Articles tagués : Branco

Ce « petit milieu » où même rebelle rime avec calque…

Qu’ils étaient doux et empreints d’une connivente clémence à l’égard du Joker du peuple, hier soir à C dans l’air (!), les Thréard* (en dépit de ça) et autres Bauer, à l’antipode d’Apolline le jour d’avant, soupesant chacune de leurs paroles, sereins, affectueux même, se pourléchant les babines, aurait-on dit, moult références historiques à l’appui, de l’agitation incandescente du rebelle du Flore, lequel, y revendiquant ses quartiers, signale ainsi qu’ils n’ont, au fond, pas grand-chose à craindre de lui : « je suis des vôtres ». Mais bien sûr, petit, du berceau à la tombe, et quoi que tu fasses, tu le sais bien… D’ailleurs, le parquet (aux ordres de Belloubet !), comme l’a affirmé le pote à Romanet, ne s’est-il empressé de l’exonérer de toute possible complicité dans ce qui, tout compte fait, pourrait bien s’avérer pour certains une aubaine (Sans ce scandale, il va de soi que nos résultats à Paris n’eussent été si désastreux. De ces derniers et de ces municipales en général, Il importe donc de ne tirer aucune conclusion nationale) ? Rien du Thréard agité et sautillant ou de ses confrères apoplectiques face aux gueux il y a quelques mois, aux vrais et non à ceux qui surfent sur leur misère…

Renonçant aux ors (pour l’heure), ledit rebelle a-t-il sacrifié sur l’autel du bien commun, comme il ne cesse de le seriner, un destin considéré acquis car inné ou, plus prosaïquement, ses convictions du moment l’ont-elles simplement guidé vers un créneau moins occupé que les autres par les monopolistes de sa caste, tous les chemins, pour ceux-là, menant à Rome in fine ? Face à cinq portes dorées dans un mystérieux manoir, il a choisi de ne pas ouvrir la première, ou plutôt de la fermer après avoir brièvement goûté à la mentalité de palais : voilà l’étendue de son sacrifice. Mais qu’une seule de ses entreprises, sa campagne en costume trois pièces dans le 93 par exemple, ne résulte pas en son couronnement tempétueux sous les flashlights, que le plateau d’argent avec lequel il est né lui fasse une seule fois défaut, qu’un seul de ses claquements de doigts reste sans suite, et le voilà marri, indigné d’une telle insulte à son rang.

Comprenez-moi bien : ce n’est pas la jalousie qui tient ma plume en ce moment. Miraculeusement sans doute, je n’en ai jamais souffert, d’une quelconque manière, et de quoi pourrais-je donc être jaloux en l’occurrence, moi qui ai, il y a belle lurette, tourné pour moi-même le dos à tout activisme politique qui se fixe comme but, sous quelque forme que ce soit, la conquête d’un pouvoir-leurre ? C’est plutôt le dégoût…

Quoique sa variante dite d’extrême-gauche m’était jusque-là inconnue, je la connais, la gauche caviar; je l’ai fréquentée… Bien que le voyant à l’œuvre jour après jour, je ne suis pas, toutefois, adepte du déterminisme social : en quoi, si tant est qu’il soit sincère, un gosse de riche ne pourrait-il s’insurger du sort fait aux pauvres ? Tout est dans l’humilité de sa démarche ! Exigence et non option, celle-ci se justifie par le fait que, si enragé ou dépité le gosse de riche soit-il, les conditions de vie et la violence administrative qui peuvent rendre la désolation ou la rage légitimes lui sont foncièrement étrangères : ces amères épreuves lui ont été épargnées; il n’en a jamais fait lui-même l’édifiante expérience. C’est pourquoi, sans l’humilité, le gosse de riche au poing levé n’est autre qu’un Ki-taek à l’envers, une ombre, un acteur-imposteur, une superposition sans cause, insignifiante. Or, voilà le portrait de Branco et de son bouquin compilateur d’infos déjà publiques agrémentées d’anecdotes scolaires. Qu’elle est aisée, la lutte !…

