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L’Eglise, cette abomination…

Panade spirituelle que l’on sert à des adultes restés enfants, la vision irénique et niaise qui, de nos jours et par ici, tend à en faire l’assise d’une quête de transcendance à laquelle serait étrangère toute ambition politique n’est que forfaiture : la religion instituée n’est et n’a jamais été autre chose qu’un outil politique, un outil de pouvoir et de domination, qui assoit la transcendance dans la pourriture de la corruption. En ce que toutes ne sont, par rapport à l’Humanité elle-même, que des sous-religions communautaristes – c’est-à-dire des sectes – qui aspirent à la soumettre en sa totalité à leurs jougs doctrinaires respectifs, ce constat vaut pour l’ensemble des religions instituées, mais, en raison de sa structure ultra-hiérarchique, il s’applique particulièrement à la religion catholique.

La bible ? Une tentative primitive et totalitaire d’organiser la cité (par la fiction). L’Eglise ? Un Etat mafieux et une cinquième colonne. Les courants religieux ? Des partis politiques. Leurs hiérarques ? Des psychopathes hors-sol. Leurs missi dominici laïcs ? Des membres cooptés de clubs sélects obsédés par l’entre-soi et le monopole de l’histoire.

Eglise est, depuis l’origine, synonyme de parjure. « La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu’il n’existe pas », écrivit Baudelaire dans Le spleen de Paris. Et s’il avait eu tort ? Se présenter sous les traits de Dieu ne serait-il pas sa ruse suprême ? Eriger en modèle exclusif un personnage de fiction supposé concentrer en lui toutes les vertus, mais édifier un royaume dont le trône ici-bas est imprescriptiblement réservé au panier à crottes (C’est du Zola !) des épigones d’un pseudo-apôtre qui ne se contenta pas de trahir, mais, le moment venu, eut l’outrecuidance, éludant le jugement divin – fausse humilité ! –, de ne présenter au Ciel que ses pieds, puis continuer insolemment de se proclamer « dans le Seigneur », ainsi préservé comme incarnation paradoxale d’une idée pure, voilà un niveau de perversion qui, ne leur déplaise, aux risibles petites sectes satanistes, qui, en réalité, s’inscrivent dans la filiation directe du Vatican, demeurera à jamais inaccessible !

Depuis ses origines, aucun Bien de l’Eglise ne pouvait émaner : elle est structurellement dépravée, eu égard à ses propres références. Son histoire n’a fait qu’aggraver cette réalité. Ainsi de la « Sainte-Inquisition », rebaptisée depuis peu en « congrégation pour la doctrine de la foi ». Ah, si seulement cette dernière pouvait à l’égard des pédoprédateurs en soutane contemporains faire preuve ne serait-ce que du centième de l’intransigeance que son aînée manifesta jadis aux prétendus hérétiques ! Vœu pieux, cela va de soi, tant il est vrai que le Mal qu’abrite la cité de tous les vices ne s’acharne jamais que sur les victimes – les victimes réelles, et non les coupables auxquels est octroyé ce statut par piété diabolique.

Le serpent n’est jamais à court d’arguments pour justifier ses turpitudes, et ceux-ci sont à géométrie variable : après avoir ordonné de faire en sorte que le prêtre lyonnais qui a admis s’être rendu coupable de pédoprédation échappe à la justice des hommes, c’est sur l’immunité diplomatique – concept fort peu divin – que s’est appuyé le préfet de la congrégation susnommée pour fuir ses responsabilités : on ne s’improvise pas Sainte-Nitouche ! Lui emboitant le pas, avant-hier, Bergoglio lui-même, n’ignorant rien pourtant de la culpabilité morale factuelle de la clique qui, d’un bout à l’autre de la chaîne de responsabilité, englobe prêtre, cardinal et préfet – ce dernier sous son autorité directe, ainsi maculée un peu plus encore – vient de confirmer sa récente décision de maintenir en fonction l’agité du bocal lyonnais, prétextant que la procédure d’appel entamée par celui-ci – un appel sur lequel, tant il infiltre les lieux stratégiques, l’Opus Dei pourrait être appelé, sans conflit d’intérêt aucun, à se pencher – valait divine prorogation de la présomption d’innocence le concernant. Saluons la cohérence « dans le Seigneur »…

