Politique / Société

Pour une pause des Actes…

« Il est venu exprès pour nous provoquer ! », vociférait cet après-midi un Gilet jaune échaudé (parmi d’autres), en désignant Alain Finkielkraut, fermement invité à regagner ses pénates. Si c’était le cas, bande d’abrutis, pourquoi être tombés dans le panneau ?

La scène n’était pas sans rappeler l’excommunication infligée à la même victime (LOL) lorsque celle-ci, téméraire décidément, commit l’outrage de s’aventurer, en avril 2016, sur une place de la République occupée, déjà, par de nocturnes factieux, lequel bannissement donna lieu de la part de l’intéressée (la victime, pas la République) à cette apostrophe qui, selon nos sources, bouleversa durablement Hélène Carrère d’Encausse, tentée de dénoncer, avant l’heure, cette sortie digne d’un Michel Sardou : « gna-gna-gna-gna, pov’ conne, pau-vre conne ! Des coups de latte, hein, qu’il te faut ?! »…

Comme tout citoyen, en principe, le vieux matou acariâtre, mutique cette fois, jouit des libertés de mouvement et d’association. Pas plus que pour tout autre citoyen celles-ci n’avaient-elle donc à être entravées. N’en étant pas à leur coup d’essai et rêvant depuis des semaines, quant à elles, d’une excommunication de masse, les cruelles pleureuses, bien sûr, marries du flegme de la vieille dame du métro, ont sauté sur l’occasion comme un nonce apostolique sur un bubble butt parisien, avec la même retenue et le même souci de Vérité que ceux dont ils avaient fait preuve il y a deux mois. Et leur lyrisme retrouvé, entre deux jets de GLI-F4, de terrasser « la bête immonde tapie dans l’anonymat d’une foule », mais pas si tapie que ça, tout compte fait, puisque « ceux qui insultent ont le visage découvert » : peu importe, si Brecht était au gouvernement, cela se saurait ! Et, dans la foulée, de judiciariser jusqu’à plus soif une épée de Damoclès qui pourtant se languit de son fourreau, en prescrivant à Heitz, l’homme à tout faire de l’esprit des loix, de « faire interpeller et [de] livrer à la justice, sans délai, la horde antisémite » dont le si paisible vieillard, avec une louable franchise, a affirmé qu’à aucun moment elle ne l’avait traité de « sale juif »…

Mars est dans les parages, voyez-vous; c’est un alignement de planètes : sans qu’on sache précisément ce qu’ils recouvrent au juste, les « actes antisémites » ont explosé en 2018, comme nous le répète fort opportunément Flashball Chris, d’interieur.gouv.fr, le clou de l’ignominieux spectacle s’étant présenté sous la forme d’un crapuleux sylvicide, à quelques jours du dixième anniversaire du massacre ignoble d’un beau gosse par une autre ligue du LOL, affranchie, elle, de tout scrupule… Ah, les ordures ! Fallait-il vraiment que cette date fût gravée dans leur mémoire, qu’elle les obsédât au jour le jour, pour qu’elles commettent ainsi à l’irréparable l’irréparable en écho… Disons-le sans détour : pour avoir, en sciant cet arbuste, comme des bêtes immondes tapies dans la nuit, perturbé la mémoire et le repos d’Ilan après que d’autres lui ont ôté la vie, ces esprits malades auraient mérité une place de choix au sein du gang des barbares ! Le frêle reflet verdoyant du jeune homme, qui lui aussi était voué à s’élancer vers le ciel si une certaine nature humaine n’en avait décidé autrement, était à l’Humanité ce que la tombe du soldat inconnu est à la France : pas plus que les femmes et les hommes, l’on ne vandalise les symboles !

