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Why ?

Jay Attali is a very well respected old root. A freemason of the highest possible grade (the kind of which one never really knows whether they mean ‘yes’, ‘no’, ‘perhaps’ or ‘go fuck yourself’ when they answer a question), he was a close counselor to the latest noteworthy French president to date, and has been frolicking along the corridors of power ever since. Yet another liberal hardliner, he advocates drastic cuts in public spending and swears by financial growth as if adoring an improbable god. A deeply convinced European, he nonetheless appears to be unable to conceive our own founding fathers’ project as anything but a mere necessary addition to the North-American empire. A prophet of sorts, he never misses an opportunity to share his deranged wisdom with you and me, the profane

Here’s what he had to say in July 2008, in the midst of the first banking crisis of the XXIst century, about the horizon he was predicting for global democracy in the coming decades… (1)

There will be five steps :

1.       The extension of the American empire;

2.       Its decline, leading to the juxtaposition of 11 regional powers who will share the might, as none will be able to replace [said] empire;

3.       [Financial] markets will be stronger than democracy. The balance existing between markets and democracy within a nation won’t be able to hold in a worldwide environment, since markets have the faculty to globalize and become universal whereas democracy doesn’t. […] AS OF 2030, THE MARKETS WILL BE GLOBAL, AND [POLITICAL] POWER WILL LIE IN THE HANDS OF substitutes to the [nation-]States, which, according to [him], will be the INSURANCE COMPANIES AND THE ENTERTAINMENT INDUSTRY, the latter to mask what will be happening, the former to exert surveillance over all those who see. There will be total chaos, for the markets are efficient but not just, [and this chaos will lead to] an extrapolation of [social] injustice, private armies and absolute disorder.

4.       TOTAL VIOLENCE AND ABSOLUTE WAR, not even between nations but total and extremely brutal.

5.       Either after these hyper-clashes or instead of them, there will be a resurgence of democracy [and care], as the people will understand relationships carry more meaning than possessions, and markets are suicidal as well as destructive for the human species.

 The analogies between this anti-model and the Soviet model are stunning, were it not for the (somehow scheduled) ‘global war’ phase…

Soviet communism (in theory)

Dictatorship of the Proletariat (= the many)

NEW MAN

Grand Soir (= equality between all the people)

Financial corporatism (in practice)

Dictatorship of corporatist finance aka ‘the markets’ (= the few)

Global war / global terror / global atrocities

NEW MAN (Alleluia !)

Grand Soir (= global resurgence of Care)

 

Are we to believe the Mothman prophecies ? If so, are we now entering the first phase of the doom scenario, which would then have two names, or did we skip immediately to the second phase, accelerating the whole process, in which case these two names are but sorry attempts at delaying the worst ?

STOP TAFTA-TTIP !and…

Stop the TPP !Ces deux traités commerciaux en puissance (le premier transatlantique, le second transpacifique), qui ont fait l’objet d’obscures négociations durant de longues années, illustrent la vétusté de l’appareil médiatique traditionnel, qui prétend ne jurer que par les faits et tient bouche cousue lorsqu’il prétend être confronté à des spéculations.

En effet, si leurs premières esquisses, dévoilées par des fuites dont a bénéficié la galaxie Assange, correspondent à la réalité, les paquets législatifs contenus dans lesdits traités auraient un impact sans équivalent sur la vie quotidienne de tout un chacun et sur la structure même des Etats, un impact auquel, évidemment, n’échapperait aucunement une « Europe [municipalisée] dans une économie mondialisée » dès lors qu’ils seraient gravés « pour l’éternité dans la pierre du Berlaymont » (2), siège de la Commission européenne.

Détruire le mur de l'indicible !

Why ?

Certes, il est bien l’un ou l’autre climax passager auquel la presse d’autrefois a fait écho… Ainsi, par exemple, de cette longue diatribe d’un premier ministre finissant, qui affirmait, contre toute évidence, que la culture (comprenez : l’industrie culturelle) serait exclue du package. Mais, pour le solde, cette presse, qui se garde bien d’investiguer, est bien sûr aux ordres, dans les faits.

Pourquoi, en effet, prendrait-elle le risque de marteler des chiffres factuels susceptibles de remettre en cause une cohésion sociale factice ? Pourquoi cesserait-elle de marteler croissance, réformes et autres banalités sans consistance, bref tous ces éléments de langage auxquels, par contrainte, frivolité ou bêtise, elle se cantonne ? Pourquoi éclairerait-elle davantage ses spectateurs, auditeurs ou lecteurs à propos de la crue réalité du cauchemar états-unien, qui se distille notamment dans les faits suivants :

– Entre 1979 et 2001, le pourcent des ménages les plus riches a accru sa fortune, après impôts, de 275 %, tandis que les 60 % des ménages médians n’ont vu progresser la leur que de 40 % (3);

– En 2011 (en pleine ‘crise’, donc), ce 1 % s’est approprié près de 25 % de l’ensemble des revenus, et jusqu’à 40 % de la richesse nationale, et la tendance semble imperturbablement haussière (4) ;

– De 1972 à 2002, le revenu moyen annuel réel des patrons d’entreprises du Top 100, en tendance nettement haussière depuis lors, lui aussi, est passé de 1,3 million de $ (soit 39 fois le salaire d’un travailleur moyen) à 37,5 millions de $ (soit plus de 1000 fois le salaire d’un travailleur ordinaire) (5).

– La dette fédérale des Etats-Unis se chiffre, ce jour, à 17,157 billions de $.

– Le rapport entre le PIB mondial (70,02 billions de $) et la valeur nominale totale des produits dérivés déclarés (632,579 billions de $), à l’origine de la crise bancaire de 2008, est de 1 à 9 (6), et à ces produits dérivés, il convient d’ajouter les produits financiers classiques, estimés en 2010 à 212 billions de $ (7). De manière conservatrice (étant donné que les années de référence ne sont pas les mêmes pour l’ensemble des paramètres), ce phénoménal déséquilibre entre économie réelle et économie purement spéculative peut se visualiser comme suit :

Rapport entre l'économie réelle et l'économie spéculative

Combien de dollars virtuels ont-ils déjà été imprimés sur la planche à billets afin de donner un semblant de contrepoids réel à cette montagne de spéculation, et quelle est la valeur réelle du dollar ?

