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Nouvelle résolution française au Conseil de Sécurité de l’ONU : la ficelle est trop évidente !

Dès lundi devrait, nous apprend l’AFP, être débattue par cette instance une nouvelle proposition de résolution présentée conjointement par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne dans le cadre de la lutte contre le recours aux armes chimiques par des Etats belligérants.

Une nouvelle fois, sa formulation est telle qu’elle aboutira nécessairement à l’utilisation par la Russie de son veto pour en empêcher l’adoption. En effet, le texte fait, semble-t-il, explicitement référence à l’événement de Douma comme une cause entendue, alors que n’existe bien sûr aucun consensus international sur la question, la mission d’enquête n’ayant débuté qu’hier, après les frappes occidentales, et qu’aucune preuve n’a été produite par les trois coalisés de circonstance pour valider leurs assertions : compiler ces dernières dans un rapport officiel comme autant de déclarations de foi ne suffit pas…

Compte tenu de la prévisibilité de ce veto russe, qui, bien entendu, sera utilisé une fois encore par les chancelleries occidentales pour pointer du doigt l’absence de bonne volonté présumée et le prétendu entêtement de Moscou, une prévisibilité renforcée par le fait qu’adopter ladite proposition de résolution n’équivaudrait pas uniquement pour la Russie à souscrire à l’interprétation occidentale, mais aussi à valider a posteriori les représailles de la nuit dernière, illégales au regard du droit international, celui-là même dont le Conseil de Sécurité de l’ONU est supposé garant, se pose à la France (et à ses alliés) la question suivante :

Monsieur Macron, l’objectif que vous avez avancé comme justification de la riposte militaire française d’hier en Syrie, à savoir empêcher tout recours à des armes chimiques par un quelconque Etat-membre, notamment en réprimant de manière dissuasive celui ou ceux qui franchirai(en)t ce que, dans la foulée du président Obama, vous aviez qualifié de ligne rouge, serait-il, en définitive, secondaire par rapport à vos jeux politiciens avec la Russie ? Pourquoi avez-vous, avec vos alliés, intégré sciemment à ce texte des éléments qui rendront impossible tout consensus autour de cette problématique, torpillant ainsi vos propres ambitions affichées  ?…

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Cette question ne sera posée par aucun journaliste occidental de la presse mainstream

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Si vient la guerre, limpides en seront les fondements, dantesques les conséquences…

« Comme la nuée porte l’orage, le capitalisme porte en lui la guerre, fût-elle diversion. »

Jean Jaurès, extrait (revisité) du discours à la Chambre des Communes, 1895

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La guerre, une génération d’enfants gâtés occidentaux y aura échappé. Aura-t-elle permis à une postérité qui l’a toujours embarrassée d’en faire autant ?…

Melancholia, opening sequence

Le temps. Tout est question de temps. Or, les horlogers sont pressés. La fenêtre de tir qui s’était ouverte suite à l’écroulement de l’empire soviétique est en passe de se refermer. Encourager et financer de par le monde des mutineries, des coups d’Etat, et même des soulèvements prétendument populaires, a certes fait partie de leur attirail durant tout le siècle dernier, sans remonter plus loin, mais l’éruption récente et quasi concomitante de conflits longs et violents le long de lignes de fracture civilisationnelles périlleuses, qui rendent l’équilibre géopolitique particulièrement instable, et le résultat d’un embrasement plus général particulièrement volatil, tend à démontrer leur empressement.

Le chaos a toutefois des définitions variables. Ainsi, dans un monde marqué par l’émergence de puissances nouvelles, les Etats-Unis d’Amérique du Nord méridionale et leur colonie européenne perçoivent la principale de ces puissances émergentes, adossée, qui plus est, à une vaste Russie qui reprend du mordant, comme une menace pour l’ordre planétaire tel qu’ils avaient envisagé de l’instaurer au tournant de la dernière décennie du siècle dernier, c’est-à-dire sous leur coupe. Qu’il leur faille recourir à d’incertaines déflagrations chaotiques localisées afin d’endiguer ou de freiner la progression d’une influence étrangère qui promet de menacer cet ordre relève donc pour eux, dans cette logique, du moindre mal.

« Order and chaos, two universal opposites from before the beginning of time… While most of us are familiar with the concept of positive order and negative chaos, there is also such a thing as negative order and positive chaos. We are living in a world filled with chaos and order, much of it negative on both counts. The widespread chaos of drugs, disease and war have taken their toll on the planet, while political and corporate order threatens the freedom of not only the human body, but the mind as well. When the mind becomes slave to an order that would destroy its freedom and create chaos within the soul, it becomes necessary to disrupt that order, to destroy its power. There is a new chaos coming, one that has been growing over the past century, threatening to destroy all that the old order has built, threatening to create a new order that will have no respect for past, present or future. […]»

UR, Words From Atlantis

L’ordre dont question n’est bien sûr aucunement celui d’un peuple particulier, ni celui de tous les peuples conjugués, tel que l’ONU tente maladroitement et disproportionnellement de l’établir depuis plus d’un demi-siècle, mais celui, théiste, d’une caste transnationale dénuée d’identité particulière, qui a pour ambition d’asseoir son pouvoir féodal sur les ruines de la civilisation : lorsque sont neutralisées les forces vives, il ne reste plus que les forces mortes

C’est cette caste qui cherche coûte que coûte à faire passer en force, fût-ce (y compris sur l’autre rive de l’Atlantique) par le biais d’une éclipse parlementaire qui pourrait signer définitivement l’amorce de l’ère post-démocratique, des traités dits de libre-échange qui auraient, pour elle, le double mérite d’isoler Chine et Russie de la majorité de leurs partenaires commerciaux directs (accroissant ainsi, de façon indirecte, la prééminence militaire de l’Empire), et de porter enfin sur les fonts baptismaux l’Econburo auquel elle aura inlassablement aspiré.

C’est le grand paradoxe que nos sociétés n’assument pas : celui qui invite à s’ouvrir à un Autre qui n’est autre que soi ! De l’Autre distinct aux multiples de l’Un : tel est le mouvement de balancier obsolète auquel, avec la fermeté d’usage, nous convie, à toute échelle, ladite caste, dont le projet se décline sous forme de triptyque.

Pour ainsi écrire, nous évoluons à présent dans la première partie de ce Grand Ouvrage en trois volets, à savoir le big crunch. Durant cette phase, les particules s’agglomèrent, l’air se raréfie, le divers s’efface. Les possibilités se font contrainte, l’horizon visière, la collective intelligence sélective, un peu plus doucement tyrannique encore. Les mêmes images se répètent, tandis que s’agitent les fourmis… Par la force d’attraction, le métal se corrompt, et la représentation, elle, s’évanouit !

A l’heure qu’il est, la grande duperie ayant assez duré, tous les hommes dits politiques traditionnels ont, au gré de leurs incessantes diversions, épuisé quasiment l’entièreté de leur capital de sympathie. Ils sont tous devenus dispensables, voire bien pire : nuisibles par leur inertie. Figurines en carton essoufflées qui attendent que le vent les balaye, ils sont déconnectés. Déconnectés d’une misère que leurs logiques désuètes et exclusives, auxquelles ils sont impuissants à se soustraire, ne font qu’accroître, sous le ciel assombri d’une austérité décrétée de toute pièce, comme sous celui, si délicieusement bucolique, sous la croissance duquel se diluent à vue d’œil les amas de sans-nom déguenillés : que l’emporte dans le menu rigueur ou croissance, les assiettes demeurent vides pour les sacrifiés !

Taux d’abstention dans « la plus grande démocratie du monde » oscillant entre 46 (dernière présidentielle) et 62 % (dernières législatives de mi-mandat) (1), augmentation de 43 % du taux de mortalité infantile en Grèce (2), chute à 14 % des opinions favorables à l’action du Congrès états-unien en 2013, avec un pic négatif de 9 % durant les trois derniers mois de l’année (3), inflation de 21 % du nombre d’enfants hellènes mort-nés (2)… Des chiffres, rien que des chiffres, comme ils les aiment, mais ceux-là importent peu ! Tournez, manège… Dans un contexte de surpopulation endémique, bienvenue est la faucheuse…

« I hate this place, this zoo, this prison, this reality, whatever you wanna call it. I can’t stand it any longer. It’s the smell, if there is such a thing. I feel saturated by it… »

Agent Smith

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Le big crunch, c’est aussi l’oblitération du surmoi. De la loi fondamentale à la loi de la jungle, de l’absence de loi à la loi du plus fort : ainsi œuvre le dogme de concurrence de l’évangile spencérien, que la caste dominante a irrigué de son sang bleu frelaté et dont elle nous gave à présent comme des oies en cage, passant par pertes et profits la valeur intrinsèque de l’humain, de chaque humain ! Faut-il être pythie, faut-il être Cassandre, pour discerner au loin les contours possibles d’une autre de ces cathédrales au destin renouvelé d’abattoir cathartique ?…

A l’inanité de la pseudo-représentation actuelle devra répondre tôt ou tard le retour d’une forme d’autorité primitive, car le pouvoir ne saurait tolérer la vacance, fût-elle symbolique. De larges franges populaires, abasourdies, ne semblent plus en mesure, en outre, de distinguer le soleil des vieilles lunes : mission accomplie ! A cela, à en juger par la militarisation de l’arsenal policier, les forces constituées semblent s’être préparées. La rigidité de la discipline d’antan prendrait alors le pas sur le renoncement amorphe ponctué de coups de colère vains. A la liberté, que certains chérissaient alors qu’ils étaient sous contrôle et que d’autres, se sachant sous contrôle, ne pouvaient atteindre, il s’imposerait alors de dire « goodbye »…

Lorsqu’un corps vivant est rigide, il est la proie des stimuli. A l’instar d’un amant habile qui sait précisément, en fonction des circonstances, de quelle gestuelle il lui faut faire usage, de même que quand et où l’appliquer afin d’obtenir le résultat escompté, il est possible de réaliser une cartographie plus ou moins précise des réactions qu’un groupe donné manifesterait à un événement déterminé. Qu’elles aient ou non ressorti à un grand bluff, les menaces de bombardement allié de la Syrie, durant la seconde moitié de 2013, ont démontré à cet égard l’énorme rétivité de populations occidentales échaudées par les péripéties aventurières menées par l’Empire depuis le début du millénaire à leur réédition : les sondages successifs étaient unanimes pour le mettre en évidence.

Par conséquent, un incitant s’impose pour atteindre l’orgasme, ou conquérir les foules. Or, contrairement à ce que ressasse la propagande médiatique, un acte terroriste est presque toujours, de près ou de loin, le fait de l’un ou l’autre service secret. Néanmoins, dans le cas où ces services ont fait l’objet d’une privatisation larvée, la situation se complique singulièrement, car comment résister à la pression d’un appareil industriel militaire qui absorberait désormais plus d’un billion de dollars par révolution terrestre, et qui représente, pour l’année fiscale 2015, 55,2 % d’un budget dit discrétionnaire (4) ?

US Discretionary spending FY 2015
« You have to understand that where there [are] great powers at work – I don’t mean shadow conspiracies [but] enormous cultural powers, enormous industrial powers, the vast network of corporations that interact with government agencies around the world, selling their products, shipping their logistics from one place to another (The N.S.A., for example, now has approximately 70 % of its expenditure passed through Northrop Grumman, Lockheed Martin, etc.) –, this produces a lobby that pushes in particular directions. »

Julian Assange, Oxford Union, Jan. 23, 2013

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Comment, par ailleurs, garantir la loyauté constitutionnelle de l’ensemble des taupes privées, des mercenaires et des ex-agents reconvertis, pour la plupart munis de volumineux Rolodex, dès lors que nombre d’entre eux ne font mystère ni d’une allégeance distincte ni d’une préférence affirmée pour des méthodes plus musclées que celle à laquelle recourt le pouvoir élu, même dans le cas où cette dernière est loin de faire preuve de finesse ? En d’autres termes, comment maîtriser avec certitude les incartades éventuelles et les élans fascistoïdes des Duane Clarridge et des Erik Prince de ce monde, ainsi que ceux de leurs semblables, de leurs subordonnés et de leurs relais locaux ? Tel est le dilemme du totalitarisme idéologico-militariste états-unien, qui, nonobstant un usage régulier et démesuré de la force par la Maison-Blanche, se retourne contre ses exécutants comme un boomerang revient vers son destinateur, rendant particulièrement floue la configuration des lieux de décision (donc de pouvoir) avérés.

Lorsque, poussé dans ses retranchements, Prince, Erik s’est vu contraint de mettre la clé de Blackwater sous le paillasson, la première armée de mercenaires d’Etat au monde (en termes d’effectifs autant que de budget) s’est, suivant en cela l’exemple des grands fraudeurs fiscaux, fragmentée en une bonne trentaine d’entités distinctes afin qu’au moins trente Jeremy Scahill soient nécessaires pour corréler les éléments épars de leur dirty business. Quant à l’intéressé, il s’est exilé aux Emirats-Unis (pour ses plages de sable fin, sans doute), mais revient périodiquement au bercail : ainsi, le 17 décembre dernier, par exemple, il a été accueilli avec tous les égards dus à un tortionnaire sur le plateau du comique de foire Jon Stewart , où les rires complaisants ponctuaient le récit quasi apologétique de la première manche de la fumeuse guerre contre la terreur. Pourquoi bouder sa joie, en effet ?…

« You know, people ask me that all the time, ‘Aren’t you concerned that you folks aren’t covered under the Geneva Convention in [operating] in the likes of Iraq or Afghanistan or Pakistan?’ And I say, ‘Absolutely not,’ because these people, they crawled out of the sewer and they have a 1200 AD mentality. They’re barbarians. They don’t know where Geneva is, let alone that there was a convention there. »

Erik Prince, sous-traitant de la CIA, janvier 2010

Dans l’enregistrement audio qui atteste la citation qui précède, l’on peut entendre également le Prince des Ténèbres qualifier l’Iran de « foyer du mal », insistant de surcroît sur « l’empreinte carbone minime » que laissent derrière eux les mercenaires qu’il dirige, en comparaison à celle de l’armée des Etats-Unis… (5). Préciser que la petite entreprise qu’il a fondée dans l’un des foyers de pétrodollars est « indépendante de tout commandement formel et de toute structure de soutien sur le territoire entier des Emirats-Unis » (6) pourrait aussi revêtir quelque pertinence. En effet, si la deuxième phase est inévitable, c’est-à-dire si, en un laps de temps limité auquel l’astronomie classique serait étrangère, le big bang au big crunch était appelé à succéder, sans pour autant que s’apaise dans l’immédiat la tentation d’autorité, il y a fort à parier que « des créatures surgies des égouts » de l’acabit de Prince y joueraient un rôle prépondérant.
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Ici et là, des légions de soudards se déploient, en effet. Ainsi, l’agence ITAR-TASS rapportait, il y a quelques jours, que quelque huit cent mercenaires de la démocratie auraient récemment débarqué à Kiev afin de mater l’insurrection dans le sud-est ukrainien, à quelques kilomètres de la frontière russe (7). Simultanément, les troupes russes stationnées en Transnistrie effectuent, ces jours-ci, des exercices militaires préparatoires. (8)

La Transnistrie est un territoire d’un peu plus de 4000 km² non reconnu par l’ONU qui s’étend, sous la forme d’une longue bande de terre, presque tout le long de la frontière est de la Moldavie (voisine directe de l’Union européenne), laquelle correspond au flanc ouest de l’Ukraine. Elle bénéficie d’un statut spécial et s’est récemment prononcée, comme la Crimée, en faveur d’un rattachement à la Russie. Sa population bigarrée se compose principalement, à proportions équivalentes, de Moldaves, d’Ukrainiens et de Russes…

Il est à craindre que ce développement, qui pourrait donner à l’Ukraine le sentiment qu’elle est prise en étau, n’aggrave l’antipathie grandissante du nouveau pouvoir de Kiev, pour l’heure non légitime, à l’égard de la Russie, qui se manifeste à la fois dans les discours publics et les actions violentes des sympathisants des ministres nazis du gouvernement dit intérimaire et dans les conversations privées délirantes des égéries du grand virage européen (9). Au lieu de faire preuve de raison, ces derniers enveniment ainsi le chaos civil, qui pourrait à tout moment dégénérer. Parallèlement, le glaive de l’OTAN ne cesse de s’affuter…

Mais rien n’indique avec une absolue certitude que l’Ukraine sera le théâtre d’un nouveau big bang éventuel. Si ce n’est pas l’Ukraine, ce pourrait être l’Iran : si cher à Prince, il est central et décisif sur la route d’approvisionnement énergétique de la Chine. Certes, c’est aussi l’un des derniers pays de la région à s’opposer à la reconnaissance d’Israël, mais, dans la perspective d’ensemble, ceci paraît, pour l’heure, secondaire. Quoi qu’il en soit, les intérêts états-uniens et sionistes pourraient coïncider (de nouveau) dans leurs effets pervers…

Daniel Waples, Hang In Balance (hang drum concerto)

Si ce n’est pas l’Iran, ce pourrait être un autre théâtre encore, quoiqu’il y ait fort à parier que le dessous des cartes au Moyen-Orient n’a pas encore été intégralement divulgué…

L’atteste par exemple une tribune suintant la supériorité morale publiée il y a quatre jours dans le Washington Post, dans laquelle l’ancien généralissime Petraeus, pourtant logé à bonne enseigne en matière de terrorisme en raison de ses escapades militaires prolongées en Afghanistan puis en Irak, lesquelles lui avaient valu d’être bombardé à la tête de la CIA, qu’il a dû quitter la queue entre les jambes pour de vulgaires broutilles (nous a-t-on dit), échouant, dans la foulée, à la City University de New York, où il officie à présent ès qualité de professeur invité, une nomination de compagnonnage qui s’est accompagnée, en début d’année académique, de volées de bois de vert à son adresse, envoyées avec la ferveur due à l’idéalisme immaculé d’une poignée d’étudiants rebelles (lesquels – il y a une justice ! – ont tous été poursuivis pour ce crime de lèse-majesté), affirme, droit dans ses bottes et alternant carotte et bâton, que, même s’il est judicieux de persévérer afin d’obtenir de l’Iran un accord final en matière nucléaire, il n’en est pas moins « plausible que la levée des sanctions renforcerait la capacité de Téhéran de projeter une influence néfaste sur son environnement immédiat, en ce compris la Syrie, le Liban, l’Irak, la péninsule arabe et les territoires palestiniens. » (10)

Accolant avec obstination l’épithète de terroriste à l’Etat-phare de l’axe du mal, l’impérialiste donneur de leçons poursuit sur sa lancée en déclarant que « plutôt que de marquer la fin de […] [la] longue lutte [des Etats-Unis] avec l’Iran, l’obtention d’un accord en matière nucléaire pourrait […] amener [ceux-ci] et [leurs] partenaires au Moyen-Orient à se trouver confrontés à un adversaire plus coriace et, à certains égards, plus dangereux. »

Et l’éminence déchue, tirant les seules conclusions logiques qu’une telle prise de position autorise, de conseiller, après avoir salué la décision de l’Administration américaine de fournir « un nombre limité de systèmes d’armement stratégiques significatifs » aux rebelles syriens, de réfléchir à « la forme que pourrait prendre un nouveau régime de sanctions [à l’égard de l’Iran] à l’aube d’un accord concernant le nucléaire », suggérant même, en parallèle à la levée éventuelle des sanctions liées à la suprême menace, de « maintenir en l’état les pénalités liées au terrorisme, et [d’] envisager d’en instaurer de nouvelles afin d’empêcher les entreprises, les banques et les individus liés à des activités de déstabilisation régionale » de crier victoire.