Homme et symbole… Finkielkraut est sans doute les deux à la fois. Aux débuts du mouvement des Gilets jaunes, il ne figurait pas parmi ses contempteurs. Et, contrairement à Ferry et sa vie d’artifices, il n’a jamais appelé à tirer dans le tas, lui qui ose se frotter à la réalité du terrain, une différence de taille, sans doute, entre un esprit libre et un rond-de-cuir bourgeois. En outre, il n’a pas enfilé de gilet jaune à l’occasion de l’Acte XIV de ce samedi; en général, l’on ne provoque pas par sa simple présence… Pour tout ce que l’ex-gauche Morelle reconvertie en droite Thiers compte d’opportunistes écervelés, il pourrait donc représenter la figure providentielle, le non-événement de ce samedi le lien manquant entre cette résurgence de l’ignoble et la jaunisse tant décriée depuis les balcons du XVIe arrondissement.

Personne n’a oublié les déplorables marottes d’Atrabilaire Pépère, mais lorsqu’il s’inquiète de la tournure que prend le Mouvement, il serait peut-être sage de lui prêter une oreille attentive. En effet, même s’il apparaissait que les chiffres des récurrentes mobilisations sabbatiques sont sciemment falsifiés, il semble indéniable que cette forme de protestation tende pour l’heure à s’affaiblir numériquement. Or, si le grand nombre renvoie spontanément les éructations de quelques zozos à la marginalité, celles-ci sont d’office plus visibles et prennent du coup une importance démesurée lorsque les rangs sont plus clairsemés.

L’agenda du grand débat qui n’en est pas un, tel que fixé par le beau parleur au hoquet sadique, n’avait fondamentalement qu’un but : gagner du temps dans l’espoir que la mobilisation s’essouffle, faute de pouvoir venir à bout de revendications ancrées dans le temps. Or, si les semaines qui viennent suivent la même tendance, le morveux pourrait bien arriver à ses fins, et ce alors même qu’une très, très confortable majorité de Français continuent de soutenir le Mouvement.

Depuis le 17 novembre, en France, le sixième jour de la semaine ressemble à un drill. Le mettre en veilleuse pourrait certes provoquer un relâchement des muscles et des habitudes, mais il n’y a objectivement aucune concession supplémentaire à attendre d’un pouvoir autiste avant que son roadshow ne se conclue. Dans l’intermède, par conséquent, les Gilets jaunes qui marchent s’exposent; cet entre-deux, dans lequel ils ont beaucoup à perdre et rien à gagner, les fragilise, et la plus insignifiante colère, idéalement formatée pour la caméra (de télé, de police ou d’un lambda, en l’occurrence ?), peut soudain se retourner contre eux : l’agenda médiatique de Fifi Brindacier est sans doute déjà en train de se remplir

Dans ces conditions, il me semble judicieux d’appeler à une pause des samedis jaunes. Celle-ci aurait plusieurs vertus : permettre aux marcheurs de se ressourcer, de reprendre des forces auprès de leurs proches et d’être par conséquent, dès leur retour, plus flegmatiques face aux éventuelles provocations, concevoir de nouveaux modes d’action, susciter une attente et redevenir imprévisibles (500.000 Français dans la rue fin mars ?), mais aussi démentir les hurluberlus qui, ayant foi en l’exercice de com’ imposé par l’Elysée, reprochent à ceux qui s’en détournent de ne pas lui accorder le bénéfice du doute. A un tel recul stratégique, les Jaunes auraient, au contraire, tout à gagner, et très peu à perdre…

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Retour aux sources…

« [J]’entendis que « les hommes sans principe et sans idées fermes sont comme les bateaux dont le timon est rompu, ils se brisent contre les écueils ». […]

***

[L]a démocratie bourgeoise […] a permis le développement de toutes les idées, mais on le doit à la lutte des masses populaires pour le respect des droits de l’homme, et aux conquêtes obtenues par le peuple au cours d’héroïques batailles pour la dignité et pour le pain. […]