C’est de la tonitruante OPA agressive qui caractérise chaque posture de « cette personne », la bave aux lèvres flirtant avec le fard, de son inconséquence (Que les autres contempteurs de Ruffin – ballon d’essai que cette agit-prop-là ? – se contentent de la fin…), de son dikke nek de riche qui passe toujours entre les gouttes (Peu importe que la posture christique siée à un macho comme Pavlenski…), de son sophisme méthodique, de ses manœuvres puériles et de ses mensonges certifiés immaculés, de sa fin qui justifie ses moyens, c’est-à-dire ses tactiques de voyou huppé, de son incapacité papale à admettre la moindre erreur, la moindre faille, le moindre défaut, la moindre faute, due à l’éducation prodiguée à sa caste, de sa monstrueuse autolâtrie, de ses jérémiades narcissiques indignes, vu sa condition sociale, des passions tristes et destructrices dont elle fait étalage exclusif, de l’accueil royal et sans réserve dont elle a bénéficié derrière la deuxième porte dorée ainsi que de son absolution générale par les substituts de curé(e)s qui, au pays du maoïsme grabataire, y tiennent sermon, du temps de parole qu’elle vole à de vrais prolétaires (Priscillia Ludosky, par exemple), souvent suspects de prime abord, quant à eux, ou promptement domptés, mais surtout du malin plaisir qu’elle prend à mener ceux-ci vers l’abîme, au petit bonheur la chance qui plus est, que me vient mon profond dégoût pour elle car à l’omniprésente bassesse actuelle, elle ne se propose, en définitive, que de substituer un produit issu d’un flacon similaire, dont l’odeur est détestablement familière. Or, il ne faut être ni irénique ni distant de l’action pour poser que, vraiment, un autre monde est possible…

___________________________________

* Quelle que soit la déclinaison de l’anarchisme envisagée, c’est tout sauf un anar’, pépère. Outre qu’il l’a lui-même concédé, qu’à Dieu ne plaise de lui confier le moindre levier de pouvoir : il en aurait tôt fait la démonstration…

Catégories : Politique / Société | Étiquettes : | Poster un commentaire

« Ce personnage est un grand manipulateur. »

Que l’on parle de lui. L’avocat, le journaliste, le preux défenseur autoproclamé de la veuve et de l’orphelin. Peu importe à quel propos, que l’on parle de lui, même si cela finit par éclipser la cause. Telle est son obsession, qui est aussi sa névrose…

Sachant cela, est-ce jouer son jeu que d’en parler ? Oui et non. Oui, car cela fait gonfler sa bulle : merci pour ton salut, doit-il se dire alors comme un gosse dans une cour de récré. Au demeurant, plus d’un provocateur télévisuel utilise la même recette, le plus souvent par l’entremise d’une prise à partie individuelle qui obligerait à choisir son camp. Oui aussi en ce que le démontage de ses procédés requiert – et il y prend un malin plaisir – une argumentation élaborée qui ne touchera pas ceux qui se nourrissent au premier degré de ses indignations mises en images. Non dans la mesure où ces derniers, précisément, ne méritent pas, en plus d’être humiliés par un pouvoir narcissique, d’être manipulés par un faux chevalier blanc qui ne l’est pas moins…

C’est le journaliste Hugues Le Paige, si je ne m’abuse, qui avait dit un jour que si la raison, face à l’extrême-droite, veut faire œuvre utile, elle est contrainte à chacune des affirmations gratuites de celle-ci d’opposer une bonne dizaine d’arguments étayés. Et même dans ce cas – ou précisément, peut-être, pour cette raison –, il n’est pas sûr qu’œuvre utile soit faite. Pour autant, faut-il déclarer forfait, renoncer à démasquer les impostures et à déconstruire les doubles langages qui ne s’affichent pas comme tels, dont usent et abusent les engagés en politique non pour amener à penser mais dans l’unique but de conquérir de l’influence ? Dans la négative, si l’on n’y renonce face à l’extrême-droite, pourquoi y renoncerait-on s’agissant de Branco ?

Branco-l’éviscérateur, aux prises avec ses passions glauques et morbides…

Branco-le-Joker, par conséquent, qui desdites passions fait amalgame, tout en veillant soigneusement à ne pas se pencher de trop près sur le sort (judiciaire ou simplement humain) des estropiés de la Macronie…

Branco-l’opportuniste-récupérateur, en toute logique, à qui, esprit supérieur ou martelé comme tel par l’intéressé oblige, le commandement premier – unique, qui sait ? – des GJ (pas de leader et pas de représentant autre que ceux expressément mandatés), ne saurait s’appliquer…

Branco-la-frime, enfin…

Il est un sentiment fondamental que nous partageons, lui et moi, quoique pour des motifs distincts : tous deux, à notre manière, lui, le faux roturier mondain physiquement cosmopolite, parce qu’il ambitionne de les arraisonner comme cherche à le faire tout politicien et, plus largement, tout sophiste, moi, dans mon coin, l’horizon comme horizon, avec la folle naïveté de les déniaiser, nous méprisons profondément la crédulité médiatique des gens de rien

Ce n’est pas de Ruffin que je vous entretiendrai ici, ou si peu. Voilà qui est dit. Non, c’est sur les techniques particulièrement perverses d’enfumage de Branco, qui n’ont rien à envier à celles des grandes agences de marketing, que je me contenterai en l’occurrence de braquer mon projecteur.