Et, comme il serait futile de s’abstenir de capitaliser sur dix ans d’errance militaire, l’ancien haut gradé défroqué conclut en soulignant que « plutôt que de permettre à Washington de réduire sa présence au Moyen-Orient et de concentrer son attention ailleurs, il est probable qu’un accord nucléaire avec Téhéran […] contraigne [les Etats-Unis] à intensifier [leur] présence militaire, diplomatique et de renseignement dans la région afin d’aider [leurs] partenaires à contrebalancer la puissance croissante de l’Iran ».

Quoi que Petraeus prétende dans la presse, si vient la guerre, d’éminents haut-parleurs de la basse parole en auront annoncé la nécessité ou, en tout cas, le caractère quasi inéluctable. En effet, polymorphe dans son appréhension, celle-ci serait destinée, selon eux, à répondre à un besoin supérieur : celui de relancer une économie stagnante qui pourrait à tout moment piquer du nez, le champ de bataille n’étant plus alors qu’un moyen, malléable dans son utilisation et variable dans sa localisation première, de rectifier l’incurie des quinze dernières années, dont un autre président dit démocrate avait donné le coup d’envoi par l’abolition du Glass-Steagall act, laquelle a précipité le déclin dont nous savourons chaque jour l’amertume. Certes, le scénario serait enjolivé pour répondre à la tout aussi impérieuse qu’impériale nécessité de dissocier les bons des méchants, et de présenter les premiers comme ceux qui auront, la main sur le cœur, tenté, jusqu’à la vingt-quatrième heure, d’empêcher le pire, tout en affublant les seconds des pires desseins démoniaques. Mais les faits, têtus, ainsi que les vérités d’hier, jamais bonnes à entendre, demeureraient, néanmoins, gravés dans le marbre, grâce à Jaurès en soit rendue…

« [Une nouvelle crise] aura lieu. Est-ce qu’elle aura lieu en 2014 ? Je ne [le] crois pas. Est-ce qu’elle aura lieu en 2016 ou 2017 ? On ne peut pas savoir, mais regardez les chiffres : partout, la dette publique augmente, partout la planche à billets fonctionne, [nulle part] les moteurs réels de la croissance, qui devraient être [stimulés par] le progrès technique, ne fonctionnent […]. […] On risque soit une crise d’hyperinflation, soit une guerre qui viendrait remplacer l’inflation comme moteur de croissance. […] Ca peut être une tension militaire très forte entre la Chine et le Japon, qui entraînerait les Etats-Unis par le jeu des alliances, comme en 1914. Ou ça peut être bien d’autres choses, mais celle-là est l’hypothèse la plus vraisemblable. […] Je pense qu’il y aura une forte tension quelque part pour créer les conditions d’une sorte d’économie de guerre, qui viendrait permettre d’avaler la dette publique. »

J. Attali, Grand rendez-vous Europe 1 / i-Télé / Le Monde, 29 décembre 2013

3 monkeys (revisited) (par Chemis, à  Benesov, CZ)

Catherine Wheel, Ferment

Sans doute la véritable fin visée par le moyen que serait la guerre, que nous prédisent donc mondiale certains joueurs de flûte, est-elle plus noble, toutefois. Peut-être le conflit final contient-il, en sourdine, la promesse d’une propulsion dans la troisième phase du triptyque, celle, décisive pour nos maîtres, du règne sempiternel de l’indéboulonnable aristocratie théiste nouvelle, à laquelle les manants, incultes décidément, n’auront pu se résoudre qu’au prix de l’anéantissement programmé, car ne dit-on pas, en effet « ordo a chao », ajoutant d’habitude, sur le vert de l’espoir que l’on nous somme d’abjurer, « e pluribus unum » ?…

A cadence militaire s’entamerait, dans ce cas, au nom de l’efficacité mathématique, la dernière étape de l’inexorable automatisation des choses nommées humains naguère qu’entama la révolution industrielle, qui irait de pair avec une glaciation des rapports sociaux destinée à consacrer la fin définitive de l’histoire : fin des nations, fin des pays, fin des continents politiques, fin des idéologies, fin des cultures, fin de la création. Tout agrégat de matière profane qui aurait survécu au cataclysme ou qui lui serait postérieur serait destiné à un usage déterminé, et neutralisable sur simple suggestion. Fin de l’individu. Les éléments les plus prometteurs ou les plus subversifs seraient intégrés au système. Et, enfin, la perfection serait atteinte. Fin de la guerre, fin de la maladie, fin du hasard, fin du risque. Pour Pharaon et son Présidium fasciste, en tout cas, qui pourraient alors, en toute quiétude, savourer pendant mille ans le big chill. Fin de la mort, en attendant la redistribution promise par le prochain trou noir…

Mais il reste au moins, dans ce schéma, une grande inconnue de départ, à savoir celle de la dimension civile d’une nouvelle guerre de grande ampleur, dont les conflits irakien, syrien et libyen, ainsi que certaines ébauches de conflit ukrainien, nous fournissent déjà un aperçu. Quel serait, en d’autres termes, l’impact d’un tel événement sur des populations occidentales dont les leaders supposés ont, dans une large mesure et depuis près de vingt ans, tournant la page de la guerre froide et tenant compte de la dimension dévastatrice de nouvelles armes de destruction massive qui ont relégué les tranchées dans la préhistoire, entrepris de démilitariser la chair à canon ? Dès lors qu’il est devenu impossible, dans les sociétés industrielles postmodernes, de fédérer les peuples – en particulier les équivalents contemporains des trouffions d’hier – autour d’une haine commune traductible dans les faits, à quels nouveaux exutoires ceux-ci auraient-ils recours, a fortiori si un pays donné était directement pris pour cible depuis l’étranger ?

A grands traits, deux scénarios se dessinent. Le premier serait celui de « la guerre de tous contre tous » (mentionné, sur base d’une citation non moins illustre que la précédente, dans l’un des articles antérieurs renseignés ci-dessous). Ne nous voilons pas la face : il est le plus réaliste, car il est celui qui correspond le plus à la structure sociale actuelle, faite d’émeutes épidermiques et d’explosions de violence irrationnelles qui répondent à l’abrutissement médiatique. Ce scénario, celui des chats qui dansent lorsque les souris s’entre-tuent, dans lequel l’action de sections d’assaut nouvelles pourrait être utilisée par le système, serait bénéfique à la réalisation de la prophétie surréaliste ci-dessus esquissée. Seul le second scénario, celui d’une violence réfléchie et efficace dirigée contre les instigateurs de la violence première, permettrait de la faire échouer, c’est-à-dire d’éviter l’absolutisme globalisé !

La transformation actuelle, au pas de charge, de nos cadres de vie en Etats policiers de surveillance totalitaire vise notamment à empêcher ce second scénario de se réaliser. C’est que, voyez-vous, les marchés, ceux que l’on invoque si souvent de manière psychagogique, le marché de la dette en particulier, n’y sont pas trop favorables…

Qu’elle soit ou non mise en scène, qu’elle soit ou non diversion, la guerre, aidée en cela par des tambours médiatiques qui jamais ne se taisent,  a, en effet, pour première fonction de mater les manants, dans leurs enclos respectifs…

On croit mourir pour la patrie. On meurt pour des industriels

(documentaire Investig’Action, 2014)

« Nous pensions que c’était impossible. »

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(1) Source : http://elections.gmu.edu

(2) Source : http://www.independent.co.uk/news/world/europe/tough-austerity-measures-in-greece-leave-nearly-a-million-people-with-no-access-to-healthcare-leading-to-soaring-infant-mortality-hiv-infection-and-suicide-9142274.html

(3) Source : http://voiceofrussia.com/2014_01_11/America-loses-confidence-in-Congress-as-economy-goes-down-expert-8249/

(4) Les dépenses prévues au budget américain se distinguent en deux catégories : il y a d’une part les dépenses fixes (entitled), qui se composent d’enveloppes déterminées à dépenser selon des critères fixés préalablement par le Congrès sujettes, le cas échéant, à révision ponctuelle, et, d’autre part, les dépenses variables d’année fiscale en année fiscale, dites discrétionnaires (discretionary), soumises à l’approbation régulière de la même Assemblée. Ces dernières représentent près d’un tiers du budget total.

Pour davantage d’informations à ce propos, lire : http://greenplug.nu/the-us-budget-explained/

Les dépenses en matière de défense se partagent entre ces deux catégories. Or, le flou entretenu jusqu’à présent autour de la véritable affectation d’une partie de ces budgets, qui devrait être partiellement levé à la faveur de la crise dans laquelle les révélations d’Edward Snowden ont plongé la NSA, que certains membres du Congrès ont mise à profit pour souligner qu’il leur était impossible de contrôler efficacement l’action de l’Exécutif et des services secrets, notamment quant à d’éventuelles redondances dans leurs activités et le financement qui est attribué à celles-ci, tend à accréditer une sous-estimation du budget réel de la Défense, fixé pour l’année fiscale 2015 à 820,2 milliards de $ (soit 4,73 % du PIB).

Source : http://www.usgovernmentspending.com/year_spending_2014USpn_15ps2n_30#usgs302

En effet, le professeur Robert Higgs estimait, en 2010 déjà, que ledit budget pour l’année en cours avoisinait le billion de $ (soit mille milliards de $), comme l’indique le graphique ci-dessous…
US Inflation adjusted defense spending (Robert Higgs)
Lire aussi, pour une mise en perspective mondiale de la course à l’armement contemporaine : http://www.globalissues.org/article/75/world-military-spending

(5) Source : http://www.thenation.com/video/blackwater-owner-caught-tape

(6) Source : http://www.upi.com/Business_News/Security-Industry/2013/06/07/Colombia-worries-as-troops-join-Arab-mercenary-force/UPI-90811370626017/

(7) Lire : http://en.itar-tass.com/world/725211

(8) Source : http://www.ibtimes.com/russia-conducts-military-exercises-moldovas-breakaway-region-transnistria-near-ukraines-western

(9) Lire : http://rt.com/news/tymoshenko-calls-destroy-russia-917/*

(10) Source : http://www.washingtonpost.com/opinions/us-needs-to-plan-for-the-day-after-an-iran-deal/2014/04/09/056ff992-bf4b-11e3-b195-dd0c1174052c_story.html
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Les lecteurs assidus de ce blog pourraient également trouver un intérêt à lire les articles précédents suivants, en rapport avec le sujet traité ici :
https://yannickbaele.wordpress.com/2013/06/26/concentration/
https://yannickbaele.wordpress.com/2013/11/18/why/
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N.B. : cet article a été révisé et complété le 15 avril 2014 quant à son contenu relatif à la crise en Ukraine, et complété une nouvelle fois les 17 et 19 avril quant à sa conclusion.

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(ajout du 29 avril 2014) Pour obtenir de plus amples informations quant au dessous des cartes géostratégiques du conflit ukrainien et criméen, les articles suivants peuvent s’avérer utiles :

http://www.ft.com/cms/s/0/2dd0ffae-9a7b-11e1-83bf-00144feabdc0.html

http://www.rosneft.com/news/pressrelease/171220132.html (signature d’une joint-venture entre Rosneft et ExxonMobil pour l’exploitation de nouveaux puits de pétrole en mer profonde (Mer Noire, à quelques encablures de la Crimée), dans l’Arctique et en Sibérie, ainsi que pour l’extraction de gaz de schiste (Sibérie). Au 29 avril 2014, Rosneft était toujours exemptée des sanctions imposées à la Russie par l’Ouest. La firme britannique BP (responsable de l’une des plus importantes marées noires de l’histoire des Etats-Unis) détient près de 20 % des actions du géant de l’énergie Rosneft, le solde étant entre les mains de l’Etat russe…

Lectures complémentaires :

http://en.wikipedia.org/wiki/Rosneft

http://www.bloomberg.com/news/2014-01-02/exxon-s-russia-ambitions-show-drilling-trumps-obama-putin-spats.html

http://www.bloomberg.com/news/2014-02-25/ukraine-economy-hangs-on-investments-from-exxon-to-shell.html

http://www.forbes.com/sites/christopherhelman/2014/03/20/will-exxons-bromance-with-the-kremlin-help-keep-putin-in-check/

http://www.huffingtonpost.com/steve-horn/exxon-mobil-inauguration-donation_b_2520018.html

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(ajout du 1er mai 2014) A propos des visées états-uniennes en Chine, le Tibet peut certes jouer un rôle crucial, mais il est aussi d’autres moyens. Les Philippines semblent être l’un de ceux-ci : http://globalnation.inquirer.net/103246/edca-will-make-make-ph-the-biggest-us-military-base-in-the-world

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(modification du 27 mai 2014) Un paragraphe supplémentaire a été ajouté en toute fin d’article. Le paragraphe qui précède celui-ci a été complété.

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(added September 17, 2014)

Endgame : Damas…

The two greatest beneficiaries of the policy that president Obama outlined [yesterday], in my opinion, are military contractors, mercenaries, and Bashar al-Assad. I mean, Assad was probably sitting there watching that speech thinking : “wow, I’ve just bought myself a lot more time in office” […].

Jeremy Scahill, MSNBC, Sep. 11, 2014

In the beginning were two distant countries ruled with an iron fist. One was brought to its knees from the outside by eagles of death metal, the other subverted from the inside, with outside supervision. Still, the latter refused to capitulate…

Then, out of these connecting vessels of chaos, came ISIS. And, as a stormy fury unchaining all four elements, it served its purpose well.

In Iraq, it was fueled neither by the illegitimate war itself, nor by the ouster of the dictator, but by a hastily drafted policy resulting in a systemic purge destined to cut all Ba’athist elements from power : if Hussein was Hitler (a classic !), the strategy adopted towards his right hands and followers after his (quite literal) downfall had nothing to do with the recycling of promising nazi elements…

Indeed, while former PM al-Maliki is often cited overseas as being responsible for the sectarian discord in Iraq, the cornerstone of the neo-Mesopotamian chaos lies in the decision by proconsul Bremmer and Washington to disband the Iraqi military, sending about 400,000 well-trained (overwhelmingly Sunni) troops home, on May 23, 2003. How many explosions in heavily crowded areas took place since then, leaving Western opinions as well as Western warlords indifferent ?

At first, this chaos was merely a projection of the Greater Chaos the lords have been implementing globally, articulated as follows : quick benefits without regard to long-term consequences. Recently, however, it somehow seems to have become… smart-powered.

The ISIS abscess had to be able to grow large enough for Damas to be unable to withstand its sight any longer, because, as much as the Islamic inquisition has been feeding on Iraqi frustrations, it is Syria, after all, not Iraq, that gave birth to the imperfection. And, if the new Iraqi government does what is expected of it, namely strive for a more inclusive society that would be mature enough, ten years after the debacle, to turn its back to political fragmentation and revengeful tribal domination, an intensive bombing campaign is likely to encourage ISIS fighters to return to their roots, along with all the military equipment they’ve stolen from the Iraqi army in the meantime (read : the US heavy weaponry and some tanks). Oh supreme irony : the creature Assad had initially been relying on to help him defeat the so-called moderate rebels is coming back to daddy with a surprise, courtesy of the CIA…

How to best tackle ISIS ? Such was the theme of the international conference held in Paris the day before yesterday. Precisely one year ago, France was at the forefront of the aborted punitive expedition against Assad. A coincidence, no doubt. No “Friends of Syria” in the vicinity this time, only people of good will determined to stabilize Iraq. Please believe it. But what these people have done, with Obama as their standard-bearer, is nothing else than providing Damas with a choice amounting to an ultimatum : Syria or Assad.

Either Assad, who has come to crystallize the rage of both the local opposition and the fundamentalist version of the black flag (rendering any mitigation effort whatsoever impossible while he remains in place) steps down, in which case we help you get rid of the barbarians : give some, keep some. Or your Lider Maximo remains hooked on power like a statue of Saddam, and the barbarians will probably overthrow your whole regime, which really isn’t our preferred option : lose all.

In the best case scenario, you’ve got a few years to think about it while we train our new recruits, but waste no time whatsoever : the maniacs have become very fond of mass killings of Syrian soldiers, after humiliating them for YouTube posterity, and our airstrikes might actually drive them farther south, where they would then strengthen the same kind of guerilla warfare that has been consuming Bagdad for the past then years, thereby forcing us to intervene directly in your capital. Furthermore, Hillary’s hiding behind the bush, and who knows what we’d be capable of, should you retaliate against our planes if we bomb your cities without either your official consent or a UN mandate, or worse, should you take private Ryan hostage…

All the ingredients, as you see, have been combined for a breathtaking poker game, with a possible 500 million $ stake (10 % of the special budget Obama is requesting from congress) labeled as training bribes for the fastest players, as well as a nuclear incentive for Iran as a broker… But whereto with the fallen despot ? Crimea, perhaps ?…

Speculation ? Maybe, but no less relevant than what the mainstream media have been able to come up with, with the usual war poodles on one side, and – great novelty ! – the circumspect goats on the other. What if our weapons fall into the wrong hands ? these seemingly naïve goats ask. What if we’re as successful in training the good guys in Syria on such short notice as we were in training the Iraqis for the past ten years ? What if our tactics towards ISIS produce the same results as our tactics towards the Taliban ? Wake up, people ! With all these beside the point ‘what ifs’, one could put Paris into a bottle, n’est-ce pas ?