[N]ous croyons que l’indépendance économique est nécessaire pour que notre pays soit authentiquement libre politiquement. Nous pensons qu’il est fondamental d’atteindre cet objectif en tant que Peuple, que Nation, que Pays. De même il est fondamental que l’homme de mon pays cesse d’avoir la peur de vivre, rompe avec la soumission, obtienne le droit au travail, à l’éducation, au logement, à la santé et aux loisirs. […] Nous avons soutenu qu’il ne peut y avoir d’égalité lorsque peu de gens possèdent tout tandis que beaucoup n’ont rien. Nous pensons que la fraternité ne peut pas exister lorsque l’exploitation de l’homme par l’homme est la caractéristique d’un régime ou d’un système. Et la liberté abstraite doit céder le pas à la liberté concrète. C’est pour tout cela que nous avons lutté. […]

Dans le monde contemporain, plus que l’homme, ce sont les peuples qui doivent être, qui sont les acteurs fondamentaux de l’Histoire. […] C’est pourquoi notre lutte et notre détermination ont tendu à donner le pouvoir à un peuple qui désirait une profonde transformation dans les domaines économique, social et politique, et non la transmission du pouvoir d’un homme à un autre. […]

Notre bataille est dure et difficile parce qu’indiscutablement, pour élever les conditions de vie de notre peuple, nous devons effectuer de grandes transformations révolutionnaires qui frappent des intérêts extérieurs comme les capitaux étrangers et l’impérialisme, et des intérêts nationaux comme les monopoles et les banques. Nous sommes convaincus que nous ne pourrons vaincre le sous-développement et l’ignorance, de même que la misère morale et physiologique, si nous n’utilisons pas les excédents de notre économie pour semer des écoles, des routes, des fermes cultivées avec des techniques modernes, pour jouir, dans notre propre patrie, des bénéfices qui nous appartiennent légitimement. […]

Il existe des gouvernements qui trouvent légitime de défendre les intérêts d’un petit nombre de gens très puissants. Quant à moi, je me réserve le droit de défendre les intérêts de mon peuple et de ma patrie contre les intérêts de ce petit nombre. Si quelqu’un pense qu’en ce moment les menaces matérielles peuvent faire plier le peuple, il se trompe. […] On ne peut pas retenir les avalanches de l’histoire. Les lois répressives ne peuvent pas apaiser la faim des peuples. Elles pourront peut-être retarder le mouvement quelques années, une génération peut-être. Mais tôt ou tard, les digues rompront, la marée humaine se précipitera, cette fois avec violence, une violence juste, dirai-je, car la faim et la souffrance durent depuis [trop longtemps]. »

Salvador Allende à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU (1972) / http://www.vrijmetselaarsgilde.eu/Maconnieke%20Encyclopedie/FMAP~1/REFORM/Allendefr.htm

statue de Bolivar (avenue Franklin-Roosevelt, Bruxelles)

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Langue de pute et psychiatrie…

Omettant à dessein que, bien qu’il en soit toujours l’exécutant, la guerre, dans le monde dit civilisé, n’est jamais le fait du peuple, l’imagerie traditionnelle du peuple en colère est prompte à représenter celui-ci armé de fourches et assoiffé de sang : le peuple, c’est la Bête, et avec la Bête on ne raisonne pas. Quoi de plus bestial que la guerre, pourtant ? Et de plus structurel que la class warfare ?…

C’est poussé dans ses retranchements intellectuels que Lordon, relevant l’insanité et la déraison fanatique d’un roi dont la folie s’exacerberait à mesure que se succèdent les Actes, s’est vu réduit, dans un récent billet de blog, à envisager de confier le cas Macron à la psychiatrie : d’un tel tordu aux appétences totalitaires, seule une discipline elle-même imprégnée desdites propriétés viendrait peut-être à bout… Outre-Atlantique, face à une débauche langagière et comportementale de l’obscène vers la scène translatée, c’est une frange de la corporation elle-même qui postule directement l’examen de la bête du cru. Du facho philippin au grand-guignol états-unien en passant par le fâcheux hexagonal, il semble que se dessine à l’échelle mondiale un nouvel axe, en effet : celui d’exécutifs psychotiques que seules distinguent, somme toute, leurs prétentions respectives à une boueuse sophistication.