Le cadre lyonnais est-il plus propice qu’un autre à la vérification des prémisses du présent article ? C’est à Lyon que Paul Touvier, fervent collaborateur des nazis recherché par la justice pour crimes contre l’humanité, trouva refuge des années durant. Et c’est précisément l’Opus Dei ainsi qu’une partie du clergé local qui s’assurèrent de son bien-être, cependant qu’un supérieur provincial jésuite comblait ledit criminel d’attentions…

En 2009, un article en ligne de la revue catholique progressiste Golias décrivait un clergé lyonnais en proie à « une stratégie de restauration ecclésiale » initiée par le très conservateur cardinal qui deviendrait l’emblème français de l’hypocrisie de l’Eglise en matière de viols d’enfants, une « restauration » sous l’égide de l’Opus Dei – encore ! – et de la Communauté de l’Emmanuel, une autre secte dans la secte – homophobe elle aussi, semble-t-il – mais issue, quant à elle, du Renouveau charismatique.

Comment, dès lors, interpréter le soutien indéfectible du si progressiste Bergoglio à celui qui, agité comme un cocaïnomane en rut que n’effleurait pas, face à l’entreprise scélérate dont il s’est rendu complice, le moindre souci d’humilité, déclara par oxymore, le 15 mars 2016, joignant le geste (un vif revers de main dédaigneux) à la parole, que « la majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits » (soulignant par là même que ce n’est pas aux motivations des plaignants, que certains de ses prédécesseurs avaient au bas mot jugées suspectes, vu le laps de temps écoulé, mais aux crimes eux-mêmes qu’il vouait tout son dédain) ?

Après lui avoir fait des concessions diverses et variées, le souverain pontifiant n’a-t-il pas, irrité, sans doute, par les charges répétées lui adressées par ce camp-là, de l’Opus Dei pris congé en décembre dernier ? Des charges qui, soit dit en passant, démontrent que pas même devant l’instrumentalisation politicienne d’abus sexuels perpétrés contre des gosses le caniveau de la hiérarchie catholique ne recule !

L’affaire lyonnaise cacherait-elle pareillement une lutte de clans ? Sur son site, l’Opus Dei de France invitait ses ouailles, en juin 2015, à commémorer le quarantième anniversaire de la mort de son très saint patron, cette ordure (très) proche à la fois de Franco, d’Hitler et de Pinochet, en renseignant des lieux et des dates précises auxquelles se tiendraient, à travers la France, des messes en son honneur. L’une de celles-ci serait célébrée à Lyon par le père Baumgarten, celui-là même qui semble appelé à prendre la relève de Barbarin. Le signe, au contraire, d’une communauté d’esprit qui réduirait le conflit à une simple lutte d’egos et la protection papale à une affinité personnelle ?…

A moins qu’il ne faille voir dans la clémence du cauteleux directeur de consciences que l’application, au mépris renouvelé des victimes car à la faveur d’une indignation en ce cas sciemment attisée, de l’un de ces prescrits sadomasochistes si chers au petit monde des jésuites : « […] ainsi, à l’opposé du sentiment commun des hommes, pourront-ils, pour son divin service et sa louange, s’humilier davantage et progresser davantage en esprit pour la gloire de la divine Majesté »…

Il y a quelques jours, à l’occasion d’un conseil presbytéral lyonnais extraordinaire, quarante-huit des cinquante votes exprimés le furent en faveur d’une démission rapide et définitive du cardinal « Grâce-à-Dieu ». Bergoglio aurait pu, accentuant ce qu’il prêchait à l’entame de son mandat, confier aux curés et vicaires lyonnais le soin de décider du sort de l’importun. Mieux encore : il aurait pu laisser la base elle-même organiser un vote, avant d’en valider automatiquement le résultat, mettant ainsi en valeur le mode d’organisation des communautés chrétiennes premières, dont il se disait si admiratif avant son accession au Saint des saints de la duperie. Mais de la tambouille politicienne vaticanesque, qu’attendre d’autre qu’une posture hiérarchique ?

