards.eu.org/Alain-BAUER-AB-Associates

http://www.knack.be/nieuws/belgie/van-quickenborne-voorstander-van-private-bewakingsfirma-in-kortrijkse-uitgaansbuurt/article-normal-84053.html

http://www.knack.be/nieuws/wereld/bewakers-gaven-zuid-afrikaanse-gevangenen-elektrische-schokken/article-normal-113520.html

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(ajout du 15 mars 2015)

Rossiya : « les faucons du Kremlin sont-ils en train de gagner ? »

1er octobre 2014
Donald N. Jensen

La crise ukrainienne a provoqué une translation dans le rapport de forces au sein de l’élite politique russe. Ceux que l’on nomme les siloviki, ou faucons, ont le vent en poupe, mais leur triomphe n’est pas absolu. Donald N. Jensen, du Center for Transatlantic Relations, nous livre ses réflexions quant au paysage politique actuel de la Russie.

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La nature de la politique russe a été, depuis l’époque tsariste, l’objet d’un débat enflammé, et c’est encore le cas de nos jours. La vision traditionnelle, que l’on associe au professeur de Harvard Richard Pipes, dépeint l’ancien empereur de Russie comme un autocrate qui possédait les terres du pays ainsi que ceux qui y vivaient, et luttait contre l’aristocratie dans le but de construire un Etat centralisé. Pipes analyse le comportement politique des principaux groupes sociaux – paysannerie, noblesse, classe moyenne, et clergé – de même que leur échec face à l’absolutisme croissant du tsar.

Edward Keenan, de Harvard lui aussi, développe une opinion contraire, insistant sur le consensus et les liens maritaux qui primaient sur les divisions de classes et les conflits qui avaient émaillé les rapports entre les membres de la cour russe (moscovite de la première heure). A l’estime de Keenan, le dirigeant était moins un autocrate que le centre d’un système oligarchique dans lequel la cour agissait comme une famille élargie de clans interconnectés, l’un de ceux-ci étant la dynastie du tsar elle-même. Le système de gouvernement du président actuel, Vladimir Poutine, a souvent été considéré comme un monolithe pyramidal, tel que le décrivit Pipes, avec Poutine dans le rôle de l’irremplaçable dirigeant-chef d’Etat qui prend l’essentiel des décisions-clés. Toutefois, la réalité du pouvoir dans la Russie de Poutine a souvent été plus proche du modèle de Keenan. Même si Poutine en est indéniablement la figure dominante, l’appareil de pouvoir russe ne s’inscrit pas dans un schéma vertical dirigé par une seule personne. Il se présente, au contraire, sous la forme d’un conglomérat de clans et de groupes mouvants, dont Poutine est le centre.

Un rapport publié en 2012 par le Minchenko Consulting Communication Group, qui a fait couler beaucoup d’encre, arguait que le processus décisionnel actuel au Kremlin ressemble à celui du Politburo soviétique. Primo, les dirigeants russes ne se réunissent presque jamais collectivement. Secundo, le statut formel des membres du premier cercle ne reflète pas nécessairement leur influence réelle dans la prise de décisions. Tertio, la collection de clans autour de Poutine, qui est, d’ordinaire, le lieu de la véritable prise de décision en Russie (le « Politburo 2.0 ») inclut des fractions de l’élite qui, dans une certaine mesure, peuvent être subdivisés en groupes « de pouvoir », groupes « techniques », et groupes « entrepreneuriaux ». Ces groupes font partie et soutiennent le « Poutine collectif » et le « Politburo 2.0 » (bien que ces étiquettes soient simplifiées, et qu’elles se chevauchent souvent). D’autre part, ces groupes ne cessent de se disputer l’influence et les ressources, ce qui crée entre eux une en compétition permanente.

Selon Minchenko, le rôle de Poutine dans ce système est de loin le plus influent. Il est l’arbitre et le modérateur, et, la plupart du temps, il a le dernier mot. En tant qu’arbitre, Poutine régule les intérêts et gère les conflits entre les diverses fractions et les divers membres de l’élite, ainsi qu’entre l’élite et la société dans son ensemble. Il a maintenu son pouvoir en imposant des compromis et en montant les clans les uns contre les autres, faisant pencher le balancier du rapport de forces d’un côté ou de l’autre. Ceci empêche les tensions de s’accumuler jusqu’à devenir trop visibles, et ainsi susceptibles de détruire le système entier. Déléguer son autorité, laisser les problèmes se résoudre par eux-mêmes, ou patienter jusqu’à ce que des clans rivaux aboutissent, entre eux, à une résolution des différends : telles sont quelques autres des tactiques auxquelles Poutine a eu recours. Son incapacité à contrôler intégralement les comportements claniques a parfois entravé la mise en œuvre de ses décisions.

Cependant, dans un article récent, Konstantin Gaaze soutient que la représentation du « Politburo 2.0 » de Minchenko a volé en éclats suite à l’annexion de la Crimée et au déclenchement de la guerre en Ukraine orientale. Depuis le début de la crise, écrit-il, ce sont Alexandre Bortnikov, directeur du service de renseignement intérieur (FSB), cinq de ses adjoints et quelques chefs de départements dudit service, l’oligarque Yuri Kovalchuk et le ministre de la Défense Sergueï Shuygu qui, au sein des élites russes, ont été les plus proches de Poutine (bien que ce dernier consulte également d’autres personnalités, à l’extérieur de ce cercle restreint). Selon Gaaze, le chef de l’administration du Kremlin, Sergueï Ivanov, est devenu un béni-oui-oui relativement peu influent, qui souscrit à tout ce que dit Poutine dans le souci de conserver sa position politique. Le gouvernement est à présent un organe qui se contente de cosigner les décisions prises au Kremlin ou dans la résidence de Poutine, depuis que les siloviki (c’est-à-dire les va-t-en-guerre) ont convaincu le président de mettre l’accent sur les menaces extérieures, aux dépens d’autres considérations.

En effet, dans une certaine mesure, les événements de la crise ukrainienne alimentent la thèse de Gaaze.

Le 3 mars 2014, le commentateur Valery Soloveï écrivait que Poutine avait pris personnellement la décision d’annexer la Crimée, après une discussion avec cinq ou six conseillers issus de ministères régaliens (lesquels conseillers ne détiennent aucun avoir en Occident). L’auteur d’un article paru le 7 mars dans le New York Times acquiesçait, affirmant que Poutine avait pris cette décision entouré de conseillers jusqu’au-boutistes (parmi lesquels, à titre spéculatif, Ivanov, Bortnikov et Nikolaï Patrushev, le secrétaire du Conseil de Sécurité).

A la fin du mois de juin, un groupe de hauts fonctionnaires européens auraient proposé leurs bons offices ès qualité de médiateurs dans le conflit ukrainien. Mais le FSB et le SVR (le service russe de renseignement extérieur) ont convaincu le président russe que leur proposition relevait d’une provocation destinée à dévoiler les intentions russes en Ukraine, aussi Poutine la rejeta-t-il.