Comme des gosses avides de toute-puissance qui distribueraient des coups de pied dans des fourmilières puis prendraient un malin plaisir à scruter les réactions désemparées ou résignées de fourmis à leur totale merci, voilà un axe de désaxés qui, persuadés que la vox populi est une langue morte, les droits civils et politiques une inutile concession, que l’histoire peut être terminée alors que ses causes sont intactes, semblent, par défi mutuel, faire de leurs peuples des sujets de laboratoire soumis à des provocations toujours plus odieuses dans le but d’apporter aux Bilderberg présents et à venir la monstration qu’accorder à ces bestioles le moindre égard constitue pour le progrès une perte de temps : vous aurez mes réformes, vous aurez mes affronts en prime, et il n’est rien que vous y puissiez faire… La nature ayant horreur du vide, c’est du peuple, notamment de sa composante la moins lettrée qui plus est, que provient parfois, dans ces conditions, le sursaut de raison, assorti d’un rappel à la dignité élémentaire !

Perversions narcissiques en série, hypertrophie de l’ego, absence totale d’éthique, et même extase dans l’infliction de la douleur… Extase ou indifférence, il y a débat, certes, mais il y a problème dans les deux cas. Quoi qu’il en soit, convenons que l’hypothèse psychiatrique est tentante. Mais si tentante soit-elle, point n’est besoin de convoquer Foucault pour se rendre compte qu’elle est également une solution de facilité à double tranchant, car la psychiatrie aussi, en ce qu’elle entend faire œuvre normative (bien au-delà de la notion de préjudice, qui devrait être son oméga), est exercice de pouvoir (politique).

Le préjudice massif, après trois mois de répression sanglante et indistincte, est avéré, et rien n’interdit dans l’absolu d’imaginer un empêchement du pdt. de la Rep. pour cause de démence – ce serait une double première, dont la prémisse, en France, ne requerrait qu’un gouvernement de cohabitation hostile ! –, mais il est sans doute plus sage de refermer la boîte de Pandore entrouverte par Lordon.

Qui scrute et sonde le Macron comme les gosses les fourmis n’en demeure pas moins confronté à un défi cognitif, car si l’on considère que sa condescendance et son mépris sans cesse renouvelés à l’égard des bestioles, même lorsqu’il feint d’en tourner la page, participent peut-être de sa volonté d’inciter les Français qui ne sont pas milliardaires à ne plus attendre du gouvernement la solution à tous leurs problèmes, s’ils s’inscrivent dans la zelfredzaamheid tant attendue des prolos par des gouvernements occidentaux défaillants (c’est-à-dire littéralement la capacité de se sauver soi-même, selon la maxime postprovidentielle « aide-toi, ne compte pas sur le ciel »…), on peut leur trouver une logique. Mais celle-ci implique nécessairement la déconsidération de l’action gouvernementale et présidentielle : s’il ne faut plus rien attendre de l’Etat, pourquoi lui accorder encore la moindre autorité ? Or, du pitoyable « je suis votre chef ! » qu’il a adressé aux armées en début de mandat à ses remontrances psychorigides à l’ado téméraire qui, s’étant probablement vu refuser une photo à poil, le majeur érigé, aux côtés d’une queen lascive et interlope, dut se contenter d’un mémorable Luigi verbal commémoratif de l’Appel du 18 juin, Cartouche-le-Grand, qui à l’Etat s’identifie et vice versa, a toujours fait grand cas de l’autorité qui lui serait due, celle qu’inspire si naturellement sa pire abjection à ce jour, en attendant la suivante :

le Franck, petit mais costaud !

