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Why ?

Jay Attali is a very well respected old root. A freemason of the highest possible grade (the kind of which one never really knows whether they mean ‘yes’, ‘no’, ‘perhaps’ or ‘go fuck yourself’ when they answer a question), he was a close counselor to the latest noteworthy French president to date, and has been frolicking along the corridors of power ever since. Yet another liberal hardliner, he advocates drastic cuts in public spending and swears by financial growth as if adoring an improbable god. A deeply convinced European, he nonetheless appears to be unable to conceive our own founding fathers’ project as anything but a mere necessary addition to the North-American empire. A prophet of sorts, he never misses an opportunity to share his deranged wisdom with you and me, the profane

Here’s what he had to say in July 2008, in the midst of the first banking crisis of the XXIst century, about the horizon he was predicting for global democracy in the coming decades… (1)

There will be five steps :

1.       The extension of the American empire;

2.       Its decline, leading to the juxtaposition of 11 regional powers who will share the might, as none will be able to replace [said] empire;

3.       [Financial] markets will be stronger than democracy. The balance existing between markets and democracy within a nation won’t be able to hold in a worldwide environment, since markets have the faculty to globalize and become universal whereas democracy doesn’t. […] AS OF 2030, THE MARKETS WILL BE GLOBAL, AND [POLITICAL] POWER WILL LIE IN THE HANDS OF substitutes to the [nation-]States, which, according to [him], will be the INSURANCE COMPANIES AND THE ENTERTAINMENT INDUSTRY, the latter to mask what will be happening, the former to exert surveillance over all those who see. There will be total chaos, for the markets are efficient but not just, [and this chaos will lead to] an extrapolation of [social] injustice, private armies and absolute disorder.

4.       TOTAL VIOLENCE AND ABSOLUTE WAR, not even between nations but total and extremely brutal.

5.       Either after these hyper-clashes or instead of them, there will be a resurgence of democracy [and care], as the people will understand relationships carry more meaning than possessions, and markets are suicidal as well as destructive for the human species.

 The analogies between this anti-model and the Soviet model are stunning, were it not for the (somehow scheduled) ‘global war’ phase…

Soviet communism (in theory)

Dictatorship of the Proletariat (= the many)

NEW MAN

Grand Soir (= equality between all the people)

Financial corporatism (in practice)

Dictatorship of corporatist finance aka ‘the markets’ (= the few)

Global war / global terror / global atrocities

NEW MAN (Alleluia !)

Grand Soir (= global resurgence of Care)

 

Are we to believe the Mothman prophecies ? If so, are we now entering the first phase of the doom scenario, which would then have two names, or did we skip immediately to the second phase, accelerating the whole process, in which case these two names are but sorry attempts at delaying the worst ?

STOP TAFTA-TTIP !and…

Stop the TPP !Ces deux traités commerciaux en puissance (le premier transatlantique, le second transpacifique), qui ont fait l’objet d’obscures négociations durant de longues années, illustrent la vétusté de l’appareil médiatique traditionnel, qui prétend ne jurer que par les faits et tient bouche cousue lorsqu’il prétend être confronté à des spéculations.

En effet, si leurs premières esquisses, dévoilées par des fuites dont a bénéficié la galaxie Assange, correspondent à la réalité, les paquets législatifs contenus dans lesdits traités auraient un impact sans équivalent sur la vie quotidienne de tout un chacun et sur la structure même des Etats, un impact auquel, évidemment, n’échapperait aucunement une « Europe [municipalisée] dans une économie mondialisée » dès lors qu’ils seraient gravés « pour l’éternité dans la pierre du Berlaymont » (2), siège de la Commission européenne.

Détruire le mur de l'indicible !

Why ?

Certes, il est bien l’un ou l’autre climax passager auquel la presse d’autrefois a fait écho… Ainsi, par exemple, de cette longue diatribe d’un premier ministre finissant, qui affirmait, contre toute évidence, que la culture (comprenez : l’industrie culturelle) serait exclue du package. Mais, pour le solde, cette presse, qui se garde bien d’investiguer, est bien sûr aux ordres, dans les faits.

Pourquoi, en effet, prendrait-elle le risque de marteler des chiffres factuels susceptibles de remettre en cause une cohésion sociale factice ? Pourquoi cesserait-elle de marteler croissance, réformes et autres banalités sans consistance, bref tous ces éléments de langage auxquels, par contrainte, frivolité ou bêtise, elle se cantonne ? Pourquoi éclairerait-elle davantage ses spectateurs, auditeurs ou lecteurs à propos de la crue réalité du cauchemar états-unien, qui se distille notamment dans les faits suivants :

– Entre 1979 et 2001, le pourcent des ménages les plus riches a accru sa fortune, après impôts, de 275 %, tandis que les 60 % des ménages médians n’ont vu progresser la leur que de 40 % (3);

– En 2011 (en pleine ‘crise’, donc), ce 1 % s’est approprié près de 25 % de l’ensemble des revenus, et jusqu’à 40 % de la richesse nationale, et la tendance semble imperturbablement haussière (4) ;

– De 1972 à 2002, le revenu moyen annuel réel des patrons d’entreprises du Top 100, en tendance nettement haussière depuis lors, lui aussi, est passé de 1,3 million de $ (soit 39 fois le salaire d’un travailleur moyen) à 37,5 millions de $ (soit plus de 1000 fois le salaire d’un travailleur ordinaire) (5).

– La dette fédérale des Etats-Unis se chiffre, ce jour, à 17,157 billions de $.

– Le rapport entre le PIB mondial (70,02 billions de $) et la valeur nominale totale des produits dérivés déclarés (632,579 billions de $), à l’origine de la crise bancaire de 2008, est de 1 à 9 (6), et à ces produits dérivés, il convient d’ajouter les produits financiers classiques, estimés en 2010 à 212 billions de $ (7). De manière conservatrice (étant donné que les années de référence ne sont pas les mêmes pour l’ensemble des paramètres), ce phénoménal déséquilibre entre économie réelle et économie purement spéculative peut se visualiser comme suit :

Rapport entre l'économie réelle et l'économie spéculative

Combien de dollars virtuels ont-ils déjà été imprimés sur la planche à billets afin de donner un semblant de contrepoids réel à cette montagne de spéculation, et quelle est la valeur réelle du dollar ?

Pourquoi cette presse de caniveau et d’entertainment (c’est-à-dire de divertissement, donc de diversion) nous indiquerait ou nous rappellerait-elle que, grâce à la suppression du Glass-Steagall Act par le putophile Clinton, le monde entier est désormais suspendu à une corde que la moindre étincelle peut faire s’enflammer ? Pourquoi ne pointe-t-elle pas les responsables, au pouvoir aujourd’hui comme hier ?

Why should we ?

Pourquoi prendrait-elle la peine de traiter ces sujets à la mesure de leurs implications potentielles, à défaut d’analyser les projets de traités en profondeur en les comparant à des projets avortés tels que l’ACTA (8), ou à des partenariats commerciaux concrétisés tels que celui conclu entre l’UE et Singapour, lequel recycle ce qui a pourtant fait l’objet d’un refus catégorique de la part du Parlement européen, à savoir un encadrement réactionnaire d’Internet et de ses utilisateurs ? (9)

Ce sont les mêmes technocrates gratte-papier qui ont pondu tous ces projets imbuvables, tous imprégnés de la même inspiration liberticide, et ce sont les mêmes bénéficiaires (présumés), à savoir le big business du divertissement et, plus largement, la mafia des multinationales, qui s’en réjouissent.

Pourquoi cette presse se fait-elle l’alliée objective de ces derniers ? Si sa mission fondatrice était d’informer, cela se saurait ! Contenir, tromper, déverser, jour après jour, la propagande dominante, exaspérant, au passage, par son insolente fatuité : voilà son rôle ! Ce pseudo-journalisme est un journalisme de classe, qui ne reflète plus que son étroitesse d’esprit, un esprit labouré par des décennies de médiocrité consumériste ! Comme tous les partis aux affaires, il perçoit les peuples comme une menace, et cherche à déterminer en conséquence la temporalité de l’information : ce n’est que si et lorsque les acteurs autorisés de la pièce de théâtre politique choisissent de mettre un sujet à l’avant-plan que celui-ci est relayé par les chiens de garde de la vieille lucarne. Dans ces conditions, plutôt que de la mettre en danger, tout mouvement social résulte d’une stratégie de l’élite : que vaudrait une pièce de théâtre dont les premiers concernés (qui, par un curieux concours de circonstances, se trouvent aussi être des spectateurs) écriraient eux-mêmes le scénario ? Ils ont la représentation pour ça !…

En l’occurrence, cette dernière se compose, en toute logique, d’abrutis du commerce, de dangereux automates de la synarchie rampante, de fonctionnaires plénipotentiaires qui prétendent construire le monde de demain selon Attali. Mais qui sont-ils ? Depuis que la Quadrature du Net a publié leurs noms (10), ils ne sont plus totalement protégés par l’ombre dans laquelle, tels des cafards, ils raffolent de se reproduire. Tous sortent plus ou moins du même moule consanguin, comme l’atteste un rapide survol de leurs CV respectifs. Faut-il s’en étonner ?

Pour les Etats-Unis, c’est un certain Daniel Mullaney qui a la charge de superviser les négociations avec l’Union européenne. Avocat d’affaires à l’origine, Mullaney a été lobbyiste à Bruxelles de 2006 à 2010 (11). Son patron, le ministre du commerce américain, Michael Froman, fut, quant à lui,  directeur de la banque Citigroup et membre du Bureau des Conseillers de Politique européenne (BEPA), sous l’autorité directe du président de la Commission ! Tout un parcours (à capitaliser) !!!

Du côté de l’Union européenne, si toutefois cette expression s’applique encore à un contexte transatlantique dans lequel plus la moindre chatte ne reconnaîtrait ses petits, le négociateur en chef de la première phase du scénario Attali est l’Espagnol Ignacio Garcia Bercero (12), produit du GATT et de l’OMC, qui avait déjà supervisé des traités commerciaux entre l’UE et l’Inde, ou encore la Corée du Sud, et plus récemment le CETA (13), prélude euro-canadien au TTIP / TAFTA, gelé dans l’attente de la double onction électorale espérée (en mai 2014 et en octobre 2015, dates respectives des prochaines élections européennes et fédérales canadiennes). Ou comment subordonner un projet porteur d’un changement radical de société à un plébiscite personnel et partisan, sans le moindre débat public qui vaille…

Ignacio Garcia Bercero, TAFTA-TTIP head negotiator (European commission)A ses côtés, le Bercero, photographié auréolé du sigle de la présidence états-unienne (Tout un symbole !) à l’occasion de la dernière conférence de presse commune en date, il y a quelques jours à peine, peut compter notamment sur des adjoints français, belge et britannique.

Le Français Jean-Marc Trarieux (14) est ainsi responsable du volet ‘agriculture’ desdites négociations, dans le cadre desquelles, son diplôme d’agronome en poche, il pourra, dans la foulée de ses missions de représentation à Washington et à l’OMC, trahir gaillardement les quelques roots qu’il lui reste peut-être, lui qui se targue, tandis qu’il s’apprête à déverser sur le marché européen le flot d’OGM nauséabonds dont l’Outre-Atlantique s’est fait la spécialité, d’être né dans une ferme à bétail du Limousin !

Jean-Marc Trarieux, TATA-TTIP negotiator - Agriculture (European commission)Le Belge Damien Levie (15), responsable, quant à lui, du volet ‘accès des biens et produits au marché’, est à la tête de l’unité USA / Canada de la direction générale ‘commerce’ de la Commission européenne. Il a suivi le parcours si prototypique de tous les premiers de classe européens un peu niais et très obéissants que les Etats-Unis cherchent à récupérer : son diplôme de droit obtenu à l’université de Louvain-la-Flamande, et celui d’économie décroché à Louvain-la-Wallonne, il est allé, à la Chicago Law School, les assortir d’une fanfreluche qui lui vaut sans doute aujourd’hui d’être considéré comme l’un des dignes héritiers des Chicago Boys, ces économistes libéraux extrémistes aux sympathies fascistes, initiés en leur temps par ce cher Milton…

Damien LEVIE, TAFTA-TTIP negotiator - market access for goods (European commission)Quant au Britannique John Clarke (16), qui regroupe dans son portefeuille de bâtard à la fois l’agriculture et la propriété intellectuelle (à des fins identiques d’étiquetage patenté, sans doute), il a lui aussi, par la force des choses, traîné sa savate à l’OMC…

John Alistair Clarke, TAFTA-TTIP negotiator - Agriculture-Intellectual products (European comission)

Why should we care ?

Internet (et, par ce biais, la culture, également), l’agriculture, la santé, l’enseignement peut-être, mais aussi, par la bande au moins, le militaire (17) : autant de domaines dans lesquels ces traités prétendent établir une fois pour toutes (dans l’attente de « l’hyperconflit » ?) des règles auxquelles chacun sera tenu de se tenir, des règles qui n’ont rien du libre commerce puisqu’elles profiteraient avant tout aux mêmes multinationales qui pratiquent l’évasion fiscale à large échelle et aux mêmes trusts bancaires à l’origine des bulles financières successives, des règles qui ont pour but de démolir les acquis sociaux et les protections environnementales, des règles invasives destinées à abolir des droits fondamentaux et à restreindre davantage encore les libertés publiques et privées, des règles totalitaires supposées reléguer les Etats (donc les démocraties) à l’état de pions, et de faire des individus-citoyens de nouveaux esclaves, des « paysans » en somme, comme semble raffoler à les qualifier avec péjoration la détestable caste qui fait (littéralement ?) la pluie et le beau temps au sein de l’Empire.

C’est bien évidemment sur l’apathie générale que misent cette anti-élite dépravée et ses innombrables relais en nos contrées pour imposer l’avènement des « marchés suicidaires et destructeurs de l’espèce humaine », sur les fidèles lecteurs de Point de Vue / Images du Monde ou de Gala, sur les télé-veaux formatés par des experts en manipulation qui pousseraient, à se regarder dans la glace, d’épouvantables cris d’effroi, sur cette jeunesse encore insouciante qui s’agite, en attendant ceux des bombes, sur les beats speedés annonciateurs de son propre sacrifice.

Ce sacrifice d’une génération entière (et de la suivante avec elle), il prendrait plusieurs formes, selon les textes à l’étude. En voici quelques-unes parmi les plus évocatrices…

a/ L’agriculture

Déjà à bout de souffle, les petits agriculteurs idéalistes tels que Pierre Priolet, qui, émus par la charge injuste qu’une société ingrate leur fait porter, s’effondrent en sanglots sur les plateaux de télévision lorsqu’ils ne se suicident pas à un rythme alarmant, loin des caméras, verraient débarquer à présent avec tambour et trompettes l’agrobusiness nord-américain, aux yeux duquel tout scrupule s’efface devant le profit, avec, à la clé, l’extermination des rares abeilles qui auront, jusque-là, résisté aux pesticides nucléarisés.

Saviez-vous qu’il se peut que vous mangiez régulièrement de la viande clonée à votre insu, et qu’aucun étiquetage ad hoc n’est prévu pour vous en informer (18) ? Cette gâterie, c’est à l’incompétence manifeste dont ont fait preuve à la fois les Etats et le Parlement européens, qui ont échoué à s’entendre sur la matière, ainsi qu’à la négligence coupable de la Commission, qui s’est bien abstenue, alors que lui revient l’initiative législative (Un comble !), de proposer une nouvelle loi, que vous la devez…

Saviez-vous que, par ailleurs, dans une configuration semblable, la Commission européenne a décidé de donner, depuis le début de l’année en cours, son agrément à la viande traitée à l’acide (19), une pratique très prisée chez nos voisins d’en-face, en raison de la rentabilité qu’elle induit ? En prenant cette décision, elle se sera bien gardée de donner libre cours à l’influence néfaste des lobbies qui l’assiègent et parviennent à placer un peu partout leurs marionnettes aux multiples casquettes…

Saviez-vous, enfin, que les multinationales des OGM font pression sur la Commission pour limiter au maximum la liste des semences reconnues et autorisées à la vente, sorte de répertoire du vivant végétal sans lequel point de sésame pour le commerce ? (20)

Aux Etats-Unis, Monsanto, l’une de ces multinationales (21), est particulièrement infiltrée au sein du Congrès, et l’un des juges de la Cour suprême (Clarence Thomas), que d’aucuns soupçonnent d’être entièrement acquis à sa cause, en a même été un avocat dans une vie antérieure.

Monsanto 2

En dépit des dénégations répétées mais peu crédibles du fou furieux qui fait actuellement office de commissaire européen au commerce quant à un assouplissement de la législation concernant les OGM, les législateurs états-uniens ont déclaré qu’ils ne soutiendraient aucun accord dont serait exclue la suppression de toutes les barrières commerciales qui empêchent encore, bon an mal an, leur satané agrobusiness d’envahir l’Europe (22).

C’est notamment ce qui a amené la directrice du bureau européen des Amis de la terre, Magda Stoczkiewicz, à déclarer qu’ « il est nécessaire de suivre ces négociations de bien plus près et de faire en sorte que bien plus de gens soient au courant des dangers qu’elles représentent pour les citoyens et pour l’environnement ». (Ibid.)

L’exception culturelle, à travers laquelle la France ne cesse de se tresser des lauriers, ne passerait-elle pas aussi par la table ?…

OGM = fascisme alimentaire

b/ La santé

Dans ce domaine, le grand marché transatlantique a notamment pour ambition de prolonger artificiellement la durée de validité des brevets, ce qui aurait au moins trois conséquences très fâcheuses : primo, une augmentation encore accrue des dividendes aux actionnaires des grands groupes pharmaceutiques, déjà plus que dorlotés, ainsi que des fusions-acquisitions, au détriment de la recherche et de l’élaboration de nouveaux médicaments ; secundo, la relégation des médicaments génériques à l’arrière-plan ; tertio, et par conséquent, l’assurance, pour des personnes déjà fragilisées à l’extrême, de devoir débourser, si le projet se fait traité, des sommes considérables afin de pouvoir survivre. Ainsi de celles atteintes du VIH, au nom desquelles Act Up a lancé, aux côtés de dizaines d’autres associations, un appel clair et net à bannir de telles dispositions de tout accord commercial éventuel (23). On attend toujours dans la rue les milliers de PD et de gouines françaises qui avaient pris la peine de défiler, en début d’année, afin de faire valoir leur confort bourgeois, ainsi que leurs homologues néerlandais, pour qui la vodka russe semble autrement plus importante !

Peasants for plutocracy (by Michael Dal Cerro)c/ Internet

Le traité TTIP – TAFTA supposerait la fin des logiciels libres, la mondialisation d’un HADOPI dont même la France, aujourd’hui, cherche à se débarrasser, la traque mesquine de toute activité considérée suspecte eu égard aux droits d’auteurs, par l’entremise de la gendarmisation des fournisseurs d’accès (Vous avez dit ‘commerce’ ?) et d’immixtions constantes dans la vie privée de la part d’intrus de toutes natures, sous le sceau protecteur de ces lois nouvelles, ainsi que, conséquemment, l’anémie de la créativité électronique.