Enfin, il semble que plusieurs ministres du gouvernement russe n’aient pris connaissance de la décision de Poutine d’imposer des sanctions rétorsives aux imports de produits alimentaires occidentaux que quelques heures à peine avant que la mesure ne soit annoncée publiquement. Des spécialistes de matières telles que la sûreté alimentaire qui auraient pu s’opposer à ces mesures de rétorsion furent ignorés.

Mais, tandis que l’aile dure a résolument le vent en poupe, son triomphe ne paraît pas absolu. La politique étrangère est depuis longtemps le domaine dans lequel Poutine a pris les commandes ; il est donc logique que le cercle restreint de personnes issues, pour une large part, des ministères régaliens se soit agrandi à mesure que le conflit ukrainien s’est imposé à l’agenda. Dans d’autres sphères de compétences, pourtant, Poutine semble gérer les affrontements internes d’une manière conforme à son rôle traditionnel d’arbitre, et ce en dépit du fait que le système dans son ensemble tend à devenir plus autoritaire. Dans le système de Poutine, il est aussi normal que des décisions se prennent en dehors des canaux formels, dès lors que les clans jouent un rôle si important. Les élites « libérales », telles qu’on les qualifie erronément de temps à autre, demeurent présentes, mais elles sont marginalisées, et indubitablement déçues des distances prises par Poutine à leur égard. Alors que Poutine jouit d’un taux d’approbation populaire supérieur à 80 %, ils sont probablement peu enclins, malgré les doutes qu’ils peuvent avoir, à pousser trop loin leur critique de la politique ukrainienne du président. Cela va même plus loin : beaucoup d’entre eux approuvent la guerre.

Il y a également des fractures quant à la stratégie ukrainienne au sein même de l’équipe dirigeante, y compris parmi les faucons. La presse russe a largement fait écho aux contentieux qui opposent le « parti de la guerre » et les patrons d’entreprise russes.

Le premier de ces groupes comprend Alexander Bortnikov, Mikhaïl Fradkov, Nikolaï Patrushev, Sergueï Shoygu, Sergueï Glazyev, Dmitri Rogozin, Konstantin Malofeyev, Aleksandr Dugin, et peut-être Vladimir Yakunin et Yuri Kovalchuk.

Dans le second, l’on trouve le conseiller du président Vladislav Surkov, l’idéologue Sergueï Kurginyan, des membres de l’équipe du premier ministre Medvedev, des membres de la famille de Boris Eltsine, ainsi que d’autres.

Le premier groupe se serait montré favorable à une invasion totale de l’Ukraine, et à l’indépendance de la « Nouvelle Russie » (ou « Novorossiya », une construction inventée par le Kremlin qui inclurait les russophones de l’est et du sud-est de l’Ukraine), et se serait opposé au cessez-le-feu conclu à Minsk. Le second groupe, quoique favorable, en principe, à la guerre et à l’annexion de la Crimée, a des objectifs plus limités.

Toutefois, tout le monde au sein du FSB n’est pas sur la longueur d’ondes de l’aile dure ; le service se compose plutôt d’un ensemble de clans qui, eux aussi, se combattent entre eux. Et même au sein du « parti de la guerre » lui-même, Shoygu et Rogozin sont réputés s’opposer. D’autres, à l’instar d’Ivanov, un ancien officier du FSB, ont, au fil des ans, noué des alliances – qu’elles soient ou non de situation – avec des « libéraux ». Enfin, divers tenants de l’aile dure se divisent quant au soutien qu’ils accordent à divers chefs de file séparatistes ukrainiens.

Jusqu’à présent, les faucons ont reçu moins de Poutine en Ukraine qu’ils n’espéraient, et c’est en partie dû au fait que le Kremlin ne semble pas avoir de stratégie univoque pour ce pays. Poutine a tenté d’instaurer par ses décisions un équilibre entre les exigences des radicaux et celles du monde de l’entreprise, dont Surkov est membre. Le président agit comme s’il souhaitait éviter un clash avec les promoteurs de la ligne intransigeante, mais il ne souhaite pas que ceux-ci prennent une importance telle qu’ils puissent dominer les autres blocs. Ceci s’est traduit par une approche incohérente qui a contrecarré la perspective d’une solution au conflit.

Suite à de récents rapports faisant état de tensions, sur le terrain, entre des commandeurs séparatistes, l’aventurier et anti-héros militariste Igor Girkin (Strelkov) s’en est retourné à Moscou. Considéré dans certains camps nationalistes comme un challenger possible de Poutine, Strelkov a fait des déclarations de loyauté lors d’une conférence de presse, en septembre. Il a déclaré son soutien à Poutine, affirmant que le président est un grand homme. Mais il a également suggéré que Poutine était entouré de traîtres, et s’est engagé à rester en Russie afin de les combattre. Strelkov exige ouvertement que la partie libérale de l’élite soit détruite, ce qui fracasserait complètement l’équilibre établi par Poutine, et ouvrirait la porte à la domination des siloviki. Ceci signifie que, s’il est sincère, Strelkov soutient Poutine pour venir à bout du « poutinisme ».

Il est difficile d’établir le nombre de faucons qui souhaiteraient réellement détruire le système « de pouvoirs et de contre-pouvoirs » instauré par Poutine. Il est probable que certains rechigneraient à aller si loin, parce qu’ils pensent que cela renforcerait des faucons rivaux. Et ils ne peuvent que se rendre compte que le maintien d’un certain équilibre a permis un apaisement prolongé aux plus hauts niveaux du système au cours de l’ère Poutine, lequel a rendu la vie plus sûre et a parallèlement accru la sécurité des placements financiers pour les figures-clés du pouvoir.

Quant aux clans libéraux au sein de l’élite, ils sont relativement plus faibles que le « parti de la guerre » en ce moment, mais ils ne se tournent pas les pouces en attendant d’être anéantis. C’étaient eux, et non les siloviki, qui avaient encouragé le cessez-le-feu en Ukraine. Bien que Poutine puisse être en train d’envisager de serrer la vis qui la marginaliserait davantage, si l’aile libérale sonnait le tocsin pour prévenir une menace que l’extrême-droite ferait encourir à la position de Poutine, il est quasi certain que ce dernier aurait une oreille attentive.

http://imrussia.org/en/analysis/world/2041-are-the-kremlin-hardliners-winning

Deux questions suite à cet article aussi concis qu’édifiant :

1/ Nemtsov s’apprêtait, avait-il annoncé, à faire des révélations fracassantes à propos de l’Ukraine. Celles-ci avaient-elles trait au meurtre de masse qu’a constitué la pulvérisation du MH 17, et au rôle prééminent supposé de Strelkov dans cette tragédie (réprouvée par un Poutine qu’elle a mis sous pression ?) ? Si oui, auprès de qui avait-il obtenu ces informations ?

2/ De sanction en sanction et de camouflet en camouflet, les Etats-Unis manœuvrent-ils pour que Poutine s’affranchisse de son aile dure, ou les intérêts de leur complexe militaro-industriel seraient-ils mieux servis si un personnage plus haut en couleurs encore s’emparait du pouvoir russe, ou le conquérait ?