Trump’s Puerto Rico paper towels

Respectez mon autorité tandis que je vous maltraite !… Ce que n’a pas relevé Lordon, pourtant attentif, d’ordinaire, aux grands retournements de perspectives, c’est qu’à force d’injonctions paradoxales de ce type ainsi que d’insolents dénis de la réalité et d’incompréhensibles mouvements de girouette comme corollaires (« [C]ette indignation, beaucoup d’entre nous, beaucoup de Français peuvent la partager et celle-là, je ne veux pas la réduire aux comportements inacceptables que je viens de dénoncer » le 10 décembre, « les porte-voix d’une foule haineuse » le 31), ce sont plutôt les Français qui, avant que n’émerge et ne se confirme la riposte, risquaient le court-circuit psychiatrique. A cela, des techniques comparables à celles utilisées par l’American Psychological Association à l’occasion de sa collaboration au programme de torture états-unien en Irak pourraient bien avoir œuvré, tantôt pour neutraliser toute résistance, tantôt pour exacerber une violence réactive, source présumée de discrédit, étant entendu que leur possible champ d’application présent menaçait de rendre leurs effets particulièrement volatiles. Pétards mouillés que ces calculs vu les derniers développements, mais puisqu’une ex-vox patriae qui, ces jours-ci – Allah soit loué ! –, donne de la voix ailleurs, nous avait prévenus qu’il nous faudrait nous habituer au terrorisme, qu’il eût été commode pour les scélérats, que l’on sait désormais si bouleversés par la perte de vies humaines, que quelque al-Baghdadi d’envergure, quelque Martucci peut-être, quelque gitan faussement apprivoisé, quelque Gaulois irascible, quelqu’un, merde !, enfile son gilet jaune et laisse parler la poudre…

feu Zineb Redouane

Avec la Bête, on ne raisonne pas… C’est à prendre ici dans les deux sens : soyez bestiaux, je vous en supplie, de sorte qu’il ne me faille m’abaisser à vous parler; quant à moi, je suis un tel psychopathe – je vous l’assure ! – qu’il vous faudrait être désespérés pour espérer obtenir de moi quoi que ce soit.

De deux choses l’une, néanmoins : soit l’Etat est une relique livrée aux dégradations de son chef, et l’anarchie est en marche, ce dernier y veillant, soit il est le garant du bien commun de tous les Français, et son autorité sera restaurée, auquel cas deux défis se présentent à son chef : un changement de cap substantiel et la domestication de sa langue de pute, enfin !

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Little man in the box, a so-called hologram : Chikirou, Bompard, vous n’avez absolument rien compris !

Mais comment diable peut-on être si con(ne) ? Voilà trois mois que se réunissent en surnombre des Français qui exigent, entre autres choses, une plus grande humilité des élus, tant personnelle que financière, des Français qui font état d’une insupportable détresse sociale mais qui bravent, malgré tout, le froid glacial, les intimidations et les risques les plus divers pour se retrouver in vivo, heureux qu’ils sont de la chaleur humaine que leur apporte une insurrection inespérée…

Et voilà donc ce qu’offre à ces foules de citoyen(ne)s désireux(-ses) d’une politique proche du peuple et à l’écoute de ses préoccupations le premier parti d’opposition de France, ainsi autoproclamé : un show à l’américaine d’un kitsch consommé avec des putains de fantômes mégalomanes gesticulant dans des camions, dont coût…

« Les banques refusent de prêter à La France insoumise

Publié le 26/01/2019 à 10h27

[Un cadre du parti] déplore qu’une seule banque ait accepté d’examiner leur demande de prêt d’un montant de quatre millions d’euros. »

https://www.capital.fr/economie-politique/les-banques-refusent-de-preter-a-la-france-insoumise-1325053

Chapeau, les communicants ! Les temps ont changé, mais on ne voudrait pas vous déranger : surtout, restez fidèles à vous-mêmes… La victoire est assurée !