Ces derniers jours, l’on a ainsi vu un certain David Israelite, industriel du copyright, déplacer les frontières du risible en poussant l’idiotie cupide jusqu’à réclamer la fermeture sine die des principaux sites qui hébergent des paroles de chansons !

d/ l’instauration de nouveaux tribunaux d’arbitrage supra-continentaux

Si se réalise le souhait des négociateurs de la plus grande embrouille législative qui ait jamais été, ce type de tribunaux, d’une nature inédite, où siégeraient, ès qualité de magistrats, des avocats d’affaires, par nature véreux, seraient habilités, outrepassant les législations nationales (et même continentales), à condamner des Etats à compenser, avec l’argent public pour lequel vous avez trimé, des multinationales qui s’estimeraient lésées parce que l’un de leurs deals fumeux n’aurait pu se réaliser en raison d’une non-conformité aux prescriptions sociales ou environnementales (par exemple l’interdiction d’exploiter le gaz de schiste).

La conséquence directe de ce principe inique serait une compétition acharnée entre les Etats, sur le mode de la compétition fiscale, pour réduire au strict minimum les principes qui fondent notre bien-être commun et garantissent notre sécurité face à des prédateurs qu’aucun désastre social, aucune pollution, ne fait reculer.

Why should we care about your economy ?

Car, contrairement à ce que ses apôtres voudraient nous faire croire à longueur de propagande, c’est bien dans le nivellement par le bas que réside l’essence du capital-corporatisme, porté tel un noir étendard par tous les imposteurs du commerce vicié qui a l’audace de se prétendre libre et non faussé, au premier rang desquels la clique bien connue de commissaires imbus de leur personne, qui mérite de voir, pour cause d’abus de pouvoir illégitime répétés, ses prérogatives détricotées les unes après les autres au bénéfice d’un Parlement digne de ce nom !!!

Comme l’indiquait un rapport publié en mars 2012 par la Confédération européenne des Syndicats  (CES), « le discours européen qui soutient que la nouvelle croissance post-crise permettra de résoudre le phénomène [prétendument] temporaire de creusement des inégalités [est erroné]. Le lien entre croissance et égalité s’est rompu et la marée ne monte plus pour tous. Il n’y aura [par conséquent] pas de sortie de crise durable sans réduction des inégalités sociales. [Dès lors], les remèdes politiques doivent désormais se porter sur la redistribution et la ‘déconcentration’ des richesses. » (24)

Plus tôt les vrais profiteurs du système l’auront compris, mieux ils éviteront le clash des titans, si tant est que tel soit leur objectif…

Article 35 de la DDHC de 1793

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(1) In Ce Soir ou jamais, 07/11/08, France 5 / to be watched here : http://www.youtube.com/watch?v=2Zliehv1ncU

(2) Source : Le Monde, 25 mars 2005

Les propos ici relatés se rapportaient à la fameuse directive ‘Services’ pondue par la même Commission européenne au début des années 2000. Les citer dans le cadre de cet article ne trahit pas leur intention dès lors qu’ils furent tenus par un autre tenant bon teint du capital-corporatisme, qui souscrit pleinement, par ailleurs, à la dictature de la finance dont relèvent les projets de traités mentionnés.

Texte et commentaires ici : http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2010/11/20/hasta-la-evolucion-siempre/

(3) Office du Budget du Congrès US, Tendances dans la distribution du revenu des ménages, 1979 – 2007, octobre 2011

(4) Source : Joseph E. Stiglitz (prix Nobel d’Economie 2001), Of the 1 %, by the 1 %, for the 1 %, in Vanity Fair, mai 2011

http://www.vanityfair.com/society/features/2011/05/top-one-percent-201105?currentPage=all

(5) Source : Paul Krugman (prix Nobel d’Economie 2008), For Richer, in New York Times, 20 octobre 2002

http://www.nytimes.com/2002/10/20/magazine/for-richer.html?pagewanted=all&src=pm

LIRE AUSSI l’étude statistique de la répartition des revenus aux Etats-Unis établie en 2013 par Piketty et Saez, dont rend compte l’article suivant : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/07/15/liberte-de-croissance-le-nouveau-paradigme/

(6) Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/632-579-milliards-dollars-epee-damocles-qui-pese-marches-mondiaux-eberhardt-unger-776221.html#FfEr2B4xHzwI2awE.99

(7) Source : http://www.mckinsey.com/insights/global_capital_markets/mapping_global_capital_markets_2011

(8) Lire, à ce propos, cet article précédent : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/06/09/acta-ou-comment-le-monde-cherche-a-sunir-contre-les-internautes/

LIRE AUSSI l’article suivant du Guardian, relatif à un document de travail des négociateurs du TPP (traité transpacifique) qu’est parvenu à se procurer Wikileaks : http://www.theguardian.com/media/2013/nov/13/wikileaks-trans-pacific-partnership-chapter-secret

(9) Source : http://www.laquadrature.net/en/tafta-down-with-anti-democratic-us-eu-negotiations

(10) La liste de leurs noms peut être consultée ici : http://www.laquadrature.net/wiki/TAFTA_negotiators

(11) Source : http://www.ustr.gov/about-us/biographies-key-officials/daniel-mullaney-austr

(12) Le CV résumé de l’intéressé est disponible ici : http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2013/july/tradoc_151669.pdf

(13) Lire : http://www.theglobeandmail.com/news/politics/eu-harper/article14924915/

(14) CV résumé de Trarieux ici : http://www.hagstromreport.com/2012news_files/2012_1119_trarieux.html

(15) CV résumé de Levie ici : http://www.regonline.co.uk/builder/site/Default.aspx?EventId=1184066

(16) CV résumé de Clarke ici : http://www.europolitics.info/institutions/john-a-clarke-commission-art351409-36.html

(17) Lire : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/21/le-futur-de-l-otan-est-europeen_1703899_3232.html

Selon de nombreux spécialistes de la géopolitique, le but premier des traités TPP et TTIP – TAFTA est d’isoler la Chine, en la privant de sa zone d’influence, ce qui ne pourrait manquer de provoquer, à terme, le plus grand affrontement dans l’histoire de l’humanité.

(18) Source : http://www.liberation.fr/monde/2011/03/29/l-europe-echoue-a-trouver-un-accord-pour-interdire-la-viande-clonee_725339

(19) Source : http://www.europe1.fr/Economie/L-UE-autorise-la-viande-traitee-a-l-acide-1403641/

(20) Source : http://www.rtbf.be/info/dossier/toute-l-info-europeenne-de-la-rtbf/detail_aujourd-hui-en-europe-la-commission-europeenne-veut-reglementer-le-commerce-des-semences-des-plantes?id=8023835

(21) A propos de ladite multinationale, intimement connectée au sous-empire Gates, il est impératif que vous lisiez d’urgence le suivant article précédent : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/02/12/gratia-solis-generositatis-omnibus-fingit/

(22) Source : http://www.independent.ie/business/eu-and-us-negotiators-say-trade-deal-wont-pander-to-big-business-29758186.html

(23) Lire : http://www.eff.org/deeplinks/2013/03/transatlantic-declaration-leave-copyright-patent-issues-out-tafta

(24) Lire : http://www.etui.org/fr/Actualites/Les-inegalites-sociales-s-aggravent-dans-l-Union-europeenne

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Rectification du 6 octobre 2018 : une version précédente de cet article attribuait à Barack Obama la nomination à la Cour suprême des Etats-Unis du juge Clarence Thomas, ainsi qu’une proximité avec ledit juge sur certains sujets. Or, c’est George H.W. Bush qui, en octobre 1991, a procédé à ladite nomination, validée par un Sénat à majorité démocrate. Non sans retard, cette erreur grossière a donc été corrigée.

***

(ajout du 21 mars 2015)

Bœuf aux hormones, poulet chloé, invasion d’OGM : en attendant TAFTA, le Petit Prince a déjà les pralines gonflées…

http://www.sudinfo.be/890468/article/actualite/belgique/2013-12-27/le-prince-emmanuel-consulte-un-psychotherapeute

Si l’Etat abdique aussi son rôle primordial de veille sanitaire des produits alimentaires que nous consommons tous, il ne lui reste décidément plus grande raison d’être.

I know what you’re thinking about : horsemeat lasagna, right ? Pensez de nouveau !

Il y a peu, la presse belge a fait ses choux gras des visites régulières du prince Manu chez le psy. Troubles de l’attention, hyperactivité, mains qui gigotent ? Vu son âge, on refuse de croire à l’option Sean-Gustave…

Si l’hyperactivité est bien l’origine de son blème, l’explication pourrait être beaucoup plus pragmatique : le chocolatier-confiseur Corné Port-Royal, fournisseur breveté de la Cour de Belgique…

Examinons sans plus attendre les ingrédients de l’un des produits phares de la maison :

Corné Port-Royal Ballotin Chocolat Noir 470 g, 36 pralines

Sucre, pâte de cacao, amandes, noisettes, beurre de cacao, matière grasse laitière anhydre, sirop de glucose, graisse végétale, lait entier en poudre, eau, stabilisant : sorbitol, amandes grillées, noix, lait écrémé en poudre, stabilisateur: sirop de sorbitol E420(ii), farine de riz, lait condensé, pâte de pistache, émulsifiant: lécithine de soja (E322), cacao maigre en poudre, pistache, sirop de sucre inverti, farine de blé, sucre inverti, miel, café, glucose, arôme: pistache, arôme naturel: vanille, sirop de fructose, écorces d’orange, arôme: vanilline, alcool (0,02%), émulsifiant: mono- et diglycérides d’acides gras (E471), conservateur: acide sorbique (E200), stabilisant: E1103, conservateur: sorbate de potassium (E202), sel, arôme naturel: caramel, farine de malt (blé), arôme naturel: pistache, crème, pistaches, arôme naturel: bergamote, huile végétale, blanc d’œuf, dextrose, arôme naturel: orange, vanille naturelle, colorant naturel: E141, beurre d’Isigny, cerneaux de noix, arôme naturel: citron, farine de malt (orge), colorant vert naturel, gomme de xanthane (E415), colorants: E102*,E110*(*peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants), colorant: E171, émulsifiant: sucroesters acides gras E473
http://www.corneportroyal.com/fr/ballotin-chocolat-noir-470-g/chocolat-produit-france.htm

Si rien ne vous étonne, c’est parce que vous en êtes encore à croire que les industriels vous veulent du bien, et que l’Etat est là pour les mater. Heureusement, sur Mediapart, Jo la Moustache, qui vient de publier tout un bouquin consacré à la malbouffe, vient de tirer la sonnette d’alarme.

Un colorant, le E471, comme indiqué dans la liste des ingrédients ci-dessus ?

« Le dioxyde de titane est peut-être cancérogène.
Le dioxyde de titane peut être produit sous forme de nano-particules / nanomatériaux.
• Peut-être cancérogène
• Peut-être produit sous forme de nano-particules »

http://fr.openfoodfacts.org/additif/e171-oxyde-de-titane

Quant au E102,

« La tartrazine est un additif qui présente beaucoup de risques.
• Risque élevé d’allergie chez les personnes sensibles, les enfants, les asthmatiques et les personnes allergiques à l’aspirine
• Troubles de l’attention et hyperactivité chez les enfants, en particulier quand la tartrazine est associée aux benzoates (E210 à E215) »

http://fr.openfoodfacts.org/additif/e102-tartrazine

La liste complète des additifs utilisés dans notre alimentation industrielle peut être consultée ici :

http://fr.openfoodfacts.org/additifs

Dans ce contexte, Paul de Bocuse, Pierre de Romeyer et les autres sont-ils complices ou résistants ?

CONTRE TRICATEL, TOUS AVEC LE P’TIT PRINCE !

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La fin nécessaire de l’anti-modèle anglo-saxon !

Lorsqu’un enfant est pris la main dans le pot de confiture, il risque peut-être de se voir privé de dessert, mais il est sûr qu’il la jouera profil bas. Il n’a pourtant, ce faisant, violé aucune loi, se contentant d’enfreindre une certaine bienséance, une certaine moralité. Lorsque de gigantesques corporations sont prises la main dans le sac, elles se permettent, au contraire, de donner des leçons…

En parallèle à la mafia bancaire, KPMG, E & Y, PWC et Deloitte, les Big Four de l’audit d’entreprise,  illustrent parfaitement ce renversement éthique. C’est le dernier de ces parasites corporatistes que je m’apprête à éradiquer par le verbe.

En avril 2009, tandis que les membres du Grand Vain, tonitruaient à qui mieux mieux que l’ère des paradis fiscaux touchait à sa fin, le premier ministre du Luxembourg, aujourd’hui en ballotage, face au tir nourri dont son pays faisait, parmi d’autres, principalement européens, l’objet, renvoyait la balle outre-Atlantique : « Delaware, Delaware, est-ce que j’ai une gueule de Delaware ? »… (1)

Le Delaware, cet Etat minuscule des Etats-Unis, n’a jamais vu, en effet, ses politiques de dumping fiscal mises en cause durant ce débat. Il y a échappé au nom d’une conception du fédéralisme selon laquelle le président des Etats-Unis, quand bien même il souhaiterait agir (ce qui reste à démontrer), est, en vertu du principe de subsidiarité, littéralement impuissant face aux législations qui dépendent des Etats. Or, de larges pans de la fiscalité dépendent de telles législations.

Quatre ans après la grand-messe des chefs d’Etat qui ont la plus longue, les mêmes ou presque ont décidé d’automatiser l’échange de données bancaires relatives à des ressortissants ou des entreprises qui possèdent des comptes bancaires ou des avoirs à l’étranger (2). En optant pour ce compromis boiteux, ils ont nolens volens fourni à des entités telles que le Delaware un blanc-seing pour poursuivre leurs activités nuisibles. Gageons, en effet, que ce n’est pas pour rien que « plus de 50 % de toutes les entreprises cotées des Etats-Unis, en ce compris 64 % [des 500 entreprises aux revenus les plus élevés] ont choisi le Delaware comme siège social » (3), la plupart d’entre elles s’y servant de sociétés-écrans (4).

Si l’on inclut aux paradis fiscaux offshore et autres tax havens bien connus ce type de détournement de fonds organisé, toléré, voire promu par certains Etats en leur sein même, ce seraient environ, blanchiment d’argent sale y compris, 20 billions de $ qui échapperaient à l’impôt au niveau mondial ! (Ibid.) Vous avez dit dettes souveraines ?…

Entre autres avantages et privilèges, l’Etat où Deloitte et toutes ses entités ont élu domicile offre à ses résidents corporate la certitude d’un impôt local nul, d’importants aménagements législatifs qui permettent notamment la mainmise d’un petit groupe d’investisseurs sur une entreprise de la taille d’une corporation (3), ainsi que, paraît-il, un système judiciaire largement favorable à la loi du plus fort.

Dans une interview prototypique de la minable et basique anti-culture de la gagne, l’actuel président dudit conglomérat, un certain B. Salzberg, enjoint à ses employés  « d’être conscients des dynamiques à l’œuvre au sein des pouvoirs publics, tout en s’abstenant d’entrer dans le jeu eux-mêmes. Regardez cela de haut », ajoute-t-il, « restez fidèles à vos valeurs et conformez-vous aux plus hauts standards éthiques. » (5)

N’étaient cette hypocrite référence aux valeurs, qui résonne fort outre-Quiévrain, et la mention de l’éthique dans le chef d’une multinationale prédatrice, voilà qui résume parfaitement, en effet, l’opportunisme de la mafia corporatiste : le business, supposé dénué d’idéologie, est au-dessus de tout.

Le CEO de la filiale belge de la boîte, un certain R. Vanpeteghem, l’a bien compris, qui a envoyé au feu ces jours derniers, deux de ses lieutenants afin de pleurnicher sur l’abrogation possible de tout ou partie des intérêts notionnels, ces cadeaux fiscaux faits aux multinationales qui s’implantent en Belgique, n’y paient aucun impôt mais auxquelles le peuple devrait être reconnaissant qu’elles autorisent une partie de la main d’œuvre disponible sur le satané marché de l’emploi à s’y faire exploiter, avant de se faire allègrement renvoyer parce le pays d’à côté propose des conditions encore plus alléchantes…

ARCELOR MITTAL  > Taux d’imposition 2011 : 0 % > RISTOURNE : 474.062.269 €

« Il faut diminuer les dépenses de l’Etat. »

GDF SUEZ > Taux d’imposition 2011 : 0,19 % > RISTOURNE : 251.969.263 €

« Si nous réduisons le montant des allocations de chômage, c’est pour garantir la viabilité de la sécu. »

EXXONMOBIL > Taux d’imposition 2011 : 0 % > RISTOURNE : 1.417.485.847 €

« Nous ne pourrons assurer la subsistance de notre modèle de pensions qu’en augmentant l’âge de la retraite. »

La liste presque complète de ces cadeaux fiscaux aux plus grosses entreprises, qui organisent la faillite de l’Etat, est disponible dans cet article antérieur : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/09/28/stop-a-lassistanat-aux-entreprises-en-belgique/

Lire aussi :

https://yannickbaele.wordpress.com/2013/04/04/offshore-leaks-nouvelle-tempete-dans-un-verre-deau/

« [La Belgique] ne peut pas simplement supprimer tous les régimes de faveur […]. Il se trouve que la réalité européenne répond à une logique de concurrence fiscale », chiale P. Vandendriessche, l’un de ces mercenaires de Deloitte Belgium, dans une très récente interview à un quotidien flamand (6). Et d’avertir, à la manière de la grognasse du MEDEF, qui avait appelé les entreprises à quitter la France au cas où l’impôt augmenterait : si le taux effectif d’imposition des multinationales étrangères dépasse 5 ou 6 %, ces dernières « iront ailleurs, et il nous restera 0 % de revenus ».

Le clown a parlé ! Et peu lui chaut que la confiture dégouline de ses mains ! Et peu lui chaut que presque partout en Europe les sales gosses de son calibre soient en train de nous préparer le grand retour de l’immonde ! N’appartient-il pas, en effet, aux winners de Deloitte de rester au-dessus de la mêlée politique, ou, au moins, d’en donner les apparences ? Libéraux, fascistes, socialos, e tutti quanti : tout est bon à prendre ! Quand le business va, tout va !