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Blackwater / Academi : l’armée privée de l’Empire…

J’ai déjà évoqué ici, mais par le biais uniquement, la sulfureuse réputation de la firme anciennement connue sous le nom de Blackwater et devenue depuis lors Academi, qui n’a d’ailleurs pas eu besoin de mon article pour que soient révélées au grand jour par Wikileaks sa responsabilité directe dans l’assassinat de 17 civils irakiens, ce qui a encouragé ladite compagnie à modifier la dénomination de sa vitrine, après sa comparution devant une commission spéciale du Sénat des Etats-Unis, en février 2010. L’article dans lequel je l’avais mentionnée avait trait aux tout aussi sulfureux – le mot est à prendre ici au sens littéral – épandages massifs de substances chimiques dans le ciel, aussi connus sous la dénomination de chemtrails (1).

Blackwater est une firme de mercenaires privés fondée en 1997 et largement financée par le ministère de la Défense de l’Empire : malgré les tumultes dont elle est à l’origine en Irak, et l’opprobre internationale dont elle s’est couverte à ces occasions, l’administration Obama lui a octroyé, fin 2012, un contrat de 22 millions de dollars aux termes duquel elle est supposée veiller à l’hébergement des troupes US en Afghanistan jusqu’en 2015, année qui devrait coïncider avec leur retrait intégral. Cet hébergement, ladite firme l’assurera au sein de ce qu’elle se permet d’appeler avec un cynisme outrancier « le camp de l’Intégrité ». C’est cette même intégrité qui lui a sans doute valu de devoir verser, en août 2012, 7,5 millions de dollars au ministère de la Justice états-unien pour vente et possession illégales d’armes… (2)

Et encore ne s’agit-il là, en toute probabilité, que de la surface émergée de l’iceberg : les mercenaires, ça s’efforce, par nature, de rester discret, surtout si leur quartier général se situe à quelques encablures à peine de celui de la CIA, en Virginie, où il a été érigé sur un marais transformé, au grand dam des riverains, en gigantesque camp d’entraînement. C’est précisément à ce marais que la firme doit son appellation d’origine : eaux sombres, troubles, opaques. Et si la dernière en date tend à faire penser aux académies militaires – Academi entraîne aussi des boys – certains observateurs autorisés n’hésitent pas à la rapprocher aussi, contre toute évidence, de l’Aca de Platon, mais il s’agirait alors sans doute de l’académie des eaux opaques, l’académie de la merde en somme, celle qu’il faut parfois triturer, à son corps défendant, pour vider les égouts…

Et des égouts, Dieu sait s’il y en a. Outre ceux déjà mentionnés, qui contribuent à établir, dans le second cas, l’existence d’un marché d’armes parallèle au service de la politique étrangère conquérante de l’Empire mais sans sa caution explicite, d’actions officieuses (ou covert) donc, on peut citer notamment, sous réserve (3), l’ancien ambassadeur grec au Canada Leonidas Chrysanthopolous, qui affirmait, il y a quelques mois, que, face à une éventuelle menace de putsch (4), le gouvernement grec aurait recouru aux services d’Academi pour le protéger lui-même, ainsi que le parlement, ce que l’entreprise a eu beau jeu de nier catégoriquement : que l’ancien diplomate ait ou non dévoilé un lièvre, l’opacité de l’entreprise est garantie par une fragmentation en filiales aux identités distinctes digne du plus élaboré des montages financiers offshore.

Academi, c’est en quelque sorte la combinaison de la SS et de la Gestapo, à même de faire chuter des gouvernements à elle seule si elle le souhaitait. C’est la souris qui s’est faite éléphant, la milice privée armée. Elle a conseillé l’appareil policier (anti-émeutes) de plusieurs pays européens, dont celui des Pays-Bas – ne doutons pas que l’intérêt accru de ceux-ci pour les drones civils, dans l’Allemagne de Merkel notamment, peut leur être en partie attribué – et est spécialiste de l’infiltration de tout groupe désigné comme potentiellement nuisible par ses clients, y compris (surtout ?) des coalitions d’intérêt et des lobbies pacifiques.

Academi, c’est à la fois le monstre qui surgit de l’abime dans lequel se sont précipités les Etats à force de privatisations des missions publiques essentielles, et le lieu par excellence de toutes les magouilles, de tous les mélanges de genres, de tous les conflits d’intérêts, puisqu’y siègent ou y ont siégé notamment le très controversé ministre de la Justice de Bush fils Ashcroft, à la base du Patriot Act, ou encore l’amiral Inman, après avoir pris leurs retraites respectives (sans oublier le sinistre touche-à-tout Cofer Black…). Academi, c’est le zénith doré du complexe militaro-industriel dénoncé naguère par un Eisenhower sur le départ, qui l’avait pourtant sérieusement entretenu, comme le feraient d’ailleurs tous ses successeurs, avec une mention spéciale pour le clone de John Wayne, et à l’exception peut-être de l’un d’entre eux, mais celui-là, tout le monde sait ce qu’il en advint…

Celui qui continue d’alimenter les rumeurs quant à sa localisation et son occupation actuelle, en revanche, c’est l’employé de Blackwater James Steele, ancien colonel de l’armée américaine recyclé dans les basses besognes lucratives, que les techniques spéciales de torture crapuleuse et la sauvagerie meurtrière ont, pour ainsi écrire, rendu célèbre, au point que The Guardian ait consacré, en début d’année, un reportage à son cas…

 Dans un autre article, je sous-entendais qu’il était probablement un Caligula moderne, mais, contrairement à l’empereur, la décadence et l’inhumanité qui le caractérisent voyagent beaucoup : du Vietnam à l’Irak, en passant par le Salvador (et la Libye ?). Et aujourd’hui – qui sait ? – les Emirats-Unis, l’Afghanistan, le Pakistan et / ou la Syrie ?…

Après le retentissant « justice has been done » présidentiel qui a suivi l’assassinat supposé de ben Laden par des troupes d’élite – aucun fait vérifiable n’a été apporté pour le démontrer, et jusqu’à preuve du contraire, le journalisme n’est pas une affaire de foi –, qu’il serait plaisant d’ouïr l’ami James à l’occasion d’un procès en bonne et due forme, cette fois. Certes, pareille hypothèse relève de la pure fiction dans la mesure où il fait partie de ces ressources (assets) qui, parce qu’elles en savent trop sur trop de monde, sont appelées à se faire assassiner (be terminated) elles aussi, le moment venu, pour se faire remplacer par d’autres pâles figures dantesques conditionnées à l’inhumanité.