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Onomastique…

Ca dit vouloir l’égalité, mais c’est un peu comme les Palestos; dans leur bouche, on sait ce que ça veut dire, hein, Benny : toutes les papillotes à la flotte ! Et ça, un humaniste peut pas laisser passer ! Over le dead body de l’humaniste !

Non mais regarde-moi ça, dis : y avait déjà Vallaud-Belkacem. Bon, c’était pas évident, mais on s’est habitué. Reste que, du coup, ça voulait plus rien dire, et c’était même blasphématoire : salut éternel, Vallaud père de Kacem ? Tu veux un petit coup de kalash ou quoi ?

Maintenant, c’est Vanceunebrock-Mialon, la chatte du marais du roi qui sait pas miauler comme les autres. Tu veux ton Sheba, tu me l’demandes convenablement, compris ? Tu parles le félin comme l’autre le gitan, fille ! Le Brad Pitt du Elyseum Fight Club en sait quelque chose ! A propos, sa mère attend toujours sa caravane…

Ca fait sa distinguée, dis… Se promener au Caire comme une délurée en rut, ça doit être possible. Si, si, ça doit : y a pas que les couillus, les fendues ont des droits aussi. Mais tu choisis, hein, dis ! Laurence Vanceunebrock-Mialon : deux heures pour savoir prononcer ce nom exotique ! Et je te dis pas le nombre de glaires. Mais attention, hein : Mâââdame est flic… Tout, ça se permet !

L’égalité que vous voulez ? Identité ? MIALON, Laurence : nom, prénom, point barre, comme tout le monde ! Et si t’es pas contente, choisis l’anonymat !

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Esprit bourgeois, es-tu là ?

La réponse pourrait longtemps se faire attendre : à mon sens, il n’existe pas, en effet, d’esprit bourgeois à proprement écrire; il existe, en revanche, des réflexes, des traits communs, des propensions, qui ensemble forment et forgent un habitus.

Dans l’évangile selon Saint-Marx, la centralité du concept de propriété en est bien sûr le trait central. Mais le droit de propriété privée et la défense de ce droit, étendues par la Déclaration de 1789 aux non-détenteurs de privilèges, si elles peuvent être perçues comme la touche bourgeoise la plus manifeste dans ledit document fondateur, n’en représentent pas moins un affranchissement par rapport à l’arbitraire de l’absolutisme, sous quelque forme que celui-ci se présente : monarchique, inquisitoriale, stalinienne, étatique au sens plus large ou patronale.

Même si d’aucuns pourraient être tentés d’arguer qu’il défendait ainsi d’abord son propre statut, Proudhon, qui avait distingué la propriété de son accumulation, l’avait compris : la première ne devient socialement dommageable que si, par son extravagante nature, elle asservit le commun. A l’inverse, la propriété en sa basique acception, c’est-à-dire le lieu qui garantit, selon des modalités que chacun(e) détermine pour soi-même, l’épanouissement d’une intimité qui doit pouvoir échapper au commun, est ipso facto le rempart matériel fondamental à un commun asservissant, dont l’absence ou l’appropriation par autrui ne peut que conditionner la façon dont on agit, dont on contribue et dont on crée, le cas échéant. Ce lieu peut être une bâtisse, mais il est aussi et avant tout le corps.

Dans toute l’histoire du travail humain, parfois voire souvent inhumain au demeurant, le corps a été soumis à des injonctions diverses. La simultanéité contemporaine du reflux organisé de la vie privée et de techniques invasives visant, selon l’expression consacrée, à augmenter les corps à des fins productivistes, lesquelles participeraient de manière inédite d’un tel conditionnement, signalent toutefois le franchissement d’un nouveau cap dans l’asservissement potentiel, sinon assuré, de l’individu par le commun. Or, rien dans le rejet primaire de la notion de propriété, rien dans l’injonction diffuse de se donner entièrement à la société, faute de quoi l’on est estampillé misanthrope, ne permet de faire la moindre distinction entre la matière constitutive de l’être humain, la matière extérieure à lui mais qu’il peut requérir fondamentalement pour son épanouissement ainsi que sa contribution sociale originale, c’est-à-dire non biaisée par la carotte que l’on tend à l’âne avant de le mettre au régime sec, et enfin la matière extérieure à lui qui lui est, à titre individuel, superfétatoire.