Pourquoi cette presse de caniveau et d’entertainment (c’est-à-dire de divertissement, donc de diversion) nous indiquerait ou nous rappellerait-elle que, grâce à la suppression du Glass-Steagall Act par le putophile Clinton, le monde entier est désormais suspendu à une corde que la moindre étincelle peut faire s’enflammer ? Pourquoi ne pointe-t-elle pas les responsables, au pouvoir aujourd’hui comme hier ?

Why should we ?

Pourquoi prendrait-elle la peine de traiter ces sujets à la mesure de leurs implications potentielles, à défaut d’analyser les projets de traités en profondeur en les comparant à des projets avortés tels que l’ACTA (8), ou à des partenariats commerciaux concrétisés tels que celui conclu entre l’UE et Singapour, lequel recycle ce qui a pourtant fait l’objet d’un refus catégorique de la part du Parlement européen, à savoir un encadrement réactionnaire d’Internet et de ses utilisateurs ? (9)

Ce sont les mêmes technocrates gratte-papier qui ont pondu tous ces projets imbuvables, tous imprégnés de la même inspiration liberticide, et ce sont les mêmes bénéficiaires (présumés), à savoir le big business du divertissement et, plus largement, la mafia des multinationales, qui s’en réjouissent.

Pourquoi cette presse se fait-elle l’alliée objective de ces derniers ? Si sa mission fondatrice était d’informer, cela se saurait ! Contenir, tromper, déverser, jour après jour, la propagande dominante, exaspérant, au passage, par son insolente fatuité : voilà son rôle ! Ce pseudo-journalisme est un journalisme de classe, qui ne reflète plus que son étroitesse d’esprit, un esprit labouré par des décennies de médiocrité consumériste ! Comme tous les partis aux affaires, il perçoit les peuples comme une menace, et cherche à déterminer en conséquence la temporalité de l’information : ce n’est que si et lorsque les acteurs autorisés de la pièce de théâtre politique choisissent de mettre un sujet à l’avant-plan que celui-ci est relayé par les chiens de garde de la vieille lucarne. Dans ces conditions, plutôt que de la mettre en danger, tout mouvement social résulte d’une stratégie de l’élite : que vaudrait une pièce de théâtre dont les premiers concernés (qui, par un curieux concours de circonstances, se trouvent aussi être des spectateurs) écriraient eux-mêmes le scénario ? Ils ont la représentation pour ça !…

En l’occurrence, cette dernière se compose, en toute logique, d’abrutis du commerce, de dangereux automates de la synarchie rampante, de fonctionnaires plénipotentiaires qui prétendent construire le monde de demain selon Attali. Mais qui sont-ils ? Depuis que la Quadrature du Net a publié leurs noms (10), ils ne sont plus totalement protégés par l’ombre dans laquelle, tels des cafards, ils raffolent de se reproduire. Tous sortent plus ou moins du même moule consanguin, comme l’atteste un rapide survol de leurs CV respectifs. Faut-il s’en étonner ?

Pour les Etats-Unis, c’est un certain Daniel Mullaney qui a la charge de superviser les négociations avec l’Union européenne. Avocat d’affaires à l’origine, Mullaney a été lobbyiste à Bruxelles de 2006 à 2010 (11). Son patron, le ministre du commerce américain, Michael Froman, fut, quant à lui,  directeur de la banque Citigroup et membre du Bureau des Conseillers de Politique européenne (BEPA), sous l’autorité directe du président de la Commission ! Tout un parcours (à capitaliser) !!!

Du côté de l’Union européenne, si toutefois cette expression s’applique encore à un contexte transatlantique dans lequel plus la moindre chatte ne reconnaîtrait ses petits, le négociateur en chef de la première phase du scénario Attali est l’Espagnol Ignacio Garcia Bercero (12), produit du GATT et de l’OMC, qui avait déjà supervisé des traités commerciaux entre l’UE et l’Inde, ou encore la Corée du Sud, et plus récemment le CETA (13), prélude euro-canadien au TTIP / TAFTA, gelé dans l’attente de la double onction électorale espérée (en mai 2014 et en octobre 2015, dates respectives des prochaines élections européennes et fédérales canadiennes). Ou comment subordonner un projet porteur d’un changement radical de société à un plébiscite personnel et partisan, sans le moindre débat public qui vaille…

Ignacio Garcia Bercero, TAFTA-TTIP head negotiator (European commission)A ses côtés, le Bercero, photographié auréolé du sigle de la présidence états-unienne (Tout un symbole !) à l’occasion de la dernière conférence de presse commune en date, il y a quelques jours à peine, peut compter notamment sur des adjoints français, belge et britannique.

Le Français Jean-Marc Trarieux (14) est ainsi responsable du volet ‘agriculture’ desdites négociations, dans le cadre desquelles, son diplôme d’agronome en poche, il pourra, dans la foulée de ses missions de représentation à Washington et à l’OMC, trahir gaillardement les quelques roots qu’il lui reste peut-être, lui qui se targue, tandis qu’il s’apprête à déverser sur le marché européen le flot d’OGM nauséabonds dont l’Outre-Atlantique s’est fait la spécialité, d’être né dans une ferme à bétail du Limousin !