But even outside the MSM, valiant journalists who couldn’t be suspected of rimming the system’s crack, macho men with field experience, seem to be falling for the official narrative, as if stupidity and hubris were compatible when it comes to Obama (and a philharmonic orchestra of about forty countries). Is it really possible no one grasped the lords’ actual level of strategic cynicism (on which some partners of this unusual alliance should shed a crude light) ? Is it possible anyone considers Syria (and its reported 3 million refugees, according to recent UNHCR figures, not to mention the dead), even without chemical weapons, to be less of a burden and a source of instability than thirty to fifty thousand black altar boys ? Could anyone still be thinking, after the Saddam episode, the rumored tacit alliance between the West and Assad on this particular front isn’t as easily and swiftly reversible as the US support for the late Iraqi dictator, under the big wheel of ever adapting western interests and strategies in the Middle-East ?…

The war against Syria didn’t sell well. The war against ISIS does, for now. Beyond these labels, beyond these angles, the objective remains the same : remove the black king in the hope this will break the spell, this time by using the symptom (or consequence) to get rid of the primary cause, even if the PR program tells otherwise.

As to the Peshmerga, if they were, after a decisive contribution to the war effort, to decree they want their own state at last, and to rally their Kurdish brothers from Syria, Iran and Turkey around their call, they would only get one answer : sufficient unto the day is the evil thereof… Insha’ Allah !

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(added July 20, 2014)

Malaysia Airlines : rationality versus conspiracy theory…

As Prof. Em. Stephen Cohen, who just wrote a very interesting piece about the untold scenario of the Ukrainian conflict (1), pointed out yesterday on Democracy Now!, there are quite a few similarities between Gaza and Eastern Ukraine, the most obvious of them being that the scale of the merciless oppression aimed at the “terrorists” has everything to do with Washington’s unconditional support to the oppressors…

But, whereas all Western governments seem more or less in sync when it comes to reiterating their misplaced loyalty to Israel, shedding only a few crocodile tears when confronted with the massacre of hundreds of innocent Palestinians, there seems to be quite some trouble brewing (In French, we say : il y a de l’eau dans le gaz…) on the Ukrainian matter between the centre of the Empire and what a former US Defense secretary used to call “the old Europe”… As a matter of fact, there seems to be a whole range of issues on which the latter begs to differ…

One thing is beyond doubt, however : in a European perspective, Ukraine is a horrendous fiasco, and Poroshenko a hostage of neo-nazis and nationalistic madmen : in which democratic country would basic, legitimate demands for federalism be met with tanks, ensuring escalation ? But saying that isn’t saying much about the Malaysia Airlines plane that went down a few days ago, or is it ?…

Shortly after the tragedy, Kiev published al-Qaeda-like evidence that is supposed to prove not only the rebels were the ones being the attack, but also Moscow was directly involved. And all the Western Pavlovian TV experts shouted : “woof” ! It is true no one with the slightest common sense can believe any longer Russia isn’t aiding the insurgents,  one way or another. The Russian president threatening Kiev with “irreversible consequences” after a Russian civilian was killed by a missile on the border with Ukraine, a week or so ago, is an established fact. And, knowing their relation is what it is, one indeed wonders why Putin took the initiative to call Obama minutes after the plane was targeted. But the objections formulated by the Russian ministry of Defense can’t be neglected either : for instance, knowing the rebels have no air force, why did Kiev deploy long-distance surface-air missile launchers ? And where were the Ukrainian army’s aircrafts positioned at the time of the explosion ? One might add : what exactly is Poroshenko’s level of control over the Ukrainian army, considering his rather strange bedfellows, and the probability of far-right infiltration ? And how exactly have the 400 US (Blackwater) mercenaries dropped in the east of Ukraine last May been spending their time since then ?…

Questions at will, very few answers… Here and there, on social media, pessimists are already setting the tone : “it’s like 9/11, we’ll never know the identities of all parties involved”. Insofar as any comparison with 9/11 is any pertinent, there is a huge difference, though : this time, terrorism struck on more or less neutral ground, which implies no single party can write history on its own, and the ultimate truth will be a matter of either compromise or conflicting scenarios.

But whatever the official conclusion(s), everyone can agree on this : there are but two possibilities. Either the missile was fired by mistake (by the rebels) on a civilian airplane, or it was deliberate. If we rule out the former, we’re left with only three options :

1/ Kiev and/or the extreme nationalists (who are part of the government), getting tired of the resistance’s vivacity, decided to precipitate its downfall through an event with international repercussions. Perhaps it’s useful to remind the skeptics of Ukraine’s neo-nazis’ equal hatred towards Russia and the West…
a/ It came as a surprise to the US.
b/ A few US circles (not the White House itself though, because, despite the Clapper jurisprudence, plausible deniability at the highest level must be preserved to allow the president to survive a hypothetical congressional hearing.) at least knew about it.

2/ The rebels knew what they were doing, namely putting Putin under pressure to force Russia to intervene militarily.
a/ No one within the Russian army knew about it.
b/ Some elements within the Russian army risked their careers assisting them.

3/ The Kremlin directly ordered the attack.

At this stage, each reader will be the sole judge of the respective plausibility of these various options, but all should bear in mind that if we do rule out a blunder of huge proportions, two out of these three options involve sacrificial state-sponsored terrorism against the West, one between Western countries…

It should also be noted options 1 and 2 aren’t necessarily antithetical. Indeed, the matter of MH17’s flight path is key to understanding the whole picture. In Europe, flight path diversions are rare. Did the Dutch air traffic control authority (and Eurocontrol, the FAA’s European counterpart) know that plane would be flying over a war zone ? If so, why did they allow it ? Or did some obscure Ukrainian administration modify its flight path for one reason or another ? If so, which one ? Were the communication channels between ground control and the cockpit hijacked in any way (2) ? And when exactly did the Western intelligence agencies find out the rebels had laid their hands on a BUK missile launcher, as they now claim ? When they did, did they subsequently warn Eurocontrol about the potential danger to civilian aircrafts ? If they didn’t, shouldn’t the countries they answer to be held accountable for their lack of foresight ? Were there any (US and/or Russian) drones flying in the vicinity of the airliner ? (3) Once again, asking these unusual questions does not amount to paranoia, knowing the actors involved in the Ukrainian conflict, and knowing Ukraine is a country where massacres (like the one that took place in the Odessa union building) are covered up, and even the most moderate (or considered such) among (former) prominent political figures seem to be contemplating using ethnocidal tactics to wipe out the archenemy (be it only during private phone conversations or not). No, paranoia would consist in elaborating about Malaysia Airlines’ serial misfortune…

Whoever is to blame – and for whatever motive –, Europe is offered yet another opportunity to assert itself as a world power, what’s more, in its very backyard… or to remain Washington’s puppet for a while longer, Ukraine, in that case, being nothing more than another pawn on the US chessboard. Obama is actually right : what happened is indeed a wake-up call for the EU. It is time for us to press Poroshenko to halt all hostilities towards civilians (a reality our mainstream media remain awfully quiet about, as Prof. Cohen stresses) and to negotiate a Ukrainian federalism in line with our own and with the UN’s protection of minorities. If Poroshenko wants the European taxpayer’s money, that should be the indisputable price for him to pay, which would at the same time be our distinguished answer to Mrs. Nuland : “fuck the US ” !


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(1) Read : http://www.thenation.com/article/180466/silence-american-hawks-about-kievs-atrocities

(2) FYI : http://www.theguardian.com/world/2014/jun/13/military-blamed-planes-vanish-europe-air-traffic-control-radar

(3) Though it might be beside the point, are there any US drones operating above Belgium, home to NATO’s headquarters (without the Belgian Parliament’s knowledge, let alone the people’s) ? If so, how many, and do they have dedicated air traffic lanes ? Is any Belgian (European) official monitoring their activity ? Do they only have defense capabilities, or are they also performing surveillance tasks ? In the event of force majeure, can they carry out an attack without the Belgian government’s explicit (prior) approval ?…

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The paragraph about MH17’s flight path was added on July 24, 2014, the second footnote on August 13, 2014.

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(ajout du 8 septembre 2014)

Sables mouvants de l’Est…

Forteresse, dragon, sauvastika, Atlantide.

« Le moment est venu d’ajouter à la masse de nos réserves et de nos recrues, élément principal de la résistance nationale, mais lente à réunir et lourde à mettre en œuvre, un instrument de manœuvre capable d’agir sans délai, c’est-à-dire permanent, cohérent, rompu aux armes. […] Il est de fait, dorénavant, que sur terre, sur mer et dans les airs, un personnel de choix, tirant le maximum d’un matériel extrêmement puissant et varié, possède sur des masses plus ou moins confuses, une supériorité terrible. Je citais Paul Valery : « on verra se développer les entreprises d’hommes choisis agissant par équipes, produisant en quelques instants, à une heure, dans un lieu, imprévus, des événements écrasants ». […] Partant de là, je fixais le but à atteindre : six divisions de ligne et une division légère, motorisées tout entières, blindées en partie, constitueront l’armée propre à créer l’événement. La composition qu’il convenait de donner à cette armée était nettement précise. Chacune des divisions de ligne devait comporter : une brigade blindée à deux régiments, l’un de chars lourds, l’autre de chars moyens, et un bataillon de chars légers ; une brigade d’infanterie, comprenant deux régiments et un bataillon de chasseurs et portée en véhicules tous terrains ; une brigade d’artillerie, pourvue de pièces tous-azimuts, formée de deux régiments servant respectivement des canons courts et des canons longs et complétée par un groupe de défense contre avions. Pour seconder ces trois brigades, la division aurait encore : un régiment de reconnaissance ; un bataillon du génie ; un bataillon de transmission ; un bataillon de camouflage ; des services. La division légère, destinée à l’exploration et à la sûreté éloignée, serait dotée d’engins plus rapides. En outre, l’armée elle-même disposerait de réserves générales : chars et canons très lourds, génie, transmissions, camouflage. Enfin, une forte aviation d’observation, de chasse et d’assaut serait organiquement attachée à ce grand corps : un groupe pour chaque division, un régiment pour le tout, sans préjudice des actions d’ensemble que mènerait l’armée mécanique de l’air en conjugaison avec celles de l’armée mécanique au sol. Mais, pour que l’armée de choc fût à même de tirer le meilleur rendement possible du matériel complexe et coûteux dont elle serait équipée, pour qu’elle puisse agir soudain, sur n’importe quel théâtre, sans attendre des compléments, ni procéder à des apprentissages, il faudrait la composer d’un personnel professionnel. Effectif total : 100 000 hommes. La troupe serait donc formée d’engagés. Servant six ans dans le corps d’élite, ils se trouveraient, pendant ce temps, façonnés par la technique, l’émulation, l’esprit de corps. Ils fourniraient, ensuite, des cadres aux contingents et aux réserves. »

De Gaulle Charles, Mémoires de guerre, L’Appel : 1940-1942, Plon, 1954, extrait de Guerres et Paix, Les plus grands textes d’Homère et Sun Tzu à De Gaulle, CNRS Editions, Collection L’anthologie du Savoir, 2011, pp. 551-553

Lorsque les pontes de l’Atlantique-Nord, nos maîtres en feu, sont convenus, bouillonnants, de convoquer le spectre de la Froide Guerre, avaient-ils lu Charlie ?…

Au printemps de 1934, dans la foulée de l’avènement de Dolf-la-Moustache, le visionnaire homme de guerre avait déjà laissé entendre, par écrit, que l’armée française, comme certaines gloires de la NBA, était trop centrée sur la « deee-fence », alors que la stratégie que ne manquerait pas de mettre à profit le Reich verrait la capacité offensive de ce dernier se décupler en raison des progrès des techniques de destruction. De Gaulle se fit donc l’avocat de la constitution d’un corps d’armée de métier, apte à intervenir comme l’éclair sur quelque théâtre qui lui fût désigné : « ah ça, gredin, tu t’en prends aux Sudètes ! Mate donc ce que je vais faire de ta Ruhr » ! Telle était, en substance, la mise en garde que le futur chef d’Etat se proposait d’adresser à ce dont l’Histoire ferait le premier Axe du Mal… Las ! Plusieurs facteurs, dont l’éparpillement et le manque de volonté politiques n’étaient pas les moindres, concoururent à faire avorter la recomposition militaire préconisée : au départ, les grands hommes se sentent toujours très seuls…

Le régiment d’intervention rapide que l’OTAN s’engage à déployer aux confins orientaux de la zone afin de faire pièce à Vlad-le-Terrible, c’est bien, alors ? s’interroge Suzanne la guêpe au micro de Jean-Jacques Bourdon. Mais, petite, le réfractaire Général s’en fût esclaffé ! Oh, mais que vous êtes pessimiste ! Réaliste, chérie, réaliste… Regarde : quand bien même l’OTAN se mettrait elle aussi au régime Blackwater, quand bien même, partant, chaque unité desdites spetsnaz serait pourvue du mental de Rambo, quatre mille de ces unités (1) équivalent, dans le jardin de Russie, à un masque de carnaval. Oui, mais, et le nucléaire ? Ah, là, tu m’intéresses, Suzanne…

Forteresse, dragon, sauvastika, Atlantide.

En effet, en ces temps peu sûrs de containment de la prolifération, le deux poids, deux mesures des gardiens de la Toison est de mauvais augure : « what to do with Europe’s secret nukes ? » s’interrogeait Time en janvier 2010, rapportant qu’outre la Belgique (secret de polichinelle), les Pays-Bas, l’Italie, et même l’ancienne patrie du nazisme, servaient d’hôtes plus ou moins consentants à près de deux cents ogives B-61 à gravité thermonucléaire, assez, en somme, pour plusieurs valses avec l’au-delà. Demain, la Pologne et l’Estonie, à défaut de la Géorgie et de l’Ukraine, cette chienlit limitrophe de l’Europe ?…

Si la crise des missiles de Cuba a éclaté, en 1962, c’est parce que les Etats-Unis savaient que cette proximité géographique réduisait d’autant leur réactivité à l’égard d’adversaires lointains, en dépit de leurs sous-marins nucléaires présents un peu partout autour du globe. A quel jeu malicieux s’adonnent-ils donc aujourd’hui, avec la complicité forcée de l’Europe, ce maillon faible du NOM que pas même une crise financière ne sera parvenue à unir, aux portes d’une Russie qui ne demandait visiblement qu’à vivre en paix son apparente autarcie ?

La stratégie mise en avant par De Gaulle répondait au souci de contrer un envahisseur potentiel qui ne cessait de démontrer son caractère impérialiste. L’annexion de la Crimée par la Russie aux termes d’un coup d’Etat honteux qui a plongé l’Ukraine dans le chaos (comme ceux qui, dans les cercles initiés, connaissent la physionomie de cette dernière l’avaient sans aucun doute anticipé) ne suffit pas à faire de la deuxième un empire belliqueux. C’est, au contraire, l’Atlantique-Nord-Ouest qui ne cesse de faire bouger les lignes : un simple coup d’œil à son logo suffit, à l’ONU ne déplaise, à percevoir son ambition globale, totalitaire : ce sont bel et bien les Nations-Unies et leur équilibre certes imparfait et quelquefois léthargique, mais non moins essentiel, que l’OTAN cherche à enterrer par la répétition, tantôt brutale, tantôt plus raffinée, du même type de faits accomplis qui étaient venus à bout de la SDN ; c’est la branlante République mondiale qu’elle entend, avec son Empire, supplanter. Un zeste de mauvaise foi permettrait même d’alléguer que, suite à la bérézina libyenne, à la déroute afghane et à la branlée irakienne, trois Vietnam pour le prix d’un, il était vital, pour les Etats-Unis et leur rottweiler grand-breton, de faire émerger un contentieux – appréciez l’euphémisme – avec la puissance mondiale la plus en mesure de contester leur hégémonie finissante, les discours grandiloquents et les alliances de façade avec une Ligue arabe exsangue, sur une scène plus méridionale (3), ajoutant au déni de réalité.

Forteresse, dragon, sauvastika, Atlantide.

Même en faisant fi de cette dernière spéculation, c’est là une double négation de la configuration gaullienne, puisqu’en toute objectivité, si la peur des chars russes envahissant Paris en 1981 relevait d’un délire savamment orchestré, la crainte d’une nouvelle annexion de la Pologne et des pays baltes par Poutine ne peut être conçue, quant à elle, que dans le cadre d’un très bad trip, et puisque, par ailleurs, la France, et, par extension, l’Europe, avaient, à l’estime de Charlie-le-non-aligné, vocation à faire office, entre l’Est et l’Ouest, de point fixe (donc central) du pendule.

Une telle crainte, de nature à reproduire à l’est de l’Europe, les réseaux Gladio de sinistre mémoire (4), est néanmoins vouée à produire certains effets, et c’est à la fois sur base de l’anticipation et de l’observation de ceux-ci que l’on peut spéculer quant à la logique à l’œuvre : jamais l’union de l’Europe n’a-t-elle tant progressé que lorsque les détenteurs de grands capitaux sentaient le souffle chaud de l’ours à ses frontières. Jamais la Grande-Bretagne ne peut-elle espérer, sans l’appui prononcé de quelques alliés conjoncturels d’Europe de l’Est, infléchir à sa faveur la bureaucratie de Bruxelles (5), à l’aube d’un potentiel référendum qu’elle est sûre de perdre. Jamais les Etats-Unis ne peuvent-ils escompter, sans incitant extérieur, faire avaler tels quels les diktats de leur marché transatlantique, par lesquels l’euro lierait irrémédiablement son destin à un dollar moribond.

Forteresse, dragon, sauvastika, Atlantide. Ou un truc dans le style…

'Divine' symbolique

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(1) Source (EN) : http://www.theguardian.com/world/2014/sep/01/nato-high-readiness-spearhead-force-counter-russian-threat

(2) Source (EN) : http://content.time.com/time/world/article/0,8599,1943799,00.html

(3) Lire (EN) : http://www.theguardian.com/world/2014/sep/07/obama-isis-iraq-syria-arab-league-coalition-extremists

(4) Pour information : https://en.wikipedia.org/wiki/Counter-Guerrilla#mediaviewer/File:FM_31-15_figure_3.png

(5) … c’est-à-dire en tournant le dos à toute harmonisation fiscale et sociale vers le haut, nuisible aux financiers de la City.