Pourtant, « LA CIVILISATION ne fonctionne que si ceux qui jouissent de ses bénéfices sont prêts à payer leur part de ses coûts. C’est pour cette raison que les individus et les entreprises qui éludent l’impôt sont impopulaires lorsque la situation économique est à son mieux; il n’est donc pas surprenant que lorsque les gouvernements et les individus sont à la ramasse pour payer leurs factures, les flèches se dirigent vers les paradis fiscaux et ceux qui en font usage. »

Ce n’est pas moi qui l’écris, mais The Economist  !!! (4)

___________

(1) Source : http://www.lefigaro.fr/impots/2009/04/02/05003-20090402ARTFIG00513-l-etat-du-delaware-le-paradis-fiscal-americain-qui-irrite-le-luxembourg-.php

(2) Source : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/890346-g8-la-fin-des-paradis-fiscaux-ce-n-est-pas-pour-demain.html

(3) Source : http://www.corp.delaware.gov/aboutagency.shtml

(4) Source : http://www.economist.com/news/leaders/21571873-how-stop-companies-and-people-dodging-tax-delaware-well-grand-cayman-missing-20

(5) Source : http://www.linkedin.com/today/post/article/20130809162901-27058877-does-your-company-culture-resemble-jungle-warfare?id=careers

(6) Lire : http://www.standaard.be/cnt/dmf20131028_00813175

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Liberté de croissance : le nouveau paradigme…

Une fois de plus devient coutume, je vais m’intéresser à un mot, un mot de gauche et un mot gauche, un mot teinté de progressisme qui cherche à exprimer un projet nouveau qui repose sur une nécessité impérieuse mais ne parvient pas à s’affranchir de ce à quoi ce projet s’oppose, ni à susciter l’engouement général dont dépend sa réussite sociopolitique. Ce mot, c’est la décroissance…

Parmi les ‘dés’, rares sont ceux qui illuminent d’espérance, dès lors que la plupart sont dérivés de la particule latine ‘de’, qui « marque la séparation, l’éloignement d’un objet avec lequel il y avait contact, union, association » (1), elle-même très proche de ‘di(s)’, qui, lorsqu’elle ne désigne pas le dieu des enfers, « marque le plus souvent la division, la séparation, la distinction, la négation » (2), le renversement antithétique, concret ou figuré, faisant pivoter le sens d’une racine sur lui-même, encore que, parfois, les deux significations s’avèrent très semblables, sinon rigoureusement identiques (par exemples, les verbes nudare et denudare > mettre à nu, pendere et dependere, être suspendu, ou encore torquere > tordre et distorquere [subst. distorsio] > distordre, mais aussi le substantif delirium > délire, alors que le verbe lirare signifie déjà, entre autres, être fou, divaguer).

Et si ce qui précède vous a fait perdre votre latin ou vous a donné l’impression d’être confronté(e) à une démence (dementia) passagère du rédacteur, notion hautement tendancieuse qui pourrait être la petite-cousine renversée de la mesure (mensa), subjective elle aussi, rassurez-vous : il ne s’agissait que d’une introduction discursive…

Au nombre de ces mots contraires, aux préfixes privatifs, il y a certes le désir (dont le ‘dé’ paraît distinct), la découverte et la délivrance, mais il y a surtout la dépendance, le dénuement et – nous y sommes ! – la décroissance…

Dans le cas de ce dernier, dont les implications auraient laissé les Latins bouche bée, sauf, peut-être, juste avant le déclin de l’Empire, mais dont la construction respecte les règles de l’art étymologique, le ‘dé’, s’il remplit parfaitement son rôle, assume aussi celui de croque-mitaine, baigné dans l’humeur moderne des anti-guerre et des objecteurs divers, qui, hier, avant de subir eux aussi un retournement, se nommaient juste pacifistes et libertaires, anars pour les plus indociles.

Or, comment faire saliver les masses avec un projet dont la dénomination est, dans l’absolu, l’antithèse même de la raison d’être (et d’espérer) de l’homme et de la femme : grandir en toutes choses, chacun(e) à sa façon et selon ses affinités ? Paul Ariès et les autres théoriciens de la décroissance ne sont pas idiots : cette objection, ils la connaissent. C’est pourquoi ils insistent sur la croissance des liens au détriment de celle des biens, sur le bien-vivre plutôt que sur le vivre-grassement. Et que l’avenir leur donne raison ou non, que se produise enfin l’amorce d’une juste répartition des richesses, au niveau mondial comme entre les diverses classes sociales de chaque nation, dont le revenu de base inconditionnel (ou allocation universelle) doit être l’axiome, ou que – comme c’est à prévoir et comme le laissent déjà supposer des stratégies militaires dont l’objectif premier est de protéger le patrimoine des plus riches parmi les plus riches – le narcissisme égoïste et vil qui caractérise la nouvelle aristocratie, dont un milliardaire plus machiavélique que les autres déclarait il y a peu qu’elle était en train de gagner la lutte des classes (class warfare), se poursuive indistinctement, au risque d’une dernière confrontation massive qui veillerait à répartir en décimant, ils ont raison !

Evolution de la part cumulée des 10 % d'individus les plus riches dans le revenu total des Etats-Unis

Répartition de la richesse mondiale

Mais ils ne sont pas à l’abri du paradoxe, car si leur objectif est de rendre à la vie toute sa superbe et d’assurer à l’humain son épanouissement le plus complet et le plus noble en contestant à la croissance le monopole du modèle économique, la dénomination qu’ils ont retenue pour leur mouvement ne dénie pas à l’économie sa place de grand pilier central autour duquel gravitent, dans un Midnight Express occidentalisé, les armées de zombies travailleurs.

Cette dénomination, elle n’est parlante que pour les convaincus, qui la conçoivent holistique, mais laisse perplexe la classe moyenne inférieure, qui n’a pas encore, Le juste prix aidant,  abandonné tout rêve d’Euromillions, et, bien entendu, irrite les cadres moyens, avides d’heures sup’ et désireux de prouver qu’ils en ont où il faut.

Moyennant une reformulation de son cri de ralliement héraldique et un marketing plus adéquat – il faut ce qu’il faut, par les temps qui courent –, le projet serait peut-être à même de faire davantage de nouveaux émules. Encore faut-il pour cela à son avant-garde préciser quel contenu précis elle entend lui donner…

En effet, je ne suspecte pas Paul Ariès de nostalgie pour les soviets, mais lorsque je l’entends, sur le plateau du Grand Soir (ou nunca), déclamer en crescendo, sous forme de litanie aboyée, sa longue liste d’abus consuméristes et qu’y figure en bonne place, dans la catégorie des occupations outrageusement énergivores, le nombre de clics sur les ordinateurs (de consultations de pages internet, pour être précis), j’en viens à me demander si nous parlons bel et bien de la même problématique et si ses envolées passionnées sont réellement destinées à persuader le plus grand nombre, ce dont il se défend certes, mais qui n’en est pas moins la condition de croissance de tout mouvement qui se veut d’envergure s’il a pour ambition de fonder une alternative apte à répondre aux colossaux défis posés et ne souhaite pas être réduit à l’état de énième secte de gauche, destinée, celle-ci, aux bobos bienheureux obsédés par l’empreinte carbone du citoyen de base, et aux franciscains miséricordieux résolus à l’ascèse.

J’ai bien compris que la question que posent Ariès et d’autres est celle de la seule possibilité, pour des groupes d’individus, de se dégager de l’oppression d’un système économique monolithique et dogmatique, mais une addition de petits projets non coordonnés peut-elle aboutir à remettre réellement en question celui-ci ou n’est-elle, elle-même vectrice d’égocentrisme, qu’un agrégat de leurres supposés vivre le temps qu’ont vécu les communautés soixante-huitardes, auxquelles je réitère cependant une fois encore mon sincère attachement ?

Dans la négative, je suis logiquement amené à me poser la question constitutive de la nature (ou de l’absence) de leadership au sein d’une nouvelle utopie de masse, de prime abord humaniste : y serait-il derechef question d’un dirigisme élaboré alternativement dans d’obscures arrière-salles de bâtiments lugubres et dans de confortables datchas de bord de mer, ou d’une ressuscitation de l’anarcho-syndicalisme combattu tant par les Untermenschen fascistes que par les ordures staliniennes ? Qui établirait ce qui relève de la croissance économique, et selon quels critères ? Système pour triompher du système ou coordination asystémique ? Et la singularité y serait-elle reconnue et respectée ?

Dans un article antérieur consacré au capital-corporatisme,  je faisais d’un libéralisme bâti sur les PME, conçu comme un entrelacs coopératif mondialisé, l’un des piliers d’une société réinventée, débarrassée à la fois des pratiques de coteries tutélaires du sommet et de la concurrence factice au sein de la base. Qu’une telle société repose sur plusieurs piliers constitue en effet le gage de la diversité réelle que conspuent à la fois les totalitarismes et le capital-corporatisme. Le projet porté par le terme bancal de décroissance en constitue, quant à lui, le pilier libertaire, localisé économiquement mais tout aussi ouvert sur le monde, en esprit.

Et si, au fond, au lieu de décroissance, c’était subconsciemment le mot ‘démocratie’ et la réalité qui l’accompagne que nous désirions…

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(1) Cf. Dico Gaffiot : http://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=dis

(2) http://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=de

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Concentration

Cela semble farfelu, mais imaginez que quelqu’un vous demande quel est, selon vous, le mot qui résume le mieux les cent dernières années. Que lui répondriez-vous ? Même s’il pourrait y en avoir d’autres, qui m’échappent pour l’instant, la réponse me semble claire, en ce qui me concerne : concentration…

L’adjectif ‘grande’ accolé au premier conflit mondial qu’a enfanté le siècle dernier souligne à la fois la concentration inédite de moyens mis au service de la destruction des ennemis respectifs et l’accumulation nauséeuse de cadavres que cette logique (car c’est bien de logique qu’il était question) a engendrée. Versailles et la béatitude de Chamberlain et Daladier, motivée par une concentration de capitaux occidentaux antisoviétiques, principalement britanniques et nord-américains, quant aux causes, Hiroshima et son double, quant aux conséquences, ont veillé, dans cette perspective, à rendre ‘40/’45 plus grand encore dans la concentration et la consécration de l’ignominieux, les camps en ayant constitué l’abjecte exaltation post-humaine.

Nonobstant les empires et les monarchies du temps jadis, jamais sans doute, pas même dans l’Antiquité, la concentration de pouvoir n’a été telle qu’elle ne le fut entre les mains du sosie moustachu d’un certain Charlie Chaplin, entre celles du tout aussi moustachu « petit père des peuples », ni même entre celles des auteurs de l’infâme double agression nucléaire originelle. Durant toute la période de la guerre froide, en outre, le sésame nucléaire a concentré les destinées de la planète entre les mains de ses seuls détenteurs.

Depuis que la finance s’est, au milieu des années ’80, sous l’impulsion d’un acteur hollywoodien nommé par un conglomérat à la tête d’une concentration de capitaux avide d’étendre davantage encore son influence, délestée des chaînes de la raison et de la sagesse qui en limitaient la portée socialement destructrice, la concentration de capitaux n’a cessé de s’accentuer, battant des records depuis l’année 2001 (lire l’article chronologiquement précédent).

Ainsi, une étude détaillée de l’université des Nations-Unies, publiée en 2008, souligne d’une part qu’en 2000 déjà, les 2 % les plus riches des Terriens possédaient 50 % des richesses des ménages au niveau mondial, les 5 % les plus riches en détenaient 71 %, et les 10 % les plus riches en recelaient 85 %, tandis que la somme des avoirs de la moitié défavorisée de la population mondiale se limitait à un seul maigre pourcent (1) ! L’étude indique par ailleurs qu’en termes géographiques, l’Amérique du Nord recelait, en 2000, 34 % des richesses mondiales, l’Europe, dont la population est plus de deux fois plus importante que celle de ses vis-à-vis d’outre-Atlantique 30 %, et la frange la plus prospère de l’Asie-Pacifique 24 %, n’en laissant au reste du monde que 12 % (2). Nouveaux exemples en chaîne de concentration sans précédent à cette échelle, qui n’ont fait que s’accentuer et s’accélérer depuis…

Deux mille un fut, dans un autre registre, l’année du coup d’envoi d’une concentration sans pareille du contrôle et de la surveillance des citoyens, qui cherche aujourd’hui son apogée tant dans la coordination de législations nationales pernicieuses qui assurent aux services secrets une concentration de pouvoirs inégalée dans l’histoire (même sous ses pires heures), que dans la conclusion espérée de batteries de liberticides traités de libre-échange (ACTA, etc.). La mondialisation, prétendument garante d’ouverture, n’est en fait que le contexte qui vise, de manière de plus en plus assumée, à garantir à quelques-uns une concentration du pouvoir politique corporatiste et des devises plus nombreuses encore, y compris dans des domaines publics aussi vitaux que les ressources aquatiques. Pour que cette stratégie porte ses fruits, il est non seulement indiqué, pour ses zélateurs, de concentrer le pouvoir médiatique, porteur de la nouvelle bonne parole, de la pensée concentrée et de la propagande concertée, mais aussi de promouvoir l’architecture sociale des réseaux, dans l’absolu vecteurs népotiques de concentration des savoirs par excellence.

Au niveau individuel, le stress glorifié ouvertement comme méthode de gestion, et le détournement médiatico-politique du sens des big bangs intérieurs successifs supposés rappeler à chaque individu, au moins dans le monde dit civilisé, son appartenance à un éther commun, visent, en revanche, à empêcher la seule concentration salutaire, celle qui, faisant fi de la colère émotionnelle (qui se disperse dans le soulagement immédiat), peut seule dessiner les voies intellectuelles et spirituelles susceptibles de permettre à l’humanité de se défaire de la concentration, son principal péril…

Parce qu’Internet peut être, en théorie, à large échelle, l’une de ces voies et que le système concentrationnaire a bien mesuré le potentiel subversif dévastateur que contient l’anti-concentration dont il est le vecteur, ce réseau-là qui, dans la mesure où il est (largement) public, échappe à la logique des réseaux habituelle, est devenu, derrière l’écran des accolades amicales, des sourires convenus et des discours de charlatans, la cible toute choisie de la Réaction.

La Réaction, c’est la concentration, l’organisation, sur le mode religieux, du monopole de quelques-uns. Or, le monopole est une notion d’essence totalitaire dans laquelle ni le libéralisme, ni le progressisme ne trouve son compte. Mais il se trouve que, pour l’heure, un énorme concentré de bêtise, de conformisme panurgique, d’égoïsme consumériste, de lassitude et d’autocensure lui sert d’adjuvant passif. C’est à transformer ce concentré que devra s’atteler l’esprit, par la concentration, si au mouvement de concentration nous souhaitons mettre un terme, fût-il provisoire. Et il est dans notre intérêt de ne pas perdre de temps, car la moissonneuse-batteuse concentrationnaire n’attend pas…

>>> http://www.veoh.com/watch/v199571086tMbhgkd?h1=The+Masque+of+the+Red+Death+%281964%29

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(1)   Source : UNU-WIDER, World Distribution of Household Wealth, 2008, p. 9

(2)   Ibid., pp. 13 – 14

 

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Kibboutz versus Traité de libre-échange transatlantique : voilà le choix !

Je pense que j’aurais beaucoup apprécié de vivre en communauté, l’une de ces communautés qui ont fleuri en certains coins d’Europe et des Etats-Unis au crépuscule des années soixante et à l’aube des seventies. Ce n’était pas la réclusion qui y était la règle, mais, bien au contraire, l’ouverture sur le monde au départ du vécu humain, le partage et l’élaboration, entre adultes égaux, d’un projet de vie commun autosuffisant.

En 1993, de passage à Moscou et Saint-Pet, j’ai visité un kolkhoze, c’est-à-dire un marché de produits d’agriculture artisanaux issus de coopératives de production. Kolkhoze est l’un de ces mots-repoussoirs mis en avant de nos jours par ceux qui continuent, par facilité intellectuelle et parce qu’ils sont restés figés eux-mêmes dans la logique de la guerre froide, de promouvoir la Nouvelle Internationale esclavagiste (c’est-à-dire le capitalisme des mégacorporations) non pas pour ses vertus propres – il n’en a pas ! – mais par opposition, par négativité en somme : le capital-corporatisme, c’est bien puisque le communisme, c’est mal, tel est leur moto.

Ceux, pourtant, qui demeurent convaincus, aujourd’hui plus que jamais, que la mise en commun des ressources est, en combinaison avec la promotion de choix individuels réels (qui ne se limitent pas à l’identité des marques des produits qu’ils achètent) affranchis du paternalisme tutélaire qui a fait les beaux jours (comme les moins glorieux) des sociétés classiques, la voie du salut de l’Humanité ont depuis belle lurette, en revanche, mis à l’index les vieilles lunes totalitaires dont les propagandistes susévoqués, souvent convertis de la dernière heure – ce sont ceux-là, bien sûr, qui ont le plus à prouver à leurs nouveaux maîtres, et font donc étalage du plus grand excès rhétorique, du plus grand fanatisme capitaliste – perpétuent à dessein et par tromperie caractérisée le feu follet. Car, que diable, quelle est la différence fondamentale, de structure et d’inspiration, entre le kolkhoze et les communautés hippies, voire même les kibboutzim (la controverse de l’occupation territoriale en moins) et toutes les initiatives contemporaines de centrales d’achat locales communes qui unifient les petits consommateurs – la logorrhée technocratique ayant banni par ailleurs le terme de ‘citoyens’ – avec l’objectif de s’assurer la qualité des produits et des prix (de vente ET de production) compétitifs ?

Noam (quote 3)

Ce sont ces kibboutzim et toutes les initiatives similaires moins décriées, dont les rassemblements de masse et les campings sauvages qui se succèdent depuis cinq ans dans les principales métropoles occidentales pourraient, avec un peu d’imagination, préfigurer la renaissance réformée, qui sont, en vérité, les adversaires déclarés du nouvel Ordre mondial ! C’est à l’impossibilité, pour les petits, de se coaliser, même pacifiquement, que veillent, au nom des banques et de ceux qui y détiennent le grand capital (car elles ne sont jamais, ne l’oublions pas, que des paravents), les despotes éclairés d’une lumière glauque et sinistre qui entendent gouverner, de plus en plus souvent sans mandat électif, les éclatantes démocraties de l’Ouest. Et c’est donc là que se situe la ligne de fracture entre une droite qui assume sans fard son anti-projet réactionnaire, et la nouvelle gauche. C’est là aussi que se joue l’avenir des peuples !

Même si une large part de ces derniers l’ignore – et comment pourrait-il en être autrement puisque tout, dans le schéma éducatif, professionnel, médiatique et représentatif est fait pour qu’il en soit ainsi ? – ces gouvernants fantoches, tout aussi obsédés par la superstructure que ne l’étaient les pontes soviétiques, savent pertinemment que leur nouvel ordre a pour but d’enculer la plèbe, et quand bien même ce que les théoriciens de la nouvelle droite ancienne appellent la majorité silencieuse se laisserait ad vitam labourer par le nouvel Ordre, la simple réalité de cette conscience, dans le chef des marionnettes du pseudo-pouvoir politique, de suivre une ligne nuisible à la majorité, qui se caractérise par autant de manifestations d’une obstination dans la faute, suffit à les discréditer et à donner du gros grain à moudre à tous ceux qui œuvrent à l’annihilation de leurs tentatives.