Dans l’Eglise, aucun Bien ne peut émerger qui ait l’objectif d’assainir le sommet; tout est imposé depuis le sommet pour le contenir. Tout compte fait, celui-ci ne diffère en rien du sommet de la pyramide détaché de cette dernière, qui orne certains billets de banque. Par ce sommet, toute l’Eglise est conditionnée, de telle sorte qu’elle ne favorise pas l’élévation; elle fait main basse. Il n’est pas question de la convaincre; c’est son inflexible conviction qui s’abat sur « le troupeau ». Ainsi, de la même manière que quantité de prêtres et d’évêques ont fait main basse sur l’intimité d’enfants, l’Eglise, au diapason, fait main basse sur celle des hommes et des femmes. La volonté propre et le consentement individuel sont des paramètres dont elle ne s’encombre qu’à la marge, si elle y est contrainte. Laisser accroire qu’elle ne serait qu’un club sectaire qui ne s’adresse qu’à ses membres est une autre de ses ruses; son ambition est et a toujours été de dominer tou(te)s et chacun(e). Comme l’atteste l’Opus Dei, qu’elle accueille fièrement en son sein avec son bagage nazi, l’Eglise n’affiche une apparence paisible et inoffensive qu’en raison d’une conjoncture qui la cantonne à un certain périmètre. Que survienne une apocalypse, et l’Inquisition réapparaîtra. Sa doctrine infernale, faite, pour ses indignitaires uniquement, d’aménagements raisonnables obscènes, continue, à travers des réseaux bien huilés et des habitudes difficiles à perdre, de polluer la société dans son ensemble en suscitant un mimétisme servile producteur de pieuse perversité. Une institution qui permet aux hommes les plus vils, les plus corrompus et les moins sages, de prodiguer des leçons de maintien : par-delà la République telle que la conçoivent Trump, Macron ou toute autre délirante enflure transitoire, telle est l’Eglise plurimillénaire, qui de son histoire tyrannique ne renie rien ! Et tel est son fameux sommet qu’en vertu de la croix renversée dont elle est dépositaire, il côtoie la gadoue. En vérité, en effet, c’est toute la hiérarchie ecclésiastique qui manœuvre dans la fange, et à ces boueuses sommités, aucune insulte assez odieuse ne saurait être adressée, pas une once de respect être due.

Ceux et celles qui leur en témoignent malgré tout, celles et ceux qui acceptent leur tutelle, tou(te)s leurs «  fidèles », en somme, savent – ou devraient savoir – à quoi ils le sont et à quoi ils souscrivent ainsi : à l’antithèse structurelle du Bien – qui n’est certes pas la seule expression du Mal, mais qui y occupe une place prépondérante –, à une morale équivoque faite de doubles standards, à une institution politique anachronique dans sa forme et principiellement viciée, qui agite le paravent divin pour neutraliser toute opposition, à une assemblée non élue composée de détraqués sexuels œuvrant au politiquement correct, à une hiérarchie monstrueuse où ni l’Homme ni un Dieu bien compris n’ont leur place ! Tout acte de bonté d’un modeste curé de campagne, toute humilité sincère manifestée par une pratiquante, se trouvent ipso facto perverties, et si cette bonté et cette humilité persistent, elles ne peuvent le faire, de leur crédulité s’étant départies, qu’aux dépens de l’institution et contre elle.

Aux distraits, Bergoglio, l’esprit embourbé, vient de le rappeler : dans l’Eglise, il ne faut chercher ni éthique ni transcendance. En prendre conscience est un premier pas hors de l’imposture !

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Ne pouvant, après quelques essais, me résoudre à la mise entre apostrophes, trop barbare décidément (cf. la note infrapaginale de cet article antérieur), je reviens dès à présent à l’italique simple pour la relativisation, et opte, s’agissant de l’emphase, pour l’italique gras.

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Répugnance et fatwa !