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« Une bonne guerre qu’il leur faut ! » … [18+]

Opération Castle Bravo, Iles Marshall, 01-03-54

Gare non pas au gorille mais au léopard persan, avertit la gazelle triomphante avec Dieu. Dieu, que ces Persans sont fourbes ! Résister à leur offensive de charme doit être le prime objectif de l’homme honnête (1). Olam Ha Ba, Olam Ha Ba, Olam Ha Ba ! Méfiance, car qu’il se confonde une fois davantage avec Olam Ha Ze n’est pas de l’ordre de l’impossible, l’entre-deux s’en faut ! Et, au besoin, l’homme honnête mais médiatiquement volage se verra assisté dans son opiniâtreté à ne prêter aucune oreille aux rusés barbus à la langue pourtant si suave par des censures répétées de la mauvaise parole obtenues par la coercition habituelle exercée sur les gentils par les coteries auto-fondées à faire souverainement la part des choses, qui argueront, sans coup férir mais le cou tendu, qu’il n’est que pure logique qu’à l’embargo sacré qui frappe les marchandises des réfractaires, et affecte ceux-ci par extension, ne saurait échapper la denrée d’information, tant convoitée par les esprits malins de l’extérieur, eux aussi, par conséquent, emberlificotés contre leur gré dans le désaveu excommunicatoire qui frappe l’islamique République, ainsi devenu anacyclique. La ligue anti-diffamation d’outre-Atlantique, faux nez local de la muselière lévitique à l’usage par trop répandu en nos contrées, sous le joug feutré de la ferrade des déviants de la parole, ne se félicite-t-elle pas, en effet, d’ « avoir contacté YouTube à propos d’inquiétudes quant à l’utilisation [dudit hébergeur] par Press TV comme canal pour l’antisémitisme omniprésent qui fait la marque de fabrique du média [dont question] » ? (2)

Gare aussi au chŏllima, pourfendeur impitoyable, paraît-il, de gourgandines de vies passées qui peinerait à assumer, depuis la dynastique succession, la pourtant peu probable dissolution morale dans laquelle, pubère, il se serait enferré. A l’aise, p’tit gars, serait-on enclin à lui susurrer : en Roumanie, à la fin du siècle dernier, dans le palais marbré aux salles de bain naguère réputées clinquantes d’arrogante orfèvrerie, ce serait, à en croire la curiosité morbide et circonstanciée de la génération précédente d’échotiers de la presse du monde libre, qui aimaient déjà à fourrer leur nez dans le glauque pour le seul plaisir de la chose, lorsque, le cas échéant, ils ne l’inventaient pas, une pornothèque entière que se serait aménagé le vieux, las, sans doute, des faveurs comptées que lui accordait la peu chaude bigote à l’hellénisme prénominal néanmoins avéré qui, un curieux mais déjà si lointain soir de pré-nativité, raide comme un piquet plus encore que les autres jours, finirait avec lui dans la fosse.

Laisse à flots couler le champagne, Jong, man : mieux vaut un bon missile, même rabougri, propulsé pile poil dans les excavations de l’une ou l’autre Katsumi du cru, toujours prête à servir, jamais périmée et, par-dessus le marché, friande de longues distances, qu’une apocalypse de frustrations… Avec un peu de chance, même ton pote Ryong Hae pourrait se joindre à la luxure : les ogives à têtes multiples, ces bombes-là en connaissent un rayon ! Certes, elles en font parfois un peu trop; on les aimerait plus sincères. Mais la perfection est-elle de ce monde ?…

Katsumi

Des gentlemen, voilà ce dont elles ont besoin, des Korean lovers (sans coke) qui suintent la maîtrise et qui comprennent qu’aller trop loin les dessert. Or, en toute franchise, cette nouvelle éjaculation grossière qui semble inscrite à l’agenda suite à l’apparente débandade occidentale face à la Syrie et que même Pékin, cette fois, juge de mauvais goût (3), ne constituerait-elle pas la goutte d’eau proverbiale ?…

Il en est d’autres, le tigre du Bengale et le faucon Shaheen par exemples, auxquels nul ne semble, en revanche, chercher noise. Ainsi, le Pakistan ne cesse d’accroître son arsenal d’armes nucléaires, et l’Inde, plus éloignée que jamais de son Père Fondateur, a mené un test holocaustique de longue distance pas plus tard que dimanche dernier (4) sans paraître susciter plus que de raison la sélective indignation belliqueuse qui, habituellement, agite en pareil cas les vertueuses chancelleries à l’origine de l’équilibre de la terreur. Les affinités électives respectives y sont sans doute pour beaucoup…

Il y a, enfin, le coup de pied de l’âne… En juin dernier, lui aussi Berliner d’un jour, Mister Cool, suant de grosses gouttes derrière son vitrage blindé, prononça un énième discours tout de verve et d’espérance : « aussi longtemps qu’existeront des armes nucléaires, nous ne serons pas en sécurité », conclut-il, à la manière de La Palice.

C’est que, réconfortés par la suprématie qu’ils ont acquise au fil des quelque septante tests grandeur nature qu’ils ont effectués sans vergogne aucune dans le périmètre des idylliques Iles Marshall au cours des années quarante et cinquante – qui trouvent leur plus sinistre illustration (à savoir la libération de 15 mégatonnes de TNT le premier mars 1954) à l’entame du présent article –, une suprématie forcément renforcée ultérieurement par la déglingue du rideau de ferraille, les Etats-Unis semblent avoir passablement négligé, ces quinze dernières années, la maintenance de leurs joujoux eschatologiques (classiques), au point que même les plus circonspects par rapport à l’existence hypothétique de Dieu pourraient devoir à ce dernier une fière chandelle, tant il semble s’être fallu de peu – tantôt une puce électronique déficiente, tantôt un logiciel de communication obstiné (5) – pour que les sbires de la grande muette de l’oncle Sam ne soient en mesure de mener in situ les analyses médicales conduites à dessein, jusqu’alors, sur le bétail dévasté de cobayes polynésiens, dans la foulée des orgiaques déchaînements d’énergie issue d’ogives produites par milliers, qu’eurent à expérimenter ceux-ci à la chaîne (6). Juste retour des choses ?…

Project 4-1

Ces tests ne furent l’apanage de personne : les Soviets ont fait de même – jusqu’à 456 fois – aux confins du Kazakhstan, dans la région de Semipalatinsk, depuis les années cinquante. Quant aux Frenchies – pour nous limiter ici à ces exemples – ce sont également les paradisiaques atolls océaniens qu’ils avaient dans leur ligne de mire… jusqu’au milieu des années nonante !

A ce jour, 183 pays ont signé le traité qui bannit les tests nucléaires, 159 l’ayant ratifié. « Nous devrions tous nous rappeler le terrible coût des tests nucléaires », indiquait il y a peu le secrétaire-général de l’ONU. C’est qu’outre les dégâts directs qu’elles occasionnent, ces petites particules du diable se laissent charrier autour du globe par des courants et des masses d’air qui permettent à chacun d’y goûter en des doses bien plus élevées et en des textures bien plus militarisées que celles naturellement présentes.

C’est dans la symbolique que se lit le coup de pied de l’âne évoqué : ce dimanche, à peine clôturées les cérémonies de la Journée mondiale de la Paix – autre ironie en soi –, la glorieuse nation à la bannière étoilée entreprendra en effet le lancement d’un missile balistique intercontinental destiné à s’échouer une fois encore – sans sa cargaison, cette fois – dans les damnées Iles Marshall. Pas un mot de ces festivités-là dans la presse libre : il aura fallu l’honnie Press TV et un journal pakistanais indépendant en ligne pour l’apprendre (7) !!!

C’est par les mêmes biais, couplés à des cris d’indignation de militants pacifistes et anti-nucléaire (8) tels que les avocats du Lawyers’ Committe for Nuclear Policy (LCNP) que les veaux occidentaux seront informés, par ailleurs, de la programmation d’un second (un deuxième ?) test états-unien similaire, prévu, quant à lui, pour le 26 septembre prochain, jour où se déroulera à l’ONU une réunion au sommet, prévue de longue date, sur la thématique… du désarmement nucléaire !

Que ne voilà une explosion de cynisme doublement retentissante, de nature à amener, en ces temps d’espionnage ami tous azimuts qui contraignirent Belgacom à déposer plainte contre la NSA avant que ne soit établi que, dans son cas, c’est l’oreille de Londres qui était en cause, les coqs et les lions de pacotille du pays plat à – rêvons un peu – relire les clauses du contrat qui lie la Belgique à l’OTAN (donc aux Etats-Unis) quant aux faux mystères de la base de Kleine Brogel, à la lumière de l’incident qui permit à la Royal Air Force britannique de se rendre compte, au début des années quatre-vingt, que le maître d’outre-Atlantique et lui seul pouvait, en principe à loisir, déclencher le lancement de missiles nucléaires entreposés dans des pays alliés. (9)

On n’est jamais mieux servi que par soi-même !

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(1) Source : http://www.jpost.com/Diplomacy-and-Politics/Israel-pushes-world-not-to-be-deceived-by-Rouhani-as-he-takes-charm-offensive-to-US-airways-326582

(2) Source : http://blog.adl.org/international/irans-anti-semitic-press-tv-now-live-streaming-on-youtube

(3) Lire : http://missilethreat.com/us-us-china-oppose-north-korea-nuclear-test-2/

(4) Source : http://www.reuters.com/article/2013/09/15/us-india-missile-idUSBRE98E03L20130915

(5) Sources : http://www.politico.com/story/2013/09/neglecting-our-nukes-96854.html?hp=r5

http://www.bostonglobe.com/opinion/2013/08/26/nuclear-tipped-missiles-posed-for-nightmare-holocaust/VZ3KQOUsAUFm4qfuchjmCI/story.html

(6) Sources : http://en.wikipedia.org/wiki/Project_4.1

http://en.wikipedia.org/wiki/Marshall_Islands

http://en.wikipedia.org/wiki/Compact_of_Free_Association

http://tvnz.co.nz/world-news/marshall-islands-fight-more-nuclear-tests-compo-5585385

(7) Lire : http://www.presstv.ir/detail/2013/09/20/324985/us-to-test-nukes-on-nuke-disarmament-day/

http://www.dailytimes.com.pk/default.asp?page=20139\20\story_20-9-2013_pg4_11

(8) Lire : http://org2.salsalabs.com/o/6357/p/dia/action3/common/public/?action_KEY=15351

http://lcnp.org/disarmament/nuketesting/strake_declaration.htm

http://oneworld.org/2013/09/17/obama-urged-to-cancel-provocative-missile-tests/

(9) Source : http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/defence/10213524/Locks-on-nuclear-missiles-changed-after-launch-key-blunder.html

Lire par ailleurs : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/08/01/mission-to-uranus-la-decadence-du-complexe-militaro-industriel-occidental/

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Syrie : la rouge, la noire et l’entre-deux…

Il impose des règles, certes : les différentes pièces ne peuvent s’y mouvoir à leur guise. Tant dans leur progression que dans leurs prises, elles sont tenues à un protocole établi. Mais ces conventions ne sauraient nous faire perdre de vue que le jeu d’échecs, s’il établit des codes de civilité, consacre l’incivilité en sa quiddité, qui consiste à éliminer l’adversaire, pièce par pièce, et à le mater pour de bon. Si au jeu d’échecs traditionnel se substitue un tablier plus complexe encore sur lequel sont appelés à prendre place quantité d’antagonistes qui peuvent aussi, dans l’attente de l’inéluctable affrontement final, se présenter, à l’occasion, comme des alliés objectifs, si les tromperies se multiplient jusqu’à se généraliser, si les cases du jeu elles-mêmes ne cessent de permuter, et si, en prime, certaines pièces, sous l’emprise des fous, se mettent à déroger des règles, la férocité du jeu acquiert, par la force des choses, des dimensions exponentielles.

L’un des camps en présence, que l’on refusera, tant par honnêteté que par prudence, de colorer, pour éviter des réprimandes morales légères et infondées, peut certes feindre l’inertie et laisser les autres se combattre entre eux, lui assurant ainsi une victoire de fait, mais il miserait, dans ce cas, sur une désinvolture et un défaut d’observation stratégique dont les joueurs d’échecs sont habituellement exempts. Les autres finiront bien, sans doute, à un moment donné, par se rendre compte de la brigue, et leurs troupes partiellement défaites pourraient même, alors, en venir à s’allier contre celles du joueur amorphe.

A la vérité, le cartésianisme du jeu est implacable : dès lors que l’on y souscrit, il nous tient en laisse jusqu’à son apothéose, pré-écrite dans sa nature. Il se pourrait bien sûr concevoir des alternatives, au réalisme ténu : après tout, l’échiquier n’est-il pas assez grand pour tout le monde, les liaisons plus riches en lendemains et plus prolifiques en substance que les affrontements ? Songez donc à la poésie qu’inspireraient une tour qui, par mouvements ondoyants, entreprendrait de faire la cour à quelque pion, deux chevaliers qui sautilleraient gaiement l’un sur l’autre, des reines qui se prêteraient leur roi et vice versa, dans des alcôves quadrillées spécialement désignées pour la chose. Mieux encore : afin d’éviter de cocufier quelque noblesse, concevez l’équivalence des pièces et leur totale liberté de mouvement. Dans ce jeu-là, tout d’affection, elles ne s’assureraient plus leur place au détriment d’autres; reine serait l’imagination, et prendre congé de l’échiquier, toujours en compagnie, la victoire promise.

Jeu d'échecs à six joueurs

Il y a beaucoup du jeu d’échecs multipartite dans la configuration syrienne, mais pas de celui, idéal et féérique, que nous venons d’invoquer. Le maillage historique y est pour beaucoup, mais c’est avant tout la logique des antagonismes qui le veut. Que l’on choisisse ou non de l’ignorer, il y a, en effet, une logique qui préside à ces derniers, et elle déroule sous nos yeux son impitoyable dénouement, car, en dépit du choix de certaines pièces maîtresses de rester tout un temps sur le carreau en raison de son aberration, elle ne peut être inversée par un seul camp, un seul acteur, quand bien même il serait le plus clairvoyant de tous. Les affrontements ne sont que la résultante de cette logique. S’y joindre ne peut l’entamer. C’est donc à la logique elle-même qu’il incombe de s’affronter…

Si ce tableau apparaît froid et distant, c’est parce qu’il reflète le réel. Nous sommes atterrés, vous et moi, par les images que la télé nous rapporte. Nous versons une larme lorsque nous voyons, à travers le filtre, les cadavres d’enfants s’entasser. Nous compatissons avec les enfants survivants lorsqu’ils nous racontent leurs malheurs et prions, à défaut de mieux, pour que leur destinée soit meilleure. Mais s’il est une chose qu’il nous faut comprendre, si nous ne voulons pas nous laisser berner, c’est que, même si, en leur for intérieur, il reste indéniablement quelque chose de leur enfance passée, refoulée sans cesse pour les besoins de la cause, les dirigeants de ce monde ne répondent pas à ce genre d’émotions. En un sens, ils ont tort, car ils entretiennent ainsi, en un mouvement qui apparaît irréfragable, la logique délétère qui, à un moment ou à un autre, causera leur perte. En un sens, ils ont raison. En un sens, ce genre d’émotions est nécessaire à ce qu’il y a de plus précieux dans l’Humanité. En un sens, elles sont extrêmement pernicieuses.

Il ne viendrait à l’idée de personne de contester le fait que les enfants syriens ne sont pas parties prenantes au conflit qui tourmente leur pays depuis plus de deux ans, qu’ils sont bien sûr des victimes, de quelque côté que l’on considère la situation. Mais, ayant rappelé cette évidence, qu’a-t-on dit ? En quoi notre indignation, que les médias rendent sélectives quant aux régions du monde en proie à la tragédie et temporaire quant à son ressenti profond et à son expression, peut-elle soulager autre chose que notre conscience, alors que s’achève la période estivale dont nous avons bien profité ?

De mémoire, je ne me souviens d’aucune guerre dont j’ai été le contemporain qui soit réellement comparable, par sa complexité, au conflit syrien. Le principal élément qui la distingue de toutes les autres, outre son caractère métissé et englobant, est son inscription dans une superposition de strates de discours propagandistes et partisans de laquelle très rares sont ceux qui se distancient. A cet égard et pour le pire, cette guerre a sans conteste entamé une ère nouvelle : au black-out qui accompagnait les guerres d’antan, face auquel des révélations impromptues et dérangeantes faisaient vaciller le pouvoir, a succédé, depuis quinze ans au moins, la mode travestie du journalisme embedded. Ces deux variantes relèvent désormais de l’histoire ancienne : la Syrie leur a tordu le coup. C’est, aujourd’hui, à la surcommunication de guerre que nous avons à faire face, et elle fuse dans toutes les directions. Pourquoi, en effet, ce mode très particulier de relations humaines, échapperait-il à ce qui régit tous les autres aspects de la société ?

Que les médias iraniens ou syriens remplissent leurs pages, fussent-elle virtuelles, de propagande aisément déchiffrable saute aux yeux. Que des institutions de presse telles que la BBC, autrefois vénérée pour son impartialité, usent et abusent de cette gloire volatilisée pour promouvoir un agenda politique n’apparaît pas aussi franchement de prime abord. Or, voilà qui est bien plus redoutable et qui contraint l’observateur à ne négliger aucune source, pas même les médias susmentionnés, s’il souhaite, par confrontation d’opinions, se faire une opinion qui soit, sur base des éléments divulgués, la plus proche possible de la vérité.

Nous réitérons notre question : à quoi servent les pleurs et les cris effarouchés, à quoi l’indignation est-elle bonne s’ils sont manipulés comme ils l’ont été à l’occasion de tel ou tel massacre (bien réel) illustré par des photos de carnages similaires prises en Irak dix ans auparavant (1) ? Qui une émotion primaire sert-elle lorsque tel ou tel est blâmé, sur base d’images fortes, pour un acte révulsant impossible à étayer, sauf à en avoir été l’observateur direct ? Oui, des innocents ont été tués par milliers en Syrie. Mais oui, aussi, des mises en scène macabres y ont été orchestrées, à tel point qu’il est devenu impossible, pour quiconque ne dispose pas d’étroites connexions avec le milieu du renseignement, de déterminer qui est qui dans cet abject théâtre de l’absurdité tragique nommé Syrie.