Carolus Magnus Collum, bitsh ass

Le traité de libre-échange transatlantique, pour lequel un conseil européen des ministres du commerce devait donner ce jour pro forma un mandat de négociation au despotique commissaire européen sortant responsable de cette matière, en est l’illustration indiquée. Négocié et renégocié dans l’ombre, au moins depuis les années nonante – l’Accord multilatéral sur les investissements, naufragé en plein Atlantique, en fut la première mouture –, ce projet funeste vise en effet ni plus ni moins à enchaîner la liberté (citoyenne) à l’obélisque du pouvoir financier. Il s’inscrit dans un contexte plus vaste de similaires négociations opaques tous azimuts, dont la plupart, entre l’Inde et l’UE par exemple (1), ou encore entre le Canada et l’UE (2), sont en cours de finalisation.

Berlaymonstre

Or, que nous apprennent les fuites qui ont (heureusement) émaillé ces négociations similaires ? Qu’en tous points, l’objectif des négociateurs est de renforcer la domination des multinationales en restreignant toujours davantage la liberté des citoyens ET des individus ! Ainsi, si l’une des ces entreprises, où la taille humaine ne joue plus le moindre rôle, s’estimait lésée par rapport à telle ou telle disposition sociale ou environnementale nationale (ou continentale), elle serait habilitée à poursuivre les pouvoirs publics concernés devant de nouveaux tribunaux de commerce supranationaux (où siégeraient en majorité d’ex-avocats d’affaires véreux) qui, par subsidiarité, se verraient conférer la prééminence sur le droit public, en vue, sinon de faire abroger les législations concernées, d’obtenir des budgets des Etats des compensations colossales pour leur prétendu manque à gagner. Les supermafieux dérèglent le monde ? Qu’à cela ne tienne : laissons-les rédiger les lois !

Selon leur logique, les cultures qui ne sont pas parvenues, par un matraquage de masse, à imposer leurs modes d’expression artistique à l’ensemble de la planète sont appelées à se laisser engloutir (3). Dans le domaine de l’agriculture, les OGM et les hormones synthétiques pour bestiaux, pour la plupart interdits au sein de l’Union européenne à ce stade (au grand dam de la Commission), préparent en outre, par ce biais, leur retour triomphal, au nom de la concurrence libre et non faussée. Dans le secteur de la santé, si lucratif au regard du vieillissement des baby boomers, ce sont notamment les médicaments génériques (donc la possibilité pour les plus pauvres de rester en vie) qui sont directement dans la ligne de mire. Quant au partage en peer-to-peer et à l’internet libre, poubelle !  Ils ne rapportent rien ! (4)

Face à cette offensive, sans commune mesure avec les précédentes, d’un capitalisme que certains myopes ont le tort de déclarer hâtivement moribond, c’est l’exception culturelle que les derniers des Mohicans sociaux-démocrates ont choisi d’utiliser come cheval de Troie, faisant l’impasse sur le fait que la culture d’un peuple, et même d’un continent, ne se limite pas aux films projetés sur la toile, bref à l’industrie culturelle, mais qu’elle est profondément imprégnée de notions philosophiques générales telles que la dignité humaine et la liberté, mises à mal par le mercantilisme. En effet, le supermarché qui se construit se présente comme un ensemble de diktats uniformes délétères et libertivores : regroupement de communes en vue d’obtenir un prix de l’énergie plus avantageux ? Interdit ! Préférence locale ? Interdit ! Protection des consommateurs ? Secondaire ! Nationalisations de domaines-clés de l’activité humaine ? Interdit ! Soutien public à tel ou tel secteur prometteur ou stratégique ? Interdit ! Principe de précaution dans le cadre de nouvelles exploitations de ressources telles que le gaz de schiste ? Interdit ! C’est bien simple : ce capital-corporatisme interdit tout ; il détruit la liberté !

Quel est, la plupart du temps, l’argument-massue des starlettes politiques face à cette régression collective ? Que toutes ces mesures favorisent l’économie et l’emploi, ce qui constitue un mensonge de charogne de plus. En effet, comme le rappelait la semaine dernière Bernard Friot, à la télé, seuls 20 % du PIB français sont réinvestis dans l’économie, 15 % de ce même produit intérieur brut (c’est-à-dire l’ensemble des richesses produites par an) se volatilisant dans l’escarcelle des prêtres du profit, et il n’est pas à douter que le constat puisse être généralisé. Par conséquent, c’est l’architecture elle-même qui est brinquebalante ; ériger des annexes n’y changera rien… sauf si l’objectif est tout différent de celui affiché, s’il est, en d’autres termes, honteusement totalitaire !

L’Europe, Les Etats, les partis, les chefs, rien à foutre : c’est aux principes et aux idées qu’est fidèle l’honnête homme, vous dirait le sage. Or, à quelque niveau que ce soit, l’on ne jure plus que par le contenant et le mouvement ; le contenu s’est évaporé. Ce mouvement, il est centripète ou centrifuge : soit les Etats se referment sur eux-mêmes, soit ils s’ouvrent indéfiniment sur le monde. Mais ce que la propagande de la pensée unique oublie de mentionner, c’est que si les hommes dits de bonne volonté ne peuvent raisonnablement être favorables à une réédition des boucheries qui ont ensanglanté l’Europe, tous ne partagent pas la croyance selon laquelle la centrifugeuse n’a qu’une seule fonction et un seul modus operandi. Les centrifugeuses modernes, en effet, permettent de faire des jus de fruits tout autant que des milk-shakes, et elles disposent de vitesses variables.

L’union internationale des immensément riches échouera car il est impératif qu’elle échoue ! Si un nouvel ordre doit émaner, c’est de la prise de conscience par les 99 % de la planète (et de l’Europe), sans distinction de nationalités, de convictions, d’origines, ni de genres, de la fondamentale convergence de leurs conditions de vie, qui ne connaissent pas de frontières, et de la nécessité de trouver des solutions originales, viables et appropriées à notre temps en matière d’activité et de dignité humaines. Le mercantilisme est dépassé : vive la révolution libérale du revenu inconditionnel garanti, vive l’allocation universelle… et vive la communauté humaine !

http://basicincome2013.eu/ubi/fr/

http://www.facebook.com/pages/Revenu-de-base-universel/448948405174469?ref=stream

http://www.facebook.com/Pour.1Revenu.inconditionnel.de.base

________________

(1) Lire : http://www.facebook.com/pages/Stop-the-EU-India-Free-Trade-Agreement/144687138908841

(2) Lire : http://www.huffingtonpost.ca/dave-coles/canada-eu-free-trade_b_3378962.html

(3) Lire : http://www.lalibre.be/culture/politique/article/822254/les-clefs-pour-comprendre-l-exception-culturelle.htm

(4) Lire ces articles que j’ai consacrés précédemment à la question : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/06/09/acta-ou-comment-le-monde-cherche-a-sunir-contre-les-internautes/

https://yannickbaele.wordpress.com/2012/07/10/anonymous-deurope-et-du-canada-le-combat-nest-pas-gagne-non-a-acta-non-a-ceta/

https://yannickbaele.wordpress.com/2012/10/25/acta-ceta-etc-stop-au-deni-de-democratie/

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La violence est nécessaire; elle doit être abolie !

Jean-Paul Galibert 13 juin 2013 à 3:28 Réponse

C’est tout le problème:
le bénévolat est-il la solution, ou le comble du problème?
En théorie, je ne crois plus guère à la contradiction:
j’ai donc envie de dire les deux, ce qui complique beaucoup,
à moins de vouloir se libérer par son oppression elle-même,
ou du moins par une partie présentable du système oppressif,
opposable à la partie la moins présentable…
Merci, et à bientôt…

Yannick Baele 14 juin 2013 à 8:51

A l’échelle de la société, le bénévolat demeurera un pis-aller illusoire tant que, face à un pseudo-pouvoir politique focalisé sur la superstructure, qui s’écarte de plus en plus effrontément de l’idéal démocratique, méprise et réprime la contestation populaire, et ignore les propositions cohérentes de « réformes » qui bénéficieraient à la communauté tout entière, il ne s’accompagnera pas d’une violence rationnelle et irrésistible dirigée avec méthode depuis la base contre les oppresseurs.

Jean-Paul Galibert 15 juin 2013 à 10:12

A moins d’avoir mal compris,
j’ai envie de vous dire que Je n’aime pas plus
votre violence rationnelle que toute autre violence.
Le peuple n’a pas besoin de violence, il a le nombre.
La violence vient donc d’ailleurs,
mais de quel droit?

Yannick Baele 15 juin 2013 à 4:17

Je vous lis depuis plusieurs mois à présent et, sans vouloir paraître présomptueux, je me doutais que vous me répondriez cela. C’est une chose de ne pas apprécier la violence : par définition, elle est l’adversaire de tout humaniste qui se respecte. C’en est une autre de demander à ceux qui subissent quotidiennement la violence organisée (rationnelle, elle aussi) du système que vous définissez comme « hypercapitaliste » que de tendre en permanence l’autre joue. Ecrivant cela, je pense notamment à feu Mohamed Bouazizi, à ses alter egos grecs de plus en plus nombreux, à ces familles que des banques rapaces sauvées du naufrage par leurs impôts notamment jettent impunément et en masse à la rue, en Espagne, en Grèce, aux Etats-Unis, tandis que des milliers de milliards de $ et d’€ sont parqués dans les paradis fiscaux. Je pense aussi à la répression de plus en plus musclée des polices anti-émeutes, même face à des manifestants pacifiques (Seattle, Madrid, Rome), ainsi qu’à l’application de deux poids deux mesures entre la criminalité des pauvres, particulièrement celle qui relève de délits dont s’est inspiré Hugo pour Valjean, et celle en col blanc.

Face à un tel cocktail, qui trahit ouvertement, désormais, le refus, de la part de nombre d’autorités publiques, du dialogue avec le peuple, avec la rue, et face aux vexations impérialistes autrement plus frustrantes encore qu’ont à subir toutes sortes de peuples localisés du mauvais côté de la barrière, face, enfin, à l’estompement de la notion de justice,  qui a fait dire à l’un ou l’autre responsable politique de premier plan, après un raid à moitié illégal au Pakistan, que Satan avait été liquidé par les shérifs et que justice avait donc, en toute logique, été rendue, je n’ai pas honte d’affirmer, en effet, que je préfère intellectuellement une violence réfléchie dirigée avec méthode contre la lie de l’humanité à une réédition épidermique d’attentats de masse qui coûteraient la vie à je ne sais combien d’innocents de plus, ainsi qu’à la répétition d’émeutes idiotes et irréfléchies, comme celle de Londres en 2011, dont ont eu à pâtir de pauvres hères qui partagent pourtant les conditions sociales des hooligans à la manœuvre.

Comprenez bien que je ne pratique aucun amalgame, que je n’esquisse les contours d’aucune catégorie particulière autre que celle composée des rapaces (des individus, donc) qui assument pleinement et font mettre en œuvre par leurs valets les politiques qui mènent aux dégâts ci-dessus décrits, et ont allumé les mèches cramoisies de l’essentiel des guerres récentes que le monde a traversées.

Je l’ai écrit dans l’un de mes articles : le Projet de Paix perpétuelle de Kant m’a fasciné par sa candeur désarmante. J’y souscrirais sans réserve pour le temps présent si les conditions de l’atrophie générale de la violence étaient réunies. Elles ne le sont pas, malheureusement, en raison de l’arrogance d’un groupe restreint de happy few immensément riches qui impriment, depuis leur réalité parallèle (voir Cosmopolis, de Cronenberg), leurs désirs mégalomaniaques et narcissiques au reste du monde, qu’ils pillent systématiquement.

Or, face à l’uniformisation des options politiques convenables, en matière socio-économique, quel poids pourrait donc revêtir « le nombre », étant entendu que je suppose que c’est aux élections que vous faites référence, les manifs bien encadrées n’ayant plus, comme je l’ai écrit, la moindre influence en la matière ? Je ne puis ici m’empêcher de tracer, toutes proportions gardées, des parallèles avec le nombre de sans-culottes face à l’Ancien Régime. Car c’est bien de cela qu’il sera, à courbe inchangée, progressivement question, selon moi, sous des atours modernes et dans un contexte de post-répartition des richesses, de post-Etat-Providence, qui tourne le dos au bien commun général. Prend-on, pensez-vous, suffisamment la mesure des conséquences de la suprématie de plus en plus affirmée (et de plus en plus soutenue politiquement) des Übermenschen contemporains aux commandes de la vie des hommes ordinaires, qui refoulent leur appartenance humaine avec tant d’aplomb ? Que vous évoque, par exemple, la qualification de « serfs » utilisée, selon feu Aaron Russo, par Nick Rockefeller, pour décrire ceux-ci, à l’occasion d’une discussion amicale qu’il avait tenue avec lui ?

Mais voici que des voix s’élèvent : « théorie du complot », les entends-je scander en chœur. Que nenni : ce serait trop simple ! Coalition tout ce qu’il y a de plus humainement classique d’intérêts marginaux dominateurs suffira amplement. Cela posé, à supposer que toute violence sociale soit à proscrire, comme vous le soutenez, et considérant que je pense avoir démonté en quelques lignes l’influence du nombre, que vous mettiez en avant par ailleurs comme la panacée (Démentez-moi si tel n’est pas le cas.), quel serait donc votre remède pour permettre aux sociétés de se défaire du joug (même relatif) d’une domination, en l’occurrence celle de la plupart des détenteurs du grand patrimoine ? Vous écrivez que vous avez envie de me dire que vous n’aimez pas plus « ma » violence rationnelle que toute autre violence. Mais la violence antisociale brièvement illustrée ci-dessus n’est pas un leurre. Comment proposez-vous, dès lors, de la contrer ?

Jean-Paul Galibert 16 juin 2013 à 8:00

Je suis en train de préparer un ouvrage là dessus.
Cela prend du temps, car on n’a pas le droit de faire d’erreur sur ces questions
quant on mesure le prix des erreurs (devenues des horreurs)
de nos prédécesseurs les mieux intentionnés.
Pur le dire en un mot,
toutes les idées sont bonnes
lorsqu’elles rassemblent l’humanité,
du plan le plus intime au plan le plus mondial,
contre la rentabilité, l’hypercapitalisme, l’hypertravail.
A nous, d’avoir des idées rendant le nombre capable de peser.
Beaucoup de gens aimeraient agir sans savoir comment.
Pourquoi pas une couleur, un symbole, un horaire, des lieux,
des pétitions, des reblogs, des liens, des jeux?
Je cois que nous manquons de mots communs,
au plan interculturel, au plan mondial
Nous manquons d’utopie, aussi.
la gratuité, par exemple, nous attend.
Un petit groupe, plein d’idées,
pourrait faire de grandes choses
simplement par ses idées.
Si nous boudons cet effort,
d’autres le feront,
mais ce sera contre nous.

Je vous lis toujours avec un grand plaisir
A bientôt

Yannick Baele 17 juin 2013 à 10:24

Qu’est-ce donc là que cette forme ? Celle du hasard ? D’une espèce d’hippocampe rabougri ? La représentation de la visqueuse arme à feu charnelle d’ExistenZ, peut-être ?

Je ne sais à quelles horreurs vous faites références. En ce qui me concerne, je suis sevré contre celles auxquelles je pense. Et j’en viens à m’interroger sur d’autres. Prenez Cuba, par exemple (pas celui du film) : dictature sans embargo ?…

Conscient des dérives intrinsèques des bonnes intentions, qui ont sans doute le tort de concevoir une vertu absolue (encore qu’essentiellement subjective) appliquée à une créature par conception duale, je le suis aussi de leurs interprétations hâtives, perverses et erronées : si je détermine, moi, après réflexion et analyse, que la piste des cibles à atteindre trouve son origine dans le Dow, le Cac et leurs équivalents, plus interconnectés que jamais, comment pourrais-je empêcher un autre de se laisser aller, par pulsion, à choisir les cibles de son choix qui n’ont objectivement aucune part dans le cours du monde tel qu’il va actuellement ?

C’est la question à résoudre, en effet, et la modification de fond en comble d’un enseignement antédiluvien dans son contenu, son organisation et sa structure, qui devrait intégrer uniformément (c’est-à-dire de manière égalitaire) les nouveaux supports, mais aussi favoriser la participation ET SURTOUT l’esprit critique, être le plus transversal possible et accueillir enfin plusieurs disciplines cruciales qui fondent le citoyen et la personne et y font jusqu’à présent défaut est à cet égard fondamentale.

Est-il logique que l’enseignement secondaire, nommé humanités en Belgique, ne dispense pas ne fût-ce qu’une introduction notionnelle au droit, dès lors que la Justice est l’un des trois piliers officiels de toute démocratie ? Est-il concevable, pour vous qui êtes français, que l’enseignement secondaire de mon pays soit expurgé de toute philosophie ? Et, par conséquent, est-il souhaitable que ces matières, pour ne retenir ici que celles-là, n’effleurent JAMAIS, s’ils ne sont pas autodidactes, ceux qui, ayant la chance pécuniaire d’entreprendre des études universitaires par la suite, optent pour des filières qui ne les intègrent pas ?

Pour autant, évacuer la question de la violence sociale, sans même s’autoriser à y réfléchir est-il philosophiquement pertinent (De toute évidence, vous ne le faites pas, puisque vous m’annoncez que vous publierez sur la question…), a fortiori si l’on est dépourvu d’alternatives claires, étayées et pensées (pas à elle, mais in globo, elle y compris)? Aurait-on pu mettre fin au nazisme sans violence rationnelle et irrésistible (comparaison n’étant pas raison en toutes choses) ? Ne tend-on pas parfois à oublier que, si elle est extrêmement confortable, innée même en ce qui me concerne (J’ignore votre âge…), la société pacifiée est une réalité de courte germination, par ailleurs extrêmement localisée (aux dépens d’autres latitudes et longitudes ?) ?

« Pourquoi pas une couleur, un symbole, un horaire, des lieux, des pétitions, des reblogs, des liens, des jeux ? » vous interrogez-vous. Toutes ces propositions sont louables et elles ont tant ma faveur que je les ai toutes entreprises, comme tant d’autres de mes congénères inexistants. Mais se pose la question de la compatibilité des langages : doit-on s’adapter, si l’on veut faire mouche, au mode d’expression de son interlocuteur (en l’occurrence la rapacité abominable du système financier), au risque de se laisser soi-même progressivement transformer, ou demeurer, au contraire, égal à soi-même, en hauteur et positif, en toutes occasions ? La question se décline sans doute largement en fonction des spécialités de chacun.