Si celui que Rumsfeld présentait comme « un vrai professionnel » vit encore et se trouve aux Emirats, ce ne peut être que parce qu’il sera allé y chercher ses ordres auprès d’Erik Prince, le mégalomane et psychopathe fondateur de Blackwater, qui y a émigré et établi une espèce de base arrière, de résidence armée secondaire, sous la bienveillance des notables féodaux du coin. S’il est en Afghanistan, nul doute que le « camp Intégrité » lui aura ouvert ses portes. Si c’est au Pakistan qu’il a temporairement élu domicile, cela s’expliquerait pas son impérieux besoin de la farniente, pas pour son éventuelle contribution, humble forcément, à la biffure de quelques noms supplémentaires sur la liste discrétionnaire d’attentats ciblés établie unilatéralement par le pouvoir exécutif de l’Empire…

Abdulrahman al-Awlaki

Certes, il se peut aussi qu’il ait changé d’identité, voire même qu’il se soit mué en Charlene pour se déplacer incognito, ou qu’il se terre en un lieu où personne ne songerait à aller le chercher (au fond d’une grotte, à Tora Bora, par exemple), mais s’il est en Syrie – dernière option – il y a fort à parier qu’auprès de ses petits camarades de la légion locale d’Academi, dont RT.com signalait déjà, il y a plus d’un an, la présence dans le pays, il se sera indéniablement abstenu de livrer des armes aux rebelles extrémistes avant que n’ait été donné le fiat ad hoc, et que bien sûr, à cette bizarre substance blanchâtre – chimique, sans aucun doute – qui a fait littéralement mousser la bouche de plusieurs martyrs syriens, en mars dernier, et a à ce fiat donné lieu, substance dont la Russie, sur base de nouvelles preuves présumées, vient d’attribuer l’utilisation à une frange des rebelles (Il se serait agi de gaz sarin.) (5), rien ne peut le lier, ni lui, ni son (ex-) employeur…

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(1) Le voici : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/02/12/gratia-solis-generositatis-omnibus-fingit

(2) Source : http://rt.com/usa/blackwater-afghanistan-us-academi-374/

(3) … dans la mesure où sa révélation ne semble relayée, pour l’heure, que par d’obscurs sites de nature souvent (extrême-) propagandiste… Le lien vers son interview complète est disponible à la fin de l’article suivant.

(4) La police et l’armée grecques, touchées elles aussi par les réductions surréalistes des dépenses publiques, seraient massivement infiltrées par l’extrême-droite locale.

(5) Source : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hTd3oq3gfUC_NN7I4J5U0yjk4gCg?docId=CNG.176040174492e19c8dcaa7c589b347e4.191

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Gratia Solis generositatis omnibus fingit !

–          Qu’est-ce qu’il y a, grand-père ? demanda Petit Candide.

–          Regarde, tu vois ces taches rougeâtres, là, sur les salades. C’est nouveau, ça. Ca n’existait pas avant.

Tous les samedis, Petit Candide accompagnait son grand-père aux champs. Il y apprenait sur le terrain l’amour du terroir, le respect du vivant, la régénération naturelle des sols par la pratique de la jachère et des semis diversifiés dans le temps et l’espace. Il admirait la ferveur besogneuse avec laquelle son grand-père entretenait ses cultures, déterrait manuellement les herbes dites mauvaises, envoyait balader limaces et chenilles, bref veillait à sa production, qui jamais dans l’assiette ni le palais ne décevait. Il ne le savait pas encore, mais il lui serait reconnaissant plus tard de lui avoir légué ce patrimoine immatériel de goûts variés, la valeur du temps, du travail vrai qui n’a rien de celui de la propagande télé des cols blancs gâtés. Pouvoir déguster ses propres produits est devenu un luxe, l’un des seuls que les nantis soient trop fainéants que pour pouvoir se permettre. Voir pousser, tendre vers le Soleil, fleurir sous les effets conjugués de ses rayons et d’arrosages réguliers d’une eau précieuse dont d’aucuns, ailleurs, ne disposent, les plantations qui fourniront haricots en abondance, belles tomates rondelettes à la chair voluptueuse ou encore fraises succulentes, ce rythme-là, cette temporalité spécifique, lui apporteraient une perspective sur la vie que jamais il ne renierait.

Petit Candide était grand aujourd’hui. Il avait atteint l’âge où les potaches qui avaient partagé avec lui les bancs de l’école revendiquaient en tonitruant le fait d’être devenu des adultes. Il s’interrogeait souvent, quant à lui, sur le sens à donner à ce terme, car s’il voyait les potaches se soumettre à des règles, à des temps imposés, à des ordonnancements sur lesquels ils n’avaient, la plupart du temps, aucune prise, elles ne lui donnaient pas l’impression de s’interroger davantage sur leurs limites, leur environnement social et le rôle réel qui leur y était dévolu, ni sur le cours des choses tel qu’influencé, mis en œuvre même, par les ordonnateurs.

Que penser des O.G.M. par exemple ? Des légumes hybrides, il en existe depuis des centaines d’années. En quoi ceux-ci diffèreraient-ils de la règle ? En quoi présenteraient-ils plus de dangers ? Et quelles étaient ces taches rougeâtres sur les salades, dont lui avait parlé son grand-père ? Il se rappelait vaguement que ce dernier avait évoqué des pluies acides provoquées par une pollution industrielle et automobile accrues. Peut-être ces nouveaux organismes génétiquement modifiés produits par les Monsanto, les Syngenta, les DuPont, les Dow, les Pioneer Hi-Bred, les BASF, Bayer et Hoechst (ex-IG Farben) de ce monde et par leurs semblables permettraient-ils de résoudre le problème…

Quoiqu’il en soit, il trouvait étonnant qu’ils fussent imposés, de plus en plus souvent sans même un sommaire étiquetage informatif, à des populations majoritairement hostiles. Les experts scientifiques qui s’exprimaient en leur faveur ne trouvaient pas davantage grâce à ses yeux, car les mélanges de genres dont ils se rendaient régulièrement coupables, en ce domaine comme en d’autres (1), les conflits d’intérêts auxquels leurs multiples casquettes d’universitaires, d’experts publics et de salariés des divers lobbies dont ils sont supposés contrôler les agissements, ne pouvaient manquer d’accréditer le propos du professeur Escande selon lequel « les experts […] trichent, parce qu’il y a quand même des gens qui savent, mais ils mentent. Et quand vous ne mentez pas à l’unisson, vous vous faites traiter de tous les noms. À l’heure actuelle », ajoutait-il, « c’est un des phénomènes les plus préoccupants : les experts ne sont pas fiables, soit parce qu’ils sont nuls, soit parce qu’ils mentent. […] Actuellement, dans l’immense majorité des cas, les experts sont des experts de complaisance. » (2) Etait-ce donc là l’esprit des Lumières ? s’interrogea Candide, sourcilleux.

Puis il se souvint que d’honorables philanthropes avaient fait des cultures d’OGM de Monsanto la panacée pour résoudre la malnutrition dans les pays en voie de développement : la glorieuse Fondation Bill & Melinda Gates par exemple, portée sur les fonts baptismaux grâce à la vente en masse, à des prix prohibitifs, de licences pour softwares périodiquement périmés, n’a-t-elle pas, en même temps qu’elle acquérait 500.000 actions Monsanto, essaimé vers des coins reculés d’Afrique et d’Inde pour imposer à des paysans qui n’en voulaient pas, à travers des chantages et des connivences déplacées avec les chefs d’Etat du cru, l’agribusiness dont elle est porteuse ?