Qui a intérêt à filmer des actes d’une barbarie exclusive et à diffuser les images ainsi filmées ? Qui joue quel rôle ? Quelle émotion attend-on de nous, et à qui peut-elle bénéficier ? Selon les médias et leur localisation géographique, les réponses à ces questions varient. Mais une certitude demeure, que m’a enseigné, à l’époque où je fréquentais les campi, mon cours de critique historique : les images ont un langage, et il faut connaître ce langage, le décrypter, pour les faire parler. Toute image est un écran. A ce titre, elle ne nous apprend qui ce qui y est objectivement visible. Tout le reste est conjectures. Et que la honte et le mépris s’abattent sur moi si d’aventure j’étais tenté d’instrumentaliser le meurtre d’enfants dans un but politique. La politique n’est pas la vérité. Et c’est la vérité, non pas l’instrumentalisation de leur agonie, que ces enfants, que toutes les victimes syriennes innocentes, méritent ! La vérité seule leur rend honneur !! La vérité seule leur restitue leur humanité dérobée !!!

Les médias pâtissent aussi d’un autre travers : leur journalisme. Ce mot, il faut ici le comprendre comme un rapportage au jour le jour qui fait fi, à quelques récapitulatifs près, de la trame et du contexte global dans lesquels s’inscrivent les événements. Ce rapportage se double d’une négation volontaire de leur histoire. En Iran, par exemple, ils ne rappelleront que la prise du pouvoir par les ayatollahs, pas la destitution forcée de Mossadegh : évitons les sujets qui fâchent, surtout si leur origine est noyée dans les limbes du noir et blanc…

Ce sont pourtant, en très large mesure, un pan très récent de l’histoire et de la mémoire qui amènent  aujourd’hui une vaste majorité des Occidentaux à rejeter toute intervention militaire occidentale en Syrie : l’Irak est passé par là, qui a dévoilé les dessous de la machine de guerre médiatique, celle qui, consciemment par des professionnels ou subconsciemment par des amateurs et des idiots, s’emballe et tourbillonne, emportant toute autre considération sur son passage. Aujourd’hui encore, d’ailleurs, qui s’émeut (au sens noble, cette fois) de la panacée de nouvelles révélations relatives à nos Etats policiers (2) ou, pour ne citer que ces exemples, de la nomination, désormais annoncée comme probable, d’un lunatique à la tête de la banque centrale américaine (3) ?

Une fois encore, la focalisation sur l’étranger – et Dieu sait s’il le commande, lorsque c’est à juste titre – sera parvenue à émousser, malgré les tergiversations politico-militaires du moment, l’impression de délitement des institutions intérieures suscitée par l’espionnite aiguë de ceux d’en haut et par les dernières malversations du capitalisme financier. Souvenons-nous en pourtant : c’est lorsque la tension, à son comble, dévie l’attention des sociétés, que les abus sont les plus criants, la matière pétrolière ne faisant pas exception, ou, comme le dit la sagesse populaire, c’est lorsque le chat est parti que les souris dansent.

Précisément, si tant est que l’espèce féline me pardonne cet outrage, que pourrait résoudre le départ d’un dictateur maudit à juste titre, sur lequel –énième de leurs aléas – les médias ont fait une fixation personnalisée ? Pas grand-chose, à en croire les analystes avertis, même si se vérifie la prédiction du premier ministre russe Medvedev, qui affirmait, en début d’année,  « penser que chaque jour, chaque semaine, chaque mois, les chances de survie d’Assad s’amenuisent », non sans ajouter « que c’est au peuple syrien d’en décider. Pas à la Russie, ni aux Etats-Unis, ni à quelque autre pays que ce soit ». Il s’agirait là, sans aucun doute, d’un immense ballon d’oxygène. Une telle évolution est inévitable et, pour qui lit entre les lignes, souhaitée, même, par la Russie, elle aussi prise dans un engrenage incertain. Mais à quoi ferait place ce soulagement de courte durée ?…

Comme le rappelait le deuxième négociateur désigné par l’ONU dans le conflit syrien, l’Algérien Lakhdar Brahimi, dans le rapport qu’il a remis au Conseil de Sécurité le 31 janvier dernier (4), il ne faut pas oublier que la bataille qui sévit en Syrie est aussi une bataille pour la Syrie. D’autres, moins tenus par les contraintes protocolaires, ont indirectement explicité ce propos depuis : « il y a le problème épineux de savoir que faire après le départ d’Assad. Il y aura certes un élan de soutien au développement d’une Syrie démocratique et prospère, mais c’est là tâche ardue dans une zone de guerre. […] Indépendamment des actions de Washington, Les Syriens, les Iraniens, les Turcs, les Saoudiens, les Qataris et d’autres, comme l’Etat islamique d’Irak et du Levant, en découdront en Syrie pendant de longues années encore », indiquait ainsi, le 15 avril 2013, un collaborateur du Council on Foreign Relations états-unien dans un article sombre et dépressif qu’il concluait par ces mots : « il fut un temps où je pensais que l’usage de la puissance américaine en Syrie pourrait faire la différence. Plus d’un an plus tard, j’ai de sérieux doutes quant à une intervention dans la guerre civile d’un autre. Il semble que la Syrie soit un problème sans réponse » (5) …

En toute hypothèse, le recours par une partie de l’Occident à des frappes dites punitives contre la Syrie serait au mieux malhabile, au pire puérile dans le chef de ceux qui s’habiliteraient à infliger la punition, de même que littéralement contre-productive, même si elle s’inscrirait dans la logique asservissante ci-dessus décrite. Supposons, envisageait Brahimi dans son rapport, « que la situation militaire autour de Damas empire considérablement. Nous assisterions alors à un exode massif de civils en dehors de la capitale. [Au bas mot], il s’agirait [dans ce cas de figure] d’un million et demi de personnes qui quitteraient Damas. Supposons encore qu’un tiers d’entre elles trouvent refuge ailleurs en Syrie. Où se rendrait le million restant ? De toute évidence vers les frontières les plus proches, c’est-à-dire les frontières libanaise et jordanienne », emportant dans leur sillage le risque d’une déstabilisation régionale, les Etats d’accueil étant déjà saturés de réfugiés. Tout ceci, comme les autres, les Occidentaux le savent bien. C‘est pourquoi ils se sont bien gardés, jusqu’à présent, d’exhiber leurs muscles et d’utiliser leurs grosses triques.

Objectifs possibles des missiles occidentaux en Syrie

Dans un autre article, un autre contributeur du CFR avançait que l’offensive aérienne d’Israël contre des convois d’armes syriens – à supposer que c’est bien de cela qu’il s’agissait, et non, comme l’affirme une rumeur, de dépôts de composants chimiques, qui auraient ainsi contaminé l’environnement – et la destruction, en 2007, par ce même Etat, d’un réacteur nucléaire syrien en construction seraient la preuve que la défense anti-aérienne syrienne tant vantée pour sa robustesse n’était en fait qu’un mythe. Il concluait dans la foulée « que l’aviation [états-unienne] est parfaitement capable de faire ce qu’a fait [son homologue] israélienne. Les défenses aériennes de la Syrie constituent un problème et un danger, mais représentent avant tout une excuse pour l’inaction » (6). Si cette analyse, qui néglige la possibilité d’un régime syrien peu désireux d’entamer une guerre avec Israël en 2007, tenant compte de l’encombrant occupant présent à sa frontière irakienne, et suffisamment occupé à ses basses œuvres par la suite que pour ne pas envisager une extension inconsidérée du conflit intérieur, est exacte, elle se contente de nous ramener à la question précédente…

Pourquoi, en réalité, note-t-on, depuis juin dernier, une agitation accrue dans certains pays qui relèvent de la sphère d’influence atlantique ? Pourquoi, soudainement, le pouvoir militaire égyptien a-t-il envoyé valser du trône, le mois qui suit, le Frère musulman qui y était installé ? Nous postulerons, sans pouvoir en apporter la preuve, qu’il savait que quelque chose se tramait. Et ce quelque chose, ce n’était pas tant l’impérieuse prise de conscience de Londres et de Paris par rapport à la condition de la veuve et de l’orphelin syriens, abandonnés à leur sort depuis belle lurette, que la nécessité de s’emparer de l’arsenal chimique du régime avant que les dégénérés à l’œuvre dans le répertoire de vidéos le plus sordide jamais postées sur YouTube depuis sa création – certains, quelles que soient leur obédience et leur loyauté réelles, étant peut-être pris du mal du pays qui les a vus naître, dont ils ont, mus par leur désir de supplices, émigré, désœuvrés, meurtris et endoctrinés –  ne le fassent avant eux.

Dès la fin mai, dans un accès de fièvre, la pression s’est accentuée sur Washington, en effet, pour livrer davantage d’armes (et des armes plus lourdes) aux soi-disant rebelles. Ainsi, un pseudo-expert en matière de défense estimait, parmi beaucoup d’autres et alors qu’un sénateur américain un peu niais revenait de son tumultueux périple (en service commandé) dans l’antre de la Bête, que « […] les USA pourraient aider leurs alliés en fournissant aux rebelles des armes antitanks, des armes sol-air [et] du renseignement [notamment] », précisant que « les Etats-Unis devraient accepter une dose de risque [à savoir] que ces armes tombent entre les mains de rebelles auxquels les Etats-Unis sont opposés [et que] ceci ne devrait pas annuler le show ». (7)

Tout un programme que ce show en effet, surtout si l’on sait que les services de renseignement occidentaux sont terrorisés – à juste titre ! – à l’idée d’une nouvelle psychose (inter)nationale qui serait provoquée, en temps de récession cette fois, par quelques énergumènes voyageurs difficilement traçables : ça bout dans la marmite ! Ainsi, début juillet 2013, le responsable du SIS britannique lançait officiellement, dans un rapport destiné au Parlement, un avertissement formel, coup d’envoi possible d’une nouvelle stratégie élaborée depuis des mois : « un nombre important d’individus radicalisés a été attiré par [le conflit syrien], en ce compris nombre de Britanniques et d’Européens. Il est probable qu’ils y acquièrent une expertise et une expérience qui pourrait augmenter significativement la menace posée lorsqu’ils reviennent au pays » (8). Un seul dérapage suffirait à instiller le type de chaos dont nos sociétés ont moins que jamais besoin. Un seul dérapage, qu’il résulte de fous d’Allah ou d’un coup monté fomenté par certaines phalanges brunes, aurait pour conséquence une peur panique générale et un clash interreligieux plus violent que tous ceux orchestrés jusqu’à présent dans les débats télévisés par les béguines rôdées et les cyniques habituels. Un seul dérapage se retournerait immédiatement et pour longtemps, selon les mêmes amalgames émotionnels qui nous attendrissent lorsqu’il est question d’images d’enfants syriens martyrisés, contre les musulmans dans leur ensemble. Un seul dérapage ouvrirait grand une boîte de Pandore déjà entrouverte.

C’est pourquoi l’enjeu est double, et c’est pourquoi ajouter à la confusion syrienne par des frappes qui ne feraient qu’accentuer la détermination des belligérants est suicidaire. Mais demeurer passifs ou opter pour le renfermement nationaliste n’est plus davantage – tel aura, au moins, été le mérite de l’odieuse mise en scène du 21 août, quels qu’en aient été les auteurs, que de le mettre en évidence – une option sérieuse. Il nous incombe désormais de nous prémunir contre les dangers que nous avons-nous-mêmes écoulés aux quatre coins du globe, en vertu des lois du marché, en ce compris, il y a quelques semaines à peine, des bombes à fragmentation (9) ! Il nous incombe désormais, si nous voulons retrouver un semblant de crédibilité, de punir de manière équivalente quiconque transgresse la ligne rouge. Il nous incombe désormais de confiner au sein d’un même cercle rouge barré la production, la vente et l’utilisation des outils de l’apocalypse.

Nimitz, Retour vers l'enfer

Ce n’est pas la Syrie qui déclenchera l’affrontement final, et personne n’en est dupe : comme des athlètes surdopés qui se regardent dans le miroir et s’épient du coin de l’œil, chacun s’observe, chacun se jauge. C’est plus à l’est encore que se profile, pour les faucons de salon enivrés de destruction, l’horizon d’espérance de la fin programmée. Tandis que, depuis des jours, se succèdent, dans la vaste région du rapport de forces présent, les anicroches révélatrices de la volonté d’isoler militairement le régime syrien, et que, de la Méditerranée au(x) golfe(s) et de la Mer Noire à la Mer Rouge, se déploient les requins-missiles, n’est-il pas temps, par conséquent, que prenne fin ce stratego vicié, et avec lui la partie de poker si coûteuse à tous égards ?

Déploiement des forces occidentales autour du théâtre syrien

Présence des navires russes dans la mer noire

Il nous revient, à nous tous, de mettre de l’eau dans notre vin. Le temps n’est plus aux diktats exclusifs des uns et des autres à la table de négociations. Le temps n’est plus à la livraison d’armes, ni au régime syrien, ni aux rebelles, ni à l’Arabie saoudite (10), tant que demeure le jeu de massacre par polichinelles interposés. Le temps – et c’est vieux jeu, peut-être, comme s’en défendait Brahimi dans son rapport – est au dialogue responsable ! L’exiger enfin et se donner les chances de la réussite n’est pas faire preuve de béatitude…

Nie wieder !

Par le papatweet d’hier dans lequel il s’exclamait par deux fois « Plus jamais la guerre ! », l’autre François, celui tout de blanc vêtu, ne cherchait sans doute pas à plaire en répétant. S’il insistait sur ce message, c’est probablement moins pour y mettre de l’emphase que pour rappeler la supplication adressée à l’ONU, à l’occasion du vingtième anniversaire de la vénérable institution à laquelle de plus en plus d’inconscients promettent le sort de la SDN, par son prédécesseur ultramontain Paul VI, lui qui avait connu les tranchées diplomatiques de ’40, ainsi que pour évoquer Nie Wieder Krieg, ce journal apparu en 1923, à Genève…

'Nie Wieder Krieg' (Genève, 1923)

Que les prières du Vatican aillent droit, en premier lieu, à ces cohortes de réfugiés à qui il manque le minimum. « Malgré les efforts humanitaires considérables qui sont entrepris pour atteindre [les 7,8 millions de Syriens qui ont besoin d’une aide humanitaire, dont la moitié sont des enfants], dans les zones contrôlées par les parties au conflit ainsi que dans les zones de combat, cette aide demeure insuffisante », a répété avec désolation, à la mi-juillet, Madame Valérie Amos, la secrétaire-générale adjointe aux Affaires humanitaires et coordonnatrice des Secours d’urgence. Et son collègue Ivan Šimonović, sous-secrétaire général des Nations-Unies aux Droits de l’Homme, d’enfoncer le clou en indiquant qu’à ce jour, « seulement 35% des montants alloués à la mise en œuvre [du plan de secours humanitaire pour la population civile syrienne] ont été versés », et d’appeler à « cesser toute fourniture d’armes aux deux parties et à redoubler d’efforts en faveur d’une solution politique du conflit » (11). Même si s’occuper des conséquences du conflit syrien que sont les réfugiés n’en résoudra pas les causes, la fameuse communauté internationale punitive et donneuse de leçons s’honorerait à prendre soin, avant toute autre considération, d’enfants, de femmes et d’hommes dans le besoin !

Que les prières aillent aussi au Serbe Vuk Jeremic, appelé, jusqu’au 11 septembre, à présider l’Assemblée générale de l’ONU, et à son successeur, John William Ashe, beaucoup plus libéral et états-unisophile à en juger par son curriculum, pour que, de concert avec le trop timide gensec, ils endossent, en prélude à une unité des nations revisitée, le lourd tablier d’architectes de la paix retrouvée en Syrie sur base de principes fondateurs qui, pardieu, apparaissent bien élémentaires pour qui est de bonne foi :

« a/ L’indépendance de la Syrie, sa souveraineté et son intégrité territoriale doivent être préservées ;

b/ il doit être clairement admis que l’objectif final est de permettre au peuple syrien d’exercer ses droits légitimes à la dignité et aux droits de l’humain, et de déterminer pleinement la manière dont il est gouverné ;

c/ Un élément essentiel dans ce processus est la formation d’un gouvernement de transition avec les pleins pouvoirs exécutifs. La signification des « pleins pouvoirs exécutifs » doit être clarifiée avant que les parties syriennes ne se réunissent pour discuter de la formation du gouvernement de transition. Laisser les parties [élaborer la définition de cette notion] équivaut presque certainement à aboutir à une impasse ;

d/ La négociation effective devrait se dérouler entre une équipe forte et pleinement représentative [appelée à s’exprimer] au nom de l’opposition, et une délégation civile et militaire forte qui représente le Gouvernement. Il va sans dire que les deux équipes présentes à cette négociation devraient se composer d’individus capables d’atteindre un compromis dans un délai raisonnable ;

e/ Les négociations devraient débuter hors de Syrie et se dérouler selon un agenda accepté afin de permettre au processus d’évoluer – le plus vite possible – vers le processus démocratique qui inclurait l’élection, la réforme constitutionnelle et le referendum. D’après [ce qui se dit] à Damas et ailleurs, il ne sera pas difficile de conclure un accord pour faire évoluer le pays du système présidentiel actuel vers un système de gouvernement parlementaire ;

f/ Il est important que le Conseil exprime de la manière la plus catégorique son soutien au droit de chaque citoyen en Syrie de jouir de l’égalité pleine et entière devant la loi, quels que soient son genre, sa religion, sa langue [et] son appartenance ethnique. » (4)

Dernières nouvelles du front

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 « Premier contact al-Sissi/Régime Assad, Riyad en colère!!! »

mercredi 21 août 2013

 

IRIB- « Une délégation militaire égyptienne de haut rang vient d’arriver en Syrie chargée par le ministre égyptien de la Défense alSissi  de coordonner les efforts de guerre Damas /Le Caire pour « une lutte plus efficace contre les Frères musulmans »!!