Quoi qu’il en soit, faire mûrir les esprits et les coaliser requiert du temps (individualisé, pour partie). Or, si la politique est oisive, l’argent et sa concentration vont, en revanche, très vite, de plus en plus vite. Ainsi, une chaîne de télévision belge rapportait il y a quelques jours que la nouvelle chaude tendance, dans les salles de notation, était le délit d’initié en secondes : plusieurs firmes spécialisées effectuent régulièrement, sur base d’une collection détaillée d’indicateurs économiques et de chiffres d’entreprises, des prévisions à court et moyen terme, qu’elles communiquent aux agences de presse à une heure donnée de la journée. Or, de nouveaux acteurs sont apparus, qui ont pour mission, au nom d’intérêts surpuissants, de payer les premières de confortables sommes pour bénéficier desdites informations quelques minutes ou secondes à peine avant les autres, de sorte qu’introduits en avant-première dans des réseaux d’ordinateurs surpuissants, les divers paramètres permettent parfois à ces derniers de rapporter, en une fraction de seconde, à l’aide de logarithmes hypersophistiqués, des centaines de millions aux employeurs des poseurs d’ordres concernés…

Si, au moins, nous pouvions compter sur les adjuvants politiques progressistes classiques, ceux dont on se demande avec insistance comment ils peuvent continuer de recueillir le nombre de voix qu’ils recueillent, pour freiner certaines évolutions des quatre fers (au G8 et ailleurs), à défaut de réorienter la barque, et commencer à organiser la recitoyennisation, la situation n’apparaîtrait sans doute pas aussi désespérante…

Sachez que loin de bouder, je m’enthousiasme à votre idée. Mais vous savez comme moi que sans l’adoubement requis, point de salut à une échelle significative…

Bonne journée !

______________

Pour un argumentaire philosophique fouillé sur la question (quoique quelque peu daté), lire : http://www.marxau21.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=35:pour-une-theorie-de-la-violence&catid=44:labica-georges&Itemid=65

N.B. : exceptionnellement, cet article a été rédigé a posteriori (entre le 13 et le 17/06/13).

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« Offshore Leaks », nouvelle tempête dans un verre d’eau ?

« En combinant notre propre savoir-faire avec un réseau de conseillers spécialisés, nous proposons à nos clients de par le monde des solutions créatives et bien informées pour leurs problèmes d’impôts, de planification immobilière et de restructurations. Y sont inclues la délocalisation et la migration tant pour la clientèle privée que pour la clientèle d’entreprise, ainsi que l’utilisation efficace des accords de double taxation.

Stonehage s’entourera des conseillers les plus indiqués et demeurera impliquée partout où cela sera requis. Notre but est, en bonne compréhension [avec notre clientèle], de fournir et de mettre en œuvre le service le plus rentable.

Stonehage représente donc une ressource unique pour des familles internationales. Celles-ci peuvent bénéficier de notre solide expérience dans les matières transfrontalières et de nos contacts professionnels intenses avec un réseau étendu d’avocats et d’autres professionnels à l’échelle du globe. Ce réseau comprend ceux qui travaillent dans nos propres bureaux internationaux, ainsi que nombre de professionnels indépendants parmi les meilleurs [du marché], tant dans les juridictions où nos bureaux sont implantés qu’ailleurs. […] » (1)

C’était le 23 septembre 2009, un peu plus d’un an après la bourrasque financière qui a laissé marris quelques grands noms de la finance internationale, à qui elle a fait perdre au change, de même que – c’est sans doute autrement plus déterminant – les peuples européens et nord-américains dans leur ensemble, qui ne se doutaient pas encore, alors, de la vertu transatlantiquement harmonisatrice des conditions sociales que leur imposerait la crise des dettes souveraines, qui viendrait à ladite bourrasque faire écho.

In illo tempore, le locataire d’un palais nommé Elysée se gargarisait une fois de plus de sa toute-puissance devant la presse par lui réunie à l’instigation de commu-niquants tous pourris : « les paradis fiscaux, c’est fini ! » (2) Méthode Coué bien sûr, qui consistait pour la énième fois à vendre du vent à une population pourtant peu crédule. Car les paradis fiscaux sont l’arbre sur lequel pousse la finance capital-corporatiste mondialisée, où vertu est vain mot.

Stonehage, au siège principal londonien, en ce qui la concerne, est l’une de ces innombrables entreprises qui prospèrent sur le vernis délabré des finances des Etats européens. Le petit épargnant, qu’il soit chypriote ou d’une autre exotique nationalité, n’y a pas ses entrées. Parmi ses directeurs, un certain Ari Tatos, Grec qui a fait ses études dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et a depuis dans ladite entreprise fait son trou. Convolant en secondes noces avec une comtesse aux racines bavaroises, ce conseiller financier basé à Neufchâtel (en Suisse), qui gère certaines des fortunes privées les plus imposantes au monde, a vu s’apposer récemment, plus ou moins indirectement, le sceau royal britannique sur sa troisième progéniture, en la personne de la réputée sexyssime Pippa Middleton. C’est vous dire le gotha avec lequel ce genre de conseillers fricotent…

Pippa Middleton, marraine de Casimir, premier enfant de Marie-Sophie von Montgelas et Ari Tatos (sur la photo)

C’est vous expliquer aussi pourquoi, malgré les déclarations matamoresques de l’une ou l’autre figure publique du passé, la lutte contre la fraude fiscale de grande envergure va son train de sénateur… Or, s’il est communément admis, dans les cercles décléricalisés de nos vertes et prospères contrées, que le paradis est ici-bas, le découpler de sa nécessaire moralisation n’est probablement pas le dessein le plus noble !

Car si les pratiques de Stonehage & Co sont effectivement légales en apparence, ce qui est légal n’est pas forcément moral, contrairement à ce qu’affirmait avec aplomb l’ancien ministre grec conservateur en charge, jusqu’en septembre 2008, de la marine marchande de son pays, Georgios Voulgarakis (3), depuis lors blanchi de ses turpitudes immobilières sur le mont Athos au terme d’une touchante unanimité dans l’amnistie entre conservateurs et sociaux-démocrates, le même type d’aministie, sans doute, que celle dont ont bénéficié, à plusieurs reprises, les mafieux moraux (lire : ceux qui évoluent dans les hautes sphères) de Belgique.

Combler le fossé béant entre les citoyens de base, qui triment ou voient fondre leurs allocations pour rembourser les prêts contractés de manière occulte (lire : informatique et anonyme quant aux poseurs d’ordres véritables) par leurs Etats pour compenser une fraude fiscale (sous-)estimée à 1000 milliards € au niveau européen, ou pour se montrer dignes des investissements en bons du trésor consentis à leurs Etats par des détenteurs d’argent noir rapatrié en toute hâte, et ceux qui tirent ces ficelles, n’est-ce pas là, en effet, ce qui devrait constituer la priorité de tout responsable politique qui se respecte si son souhait est de contrer le ‘revival années trente’ dont nous rebattent les oreilles tant de nobles observateurs ?

Oui, mais voilà : de qui la politique reçoit-elle ses ordres à elle ? Et qui exerce-t-il sur elle le permanent chantage à l’emploi et aux délocalisations qui la rend amorphe ? Et quand se rendra-elle compte que face à une droite qui a conquis, sinon en sièges, au moins en influence idéologique, l’ensemble du temple mondialisé, c’est plus que jamais de détermination, de volonté égalitaire et de vision qu’elle doit faire preuve, au nom du bien commun en voie de monopolisation ? La balle au centre, c’est de l’histoire ancienne. Les politichiens dits de gauche qui glissent comme des anguilles aussi !

__________________

(1)    Source : http://www.stonehage.com/services/detail/stonehage_law

(2)    Source : http://www.rue89.com/2009/09/23/sarkozy-magie-magie-les-paradis-fiscaux-cest-fini

(3)    Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/04/off-shoreleaks-la-grece-enquete-sur-des-societes-inconnues_3153807_3234.html

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Marikana, une autre illustration emblématique de la pourriture capital-corporatiste…

Jack Bogosian en avait marre des magouilles et des assassinats politiques. Après plusieurs années de loyaux services, il a donc rendu sa casquette d’agent de la CIA et s’est reconverti en animateur radio décidé à faire la lumière sur tous les coups fourrés dont la presse traditionnelle ne parle jamais, sinon superficiellement. Un jour, il est contacté par une riche héritière qui lui offre une petite fortune pour enquêter sur un scandale sanitaire de grande importance dans l’Equateur d’avant le président Correa, dont elle soupçonne la multinationale que dirige son frère d’être le principal responsable…

Tous ceux qui ont vu les images de la tuerie sud-africaine du 16 août 2012, à l’occasion de laquelle la police du pays a exécuté quasiment à bout portant 34 mineurs armés de bâtons et de machettes, en blessant grièvement 78 autres, a forcément été interloqué par l’impression d’irréalisme qui flottait sur la scène : les images étaient trop violentes, de cette violence crue habituellement réservée à Hollywood, que pour ne pas choquer un public même blasé. Savoir qu’elles s’étaient déroulées dans un pays dont l’Occidental moyen supposait qu’il s’était affranchi, avec le Président Mandela, des démons de l’apartheid ne faisait qu’ajouter au malaise.

A plus d’un titre, le film un peu kitsch dans lequel Andy Garcia incarne une espèce de Jack Bauer sur le retour mais toujours prompt de la gâchette expose des similitudes avec les événements de Marikana. Ainsi, le délégué en Equateur de l’entreprise nord-américaine qui a pollué les nappes phréatiques d’une région entière assiste médusé à l’assassinat en règle de tous ses habitants par un commando militaire du cru mené par un colonel soudoyé par son patron. Petit à petit, il en perd la tête et, lorsqu’il insiste pour rendre l’affaire publique, l’homme de paille le liquide.

Saura-t-on un jour si c’est également son excès de conscience qui a amené Ian Farmer, le directeur exécutif du consortium Lonmin, qui exploite entre autres la mine de Marikana, à être admis en urgence dans un hôpital londonien durant l’été dernier, juste après l’excès de zèle dont plusieurs mineurs qu’il employait avaient eu à faire les frais (1) ? Est-ce parce que lui aussi était de ces petites natures dont la Bourse n’a que faire qu’il a définitivement démissionné de ses fonctions à la fin de l’année dernière ou est-ce, tout au contraire, parce qu’il était directement impliqué dans le scandale ?

Que demandaient ces mineurs grévistes si violemment réprimés ? Alors que Lonmin s’indignait encore, en début d’année, d’être dans le collimateur de deux associations de défense des droits sociaux des travailleurs et osait mettre en avant que ses employés « sont rémunérés selon le meilleur barème en vigueur dans l’industrie, et [que] le salaire moyen des employés de Lonmin les place dans la catégorie des revenus médians de la République d’Afrique du Sud. » (2), lesdits ouvriers se contentaient, malgré les nombreux dangers professionnels auxquels ils s’exposent, de nos jours comme naguère à Bois-du-Luc, par exemple (explosion, métaux lourds libérés par leurs forages, ensevelissement), malgré leur logement de fortune (des cases en tôle situées dans de peu sûrs bidonvilles) et leur salaire moyen de 850 €, d’exiger une augmentation de 400 € par mois (3). De son côté, l’entreprise londonienne, qui exploite la troisième plus importante mine de platine au monde, a déclaré en 2011 un bénéfice net de 259 millions de dollars (4), avant de lancer un inévitable avertissement sur bénéfices en 2012, en raison des répercussions boursières du massacre de Marikana.

Comme dans A Dark Truth, Lonmin semble avoir recouru aux services d’une agence de communication pour tenter de redorer son blason ensanglanté : sur un site web spécialement consacré aux événements (5) se succèdent les communiqués d’excuse, les promesses de financer la scolarité des enfants des mineurs tués, ainsi que les engagements creux de circonstance qui plaident pour une redéfinition du modèle d’entreprise supposé rendre à l’avenir son fonctionnement plus participatif en tenant mieux compte du maillage social local (6).

Ce maillage se tisse sur fond de rivalité grandissante entre deux syndicats. Il y a, d’une part, la NUM (National Union of Mine Workers), qui fait partie de la coupole syndicale COSATU, qui est elle-même, avec l’ANC (l’African National Congress, principal parti de l’après-apartheid, fondé en son temps par qui l’on sait) l’un des partenaires de la coalition tripartite actuellement au pouvoir  à Pretoria, et d’autre part, l’AMCU (Association of Mine workers and Construction Union) , une excroissance de la NUM devenue indépendante qui revendique la représentation des cols bleus, que la NUM aurait délaissés au profit d’une action ciblée davantage sur les employés à col blanc. Les mouvements de grève entamés par ce second syndicat seraient régulièrement dépeints comme illégaux par une presse largement acquise au premier (3).

Ces précisions ont leur importance, car depuis plusieurs mois, alors que bat son plein la répression policière contre les mineurs de l’AMCU qui se sont déclarés prêts à témoigner devant la commission parlementaire chargée de déterminer dans les semaines qui viennent les responsabilités dans la débâcle de Marikana, des doigts accusateurs de plus en plus fermes se lèvent en direction d’un certain Cyril Ramaphosa, suspecté d’avoir agi comme intermédiaire entre les dirigeants de l’entreprise, la NUM et les forces dites de l’ordre. Le 23 janvier dernier, Lonmin faisait savoir par communiqué que l’intéressé « ne se présentera[it] pas à sa réélection au poste de directeur non exécutif de la compagnie, lors de l’assemblée générale annuelle prévue en janvier 2013. » Ceci suffit-il à faire de lui l’homme lige de cette histoire-ci, bien réelle ? Après avoir félicité Ramaphosa pour son élection à la vice-présidence de l’ANC (!), en décembre dernier, ledit communiqué prend soin de préciser qu’en cette matière, « aucune autre question ne requiert d’être rendue publique selon les règles de publicité, de transparence et de cotation établies par la bourse londonienne, ni selon les règles de cotation édictées par la bourse de Johannesburg. » (7)

Selon des sources bien informées, Marikana ne constitue que le sommet visible d’un iceberg d’intimidations à l’égard des mineurs réfractaires, des pratiques qui semblent perdurer… En effet, en novembre dernier, la société Xstrata, active dans l’extraction de cuivre, de zinc, de charbon et de nickel se voyait consacrer une série de courts articles dans la presse sud-africaine en raison d’un licenciement massif d’ouvriers qui avaient eu le tort de faire grève, et des nouvelles répressions policières – moins sanglantes, cette fois – qui s’ensuivirent (8).

Les parallèles avec A Dark Truth ne s’arrêtent pas là : dans le film, il est impératif pour le patron véreux responsable du scandale équatorien d’empêcher que ne celui-ci ne soit rendu public avant qu’un important contrat d’exploitation en Afrique ne tombe dans son escarcelle. Dans cette réalité-ci, il ne s’agit pas de contrat, mais plutôt de (tentatives de) fusion-acquisition, deux au prix d’une, en réalité. Et c’est ici que le capital-corporatisme révèle dans toute sa dimension son caractère intrinsèquement perfide. En effet, Xstrata, qui a déclaré en 2011 un bénéfice net de près de 6 milliards de dollars (9), est l’actionnaire privé principal de Lonmin.

A présent, suivez bien, car les acteurs s’entremêlent comme dans tout montage entrepreneurial consanguin digne de ce nom : basée dans le paradis fiscal de Zug, en Suisse, Xstrata, jusqu’il y a peu détenue conjointement par une holding qatarie et la multinationale Glencore, lorgne sur une participation majoritaire qui lui permettrait de contrôler 70 % des actions Lonmin au lieu des 25 % dont elle dispose. Mais cette dernière a refusé son offre en novembre dernier (10), sans doute en raison de sa sous-valorisation, consécutive aux faits de Marikana. Au même moment, c’est non pas Jack Bauer, mais John Bond, le directeur exécutif de Xstrata et ex-boss de la banque HSBC, laquelle est devenue, depuis le 31 janvier dernier, le nouveau courtier corporate attitré de Lonmin (11), qui résistait aux avances de Glencore, alors titulaire de 34 % des actions Xstrata. Pour être précis, c’est la holding qatarie qui exigeait un plus haut prix pour ses billes dans Xstrata que ce que lui proposait Glencore (12).

C’est alors qu’intervint la pute de service – pardon, l’intermédiaire diplomate – chargé par Ivan Glasenberg, le directeur exécutif de Glencore, de jouer l’entremetteuse entre lui et la holding qatarie. Il n’est rien de mieux que les activités exercées dans le business par d’anciens responsables politiques de premier plan sitôt expiré leur mandat pour mesurer l’étendue du rôle qui était le leur tandis qu’ils l’assumaient encore : pour la modique somme de 1,25 million d’euros, le magicien de la Troisième Voie, cette fusion contre-nature entre capital-corporatisme et socialisme économique qui fut fatale au dernier nommé, Tony Blair himself, convaincra les Qataris de vendre à son client (13).

L’entreprise Glencore, anglo-suisse, emploie près de 58.000 personnes, disposait en 2011 de fonds propres qui excédaient 86 milliards de dollars, et fut fondée par un certain Marc Rich, informateur des services secrets israéliens et principal inculpé dans le cadre d’une enquête américaine relative au contournement de l’embargo pétrolier décrété contre l’Iran de Khomeini (au bénéfice d’Israël, en ce qui le concerne). Rich n’aurait jamais fait mystère des bakchichs avec lesquels il soudoyait régulièrement divers chefs d’Etats pour l’obtention de contrats (3).

Avec un siège social basé lui aussi en Suisse, un deuxième siège à Londres (en ce qui concerne l’activité pétrolière et gazière), un troisième à Rotterdam (pour l’activité agro-alimentaire), mais surtout un autre siège social dans le paradis fiscal de l’île de Jersey, Glencore International était, à en croire Wikipedia, la plus grande entreprise mondiale dans le commerce des matières premières (avant même de faire main basse sur Xstrata), avec une part de marché globale de 60 % du marché international du zinc, 50 % du marché international du cuivre, 9 % du marché international des céréales et 3 % du marché international du pétrole (14). Vous pensez bien, dirait le mauvais esprit, qu’à côté de cela, quelques Nègres de plus ou de moins…

Vantons, en ce qui nous concerne, les bienfaits du néo-esclavagisme pillard : après tout, ces mineurs arrogants n’ont-ils pas obtenu, en fin de compte, 22 % d’augmentation ? Voilà le changement dont nous avons besoin ! Voilà la modernité que l’Europe attend !!!