Jean-Marc Trarieux, TATA-TTIP negotiator - Agriculture (European commission)Le Belge Damien Levie (15), responsable, quant à lui, du volet ‘accès des biens et produits au marché’, est à la tête de l’unité USA / Canada de la direction générale ‘commerce’ de la Commission européenne. Il a suivi le parcours si prototypique de tous les premiers de classe européens un peu niais et très obéissants que les Etats-Unis cherchent à récupérer : son diplôme de droit obtenu à l’université de Louvain-la-Flamande, et celui d’économie décroché à Louvain-la-Wallonne, il est allé, à la Chicago Law School, les assortir d’une fanfreluche qui lui vaut sans doute aujourd’hui d’être considéré comme l’un des dignes héritiers des Chicago Boys, ces économistes libéraux extrémistes aux sympathies fascistes, initiés en leur temps par ce cher Milton…

Damien LEVIE, TAFTA-TTIP negotiator - market access for goods (European commission)Quant au Britannique John Clarke (16), qui regroupe dans son portefeuille de bâtard à la fois l’agriculture et la propriété intellectuelle (à des fins identiques d’étiquetage patenté, sans doute), il a lui aussi, par la force des choses, traîné sa savate à l’OMC…

John Alistair Clarke, TAFTA-TTIP negotiator - Agriculture-Intellectual products (European comission)

Why should we care ?

Internet (et, par ce biais, la culture, également), l’agriculture, la santé, l’enseignement peut-être, mais aussi, par la bande au moins, le militaire (17) : autant de domaines dans lesquels ces traités prétendent établir une fois pour toutes (dans l’attente de « l’hyperconflit » ?) des règles auxquelles chacun sera tenu de se tenir, des règles qui n’ont rien du libre commerce puisqu’elles profiteraient avant tout aux mêmes multinationales qui pratiquent l’évasion fiscale à large échelle et aux mêmes trusts bancaires à l’origine des bulles financières successives, des règles qui ont pour but de démolir les acquis sociaux et les protections environnementales, des règles invasives destinées à abolir des droits fondamentaux et à restreindre davantage encore les libertés publiques et privées, des règles totalitaires supposées reléguer les Etats (donc les démocraties) à l’état de pions, et de faire des individus-citoyens de nouveaux esclaves, des « paysans » en somme, comme semble raffoler à les qualifier avec péjoration la détestable caste qui fait (littéralement ?) la pluie et le beau temps au sein de l’Empire.

C’est bien évidemment sur l’apathie générale que misent cette anti-élite dépravée et ses innombrables relais en nos contrées pour imposer l’avènement des « marchés suicidaires et destructeurs de l’espèce humaine », sur les fidèles lecteurs de Point de Vue / Images du Monde ou de Gala, sur les télé-veaux formatés par des experts en manipulation qui pousseraient, à se regarder dans la glace, d’épouvantables cris d’effroi, sur cette jeunesse encore insouciante qui s’agite, en attendant ceux des bombes, sur les beats speedés annonciateurs de son propre sacrifice.

Ce sacrifice d’une génération entière (et de la suivante avec elle), il prendrait plusieurs formes, selon les textes à l’étude. En voici quelques-unes parmi les plus évocatrices…

a/ L’agriculture

Déjà à bout de souffle, les petits agriculteurs idéalistes tels que Pierre Priolet, qui, émus par la charge injuste qu’une société ingrate leur fait porter, s’effondrent en sanglots sur les plateaux de télévision lorsqu’ils ne se suicident pas à un rythme alarmant, loin des caméras, verraient débarquer à présent avec tambour et trompettes l’agrobusiness nord-américain, aux yeux duquel tout scrupule s’efface devant le profit, avec, à la clé, l’extermination des rares abeilles qui auront, jusque-là, résisté aux pesticides nucléarisés.

Saviez-vous qu’il se peut que vous mangiez régulièrement de la viande clonée à votre insu, et qu’aucun étiquetage ad hoc n’est prévu pour vous en informer (18) ? Cette gâterie, c’est à l’incompétence manifeste dont ont fait preuve à la fois les Etats et le Parlement européens, qui ont échoué à s’entendre sur la matière, ainsi qu’à la négligence coupable de la Commission, qui s’est bien abstenue, alors que lui revient l’initiative législative (Un comble !), de proposer une nouvelle loi, que vous la devez…

Saviez-vous que, par ailleurs, dans une configuration semblable, la Commission européenne a décidé de donner, depuis le début de l’année en cours, son agrément à la viande traitée à l’acide (19), une pratique très prisée chez nos voisins d’en-face, en raison de la rentabilité qu’elle induit ? En prenant cette décision, elle se sera bien gardée de donner libre cours à l’influence néfaste des lobbies qui l’assiègent et parviennent à placer un peu partout leurs marionnettes aux multiples casquettes…

Saviez-vous, enfin, que les multinationales des OGM font pression sur la Commission pour limiter au maximum la liste des semences reconnues et autorisées à la vente, sorte de répertoire du vivant végétal sans lequel point de sésame pour le commerce ? (20)

Aux Etats-Unis, Monsanto, l’une de ces multinationales (21), est particulièrement infiltrée au sein du Congrès, et l’un des juges de la Cour suprême (Clarence Thomas), que d’aucuns soupçonnent d’être entièrement acquis à sa cause, en a même été un avocat dans une vie antérieure.

Monsanto 2

En dépit des dénégations répétées mais peu crédibles du fou furieux qui fait actuellement office de commissaire européen au commerce quant à un assouplissement de la législation concernant les OGM, les législateurs états-uniens ont déclaré qu’ils ne soutiendraient aucun accord dont serait exclue la suppression de toutes les barrières commerciales qui empêchent encore, bon an mal an, leur satané agrobusiness d’envahir l’Europe (22).

C’est notamment ce qui a amené la directrice du bureau européen des Amis de la terre, Magda Stoczkiewicz, à déclarer qu’ « il est nécessaire de suivre ces négociations de bien plus près et de faire en sorte que bien plus de gens soient au courant des dangers qu’elles représentent pour les citoyens et pour l’environnement ». (Ibid.)