Je n’ai rien d’un Savonarole : il y a une dizaine d’années, j’ai moi-même posé à poil. A des fins artistiques. Mon corps athlétique s’y prêtait. Et, oui, ça m’avait fait bander. Précummer même : la bave dégoulinait suavement de ma queue et formait avec les gouttelettes de sueur que ma peau ne pouvait plus contenir sur l’écran photographique blanc dont l’extrémité avait été déroulée par terre une petite mare composite de fluides corporels excédentaires où ne manquaient plus que salive et pisse, dont j’imaginais une troupe de lutins en rut avide de se pourlécher les babines, succulent bol de protéines qui fait les petits-déjeuners réussis. J’avais refusé le moindre cachet. Mes allocations de subsistance me permettaient ce luxe. J’emmerde donc les frigides, dont les tentacules fossilisés n’aspirent qu’à tarir la source du jaillissement existentiel. Ma famille de primates écervelés, dont le petit-bourgeoisisme coincé du cul n’a jamais été pour moi synonyme que de tourments psychologiques et de frustration intellectuelle, occupe parmi eux une place de choix.

Ainsi, lorsque j’entends un Chris Hedges, valeureux et juste dans maints de ses combats, vilipender l’hédonisme et essentialiser le porno, qui va de pair avec la prostitution et se confondrait nécessairement avec l’ambition de dégrader les corps et d’humilier les hommes, les femmes en ce qui le concerne, je ne peux m’empêcher de trouver suspect ce qui motive son jugement de valeur. A le lire décrire par le menu la béance temporaire du trou du cul d’une donzelle après son ramonage insistant par l’un ou l’autre missile surdimensionné, je me dis qu’il y a peut-être, pas forcément mais peut-être, quelque désir inassouvi tapi derrière son dégoût. Je plaisante. Mais tout de même : « les attitudes promues par le porno, en ce compris le strip-tease, la promiscuité, le SM et l’exhibitionnisme, sont devenus chics », dénonce en bloc l’éditorialiste colauréat du Pulitzer. Ben oui, pépère, on ne fait plus l’amour dans le noir de nos jours, de moins en moins en tout cas : comme disait l’autre, « ce n’est pas sale »…

Hedges se revendique progressiste. Mais plusieurs plumes de réacs ne sont pas en reste. Ainsi de Brighelli et de sa Société pornographique, à propos desquels j’avais posté il y a plusieurs mois le commentaire suivant :

En ce qui me concerne, pour avoir animé, il y a quelques années, un atelier consacré à la prostitution, je n’ignore pas que faire totalement l’impasse sur la situation sociale comme contrainte susceptible de mener à la prostitution me semble un peu court : lors de cet atelier, la fondatrice (elle-même ancienne prostituée) de l’ASBL Icar, active en région liégeoise, avait d’ailleurs affirmé que près de 40 % des prostituées de rue actives dans sa région étaient SDF, et que la consommation addictive de drogues dures y était monnaie courante. Que peut bien valoir, dans ces conditions, la notion de consentement ?

De manière plus générale, si j’estime que la distinction entre sexualité et procréation, amorcée par ce qu’il est convenu d’appeler la libération sexuelle, est salutaire, je n’en dirais pas tant de la distinction qui lui est concomitante, celle entre sexe et être (entre sexe et esprit, si l’on préfère), dans la mesure où cette dernière me semble trop souvent revêtir, au point de devenir norme incontournable, les attributs d’une nécessité diffusément dictée, qui contrecarre l’émergence de la libération véritable, celle des individus, au bénéfice d’une inconsistance pulsionnelle toute de postures dont l’imposture est l’ingrédient clé, donc au détriment de relations épanouissantes parce que nouées.

De telles considérations semblent très éloignées de celles d’un Brighelli dans sa récente caricature du porno. Son argumentation réactionnaire, en grande partie fondée sur le sophisme, n’est pas fondamentalement différente de celle mise en avant par les opposants à la légalisation du cannabis : ainsi, sous prétexte que le porno normalisé est par trop accessible aux enfants, qu’il pervertirait dès le plus jeune âge, qu’il permet à des mafias avérées ou déguisées de réaliser de plus que plantureux bénéfices blanchis, et qu’il ne serait qu’un vecteur de violence, il faudrait l’interdire dans son ensemble. Lisez : parce qu’une activité humaine produit notamment de la merde, elle est intrinsèquement à vomir, et parce qu’elle menace les vierges yeux des p’tits nenfants, elle est à bannir : mieux protéger ceux-ci au moyen de balises électroniques plus efficaces ne suffirait pas…