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(1)    Source (EN) : http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/industry/mining/9480144/Lonmin-chief-Ian-Farmer-has-serious-illness-as-miner-unveils-profits-warning.html

(2)    Source (EN) : http://www.lonmin.com/downloads/media_centre/news/press/2013/Media_Statement%20_Public_Eye_Awards_%2090113.pdf

(3)    Source (NL) : http://www.dewereldmorgen.be/blogs/fos-socsol/2012/09/28/het-drama-bij-de-platinamijn-in-marikana-het-begin-van-iets-nieuws

(4)    Source (EN) : https://www.lonmin.com/Lonmin_Annual_Report_2011/Root/financial_statements/consolidated_income_statement.html

(5)    Consulter (EN) : http://www.lonminmarikanainfo.com/

(6)    Lire (EN) : http://www.lonminmarikanainfo.com/news_article.php?articleID=1551#.URQ5XPLbGt8

(7)    Source (EN) : https://www.lonmin.com/downloads/media_centre/news/press/2013/20130123_DirectorateChange.pdf

(8)    Lire (EN) : http://ewn.co.za/2012/11/01/Xstrata-axes-400-workers

http://ewn.co.za/2012/11/13/Cops-slammed-for-crackdown-on-Xstrata-miners

(9)    Source (EN) : http://en.wikipedia.org/wiki/Xstrata

(10)   Source (EN) : http://www.guardian.co.uk/business/2012/nov/09/lonmin-rebuffs-xstrata-takeover-bid

(11)   Source (EN) : http://www.lonmin.com/downloads/media_centre/news/press/2013/Change_of_Corporate_Broker_21012013_-_FINAL.pdf

(12)   Source (EN) :  http://www.euronews.com/2012/08/21/glencore-xstrata-deal-still-in-limbo/

(13)   Source (NL) : http://www.uitpers.be/index.php/2011-07-25-15-57-8/154-xstrata-glencore-blairs-derde-weg-van-de-city-tot-qatar

Lire aussi : http://www.bbc.co.uk/news/business-20409032

(14)   Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Glencore

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Mathieu, Galloway, Chavez, ces vilains « populistes » …

Populisme

  • Idéologie et mouvement politique (en russe narodnitchestvo) qui se sont développés dans la Russie des années 1870, préconisant une voie spécifique vers le socialisme.
  • Idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes. (Le populisme a notamment inspiré les réformes de Mustafa Kemal et s’est considérablement développé à partir de 1930 en Amérique latine, où il est caractérisé par l’anti-impérialisme et un anticapitalisme modéré. Enfin, le refus de la lutte des classes a conduit les mouvements populistes latino-américains à chercher l’alliance des classes moyennes urbaines avec les ouvriers ou la paysannerie.)
  • Tendance artistique, et en particulier littéraire, qui s’attache à l’expression de la vie et des sentiments des milieux populaires.

(Larousse en ligne)

Aucune des définitions que fournit du populisme le Larousse en ligne n’est, comme on peut le voir ci-dessus, de près ou de loin péjorative, que du contraire ! Si l’on se fie à la seconde définition proposée, charger le terme du poids d’une influence malfaisante est même une forme d’oxymore qui ne s’assume pas, dans le chef des tenants de la social-démocratie. Pourtant, ledit vocable est utilisé avec de plus en plus d’insistance, sous nos latitudes, dans un sens négatif qui vise à culpabiliser ceux qui se laisseraient tenter par une prétendue dérive homonyme, et à rendre ainsi leurs revendications illégitimes. Pire, le populisme tend à devenir à la fois insulte et accusation. Or, dans le tribunal improvisé chargé de déterminer souverainement ce qui, en ce début de XXIe siècle, est convenable et ce qui est déplacé siègent de plus en plus d’éminences qui s’affichent en public sous les oripeaux du socialisme…

Peut-être serait-il pertinent, avant toute autre considération, de nous arrêter un instant sur le sens du mot ‘peuple’, et sur les représentations qu’il suggère, souvent inconsciemment. En sons sens premier, le peuple est la collectivité qui regroupe, dans les limites d’un territoire donné, l’ensemble des habitants de ce territoire, sans distinction de quelque sorte. Sauf à s’exiler fiscalement, le gros cochon milliardaire au Havane protubérant – suprême ironie – fait, en théorie, tout autant partie du peuple que John Doe le prolétaire. Toutefois, dans la pratique, même ce terme-là a acquis, à son corps défendant, une connotation négative auprès de larges franges de la société, et sa portée s’est considérablement restreinte.

Le mot ‘peuple’ est associé, pour une part importante de l’imaginaire collectif, aux manants, aux sans-culottes de naguère, à ceux à qui n’a malheureusement pas souri la bonne étoile, ceux dont le berceau n’était pas d’argent, ceux qui auraient pu naître dans une crèche, au milieu de la paille, entourés d’un bœuf et d’un âne, ceux qui doivent trimer pour survivre. Selon cette conception, le peuple est ce dont il faut s’extirper à tout prix pour afficher sa liberté… de consommer, donc d’être esclave du système capital-corporatiste. Qu’il s’agisse du cadre commercial suffisant ou du patron de PME, la solidarité s’affiche plus volontiers aujourd’hui, en nos contrées, avec le rentier milliardaire ou le patron de multinationale que les ouvriers couvrent du fric produit par leur travail qu’avec l’employé de base, l’ouvrier, et a fortiori le chômeur, en insistant, au passage, sur le fait que le sans-abri constitue à lui seul une catégorie à part entière, une non-catégorie hors du peuple, pourrait-on écrire : existe-t-il, d’ailleurs ?

Ainsi, le peuple s’est mué en milieux populaires, c’est-à-dire, stricto sensu, en une sous-catégorie puante et suante du peuple dans son sens plénier dont ni le cœur, ni l’âme, ni les tripes ne font l’objet d’offrandes excessives sur l’autel du Satan-Capital. Sans doute ce virage sémantique n’est-il pas étranger au renoncement des partis de la gauche faiblarde de miser leur perpétuation sur la défense des intérêts des plus pauvres. Objectivement, dans le marché de la démocratie (tel qu’intitulé sans vergogne et à de multiples reprises par la taupe Attali), dans une société marchande dont la pseudo-gauche a collaboré massivement, ces vingt dernières années, à l’élaboration, ce fonds de commerce ne suffisait plus : il fallait agrandir la part de marché, même si un tel procédé signifiait, par la force des choses, l’abandon progressif mais de plus en plus manifeste des couches populaires. Qui s’intéresserait de trop près à ces dernières, chercherait  à défendre leurs intérêts trop ostensiblement et à récolter leurs suffrages, serait forcément, par voie de conséquence, suspect de démagogie, de populisme, selon la nouvelle définition virtuelle, politiquement correctissime, de ce mot, qui ne s’exprime pas, mais se déduit des contextes négatifs successifs dans lesquels il est utilisé.

En politique, tout est question de priorités électoralement vendables et rentables. Certes, à stratégie inchangée, le volume de la frange populaire est objectivement appelé à croître, et à croître, et à croître encore, à moyen ou à long terme, à la fois en raison d’un nécessaire rééquilibrage de la richesse mondiale d’ores et déjà entamé, et à cause de la boulimie de profits des multinationales et de leurs financiers. Mais c’est là une autre caractéristique bien connue de l’exercice de l’Etat que de ne s’intéresser qu’au temps court. Et puis, en toute honnêteté, il serait pour le moins paradoxal de s’inquiéter du sort de partis traîtres à leur fondamentale raison d’être : qu’ils soient balayés lorsque réapparaîtront les hordes de gueux est dans le juste ordre des choses…

Face au mouvement d’exclusion et de confinement de ces milieux populaires, ceux qui ont repris à leur compte la dénomination de peuple, c’est-à-dire l’ensemble des laissés-pour-compte de cette politique de marché, revendiquent fièrement, quant à eux, leur appartenance à un maillage populaire. Mal leur en prend, cependant, s’ils poussent trop loin les limites de ce qui est convenable : les gardiens du temple sont là, qui marchent au pas autour de l’échiquier social, qu’ils veillent à encercler, à étouffer même, de leur savante emprise.

Populistes, les Conti, qui, face à une patronnaille désœuvrée obnubilée par une croissance à deux chiffres qui les a transformés, à leur insu, en objets de fabrication peu rentables et avait pensé leur faire rejoindre le rang des non-catégories, ont osé montrer qu’ils avaient encore les couilles au bon endroit ! Populistes, les ouvriers de Ford Genk, dont d’autres souriants parasites patronaux ont volé, sans même oser leur faire face, le temps, l’engagement forcené, de plusieurs décennies parfois, à effectuer un travail à la chaîne abrutissant déjà raillé, en son temps, par Chaplin ! Populistes, en tout cas, s’ils ne rentrent pas dans le rang, s’ils osent se rebeller contre leur statut de moutons du capital sans frontières protégé par l’Etat socialiste.

Soyons honnêtes : je ne suis pas ouvrier. Je ne le serai jamais. Ce n’est pas que le travail manuel me dégoûte : au contraire, j’éprouve un infini respect pour ceux qui l’exercent parce que je me rends compte de la dureté de leur labeur et parce, dans mon entourage proche, plusieurs personnes sont issues de ce milieu. Je suis juste trop infiniment maladroit pour exercer quelque tâche manuelle. Il faut croire que les largesses de Dieu à mon égard se sont limitées à me permettre d’aligner des mots sur une feuille de papier ou une fenêtre virtuelle, ce dont je lui sais gré, bien sûr, espérant ne pas trop le décevoir.

Mais trêve de griffonnages : si je ne suis pas ouvrier moi-même et si je ne me permettrais en aucun cas de dire aux ouvriers de Ford Genk ce qu’ils doivent faire – c’est leur indemnité de licenciement qui semble en jeu ! – je n’en ressens pas moins une profonde amertume lorsque j’entends déjà les gardiens de l’ordre bourgeois, qu’ils soient haut placés dans la hiérarchie syndicale ou remparts sociaux-démocrates du capital-corporatisme transnational, taxer de têtes brûlées populistes ceux parmi ces ouvriers qui ne parviennent plus, en raison de la pression que tout un système annihilant exerce sur eux, à contenir leur rage et qui devraient sans plus encaisser tout le mépris de patrons qui se la coulent douce sur quelque plage paradisiaque de quelque île grecque bradée aux intérêts privés.

Lorsqu’elle s’était exprimée au parlement, lors de l’annonce de la fermeture de l’usine de Genk, la députée flamande social-démocrate Kitir, qui y travaille elle-même, avait laissé avec humilité et une certaine classe, dont ne peuvent que rêver les fils à papa de la politique belge, couler sur ses jeunes joues toute la sincérité de l’émotion solidaire qu’elle ressentait vis-à-vis de ses collègues. La voilà aujourd’hui, sans doute sous la pression de tel ou tel fiston de merde, de telle ou telle ministre de l’emploi qui a fait voter gaillardement un plan funeste destiné à plonger toute une catégorie de chômeurs sous le seuil de pauvreté pour satisfaire à l’agenda macroéconomique de destruction de l’Etat-providence par le keynésianisme banquier, qui pointe le doigt en direction de ceux-là même, parmi les ouvriers, qui sont en vérité les dignes héritiers des fiers combattants socialistes qui ont permis à toute la racaille social-démocrate contemporaine de jouir de son statut (1) ! Parions que l’affront fait à leurs ancêtres reviendra, par la main de la progéniture qu’ils auront à dessein rendue miséreuse, dans la face autosatisfaite de tous ces parvenus !

Mais, même hors du terrain des affrontements sociaux et bien loin des frontières de l’Europe-forteresse déclinante parce que toujours en retard d’une guerre, ces respectables gens-là se permettent de donner des leçons, d’aboyer sur les dirigeants socialistes (véritables) de pays latino-américains qui ont le tort, à leur estime, d’axer leur action politique sur les plus faibles, sur le peuple, qui y représente encore – il est vrai – l’essentiel des troupes et dont le cœur est demeuré vaillant. Ainsi de Chavez…

Ce dictateur, élu quatre fois avec des majorités confortables, n’a cessé et n’aura de cesse, si Dieu lui prête vie, de permettre aux pauvres de vivre dignement, pas uniquement dans son pays d’ailleurs : le programme PetroCaribe finance des prêts pétroliers aux pays voisins à des conditions dérisoires, et un taux d’intérêt de 1 % (2). Voilà qui est bien sûr de nature à faire se hérisser les poils de tout ce que l’Europe chérie compte de banquiers (centraux), de grands bourgeois et d’anciens révoltés, trotskystes ou autres, intégralement récupérés par la logique marchande : « bouh, Chavez, bouh, bouh, bouh ! »

De notre côté, n’ayons pas peur de le crier haut et fort : si Mathieu, Galloway et Chavez sont sa marque de fabrique, VIVA EL POPULISMO !

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(1)    Source (NL) : http://www.knack.be/nieuws/belgie/meryame-kitir-populisten-zaaien-onrust-aan-de-poorten-van-ford/article-4000230516945.htm

(2)    Source (NL) : http://www.demorgen.be/dm/nl/990/Buitenland/article/detail/1557058/2013/01/03/Grote-bezorgdheid-over-zieke-Chavez.dhtml

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BLOG EN GREVE GENERALE ! (post ‘mégamix’, mis à jour régulièrement)

Ce blog fut en grève générale du 23/11 au 31/12/12, pour des raisons amplement étayées ci-après.

C’est ce qui explique le caractère particulièrement touffu et confus du présent post. Bonne lecture !

***

Les pensées les plus sincères de l’auteur de ce blog pour 2013 vont à ceux,

both foreign and domestic, qui ont tout sauf quelque chose à fêter…

Syrie

APRES STALINE, A BAS LE SOCAPITALISME !

« La lutte des classes a fait un peu son temps, même s’il reste des antagonismes […]. »

Michel TOCARD, fossile socapitaliste et pute de Rockefeller, bras dessus bras dessous avec le patronat, 1999

DE LA NECESSITE POUR LE SIECLE D’UNE GAUCHE DECOMPLEXEE

QUI NE SOURIT PAS QUAND ELLE PREND DANS LE CUL,

et ose tourner le dos au totalitarisme des marchés pour inventer des sociétés nouvelles !

Trois SDF bruxellois

***

LE REVE EUROPEEN ORWELLIEN (ou son contraire) !

 « Le monde a été divisé en trois classes : la classe supérieure, la classe moyenne, la classe inférieure. […] Les buts de ces trois groupes sont absolument inconciliables. Le but du groupe supérieur est de rester en place. Celui du groupe moyen, de changer de place avec le groupe supérieur. Le but du groupe inférieur, quand il a un but, […] est d’abolir toute distinction et de créer une société dans laquelle tous les hommes seraient égaux. »

Delacroix, La Liberté guidant le Peuple

« Říkat pravdu v čase všeobecného klamu je revoluční čin. »

EU Sakharov Prize for Freedom of Thought & Expression

Free Brad !

«Political chaos is connected with the decay of language… one can probably bring about some improvement by starting at the verbal end.  »

F-T logos

« We have now sunk to a depth at which restatement of the obvious

 is the first duty of intelligent men. »

stock exchange dictating policy and justice

« Alle Tiere sind gleich. Aber manche sind gleicher als die anderen. »

Animal Farm pigs

« Ο Πόλεμος είναι ειρήνη. Η ελευθερία είναι σκλαβιά. Η άγνοια είναι δύναμη. »

« Guerra é Paz, Liberdade é Escravidão, Ignorância é Força.»

« La guerra es la paz. La libertad es la esclavitud. La ignorancia es la fuerza. »

1984 quote

« Diegene die het verleden controleert, controleert de toekomst.

Diegene die het heden controleert, controleert het verleden. »

« Istnieje prawda i istnieje fałsz, lecz dopóki ktoś upiera się przy prawdzie, nawet wbrew całemu światu, pozostaje normalny. »

No more cross, ever !

Jesus sez fuck 'em

« [Big business] has nothing to do with fair play. It is bound up with hatred, jealousy, boastfulness, disregard of all rules and sadistic pleasure in witnessing violence. In other words, it is war minus the shooting. »

Orwell & journalism

***

Yo, l’empereur, avant de prendre congé, en 2013, même pas cap…

–          d’injecter 5 milliards € supplémentaires dans Dexia ;

–          d’introduire un nouvel emprunt d’Etat à destination de la noblesse et des bourgeois milliardaires belges, dont le remboursement fera trimer les serfs ;

–          de faire la bise à Alex, ton nouveau pote, en public ;

–          de limiter les allocations de chômage dans le temps, au nom du benchmarking social du nivellement par le bas, comme le ferait sans hésiter la compétition ;

–          d’ôter une fois pour toutes, par la même occasion, leur citoyenneté aux chômeurs ;

–          de te faire faire un nouveau lifting ;

–          d’offrir à Scott Manyo, qui – le bougre ! – ne souhaite décidément pas retourner au Cameroun, un aller simple pour Islamabad, où il pourra rejoindre Parwais ;

–          de relancer sans coup férir Doel 3 et Tihange 2 ;

–          d’abroger la Justice pour les pauvres ;

–          de relancer le carrousel « Sharia 4 Belgium »

–          de faire trois fois le tour du parc de Bruxelles en courant, en vitupérant : « Maar ouate heeft NVA gueux dan ? » ;

–          d’organiser une énième amnestie fiscale pour les Belges helvétiques ;

–          d’intégrer Standard & Poor’s dans ton gouvernement ;

–          de démissionner, la queue entre les jambes ;

–          de faire la cour à Gutman pour qu’il fasse venir le grand black à Bruxelles, histoire d’accroître, au moment propice, ta popularité face aux méchants d’en face ;

–          de booster le business de ton frère Mario à travers une nouvelle joint venture avec Berlusconi ;

–          de danser le tango avec Albert de Laeken lors du Te Deum ;

–          de nommer le Phil à la place de ton frère spirituel Albert ;

–          de  choisir le macho pour lui faire prêter serment.

MEME PAS CAP !…

***

Dank Elio, dankzij jou zag ik het licht !

Misschien had u het gemerkt : ik ben drietalig (Nederlands, Frans en Engels). Daar moet ik echter niet over stoefen : in België is dit geen uitzondering. Al wie zich in de Brusselse straten en wijkjes waagt weet intussen dat het een van de meest kosmopolitische (met een ‘k’, alstublieft !) steden ter wereld is. Een beetje zoals in Amsterdam horen alle culturen, alle talen, er thuis. De mooiste stad in het universum is tenslotte niet voor niets uitverkoren tot Europese hoofdstad…

Tot op het bot ben ik immers een zinneke, plaatselijk woord voor bastaardje, op cultuurvlak wel te begrijpen. Tweetalige Vlaamse moeder, eentalige Franse vader (en dan nog van Bretoense afkomst, om het nog wat ingewikkelder te maken) : van kinds af aan ben ik letterlijk met twee culturele invloeden opgegroeid, in hetzelfde land ! Mij hoef je dus geenszins de les te spelen wat multiculturalisme en mixiteit van de invloeden betreft.

Een prachtig symbool had mijn stervend vaderlandje kunnen worden, ware het niet voor generaties Waalse en Vlaamse politici, die er jarenlang voor hebben gezorgd dat er tussen de twee belangrijkste gemeenschappen, de Latijnse en de Germaanse, zo weinig mogelijk bruggen zijn gebouwd, zij het op vlak van onderwijs, media, taal, of noem maar op. Opgeruimd staat netjes, of, zoals in het Frans soms wordt gezegd, chacun chez soi, et les vaches seront bien gardées. Met andere woorden, gebrek aan visie, incompetentie, cliëntelisme en machtswellust liggen aan de basis van alle problemen die we nu meemaken.