Avant de prendre connaissance des attendus de son réquisitoire contre le député un peu gauche, livrés dans la vidéo à laquelle renvoie la capture d’écran ci-dessus, j’ai écouté le document suivant, présenté comme une « exclu[sivité] », un scoop, en somme…

Deux questions me sont immédiatement venues à l’esprit :

1/ D’où tient-il ce document audio ?

2/ Dans quelles circonstances précises a-t-il été produit ?

J’ai consulté la section ‘actualités’ de Google au moyen des mots clés ‘Ruffin’ et ‘Branco’ et j’ai trouvé ceci, qui n’est qu’un échantillon de la couverture consacrée par la presse ancienne (legacy press) à « l’exclu » du Joker (merci à tous pour votre salut)…

J’y ai appris qu’en fait de scoop, l’enregistrement audio datait de 2016 et avait déjà été diffusé par Radio Nova. Première goujaterie. Est-ce de bonne guerre pour un politicien que de remettre sur le tapis une vieille affaire sous des atours inédits ? Sans doute, dès lors que l’on assume sa roublardise, peu compatible avec l’image d’Epinal d’incarnation de la Vertu que l’on s’enorgueillit de véhiculer. Au moins sait-on d’ores et déjà quel crédit il conviendra d’accorder à sa parole lorsque lui aussi de l’écharpe tricolore sera serti.

Puis j’ai écouté les explications du politicien en devenir. Et là, « ça a été extrêmement violent pour moi, je tremblais ». Nan, je rigole…

« Les gens ressentent une grande blessure » après avoir vu la mise en scène de Macron et Ruffin, affirme le dissident français le plus important. Qui sont ces gens dont, une fois encore, Branco ne peut s’empêcher de se faire le porte-parole officieux ? Pas les salariés d’Ecopla présents lors de l’enregistrement de ladite bande audio, en tout cas, qui ne semblent pas s’en être indignés. Et comment ces gens blessés ont-ils réagi ? En le faisant, pour la plupart, « payer au messager », à l’en croire. Mais Branco n’est ici le messager de rien; tout au plus est-il le tardif relai d’une poussiéreuse information. Le sous-texte est limpide : voyez à quel point j’ai, cette fois encore, fait preuve d’un incommensurable courage en publiant ce faux scoop. Chez Branco, l’autoglorification frauduleuse est une seconde nature, « quoi qu’il [lui] en coûte »…

Et c’est précisément en cela que la perversité de son propos prend la dimension d’une mise en abîme lorsqu’il affirme que « c’est dans les idées qu’il faut croire, pas dans les individus – les individus ont leurs intérêts, tous ». Quel pourrait bien être le sien dans le cas précis de la présente « révélation » exclusive ? Se remettre en selle dans le débat politico-médiatique français ? Venir en aide à une Méluche malmenée par un lecteur aigri de Poe et à qui, en sus, Ruffin pourrait porter ombrage ? La question n’effleurera probablement pas l’esprit des inconditionnels de l’illuminé crépusculaire.

Toujours est-il qu’il dénonce chez Ruffin « un double discours [et] l’instrumentalisation d’une cause » alors même que c’est à lui qu’à ce moment précis, notamment, ces reproches pourraient être adressés. « Accusez votre adversaire de ce que vous faites vous-mêmes, de manière à susciter la confusion et à dissimuler votre propre culpabilité » : cette citation, difficilement traçable, est attribuée tantôt à Marx, tantôt à Goebbels, tantôt à Lénine, lorsqu’elle ne l’est à Machiavel. Branco, assurément, la met en pratique couramment…

« J’ai passé de nombreuses heures à tout vérifier, à vérifier avec des témoins, à travailler avec des journalistes » pour m’assurer que l’enregistrement n’avait pas été modifié, se défend l’avocat, qui n’a même pas pris la peine, tant la prendre l’eût empêché de tirer la couverture à lui, d’en mentionner, fût-ce en petits caractères, la source d’origine dans la vidéo ad hoc, comme il est pourtant d’usage dans le métier de journaliste (Il ne la mentionne, au détour d’une complainte, qu’à la cinquième minute de sa vidéo explicative.). Pas davantage n’a-t-il souligné – j’y ai déjà fait allusion – que des employés d’Ecopla étaient présents lors des tractations de la tour Montparnasse. Une présence discrète qu’atteste néanmoins le commentaire de Radio Nova, bel et bien coupé au montage. On peut donc se demander qui cherche à manipuler qui.