Ce sociologue du dimanche, qui affirme avoir « beaucoup travaillé » sur le sujet (L’on n’ose imaginer la forme que ce « travail a prise »…) prétend que le porno qui fait la part belle aux sentiments (ou à leurs illusions) et à la féminité n’alimente que des sites spécialisés et marginaux, alors que des scènes issues des maisons de production Dane Jones, Epic Sex, X Art, Wow Girls, SG4GE, TMW ou encore Passion HD (La liste est encore longue…) sont postées quasi quotidiennement sur des plateformes tout aussi imposantes en termes de contenu que celles que le Pornhub qu’il a constamment à la bouche… et sur celle-là aussi ! Ces scènes répondent également à un créneau, donc à un format (très différent, tout de même, de celui auquel il se réfère), mais qu’il nous explique donc, après avoir craché la purée, en quoi elles constituent un mauvais exemple pour « la jeunesse », et un repoussoir pour le désir…

Plus rares et pour l’essentiel confinées à des sites ultra-spécialisés sont, en revanche, les scènes glauques qui semblent glorifier une extrême violence à l’égard des femmes (ou tout court). Ce sont ces sites et ces scènes-là, pourtant, qui semblent avoir tout particulièrement retenu l’attention de Brighelli, allez savoir pourquoi… Soit dit en passant, elles ne sont pas l’apanage de bourreaux russes ou hongrois (nouvel amalgame facile de sa part !) : outre, en effet, que nombre d’actrices porno russes et nombre de leurs partenaires masculins sont beaucoup plus raffiné(e)s que leurs homologues US, en ce qu’elles beuglent et ils hennissent bien moins de manière factice, n’est-ce pas l’acteur Steven French (lequel ne doit pas son nom de scène au hasard) qui s’est rendu tristement célèbre par son « donkey punch », l’acteur-réalisateur Max Hardcore qui a été condamné par la justice états-unienne pour la débauche jugée excessive qu’il manifestait dans ses vidéos, lesquelles confinaient très souvent à l’humiliation de la gent féminine, sans que l’on soit toujours en mesure de déterminer clairement si celle-ci était nécessairement non consentante ?

Contrairement à ce qu’affirme Brighelli, le porno ne « tue » pas « toute possibilité d’érotisme ». Il suffit de tourner le dos au morbide, qui fait, en effet, débander illico tout homme normalement constitué. Il est tout aussi faux de décréter ex nihilo qu’il ne peut être que relation de soi-même à l’écran : la majeure partie des sites cités ci-dessus s’adressent en priorité aux couples… Si Brighelli l’ignore, c’est sans doute parce qu’il a « enquêté » seul…

Bien sûr, une certaine variété de porno influence la société (à moins que ce ne soit l’inverse). Mais c’est peut-être davantage le fait de mettre la sexualité en abîme lui-même que la pseudo-uniformité de ses produits qui y contribue, car voir et se savoir (ou s’imaginer) vu est un fantasme qui n’a pas attendu le porno pour éclore, Diogène Laërce et sa tribu l’ont attesté, certes de manière beaucoup plus subversive. Et qui en a soupé des stéréotypes machistes peut très aisément trouver de l’alternatif, fût-il Bisounours, au sein même de tout le gloubiboulga posté sur les sites de partage tous publics : les productions de Strapon XXX n’en sont qu’un exemple parmi d’autres.