Candide poursuivit ses recherches et dénicha des indices troublants qui l’incitèrent à penser que, sous couvert d’humanitarisme et de philanthropie, c’est en réalité à l’esclavage et à la dépendance que Gates, Monsanto et les leurs avait condamné ces paysans, car les semis autodestructeurs prétendument providentiels qui leur avaient été promis et fournis, gratuitement dans un premier temps, obligeraient ceux-ci à racheter chaque année leurs doses. Plus qu’un brevet sur le vivant, c’est une accaparation progressive de tout le règne végétal qu’induisait le fameux gène Terminator que José Bové et d’autres éclaireurs combattent inlassablement. Malgré les milliers de suicides d’agriculteurs indiens que la culture d’OGM a poussés à bout, c’était pourtant avec les honneurs dus à un chef d’Etat que Gates, accompagné du caniche saltimbanque du cercle troupier Rockefeller, fut reçu à l’Elysée, en octobre dernier. Serait-ce donc là l’esprit des Lumières ? se demanda Candide, indigné.

La prévoyance, voilà ce qui caractérise les chefs d’Etat. Gates s’en inspire, d’ailleurs, puisqu’il a entrepris de cofinancer, sur l’archipel démilitarisé de Svalbard, à la lisière de la Norvège, un entrepôt géant destiné à accueillir la plus vaste collection de graines et de semences au monde. L’entrepôt a reçu le doux surnom de Doomsday Vault, ou Coffre-fort de l’Apocalypse.

Mais qui aurait accès à cette pépinière dorée ? Et selon quelles modalités ? Et quel est donc cet horizon apocalyptique auquel nous serions tous promis ? L’extermination des abeilles, qui rendrait impossible toute pollinisation efficace ? Celles des plantes réputées traditionnelles, insuffisamment armées pour résister aux offensives conjointes de la pollution et du pollen OGM transbahuté dans l’air ? La réduction générale de l’espérance de vie des paysans- et consommateurs-cobayes (3) ? Lorsque la mafia d’antan se rendait chez un épicier pour lui réclamer un écot destiné à lui garantir sa sécurité, c’est bien sûr contre la menace qu’elle représentait elle-même que celui-ci était obligé de se prémunir. La mafia globalisée des élites du Pourcent, qui se réunit, encostumée, comme dans un film de Kubrick, de rouge vif ou de bleu sélène, dans les palaces reculés des cités où se décident les choses, ne fonctionne pas différemment, Candide en était convaincu ! Créer de toute pièce un problème pour y apporter une prétendue solution n’est-il pas le moteur de la Nouvelle Internationale esclavagiste, qui tantôt s’affirme sans complexe, tantôt se masque aux confins du virtuel théâtre démocratique du réel ?

Depuis quelques années, le Mali fait, parmi d’autres pays, l’objet, dans le cadre d’un partenariat avec les Etats-Unis, d’une expérience pilote qui consiste à injecter dans les nuages qui survolent son territoire de l’iodure d’argent afin d’augmenter les précipitations (4). La science n’a-t-elle réponse à tout ? C’est en tout cas ce que sa version contemporaine, arrogante, économiste et peu soucieuse d’humanisme, cherche à faire croire… Mais la réalité, Candide la découvrit une nouvelle fois très rapidement : c’est à l’échelle de pays entiers que terres et personnes – toujours pauvres, cela va de soi – servent de sujets d’expérimentation ! En effet, l’Association Toxicologie-Chimie n’affirmait-elle pas, en septembre 2010, que « la pulvérisation d’aérosols d’iodure d’argent peut entraîner une contamination des sols et des milieux aquatiques, dont on ignore actuellement l’impact sur l’environnement » (5) ? Pour Candide, qui pensait naïvement que la science avait pour fonction première de permettre de faire parce que l’on sait ce que l’on fait, une telle négligence fit l’effet d’un camouflet. Etait-ce donc là l’esprit des Lumières ? vociféra-t-il, inquiet.

Puis il découvrit le pot aux roses : l’iodure d’argent était pour Gates pipi de chat ! Dans l’Empire démocratique dont Janus le Magnifique est la face présentable, se trame plus ou moins ouvertement un complot par lequel le Software Monopole et tous ses hyper-frères possédants pourraient donner le coup d’envoi de la fin du monde qui justifierait Svalbard. En effet, dans un rapport publié fin juillet 2011 par l’une de ses nombreuses sociétés, Aurora Flight Sciences, et qu’il a repris à son compte (6), l’homme aux 500.000 actions Monsanto livrait au monde la funeste vision de psychopathe qu’il espère lui imposer, à savoir la lutte homéopathique (massive) contre la pollution au CO², dont le consensus scientifique estime toujours, sans la moindre preuve, qu’elle est à l’origine du réchauffement climatique (7). Davantage de pollution pour venir à bout de la pollution, au nom du combat contre l’effet de serre : il fallait se nommer Gates et ne plus savoir de ses dizaines de milliards que faire pour oser le proposer…

Candide n’en crut pas ses yeux : Gates voulait acquérir ou louer, avec son cartel de l’ombre, une petite centaine d’avions qui disperseraient par an et sur la planète entière, à une altitude comprise entre douze mille et trente mille mètres, entre 1 million et 5 millions de tonnes d’acide sulfurique dans le but de réduire le flux solaire entrant, cet acide dont il est établi qu’il est « toxique pour les organismes aquatiques, et corrosif, même dilué [et qu’il présente, en outre] un danger pour l’eau potable en cas de pénétration de quantités importantes dans le sol et/ou les eaux naturelles. » (8)

Candide se souvint des OGM et se dit qu’à l’époque formidable qui était la sienne, une telle stratégie d’épandage, avec la complicité éventuelle des avionneurs du Pourcent, ne ferait sans doute pas même l’objet d’une information démocratique. Mais bon sang, il ne peut s’agir là de l’esprit des Lumières ! tonitrua-t-il, passionné.

Il finit par se demander si tout cela n’était pas une farce. Conscient d’être épié et surveillé en permanence, comme chacun au demeurant, dans ce nouveau monde éclairé par la science sécuritaire protectrice du patrimoine du Pourcent, il tourna instinctivement la tête à la recherche de nano-caméras qui feraient de lui un nouveau dindon de Damiens, mais rien d’inhabituel alentours qui attire son regard… Et pourtant : Internet bruissait de rumeurs de rachat de Blackwater par Monsanto (9). Blackwater était cette société de mercenaires sans foi ni loi, protégée par le fasciste Rumsfeld et impliquée jusqu’au cou dans le système de torture et d’humiliation de prisonniers en Irak et ailleurs, responsable en outre du meurtre guilleret de 17 civils irakiens innocents, ce qui l’a contrainte à opter pour l’appellation plus doucereuse et philosophique d’Academi, sans pour autant se délester de sa trentaine de sociétés-écrans actives dans les business miliciens privés les plus interlopes (10).