En al zie je de laatste jaren meer en meer interessante en vaak ook vruchtvolle uitwisselingsinitiatieven opduiken, o.a. tussen de KVS en het Théâtre national, dat tij zal niemand meer kunnen keren : like it or not, er leven in België inderdaad twee volkeren naast elkaar, die minder en minder gemeen hebben en meer en meer uit elkaar groeien.

Er zijn geen Belgen, sire”, schreef Jules Destrée, begin vorige eeuw, in een welbekende brief aan de eerste Albert met dezelfde arrogantie en valse superioriteit die talloze hedendaagse Vlaamse nationalisten kenmerken. Desondanks de Flamenpolitik, waarmee de Duitsers tijdens beide wereldoorlogen tegelijk het pangermanisme wensten te promoveren en de vijand probeerden te verzwakken door zijn schijneenheid af te breken, en waarbij talloze van haar leden – ver van allen, echter – ideologisch gesneuveld zijn, moet men in alle eerlijkheid de Vlaamse beweging toekennen dat ze rusteloos heeft gestreefd voor alle nu voor de hand liggende rechten van de Vlamingen, te beginnen met lesgeven in hun eigen taal.

Dit over tientallen jaren gespreid cultureel offensief heeft de Franstaligen verdeeld : enerzijds heb je altijd de louter Waalsgezinden gehad, die hamer(d)en op de noodzaak aan een tegenoffensief en wier mond grotendeels, bij de Franstalige socialisten althans, door Di Rupo werd gesnoerd, terwijl anderzijds een groot deel van de adel en van de grand-bourgeois met veel nostalgie aan België als concept, weliswaar het België van toen, zijn gehecht gebleven…

Tijdens de beruchte vijfhonderdeenenveertig dagen van de laatste regeringsformatie zag je af en toe groepjes bestaande uit een klein honderd man voor het koninklijk paleis (dat van Brussel-Centrum) defileren tegen het separatisme. Het grootste deel van hen – zo viel uit de reportages die de Vlaamse pers over hen maakte af te leiden – bleek echter geen Nederlands woord kwijt te kunnen, tenzij af en toe met dat typisch blasé accentje.

Zielig allemaal, eigenlijk, een beetje zoals die Premier die we nu hebben, Leburton – euh, sorry, Di Rupo – die altijd al een politiek apparatsjik is geweest maar blijkbaar de tijd nog niet heeft kunnen vrijmaken om eens grondig de eerste taal van het land dat hij beheert te leren. Het gesprek met Rutte in Den Haag, in januari van dit jaar, over de mogelijke ontpoldering van een stukje Zeeland, het vruchteloos terugdringen van het hasjgebruik in puriteins België, en wat nog allemaal, is waarschijnlijk in gebarentaal doorgegaan… En van zo’n eentalige eerste minister wordt dus verwacht dat hij internationaal de Vlamingen vertegenwoordigt. Op taalvlak zijn er arbeiders die het beter zouden kunnen !

Rupo is zogezegd een socialist; hij was zelfs enkele jaren voorzitter van hun internationale koepel. Niettemin heeft hij ermee ingestemd om gedurende twee jaar alle lonen te bevriezen, de werklozen onder de armoedegrens te jagen, hun pensioen drastisch te verlagen, perfect geïntegreerde en Nederlands sprekende asielzoekers zonder enig medeleven naar landen zoals Afghanistan terug te sturen, enzovoort. Met andere woorden, liever strijden voor een lege romp dan tegen sociale achteruitgang. Rupo, de NVA-booster malgré lui, is dus bereid om allerlei soorten pillen te slikken om het land van zijn gedachte, een land dat niet bestaat, in stand te houden. Van zijn idealen is er niets overgebleven, al probeert hij ze nog met de marketingtrucjes van een reddeloze oude clown aan zijn electoraat te verkopen ! De nietsbetekenende  maatregeltjes volgen elkaar op, zonder de minste visie, de minste coherentie.

Maar wat als we nu het prisma eens anders bekeken. Hoe zouden Vlaanderen, Wallonië en Brussel er uitzien mocht de Belgische Staat, na al het politieke getouwtrek van de afgelopen twintig jaar, de opeenstapeling van Staatshervormingen en het steeds groeiende ongenoegen, eens en voorgoed gesplitst worden ? Zou een hereniging met Frankrijk eigenlijk geen heropleving van de Waalse gemeenschap en economie tot gevolg hebben, waardoor de Walen eindelijk met de Vlamingen gelijk zouden staan ? En zou er, aan de andere kant van de taalgrens, geen nieuw leven in het linkse gedachtegoed worden geblazen ? Momenteel wordt de Vlaamse vervoersmaatschappij ertoe verplicht anderstalige reclame op haar bussen te weigeren wegens louter misplaatste ideologische beschouwingen : is dit echt serieus ? Is de splitsing van België niet dé conditie voor het overleven van een of andere vorm van Vlaams progressisme, en misschien zelfs voor een herwaardering van het Frans, zoals in bepaalde Nederlandse kringen het geval ? Ik ben er echt van overtuigd !

Wie weet houdt zo’n oefening ook nog merkwaardige verrassingen in petto. Die onbetaalbare Staatsschuld ? Zand erover ! Brussel ? Brussels DC, verdorie, als het Europa waar ze hier van dromen ooit werkelijkheid wordt, zij het in eerste instantie met een beperkt aantal voorstrevers ! Tsjechië en Slowakije hebben de weg getoond. Nu enkel nog volgen, en eindelijk komaf maken met deze politieke schizofrenie waarin ons land met regelmaat verzuipt !

Weg met een van de slechtste Belgische regeringen ooit, weg met de door de financiële markten aangestelde schijnpremier, en, ja hoor, namens het progressisme, weg met het Belgenland, enkel en alleen omdat het spijtig genoeg niet anders meer kan !

Vlaamse Staat zonder haat

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DEVINETTE DU NOUVEL AN : c’est quoi, ça ?

Ca prononce deux discours par an, que ça n’écrit même pas, dans lesquels ça s’avère incapable de respecter son devoir de réserve. Ca babille quelques mots à peine de la langue de la principale communauté de ce pays. Ca coupe des rubans et prend part à des foires. Ca chie du fric opaque, en grande partie celui qu’a rapporté l’esclavage des Congolais. Et, quand ça n’était pas encore en fonction, ça s’est laissé allé aux pires débauches, à l’occasion desquelles ça a notamment pondu des mioches à la pelle. Ca se permet de paternaliser deux peuples entiers alors que ça devrait regarder plutôt à la fois dans son propre portefeuille et dans son caleçon !

Indice : « La dotation de la famille royale augmentera en 2013 de 300.000 euros, pour s’établir à plus de 11,5 millions d’euros, rapporte De Tijd sur base du budget présenté par le gouvernement au parlement. »

Source : http://www.lesoir.be/144051/article/actualite/belgique/2012-12-26/dotation-d%E2%80%99albert-ii-augmente-300000-euros

A BAS LA MONARCHIE ET SON LAQUAIS EMPAPILLONNE !

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IN ou OUT : le sondage de Nowel

« EN CES TEMPS PERTURBES QUE NOUS VIVONS, SOYONS VIGILANTS, ET MONTRONS-NOUS LUCIDES FACE AUX DISCOURS POPULISTES. ILS S’EFFORCENT TOUJOURS DE TROUVER DES BOUCS EMISSAIRES A LA CRISE, QU’IL S’AGISSE DE L’ETRANGER OU DES HABITANTS D’UNE AUTRE PARTIE DE LEUR PAYS. CES DISCOURS EXISTENT AUJOURD’HUI DANS DE NOMBREUX PAYS EUROPEENS ET AUSSI CHEZ NOUS. »

Weird Al Jankovic, 24/12/12

A ma gauche, un jeune réfugié afghan orphelin parfaitement intégré, disposant d’un emploi d’ouvrier et parlant parfaitement le néerlandais, expulsé sine die de Belgique en juillet dernier par le gouvernement de l’ancien président de l’Internationale socialiste, en raison du climat apaisé qui règnerait désormais dans son pays, et qui a dû, à présent, fuir vers le Pakistan en raison des menaces de mort dont il fait l’objet.

Voici les posts qui lui ont été consacrés précédemment sur ce blog : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/07/09/maggie-de-block-eleve-exemplaire-de-gueant-dans-un-gouvernement-preside-par-un-socialiste/

https://yannickbaele.wordpress.com/2012/07/11/si-parwais-sangari-est-assassine-ce-sera-la-faute-au-mammouth-flamand/

A ma droite, une espèce de sale vermine milliardaire des eighties, qui rachetait des sociétés pour des peanuts puis les revendait, quelques mois plus tard, un gain considérable en poche et des centaines d’employés sur le carreau, un sale ado qui n’a jamais grandi et ne connaît pas ses limites, un ami du véreux donneur de leçons Kouchner, dont la cire du masque d’arrogance a fini par s’effriter, une raclure tout de gouaille et de frime pour midinettes prépubères, comme on les vénérait encore il y a peu en terre gaulliste, qui a, pour échapper au fisc de son pays, établi à Bruxelles (Chaussée de La Hulpe, 178), une société fictive dans laquelle il pompe une partie toujours plus grande des quelque 300 millions € que lui ont versé dernièrement les contribuables français, symbole de la décadence de notre pays, qui tape toujours plus sur ses miséreux mais accueille à bras ouverts les cailleras de la finance internationale.

En cette période de pieuse charité, chacun d’entre vous dispose exceptionnellement d’un carton vert (in) et d’un carton rouge (out). Le jeune ouvrier afghan demandeur d’asile permanent ou le vieux milliardaire sur le retour ? A vous de choisir !

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PAYS-BAS : OPSTELTEN, SES PETITS PROTEGES LIBERAUX-CONSERVATEURS,

LEURS CRIMES SUPPOSES, LA LOI ET L’ETHIQUE : « EEN POTJE NAT ! »

sceptre et couronne des Pays-Bas

Opstelten

« Rien ne s’oppose à ce que des voyants continuent de donner un coup de main à la police dans la résolution de certaines affaires. Voilà l’avis d’Ivo Opstelten (Justice et Sécurité). Il ne voit aucune raison d’interdire l’usage de paragnostes.

Certains délits sont si importants quant à leurs conséquences pour les victimes, sans parler des proches de ces dernières, que le ministère public souhaite considérer toutes les options pour leur résolution », affirme Opstelten. […] Il est nécessaire [pour cela] que l’enquête à l’aide des méthodes habituelles de recherche se soit engluée. […] »

Source (NL) : http://www.powned.tv/nieuws/binnenland/2012/12/opstelten_helderzienden_zijn_o.html

« Les Américains inquiets du sort des accusateurs de Demmink, en danger

Les membres du Congrès américain Ted Poe, Jim Costa et Christopher H. Smith ont fait part, dans une lettre à l’ambassadeur de Turquie à Washington, de leur inquiétude quant à l’intégrité physique des témoins turcs qui ont accusé l’ancien secrétaire-général de la Justice J. Demmink de les avoir violés. […]

« Il semble que les victimes se soient vu promettre de l’argent et que tant eux que des membres de leurs familles aient été menacés. Selon leur avocat, les menaces et intimidations ont été signalées auprès du procureur de Diyarbakir, mais les victimes  n’ont pas encore reçu de protection, ni quelque soutien que ce soit », écrivent les congressistes. […]

« Les victimes ont eu le courage de porter plainte contre un puissant haut fonctionnaire étranger, J. Demmink. Ces victimes (Mustafa et Osman) et le fonctionnaire de police qui affirme les avoir amenées à Demmink sont montées au créneau en Turquie avec des accusations détaillées de viol par Demmink à l’occasion des visites de ce dernier à ce pays au cours des années ’90. Il a été mis un terme à l’enquête néerlandaise sur base des affirmations de Demmink selon lesquelles il ne se serait pas rendu en Turquie après 1987. Néanmoins, divers témoins, tant au sein de l’administration qu’en dehors de celle-ci, se sont fait connaître en Turquie, contestant cette affirmation », concluent les trois politiciens américains. »

Source (NL) : http://www.katholieknieuwsblad.nl/nieuws/item/3092-amerikanen-bezorgd-over-bedreigde-aangevers-van-demmink.html

« Contre l’avis de ses principaux fonctionnaires, le […] ministre Ivo Opstelten (Justice et Sécurité, libéral-conservateur) [a nommé] l’ancien conseiller Pieter Cloo [libéral-conservateur] comme nouveau secrétaire-général de son ministère. […]

Opstelten [voulait] à tout prix quelqu’un d’extérieur au microcosme haguenois traditionnel, ainsi qu’un coreligionnaire en guise de successeur à […] Demmink (libéral-conservateur). Maints fonctionnaires doutent toutefois des capacités dirigeantes et de la loyauté de Cloo; au sein du ministère, il a la réputation d’un goujat. […]

Pieter Cloo est très controversé après avoir, dans le cadre de sa fonction [de vice-président] de l’UWV, fait effectuer des travaux de rénovation pharaoniques aux frais du contribuable. Le coût de [ladite] rénovation s’élevait à 1149 € par mètre carré. Ultérieurement, il aurait menti [à un ministre] quant à la hauteur de ce montant. […] »

Source (NL) : http://www.powned.tv/nieuws/politiek/2012/09/opstelten_wil_partijgenoot_in.html

« Blanchiment d’argent par l’entremise de l’UWV

Des criminels continuent d’utiliser le site de l’UWV [une institution majeure de la sécurité sociale néerlandaise] pour abuser des chômeurs, par exemple en laissant les demandeurs d’emploi blanchir de l’argent à leur profit. […]

En début d’année, le helpdesk ‘fraude’ a tiré la sonnette d’alarme à propos de ce phénomène. Ainsi, les demandeurs d’emploi se voient proposer par exemple un bel emploi administratif. Depuis leur domicile et à partir de leur propre compte bancaire, il leur incombe alors d’accuser réception de sommes d’argent qu’ils auront à transférer vers divers comptes tiers. […] Après que les victimes, qui ne se doutent de rien, ont effectué deux ou trois blanchiments d’argent, elles sont mises sous pression par les criminels, qui semblent être originaires principalement de l’ex-bloc de l’Est, et elles doivent également rembourser le salaire engrangé. […] »

Source (NL) : http://www.spitsnieuws.nl/archives/binnenland/2012/12/witwassen-via-het-uwv

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« Ghosts of Xmas past » (pause philo)

Au défi, les fantômes vous mettent…

Affirmation du premier fantôme

« La fragilité affichée est la marque d’abandon et de faiblesse par laquelle un individu

rend possible à d’autres de le (la) maîtriser. »

Gabriel Ringlet, Eloge de la Fragilité

Affirmation du deuxième fantôme

Mickey Mouse Jr

« La monstruosité, lorsqu’elle est supposée définir et délimiter la différence, n’est en réalité que la projection de l’absence d’empathie de ceux et celles qui portent le jugement. »

Max Papeschi, Nazisexymouse

http://www.maxpapeschi.com/site/?page_id=164

Affirmation du troisième fantôme

« Dans la vie, il y a deux sortes de gens : les dominants et les dominés. »

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« Oh, mon Dieu, l’extrême-droite est le troisième parti grec. »

 Jabba the Hut Venizelos

« YO, MUTHERFOCKER ! »

Tant que l’on n’aura pas compris que la vente de l’idée européenne sous le paravent de garante de la paix ne signifie plus rien pour ceux nés après soixante, bien moins encore pour ceux nés après nonante, l’on n’aura rien compris. Cette Europe est vide. Cette Europe est creuse. Elle ne porte d’autre projet que l’asservissement, le sien propre aux obscures et antidémocratiques puissances de la finance, et celui de ses sujets à l’implacable logique consuméro-productiviste mercantile. Qu’est-il advenu du Livre blanc de Delors, des grands travaux d’infrastructure supposés créer le maillage nécessaire au déploiement et à l’échange au sein des frontières européennes, un TGV transeuropéen à un prix abordable pour tous les citoyens, par exemple ?

Il n’y a plus d’hommes d’Etat, il n’y a plus que des lèche-culs robotiques soumis, apeurés ou résignés. Les technocrates sont des créatures nuisibles sans la moindre vision dont il faut se débarrasser. La religion de l’économie capital-corporatiste est une idéologie qui ne mène pas vers le Ciel, mais vers le centre de la Terre, où sont bradés, en guise d’offrandes à la flamme de l’oubli, tous les idéaux, toutes les références historiques, toutes les pensées philosophiques qui font la richesse véritable de notre continent, et avec eux nos consciences et nos âmes.

C’est une génération entière, la mienne, que les merdeux du pouvoir frelaté sont en train de vouer aux gémonies sur l’autel de la falsification sacrificielle rédemptrice. LEUR EUROPE est un leurre vecteur d’affrontements et de soumission. Ce n’est plus l’Europe des Schuman et autres Monnet, dont les cerbères – les chiens, donc – de la misère organisée ne cessent hypocritement de tresser les louanges. LEUR EUROPE va droit dans le mur, et elle s’en félicite. LEUR EUROPE est dépassée, et ils ne s’en rendent pas compte. LEUR EUROPE est rabougrie, et elle s’en fout !

Le socialisme de pacotille s’est vendu aux plus offrants tout en prétendant maintenir la morale bourge de l’ordre social. La social-démocratie européenne est morte ! Elle n’est plus qu’un squelette sur pattes qui prétend montrer la voie.

La fin des idéologies et de l’Histoire ? La fin de LEUR EUROPE, oui, et de tous les traîtres avec elle !

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 « Έργο καθιστά ελεύθερη. »

Pulvérisation de la nouvelle pensée unique propagandiste et submissive de masse

Combien de fois entend-on un discours si structuré, si vrai et si innovant dans les médias mainstream ?

« Έργο καθιστά ελεύθερη. »

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Et vlan : double peine pour les chômeurs ! En plus de réduire drastiquement leur allocation de subsistance, les plongeant ainsi sous le seuil de pauvreté (!), la roupette vient, comme l’annonçait hier Ter Zake (sur la chaîne Canvas), de marquer son accord quant à une diminution de leur pension ultérieure, ramenée à un « minimum assuré ». C’est qu’on finirait par regretter Leterme…

Nouvelle victoire du bon sens, pourtant : il vaut mieux cela, en effet, que de guillotiner un chômeur par mois sur la place publique, histoire d’inciter ses comprofiteurs à se mettre à quatre pattes devant les Brigadeführer du marché de l’emploi. Hors de mire, aussi, la suppression des provinces et la réduction du financement des partis…

« Depuis 1989, plusieurs mécanismes de financement ont été mis en place. C’est notamment le nombre de voix obtenues aux élections législatives qui détermine le budget octroyé par l’Etat aux partis. Ainsi, chaque formation reçoit une somme de 1,25 euros par vote valable engrangé lors des dernières législatives, un système repris par les Parlements régionaux. A ces sommes s’ajoute un forfait de 125.000 euros.