Pour qui conspue la corporation du porno qui n’est que commerce et profit, à l’exclusion de toute autre considération (et j’en suis !), la véritable question n’est pas de savoir pourquoi le porno contemporain, dit « gonzo », ne s’accompagne plus des dialogues à la mords-moi-le-nœud ni des scénarios à la lèche-moi-la-grappe qui rythmaient si savoureusement (n’est-ce pas ?) et dans la longueur les classiques de Marc Dorcel, bien que la segmentation d’un film (et donc du temps) en clips indépendants s’inscrive elle aussi dans une logique clairement définie. Peut-être faudrait-il plutôt se poser la question suivante : pourquoi empêche-t-on, de nos jours, le pornographe de Bonello de réaliser son rêve (si tant est qu’il puisse se réaliser), à savoir filmer l’intimité, la vraie, celle qui n’est pas feinte, à destination du grand public ? Pourquoi même un Lars von Trier, lorsqu’il s’est essayé, en tant que producteur, à décliner le genre (dans sa version gay), bien avant son diptyque entre chienne et louve, s’est-il limité à l’effleurer de manière convenue ? Tenter d’y répondre, c’est interroger, en effet, la superstructure capitaliste corporatiste productiviste, mais pas tant comme instrument d’exploitation (Cette critique-là n’est pas neuve…) qu’en ce qu’elle s’efforce, par l’entremise d’un nouveau système normatif synonyme de nouvelle servitude, dont le porno-Brighelli n’est que l’un des nombreux leviers, d’annihiler à la fois le modeste, le vrai et le divers qui excède la diversité formatée, ce en quoi, en deux de ces caractéristiques au moins, elle n’est pas fondamentalement dissemblable, à y réfléchir, au modèle puritain.

Il ne me viendrait pas à l’idée de nier la consubstantialité concrète entre fric et porno, entre exhibition des corps et société mercantile. Mais je réfute la nécessité de cette consubstantialité. C’est pourquoi, même s’il ne s’agissait me concernant que de ce que l’on qualifierait d’érotisme, j’avais refusé tout cachet pour prendre la pause. Le porno ne peut être art subversif que s’il élude toute contrainte, donc toute hiérarchie et tout format déterminé, la sexualité libre que si elle échappe à tout dogme, en ce compris la subordination financière. Quelle que soit la sensualité qui puisse s’en dégager, tels que nous les connaissons, le porno n’a donc rien d’insurrectionnel – il est pur conformisme –, la sexualité rien de solaire – il se trouve toujours une norme idiote pour l’entraver.

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le sadisme dans sa version contemporaine s’affiche de plus en plus ouvertement : à une époque où le pouvoir politique lui-même traite de nouveau avec superbe les humains comme des chiens que l’on maltraite, comment pourrait-il rester confiné à l’underground ? Les deux phénomènes sont parfaitement en phase l’un avec l’autre, et la glorification pseudo-libertaire ou le rejet viscéral de l’un correspond à l’apologie ou à la condamnation de l’autre. Qu’advienne un nouveau cataclysme mondial, et il en ira de même, de nouveau, du sadisme traditionnel.

Dans une société délivrée de l’instinct primaire de domination, aucune contrainte ne serait requise : toute contrainte est conséquence d’immaturité. Paradoxalement, si, tel un Max Ryder, je m’étais insurgé contre la lacération spectaculaire du corps d’un acteur X au moyen d’un fouet, et si, disposant d’éléments qui m’auraient indiqué que ledit acteur, qui n’avait rien d’un jeune débutant,  jouissait d’un certain confort financier, je m’étais érigé en inquisiteur, imposant par une fatwa l’arrêt immédiat de ce genre de pratiques, une telle contrainte n’aurait pas échappé pas à la règle : si à ceux-là le mal fait du bien, grand mal leur fasse ! Le fait que je m’en abstienne distingue mon sincère dégoût, tant physique qu’intellectuel, vis-à-vis de toute forme de sadisme de la hantise hedgesienne du « rosebudding »…

Quant à l’Etat du Nevada, où s’est tenu ce spectacle ouvert à tous, il est pour le moins ambigu à ce sujet : qu’un jeune et joli couple en chaleur fasse l’amour en public à l’ombre d’une fontaine de Las Vegas un jour de canicule, et il se verra embarqué au poste pour « indecent exposure ». Qu’un type en fouette un autre jusqu’à faire gicler son sang aux alentours, et personne, apparemment, n’y trouvera quoi que ce soit d’indécent. Le sadisme, je vous le disais, est mainstream, l’amour libre subversif…

C’est sans doute la raison pour laquelle une vermine comme ce Benjamin Jean-Luc Willis, alias Sebastian Kane, adepte de la mortification de corps à peine sortis de la puberté, est parvenue à se rendre incontournable au sein de la prétendue communauté LGBT de Londres, au point de s’en faire aduler. Groomer des gosses pour les humilier et leur faire mal devant une caméra, quoi de plus enivrant pour tous les dégénérés que compte ladite communauté ?