De mauvais esprits s’empresseraient sans doute d’établir ici un parallèle avec Assange, mais il serait caduc : certes, tant dans le cas des Wikileaks que s’agissant du Ruffingate pour les nuls, la véracité des documents est établie, mais peut-on comparer révélations véritables et recyclage opportuniste de documents déjà publics, depuis plusieurs années ? Branco semble croire que oui, ou plutôt il cherche à le faire croire, lui qui, dans son indigestible best-seller, avait déjà eu massivement recours à ce même procédé (indigestible non en raison de sa grandiloquence, mais à cause d’une grandiloquence non maîtrisée due à un ego puéril et exclusif qui imbibe toutes les pages et finit par donner au lecteur la nausée de la même manière qu’un deepthroat agressif provoque d’ordinaire des vomissements glaireux).

A présent, il accuse donc Ruffin d’instrumentaliser les luttes, de les mettre en scène. Ce que fait ce dernier, en effet. Mais en le revendiquant, comme il avait déjà revendiqué, dans une certaine mesure, l’instrumentalisation des Klur dans Merci, patron ! Une instrumentalisation éthiquement contestable dans son principe si les premiers intéressés sont tenus à l’écart des tenants et aboutissants de la manœuvre (ce qui n’a pas, que je sache, été vérifié), mais une instrumentalisation dont la soif de gloire supposée de l’intéressé n’est certainement pas l’unique clé de lecture. A force de mises en scène de sa propre facture, Branco devrait le savoir. Et, de manière générale, que la politique professionnelle soit théâtre, voilà une autre grande nouvelle !

Demeurent en outre ces questions : quelle est cette personne dont il dit qu’elle lui a procuré l’enregistrement ? Ses motivations sont-elles virginales ? Pourquoi cette cible ? Pourquoi maintenant ? N’y a-t-il en France aucune indignation plus urgente qui mérite relai ? Noble ou elle-même politicienne, cependant que s’exprime une détresse sans nom, que cette focalisation sur de menus arrangements entre politiciens vieux de trois ans ?…

« A un moment, il faut commencer à apprendre à décrypter […] les images des pouvoirs, mais aussi [celles] des contestataires ou pseudo-contestataires ». Mise en abîme, vous disais-je… Pourquoi cette ponctuelle entente tacite entre le fouet et l’insoumission, tandis qu’une usine était menacée de fermeture ? Uniquement « pour mettre en scène une opposition [de manière] calculée », proteste celui qui sait aussi se faire Peter Pan. La scène était convenue, en effet, et cet envers du décor plus que susceptible de répugner le profane, mais l’opposition Branco/Ruffin, si spontanée semble-t-elle, est-elle pour autant moins calculée (unilatéralement) ?

« Pas de calcul, contrairement à eux, [uniquement] la vérité et la sincérité », proclame le Saint-Just du pauvre, qui, pas plus tard qu’en 2017, avait concouru aux législatives et à qui certains prêtaient il y a peu des ambitions municipales parisiennes en 2020 : « les individus ont leurs intérêts, tous », sauf lui… Lui, le « représentant » des Jaunes à l’étranger, a été touché par la muse Vérité dans un théâtre pourtant plus propice aux opinions qu’aux révélations, sauf s’il se veut aussi pur qu’une dictature, avec ses procureurs-stars, ses tribunaux et ses codes de circonstance ainsi, bien sûr, que ses condamnations avec effet rétroactif (article 7)… A trente ans, il se rêvait procureur populaire. A quarante…

« La trahison de la classe ouvrière », voilà ce qui est reproché à Ruffin. A l’un des commentateurs de son live, qui s’inquiétait peut-être de son aspect livide ou de sa voix par moments prépubère, Branco rétorque : « pas d’anxiété, pas de [manque de] sommeil, [ne] vous inquiétez pas ». La classe ouvrière et celle des déclassé(e)s seront ravies de l’entendre…