L’exception culturelle, à travers laquelle la France ne cesse de se tresser des lauriers, ne passerait-elle pas aussi par la table ?…

OGM = fascisme alimentaire

b/ La santé

Dans ce domaine, le grand marché transatlantique a notamment pour ambition de prolonger artificiellement la durée de validité des brevets, ce qui aurait au moins trois conséquences très fâcheuses : primo, une augmentation encore accrue des dividendes aux actionnaires des grands groupes pharmaceutiques, déjà plus que dorlotés, ainsi que des fusions-acquisitions, au détriment de la recherche et de l’élaboration de nouveaux médicaments ; secundo, la relégation des médicaments génériques à l’arrière-plan ; tertio, et par conséquent, l’assurance, pour des personnes déjà fragilisées à l’extrême, de devoir débourser, si le projet se fait traité, des sommes considérables afin de pouvoir survivre. Ainsi de celles atteintes du VIH, au nom desquelles Act Up a lancé, aux côtés de dizaines d’autres associations, un appel clair et net à bannir de telles dispositions de tout accord commercial éventuel (23). On attend toujours dans la rue les milliers de PD et de gouines françaises qui avaient pris la peine de défiler, en début d’année, afin de faire valoir leur confort bourgeois, ainsi que leurs homologues néerlandais, pour qui la vodka russe semble autrement plus importante !

Peasants for plutocracy (by Michael Dal Cerro)c/ Internet

Le traité TTIP – TAFTA supposerait la fin des logiciels libres, la mondialisation d’un HADOPI dont même la France, aujourd’hui, cherche à se débarrasser, la traque mesquine de toute activité considérée suspecte eu égard aux droits d’auteurs, par l’entremise de la gendarmisation des fournisseurs d’accès (Vous avez dit ‘commerce’ ?) et d’immixtions constantes dans la vie privée de la part d’intrus de toutes natures, sous le sceau protecteur de ces lois nouvelles, ainsi que, conséquemment, l’anémie de la créativité électronique.

Ces derniers jours, l’on a ainsi vu un certain David Israelite, industriel du copyright, déplacer les frontières du risible en poussant l’idiotie cupide jusqu’à réclamer la fermeture sine die des principaux sites qui hébergent des paroles de chansons !

d/ l’instauration de nouveaux tribunaux d’arbitrage supra-continentaux

Si se réalise le souhait des négociateurs de la plus grande embrouille législative qui ait jamais été, ce type de tribunaux, d’une nature inédite, où siégeraient, ès qualité de magistrats, des avocats d’affaires, par nature véreux, seraient habilités, outrepassant les législations nationales (et même continentales), à condamner des Etats à compenser, avec l’argent public pour lequel vous avez trimé, des multinationales qui s’estimeraient lésées parce que l’un de leurs deals fumeux n’aurait pu se réaliser en raison d’une non-conformité aux prescriptions sociales ou environnementales (par exemple l’interdiction d’exploiter le gaz de schiste).

La conséquence directe de ce principe inique serait une compétition acharnée entre les Etats, sur le mode de la compétition fiscale, pour réduire au strict minimum les principes qui fondent notre bien-être commun et garantissent notre sécurité face à des prédateurs qu’aucun désastre social, aucune pollution, ne fait reculer.

Why should we care about your economy ?

Car, contrairement à ce que ses apôtres voudraient nous faire croire à longueur de propagande, c’est bien dans le nivellement par le bas que réside l’essence du capital-corporatisme, porté tel un noir étendard par tous les imposteurs du commerce vicié qui a l’audace de se prétendre libre et non faussé, au premier rang desquels la clique bien connue de commissaires imbus de leur personne, qui mérite de voir, pour cause d’abus de pouvoir illégitime répétés, ses prérogatives détricotées les unes après les autres au bénéfice d’un Parlement digne de ce nom !!!

Comme l’indiquait un rapport publié en mars 2012 par la Confédération européenne des Syndicats  (CES), « le discours européen qui soutient que la nouvelle croissance post-crise permettra de résoudre le phénomène [prétendument] temporaire de creusement des inégalités [est erroné]. Le lien entre croissance et égalité s’est rompu et la marée ne monte plus pour tous. Il n’y aura [par conséquent] pas de sortie de crise durable sans réduction des inégalités sociales. [Dès lors], les remèdes politiques doivent désormais se porter sur la redistribution et la ‘déconcentration’ des richesses. » (24)

Plus tôt les vrais profiteurs du système l’auront compris, mieux ils éviteront le clash des titans, si tant est que tel soit leur objectif…

Article 35 de la DDHC de 1793

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(1) In Ce Soir ou jamais, 07/11/08, France 5 / to be watched here : http://www.youtube.com/watch?v=2Zliehv1ncU

(2) Source : Le Monde, 25 mars 2005

Les propos ici relatés se rapportaient à la fameuse directive ‘Services’ pondue par la même Commission européenne au début des années 2000. Les citer dans le cadre de cet article ne trahit pas leur intention dès lors qu’ils furent tenus par un autre tenant bon teint du capital-corporatisme, qui souscrit pleinement, par ailleurs, à la dictature de la finance dont relèvent les projets de traités mentionnés.

Texte et commentaires ici : http://intrgalaktiklyon.wordpress.com/2010/11/20/hasta-la-evolucion-siempre/

(3) Office du Budget du Congrès US, Tendances dans la distribution du revenu des ménages, 1979 – 2007, octobre 2011

(4) Source : Joseph E. Stiglitz (prix Nobel d’Economie 2001), Of the 1 %, by the 1 %, for the 1 %, in Vanity Fair, mai 2011

http://www.vanityfair.com/society/features/2011/05/top-one-percent-201105?currentPage=all

(5) Source : Paul Krugman (prix Nobel d’Economie 2008), For Richer, in New York Times, 20 octobre 2002

http://www.nytimes.com/2002/10/20/magazine/for-richer.html?pagewanted=all&src=pm

LIRE AUSSI l’étude statistique de la répartition des revenus aux Etats-Unis établie en 2013 par Piketty et Saez, dont rend compte l’article suivant : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/07/15/liberte-de-croissance-le-nouveau-paradigme/