Imposer des interdictions antédiluviennes en matière de drogues douces, ou des limites légales à l’addiction aux jeux de hasard ? Bien sûr ! Interdire l’exploitation éhontée (voire criminelle) de gamins de dix-huit ans (quinze peut-être, behind the scenes), transformés en putes bien dociles pour gangbangs de quinquas ? Pourquoi donc ? Les gamins sont consentants, non ? La preuve : ils se font payer ! Qu’ils puissent être SDF et avoir besoin de bouffer, qu’ils aient pu, en rupture de ban familial, se laisser embobiner par des manipulateurs professionnels, détails que tout cela à l’estime des vertueux esprits libertaires allergiques aux fatwas ! Et je n’évoque même pas les effets de cette contrebande à ciel ouvert sur les esprits dérangés qui la consomment… avant de passer à l’acte ?

Dans certains cas, le ton liturgique et péremptoire de Hedges est de mise : on aurait tort de dissocier ce genre d’évolutions du mépris et de la déshumanisation croissante dont font l’objet dans nos pays les réfugiés de guerre, pour ne citer qu’eux…

Car voilà où mène une société guidée par la nécessité de s’endurcir SOUS L’EMPIRE DU FRIC !, une société qui œuvre en toute chose, réformes aidant, à la suppression sous la contrainte de cet abject sourire, de ces intolérables étincelles dans le regard, de cette ignoble luminosité…

« Le sexe est dégradant », dit l’Eglise, « les corps pourriture en sursis ». « Le sexe est dégradant et les corps pourriture en sursis », acquiescent les minables petits démons sadiques de bazar. L’imagination au pouvoir !

https://www.bitporno.com/?v=FGZUH5DKRQ

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Archevêque, on voit ton groin !

Les palefreniers des écuries d’Augias se sentent pousser des ailes, ma parole ! Après le gros cardinal protecteur multirécidiviste de pédoprédateurs en soutane (à en croire le prêtre Devillé), qui s’est, en vertu d’un ordre protocolaire bien dans la ligne de sa préférence pontificale, exprimé en faveur d’une nouvelle évangélisation du cul des gosses, lors de la messe inaugurale de l’ancien pieux auxiliaire de Videla (à en croire Estela De La Cuadra et Buscarita Roa, notamment), c’est à présent au tour de l’ex-provincial namurois au balai dans le cul d’en remettre une couche sur les homosexuels, s’assurant par là le buzz facile dont on le sait coutumier. A Bergoglio les pieds; à Léonard Ier  les raies : chacun sa prédilection ! Si la question est de savoir laquelle de ces deux faces est la plus noble, la réponse est simple : none of the above, tant elles se sont transmis le purin de génération en génération comme leur Evangile le plus précieux !

C’est qu’il faut oser, bon sang : alors que parcourt le net la rumeur insistante que Joseph, son mentor, aurait, peu avant sa démission, obtenu des plus hautes autorités italiennes une amnistie pour certains penchants qui ne l’ont éclaboussé jusqu’à présent qu’en privé, voilà que Maline-Bruxelles remonte sur les barricades de la Réaction, sur le mode « tu veux ou tu veux pas ? » En effet, selon le journal auquel il vient de consacrer une énième interview, déblatérant une nouvelle fois les pathétiques obsessions d’un vieillard frustré par l’abstinence, le grand chancelier de l’Université catholique de Louvain n’a abordé « [le] sujet [de l’homosexualité qu’] à la demande de ceux qui lui [posaient] des questions, parce que lui n’a rien à en dire » (1). Mais si elle n’a rien à en dire, pourquoi cette larve de 72 ans ne ferme-t-elle son clapet ? Sans doute bout-elle, en réalité, de cracher une fois encore – pour la route, sans doute – son mépris gluant et putride à la face de ceux aux avances desquels elle n’a que trop résisté autrefois, même si, au fond d’elle, elle avait envie d’y céder. C’est cela, oui : c’est d’un outing sur le tard qu’il s’agit, livré à un journal par trop désireux, par la nouvelle controverse dans un verre d’eau que des organisations dites LGBT intrinsèquement stupides ne manqueront pas de faire éclater suite à ce nouveau coup de boutoir porté à leur pure chapelle, de faire enfin entendre de nouveau le son de cloche conforme à sa propre tradition éditoriale, après les semaines et les semaines de la romaine béatitude dont nous a abreuvés la presse « libre » dans son ensemble : « faites comme moi, pauvres pécheurs », dit en substance la grande bringue voûtée, « soyez homos, mais restez célibataires et prémunissez-vous du péché » ! A la bonne heure, branleur !