Dans ces conditions, il me semble que considérer la propriété de manière générale comme la première caractéristique de l’habitus bourgeois est à la fois insuffisamment précis et, au bas mot, réducteur. Cette hypothèse est confortée par le fait que le bourgeois lui-même peine habituellement à tolérer chez autrui un quelconque lieu qui échappe à son regard : le bourgeois s’infiltre, il doit vérifier si l’autre est conforme à la bienséance par lui définie ou perpétuée, détecter les éventuelles incartades, projeter sa propre médiocrité. De ces perversions, l’Etat bourgeois tel qu’il s’est développé ces vingt dernières années est devenu la quintessence. Le bourgeois, en fait, est un être en manque qui, plutôt que d’en faire l’analyse et de le combler, s’efforce de veiller à ce qu’autrui le ressente lui aussi. A plus d’un titre, dont celui-là, il est un être intrusif, mimétique et porteur d’une exigence de mimétisme; ce sont sans doute là ses premiers traits caractéristiques.

Mais son mimétisme, paradoxalement, est concurrentiel : le bourgeois doit dominer, c’est-à-dire qu’il ne se sent vivre que lorsqu’il est en mesure d’abaisser autrui; l’abaissement d’autrui est sa condition sine qua non. Ces dernières semaines, les illustrations à cet égard ont foisonné : qu’il se soit éventuellement senti menacé dans son statut de propriétaire exclusif par un mouvement des Gilets jaunes susceptible d’écorner ses certitudes n’explique pas pourquoi le bourgeois a parallèlement ressenti la mesquine nécessité de faire assaut à l’égard de ces derniers en tant qu’individus de tant de qualificatifs désobligeants et de tant d’insultes. Le bourgeois, en réalité, même s’il était acquis à l’idée que les ressources sont suffisantes pour permettre à chacun de vivre épanoui, ne pourrait donner corps à celle-ci puisque la seule chose qui le distingue fondamentalement sur l’échiquier social, c’est précisément la disparité dans l’affectation de ces ressources, l’inégalité qui résulte de leur vol. Besoin de domination mesquine (qui sous-tend une dépréciation de la notion de justice) : sa deuxième caractéristique. Or, qui dit besoin de domination pérenne implique bien sûr nécessité de hiérarchie. Ainsi, le bourgeois est à la fois dominateur et structurellement dominé.

Dominé, il ne l’est d’ailleurs pas que structurellement, il l’est aussi intrinsèquement étant donné que, pour masquer son manque, il lui est impératif de recourir à des artifices facultatifs : le bourgeois est en représentation permanente autour de postures mimétiques, analogiques, qui consistent à accorder une importance démesurée à l’accessoire et à n’en accorder aucune à l’essentiel : il est dominé par l’image qu’il cherche à donner de lui en société, et devient ainsi lui-même, dans une large mesure, une image, qui tend vers la caricature. Artificialité de l’habitus bourgeois, cause et conséquence interdépendantes du manque…

Est-ce à dire que de cet habitus, l’esprit révolutionnaire dit progressiste est forcément l’antithèse ? Ce que je livre ici sont des postulats (peu étayés, j’en conviens, mais qui me semblent non moins justes en ce qu’ils sont le fruit, outre d’une conviction profonde, d’une patiente observation et de nombreuses mises au défi). Je postulerai donc plus avant qu’il ne l’est pas nécessairement dès lors que lui-même est souvent imprégné de quelques-uns de ces travers au moins.