(6) Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/632-579-milliards-dollars-epee-damocles-qui-pese-marches-mondiaux-eberhardt-unger-776221.html#FfEr2B4xHzwI2awE.99

(7) Source : http://www.mckinsey.com/insights/global_capital_markets/mapping_global_capital_markets_2011

(8) Lire, à ce propos, cet article précédent : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/06/09/acta-ou-comment-le-monde-cherche-a-sunir-contre-les-internautes/

LIRE AUSSI l’article suivant du Guardian, relatif à un document de travail des négociateurs du TPP (traité transpacifique) qu’est parvenu à se procurer Wikileaks : http://www.theguardian.com/media/2013/nov/13/wikileaks-trans-pacific-partnership-chapter-secret

(9) Source : http://www.laquadrature.net/en/tafta-down-with-anti-democratic-us-eu-negotiations

(10) La liste de leurs noms peut être consultée ici : http://www.laquadrature.net/wiki/TAFTA_negotiators

(11) Source : http://www.ustr.gov/about-us/biographies-key-officials/daniel-mullaney-austr

(12) Le CV résumé de l’intéressé est disponible ici : http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2013/july/tradoc_151669.pdf

(13) Lire : http://www.theglobeandmail.com/news/politics/eu-harper/article14924915/

(14) CV résumé de Trarieux ici : http://www.hagstromreport.com/2012news_files/2012_1119_trarieux.html

(15) CV résumé de Levie ici : http://www.regonline.co.uk/builder/site/Default.aspx?EventId=1184066

(16) CV résumé de Clarke ici : http://www.europolitics.info/institutions/john-a-clarke-commission-art351409-36.html

(17) Lire : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/21/le-futur-de-l-otan-est-europeen_1703899_3232.html

Selon de nombreux spécialistes de la géopolitique, le but premier des traités TPP et TTIP – TAFTA est d’isoler la Chine, en la privant de sa zone d’influence, ce qui ne pourrait manquer de provoquer, à terme, le plus grand affrontement dans l’histoire de l’humanité.

(18) Source : http://www.liberation.fr/monde/2011/03/29/l-europe-echoue-a-trouver-un-accord-pour-interdire-la-viande-clonee_725339

(19) Source : http://www.europe1.fr/Economie/L-UE-autorise-la-viande-traitee-a-l-acide-1403641/

(20) Source : http://www.rtbf.be/info/dossier/toute-l-info-europeenne-de-la-rtbf/detail_aujourd-hui-en-europe-la-commission-europeenne-veut-reglementer-le-commerce-des-semences-des-plantes?id=8023835

(21) A propos de ladite multinationale, intimement connectée au sous-empire Gates, il est impératif que vous lisiez d’urgence le suivant article précédent : https://yannickbaele.wordpress.com/2013/02/12/gratia-solis-generositatis-omnibus-fingit/

(22) Source : http://www.independent.ie/business/eu-and-us-negotiators-say-trade-deal-wont-pander-to-big-business-29758186.html

(23) Lire : http://www.eff.org/deeplinks/2013/03/transatlantic-declaration-leave-copyright-patent-issues-out-tafta

(24) Lire : http://www.etui.org/fr/Actualites/Les-inegalites-sociales-s-aggravent-dans-l-Union-europeenne

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Rectification du 6 octobre 2018 : une version précédente de cet article attribuait à Barack Obama la nomination à la Cour suprême des Etats-Unis du juge Clarence Thomas, ainsi qu’une proximité avec ledit juge sur certains sujets. Or, c’est George H.W. Bush qui, en octobre 1991, a procédé à ladite nomination, validée par un Sénat à majorité démocrate. Non sans retard, cette erreur grossière a donc été corrigée.

***

(ajout du 21 mars 2015)

Bœuf aux hormones, poulet chloé, invasion d’OGM : en attendant TAFTA, le Petit Prince a déjà les pralines gonflées…

http://www.sudinfo.be/890468/article/actualite/belgique/2013-12-27/le-prince-emmanuel-consulte-un-psychotherapeute

Si l’Etat abdique aussi son rôle primordial de veille sanitaire des produits alimentaires que nous consommons tous, il ne lui reste décidément plus grande raison d’être.

I know what you’re thinking about : horsemeat lasagna, right ? Pensez de nouveau !

Il y a peu, la presse belge a fait ses choux gras des visites régulières du prince Manu chez le psy. Troubles de l’attention, hyperactivité, mains qui gigotent ? Vu son âge, on refuse de croire à l’option Sean-Gustave…

Si l’hyperactivité est bien l’origine de son blème, l’explication pourrait être beaucoup plus pragmatique : le chocolatier-confiseur Corné Port-Royal, fournisseur breveté de la Cour de Belgique…

Examinons sans plus attendre les ingrédients de l’un des produits phares de la maison :

Corné Port-Royal Ballotin Chocolat Noir 470 g, 36 pralines

Sucre, pâte de cacao, amandes, noisettes, beurre de cacao, matière grasse laitière anhydre, sirop de glucose, graisse végétale, lait entier en poudre, eau, stabilisant : sorbitol, amandes grillées, noix, lait écrémé en poudre, stabilisateur: sirop de sorbitol E420(ii), farine de riz, lait condensé, pâte de pistache, émulsifiant: lécithine de soja (E322), cacao maigre en poudre, pistache, sirop de sucre inverti, farine de blé, sucre inverti, miel, café, glucose, arôme: pistache, arôme naturel: vanille, sirop de fructose, écorces d’orange, arôme: vanilline, alcool (0,02%), émulsifiant: mono- et diglycérides d’acides gras (E471), conservateur: acide sorbique (E200), stabilisant: E1103, conservateur: sorbate de potassium (E202), sel, arôme naturel: caramel, farine de malt (blé), arôme naturel: pistache, crème, pistaches, arôme naturel: bergamote, huile végétale, blanc d’œuf, dextrose, arôme naturel: orange, vanille naturelle, colorant naturel: E141, beurre d’Isigny, cerneaux de noix, arôme naturel: citron, farine de malt (orge), colorant vert naturel, gomme de xanthane (E415), colorants: E102*,E110*(*peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants), colorant: E171, émulsifiant: sucroesters acides gras E473
http://www.corneportroyal.com/fr/ballotin-chocolat-noir-470-g/chocolat-produit-france.htm

Si rien ne vous étonne, c’est parce que vous en êtes encore à croire que les industriels vous veulent du bien, et que l’Etat est là pour les mater. Heureusement, sur Mediapart, Jo la Moustache, qui vient de publier tout un bouquin consacré à la malbouffe, vient de tirer la sonnette d’alarme.