Selon Dampress, qui rapporte cette information, les coordinations sécuritaires entre les services du renseignement égyptiens et syriens iraient croissantesavec pour objectif l’échange de renseignement, la coordination des opérations de lutte antisalafisme et anti-frérisme. Cette visite, une première depuis 2011, intervient alors que le nouveau gouvernement égyptien vient d’arrêter plusieursmembres syriens des Frères musulmans sur son territoire et que la Syrie en a fait autant pour quelques membres égyptiens des Frères actifs sur son territoire. Selon ce rapport, cet amorce de coopération entre le Caire et Damas a provoqué le mécontentement de Riyad mais alSissi fait bloc et affirme noir sur blanc à ses soutiens saoudiens que ce sont les intérêts suprêmes de l’Egypte qui sont en jeu et qui exigent que les deux pays, Syrie et Egypte, développent leurs coopérations sécuritaires et que surtout ces coopérations soient coordonnées. Le ministre syrien de la Défense s’est aussi entretenu avec son homologue égyptien al-Sissi. Al-Sissi n’a pas fait mystère de son intention de voir les « deux armées égyptienne et syrienne combattre ensemble les terroristes »! »

 

http://french.irib.ir/info/afrique2/item/271202-premier-contact-al-sissi-r%C3%A9gime-assad,-riyad-en-col%C3%A8re

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« Canal de Suez: tentative d’attentat »

Publié le 31/08/2013

« Un « terroriste » a tenté d’attaquer un porte-conteneurs, samedi, dans le canal de Suez, afin de bloquer ce passage stratégique pour le trafic maritime mondial mais il n’a pu mener à bien son projet, a annoncé le directeur de l’Autorité du canal, Mohab Memich. »

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/08/31/97001-20130831FILWWW00356-canal-de-suez-tentative-d-attentat.php

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Reuters / Sep 2, 3013 – “The USS Nimitz aircraft carrier [equipped with nuclear warheads] and four other ships in its strike group moved into the Red Sea early on Monday, U.S. defense officials said, describing the move as « prudent planning » in case the ships are needed for military action against Syria.

http://www.reuters.com/article/2013/09/02/us-syria-crisis-ships-idUSBRE9810DA20130902

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(1) Lire : http://www.presstv.com/detail/2012/05/29/243579/bbc-uses-iraq-photo-for-houla-massacre/

(2) Il y a quelques années, les écoutes illégales qui, à une échelle très modeste et très orientée, avaient été mises en œuvre par l’Elysée avaient considérablement déstabilisé le maître des lieux d’alors lorsqu’elles ont été révélées. Aujourd’hui, il apparaît que les interceptions généralisées de communications privées ont permis, depuis de nombreuses années, aux services dits de l’ordre de s’en servir même pour des investigations à mille lieux de la suspicion de terrorisme brandie pour espérer les justifier : http://www.reuters.com/article/2013/09/03/us-usa-security-drugs-idUSBRE98201A20130903

(3) Source : http://www.cnbc.com/id/100995386

Lire, à ce propos, les articles antérieurs sous le tag ‘Lawrence Summers’

(4) Source : http://un-report.blogspot.be/2013/01/brahimis-principles-for-political.html?spref=tw

La citation de Medvedev reprise dans le paragraphe qui précède est également rapportée dans le rapport Brahimi.

(5) Source : http://blogs.cfr.org/cook/2013/04/15/prolonging-the-conflict-in-syria/

(6) Source : http://blogs.cfr.org/abrams/2013/01/31/what-was-that-about-syrias-lethal-air-defenses/

(7) Source : http://www.bbc.co.uk/news/world-us-canada-22693333

(8) Source : http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/syria/10171890/Spy-agencies-fear-terror-groups-could-get-chemical-weapons-in-Syria.html

(9) Lire : http://www.businessinsider.com/us-to-sell-cluster-bombs-to-saudi-arabia-2013-8

(10) Lire : http://www.defensenews.com/article/20130423/DEFREG04/304230016/Hagel-Riyadh-Saudi-US-Plan-Arms-Deal

http://rt.com/news/bandar-putin-assad-saudi-188/

http://www.jpost.com/Diplomacy-and-Politics/US-official-New-arms-deal-significant-advance-for-Israel-310421

(11) Source : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2013/CS11063.doc.htm

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SUFFRAGIUM SANUS IN RE PUBLICA SANA !

Non, Monsieur Normal, dussiez-vous ne pas vous en être rendu compte, vous n’êtes pas le général De Gaulle !

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N’est-il pas suffisant que, dans ce coup d’Etat syrien imposé depuis l’extérieur, vous n’êtes pas à la manœuvre ; faut-il aussi que, face au parlementarisme anglo-saxon passablement réhabilité, que les élites françaises n’ont de cesse de vanter pourtant, vous ravaliez votre Etat, votre République, à quelqu’officine ?

Ca sent le sapin, Monsieur le commandant suprême des armées, et ses aiguilles risquent de vous piquer les narines, car, outre que « l’ambition extérieure a pour condition une sorte de désespoir ou d’abandon de l’ambition intérieure », « un chef est un homme qui a besoin des autres ». Descendez donc de ce piédestal constitutionnel élyséen qui vous sied comme des baskets à une queue de pie. Que ne cessez-vous de manigancer contre le peuple et de le redouter !…

Voulons-nous que les enfants syriens, clés de la prospérité de demain, puissent regagner sans crainte les bancs d’écoles à reconstruire ? Bien sûr, nous le voulons ! Mais « le moment où le petit enfant prend conscience du pouvoir de ses pleurs n’est pas différent de celui où il en fait un moyen de pression et de gouvernement ».

Voulons-nous qu’il soit mis un terme à la barbarie sanguinolente qui s’est accaparé un bon tiers de la Syrie, que la faux morbide qui rôde dans les rues de villes devenues fantômes soit enfin remisée à l’établi ? Oui, nous le voulons ! Mais nous ne saurions pour autant oublier que « la faiblesse de la force est de ne croire qu’à la force ».

Voulons-nous que s’évapore dans le néant le Moloch chimique qui s’est, selon vos services, entassé en centaines de tonnes dans de très discrets entrepôts ? Oui, nous le voulons, presque autant que nous désirons l’ère post-nucléaire. Mais « que de choses il faut ignorer pour agir »…

En sommes, aspirons-nous à une Syrie apaisée et à l’amorce plus que tardive d’une transition ? Certes oui, mais pas par le glaive de l’Empire !

C’est pourquoi, par l’entremise de la raison, nous en appelons à la victoire – sempiternelle reconquête – de la Sagesse sur la force…

1 / Recours à l’ONU et à l’ONU uniquement (selon des modalités susceptibles de varier)

2/ Abstention de toute action militaire contre un pays souverain, de quelque nature qu’elle soit, sans l’aval des Parlements respectifs, à l’issue d’un vote

3/ Publication d’un engagement signé inconditionnel de la part de la coalition d’opposants syriens

                a/ quant à sa disposition à discuter avec toutes les parties au conflit en vue de la

     résolution urgente de la crise ;

b/ quant au respect des minorités dans le futur Etat syrien ;

                c/ quant au démantèlement, sous la supervision de l’ONU, du stock d’armes

     chimiques dont dispose la Syrie.

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01/09/13

« Plus de 110 000 morts depuis le début du conflit en Syrie. Au moins 110 371 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime du président Bachar al-Assad, en mars 2011. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), ce bilan comprend 40 146 civils, 21 850 combattants rebelles et 45 478 membres des forces pro-gouvernementales, dont les milices loyales au régime. »

http://www.leparisien.fr/international/syrie-une-intervention-militaire-suspendue-a-un-vote-01-09-2013-3097459.php

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26/06/13

« L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme a documenté 100 191 victimes depuis le début des soulèvements le 18/3/2011, à partir de la première victime de Deraa, jusqu’au 24/06/2013.

Les morts comprennent:

36 661 civils (dont 5 144 enfants et 3 330 femmes âgés de plus de 18 ans).

13 539 combattants rebelles.

2 015 soldats et officiers [qui avaient fait défection].

25 407 soldats réguliers.

2 571 victimes non identifiées (documentées avec des photos et des séquences).

2 518 combattants rebelles non identifiés (dont la plupart sont des non-Syriens).

17 311 combattants des comités de défense populaires, les forces de défense nationale, shabiha et informateurs […] du régime.

169 combattants du Hezbollah libanais. »

http://www.45enord.ca/2013/06/syrie-nouveau-bilan-de-losdh-le-nombre-de-morts-a-depasse-le-cap-des-100-000/

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Est-ce le fruit de la propagande postmoderne, du sacrifice de l’esprit critique sur l’autel de la rentabilité, ou de la stupidité panurgique ? Quoi qu’il en soit, les médias occidentaux répercutent à qui mieux mieux, depuis des mois, les chiffres mis en avant par cette ONG londonienne, faux nez de l’extrémisme sponsorisé par l’Occident (cf. l’article « Syrie : qui est le valet noir ? »), qui n’a rien en commun avec les ONG connues et reconnues.

A/ De combien d’observateurs dispose cette association sur le terrain, et sur quelles parties du territoire ceux-ci sont-ils répartis ?

B/ Quelle est la méthode utilisée pour aboutir à des comptages si précis ? De quels contacts l’ONG bénéficie-t-elle sur place ? Quelles méthodes d’identification utilise-t-elle ? Dispose-t-elle de renseignements quant aux causes et aux circonstances ? A-t-elle découvert des charniers dignes de Timisoara, ou nous en réserve-t-elle la primeur pour la Libération ?…

C/ Comment explique-t-elle que ces chiffres fassent apparaître des pertes si importantes parmi les forces du régime (entre 40 et 45 % du total des victimes) ?

Voilà quelques questions à la réponse desquelles, plutôt que d’aboyer à la cantonade,  feraient bien de s’atteler, si leurs résidus de crédibilité leur importent, « les nouveaux chiens de garde »…

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Les citations dans la première partie de l’article sont de Paul Valéry.

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Syrie : qui est le valet noir ?

Il est facile d’écrire à propos de la Syrie depuis un salon en Belgique, indécent même, tant la situation sur place est indescriptible d’horreur confuse et tant se juxtaposent les masques cauchemardesques de cette horreur.

Début janvier 2012, plusieurs journalistes, parmi lesquels le photographe de presse français Gilles Jacquier, furent victimes, à Homs, de tirs de roquettes qui eurent raison de ce dernier sur le coup. Etant donné l’arsenal dont dispose le régime syrien et sa posture belliqueuse depuis le début de la guerre civile qui sévit depuis plus de deux ans déjà, il était tentant de conclure à chaud que c’était lui qui était à l’origine de l’assaut. Plusieurs mois auront été nécessaires pour déterminer que cette fois-là, il n’en était rien, que c’étaient des rebelles qui avaient orchestré la manœuvre dans le but d’émouvoir l’opinion publique internationale, tuant, en même temps que le photographe français, plusieurs des leurs au passage.

Peut-on tirer une leçon générale de cet événement ? Absolument aucune : chaque fait mérite une analyse attentive et experte. C’est d’une telle analyse qu’a été chargée la mission d’enquête de l’ONU qui a atterri en Syrie alors même que fusaient sur YouTube les missiles chimiques…

Que ces armes aient été utilisées en Syrie paraît ne faire aucun doute. Elles l’auraient été à plusieurs reprises, de manière limitée, au cours de cette année. Il semble, en effet, que le régime d’al-Assad en soit particulièrement féru, spéculativement bien sûr. Pourquoi sinon ferait-il partie – aux côtés de la Corée du Nord et d’Israël, par exemples – des rares Etats qui se tiennent à l’écart de la convention pour leur abolition, qu’ils ne l’aient tout simplement pas signée ou qu’ils s’abstiennent de la ratifier ? (1) Et pourquoi aucun démenti cinglant n’a-t-il émané des autorités syriennes lorsqu’en des termes élémentaires, l’administration américaine y a fait référence il y a environ un an, qualifiant de « ligne rouge » leur usage, et promettant, le cas échéant, de sérieuses représailles ? Pourquoi, enfin, se serait-elle engagée, à travers un communiqué envoyé à l’ONU fin 2012, qui, dans d’autres circonstances, prêterait à éclater de rire, « à n’utiliser en aucune circonstance des armes chimiques, si elles existent » ? (2)

Parallèlement audit communiqué, le pouvoir syrien avait également averti le monde qu’un groupe de rebelles se fût emparé, à la fin de l’année dernière, d’un dépôt de munitions où de telles armes auraient été stockées. (Ibid.)

Au début du mois de mai dernier, l’ancienne procureure générale du tribunal international pour l’ex-Yougoslavie Carla Del Ponte, membre d’une mission indépendante de l’ONU, déclarait à la BBC : « durant notre enquête relative à des crimes contre l’Humanité ou des crimes de guerre [qui auraient éventuellement été perpétrés en Syrie], nous avons collationné des témoignages directs qui faisaient apparaître que certaines armes chimiques avaient été utilisées – du gaz innervant [pour être précise] –  et ce qui semblait en ressortir […], c’est [que ces armes] avaient utilisées par les opposants [au régime d’al-Assad], par les rebelles. Nous ne disposons d’aucune indication qui nous permettrait d’établir que le gouvernement syrien en a utilisées. A présent, la commission spéciale mandatée par le secrétaire-général va bien sûr enquêter [à ce propos] et nous dire ce qu’il en est, mais j’étais un peu stupéfaite lorsque nos premières indications pointaient vers une utilisation de gaz innervant par les opposants. »

Sitôt ces propos prononcés, le porte-parole de la Maison-Blanche a sauté sur son micro pour les relativiser, exprimant ses doutes quant à la faculté des opposants d’utiliser de telles armes. Quoi qu’il en soit, le conflit semble, depuis quelques mois – et depuis le début de ce mois en particulier – être émaillé de coïncidences troublantes, de signaux presque subliminaux répondant à une horlogerie quasi mécanique. Ainsi, bien sûr, de cet attentat chimique à grand échelle parfaitement synchrone. Ainsi aussi de ce dépôt de munitions détruit le 1er août (3), c’est-à-dire le jour même où devait s’entamer la livraison officielle d’armes occidentales aux opposants, en une de ces gigantesques explosions dont raffole Hollywood. Il ne manquait plus que le « roger » de rigueur, à ceci près que le Grand Noir a d’autres chats à fouetter – ou à moucharder, c’est selon.

Sans doute, craignant l’eau froide, se rappelle-t-il les déclarations devant le congrès US, en juillet 2013 de son chef d’état-major général selon lesquelles « même des interventions limitées telles que l’établissement de zones de non-survol ou de zones tampons, ou même des bombardements limités de sites militaires syriens, pourraient coûter des milliards [de $], ne garantiraient pas la sécurité des civils et seraient susceptibles de mener rapidement à l’escalade involontaire. Un engagement plus important [serait] difficilement évitable » (4). Et en quoi sinon en une offensive de troupes au sol un tel engagement pourrait-il se concrétiser ? Or, la myriade d’agents de services secrets de tous bords présents sur place depuis belle lurette sous des couverts professionnelles divers exceptés, n’est-ce pas là le grand tabou d’une communauté internationale exsangue et peu désireuse de voir ses boys s’embourber de nouveau à si brève échéance et à issue si incertaine dans des guerres peu smart ?

Déléguer, alors, ou laisser d’autres faire le sale boulot, à leurs risques, périls et bénéfices ultérieurs éventuels, mais avec l’appui logistique d’usage ? Voilà une éventualité à l’idée de laquelle la France et la Grande-Bretagne semblent trépigner d’impatience. Quoi de plus noble, en effet, que de secourir la veuve et l’orphelin ?

Cent mille ! Cent mille, voilà le nombre estimé de victimes du conflit syrien à ce jour – presque autant que les estimations les plus prudentes du nombre de victimes irakiennes de la dernière invasion états-unienne en date – selon le comptage  – improvisé, forcément – effectué par une ONG très partisane (5), l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme (OSDH). What’s in a name, en effet ? Au micro d’Amy Goodman sur Democracy Now ! pas plus tard qu’hier, la réprésentante emblématique d’une autre association des plus mystérieuses active en Syrie, l’intrépide Razan Zaitouneh, déclarait : « nous allons commencer à nous battre contre ceux-là parmi les rebelles qui sont opposés à nos principes de notre révolution » (6). Est-ce à dire qu’il existait jusqu’ici une sainte alliance ?…

Avocate syrienne, journaliste et elle aussi porte-étendard autoproclamé des droits de l’humain, la dame, au nom de délicieuse consonance iranienne, se propose, par l’entremise de son association, de documenter, avec un parti pris assumé, les exactions commises contre « les martyrs et les détenus de la Révolution« . En 2011, elle a reçu – en lieu et place de Brad Darling ( 😉 – le prix Sakharov pour la Liberté de l’Esprit. Ce prix, qui vise à récompenser une personnalité exceptionnelle qui œuvre à l’expansion de la communauté internationale, c’est en grande partie à ses vidéos postées sur YouTube et à son blog qu’elle le doit, lesquels étaient, selon le Parlement, la principale source des médias quant aux événements qui se sont déroulés avant et pendant le printemps rouge syrien. Certaines fractions du Parlement européen ont été – on le sait – particulièrement diligentes dans leur exigence d’armer les opposants.