Jeremy Scahill, Blackwater, The Rise of The World's Most Powerful Mercenary Army

Les connexions de la tentaculaire entreprise sont planétaires, en effet : l’une au nord du Mali, rapportée par la presse en septembre 2010, méritant sans doute a posteriori un surcroît d’intérêt… Actifs ès qualité de conseillers et de formateurs d’institutions aussi diverses que les armées canadienne et états-unienne, le Royaume de Jordanie et la police des Pays-Bas, les pitbulls d’Academi infiltrent aussi, tels de véritables agents secrets, divers mouvements, groupes et obédiences pourtant démocratiques pour le compte de corporations richissimes telles que Microsoft (11). Ainsi des groupes anti-OGM, à la demande de Monsanto. Coopération avec les services secrets nationaux, échange de données sensibles et confidentielles, tentatives de discréditation publique de militants, infiltration de leur vie privée, fabrication de fausses preuves,  intimidations (professionnelles), surveillances, assassinats déguisés ? Comment agissent-ils et quels services tolèrent-ils leurs agissements, à défaut d’y prendre une part active ? Candide regarda le ciel encore bleu en soupirant : toutes ces questions, il était bien déterminé à leur trouver une réponse satisfaisante. Car ce fascisme des Lumières-là, il n’était pas prêt à le tolérer !

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(1)    Ecouter notamment le professeur Philippe Even, reçu par Zemmour et Naulleau le 30/01/13, à propos des médicaments dangereux mais rémunérateurs maintenus en vente par les pouvoirs publics français en toute connaissance de cause : http://www.youtube.com/watch?v=L_19dUk21og

(2)    Source indirecte non accréditée : http://www.diatala.org/article-ig-farben-gaz-nazi-zyklon-b-et-monsanto-107208342.html

(3)    Lire : http://www.votresante.org/suite.php?dateedit=1291049997

(4)    Source (page 20) : http://www.cifal-ouaga.org/new11/mali.pdf

(5)    Source (page 2) : http://atctoxicologie.free.fr/archi/bibli/IODURE_ARGENT_FRTEC.pdf

(6)    Source (pages 6, 8 et 29) : http://www.keith.seas.harvard.edu/Misc/AuroraGeoReport.pdf

(7)    Il est établi que deux hausses de température de 1°C chacune ont eu lieu au cours du siècle dernier et que la tendance haussière se poursuit. Les causes réelles et vérifiables de celles-ci font encore, en dépit de l’assurance affichée, l’objet de spéculations.

(8)    Source : http://www.ac-nancy-metz.fr/pres-etab/lvincent/fds/FDS07.htm#acetet05

(9)    Source : http://www.activistpost.com/2012/01/setting-record-straight-did-monsanto.html

(10) Source :  http://publicintelligence.net/blackwaterxe-front-companies-chart/

(11) Source : http://www.thenation.com/article/154739/blackwaters-black-ops#

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Politique de pantins préprogrammés (critique de film)

Un vétéran de « Tempête du Désert », le précédent à la farce belliqueuse qui mit aux prises, en 2003, le fils de l’ancien directeur de la CIA célèbre, entre autres, pour les pipes goulues qui lui sont attribuées par d’aucuns, avec le grand Satan antioccidental d’alors, pourtant mis en place naguère par la même institution caritative, se trouve propulsé candidat à la vice-présidence des Etats-Unis, après avoir été récipiendaire de la médaille d’Honneur du Congrès de son pays pour les faits d’armes exceptionnels dont il aurait été la vedette, à l’occasion de son expédition dans les sables irakiens, douze ou treize ans auparavant. Mais la réalité s’avère bien plus complexe…

Voilà planté le décor du « Manchurian Candidate » de 2004, remake homonyme du film de John Frankenheimer, sorti en 1962, quelques années à peine après la conclusion du second mandat présidentiel d’un autre ancien combattant, multi-étoilé, le général Dwight D. Eisenhower, qui, lors d’une ultime adresse à son peuple, mettait en garde celui-ci contre les excès de l’industrie militaire dans les termes suivants : « Nous avons été contraints de créer une permanente industrie de l’armement de vaste proportion. Trois millions et demi d’hommes et de femmes sont directement liés à l’establishment de la défense, dont l’influence totale – économique, politique, et même spirituelle – se ressent dans chaque ville, chaque Etat, chaque bureau du gouvernement fédéral. Nous reconnaissons le besoin impératif d’une telle évolution, mais, pour autant, nous ne devons manquer de comprendre ses graves conséquences. Au sein du gouvernement, nous devons nous prémunir contre tout surcroît d’influence, délibéré ou non, du complexe militaro-industriel. La possibilité de l’avènement désastreux d’un pouvoir illégitime existe, et persistera […] Jamais nous ne devons permettre à une telle coalition d’intérêts de mettre en danger nos libertés, ni nos processus démocratiques. » (1)

Le film de Jonathan Demme, qui a donc, tout en rebattant les cartes et en modifiant légèrement la trame (moins favorable, cette fois, à l’Empire US), repris le flambeau de Frankenheimer, et dans lequel Denzel Washington, dans le rôle de l’ancien major devenu idéaliste déconfit, marche dans les pas de Frank Sinatra, qui venait, quant à lui, de rentrer virtuellement de Corée, est efficace. Habilement, il donne à voir, par bribes allégoriques et analepses cauchemardesques, dans lesquelles sont mis en scène d’étranges docteurs Mabuse, des Mengele américanisés qui se livrent aux pires tortures psychologiques, qui ont parfois le meurtre comme conséquence, ce que peuvent ressentir les soldats américains de base lorsqu’ils retournent au pays, couverts de leur halo d’uranium. Après avoir vu ce film, on comprend mieux pourquoi, depuis le 11/09/01, plus de 2500 militaires américains ont choisi d’en finir, à raison d’un suicide par jour en moyenne (2).

A mesure que l’action se déploie, le doute assaille les principaux protagonistes du film : les souvenirs de ce qu’ont vécu les anciens soldats au Koweit sont-ils réels ou ont-ils été induits ? Le candidat Shaw est-il un vrai héros ou un paladin d’opérette ? Pour sa mère, elle-même sénatrice, une cruelle virago hyper-castratrice et honteusement incestueuse, la reine noire de l’histoire, en vérité, l’ex-sergent entré en politique n’est rien d’autre que de la pâte à modeler. C’est sa chose, qu’elle s’est efforcée, pendant toutes ces années, de garder pour elle, et elle seule.

N’hésitant pas, comme seuls savent le faire à ce stade les bons thrillers américains, ceux-là même qui, ces temps-ci, en raison de la disette budgétaire sans doute, font défaut ou se font rares sur nos écrans, à élargir le propos des hallucinants parcours initiatiques respectifs de l’ex-major et de son ancien compagnon d’armes, à la société tout entière, invitée par le biais à se pencher de manière certes fragmentaire, mais non moins éclairée, sur certains des aspects les plus hideux du progrès technologique du cinquantenaire écoulé, la superproduction fait mouche : et si une science militaire dévoyée, dont le bonheur de l’homme n’aurait jamais été la finalité, en était arrivée au stade où elle peut contrôler quasi absolument, par stimuli appliqués et impulsions mnémoniques, l’esprit humain ?…

Et si les expériences diverses menées à leur insu, dès les premiers jours du projet Manhattan, sur de pauvres cobayes désargentés, noirs pour la plupart (3) se poursuivaient de nos jours sur des candidats plus dociles et liés par serment à la Grande Muette ? Et si, selon ce scénario, tout représentant de l’espèce occidentale, libre forcément, était voué demain, peut-être contre son gré (grâce à l’apport des nanotechnologies), à être muni d’une puce électromagnétique intra-cutanée, voire injectée directement dans le cerveau, non pour en améliorer le fonctionnement ou en restaurer des fonctionnalités endommagées, mais pour le rendre rationnel, selon la définition que fournissent de ce terme les détenteurs du pouvoir ? Un tel progrès signerait la fin définitive de l’Histoire et la perpétuation consanguine de la médiocre et décadente bourgeoisie d’essence néo-aristocratique aux manettes depuis au moins un demi-siècle.  On aimerait savoir ce que Voltaire et les autres penseraient de tout cela…

Science-fiction ? Complotisme ? Criez donc au loup : après les chiens, c’est, depuis plusieurs années, au tour des soldats américains d’être dotés de telles puces, prétendument pour leur permettre d’être secourus en urgence si la nécessité se présentait.