Un colorant, le E471, comme indiqué dans la liste des ingrédients ci-dessus ?

« Le dioxyde de titane est peut-être cancérogène.
Le dioxyde de titane peut être produit sous forme de nano-particules / nanomatériaux.
• Peut-être cancérogène
• Peut-être produit sous forme de nano-particules »

http://fr.openfoodfacts.org/additif/e171-oxyde-de-titane

Quant au E102,

« La tartrazine est un additif qui présente beaucoup de risques.
• Risque élevé d’allergie chez les personnes sensibles, les enfants, les asthmatiques et les personnes allergiques à l’aspirine
• Troubles de l’attention et hyperactivité chez les enfants, en particulier quand la tartrazine est associée aux benzoates (E210 à E215) »

http://fr.openfoodfacts.org/additif/e102-tartrazine

La liste complète des additifs utilisés dans notre alimentation industrielle peut être consultée ici :

http://fr.openfoodfacts.org/additifs

Dans ce contexte, Paul de Bocuse, Pierre de Romeyer et les autres sont-ils complices ou résistants ?

CONTRE TRICATEL, TOUS AVEC LE P’TIT PRINCE !

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CETA / TAFTA : we demand a European referendum, or BASTA !

When the West had to prove itself to its citizens towards the USSR, it used freedom of speech and civil liberties : honey catches more flies than vinegar. Europe, today, is applying the same strategy in a different context. It is supposed to be a beacon of enlightenment for minorities and persecuted individuals of all kinds. There’s nothing wrong with that, of course – far on the contrary – as long as such commendable principles are not simply a disguise left behind once the enemy has disappeared, or once Member States have been reduced to the state of submissive pawns…

The latter objective still hasn’t been completely fulfilled, however, though it is well underway, thanks to the authoritarian takeover of national budget checks by an unelected clique of mostly corrupt and certainly incompetent penpushers who have lost all contact with real life, most of whom were sent to the Brussels Commission because they weren’t worth a cent in national politics : just look at the European commissioner for Social Affairs, or have a glimpse at his colleague in charge of economic and monetary affairs, both afflicted with a major speech impediment and endowed with the charisma of a cockroach.

Another example of this European decadence is the little opportunist who’s been presiding said Commission for the past nine years, the merry friend of Greek billionaire Latsis (his next employer ?), on whose yacht he spent his first holiday while in office, an innocent gift he’d amply prove to have deserved a few years later by helping Latsis’ late investment bank remain afloat thanks to European taxpayer money.

Many have accused him of lacking vision. But, actually, this friend of the rich is at the exact image of what Europe has become : a set of key account managers surrounded by the void in the continent of intellectualism par excellence. The destruction of the worldwide emblem of democracy to which the world owes a great deal of its philosophers, though not directly ascribable to him, perfectly reflects the anti-project the man from Portugal heading the Berlaymont troops for a few more months is carrying.

His is of course an anti-liberal project, often seen as liberal nonetheless. Said project is the supremacy of the giant corporations, the only ones assured to benefit from the draft trade treaty signed today in Brussels between the Canadian oil industry’s middleman and ourselves, which is supposed to be the prelude to an identical effort between the EU and the US currently negotiated in the customary secretive environment.

Charest, the deposed PM of Québec against whose explosive raise of student tuition fees thousands and thousands of students had rallied, applauded with both hands. He is a liberal, while Harper is a conservative, but both share a love for oligarchs going far beyond these inconsistent labels. Probably even a few German socialists and the French incumbent president also share their optimism…

This is democracy, people, from the Greek ‘demos’, people : a vast array of political choices and ideologies always driven by what’s best for you… without you being able to do anything about it, except elect a bunch of greedy MEP’s who are in their majority as colorless as a black hole and who can only dream of having the constitutional powers their national equivalents enjoy, every five years.

What is there to be applauded in CETA ? A breakthrough for German car manufacturers in the land of the maple leaf ? The announced victory of the major drug companies over generic drugs ? The privatization of drinking water ? Who will tell ? Only the headlines of the deal have been made public up to now; the rest remains to be finalized in discrete alcoves, as usual, so we are told.

But aren’t we told a load of crap ? The document having been intensely negotiated for the past decade, isn’t the two years delay before the final treaty could be signed a way to buy off the few Member States remaining reticent to some of its provisions, and to coax the European Parliament (behind the scenes) into accepting this new section of the already obsolete NWO, in order to avoid a new edition of the ACTA-clash, whereby the movie and music majors had in vain mandated the European Commission to cast its freedom-destroying shadow over the internet ?

Aren’t we also regularly told we’re living in States subject to the rule of law, while at the same time the so-called liberal internationalists are doing everything in their power to limit its spectrum to international trade courts that would be run by corrupt puppets of the oligarchs, alternatively playing the attorney’s part and wearing the robe ? And aren’t these courts the Trojan horse the NWO is expecting to use in order to dismantle all social and environmental legislations left standing ?

I say : enough ! I say : relocalize the economy and spare the energy costs by doing so ! I say : the Euro-Canadian friendship between the people deserves better than this deal concocted by and for the corporations ! I say : water is a public good ! I say : generic drugs over big business ! I say : you’d better start listening to the desire for democracy, you moronic gadgets, or you could end up with a bullet in your heads ! I say : anti-liberal corporatism belongs to the past !