Le Conseil européen, quant à lui, vient de déclarer (hier), par la voix de sa porte-parole pour les Affaires étrangères : « il nous faut mettre un terme à la spirale de violence [en Syrie], au terrorisme et au flux toujours croissant de réfugiés. Il incombe à la communauté internationale d’agir avec le sens de l’urgence et de la responsabilité ». (7) Deux jours auparavant, la même prenait acte du fait que « l’opposition avait invité la mission [de l’ONU] à se rendre dans les zones qui se trouvent sous le contrôle des rebelles ». (8)

Et le ministre français des Affaires étrangères d’opiner du chef, et même d’aller beaucoup plus loin encore. Que l’on en juge par les propos suivants, rapportés sélectivement d’une interview lacanienne menée de main de maestro (9) à écouter et à réécouter en long, en large et en oblique pour chacun de ses mots et pour tous les non-dits qu’ils impliquent : « Hier soir, j’ai eu, à sa demande, longuement, le président al-Jarba, qui est le président de la coalition nationale syrienne, c’est-à-dire ceux qui dirigent les résistants. […] Lui me confirme absolument ces éléments. […] Il y a eu […] [selon lui] utilisation massive d’armes chimiques […] dans la banlieue de Damas. […] Si c’est vrai, c’est un carnage épouvantable. […] S’il y a eu utilisation d’armes chimiques, tous les spécialistes disent qu’elles viennent de Bachar. Pourquoi ? Parce que les gaz auraient été apportés par les avions, par les missiles. Et là, les résistants n’ont pas la possibilité d’avoir ces armes-là. […] Il faut immédiatement autoriser les enquêteurs, qui sont sur place, [à investiguer l’événement]. […] Si les Syriens ne veulent pas, ça veut dire qu’ils sont pris la main dans le sac. […] Si cela a eu lieu – comme c’est probable –, c’est fait au moment où, précisément, les inspecteurs de l’ONU sont là. Ca veut dire […] : « moi, Bachar al-Assad, je me moque de la communauté internationale. » […] Et ça veut dire aussi – puisque c’est intervenu exactement un an et un jour après la phrase célèbre d’Obama, [qui disait qu’] il y a des lignes rouges qui, si [elles] sont franchies, [entraîneront] des conséquences énormes, […]  – que Bachar al-Assad et ceux qui l’inspirent – l’Iran tire largement les ficelles dans cette affaire, malheureusement – […] considéreraient qu’ils ont une impunité absolue. Et cela, la communauté internationale ne peut pas l’accepter. […] [Si les Russes utilisent au Conseil de Sécurité de l’ONU leur droit de veto pour empêcher une inspection des lieux où des armes chimiques auraient été massivement employées], les décisions [devront] être prises d’une autre façon.[…] [Quant à l’Iran, qui est venu dès ce matin au secours de Bachar al-Assad], il y a plusieurs aspects : il y a l’aspect syrien : il est avéré que l’Iran est engagé aux côtés de Bachar, à la fois directement, et indirectement par le biais du Hezbollah : vous avez [entendu] que le chef du Hezbollah a dit l’autre jour : « si je dois aller me battre en Iran, j’irai. » Et donc, il joue un rôle – tout le monde le sait – très important, en particulier par toute une série d’officiers qui… euh… et puis par des livraisons d’armes. Bon. Ca, c’est un aspect. Et puis, il y a un autre aspect qui concerne l’Iran, qui […] me préoccupe beaucoup et doit préoccuper tous ceux qui suivent les affaires internationales, c’est l’affaire du nucléaire militaire. Alors, nous avons eu… il y a un nouveau président en Iran […] mais, pour le moment, le risque du nucléaire militaire iranien n’a pas diminué. Donc, […] nous attendons des gestes concrets de l’Iran en matière nucléaire. Vous me direz [que] c’est un autre sujet. Ce n’est pas exactement un autre sujet parce que la question est de savoir si l’Iran veut jouer le jeu de la communauté internationale ou non. »

Le même jour, il avait déjà déclaré que « la France veut « une réaction de force » si un massacre à l’arme chimique est avéré en Syrie. Le Monde, journal français particulièrement présent sur le front (10) rappelle en outre que, le 4 juin, l’intéressé avait déjà évoqué la possibilité d’agir contre Damas « de façon armée ». Sans doute est-ce lui aussi qui, avec son bagage et son bagout, avait convaincu le président normal d’assumer en l’occurrence, dans la foulée de la campagne malienne, le rôle de leader du monde libre en étant le premier à promettre officiellement des livraisons d’armes aux opposants syriens.

Libye, rebelote ? Soyons francs : peu adulateur de dictateurs psychopathes, je m’étais laissé embarquer dans cette aventure-là, avant d’en percevoir plus clairement les tenants, aboutissants et guerres collatérales réelles, et je me suis juré à moi-même que l’on ne m’y reprendrait pas de sitôt. L’amateur d’antiquités du quai d’Orsay ignore-t-il volontairement les mises en gardes du général Dempsey ou, les ayant intériorisées, a-t-il œuvré à travailler un angle voué à étendre son amplitude sur le terrain ? Quoi qu’il en soit, lorsqu’à plusieurs reprises, un politicien occidental de première vue en vient à identifier un dictateur par son prénom, le ravalant ainsi au rang d’un enfant, voire d’un chien, il y a de l’eau dans le gaz…

L’ombre de leurs précieux amis qataris et de quelques autres dans le dos, la diatribe musclée de l’ancien poulain du parrain vénitien et la stratégie franco-britannique fabriquent-ils, tels les Etats-Uniens en Afghanistan à l’époque soviétique, les ennemis qu’il s’agira demain de combattre ? Peut-être, mais elles témoignent aussi de la réalité d’un Occident entre deux feux dans le conflit syrien : certes, il s’agit d’aider non pas tant à l’arrivée au pouvoir d’opposants instables que d’en renverser son actuel titulaire, mais il s’agit aussi d’éviter une dissémination malencontreuse d’armes qui pourraient déstabiliser le déséquilibre de la région, dont Israël est encore le principal bénéficiaire. Il se peut, comme d’aucuns l’affirment (11), que ce pays ne se soucie pas outre mesure du fait que les Syriens s’entre-tuent, mais imaginer que les armes chimiques de la dictature syrienne tombent entre les mains du Hezbollah, acteur actif du conflit, ou entre celles de redoutables islamistes qui, une fois l’aventure actuelle terminée, pourraient être tentés de se chercher un nouvel ennemi commun (histoire de souder l’intérêt national) ne peut manquer de susciter en eux l’effroi. Evidemment, leur priorité du moment est persane, mais – cela ne tombe-t-il pas bien ? – elle a été intégrée au discours…

Qu’à première vue, il soit dans l’intérêt du régime syrien de répondre par la positive à l’invitation de l’ONU à laquelle ses opposants ont déjà souscrit semble a priori aller sans dire, surtout si son principal allié l’y invite : quel meilleur gage de bonne foi ? Mais ne serait-il pas utile, sionisme et antisionisme mis à part, d’examiner les différentes configurations possibles, partant du principe qu’une utilisation massive d’armes chimiques a bel et bien eu lieu :

1/ Les opposants sont à l’origine de l’affaire.

a) Ils sont tellement désespérés et jusqu’au-boutistes qu’ils sont prêts à tout pour provoquer une intervention militaire occidentale. Leurs précédentes tentatives supposées n’ayant pas abouti, ils ont décidé, avec quelques conseils avisés, de recourir aux grands moyens.

b) Comme ils se livrent mutuellement la guerre en sus de leur confrontation avec l’armée syrienne (12),  l’une de leurs factions s’en est prise à une autre, dans l’espoir de faire d’une pierre deux coups.

2/ La dictature syrienne est à l’origine de l’affaire.

a) Les plus hautes sphères du pouvoir en ont donné l’ordre. Sadomasochistes et défiantes, elles souhaitaient ainsi marquer leur territoire et signifier aux Etats-Unis et à la communauté internationale à quel point elles prennent au sérieux leurs menaces. Il n’y a là, en principe, rien d’inconcevable : le massacre d’Halabja en 1988 est là pour le rappeler, non sans un distinguo contextuel de taille : dans sa lutte acharnée contre l’Iran, au détour de laquelle il avait gazé des civils kurdes par milliers, Saddam bénéficiait du soutien tacite de la communauté internationale.

b) Un général soupe-au-lait avait mal dormi la nuit précédente et a décidé de s’en venger sur des innocents d’une autre manière que celle habituellement utilisée.

Le lecteur se fera son opinion, mais qu’il n’oublie pas une troisième éventualité… A mesure que s’amplifiait la guerre civile syrienne, la presse a fait état de défections retentissantes dans les rangs du régime, jusque dans l’entourage familial d’al-Assad, certains anciens généraux étant passés à l’ennemi. Celles-ci n’ont toutefois pas semblé ébranler le pouvoir davantage que de raison. Les canaux occidentaux seraient-ils dès lors convenus de recourir à des méthodes plus subtiles ? Le monolithisme de façade de la dictature syrienne peine à cacher des désapprobations profondes de  méthode. Se pourrait-il, dès lors, que certains commandants ou certains généraux répondent à deux maîtres ?…

Depuis le salon belge où sont écrites ces lignes, la guerre d’usure paraît ingagnable. Depuis le salon belge où sont écrites ces lignes, la Blitzkrieg paraît périlleuse. Depuis le salon belge où sont écrites ces lignes, un authentique espoir de concorde syrienne s’en va, en ce moment même, réconforter, comme il le peut, les enfants et les femmes, exilé(e)s ou non, qui chaque jour prient Allah (ou un Autre) pour qu’Il fasse advenir des jours meilleurs… enfin ! (13)

Horloge (Résillot Antiquités - Brocante, Vesoul)

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(1) Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_sur_l%27interdiction_des_armes_chimiques#Adh.C3.A9sion_.C3.A0_la_Convention

(2) Source : http://english.ahram.org.eg/NewsContent/2/8/60077/World/Region/Syria-warns-terror-groups-may-use-chemical-arms.aspx

(3) Source : http://www.france24.com/fr/20130801-syrie-homs-explosion-depot-munitions-rebelles-milices-pro-regime-bachar-al-assad

(4) Source : http://www.cfr.org/syria/syrias-crisis-global-response/p28402

(5) Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/syrie-nombre-morts-evoque-est-vraiment-fiable-alexandre-del-valle-620412.html

Selon l’auteur de cet article, « les témoignages [produits par cette ONG] vont tous dans le même sens : la diabolisation d’Assad et la sanctification des rebelles sunnites (Frères musulmans, salafistes et milices ASL) ».

(6) Source : http://www.democracynow.org/2013/8/23/syrian_activist_on_ghouta_attack_i

(7) Source : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/EN/foraff/138610.pdf

(8) Source : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/FR/foraff/138607.pdf

(9) Bourdin Direct, RMC, 22/08/13 : http://www.youtube.com/watch?v=dGdzbJLM3AE

(10) Lire : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/27/syrie-le-monde-temoin-d-attaques-toxiques_3417225_3218.html

Exceptionnellement, le journal avait traduit cet article en anglais…

(11) Source : http://ecfr.eu/content/entry/commentary_syria_the_view_from_israel141

(12) Source : http://www.cbc.ca/news/world/story/2013/07/13/syria-rebels.html

(13) relire : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/02/07/epilogue-du-sordide-en-attente/

 

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« Mission to Uranus » : l’effarante décadence du complexe militaro-industriel occidental

L’article relatif aux armes à uranium dit appauvri est lisible après l’insert suivant…

Breaking News Insert

A few years ago, encouraged by Amnesty International, I wrote a letter to the embassy of Iran in my country about the case of young Makwan Moloudzadeh, who had been accused of homosexual turpitudes on a boy even younger than himself and had therefore been sentenced to public hanging, as it is often the case in a country with one of the severest, most inhumane law set against gay people (not the ones of the upper class, of course). I never thought I would one day have to write a piece about an American gay man facing the same tragic destiny.

Of course, comparing that Iranian kid’s situation with that of Bradley Manning would be a bit far- fetched : after all, the latter has not been found guilty of all the atrocious crimes he committed – treason to a traitorous military regime who engaged in a war against a foreign country on the basis of forged evidence being the most blatant one (In Egypt, nowadays, rebelling against a former dictator also seems to be considered a crime. (1)) – because he is gay.

Furthermore, he has just been cleared of the one charge that could have sent him to death row (“aiding the enemy”). In that respect, Eddie’s interference and his solemn promise of leaking out more disturbing intelligence “should anything happen to him” was probably but a calendar coincidence…

Considering the overzealous drive of the current administration to intimidate, censor and repress any individual dissenting voice within the big power machine (2), this after considerably weakening the 1989 Whistleblower Protection Act (3), the Kafka-inspired situation Manning is now facing is nonetheless close to surreal.

It is surreal because the war crimes he helped expose have set a precedent as far the thin red line of decent military conduct during operations abroad is concerned. It is surreal because his actions, however controversial they may seem to some in the US, were inspired by universal humanism and human virtue in a country ruled by cynical hypocrisy. It is surreal because the failing elite cracking down on a lower middle class boy for life because he cherished the very ideals eight years of Watergate-worthy PNAC ruling relentlessly squashed through an accumulation of major public lies and a permanent exposure of high-level lawlessness represents a testimony of their true bi-partisan agenda. It is surreal because should the no less than diabolical Wikileaks kabala he was drawn into have unfolded itself while the former US regime was still in power, any self-respecting member of the Donkey party would have welcomed him as a herald of democratic aspirations. It is surreal because, despite what the most vicious sections of the mainstream press may have written about his supposedly nerdy personality and his so-called constant indecision, Brad displayed a bigger set of balls than all the yes-men squatting the big theater called Capitol Hill, all the marketing fellows infesting the West Wing and – oh yes ! – even the Great Leader himself.

Another fundamental difference between Makwan en Manning is the despicable attitude of the main (military-funded) LGBT lobbies towards the unjustly accused private (4). Give ‘em leather and shiny boots, and they’d even suck off a nazi garrison, wouldn’t they ?!

Brad, I don’t know about the rest of them – and, to be frank, I don’t give a damn – but you definitely are my hero !

Prix Sakharov d'Honneur 2013

Brad

XXX

Yannick

________________

(1) Source : http://www.latimes.com/news/la-fg-wn-egypt-morsi-charged-20130726,0,4320835.story

(2) Read : http://www.techdirt.com/articles/20130620/18182823551/obama-administration-has-declared-war-leakers-claims-any-leak-is-aiding-enemy.shtml

(3) Sources : http://www.motherjones.com/politics/2013/01/obama-whistleblower-protections-signing-statement

http://www.nytimes.com/2013/05/28/opinion/silencing-the-whistle-blowers.html

(4) Read : http://www.theguardian.com/commentisfree/2013/jul/30/bradley-manning-gay-rights-groups-support

http://www.theguardian.com/commentisfree/2013/apr/27/bradley-manning-sf-gay-pride

End of the Insert

Il y a quatre récalcitrants structurels : les Etats-Unis, la France, Israël et le Royaume-Uni…

Lorsqu’il y a quelques semaines à peine, le Commandeur Suprême du Monde Libre s’est ému du sort de Trayvon Martin, n’hésitant pas à pousser la corde émotionnelle jusqu’à s’identifier à lui, ado, dans l’espoir d’apaiser la foule des mécontents mélanodermes tout aussi laissés-pour-compte sous son règne de premier black pale délégué par les corporations pour les représenter que sous ceux de ses prédécesseurs, lorsqu’il avait laissé couler une larme ou deux à l’annonce du massacre incompréhensible qui avait terrifié une école du Connecticut devenue par là même mondialement célèbre – on me dit en régie que cet autre témoignage d’émotivité exacerbée se rapportait à sa réélection, autant pour moi ! –, les plus naïfs de ses admirateurs des premiers jours, ceux qui, à l’instar d’un panel osloïte de vendus, avaient vu en lui une espèce de messie avant l’heure, parmi lesquels le sénateur belge Philippe Mahoux (un franc-maçon), se sont-ils imaginés que leur idole nouvelle en viendrait également, un jour, à se tirer une balle dans le pied en paraphrasant Prévert ? Quelle saloperie, la guerre !

Mahoux est l’un de ceux qui ont fait de la Belgique la pionnière dans l’interdiction, dès mi-2009, de la production, de l’utilisation, du stockage, de la vente et du financement d’armements uraniques. Avant cela, les mines antipersonnel  et les bombes à fragmentation avaient suivi le même chemin. Si rares sont les occasions de cocorifier notre petit pays que lorsqu’elles se présentent, idiot serait celui qui ne les saisirait pas… A ce pays il ne reste plus, pour être irréprochable, virginal même, qu’à pousser cette logique à son terme en refusant de prendre part directement à toute mission de l’OTAN où lesdites armes seraient employées, en recyclant sa profitable industrie gouvernementale d’armements dits conventionnels en fabriques de jouets, et en incluant dans la liste des armes non grata le fameux phosphore blanc, dont le caractère décapant a fait la joie des habitants de Gaza comme celle des indigènes de Falloujah (1). Pour une raison inconnue de l’observateur extérieur, la proposition de loi qui concrétiserait cette dernière ambition semble en rade dans une commission du Sénat depuis décembre 2010 (2).

Quelle saloperie, la guerre ! Lorsque le criminel de guerre Kissinger avait affirmé que « les militaires ne sont que des animaux stupides et idiots à utiliser comme des pions dans la politique étrangère », il s’était bien gardé d’ajouter que si tel est le cas, c’est la stratégie de domination belliqueuse d’obscures bêtes de la politique de salon, immondes sous leur masque diplomatique, que ces « pions » sont supposés concrétiser.

Or – Bradley Manning ne me démentira pas – regarder leur bestialité en face semble pour ces stratèges sournois aussi pénible aujourd’hui qu’hier : l’agent orange déployé en masse au Vietnam par la grâce de l’innovation technologique de Monsanto, aujourd’hui recyclée dans le fascisme semencier global (3) était tout aussi puant, en effet, que ne l’est la vapeur d’uranium dégagée par les produits d’Alliant TechSystems (ATK) (4) lorsque les innombrables roquettes et missiles de la liberté qui en sont pourvus s’abattent sur les ennemis du moment, certaines portions de l’axe des non-alignés par exemple.

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Il pue tellement, cet uranium, qu’en 1999 déjà, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) prenait bien soin de prendre ses distances par rapport au phénomène. Rappelez-vous : c’était la guerre du Kosovo. Pas moins de quinze tonnes d’uranium appauvri provenant de quelque cinquante mille bombes et missiles furent délestées sur la Serbie (5). C’était l’opulence, c’était Byzance ! Les dettes nationales, les déficits budgétaires ? Nimbés d’insouciance ! Dans l’Adriatique, les surplus militaires financés par Dame Croissance (6) ! Peut-être est-il originaire de là, le premier saumon aux hormones transgéniques… Quoi qu’il en soit, l’OMS ne trouva dans les parages aucun indice concluant, aucune preuve déterminante qui aurait permis d’établir un lien entre uranium appauvri et menaces pour la santé publique. Peut-être ceci était-il dû à la partialité de ses rapports, dont la sélectivité était déjà dénoncée alors par les autorités médicales du cru…

Ce silence assourdissant autour d’une matière qui relève par nature de l’intérêt public, l’OMS en a fait une marque de fabrique. Tandis qu’aujourd’hui, c’est en Irak que se dénombrent a posteriori par milliers les victimes dites collatérales de l’usage irrationnel d’un matériel de combat que l’on pourrait, pour le coup, qualifier, sans ironie aucune, d’armes de destruction massive, et que les autorités sanitaires locales, du ministère de la Santé irakien au docteur Muhsin Sabbak, qui officie à l’hôpital de Basra, établissent un lien direct entre la croissance exponentielle du nombre de patients cancéreux, l’apparition d’afflictions et de difformités congénitales inconnues des manuels de médecine (pour tout écrire proprement monstrueuses), et l’uranium qui s’est répandu en fortes quantités dans certaines régions en particulier, du fait de l’usage des armes incriminées (7), l’OMS continue de faire la sourde oreille.

L’organisation avait annoncé la publication d’un rapport circonstancié sur la question pour novembre 2012. Celle-ci n’a cessé d’être postposée depuis, à tel point qu’un collectif international de personnalités de premier plan issues des horizons les plus divers, qui inclut notamment le professeur émérite du Massachusetts Institute of Technology Noam Chomsky, le journaliste australien de référence John Pilger ou encore le cinéaste britannique Ken Loach, exige désormais que le public soit pleinement informé des conclusions scientifiques préliminaires que l’OMS garde soigneusement enfermées dans ses laboratoires (8).