Dudit habitus, voilà en tout cas la définition, un tantinet moins évangélique, que je propose…

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Faire de l’anarchie le chaos, c’est donner raison à tous ceux qui, en vice de la même association, la répugnent !

1/ En fait, Wall Street est peuplé de vrais anars; tous les milliardaires sont des anars. D’ailleurs, d’une certaine manière, la plupart de ceux qui officient dans la Silicon Valley le revendiquent. Certes, lorsqu’il ne les bride timidement, le pouvoir des Etats renforce leurs aspirations. Que resterait-il sans lui de leur domination ? Les suiveurs à leur emploi soudainement s’en affranchiraient-ils ? L’anarchie devrait-elle les y contraindre ?

2/ Le besoin de survivre ? Pour les prolos, on change rien alors ?

3/ On croirait entendre Griveaux ou Castaner…

4/ Contre l’uniformité, mais égalité de tous devant le combat ? Uniformité par le combat physique ? Logique spartiate appliquée à l’individu ? Exit la sensibilité ? On change rien alors ?

5/ Aucune limite tothe extent of [one’s] power” ? Pleine latitude à l’association de likeminded individuals : une Ilse Koch libertaire ? C’est une vraie question, pas juste un point Godwin…

6/ C’est ce que doivent se dire certains papes, non ? Donc, on supprime le système hiérarchique, mais on glorifie l’Übermensch ?

7/ De nouveau, en quoi le polymorphisme est-il servi par le besoin de survivre et la nécessité, à cette fin, de la force physique ?

8/ Le naturalisme n’implique-t-il pas l’inégalité des forces et la disparition des plus faibles ?  L’anarchie par le déterminisme ? Naturalisme synonyme d’anarchie ?

9/ What happens if A is as resolute in kicking B’s ass as B is in helping flowers grow ?

10/ Anarchisme = Besoin de machisme ? Où est la démonstration de ce qui est avancé ?

11/ Vive les CRS qui se lâchent ? Vive un ministre qui s’affranchit des règles et les couvre ? Un pas de plus vers l’anarchie ? Ou est-il (argument imparable) impossible de déterminer si les individus concernés agiraient de la même manière s’ils n’étaient soumis à aucune tutelle ? Pire : est-ce la tutelle qui continue de s’exercer lors même qu’ils s’en affranchissent stricto sensu ? Pire encore : en quoi « tout mettre à sac » chez France Bleu (ou chez Charlie en 2011) ne pourrait-il hypothétiquement avoir été le fait d’agents provocateurs qui sont les pires ennemis de l’anarchie ? En quoi te distingues-tu de cette hypothèse, pov’ tache dont le « spontaneous development » a dû s’arrêter lorsqu’apparurent tes premiers boutons d’acné ?

12/ Mais, mon brave, tu crois que France Bleu Isère et l’église Saint-Jacques ne seront pas reconstruites ? Que le CAC40 tremble désormais ? Tu crois à l’égalité du rapport de forces physique entre l’Etat et quelques groupuscules d’individus ? Ou, en bon self-hating bourgeois, tu voulais juste te défouler comme les monstres d’Orange mécanique le firent sur un « faible » sous un pont ? …

The indivi-dual is both indivisible and dual. Just like society cannot ignore the individual, the individual cannot erase society : both need each other. Society needs individuals, not just clones, to move forward. Individuals need society to be able to live and create, not just survive. Any system foolishly seeking to obliterate one or the other would simply negate the basic dual evidence of nature : that we are distinct, yes, and that our being distinct needs to be preserved, but that, at the same time, we share invaluable common interests. We as individuals do not belong to anybody or anything but ourselves, yet we partake both in a common ether and a common endeavor : the survival of life ! Anarchy is complexity…

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/incendie-a-france-bleu-isere-l-acte-revendique-sur-un-site-anarcho-libertaire-1548840441

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