Laissons-le conclure : « à ceux qui s’accrochent à la croyance : il y a des faits, des paroles qui ont été enregistrées […] et qui montrent la réalité des manipulations qu’ils ont cherché à nous imposer. Ce qu’ils vous ont montré, c’est un masque. [Moi, je] n’en porte pas. Le jour où [j’en porterai un], ce sera celui du Joker »…

***

« J’ai vu peut-être la dernière allocution d’un président de la République et, en le voyant, je me suis dit cette chose qui peut sembler incroyable : que c’était peut-être la dernière fois qu’on voyait Macron à la télévision. […] Le premier mai, il va y avoir un afflux de personnes ahurissant, notamment vers Paris, vers la capitale, qui va chercher, en fait, à provoquer une bascule dans ce pays. »

Juan Branco, Facebook, 28 avril 2019

Catégories : Politique / Société | Étiquettes : , | Poster un commentaire

Ode au sacrifice à l’odieux ?

C’est, a écrit le petit prétentieux en mal de sauvage aventure, une ode à eux, une ode à eux tous…

Mais si c’est une ode – et il se pourrait bien, en effet, que c’en soit une, involontaire –, elle l’est a contrario, car s’ils aspiraient bel et bien à quelque reconnaissance, ce n’était pas ès qualité de marginaux lorgnant vers une gloire formatée et individuelle leur déniée par une relégation toujours plus perverse, mais par refus d’une humanité régressive dont ils ressentaient tragiquement, en une espèce de communion diffuse dans l’isolement, les effets dévastateurs.

Si c’est une ode, elle l’est non pas à l’insurrection réfléchie, mais à l’émeute éclatée du désespoir, le spectre postrévolutionnaire d’un robespierrisme de la Terreur affranchi de tout semblant de raison déchaînant de manière quasi indistincte, sur le rythme d’un rire forcé, mécanique et désincarné qui n’est même plus sardonique, ses pulsions les plus primitives contre l’altérité sans défense, une émeute qu’un pouvoir exsangue, décadent et royalement à côté de ses pompes, qui ne jure plus que par la nostalgie qui imprègne les grand-messes à travers lesquelles – du moins le croit-il – son ombre imposante se rappelle à lui, aurait tôt fait, tant, au fond, ses ressorts lui sont favorables, de traduire en nouvelles loi scélérates…

Ce rire, ce pourrait d’ailleurs être celui de ces gardiens d’on ne sait plus trop quoi, certainement pas de la paix en tout cas, qui, le LBD à la main, voyant se profiler quelques proies, scandèrent à qui voulait l’entendre, délestés, même devant les caméras, de toute inhibition : « voilà de la chair fraîche »… Et cela fait sens, quand on y pense, car ceux-là, poussés au crime par le même système que celui qui, à l’écran, confine le clown à l’aliénation de l’humain au bénéfice de la Bête, semblent de plus en plus tentés cette dernière dans le réalisme de surpasser par un trépas volontaire répondant à une dépression trop longtemps camouflée. Si c’est une ode, elle l’est à un après qui pourrait advenir, une fois tous les espoirs déçus et les coups encaissés.

Car cette émeute est aussi froide et désolante qu’étaient réjouissants et chaleureux les conciliabules autour des ronds-points. Car de l’homo comme homini lupus ces derniers œuvraient à se débarrasser, tandis qu’il finit par envelopper à dessein la fiction phillipsienne qui pourrait, peut-être tout aussi involontairement, avoir emprunté à Cioran : « j’ai remarqué que je suis presque toujours gai quand tous les autres sont malheureux »… De communion, il est encore question, mais vers l’abîme. Et c’est pourquoi, cette ambition ne pouvant s’assumer, le masque s’impose.

Au singulier, car il est uniforme, générique, désindividualisant comme pouvait l’être celui des zélateurs de l’improbable réincarnation de Fawkes sous les traits imagés et imaginés de V, à cette différence près que ce masque-ci manifestait, certes non sans recours à la violence – quoiqu’à une violence qui n’était pas que bêtement émeutière –, un désir éperdu de justice, et que tombèrent les masques celui-ci satisfait, tandis que celui-là s’apparenterait plutôt à une feuille de vigne pourrie pour l’indicible, à hauteur d’esprit : c’est le masque de la mort, celle de l’espoir et de la société. Et plus il est arboré, plus il fait pour ceux qui le portent office de miroir, reflétant, lorsque se croisent leurs regards, la seule chose qu’il leur reste en commun…