L’ancien secrétaire général adjoint des Nations-Unies Hans von Sponeck, qui fut par ailleurs leur envoyé spécial en Irak pour les questions humanitaires, dispose de son explication sur le sujet : « le gouvernement des Etats-Unis a cherché à éviter que l’OMS n’enquête dans certaines zones du sud de l’Irak où l’uranium appauvri a été utilisé et a causé de sérieux troubles à la santé publique et à l’environnement » (9), affirme-t-il. Cette affirmation, corroborée par les observations de plusieurs officiels irakiens, est cohérente avec l’historiographie des votes états-uniens relatifs à la problématique, en assemblée générale de l’ONU.

Ainsi, lors de la soixante-troisième session de cet éminent aréopage, en décembre 2008, la Grande Patrie de la Liberté, qui ne jure pourtant que par la liberté d’expression et la liberté d’information, s’est opposée à une résolution basique qui invitait « les Etats Membres et les organisations internationales compétentes […] à communiquer leurs vues au Secrétaire général sur les effets de l’utilisation d’armes et de munitions contenant de l’uranium appauvri » (10). Dans leur opposition, alors que la proposition avait recueilli 141 voix positives, 34 pays (dont la Russie !) choisissant de s’abstenir, les Etats-Unis, alors aux mains du fils de l’autre, ont pu compter sur le soutien de trois autres puissances nucléaires dont deux les côtoient au Conseil de Sécurité, le Royaume-Uni du Brun, dont le prédécesseur avait convolé en justes noces avec le pouvoir ultra-réactionnaire d’outre-Atlantique, la France du Hongrois, et Israël (11).

Peu importe les motivations officielles assorties à ce vote, ce refus de s’enquérir des effets possibles desdites armes – il n’était question, à ce stade de la procédure, que de collecter des données scientifiques internationales – en dit long sur le malaise que suscite le sujet auprès de quatre des pays les plus industriellement avancés, et pareilles cachoteries invitent à s’interroger avec suspicion sur ce que ces pays ont à cacher.

Se pourrait-il que le professeur Christopher Busby (12), qui fait partie du Comité européen sur les risques radioactifs, ait vu juste, à savoir que non seulement la corrélation entre les malformations dont des centaines d’enfants irakiens sont les victimes et les ADM importées dans leur pays est établie, mais aussi qu’en fait d’uranium appauvri, ce serait plutôt de l’uranium légèrement enrichi qui serait intégré par Alliant TechSystems à l’armement utilisé par les boys ?…

Toujours est-il que le groupement d’experts européens auquel il appartient – totalement indépendant de toute pression extérieure, bien entendu –  a conclu, à son grand dam et non sans sarcasme, dans un rapport établi en juin 2009, que les études, analyses et documents fournis par la Coalition internationale pour l’Interdiction des Armes uraniques (ICBUW) en appui à sa cause étaient de nature parcellaire et qu’ils ne fournissaient « aucune preuve scientifique nouvelle qui invaliderait l’opinion antérieure [du groupe d’experts] quant aux effets de l’uranium sur la santé » (13). Comme le chantait Maurice : « dans la vie, faut pas s’en faire… »

Un peu plus d’un an auparavant, le Parlement européen avait pourtant, confirmant ainsi sa stature de seule institution réellement démocratique de l’Union européenne, appelé à un moratoire sur l’usage des armes visées, à une recherche scientifique plus fouillée ainsi qu’à une pression accrue en vue de conclure un traité qui les relèguerait au rebut (14), énième vœu pieux –jusqu’à présent, en tout cas – dès lors que sur cette question comme sur tant d’autres, la dispersion des voix européennes est manifeste au niveau des Etats, comme en témoigne leur vote pour le moins bigarré lors d’une nouvelle session de l’Assemblée générale de l’ONU, sa soixante-cinquième, le 8 décembre 2010.

Une fois encore, alors qu’une écrasante majorité d’Etats membres (148, pour être précis) s’y sont prononcés en faveur d’une résolution qui invitait « les Etats qui ont utilisé des armes et des munitions contenant de l’uranium appauvri en période de conflit armé à fournir aux autorités compétentes des Etats touchés qui en font la demande [L’Irak est bien sûr de ceux-là…] des informations aussi détaillées que possible sur l’emplacement des zones où ils ont utilisé ces armements et sur les quantités utilisées, et ce dans le but de faciliter l’évaluation de ces zones », le quatuor infernal déjà cité y a opposé une fin de non-recevoir (15). Il peut être intéressant de noter qu’entre-temps, le Messie d’Espoir et de Fraternité entre les peuples avait succédé au fils de l’autre loin de chez nous, et qu’un peu plus près de chez nous quoiqu’assez loin encore, une alliance libérale-conservatrice avait succédé au gouvernement travailliste du Brun.

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage | Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage | Polissez-le sans cesse, et le repolissez | Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. » Si le caractère poétique des travaux de l’ONU apparaît de prime abord insaisissable, ces quelques vers d’Ancien Régime s’y appliquent pourtant à la perfection. En effet, lors de la soixante-septième session de son Assemblée générale, le 3 décembre 2012, « ter repetita placent » fut de rigueur : un texte quasiment identique au précédent a été massivement adopté, cependant que les quatre chevaliers de l’apocalypse freinaient des quatre fers (16). Faut-il préciser qu’à ce moment, la présidence normale avait, en France, pris le relais ?…

Un mois auparavant, pourtant, le Premier Comité de l’Assemblée générale de l’ONU, qui se réunit pour débattre des questions de désarmement nucléaire et de sécurité, avait adopté une (quatrième) résolution qui, se basant sur les positions prises par le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement suite à l’enquête de terrain effectuée par celui-ci sur les sites balkaniques pollués par l’uranium appauvri, convoquait non seulement le principe de précaution dans le débat, mais aussi la nécessité de décontaminer les sites concernés, d’en assurer le suivi à long terme, et de fournir à la population civile une information appropriée afin de réduire son risque d’exposition aux particules irradiantes (17).

 Arguant que l’OMS, l’OTAN et l’AIEA avaient déjà entrepris (avec la diligence et la glasnost dont on les sait familier) des études de long terme sur l’impact de l’uranium appauvri sur la santé et l’environnement, Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France avaient diplomatiquement envoyé paître le Premier Comité lui aussi. L’Assemblée générale plénière  est, quant à elle, invitée à se pencher une fois encore sur la question, à l’occasion de sa soixante-neuvième session, fin 2014 !… D’ici là, Allah sait combien de gosses irakiens subiront encore le sort que leur a réservé le complexe militaro-industriel occidental et combien de drones létaux et terroristes auront survolé l’Afghanistan et le Pakistan (pour ne citer que ces pays).

Peut-être le Mali, dans l’attente fiévreuse du verdict des urnes, pourrait-il, répondant à l’ambition émancipatrice de Pépère (Le quolibet n’est pas de moi…), conditionner, en Etat souverain, l’exploitation massive de son uranium par Areva à une utilisation strictement pacifique ?… Qui sait, peut-être un président des Etats-Unis enfin démocrate pourrait-il, dans quelques années, gracier par ailleurs le successeur de Daniel Ellsberg, de sorte que le cabinet de détectives privés que celui-ci fondera par la suite puisse poursuivre son œuvre salutaire de désinfection du cloaque du pouvoir impérial…

L’espoir ! L’espoir fait vivre, mon cher Monsieur. Mais lorsque pas même un geste, pas même une loi, pas même un reste d’ambition jeffersonienne ne laisse présager une amorce de demi-tour, lorsque la décadence sonne son heure, lorsque les monstres apparaissent, lorsque s’évanouit l’écho des contestations, lorsque la dignité et la commune Humanité se voient bafouer par des egos qui comptent leurs deniers, lorsqu’il ne reste que les discours creux écrits par d’autres et les vitrines ripolinées à exhiber aux mandarines, c’est dans l’aigreur qu’il se consume, l’espoir !

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(1) Source : http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/4440664.stm

(2) Sources : http://www.senate.be/www/?MIval=/index_senate&MENUID=22105&LANG=fr (tag : phosphore blanc / proposition de loi 5-242/1)

http://www.senate.be/www/?MIval=/publications/viewPub&COLL=S&LEG=4&NR=1268&PUID=67110819&LANG=fr (motivation et contenu de la proposition)

(3) Lire : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/02/12/gratia-solis-generositatis-omnibus-fingit/

(4) Tant à domicile qu’à l’étranger, ATK se distingue par son culte durable de l’environnement : http://www.sourcewatch.org/index.php/Depleted_Uranium

http://en.wikipedia.org/wiki/Alliant_Techsystems

(5) Source : http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/03/18/2438955_serbie-l-uranium-appauvri-continue-de-tuer-dix-ans-apres-les-bombardements-de-l-otan.html

(6) Source : http://www.liberation.fr/monde/0101282949-guerre-au-kosovo-l-aeronavale-ne-largue-plus-ses-bombes-en-mer-l-italie-s-inquiete-de-l-etat-de-l-adriatique

(7) Source : http://www.bandepleteduranium.org/en/bbc-iraq-birth-defect-study-to-show-increase

(8) Source : http://www.globalresearch.ca/rise-of-cancers-and-birth-defects-in-iraq-world-health-organization-refuses-to-release-data/5344530

(9) Source : http://www.theguardian.com/commentisfree/2013/may/26/iraqis-cant-turn-backs-on-deadly-legacy

(10) Source : http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/RES/63/54&Lang=F

(11) Source : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/AG10792.doc.htm

(12) Lire : http://en.wikipedia.org/wiki/Christopher_Busby

(13) Sources : http://ec.europa.eu/energy/nuclear/radiation_protection/doc/art31/2009_06_report.pdf (p.14)

http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/opinions_layman/depleted-uranium/en/links.htm#content

(14) Source : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+IM-PRESS+20080521IPR29595+0+DOC+XML+V0//EN

(15) Source : http://www.un.org/News/fr-press/docs//2010/AG11033.doc.htm

(16) Source : http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/67/36

(17) Source : http://www.bandepleteduranium.org/en/un-vote-backs-precautionary-approach

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Congo / Rwanda : notre honte !

1935. La Belgique introduit dans sa colonie du Rwanda-Urundi, conquise des Allemands pendant la première guerre mondiale, les cartes d’identité raciale, posant les prémisses des boucheries ethnocidaires qui s’ensuivraient. « Diviser pour mieux régner », dit le proverbe : il fallait séparer dans les textes et les mentalités les deux principales ethnies, à savoir les Tutsis, considérés comme l’avant-garde élitaire susceptible de mener à une émancipation dont les envahisseurs souhaitaient endiguer à la base l’éventualité, et les Hutus, majoritaires et plus enclins à une collaboration avec l’occupant (chrétien européen).

1959. La révolution rwandaise a pour triple conséquence le meurtre de dizaines de milliers de Hutus, la fin de la colonisation physique du territoire par la Belgique, confrontée, comme au Congo et comme les autres puissances coloniales ailleurs en Afrique, à des mouvements souverainistes émergents, et l’indépendance nationale (en 1962), qui scelle le divorce d’avec l’Urundi (qui deviendra Burundi).

1990. Le Front patriotique rwandais (FPR) envahit le nord du Rwanda, plongeant le pays dans une guerre civile qui affaiblira considérablement l’autorité de son président hutu. Les accords d’Arusha, signés en 1993, sont supposés veiller à un partage plus équilibré du pouvoir entre ethnies.

1994. Une vague de violence sans précédent voit le jour à la suite de l’explosion en vol de l’avion du président Habyarimana, un attentat dont les véritables commanditaires n’ont pas encore été clairement désignés à ce jour. Sous les yeux éberlués d’une force (dite) d’interposition de l’ONU, la MINUAR, composée pour partie de casques bleus belges, dont dix seront tués en tentant de protéger la première ministre Agathe Uwilingiyimana, entre cinq cent mille et un million de Tutsis et de Hutus modérés feront les frais d’un déferlement de rage incontrôlée, suscitée notamment par les appels à la haine dévastateurs de la fameuse radio des Mille Collines. En quelques mois à peine, le FPR prendra le contrôle du pays, provoquant un exode massif de Hutus vers ce qui était encore le Zaïre.

2010. Après une quinzaine d’années d’une paix relative, en dépit de l’instabilité latente dans l’est du Congo, le Conseil de Sécurité de l’ONU ordonne, à travers la MONUSCO, le déploiement dans cette région d’une force pléthorique composée de 19.815 soldats, 760 observateurs militaires, 391 fonctionnaires de police et 1.050 membres d’unités de police, qui s’ajoutent au personnel civil et judiciaire que prévoit par ailleurs la résolution (1).

2012. Pour la deuxième fois, le Conseil de Sécurité renouvelle le mandat de la MONUSCO, jusqu’au 30 juin 2013 cette fois, moyennant un engagement pro forma du président congolais Kabila de veiller à une meilleure organisation de son armée, dans le but de consolider l’intégrité territoriale du pays, dans la région des grands lacs en particulier (2), un engagement exigé en 2006 déjà par une motion déposée au Sénat américain… par un certain Barack Obama (3).

Voilà pour la grande Histoire, dans ses grandes lignes. Venons-en à présent aux zones d’ombre contemporaines, aux dessous possibles des cartes diplomatiques septentrionales occidentales.

Les affrontements multiples et l’escalade meurtrière que subissent depuis des mois, sous l’impulsion d’un mystérieux M23 (4), les habitants des provinces de Nord- et de Sud-Kivu, frontalières du Rwanda, semblent avoir gagné encore en intensité depuis le début de cette année, malgré les casques bleus en surnombre présents sur place. Or, tous les observateurs du conflit pointent comme responsable le Rwanda de Paul Kagame : après le dépôt par l’ONU d’un rapport qui accable le régime de Kigali (5), les Etats-Unis et la plupart des pays du nord-ouest du globe ont donc imposé à ce dernier les sanctions d’usage, accusant plus ou moins ouvertement le ministère de la Défense rwandais, c’est-à-dire le FPR, de diriger et d’armer les rebelles dans l’est du Congo (6).

Ces cris d’orfraie seraient plus crédibles s’ils ne tentaient de passer sous silence un trafic d’armes (licite et illicite) à destination du Rwanda depuis l’assouplissement – voire l’annihilation – de la résolution 918 de l’ONU (adoptée à la mi-mai 1994) par les paragraphes 7 et 8 de la résolution 1011, qui abrogent de facto l’embargo sur les ventes d’armes au pays de Kagame depuis septembre 1996, une décision coulée dans le marbre en juillet 2008, à travers la dissolution du comité ad hoc mis sur pied par l’organe suprême onusien (7).

Plusieurs enquêtes ont accusé la France de la Françafrique d’avoir largement contribué à armer les hutus rwandais, francophiles, de 1990 à 1994. En Belgique aussi, à la fin du dernier millénaire, des doigts se sont levés, et non des moindres, au Sénat notamment, pour s’interroger sur une éventuelle livraison d’armes wallonnes au Rwanda avant et pendant le tumulte, voire réclamer la constitution d’une commission d’enquête parlementaire à ce sujet (8).

Ne doutons pas un seul instant que la même détermination, la même hardiesse politique, le même impératif de vérité, seront à l’œuvre bientôt pour mettre au jour les filières, légales et illégales, qui ont armé le pouvoir tutsi rwandais depuis 2008 au moins (depuis 1996 peut-être), permettant à ce dernier de pourvoir à son tour aux besoins militaires du M23 (9).

Ceux qui chérissent le sarcasme apprendront, en outre, avec délectation que les Etats-Unis, en plus de financer et d’organiser en toute transparence, par l’entremise d’AFRICOM (leur commandement intégré africain, en pleine phase de consolidation stratégique) l’entraînement militaire de toute une série d’armées africaines, parmi lesquelles celle du Rwanda et du Congo (10), sont aussi à l’origine de covert ops diverses et variées (des actions militaires secrètes, qui n’ont reçu l’aval ni de l’Exécutif, ni du Congrès américain) qui brouillent davantage encore, s’il était possible, les lignes de partage entre ombre et lumière sur le continent noir (11).

A qui profite un pouvoir congolais sorti fragilisé des urnes en novembre 2011 ? Certainement pas à des partenaires historiques qui, notamment par la voix et les colères homériques d’un De Gucht alors encore aux Affaires étrangères, n’ont cessé de revendiquer auprès de Kinshasa la préférence occidentale face à l’influence grandissante, dans la région, de l’empire sournois.

A qui profite l’instabilité chronique d’une région aux ressources minières irremplaçables (coltan pour le matériel informatique, diamants pourpres de Léo, etc.) ? Certainement pas à nos chers industriels du Nord, totalement décomplexés par rapport à ce lointain souvenir qu’est la colonisation !…

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(1)    Source : http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/monusco/mandate.shtml

(2)    Source : http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/2053(2012)

(3)    Lire : http://www.govtrack.us/congress/bills/109/s2125

Lire aussi : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1489773/2012/08/22/Reynders-appelle-Kinshasa-a-instaurer-un-Etat-de-droit.dhtml

(4)    …  ou mouvement du 23 mars, dont l’intitulé se réfère à l’accord de 2009 qui avait présidé à l’intégration de mutins de l’est du Congo dans les forces armées congolaises régulières, après une guerre civile déjà dévastatrice.

(5)    Source : http://allafrica.com/stories/201208050109.html

(6)    Sources : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/rd-congo-hillary-clinton-demande-au-rwanda-de-ne-pas-soutenir-le-m23-07-08-2012-2116836.php

http://www.rtl.be/info/belgique/politique/902309/rwanda-reynders-recu-par-le-president-paul-kagame

http://www.guardian.co.uk/world/2012/oct/17/rwanda-minister-commanding-congo-rebels

(7)    Sources : http://www.un.org/french/sc/committees/918/

http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/1011%281995%29

(8)    Source : http://www3.dekamer.be/digidoc/DPS/K2052/K20523628/K20523628.pdf

(9)    Lire : http://www.nytimes.com/2011/12/07/opinion/stopping-the-trade-in-death.html?_r=0

Lire aussi : http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1283

(10) Sources : http://www.africom.mil/fetchBinary.asp?pdfID=20120302121535

http://www.state.gov/t/pm/ppa/sat/c14560.htm

http://www.state.gov/t/pm/ppa/sat/c14562.htm

(11) Source :

http://www.washingtonpost.com/wp-srv/national/longterm/overseas/overseas3a.htm

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