Se pose alors, dans la foulée, la question de l’identité du commanditaire et des exécutants. L’entreprise Manchurian Global, qui fait office ici de personnification amorale de la menace contre laquelle avait alerté Eisenhower, de conglomérat mondial surpuissant dont Shaw pourrait être la poupée plastique, ne rappelle-t-elle pas, à certains égards, les dérives des Blackwater (aujourd’hui Academi) et autres Halliburton, ces deux magnats de l’armement et du mercenariat qui, main dans la main avec la CIA, sont actives dans le business de la milice privée, ces deux puppet masters qui, par l’entremise de Cheney l’opportuniste, élaboraient jusqu’il y a peu les feuilles de route de la Maison blanche, ces deux poids lourds du stock exchange vilipendés (insuffisamment sans doute) pour les exactions nombreuses dont ils se seraient (se sont) rendus coupables ici ou là. Une entreprise ne change pas de nom par hasard !

Imaginez donc un pays (un continent, pourquoi pas ?) où un Politburo capital-corporatiste composé de dirigeants véreux et méprisants de méga-entreprises cotées en bourse dirigerait dans l’ombre des marionnettes téléguidées supposées servir le peuple… « What a wonderful world it would be… »

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(1)    Traduction libre de l’extrait du message présidentiel (en anglais) disponible ici : http://www.youtube.com/watch?v=_bqr5DVx3dw

(2)    Lire, à ce propos, l’article suivant (en anglais) : http://battleland.blogs.time.com/2012/07/12/captains-courageous/

(3)    Lire, à ce propos :

– Wayne D. LeBaron, America’s nuclear legacy, Nova Publishers, 1998

– Wolfgang Uwe Eckhart, Man, Medicine and the State : the human body as an object of government sponsored medical research in the 2Oth century, Franz Steiner Verlag, 2006

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(added December 11, 2014)

US Torture Report : 6 questions…

1/ DID THE WHITE HOUSE-BASEMENT DECISIONS APPLY TO THE CIA ONLY ?

Since April 2008, we know the senior managers of Torture Inc. (namely Cheney, Rumsfeld, Rice, Powell, Ashcroft, Tenet and a few others − Blair and his staff, perhaps ?) were regularly meeting in the White House situation room in the early years of the new millennium to establish and evaluate the detailed guidelines of what they puritanically referred to as “enhanced interrogation techniques”. (a)

Does the SecDef’s presence at those meetings and the fact said guidelines appear to have been all-encompassing, indicate the DoD was equally involved in the torture program ? And, if it was, do the Senate Intelligence Committee’s executive summary’s findings, as a matter of principle, equally apply to the Defense Intelligence Agency ?

(a) http://abcnews.go.com/Video/playerIndex?id=4622610&affil=wjla
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/blog/2008/04/10/BL2008041002069.html

Addendum − Dec. 13, 2014 : part of the answer to Question 1 is to be found in the Report of the Senate Armed Services Committee regarding the inquiry into the treatment of detainees in US custody (Nov. 20, 2008), which states « [t]he abuse of detainees in U.S. custody cannot simply be attributed to the actions of ‘a few bad apples’ acting on their own. The fact is that senior officials in the United States government solicited information on how to use aggressive techniques, redefined the law to create the appearance of their legality, and authorized their use against detainees. »

https://s3.amazonaws.com/nytdocs/docs/211/211.pdf (p.14)

2/ TO WHICH PRIVATE CONTRACTORS HAS TORTURE BEEN OUTSOURCED ?

A February 2013 report from the Open Society Foundation’s Open Society Justice Initiative indicated the CIA had, in part, relied on subcontractors to displace the detainees it would submit to torture to the black sites inaugurated to that effect. (b)

Moreover, it is now established so-called-psychologists James E. Mitchell and Bruce Jessen (both USAF-retirees) were instrumental in developing original torture methods. (c)

But wasn’t there more to it ?…

Answering a journalist during a May 2004 press conference, Rumsfeld declared the following : “We had a discussion with General Petraeus yesterday and I had a briefing today from a man named Steele who’s been out there working with the security forces and been doing a wonderful job, as a civilian, as a matter of fact.” (d)

Jim Steele, a US army black ops operative known, among other things, for his leading role in implementing the US’s militaristic policy in El Salvador (and pro-Contra-terrorists policy in Nicaragua ?), was in charge of putting together a Special Police Commando unit (also known as Wolf Brigade) in Iraq to counter the growing Sunni insurgency. Many local witnesses claimed this dirty-jobs executive was up to his neck in the torture program the US carried out in that country. He seems to have vanished ever since…

Was (is) this “civilian” a lone wolf under high-level protective custody, or was he part of a broader network of mercenaries ? Do some of the CIA’s subcontractors have dirty boots as well, and, if so, who are they ? Last but not least : were “civilians” also required to abide by the torture guidelines established by Torture Inc’s senior managers, or were they allowed to go further, without any need for specific details ?

The latter question is relevant as to why the full torture report remains classified : could it be the executive summary, however horrific it is, is but the tip of the iceberg ?…

(b) http://www.opensocietyfoundations.org/reports/globalizing-torture-cia-secret-detention-and-extraordinary-rendition

(c) http://nymag.com/scienceofus/2014/12/meet-the-shrinks-who-helped-the-cia-torture.html

(d) http://www.journeyman.tv/?lid=65026&tmpl=transcript

3/ WHICH SAFEGUARDS TO CONGRESSIONAL OVERSIGHT IN THE FUTURE ?