Nihilisme pour nihilisme, c’est, somme toute, le masque de la résignation exponentielle à l’existant, supposé détourner le regard non de la différence d’un Elephant Man, honnie par l’exigence, ordonnée ou tacite, de conformité, par le biais de laquelle la monstruosité s’exprimait moins dans l’objet regardé que dans le regard lui-même, mais de la hideuse nature (Je n’utilise pas ce terme au hasard; que l’on y réfléchisse !) des mécanismes sociaux qui font de certains êtres des crapules, et conduisent donc, en principe, à le rendre nécessaire. Paradoxalement, dans ce contexte, le porter, qu’il soit réel ou figuré, témoigne en outre du dernier soubresaut de la conscience…

Que leur usage se justifiât par des nécessités contingentes ou s’expliquât, regrettablement, par un attrait à moitié inavoué pour un sordide émeutier en marche, il y en avait, des masques, au sein de la foule Tournesol qui inlassablement a arpenté, des mois durant, la ville dite Lumière, désormais livrée, en théorie, à la voracité d’ex-Citydiens co-architectes desdits mécanismes, lesquels, s’ils opteraient probablement, quant à eux, pour le riche éventail de cache-trombine de la pas si Belle Epoque dépeints par Ensor, au milieu desquels la mort déjà s’était glissée, seraient sans doute davantage dans leur élément sous une cagoule de racketteur estampillée « Gotham », paravent du vide magistralement rendu par l’Eric Packer de Cosmopolis, mais, pour l’essentiel, c’est la beauté et la singularité des visages qui, là et ailleurs, s’est donnée à voir à partir d’octobre 2018…

Puisse leur luminosité ne pas sombrer dans la crépusculaire dévastation par l’absurde carnassier qui a emporté certain farceur… Puisse le rire qui les embellit continuer d’en jaillir en ne faisant couler ni sang ni larmes. Et puisse, même dans l’insurrection contre l’odieux, qui, réprimée, tarde à venir, l’Humanité être possible encore…

Catégories : Eclairage cinématographique, Politique / Société | Étiquettes : , , , | Poster un commentaire

Choisir de « renier sa classe » et en tirer bénéfice est un double privilège en soi…

… Et, contrairement à Bernanos, Branco, cet autre fils gavé du lait maternel jusqu’à plus soif, et bien au-delà de la limite d’âge, n’ira jamais en prison pour ses convictions, si à côté de la plaque puissent-elles être dans l’absolu : il est l’Elu…

Dis-moi, Gégé, la brève apparition d’une moustache paternelle sur son visage poupon, c’est le signe que l’Œdipe s’est réalisé ?…

« Mais là où on espérait alors trouver une saine et solide démolition de l’oligarchie française, on se retrouve avec un texte boursouflé et un auteur mégalomane, principalement occupé à casser les jouets de sa jeunesse dorée et à se mettre en scène en petit génie de la République, comme lorsque Juan Branco explique la façon dont il a « auditionné aux côtés d’une future ministre de la culture tétanisée l’ensemble des patrons des chaînes télévisées, négociant un Acte II de l’exception culturelle, tenant la dragée haute à Nonce Paolini, Bertrand Méheut et Rémy Pflimlin » tandis qu’Aurélie Filippetti « inquiète et silencieuse regardait un enfant de vingt-deux ans s’exposer au sommet des tours de TF1, Canal + et France Télévisions ». »

https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/250419/crepuscule-juan-branco-decouvre-la-lune

 « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres »… piaffant d’impatience dans l’attente du crépuscule, destiné à n’engloutir que celles et ceux qui escomptaient quelque lumière…

Gramsci

Concluons en beauté par cette merveille sophistique, dans laquelle les événements d’antan importent bien moins que l’argumentaire présent…

Et déclinons-là à présent, pour le fun et en toute mauvaise foi…

Catégories : Politique / Société | Étiquettes : | Poster un commentaire

« Môa (mais ne parlez pas de Môa…) » : pour en finir avec Juanito « Che » Poupin…

Denis Robert : « je voudrais simplement préciser deux choses à votre attention : les ventes du livre ont quasiment doublé depuis avril, enfin, le livre continue de marcher d’une manière incroyable; ça ne s’essouffle pas. Et Juan Branco est avant tout [un conseiller juridique, un juriste, quoi] de Julian Assange, euh, et le limiter à Maxime Nicolle est, enfin, voilà, c’est pas tout à fait Juan. »