But, hey, who am I, right ? Let’s just vote ! We’re all adults, aren’t we ? We’re all Europeans, aren’t we ? We all cherish democracy, don’t we ? We all dream of a more perfect Union, don’t we ? TIME TO PROVE IT !!!

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Kibboutz versus Traité de libre-échange transatlantique : voilà le choix !

Je pense que j’aurais beaucoup apprécié de vivre en communauté, l’une de ces communautés qui ont fleuri en certains coins d’Europe et des Etats-Unis au crépuscule des années soixante et à l’aube des seventies. Ce n’était pas la réclusion qui y était la règle, mais, bien au contraire, l’ouverture sur le monde au départ du vécu humain, le partage et l’élaboration, entre adultes égaux, d’un projet de vie commun autosuffisant.

En 1993, de passage à Moscou et Saint-Pet, j’ai visité un kolkhoze, c’est-à-dire un marché de produits d’agriculture artisanaux issus de coopératives de production. Kolkhoze est l’un de ces mots-repoussoirs mis en avant de nos jours par ceux qui continuent, par facilité intellectuelle et parce qu’ils sont restés figés eux-mêmes dans la logique de la guerre froide, de promouvoir la Nouvelle Internationale esclavagiste (c’est-à-dire le capitalisme des mégacorporations) non pas pour ses vertus propres – il n’en a pas ! – mais par opposition, par négativité en somme : le capital-corporatisme, c’est bien puisque le communisme, c’est mal, tel est leur moto.

Ceux, pourtant, qui demeurent convaincus, aujourd’hui plus que jamais, que la mise en commun des ressources est, en combinaison avec la promotion de choix individuels réels (qui ne se limitent pas à l’identité des marques des produits qu’ils achètent) affranchis du paternalisme tutélaire qui a fait les beaux jours (comme les moins glorieux) des sociétés classiques, la voie du salut de l’Humanité ont depuis belle lurette, en revanche, mis à l’index les vieilles lunes totalitaires dont les propagandistes susévoqués, souvent convertis de la dernière heure – ce sont ceux-là, bien sûr, qui ont le plus à prouver à leurs nouveaux maîtres, et font donc étalage du plus grand excès rhétorique, du plus grand fanatisme capitaliste – perpétuent à dessein et par tromperie caractérisée le feu follet. Car, que diable, quelle est la différence fondamentale, de structure et d’inspiration, entre le kolkhoze et les communautés hippies, voire même les kibboutzim (la controverse de l’occupation territoriale en moins) et toutes les initiatives contemporaines de centrales d’achat locales communes qui unifient les petits consommateurs – la logorrhée technocratique ayant banni par ailleurs le terme de ‘citoyens’ – avec l’objectif de s’assurer la qualité des produits et des prix (de vente ET de production) compétitifs ?

Noam (quote 3)

Ce sont ces kibboutzim et toutes les initiatives similaires moins décriées, dont les rassemblements de masse et les campings sauvages qui se succèdent depuis cinq ans dans les principales métropoles occidentales pourraient, avec un peu d’imagination, préfigurer la renaissance réformée, qui sont, en vérité, les adversaires déclarés du nouvel Ordre mondial ! C’est à l’impossibilité, pour les petits, de se coaliser, même pacifiquement, que veillent, au nom des banques et de ceux qui y détiennent le grand capital (car elles ne sont jamais, ne l’oublions pas, que des paravents), les despotes éclairés d’une lumière glauque et sinistre qui entendent gouverner, de plus en plus souvent sans mandat électif, les éclatantes démocraties de l’Ouest. Et c’est donc là que se situe la ligne de fracture entre une droite qui assume sans fard son anti-projet réactionnaire, et la nouvelle gauche. C’est là aussi que se joue l’avenir des peuples !

Même si une large part de ces derniers l’ignore – et comment pourrait-il en être autrement puisque tout, dans le schéma éducatif, professionnel, médiatique et représentatif est fait pour qu’il en soit ainsi ? – ces gouvernants fantoches, tout aussi obsédés par la superstructure que ne l’étaient les pontes soviétiques, savent pertinemment que leur nouvel ordre a pour but d’enculer la plèbe, et quand bien même ce que les théoriciens de la nouvelle droite ancienne appellent la majorité silencieuse se laisserait ad vitam labourer par le nouvel Ordre, la simple réalité de cette conscience, dans le chef des marionnettes du pseudo-pouvoir politique, de suivre une ligne nuisible à la majorité, qui se caractérise par autant de manifestations d’une obstination dans la faute, suffit à les discréditer et à donner du gros grain à moudre à tous ceux qui œuvrent à l’annihilation de leurs tentatives.

Carolus Magnus Collum, bitsh ass

Le traité de libre-échange transatlantique, pour lequel un conseil européen des ministres du commerce devait donner ce jour pro forma un mandat de négociation au despotique commissaire européen sortant responsable de cette matière, en est l’illustration indiquée. Négocié et renégocié dans l’ombre, au moins depuis les années nonante – l’Accord multilatéral sur les investissements, naufragé en plein Atlantique, en fut la première mouture –, ce projet funeste vise en effet ni plus ni moins à enchaîner la liberté (citoyenne) à l’obélisque du pouvoir financier. Il s’inscrit dans un contexte plus vaste de similaires négociations opaques tous azimuts, dont la plupart, entre l’Inde et l’UE par exemple (1), ou encore entre le Canada et l’UE (2), sont en cours de finalisation.

Berlaymonstre

Or, que nous apprennent les fuites qui ont (heureusement) émaillé ces négociations similaires ? Qu’en tous points, l’objectif des négociateurs est de renforcer la domination des multinationales en restreignant toujours davantage la liberté des citoyens ET des individus ! Ainsi, si l’une des ces entreprises, où la taille humaine ne joue plus le moindre rôle, s’estimait lésée par rapport à telle ou telle disposition sociale ou environnementale nationale (ou continentale), elle serait habilitée à poursuivre les pouvoirs publics concernés devant de nouveaux tribunaux de commerce supranationaux (où siégeraient en majorité d’ex-avocats d’affaires véreux) qui, par subsidiarité, se verraient conférer la prééminence sur le droit public, en vue, sinon de faire abroger les législations concernées, d’obtenir des budgets des Etats des compensations colossales pour leur prétendu manque à gagner. Les supermafieux dérèglent le monde ? Qu’à cela ne tienne : laissons-les rédiger les lois !