Il faut également tenir compte des subsides, accordés à hauteur de 50 000 euros par élu, à tous les groupes politiques possédant au moins cinq sièges à la Chambre. « Les partis bénéficient aussi d’une aide apportée par des centres de recherches et différentes organisations du même type. Rappelons aussi que du personnel est fourni comme des collaborateurs administratifs, par exemple », explique Dave Sinardet, politologue à la VUB et à l’Université d’Anvers. »

Source : http://www.references.be/carriere/combien-coutent-les-dotations-des-partis

« Pour l’année 2002, le montant indexé pour tous les partis réunis s’élève à 7.956.929,80 euros pour la Chambre et 7.964.587,36 euros pour le Sénat.

[…]

Chaque parti peut consacrer au maximum 1.000.000 d’euros aux campagnes électorales. Il existe également une limitation pour les candidats individuels, par liste et par circonscription électorale. En ce qui concerne la Chambre, le nombre de candidats qui peuvent dépenser maximum 8.700 euros augmentés de 0,035 euro par électeur est limité au nombre de députés sortants dans chaque circonscription électorale +1.

Tous les autres candidats effectifs, ainsi que le premier candidat suppléant, peuvent dépenser maximum 5.000 euros et tous les autres candidats suppléants peuvent dépenser maximum 2.500 euros.»

Source : http://recueil.apf-francophonie.org/spip.php?article51

Ouf, la démocratie est sauve ! N’oublions tout de même pas que tous ces serviteurs se sacrifient pour l’Etat !!! Que ferions-nous sans leurs prospectus par centaines et leurs jolies affiches colorées aux slogans exotiques ? Nous serions contraints de rester scotchés à la presse traditionnelle, où leurs facce de Big Brothers et Sisters passent en boucle comme s’ils étaient nos proches. Vous n’y pensez pas !

Non, non, l’on a bien fait de s’en prendre aux chômeurs !

Le poing baissé était déjà un signe de mécréance !

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TIC – TAC – BOOM !

Que nous avions tort ! Que nous nous sommes mépris : Di Rupo a des couilles et Turtelboom est le clone d’Onkelinx !

 Nous avions imaginé la formalisation finale du Grand Dessein de la Justice pour nantis, tant il est vrai que lorsque l’argent fait la loi, il n’est point d’autre loi nécessaire. Nous étions convaincus que l’accès égal de tous à la Justice, pilier sans lequel toute démocratie s’effondre, serait raboté davantage encore. Nous concevions déjà le recours aux armes en guise de pis-aller face à un système dont nous pensions qu’il n’avait que faire de ceux qui ne vénèrent pas l’économie.

Or, non seulement la bave de l’austérité n’a pas atteint la blanche colombe Thémis, mais, de plus, les libéraux flamands, qui conspuent pourtant la collectivité, viennent d’annoncer, par la bouche de leur ministre, leur intention d’instituer la mutualisation des frais judiciaires. Une révolution, rien moins !

En l’état actuel des choses, c’est un peu plus de 30 millions € – un budget à nul autre pareil ! – qui sont consacrés annuellement à l’assistance juridique (partiellement ou totalement) gratuite, c’est-à-dire à la mise à disposition, pour Dieu, d’un avocat généreux, tenace et hyper-compétent à ceux qui, sinon, ne pourraient recourir à ce luxe. Organisateur de la fronde gréviste de ses ouailles contre les conditions de vie miséreuses, terribles et indignes dans lesquelles les plonge un Etat exsangue, le Barreau francophone réclame à lui seul le double de ce montant.

En conséquence, des arbitrages s’imposent : assurance privée libre et facultative, hausse du palier de revenus à partir duquel un citoyen peut avoir recours à l’assistance juridique, impôt qui s’abattrait sur quiconque intente une action en justice (1) ? Rien de tout cela…

« Nous pensons, par exemple, à l’introduction d’une franchise forfaitaire, comme il en existe une dans la sécurité sociale ou le monde des assurances […] », déclarait, le 14 décembre dernier, dans Ter Zake, sur Canvas, la parachutée anversoise chargée de veiller au grain (à l’ivraie ?) judiciaire.

Quel que soit le modèle retenu, c’est donc vers une mutualisation des frais d’avocats et de procédure que l’on se dirige. Les nantis tremblent déjà ! Une révolution, vous disions-nous !

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(1)    Lire (NL) : http://www.gva.be/nieuws/experts/johndewit/aid1200883/salduz-na-vijf-maanden-werking.aspx

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Sur l’album de l’archisèche Marquise…

Face à la philo, la fuite : la mouche Notmee atteinte du syndrome Liekendael ! « A nous, Poelaert ! A nous, vous dis-je ! »

Michal Gugu a vomi à la gueule du juge Clébard en pleine messe noire. Ca a bien fait rire l’Advo-Kat général ! Gugu compte présenter son nouveau tube planétaire, « Just is SIEG ! SIEG ! ZIQUE ! big business. Heileluïa ! » à un public sélect dans les catacombes de BOZAR. Tenue d’Eve exigée…

Frère Benoît a cassé la tirelire du petit Grégory. C’est la peine de mort assurée !

« ’69, année éwotiek », le dernier remix en date d’Urbanus, fait figure de favori en guise de nouvel hymne du Keizerrijk Vlaanderen. La concession fatale du castor ?

Est-il certain qu’avec tout ce gras, l’ambassadeur martien honore de son vert membre le gala d’ouverture du Sodobar ?

Ju, ta meuf a appelé. Elle a plus de bitter lemon ! Elle espérait que tu pourrais la dépanner.

« Tetszik amit látok », lui lança mélodieusement Roland. « That much, huh ? », sourit Mickey…

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« J’ai entendu une interview, il y a quelques années, [de Carlos Ghosn]. On m’avait décrit un tigre de l’industrie, un type incroyable. Il arrive au salon de l’auto. On lui [demande si ce sera difficile]. Il [répond que oui, en précisant que] par prudence, il faudrait quand même [licencier] un peu. [En fait, c’est un minable technocrate] sans la moindre idée. […] Ces gens qui nous fabriquent la fatalité ne sont pas des inventeurs ! Ce ne sont plus des inventeurs ! Or, les syndicalistes et les travailleurs sont parfois des inventeurs. »

Didier Bezace, homme de théâtre, Ce Soir ou jamais, 04/12/12

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« Je n’ai jamais été banquier et ma connaissance de ces questions a toujours été superficielle. » (*)

Momo, l'ange exterminateur

Maurice Lippens (alias Momo Chtencull), ancien président du CA de Fortis (banque balayée en 2008 par la crise financière en raison d’investissements et de stratégies foireuses, rachetée pour des cacahuètes par BNP Paribas), inculpé pour délit d’initié, le 16/11/12

(*) Sources (NL) : http://www.youtube.com/watch?v=RWHtxb668es

http://www.demorgen.be/dm/nl/996/Economie/article/detail/1535370/2012/11/16/Lippens-schiet-op-iedereen-en-was-nooit-bankier.dhtml

 « Je ne suis pas un spécialiste de l’aviation. » (**)

Steevie Davie, son loden déchiré, sa pipe

Etienne Davignon (alias Steevie « Da Bilderberg Head » Davie), ancien vice-roi de Belgique, ancien VP de la CE, président du CA de Brussels Airlines (société qui vient de décider le gel des salaires de ses employés ainsi qu’une flexibilisation accrue de leur labeur, en raison de pertes successives de dizaines de millions €), le 05/12/12, entre 2 éructations glaireuses

 (**) Source : Ter Zake, VRT

« Je ne suis pas responsable du bordel. » (***)

Zan-Luc Geen- Commentaar

Zan-Luc Dehaene (alias « Geen Commentaar »), ancien président du CA de Dexia, banque en liquidation bourrée d’actifs toxiques, ancien premier-ministre du Royaume de Belgique, ancien parlementaire européen, ancien administrateur omniscient de près de 20 grandes entreprises belges, le 07/11/11

(***) Source (NL) : http://www.gva.be/nieuws/economie/aid1090089/dehaene-over-dexia-niet-verantwoordelijk-voor-de-puinhoop.aspx

Traduction libre mais non tronquée

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Les nouveaux chiens de garde (docu)

Erin Brockovich vs. Erin Burnett : médias mainstream putes du pouvoir ?

Lorsque la mosaïque formée par la somme des angles supérieurs est tellement discordante de la mosaïque globale et réductrice par rapport à celle-ci, il est inévitable qu’une tension surgisse. Il appartient aujourd’hui à chacun de s’interroger sur ce à quoi cette dernière donnera lieu…

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(extrait de « Body Without Soul », documentaire de 1996 du réalisateur Wiktor Grodecki)

Tournesols

Bien qu’en grève, le présent blog ne s’interdit pas, lorsque son auteur sent monter la sève ou qu’un sujet particulier tend à le faire gerber copieusement, d’incliner le projecteur sur l’un ou l’autre sujet particulier. Jusqu’à présent, c’est principalement, sous ses diverses déclinaisons, à l’injustice sociale structurelle dont nos sociétés occidentales périclitantes font désormais, au nom, bien sûr, de la réalité une et indivisible, leur pilier principal, qu’il s’est autorisé l’une ou l’autre digression. Mais il importe, aujourd’hui, de rendre un hommage…

Un hommage poignant, viscéral, sincère, oserait-on écrire intime, à ce frère lointain et proche à la fois, ce cousin en quelque sorte, qui, en toutes circonstances et sous les pires auspices, a bravé, ces dix dernières années, le pugilat populaire d’une poignée de fanatiques subversifs aux relents poujadistes. Ecrivons-le sans crainte : Broeder Demmink, nous serons toujours avec toi !

Avec toi contre les meutes rugissantes qui, après avoir réclamé à cor et à cri, sans l’obtenir, ta démission de ton poste de secrétaire général du ministère de la Justice et de la Sécurité des Pays-Bas, où tu étais paisiblement logé depuis 2002 et dont tu as eu, en raison de ton âge avancé, à te défaire le mois dernier, cherchent, aujourd’hui encore, par l’entremise d’articles divers – tous fallacieux, bien sûr –, de commissions parlementaires américaines biaisées, voire d’intimidations – on aura tout vu ! – à t’avilir, toi, le fidèle serviteur de l’Etat batave, toi qui t’es sacrifié pour le Bien de tes compatriotes, toi qui as fait de ton maroquin un sacerdoce ! Il en est décidément qui ne reculent devant aucune bassesse !

Car, affirmons-le tout de go, la succulence que tu éprouves à engloutir des bites et à coincer la tienne dans d’alléchants petits Prdele ne saurait, en toute franchise, en ce millénaire naissant éclairé de mille lumières, être retenu à ta charge. Qu’elle te fût imputée, soit, mais honni soit qui mal y pense, tu en conviendras. Malsain est ce persistant amalgame qui tend à associer de facto les pratiques qui précèdent avec l’expression d’un amour des enfants qui excède de loin leur âme. Voudrions-nous, en effet, un retour à l’âge des cavernes du milieu du siècle dernier, lorsque des descentes de la police des mœurs égayaient régulièrement les night clubs homosodomites ? Que nenni ! Cela n’aurait ni queue ni tête, tant le velours que choisit la première – que la seconde la suive ou non, à défaut de la précéder, est l’affaire des intéressés – n’a, dans le cadre d’un consentement éclairé, à être confronté à aucune autre médiation. Les médias mainstream et leurs spécialistes attitrés ne s’y trompent pas, d’ailleurs, qui font, à de très rares exceptions près, l’impasse totale sur ton cas, fossilisant ton dossier (le gelant, en quelque sorte) jusques aux grecques calendes.

Au diable, donc, les diverses accusations qui t’impliquent dans le viol répété de mineurs, tant dans ton pays nouvellement forteresse qu’en Tchéquie et en Turquie : tous soudoyés, ces malotrus, tous au service d’un agenda inavouable ! Comme l’affirme, dans la foulée de l’ambassadeur pays-basien aux Etats-Unis, le preux ministre qui exerce sa tutelle sur le département où tu excellais, des « enquêtes approfondies » ont permis de démontrer toute leur impertinence. Certes, lesdites enquêtes ont été effectuées sous le sceau d’un mandat qui, sous le prétexte de la plausibilité a priori d’une accusation, excluait tout devoir d’enquête particulier (1), notamment vis-à-vis de tes accusateurs turcs, parmi lesquels d’anciens policiers et d’anciens membres des services secrets, mais nous savons tous avec quelle facilité ces gens-là mentent, n’est-ce pas ? Après tout, s’il doit son origine à la langue persane, le mot ‘bakchich’ n’a-t-il pas transité par le turc avant d’atteindre le berceau du monde industrialisé, civilisé en somme ? Et puis, comme dirait Jack, « il n’y a vraiment pas de quoi fouetter une soubrette » ! Ces pays-là ont d’autres mœurs, cela se sait bien !

Quant à la conversation téléphonique retranscrite a posteriori dont certains prétendent qu’elle acte la commande par tes soins à un maquereau depuis lors décédé d’un ou deux nouveaux petits objets de désir d’une douzaine d’années, il ne peut s’agir que d’une falsification. Nul n’ignore comment, parfois, certains policiers fonctionnent, tu étais bien placé pour le savoir…

Innocent, tu es, Jo, au début de ce XXIe ce que Dreyfus fut à la fin du XIXe. En vérité, je te le dis, tu es la véritable victime, dans cette louche affaire qui mêle allègrement, en un gigantesque tourbillon d’ordures, les Ridgeston, les Schadwald, les Dutroux et les Demmink de ce monde !

Tu mérites notre respect, Jo, à nous tous ! C’est pourquoi, faute d’autre interlocuteur, nous en appelons au Ciel et nous crions : « (s)nuff about that, free Willy » !

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(1)    Source : http://www.katholieknieuwsblad.nl/nieuws/item/2951-ministers-scharen-zich-achter-demmink-brief.html

Pour davantage d’informations, lire le post suivant : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/11/16/en-plots-voelden-ze-iets-onderaan-en-ze-keken-ja-hoor-hun-onderbroekje-was-vol-stront/

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Les sujets qui suivent sont sans lien avec ce qui précède.

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Lolita

« Le clivage politique n’est pas du tout celui [dont fait état] le débat médiatique ordinaire. Il y aurait la droite, il y aurait la gauche. Le parti socialiste serait la gauche, qui serait contre la droite, etc. La ligne ne passe pas du tout là : le véritable clivage passe entre ceux qui sont implicitement d’accord – et d’un accord inavouable – pour travailler à l’intérieur du cadre et ceux qui, d’autre part, veulent sortir du cadre et le refaire. C’est la différence fondamentale, et c’est ça, la différence entre la droite et la vraie gauche. La vraie gauche, c’est celle qui veut refaire le cadre. Or, écoutez les propositions du parti socialiste officiel […], vous n’y [entendrez] strictement rien qui soit de nature à altérer significativement les contraintes structurelles qui forment le cadre en question. Ces contraintes structurelles […] sont au nombre de trois, [ce qui rend le cadre] triangulaire : premièrement le régime du commerce international, c’est-à-dire le libre-échange, [dont fait partie] la liberté des investissements directs, c’est-à-dire ce qui, très concrètement, autorise les délocalisations […]. De temps en temps, on sort le Lamy [directeur « socialiste » de l’Organisation Mondiale du Commerce] pour nous dire : « attention, ne cédez pas aux tentations protectionnistes, ce serait le retour à la xénophobie et à la guerre. » Deuxième côté du cadre : la finance foldingue, c’est-à-dire celle qui a [occasionné le scandale] des ‘subprimes’, l’appropriation des marchés de capitaux par les mégacorporations, la licence des institutions financières de faire ce qu’elles veulent et de prendre en otages les pouvoirs publics et les corps sociaux tout entiers [qui leur sont venus] en aide quand elles se sont pété la binette. Troisième côté du cadre : le modèle de politique économique européen, tel qu’il a délibérément organisé la surveillance des politiques économiques nationales par les marchés financiers. […] C’est le fait que les marchés financiers et les créanciers internationaux sont devenus les véritables décideurs, en dernier ressort, des orientations des politiques économiques : nous faisons la politique économique qui convient aux investisseurs et aux agences de notation ! [Voilà] les trois côtés du cadre. [Voulons-nous] rester dans le cadre ou [voulons-nous en] sortir : c’est la seule et unique question qui soit vraiment significative, du point de vue du débat politique à venir. »

Frédéric Lordon, « Là-bas si j’y suis » à la Fête de l’Huma, 16/10/11

De quoi se composent les actifs de la bad bank Dexia dont l’Etat belge s’est porté garant à hauteur de plus de 40 milliards € ? Et qui en sont les détenteurs ? Quels anciens dirigeants et administrateurs auront-ils à répondre pénalement et vis-à-vis du peuple de leurs négligences et de leurs fautes répétées ?

En Belgique, aujourd’hui,

– inciter les entreprises, c’est leur accorder des ristournes fiscales (donc leur octroyer du fric qui revient à l’Etat)

– inciter les chômeurs, c’est diminuer (de 17 à 40 %) leur allocation de subsistance, tout en les harcelant en permanence.

« Aaaayez confiaaance, faites des effoooorts »

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125 MILLIARDS € REFILES AUX BANQUES ESPAGNOLES

SANS LA MOINDRE CONTREPARTIE SOCIALE ?

28/11/12 : sur proposition de la Commission européenne, en particulier de son commissaire à la concurrence Almunia (« socialiste »), 37 MILLIARDS d’EUROS des contribuables européens TOMBENT DANS L’ESCARCELLE DES BANQUES ESPAGNOLES (1), en attendant 88 autres milliards d’euros d’ici à la fin de l’année ! La contrepartie ? La fermeture de la moitié de leurs filiales et des licenciements en cascade. ILS N’ONT RIEN COMPRIS !!! Ce socialisme européen de pacotille est mort !

8:52 > 10:01

Tout occupés à mettre les Etats dans des conditions qui rendront inévitable une mutualisation européenne des dettes qui plomberait l’Europe tout entière à son tour et l’asservirait aux prêteurs étrangers, ces leaders de pacotille peinent décidément à concevoir l’ouragan qui va s’abattre sur eux !

L’Europe n’a aucun projet ! L’Europe telle qu’elle est est une coquille vide. Unir l’Europe ? Pourquoi et pour qui ? Tant que ces questions resteront sans réponses, toutes les tentatives de fédéralisation échoueront piteusement. Et c’est très bien ainsi !

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(1)    http://www.europeanvoice.com/article/2012/november/four-spanish-banks-need-37bn-says-commission/75806.aspx

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