***

La réaction de Saint-Just ne s’est pas fait attendre : « Denis n’aurait pas dû dire ça; je suis extrêmement fier d’être l’avocat de Fly Rider. Là, il a laissé entendre que je m’en serais servi comme d’un marchepied, que j’avais besoin de Maxime pour me profiler en Gilet jaune et atteindre la gloire. Et il suggère une rupture à venir, que rendrait nécessaire le danger que ferait courir à ma réputation de présentateur télé et de futur chroniqueur mainstream (Y a un créneau, je vous le dis, y a un créneau…) l’attitude peu policée dudit manant. Or, je tiens à être très clair : Maxime est ma petite mascotte populo, et il le restera pour les siècles des siècles. On n’en rencontre pas beaucoup, des comme ça, dans les milieux diplomatico-révolutionnaires dans lesquels j’évolue… »

Non, je rigole…

 

N.B. toutefois : je confirme : France Culture a été mise au pas (elle aussi), si tant est qu’elle ne s’y soit mise elle-même…

N.B. 2 : pas envie de me colleter avec des conneries pareilles, où il est dit (anonymement) toute chose et son contraire, où l’appel à marcher au pas s’exprime sans ambage et où « le populaire », cet exotisme, est, en effet, indirectement paré de toutes les vertus, sans que puisse lui être attribué le moindre vice : https://mouvement17novembre.fr/quand-lagasnerie-traite-branco-de-fasciste/

N.B. 3 : Robert, qui, proche de Cavanna naguère, sait, lui, ce que littérature et pamphlet signifient, a également sous-entendu qu’en plus d’avoir pompé Internet pour des sources qu’elle ne cite pas toutes, la star n’aurait pas tout à fait écrit son livre elle-même. Il est sans doute là, le parallèle avec Attali…

N.B. 4 : point d’aigreur dans mon clavier, mais libre à vous de l’y déceler… J’en ai juste marre (mais à un point… !) de l’imposture des confections médiatiques besogneuses…

(le fussent-elles par opposition), surtout si, dénonçant le jupitérisme, elles s’inscrivent elles-mêmes dans sa filiation…

Catégories : Catégorie 0 | Étiquettes : | Poster un commentaire

Interview de Stinkerview…

– Salut.

– Salut.

– T’as trouvé la poule aux œufs d’or, on dirait… Plus d’un million de vues, déjà, pour le fils de petit paysan portugais. Jackpot, mec !

– Heeeey, tope là ! Je suis dans la fabrique de stars alternatives, moi.

– Non, sorry, lui, il s’est construit tout seul, from scratch

– C’est ça, ouais, nique ta mère ! Sans moi, il serait rien. Tu crois que c’est ses 70.000 exemplaires qui ont fait sa notoriété ? Je place mes pions, moi, tu vois, un peu comme à la DGSI, en fait. Et j’ai un carnet d’adresses épais comme celui de Dieu le père. Parfois, je me prends un peu pour lui, d’ailleurs. [rires]

– Y en a certains qui disent qu’en fait, t’acceptes très mal la critique, même constructive. Tout ce qui ne relève pas de la lèche dans les commentaires de tes vidéos serait censuré, les profils bloqués.

– Nan, ça, c’est les petites mains. J’y suis pour rien : on est un collectif. J’en suis que le gourou.

– Sinon, tu te présentes comme un hacker, mais on a rarement entendu parler de tes exploits. T’as une éthique du hacking ?

– Une quoi ? T’sais, j’suis resté un grand adolescent, genre : Why ? Because I can… yeaaah ! J’aime bien me marrer. C’est humain, non ? Double 0 Seven, Sky is ze limit

L’appli Gilets jaunes, c’est toi ?

No comment

– On te dit très beauf aussi. L’autre jour, Stiegler t’a embrouillé comme jamais. T’as compris un seul mot de sa logorrhée ? La fluidité des concepts, tout ça…

– J’suis pas là pour comprendre. Je pose les questions ! Tu connais Krishnamurti ?

– Ah, non, m’embrouille pas avec ça, hein. Et toi ?

– Non, c’était juste pour dire… Je me sentais un peu exclu de la conversation…

– Comment tu t’organises, en fait ? On sent pour chaque invité une préparation minutieuse et ciblée.

– Tu te fous de ma gueule, là ? J’ai vingt fiches standard, une question par fiche…

– Pourtant, ça cartonne chez les djeunz.

– Ouais, c’est un mix d’exigence et d’easy listening. Et c’est te dire à quel point le mainstream est embourbé.