Et, comme de bien entendu, ce qui dut arriver arriva, à savoir la proto-astrale conjonction entre Maline-Bruxelles et Lady Gaga autour du déterminisme de la préférence sexuelle, exprimé en ces termes par la première de ces instances : «  [l’homosexualité] est une donnée que les gens découvrent en eux-mêmes et dont l’origine reste un peu mystérieuse. Il n’y a pas de responsabilité morale là-dedans » (1). Born this way, bordel ! Et la déblatération rituelle de continuer de plus belle : « pour un chrétien, c’est une raison de faire un choix de vivre en célibat ou alors de vivre, avec un autre homme ou femme, une relation d’amitié mais en respectant le langage de la sexualité, en respectant sa logique, qui est la polarité masculin-féminin » (1), ou comment confirmer qu’avant même le mariage entre individus homosexuels, c’est la relation sexuelle de même nature qui hérisse les poils pubiens de Monseigneur…

Au moins ces vieux cons qui compensent leur impuissance volontaire par un vicieux tripatouillage spirituel (et plus, sans affinités) dans les pantalons et les jupes d’autrui sont-ils, vous direz-vous, allés à confesse publique pour leurs infanticides spirituels en série. En d’autres termes, ils retiendront la leçon. Rien n’est moins sûr : à l’instar du politicard accusé de corruption qui déclare « je n’ai jamais eu le moindre contact direct avec cette personne », voilà l’homme en noir sur fond blanc qui cantonne : « [que l’évêque Van Gheluwe ait dû] démissionner pour raisons de ce genre, c’est tragique mais cela fait partie hélas de la condition humaine » (2). De la même manière que dans le premier cas, la formulation, proche du mensonge par omission, devrait amener logiquement l’observateur à s’intéresser aux contacts indirects dudit politicard, c’est la structure sémantique très particulière qu’il conviendra de démonter dans le second cas, si toutefois les journalistes n’ont pas déformé, reformulé ou écourté les propos tenus (ce qui leur arrive certes plus souvent qu’à leur tour).

En effet, cette phrase du piquet gibbeux, à mettre en parallèle avec l’infortunée « [Van Gheluwe] demeure un collègue-évêque, et nous prions pour lui », prononcée in tempore très suspecto par son gras prédécesseur, souligne une fois encore le fait regrettable que l’Eglise n’a rien compris et continue de se comporter, fût-ce à demi-mot, comme une corporation uniquement préoccupée, in fine, du sort de ses dignitaires, car ce n’est pas qu’un évêque doive prendre congé (avec solde !) pour avoir été exposé comme pédoprédateur qui est tragique – l’évêque, tout le monde s’en fout, qu’il brûle en enfer, pour les siècles des siècles ! –, ce sont les « raisons de ce genre » qui le sont, avant et après cette fête de Pâques qui tiendra encore certainement en haleine journaleux et bigots ! Quant à la condition humaine, en font partie également, entre autres choses, la branle, le cunni, la tarte à la crème, la pipe, le rimming, la boule de neige, la baise, le doigtage et la sodo, toutes choses qui, si elles se pratiquent dans le consentement mutuel, sont parfaitement compatibles avec une conscience éclairée dont une poignée de vieillards décrépis et prétendument asexués s’inquiètent par ailleurs de l’absence comme des virologues militaires s’inquiètent pour leurs victimes potentielles, ou la hyène pour ses proies !

Faciale pour l'Eminence

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