Selon leur logique, les cultures qui ne sont pas parvenues, par un matraquage de masse, à imposer leurs modes d’expression artistique à l’ensemble de la planète sont appelées à se laisser engloutir (3). Dans le domaine de l’agriculture, les OGM et les hormones synthétiques pour bestiaux, pour la plupart interdits au sein de l’Union européenne à ce stade (au grand dam de la Commission), préparent en outre, par ce biais, leur retour triomphal, au nom de la concurrence libre et non faussée. Dans le secteur de la santé, si lucratif au regard du vieillissement des baby boomers, ce sont notamment les médicaments génériques (donc la possibilité pour les plus pauvres de rester en vie) qui sont directement dans la ligne de mire. Quant au partage en peer-to-peer et à l’internet libre, poubelle !  Ils ne rapportent rien ! (4)

Face à cette offensive, sans commune mesure avec les précédentes, d’un capitalisme que certains myopes ont le tort de déclarer hâtivement moribond, c’est l’exception culturelle que les derniers des Mohicans sociaux-démocrates ont choisi d’utiliser come cheval de Troie, faisant l’impasse sur le fait que la culture d’un peuple, et même d’un continent, ne se limite pas aux films projetés sur la toile, bref à l’industrie culturelle, mais qu’elle est profondément imprégnée de notions philosophiques générales telles que la dignité humaine et la liberté, mises à mal par le mercantilisme. En effet, le supermarché qui se construit se présente comme un ensemble de diktats uniformes délétères et libertivores : regroupement de communes en vue d’obtenir un prix de l’énergie plus avantageux ? Interdit ! Préférence locale ? Interdit ! Protection des consommateurs ? Secondaire ! Nationalisations de domaines-clés de l’activité humaine ? Interdit ! Soutien public à tel ou tel secteur prometteur ou stratégique ? Interdit ! Principe de précaution dans le cadre de nouvelles exploitations de ressources telles que le gaz de schiste ? Interdit ! C’est bien simple : ce capital-corporatisme interdit tout ; il détruit la liberté !

Quel est, la plupart du temps, l’argument-massue des starlettes politiques face à cette régression collective ? Que toutes ces mesures favorisent l’économie et l’emploi, ce qui constitue un mensonge de charogne de plus. En effet, comme le rappelait la semaine dernière Bernard Friot, à la télé, seuls 20 % du PIB français sont réinvestis dans l’économie, 15 % de ce même produit intérieur brut (c’est-à-dire l’ensemble des richesses produites par an) se volatilisant dans l’escarcelle des prêtres du profit, et il n’est pas à douter que le constat puisse être généralisé. Par conséquent, c’est l’architecture elle-même qui est brinquebalante ; ériger des annexes n’y changera rien… sauf si l’objectif est tout différent de celui affiché, s’il est, en d’autres termes, honteusement totalitaire !

L’Europe, Les Etats, les partis, les chefs, rien à foutre : c’est aux principes et aux idées qu’est fidèle l’honnête homme, vous dirait le sage. Or, à quelque niveau que ce soit, l’on ne jure plus que par le contenant et le mouvement ; le contenu s’est évaporé. Ce mouvement, il est centripète ou centrifuge : soit les Etats se referment sur eux-mêmes, soit ils s’ouvrent indéfiniment sur le monde. Mais ce que la propagande de la pensée unique oublie de mentionner, c’est que si les hommes dits de bonne volonté ne peuvent raisonnablement être favorables à une réédition des boucheries qui ont ensanglanté l’Europe, tous ne partagent pas la croyance selon laquelle la centrifugeuse n’a qu’une seule fonction et un seul modus operandi. Les centrifugeuses modernes, en effet, permettent de faire des jus de fruits tout autant que des milk-shakes, et elles disposent de vitesses variables.

L’union internationale des immensément riches échouera car il est impératif qu’elle échoue ! Si un nouvel ordre doit émaner, c’est de la prise de conscience par les 99 % de la planète (et de l’Europe), sans distinction de nationalités, de convictions, d’origines, ni de genres, de la fondamentale convergence de leurs conditions de vie, qui ne connaissent pas de frontières, et de la nécessité de trouver des solutions originales, viables et appropriées à notre temps en matière d’activité et de dignité humaines. Le mercantilisme est dépassé : vive la révolution libérale du revenu inconditionnel garanti, vive l’allocation universelle… et vive la communauté humaine !

http://basicincome2013.eu/ubi/fr/

http://www.facebook.com/pages/Revenu-de-base-universel/448948405174469?ref=stream

http://www.facebook.com/Pour.1Revenu.inconditionnel.de.base

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(1) Lire : http://www.facebook.com/pages/Stop-the-EU-India-Free-Trade-Agreement/144687138908841

(2) Lire : http://www.huffingtonpost.ca/dave-coles/canada-eu-free-trade_b_3378962.html

(3) Lire : http://www.lalibre.be/culture/politique/article/822254/les-clefs-pour-comprendre-l-exception-culturelle.htm

(4) Lire ces articles que j’ai consacrés précédemment à la question : https://yannickbaele.wordpress.com/2012/06/09/acta-ou-comment-le-monde-cherche-a-sunir-contre-les-internautes/

https://yannickbaele.wordpress.com/2012/07/10/anonymous-deurope-et-du-canada-le-combat-nest-pas-gagne-non-a-acta-non-a-ceta/

https://yannickbaele.wordpress.com/2012/10/25/acta-ceta-etc-stop-au-deni-de-democratie/

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