– Même si tu laisses parler tes invités beaucoup plus longtemps – justement – que le mainstream, t’as l’art de sortir ton ego et de les interrompre précisément au beau milieu des développements les plus riches, divertissant leur attention et celle des mateurs. En fait, t’es à la fois bourdieusien et anti-bourdieusien.

– Je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire…

– Il t’arrive d’utiliser tes tools pour menacer quelqu’un ? Prends Usul, par exemple. Après ta vidéo avec la poule, dans laquelle celle-ci avait mis en cause Mediapart à propos de l’influence néfaste qu’y exercerait l’ex-mac, il en avait sorti une à lui dans laquelle il ironisait sur ton professionnalisme dégingandé. Mais, là, dans sa dernière vidéo en date, il te passe la pommade…

– C’est qui, Usul ?

– Cynique ou idéaliste ?

– Cynique à mes heures, idéaliste à mes minutes…

– Tu crains la lumière, comme les vampires ? Y a des trucs à savoir sur toi ?

– Transparent… et lycophile !

– Ok, d’ailleurs, je vois les griffes commencer à s’allonger, là. Je sens qu’il est temps que je me taille. Ben écoute, on s’appelle ?

– C’est ça, ouais…

Kiss kiss

https://yannickbaele.wordpress.com/2017/11/19/beyond-the-black-swan/

Catégories : Politique / Société | Étiquettes : , , , , | Poster un commentaire

« Moi ou le chaos », « Obscurantistes (= Macron + Soral) vs. Progressiste (Branco) : la boucle est bouclée !

Au Centrafrique, Branco se serait contenté d’interroger le gardien d’une mine désaffectée.

https://www.arretsurimages.net/chroniques/initiales-ds/juan-branco-crepuscule-uramin-le-monde-et-nous

Un commentaire, Votre Altesse ?!

« Juan Branco s’approprie le travail des autres, ne source pas suffisamment ses « informations » et prétend révéler ce qui est déjà dans le domaine public. »

https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/250419/crepuscule-juan-branco-decouvre-la-lune?

https://pastebin.com/h4zq1tKw

Un commentaire, Votre Suffisance ?!

O.P.A. agressive sur un combat… Il n’est dans vos écrits récents, Votre Imposture, pas un mot sur la réalité à la source de la mobilisation des Jaunes, que, malgré votre immersion transitoire, vous n’avez jamais eu à connaître et que, bien née, sans doute jamais vous ne connaîtrez, pas un mot sur leurs souffrances, sur l’injustice qu’ils endurent, sur l’absurdité de leur existence, telle qu’enrégimentée par les forces de la Production rentable, pas un mot vulnérable sur la fragile beauté des visages radieusement mis en lumière par quelqu’Artiste égaré, pas un mot sur la belle Humanité partagée de ces « enfants » !

Votre ego boursouflé, votre rancune de favorisé, votre absolutisme purificateur, votre stratégie occulte au service d’un plan de carrière inassumé peut-être, occupent tout l’espace. Comme l’indiquait un commentateur – promptement censuré ! – sous l’un de vos threads Twitter pompeux et de fautes d’orthographe et de grammaire surchargés (Chercheriez-vous, vous qui en avez le loisir, de leurs règles ostensiblement à vous affranchir ?) : « il n‘est pas mégalomane. Il est la mégalomanie », dépourvu d’humour, de toute autocritique, de toute autodérision a fortiori, et de toute poésie, froid, vindicatif et tellement basique…

La guêpe a un besoin irrépressible de la fausse lumière des plateaux de télé. Il lui importe qu’elle soit vue, exposée, qu’on parle d’elle (toujours en bien !), que « le petit-Paris » bruisse des « révolutions qui naîtront » de son « mauvais digest de Gala et du Comité invisible », que de nouveaux bardes lui tressent des couronnes, que l’on conte aux enfants des gueux son héroïque et chevaleresque croisade, qu’il n’y ait plus qu’elle, « [la meilleure] », partout, tout le temps, « y compris dans la catégorie « radicalité » ». Et qu’importe si, eût-il dans le Magnum Opus été question des structures oligarchiques de leurs pays respectifs, les rédactions étrangères qui se sont empressées d’interviewer « le nouveau Saint-Just » (LOL !) y auraient sans doute réfléchi à deux fois : les légions de béni-oui-oui électroniques, en quête de Guide suprême, de Leader charismatique, sont au garde-à-vous, la mire et l’encens à la main…

Aux branleurs et aux imaginaires qui en naîtront…

Catégories : Politique / Société | Étiquettes : | Poster un commentaire

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.