Clapper lying to Congress about the scope of the NSA’s eavesdropping programs, and Brennan lying about spying on the Senate Intelligence Committee was merely the result of a long tradition. Here’s the list of former NSA and CIA director Hayden’s lies regarding the torture program :

At the April 12, 2007, hearing, Director Hayden verbally provided extensive inaccurate information on, among other topics: (1) the interrogation of Abu Zubaydah, (2) the application of Department of Defense survival school practices to the program, (3) detainees’ counter interrogation training, (4) the backgrounds of CIA interrogators, (5) the role of other members of the interrogation teams, (6) the number of CIA detainees and their intelligence production, (7) the role of CIA detainee reporting in the captures of terrorist suspects, (8) the interrogation process, (9) the use of detainee reporting, (10) the purported relationship between Islam and the need to use the CIA’s enhanced interrogation techniques, (11) threats against detainees’ families, (12) the punching and kicking of detainees, (13) detainee hygiene, (14) denial of medical care, (15) dietary manipulation, (16) the use of waterboarding and its effectiveness, and (17) the injury and death of detainees.” (e)

How does Richard Burr, the Republican who will be taking over Mrs. Feinstein’s seat in January – and how does the US Congress in general – intend to tackle this lying epidemic ? Which mechanisms will they put in place to at least give the public the impression they have a purpose ?…

(e) https://firstlook.org/theintercept/2014/12/10/cia-truth-torture-existential-threat/

4/ WHAT’S HAPPENING ABOARD THE SHIPS ?

Aside from extrajudicial killings (which have the merit to render indefinite detention useless), the senior lecturer in Constitutional Law’s smart-powered administration seems to be using warships as mobile black sites (f). How are detainees treated aboard those ships ? Are they too subject to interrogation techniques sometimes “amounting to torture” ?…

(f) http://www.huffingtonpost.com/2013/10/08/obama-terrorists-ships_n_4063003.html

5/ TORTURE JOINT-VENTURES WITH MIDDLE-EASTERN DICTATORSHIPS, REGIONAL STABILITY AND MORAL HIGH GROUND : AN EXPLOSIVE COCKTAIL ?

The United States is committed to the world-wide elimination of torture and we are leading this fight by example. I call on all governments to join with the United States and the community of law-abiding nations in prohibiting, investigating, and prosecuting all acts of torture and in undertaking to prevent other cruel and unusual punishment. I call on all nations to speak out against torture in all its forms and to make ending torture an essential part of their diplomacy.” (e)

Thus spoke Bush in 2003. If the executive summary on torture makes one thing clear beyond reasonable doubt, it is Captain America’s moral pretenses once again appear for what they are : when the White House officials applied their best lipstick to greet the new Egyptian dictator, a few months ago, they were actually thinking : “he’s one of us !” So, next time they go to war, they might want to reconsider the outdated human rights rhetoric, and stop acting like sissies…

Of course, realpolitik is far from confined to the Washington circles : did not Paris just sign a major defense contract with the UAE to provide them with the latest satellite-spying technology has to offer (g), knowing damn well how respectful of human rights some trigger-happy sheiks can be in that hood ? (h) Then again, should the imperial forces deem it necessary, they might always dispose of them as they did with Gaddafi, another (former) loyal aide, although the Gulf Cooperation Council’s member States’ decision to strengthen their police and military cooperation (i) might make it slightly more difficult.

Whatsoever, how has the US collaboration with some of the most sinister regimes in the region (in Yemen, for instance) been perceived by the respective rebels in those countries ? And what role did large-scale torture sanctioned by the US play in : 1) taming warlords in Somalia; 2) the emergence of über-radical Islamic movements ?

There’s also another question that comes to mind : how can the DoJ expect to submit racist cops to the rule of law at home while it’s such a strong proponent of Judge Dredd-style “due process” abroad ?…

(g) http://www.defensenews.com/article/20141209/DEFREG01/312090030/Falcon-Eye-Spy-Sat-Contract-Goes-Into-Effect

(h) http://www.theguardian.com/world/2010/jan/17/torture-tape-acquittal-abu-dhabi

(i) http://english.alarabiya.net/en/News/middle-east/2014/12/09/Regional-stability-on-table-as-GCC-summit-kicks-off-.html

6/ WHAT WERE POLAND, LITHUANIA AND ROMANIA PROMISED IN EXCHANGE FOR THEIR SERVILE COOPERATION ?

In Poland, it was called Quartz, in Lithuania Antavillai, in Romania Black Light. These were all black sites…

As early as 2007, both the Council of Europe and the European Parliament had already highlighted some European countries’ strong collaboration with the US’s extraordinary rendition program. In those three countries, torture was practiced. (j)

According to the Council of Europe, the highest levels of the Polish State were well aware of this. Yet, the criminal investigation opened by the Warsaw-district prosecutor in 2008 has since been dismissed.

A 2009 report by the Lithuanian parliament concluded some intelligence officials were in the loop, but disputed any high-level involvement. In 2011, Lithuania’s attorney general put an end to the enquiry about the country’s possible role in the US program.

A 2008 report by the Romanian Senate bluntly rejected not only any responsibility, but also any knowledge of the facts, despite the Council of Europe pointing out secret negotiations had taken place between the head of the European branch of the CIA and the Romanian government (no less !) to build three detention centers, each destined to accommodate half a dozen inmates.

In light of what the executive summary of the US torture report revealed, it would seem these three countries, which also happen to be at the forefront of the CIA-backed anti-Russian effort around Ukraine, have some serious explaining to do…

(j) http://tempsreel.nouvelobs.com/l-observateur-du-monde/20130308.OBS1289/antiterrorisme-et-torture-les-pays-complices-de-la-cia.html

Addendum − Dec. 13, 2014 : “After years of denials, [former Polish President Aleksander Kwasniewski, 60, and former Prime Minister Leszek Miller, 68] acknowledged Wednesday they had allowed a secret CIA prison to operate on their territory but insisted they never authorized the harsh treatment or torture of its inmates. […]

According to the report, there were « multiple, ongoing difficulties » between the U.S. and Poland over the program. Four months after the detention site began holding detainees, Poland rejected further transfers. That decision, however, was reversed after the U.S. ambassador intervened with the country’s leadership and the CIA provided a large sum of money to Poland.

http://bigstory.ap.org/article/1fe93d1598914585846d42cf9cd980e4/ex-leader-poland-agreed-cia-site-not-torture

***

(added March 14, 2015)

While the intel community has been mass surveilling citizens, who has been surveilling/restructuring them ?

– What is the NGA’s core mission ? And how does it overlap with both the NSA’s and the NASIC’s, for instance, all three of them being DoD-related ? Other examples include, but are not limited to the ONI vs. (?) the MCIA vs. (?) the CGI, as well as the NGIC vs. (?) the INR vs. (?) the NSB vs. (?) the HSI.

– Are these overlaps consistent with the post 9/11 need for « efficiency » and swift inter-agency collaboration ?

– Is the DNI’s office in its current form a convincing superstructure to articulate all these agencies’ businesses, whether they answer to the SecDef or not ?

– Was Petraeus’ appointment as director of the CIA an indication the Obama admin thought it wasn’t ?

– In how far has the CIA (and have other agencies like the OICI and the INR) been militarized ?

– Are the recent adjustments to the CIA’s structure to be interpreted in that perspective ?

– How easy is it for a foreign spy and/or terrorist to infiltrate such an overlapping structure ? (question from Bibi from Iran)

– Are private contractors also acting as liaisons between agencies ?

– As a huge part of the Defense budget is discretionary, is any of the less known agencies among the lot likely to play a bigger part in the near future (as was the NSA before « Enemy of The State » and Snowden), or, at least, to make the headlines ? If so, which one(s) ?

– Is it possible to draw a precise map of the IC ?

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